Saint Gratien, ville morte jusqu’en septembre ?

Vous lirez ci-dessous une déclaration des élus de la liste « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen », suite à l’annonce de la ville de ne pas rouvrir ses écoles avant septembre. Ce texte a été envoyé à différents médias de la région.

Il apparaît aujourd’hui 20 mai que les choses pourraient bouger à Saint Gratien, et des classes rouvrir malgré les annonces du maire. La ville étant très peu transparente sur cette question, nous attendons d’autres informations à ce sujet. À suivre donc… 
 
Le 19 mai 2020
St Gratien ville morte jusqu’en septembre 2020 ?  Alors, que partout ailleurs dans le 95, la reprise des écoles, si importante sur les plans éducatif et social, est progressive.
 
mairie 2019Dans toutes les villes du 95, les acteurs de la communauté éducative se concertent sur la meilleure façon d’appliquer le protocole sanitaire et innovent pour que les écoles rouvrent progressivement dans les contraintes du dé-confinement. Partout ? Non[1]. St Gratien détonne puisque il s’agit d’une « ville morte » jusqu’en septembre 2020.
 
Pas de réouverture des écoles, des crèches, des centres de loisirs… jusqu’en septembre 2020. Annulation de la distribution des dictionnaires aux CM2. Pas de réouverture de la médiathèque enfantine. L’événement «Génération Jeux» du 12 septembre est annulé.

Ces décisions, prises unilatéralement par le maire, sont annoncées en rafale sur le site de la ville, souvent même avant information des principaux concernés. Beaucoup de Gratiennois s’interrogent et interrogent la ville (cf. lettres des associations de parents d’élèves à la ville, à l’IEN) sans avoir de réponse en retour.
 
Laisser les élèves sans contact direct avec les établissements scolaires, leur enseignant et leurs copains, aura pour nombre d’entre eux des conséquences néfastes majeures, surtout si les enfants n’ont pas ou ont difficilement accès à l’enseignement à distance. Des villes ont imaginé des dotations de tablettes, ou l’instauration d’un système municipal de soutien scolaire ou encore ont étoffé leur site internet de ressources pédagogiques numériques. Rien de tel n’est annoncé à Saint Gratien. Certaines familles vont aussi être confrontées à de lourdes difficultés si les parents doivent impérativement reprendre le travail.
 
Et comment imaginer un été sans centres de loisirs, sans activités éducatives, sportives, artistiques, culturelles en direction de ces enfants qui auront tant besoin de se retrouver ?                                    
 
Nous demandons que la ville revienne sur sa décision à l’occasion de la nomination le 23 mai du nouvel adjoint aux affaires scolaires. Et travaille rapidement, en concertation avec parents, enseignants, élus, personnel municipal, à un plan de réouverture des écoles et crèches en toute sécurité sanitaire pour le personnel et les enfants accueillis, en réunissant une commission scolaire élargie, puis les conseils d’école.
 
Nous demandons également que soient tirés les enseignements de deux expériences locales :
-St-Gratien a connu mi-mars un « foyer épidémique » dans une école. Il est bien regrettable que la ville n’ait pas communiqué sur cet événement : cela aurait coupé court aux craintes légitimes des Gratiennois-e-s. Quel bilan épidémiologique en a-t-il été tiré ?  On ne sait pas. 
-En même temps, près d’une dizaine d’enfants de soignants sont accueillis dans une classe en ville. Le bilan est positif. Pourquoi ne pas rassurer tout le monde sur cette base et envisager une reprise des cours et des écoles, en adaptant le protocole national à ce qui marche ici ?
 
Nos enfants, comme le pays, ont besoin d’école ! «  Le système éducatif est le premier ciment de la société et le principal moteur de ses progrès[2]. »  À St-Gratien, la municipalité n’a jamais montré que les écoles étaient sa priorité. Ceci explique-t-il que les enfants gratiennois soient oubliés jusqu’en septembre ?

Stéphane Bauer, Isabelle Volat

Élus « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »

Page Facebook : saintgratiensolidaireecologiqueetcitoyen

[1] Seule une école accueille une poignée d’enfants de soignants depuis le 16 mars. L’IEN négocie avec la ville l’extension de l’accueil à 43 places soit 2% des 2 200 écoliers gratiennois. Les « candidats » seront choisis par la municipalité seule et non par les enseignants.

[2] Edito de « Le Monde », samedi 16 mai

  

Tribune libre

Bien que le Conseil municipal ne soit pas encore installé, ni les groupes au sein de celui-ci déterminés, la ville nous a demandé un texte de « tribune libre »à paraître dans le magazine de la ville « spécial covid ». Ce magazine est en cours de distribution.

badgeVoici donc notre texte, le premier écrit au nom des élus de la liste « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen ». Nous restons pour le moment « confinés » à 1 333 signes : c’est peu pour s’exprimer, et cela nous conduit à des raccourcis parfois difficiles à suivre par les lecteurs…  

Tribune libre mai 2020

Nous adressons notre compassion aux Gratiennois touchés par le virus.

Cette crise révèle un manque de moyens humains et matériels à l’hôpital et à l’école.

À l’échelon municipal, bien des initiatives auraient été possibles pour plus de solidarité, avec par ex. un réseau d’entraide sur le site de la ville. Dès mars, nous écrivions au maire notre disponibilité et nos propositions :

Masquesavril 2020-3          

Les distribuer en lien avec les professionnels de santé ; plafonner leur prix par arrêté municipal ; mettre en réseau les bénévoles qui en fabriquent

Écoles

Réfléchir à la réouverture en concertation avec tous les acteurs et en assurant la sécurité sanitaire ; offrir un suivi et/ou des tablettes aux élèves sans matériel  

Personnes sans abri  

Réquisitionner des chambres d’hôtels ; faire obtenir l’aide allouée par l’État

-Transports

Favoriser l’usage du vélo pour soulager les autres transports et éviter un engorgement automobile

– Marché 

Informer sur les livraisons possibles. Mettre en place un drive dans l’attente de sa réouverture.

Aucune réponse. Le maire ne nous a pas associés, peu informés et a géré en cercle restreint. Ne confinons pas la démocratie ! La solution ? Dialogue et concertation, d’où notre demande d’un Conseil municipal extraordinaire. 

Le 15 mars notre liste a recueilli 12% des voix. Merci à nos 535 électeurs.

Les élus de « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen » : S. Bauer, I. Volat

Page FB : saintgratiensolidaireecologiqueetcitoyen

Blog : isabellevolat.fr

Questions sur un dé confinement

Voici le courrier que nous avons adressé au maire sur divers thèmes liés au dé confinement à Saint Gratien. Vous pouvez lire ensuite la réponse du maire. À suivre nos commentaires.

Monsieur le maire,

Bien que n’ayant plus d’espoir d’obtenir de réponses[1] ou d’informations de votre part – ce qui explique que dorénavant M. le Préfet soit aussi en copie, comme les autres élus de la commune, afin qu’il y ait une trace de nos courriers à votre attention -, nous nous permettons de faire quelques remarques et propositions pour cette période de dé confinement dans notre ville.

Réouverture des écoles

Le 11 mai les écoles de St Gratien n’ont pas été rouvertes et resteront closes « jusqu’en septembre 2020 », et ce, comme les crèches, les accueils périscolaires, les cantines, et les centres de loisirs, « au motif que la circulation du virus est encore trop importante [en ville] ».

Cette décision a été prise sans consultation aucune, ni des enseignants, ni des parents d’élèves ou d’enfants des crèches, ni du personnel municipal concerné, ni des élus. Cette non-réouverture sans concertation, quasi unique dans tout le département, ne serait pas sans effets négatifs importants si elle devait être maintenue. Si nous comprenons bien l’importante complexité de la reprise des classes, il nous apparaît que laisser les élèves sans contact direct avec les établissements scolaires aurait des conséquences néfastes majeures. Dans l’immédiat, certaines familles vont être confrontées à des difficultés considérables si les parents doivent impérativement reprendre le travail[2], ou surtout si les enfants n’ont pas ou ont difficilement, pour de diverses raisons, accès à l’enseignement à distance. Pour de nombreux élèves fragiles, cette si longue absence de l’école risque d’être catastrophique, particulièrement si rien n’est mis en place en parallèle. Des villes ont imaginé des dotations de tablettes, ou l’instauration d’un système municipal de soutien scolaire ou encore ont très largement étoffé leur site internet de ressources pédagogiques numériques. Est-ce envisagé à Saint Gratien ?

Cet été, qu’en sera-t-il des centres de loisirs, des activités éducatives, sportives, artistiques, culturelles en direction de ces enfants qui auront tant besoin de se retrouver ?                                                                                                           

Enfin, il serait très utile que nous puissions nous appuyer sur deux expériences bien concrètes, à savoir le problème de contamination survenu à l’école Grusse Dagneaux au tout début du confinement, et le déroulement de l’accueil et de l’enseignement dispensé à Jean Zay pour les enfants de soignants. Des informations précises sur ces deux points ne pourraient qu’enrichir l’étude d’un plan de réouverture des écoles. 

D’autre part,  nous nous interrogeons sur le devenir du personnel d’entretien, les Atsem des maternelles… Tout le monde au chômage ? Jusqu’en septembre ? 

Toutes ces décisions sans concertation ne feront qu’aggraver les problèmes économiques de cette crise sanitaire.

Pour examiner ensemble toutes ces questions, et travailler, en partenariat et concertation avec parents, enseignants, élus, personnel municipal, à un plan de réouverture des écoles et crèches en toute sécurité sanitaire pour le personnel et les enfants accueillis, nous vous demandons de convoquer en premier lieu une Commission scolaire élargie aux parents élus et aux directions d’écoles, à caractère exceptionnel, avec le souhait qu’y soient associés les médecins et/ou infirmières scolaires de notre secteur, les représentants de la Préfecture et de l’IEN, et qu’à sa suite, soient convoqués les membres de droit des conseils d’école dans chacun des 14 (7 maternelles et 7 élémentaires) établissements scolaires de notre territoire.

Ces réunions pourraient se faire tout ou partie à distance. Leurs tenues constituent une des conditions pour gagner la confiance des différents acteurs de la communauté éducative, dans un contexte de crise sanitaire.

Réouverture des lieux culturels et sportifs

Le 12 mai, vous avez décidé de ne pas rouvrir les lieux culturels de la commune, car «  il est nécessaire que nous soyons tous très vigilants pour éviter une seconde vague ». À l’heure où nombre de Gratiennois.e.s pourraient passer une partie importante de l’été dans notre ville, pour des raisons diverses, il est difficile d’imaginer que ces espaces qui occupent une place essentielle dans la vie locale, ne rouvrent pas, au moins pour une partie d’entre eux. Là encore, nous souhaiterions être associés à cette réflexion. En ce qui concerne les équipements sportifs, du moins pour ceux qui permettent la pratique de sport individuel, envisagez-vous leur réouverture avec des consignes y assurant la sécurité ? Et qu’en sera-t-il de parcs et jardins durant la période estivale ?  

La non-réouverture des espaces culturels et sportifs risque d’avoir pour conséquence une aggravation du problème économique qui suivra le confinement. Les éducateurs et éducateurs sportifs vont tous être au chômage partiel jusqu’en septembre alors qu’ils pourraient retrouver leur activité si la commune suivait les directives tout à fait applicables des ministres concernés.

Masques usagés et salubrité publique

Depuis la distribution de masques par la ville, et leur mise en vente dans les grandes surfaces, nous constatons que plus en plus de masques et de gants en latex jonchent les rues de Saint Gratien (voir photos ci-après). Nous attirons votre attention sur le fait que, contrairement à d’autres villes, le mode d’emploi glissé dans les pochettes des masques distribués par la ville ne contient aucune préconisation quant au sort post utilisation des masques : destruction, jet dans une poubelle exclusivement, à déposer dans un sachet fermé juste avant le passage des éboueurs.

Il s’agit là d’un problème de salubrité publique, ces déchets étant potentiellement porteurs de virus et pouvant mettre en danger les personnels chargés du nettoyage et les habitant.e.s. Nous vous demandons donc de rappeler par voie d’affichage et sur le site web les dangers de telles pratiques et de prendre un arrêté municipal les interdisant sous peine d’amende.   

Marché et obligation du port du masque

Le marché municipal a rouvert depuis le 10 mai et le port du masque y est obligatoire. Pourtant, des clients s’y présentent sans masques et sont autorisés à y pénétrer, malgré la présence de six policiers municipaux[3] ce mercredi. Nous suggérons que les policiers municipaux à l’entrée soient munis d’une boîte de masques pour éventuellement pouvoir en équiper les Gratiennois.e.s qui n’en sont pas porteurs. Par ailleurs, votre tour du marché dimanche matin a pu vous permettre de constater comme nous, que des clients ou des commerçants portaient leur masque de façon non appropriée (bavoir, serre tête, etc.).

Là aussi, il s’agit là d’un problème de salubrité publique.

D’autre part, des commerçants nous ont fait remarquer que le marquage au sol n’était pas complet et qu’ils avaient dû eux-mêmes tracer à la hâte les marques nécessaires à la distanciation physique.                                                                                                     

Dépôts de bilan d’entreprises sur la commune

Nous avons été informés par des clients de la fermeture du salon de coiffure derrière l’agence BNP. Il s’agirait d’un dépôt de bilan suite aux mesures de confinement. Nous souhaiterions connaître les mesures mises en œuvre par la ville pour venir en aide aux entreprises dont le siège est sur la ville et plus particulièrement ce qui n’a pas pu permettre dans ce cas, malgré la panoplie de mesures gouvernementales, d’éviter ce dépôt de bilan-ci ? Nous vous remercions également  de nous communiquer le nombre et l’activité des enseignes qui se seraient manifestées auprès de vos services pour l’étude d’un soutien financier ponctuel dans le cadre de la crise.

Braquage en ville

Intermarché a fait l’objet hier soir d’un braquage par un homme masqué (masque en tissu noir, comme sa tenue). Avez-vous prévu comme devant le marché un déploiement spécifique de forces de police pour éviter à l’avenir ce type d’action, qui avant aurait pu paraître suspecte et peut être évitable par la vigilance de chacun ?

Conseil municipal

L’installation du Conseil municipal approche, visiblement avant le 28 mai. Nous réitérons notre demande de délocalisation dans la salle Georges Brassens pour que la sécurité sanitaire des élu.e.s et du personnel communal soit totalement assurée. Ce n’est pas le cas de la salle des mariages, trop exiguë, particulièrement pour les déplacements lors des opérations de vote à bulletin secret, indispensables pour l’élection du maire et des adjoint.e.s.

Avec nos sentiments respectueux,

Isabelle Volat et Stéphane Bauer, conseiller-e municipal-e du groupe SGSEC 2020

[1] Sur nos 5 précédents courriers, un seul a fait l’objet d’une réponse. Et encore, elle était partielle, puisqu’elle  ne traitait pas l’ensemble des éléments que nous vous rapportions ou suggérions.

[2] Notamment avec la fin du paiement du chômage partiel à partir de fin mai.

[3] Dans votre réponse à notre lettre du 30 mars, vous nous aviez écrit ne pas pouvoir mobiliser la police municipale mobilisée à d’autres tâches en ville. Nous vous demandions à l’époque, la présence d’un policier à l’entrée du marché…

La réponse du maire ci-dessous

Madame, Monsieur,

Par mail reçu le jeudi 14 mai dernier, vous m’avez interrogé sur plusieurs sujets liés à la COVID-19. Je vous rappelle que depuis le début de la pandémie, je vous adresse comme à l’ensemble des élus du conseil municipal un point régulier des actions que nous menons pour aider et protéger l’ensemble des Gratiennois.

Afin de rouvrir les écoles au mois de septembre prochain, dans les meilleures conditions possibles, j’ai décidé d’organiser des groupes de travail comme ceux qui s’étaient réunis, il y a quelques années, pour l’organisation des TAP. Vous serez informés de la date de leur tenue le moment venu et concernant les centres de loisirs, les activités reprendront lorsque nous pourrons y assurer les conditions sanitaires optimales pour les enfants comme pour le personnel.

Au sujet de la réouverture des équipements culturels et sportifs, ils rouvriront selon les possibilités que nous avons d’en assurer la sécurité sanitaire et selon les directives nationales. A ce jour, j’ai donc décidé de rouvrir la médiathèque Théodore MONOD en « drive « à partir du mercredi 20 mai prochain afin de permettre aux Gratiennois d’emprunter de nouveaux livres tout en maintenant la sécurité de chacun.

Avant de me reprocher le fait que quelques personnes jettent leur masque sur la voie publique, je suis surpris que vous ne vous félicitiez pas que notre commune ait pu fournir 2 masques par foyer ajoutés au masque envoyé à chaque personne âgée de plus de 70 ans et, tout ceci avant le 11 mai ! En effet, peu de municipalités ont pu tenir ces délais en raison de grosses difficultés d’organisation en cette période difficile de pandémie. Vous pouvez complimenter avec nous  tous les services qui travaillent d’arrache-pied dans l’intérêt des habitants ce qui lui laisse peu de temps pour répondre à toutes vos sollicitations! Quant à l’inscription ou pas du pictogramme que vous proposez, je ne suis pas certain que celui-ci change le comportement de ceux qui ne respectent pas la propreté de nos rues.

Par ailleurs,  présent lors de la réouverture du marché municipal du dimanche 10 mai, Monsieur Francis Docquincourt conseiller délégué au commerce local avait en sa possession des masques chirurgicaux qui ont été proposés aux clients du marché couvert lorsque ceux-ci n’en avaient pas et la Police municipale a bien eu la consigne de  faire respecter le port du masque tel que cela est indiqué sur les affiches à l’entrée du marché. Toutefois, la fourniture de masque a été faite pour la réouverture et en attendant que tous les masques en tissu fournis par la Ville soient distribués et puissent être lavés par chacun. Maintenant, chaque client doit venir avec son propre masque.

Sinon, je n’ai pas eu, à ce jour, d’enseigne gratiennoise qui se soit manifestée auprès de moi,  pour m’ indiquer un dépôt de bilan.

Concernant la date et le lieu d’installation du nouveau conseil municipal, vous recevrez dans la journée la convocation pour assister à celui-ci, avec la date et le lieu puisque le décret est paru ce jour, vendredi 15 mai.

Enfin, vous avez également envoyé ce mail aux élus du conseil municipal sur leur adresse personnelle. Plusieurs d’entre eux m’ont fait part de leur mécontentement. Aussi, si vous souhaitez, à l’avenir leur adresser un courriel, je vous remercie de l’envoyer uniquement sur la boite mail suivante : elus@mairie-saintgratien.fr .

Salutations distinguées

Julien BACHARD, Maire

À suivre…

Réussir le dé confinement

Déclaration des élu.e.s communistes et républicain.e.s d’Île-de-France

Dangers d’un dé confinement mal préparé : dire la vérité aux Francilien.ne.s, rétablir la confiance

déconfinement

La manière dont le confinement est en train d’être levé en Ile-de-France fait naître de nombreux doutes et craintes. Les Francilien·ne·.s sont inquiet.e.s et particulièrement celles et ceux, parents, qui sont sommé.e.s de décider si leurs enfants retourneront à l’école ou encore celles et ceux qui, pour se rendre sur leur lieu de travail, devront emprunter les transports en commun cette semaine.

Notre Région reste le premier foyer épidémique avec un nombre de malades et un niveau de contamination élevés et une tension hospitalière forte. Toute la Région est classée « rouge ».

Pour des raisons sociales et économiques, parce que le confinement est une dure épreuve pour tous et toutes, singulièrement pour les personnes défavorisées, engager progressivement le dé confinement est bien sûr attendu et nécessaire. Mais nous le redisons avec force : il doit se faire en toute sécurité sanitaire pour les Francilien.ne.s, sécurité dont l’État doit être le garant. Ce qui n’est pas le cas pour l’heure.

Aujourd’hui, les élus locaux sont aux premières loges pour témoigner de l’impréparation de l’État. Que le Sénat, qui entend ce qui monte des territoires, rejette le plan de dé confinement gouvernemental, que plus de 300 maires francilien.ne.s s’adressent au Président de la République pour exiger de l’ État qu’il assume la responsabilité de la réouverture des écoles en garantissant les conditions sanitaires, que les opérateurs de transports publics s’adressent au Premier Ministre pour signifier leur incapacité à assurer le respect de la distanciation physique par manque de moyens… prouvent à quel point le gouvernement est déconnecté des réalités du terrain. Toutes ces alertes, nous les entendons quotidiennement avec nos concitoyen.ne.s.

Nos concitoyen.ne.s déplorent le manque de masques, leur prix élevé. Ils pointent avec justesse l’incurie de l’État en la matière, la succession de propos contradictoires quant à l’usage du masque dans l’espace public, la non-volonté étatique de fournir à tou·te·s et partout des masques pourtant nécessaires pour se protéger et protéger les autres. Nos collectivités ont pris leurs responsabilités dès qu’elles se sont rendues compte de la défaillance de l’État, mais la saturation des entreprises de textile et la difficulté d’approvisionnement font qu’il sera difficile de fournir à tous nos concitoyen.ne.s des masques alternatifs en nombre suffisant pour le 11 mai. Nous demandons donc, à nouveau, à l’État de garantir à tous les habitant·e·s l’accès à des masques gratuits de qualité, en saisissant ceux vendus dans la grande distribution et en réquisitionnant les stocks privés.

Nous demandons également que toute la transparence soit faite sur les capacités de l’État à fournir des tests, alors que le Premier Ministre en a promis 700 000 par semaine pour mi-mai. Tester les personnes à symptômes, les personnes en contact, les personnes fragiles, les personnels soignants, les personnes en contact avec du public dans leur profession… est nécessaire pour accompagner la levée du confinement. Les tests permettent d’isoler les personnes contaminées et de briser les chaines de contamination. Tester sauve des vies. Nos collectivités ont mis à disposition des lieux pour permettre l’isolement des personnes contaminées, mais ceux-ci sont sous-occupés. Cela nous alerte sur la volonté réelle de l’État de mettre en œuvre la stratégie « test et isolement »pourtant indispensable pour lever le confinement avec réussite. Nous ne voulons pas que, comme pour l’acquisition des masques, les habitant·e·s de nos collectivités soient mis en concurrence pour pouvoir être testés. Une étude de l’Inserm indique que pour maitriser l’épidémie en Ile-de-France, il faut être en capacité d’isoler une personne contaminée sur deux et pour cela, il faut tester à hauteur de 20 000 tests par jour. Des tests PCR et sérologiques doivent être disponibles. Une logistique avec les laboratoires doit être mise en place. Nos collectivités sont prêtes à jouer leur rôle, mais c’est à l’État d’organiser un cadre national que pour l’heure nous ne voyons pas venir.

Nos concitoyen.ne.s s’inquiètent de la réouverture des écoles et des crèches. Après l’annonce d’une date présidentielle, des calendriers farfelus divulgués, voici désormais que le principe du « volontariat » détermine le retour ou non à l’école, plongeant ainsi les familles dans des affres de questionnements insolubles. Comment peut-on placer ainsi les familles au pied du mur, en les sommant de choisir alors qu’aucune garantie sur les conditions sanitaires n’est donnée ? C’est à la fois totalement irresponsable de la part de l’État mais aussi dévastateur pour l’idée même de ce que doit être l’école : un lieu d’apprentissage et de sociabilité pour tous les enfants.

En tant qu’élu·e·s locaux, comme de nombreux maires franciliens, nous refusons la délégation aux collectivités territoriales de la responsabilité de l’ouverture des établissements scolaires alors qu’aucun moyen humain, matériel et financier n’est accordé à nos communes, départements et région pour la mise en œuvre des protocoles sanitaires. Faire porter la responsabilité aux familles et aux collectivités pour cacher les défaillances du gouvernement et le temps perdu par un État qui ne veut plus être stratège est lourd de graves dangers. À terme, ce que souhaite le gouvernement est que le libre-choix des individus sur nos communs, sur ce qui nous faisait faire société ensemble, comme l’école, devienne la règle. Comme élu·e·s, nous le réaffirmons avec responsabilité, si l’ouverture des écoles est une nécessité pour de très nombreuses familles, cela ne peut pas se faire dans la précipitation et au détriment de la santé des enfants et des personnels. Nous exigeons de l’État qu’il s’en donne les moyens en fournissant les tests et équipements de protection individuels nécessaires et en annulant toutes les fermetures de classes prévues à la rentrée de septembre.

Les Francilien·ne·s s’inquiètent de devoir reprendre les transports en commun pour se rendre sur leur lieu de travail. Les agents de la SNCF, de la RATP et du réseau Optile s’en alarment également, et disent que les risques sont immenses tant le réseau de transports en commun est un vecteur massif de contamination. Il est évidemment inenvisageable de revenir aux plus de 5 millions d’usager.e.s quotidiens du réseau. Pour garantir le respect de la distanciation physique, il faut au maximum 1 million d’usager·ère·s par jour. Les 70% d’offre de transports annoncés sont déjà trop faibles, et ne seront vraisemblablement pas réalisables non plus. Tellement peu est prêt. Si peu que la décision de lever le confinement a fait l’objet d’hésitation gouvernementale jusqu’à la dernière minute du fait des risques dus aux conditions de transport. Pour éviter de multiplier les risques de contaminations, il faudra éviter les cohues aux arrêts de bus, à l’entrée des gares, des stations, dont un certain nombre resteront fermées ou non desservies et dont les voyageurs resteront à quai les uns près des autres. Qui régulera les flux de voyageur.se.s ? Et comment ? Faudra-t-il exposer davantage pour cela les agents ? Les distributions massives de masques gratuits aux usager.e.s et agents, la mise en place de distributeurs de gel hydroalcoolique, seront absolument essentielles. Mais sur tous ces points, le gouvernement n’est absolument pas à la hauteur. Et à l’incurie de l’État s’ajoute l’irresponsabilité de la Région qui, en conscience de l’impréparation dit qu’il faut essayer quel que ce soit le coût car l’activité économique doit reprendre à tout prix… Comme élu·e·s responsables, nous devons le dire : pour l’instant, rien n’est prêt !

Nous proposons un plan global pour limiter au maximum le recours aux transports en commun et éviter une reprise très rapide de la contamination dans notre Région. Un très haut niveau de télétravail doit être maintenu jusqu’à l’été. Cela est une solution transitoire mais nécessaire car nous sommes conscient.e.s qu’il peut être facteur de risques stress. Les horaires des transports en commun entre 7h et 9h et 16h et 19h doivent être réservés aux seuls salarié.e.s, avec un système d’information efficace en temps réel sur la fréquentation des lignes. La quantité de salarié.e.s contraint.e.s de prendre les transports doit être maîtrisée en régulant les autorisations de réouverture de certaines activités, en limitant dans chaque entreprise la part du personnel pouvant être physiquement présent et en maintenant les dispositifs de chômage partiel le temps nécessaire. Il faut évidemment exiger de l’État la distribution gratuite, et dans la durée, de masques à tou.te.s les usager.e.s, qui doivent être obligatoires, en arrêtant de culpabiliser les usager·ère·s par une énième sanction.

Se pose aussi la question d’un retour massif de l’usage des voitures, qui relancerait la pollution atmosphérique, dont on sait qu’elle contribue aux maladies respiratoires aggravant les symptômes du Covid 19. Il faudrait aussi réserver l’usage des routes aux heures de pointe aux seuls salariés afin de ne pas transformer notre Région en embouteillage géant. L’incitation forte à l’usage du vélo, avec l’extension des réseaux cyclables est également plus que jamais nécessaire. Certains départements et villes ont déjà mis en place ces mesures, elles doivent être soutenues et développées rapidement. Mais toutes ces conditions ne peuvent être remplies qu’avec des engagements concrets de l’État : ce n’est pas le cas aujourd’hui.

La très forte fréquentation de certaines lignes et les regroupements très denses dans certaines gares dès cette semaine donnent un aperçu du fiasco que pourraient vivre, à leurs dépens, les usager.e.s francilien.ne.s cette semaine. En tant qu’élu·e·s, nous le disons : l’impératif de reprise économique ne peut se faire au détriment de la santé des Francilie·ne·s.

Un dé confinement réussi passe par le rétablissement auprès de nos concitoyen·ne·s de la confiance envers la parole publique et politique. L’État a rompu cette confiance. Comme élu·e·s municipaux, départementaux et régionaux, nous avons le devoir de dire avec vérité quelle est la situation actuelle dans notre Région. Aujourd’hui, nous alertons sur les conditions désastreuses dans lesquelles s’amorce la levée du confinement en Ile-de-France. Nous agissons pour les éviter, mais nous ne disposons pas des principaux leviers pour le faire. Avec lucidité, nous savons que mal lever le confinement nous placerait tous dans une situation dangereuse humainement, sanitairement et économiquement. L’État a la responsabilité d’établir un cadre national et de mobiliser les moyens nécessaires, en partenariat et en appui avec les acteurs locaux, pour engager un dé confinement progressif et donc réussi. Le chemin emprunté en Ile-de-France n’est pas celui-ci.

déconfinement 2

 

 

 

Pour la gratuité des masques

L’appel de l’Humanité pour la gratuité des masques

masques gratuits 3Dans les jours qui viennent commence une nouvelle étape qui nous permettra peut-être de retrouver progressivement une part de liberté. Les trois semaines qui nous séparent du mois de juin correspondent à la phase d’incubation du virus ; il sera donc possible d’ici là d’avoir une évaluation sur l’évolution de l’épidémie, et surtout sur la possibilité d’une deuxième vague de Covid-19.

La prudence doit donc être de mise même si de nombreux facteurs montrent actuellement une diminution de son intensité. Dans ce contexte, il serait indispensable de continuer à protéger plus efficacement les personnels soignants, à multiplier les tests, et de rendre gratuits les masques de protection. C’est d’ailleurs un principe constitutionnel du droit à la santé, et du devoir de l’État de protéger les populations.

C’est le sens de la campagne lancée par L’Humanité pour obtenir la fourniture gratuite des masques aux citoyens. Car dans le contexte actuel les masques ne peuvent être considérés comme de simples marchandises qu’on étalerait aux caisses des supermarchés : ils représentent un moyen de protection collective et un outil de santé publique. En conséquence, ils doivent être gratuits. Certains pays européens l’ont déjà décidé. Des collectivités locales également. Pourquoi le gouvernement de la sixième puissance mondiale ne le pourrait-il pas ?

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masques gratuits

L’affaire des masques de protection devient le sparadrap rouge collant aux basques du pouvoir.

Il y eut d’abord ces mensonges en séries sur leur inutilité pour camoufler une pénurie qui n’a rien de naturelle. Celle-ci découle d’une part de la destruction de nos industries textiles considérées comme dépassées par les grands penseurs du libéralisme et leurs serviteurs au pouvoir depuis des décennies, et d’autre part des choix de réduction des crédits publics poussant au « zéro stock », également présenté comme le nec plus ultra de la modernité. Cette pénurie a mis en danger soignants comme patients. Elle est sans doute responsable de nombreuses contaminations et décès.

Puis au fil des semaines, le masque est devenu utile, indispensable même, alors que les soignants continuaient d’en manquer. Et le pouvoir souhaite désormais le rendre obligatoire dans les transports publics.

Depuis quelques jours, ce qui n’existait pas tombe par paquets de millions, mais sur les étals des supermarchés, comme produit d’appel pour attirer le chaland qui devra demain reprendre les transports en commun. Le scandale est encore plus gros quand on sait que cette opération a été annoncée tambour battant il y a huit jours dans un communiqué commun de la Fédération du commerce et de la distribution et de secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, et présentée comme un haut fait d’armes. De qui se moque-t-on ? Une commission d’enquête parlementaire doit rapidement faire la clarté la plus nette sur une affaire qui a plus à voir avec le mercantilisme qu’avec la santé publique.

Les masques ne peuvent être des marchandises étalées aux caisses des supermarchés pour grossir le ticket de caisse, attirer et fidéliser les clients.  Ils sont un moyen de protection civile et collective, et un outil de santé publique. A ce titre, ils devraient être assurés, en lien avec les collectivités, par les services de la Sécurité civile. Si les travailleurs contraints de reprendre leur activité venaient à contracter le virus faute d’avoir pu accéder à des masques de protection, l’État serait comptable d’une mise en danger délibérée de la vie d’autrui. Et la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen nous rappelle que « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ». Et, l’article 11 du préambule de la Constitution confirme bien ce « droit à la protection ». En conséquence, les masques doivent être gratuits.

Certains pays européens l’ont décidé. Des collectivités locales également. Pourquoi le gouvernement de la sixième puissance mondiale ne le pourrait-il pas ? Ce pays où l’argent des dividendes continue de couler à flot, ce pays où l’on peut en une nuit débloquer des milliards pour consolider des entreprises dont la trésorerie est loin d’être à sec. Pourquoi une famille de quatre personnes qui a déjà du mal à joindre les deux bouts doit encore alourdir ses dépenses du mois de 80 à 150 € pour assurer sa santé et celle des autres ? On nous dit que les prix des masques seront bloqués en deçà de 1 euro, soit peu ou prou leur prix de revient. Pourtant, plusieurs témoignages indiquent que non seulement ce prix est pour l’instant fictif, mais qu’en plus on trouvait en janvier des masques à seulement 8 centimes. Une prise en main par L’État imposant la gratuité couperait court à toute tentative de spéculation.

Réclamons partout et par tous les moyens la gratuité des masques. Il en va de l’intérêt public. Et, pour une fois, appuyons nous sur cette déclaration de Mme Agnès Buzyn le 29 janvier dernier : « si un jour nous devions proposer à telle ou telle population ou personne à risque de porter des masques, les autorités sanitaires distribueraient ces masques aux personnes qui en auront besoin » C’était certes pour cacher la pénurie. Mais, aux actes maintenant ! Lançons un grand mouvement pluraliste pour la gratuité des masques !

Pour le budget masque d’une famille il faut compter 200 euros par mois, estime Alain Bazot.

Tout le monde ne pourra pas s’offrir le masque arboré, mardi, par Emmanuel Macron dans une école des Yvelines. Fabriqué par la bonneterie Chanteclair, dans l’Aube, cette protection en tissu lavable est facturée 4,92 euros pièce. Très au-dessus du prix des masques chirurgicaux, plafonné à 95 centimes l’unité. Sauf que ces derniers ne sont pas réutilisables. « Avec un masque chirurgical, disons à 60 centimes d’euro, le budget pour une famille de quatre personnes peut s’élever à plus de 200 euros par mois », estime le président de l’UFC-Que choisir, Alain Bazot, qui réclame « une mise à disposition gratuite ou à vil prix » de ces masques dans les services publics, les écoles et les transports.

Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité

Trop rouge

Saint Gratien : actualités municipales

Écoles

Après avoir signifié au Préfet son refus d’ouvrir les écoles gratiennoise le 11 mai, le maire repousse à présent la reprise des classes au mois de septembre.

stg grusseSi on comprend bien la difficulté de rouvrir les établissements scolaires, remettre à une date aussi lointaine le retour des élèves dans leurs écoles soulève bien des problèmes. Certes, de nombreuses villes ne rouvriront les écoles que courant mai. Certes, beaucoup d’enseignants ont souligné les difficultés énormes à accueillir les enfants avec un fonctionnement qui ne ressemblera que très peu à l’école que nous connaissons, pour de plus, un nombre réduit d’enfants. Empêcher les enfants de se toucher, de se chuchoter à l’oreille, de se prêter un jouet ou un stylo, de s’approcher des autres pendant la récré, les obliger à rester assis, face à une maîtresse masquée, tout cela est très perturbant. Ne pas être assuré que tout ce fonctionnement rigide suffira à assurer la sécurité de tous, c’est angoissant. Faire porter aux parents la responsabilité du retour ou non à l’école, c’est incompréhensible dans le cadre d’une école laïque, gratuite et obligatoire. Nous sommes sensibles aux inquiétudes des uns et des autres.

Mais quelle alternative nous propose la ville ? Attendre septembre ? Septembre où nous serons peut-être dans la même situation ? Mais si a contrario, en juin, le ciel s’éclaircissait et la pandémie s’éteignait doucement ? Qui peut prévoir aujourd’hui de quoi seront faites les prochaines semaines ? Voilà pourquoi il est pour nous impératif de concerter sans tarder parents, enseignants (qui ont travaillé avec la circonscription de l’Éducation nationale sur des protocoles locaux), personnels de la ville, élus, à un plan de réouverture des écoles permettant d’assurer à tous une sécurité sanitaire. Se fixer une date aussi éloignée, et surtout le décider sans concertation alors qu’il reste encore quasiment deux mois d’école, c’est s’interdire toute souplesse dans un temps où les semaines prochaines sont pleines d’incertitudes.

Dans l’immédiat, il est  certain que certaines familles vont être confrontées à d’importantes difficultés si les parents doivent impérativement reprendre le travail, ou bien si les enfants n’ont pas pour de diverses raisons accès à l’enseignement à distance. Pour de nombreux élèves fragiles, cette si longue période sans contact direct avec l’école risque d’être catastrophique. Dans quel état les retrouverons-nous en septembre si rien d’autre n’est mis en place d’ici là ?  Des villes ont imaginé de les pourvoir en tablettes, ou de mettre en place un système de soutien scolaire. Même pour un élève « ordinaire », être privé d’échanges avec ses camarades n’est pas sans effet négatif. Pour apprendre, être ensemble est irremplaçable. Et cet été, qu’en sera-t-il des centres de loisirs, d’activités éducatives, sportives, artistiques, culturelles en direction de ces enfants qui auront besoin de se retrouver ? Cette décision « sèche » laisse bien des questions en suspens. À remettre sur la table d’urgence en partenariat avec les principaux concernés. Ne pas attendre septembre l’arme au pied.

marché 2020Marché municipal

Notre marché rouvre le dimanche 10 mai. « Enfin ! » aurions-nous envie de dire. Certains marchés de villes voisines ont déjà retrouvé leurs clients, avec bien évidemment des mesures visant à assurer la sécurité sanitaire de tous : entrées en nombre limité, gel hydro-alcoolique à l’entrée et à la sortie, sens de circulation entre les étals. Cela se déroule ainsi à Enghien, où le marché est rouvert depuis le 30 avril. Le port du masque n’y est que vivement conseillé, alors qu’à Saint Gratien il sera obligatoire. La marché d’Enghien a fonctionné en livraisons et drive durant toute la période du confinement, avec une bonne information aux habitants. Une expérience à méditer ? Des panneaux annonçant la réouverture sur les portes du marché et en ville auraient été aussi bienvenus, tout le monde n’ayant pas forcément accès à Internet. La communication n’a jamais été le point fort de la ville, et pourtant en cette période, elle est fondamentale.stg villeglé

Médiathèques

Information puis contrordre : la médiathèque ne rouvrira pas le 12 mai comme annoncé précédemment. On comprend bien qu’il faut là-aussi des mesures de précaution mais cela ne devrait pas être insurmontable. On est plus inquiets pour la bibliothèque de Motordu des Raguenets, dont la réouverture ne devrait pas intervenir « avant plusieurs semaines ». Un été sans accès aux livres après des mois sans école, dans un quartier populaire, serait certainement très dommageable. Pas de solution ?   

Distribution de masques  

Après celui destiné aux personnes de plus de 70 ans, commence la distribution annoncée de deux masques par boîte aux lettres. Nul doute que cela sera apprécié en ces temps de défaillance gouvernementale en la matière. De nombreuses collectivités ont engagé la même démarche et l’État vient d’annoncer qu’il prendrait en charge 50% de ces dépenses. Le port du masque va devenir obligatoire dans bien des cas et cela ne va pas être sans entraîner des dépenses insupportables pour bien des familles. C’est pourquoi nous avons proposé que le maire prenne un arrêté municipal pour limiter le prix des masques dans notre ville aux tarifs recommandés par l’État. Plus généralement, la gratuité des masques devrait être établie pour tous en France. La CGT la réclame pour les salariés et différentes formations politiques portent aussi cette revendication pour tous.

Distribution de masques (bis)

Un masque a été distribué en priorité aux personnes de plus de 70 ans, accompagnés d’une communication de la ville qui date visiblement du tout début du confinement. Le courrier, daté du 16 avril, envoyé le 24, n’arrive malheureusement que ces jours-ci aux destinataires. Des informations obsolètes en ces jours de dé confinement. Nous regrettons tout particulièrement que la mention d’un réseau d’entraide « Ensemble » évoqué dans ce courrier ne soit pas du tout apparu sur le site de la ville.

Cérémonie du 8 mai

Pas de rassemblement cette année pour célébrer le 8 mai 1945. À en croire la photo de la page Facebook de la ville, seul le maire a déposé une gerbe. Certains gomment de leur discours le rôle des communistes dans la résistance et la libération. Le maire use d’un bon angle de vue pour nous effacer des commémorations. Le bouquet était trop rouge, certainement.

 

Cécile

Triste coïncidence : au moment même où nous évoquions ici la mémoire d’Henri Rol- Tanguy, à l’occasion du 75è anniversaire de la capitulation nazie de 1945, tombait la nouvelle de la disparition de Cécile Rol-Tanguy, à l’âge de 101 ans. Ci-dessous, l’hommage de Fabien Roussel. 

cécile rol tanguyCécile Rol-Tanguy était la mémoire de celles et ceux qui ont refusé la collaboration et ont combattu l’occupant nazi.

Le PCF perd une de ses grandes figures, une grande dame qui est restée engagée toute sa vie. A 101 ans, Cécile Rol-Tanguy nous quitte, entourée de sa famille, dans sa demeure de Monteaux  en Loir et Cher.

Avec elle disparaît une des dernières figures de la Résistance intérieure française et plus précisément de la Libération de Paris en août 1944.
Car Cécile Rol-Tanguy n’était pas que la femme du Colonel Rol Tanguy, présente à ses coté le 25 aout 1944 pour obtenir l’acte de reddition du général Von Sholtitz.

C’était aussi une militante de la paix, de la liberté, des droits des femmes s’opposant à toutes les formes d’intolérance.
Médaillée de la Résistance, Grand-Croix de l’Ordre national du Mérite, Grand Officier de la Légion d’Honneur, elle a mené de nombreuses batailles tout au long de sa vie. Elle était une femme d’écoute et d’échanges, jamais d’idées imposées.

Cécile Rol-Tanguy, née Marguerite Le Bihan le 10 avril 1919 à Royan, est la fille de François Le Bihan, syndicaliste, cofondateur du Parti communiste français (PCF), qui sera déporté à Auschwitz dans le convoi des 45000, et de Germaine Jaganet.

En 1936, elle s’engage au syndicat des métaux CGT d’Île-de-France. En 38 elle adhère au PCF. Elle milite à l’Union des Jeunes Filles de France et participe en même temps activement aux Comités d’aide à l’Espagne Républicaine, pour soutenir les Brigades internationales combattant le franquisme en Espagne.

Puis la guerre arrive. Dés le mois de juillet 1940, elle s’engage dans la Résistance et entre dans la clandestinité. Henri, son mari qu’elle a épousé un an plus tôt, la rejoint à Paris. Elle devient agent de liaison et il lui arrive de cacher des armes dans le landau de ses enfants.

Elle tape des tracts, des journaux syndicaux et autres documents illégaux de la CGT interdite et travaille pour les avocats communistes qui défendent les premiers emprisonnés du régime de Vichy.

C’est aussi, elle, qui va aider le Colonel Rol-Tanguy à rédiger l’appel à l’insurrection des Parisiens. Les combats victorieux de la Résistance parisienne amènent la Libération de la capitale le 25 août 1944.

Toute sa vie, elle a tenu à faire vivre la mémoire de la Résistance, celle de ses ami-es et camarades mort-es au combat.

Avec Lucie et Raymond Aubrac, Cécile et Henri Rol-Tanguy resteront comme les deux couples symboles de la Résistance intérieure française.

Ils auront été pour de nombreux communistes l’incarnation de la Résistance, la mémoire de celles et ceux qui ont refusé la collaboration et ont combattu l’occupant nazi. Cécile Rol Tanguy a instruit de nombreux militants et formé des dirigeants de notre parti. Jamais nous l’oublierons.

Tous les communistes de France sont tristes aujourd’hui. En leur nom, je tiens à adresser toute mon amitié à ses enfants, Hélène, Claire, Jean et Francis, sa famille, ses petits-enfants, ses arrière-petits-enfants.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord

Saint-Gratien 8 mai 2020, 75ème anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie

Il y a 75 ans..

cérémonie 8 mai 2020-38Henri Rol Tanguy 

Fait lieutenant-colonel par le Général de Gaulle

« De février 1937 [dans les Brigades internationales au secours de l’Espagne républicaine] au 8 mai 1945, j’ai toujours été au combat : j’ai encore, dans le corps, une balle de mitrailleuse qui m’a frappé, le 18 juin 1938, sur le front de l’Ebre ».

« À l’état-major régional, la tactique de débordement par l’ouest et par l’est ne manquait pas de nous interroger sur le sort de Paris : quand, comment Paris serait-il libéré ? On sait aujourd’hui que ce devait être au mieux début septembre, ce qui aurait fait courir de gros risques à la capitale et à ses habitants. Vu le rapport des forces général, de plus en plus défavorable aux allemands dans le pays avec la retraite à l’ouest, le débarquement en Provence et la mobilisation populaire dans la région parisienne, il était nécessaire d’agir au plus vite. L’insurrection devenait indispensable, dans la simple perspective de la sauvegarde de la capitale.  Mais il fallait aussi faire la liaison avec les forces alliées et faire en sorte qu’elles arrivent au plus vite à Paris. J’ai été pour ma part très vite déterminé à le tenter puisque j’ai envoyé le 18 août une première mission, celle de Bressy pour prendre contact ».

17 août 1944, Analyse de la situation par Henri Rol Tanguy, dans le cadre de l’avancée de l’armée américaine en direction de Mantes au nord-ouest de la capitale, de Fontainebleau au sud, de Melun à l’est.  Rol Tanguy, par Roger Bourderon, édition Taillandier p 372

  • Grand Croix de la Légion d’Honneur
    • Compagnon de la Libération – décret du 18 janvier 1946
    • Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
    • Médaille de la Résistance
    • Croix du Combattant Volontaire
    • Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
    • Medal of Freedom (USA)
    • Médaille de l’Amitié des Peuples (URSS)

Membre du Comité central du PCF (1962-1987), Henri Rol-Tanguy a été également Président de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR) et Président de l’Amicale des Anciens Volontaires Français en Espagne Républicaine.

Triste coïncidence de date, nous apprenons aujourd’hui la disparition de Cécile Rol Tanguy. Nous y reviendrons.

 

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Marie-Claude Vaillant-Couturier

Arrêtée à Paris par la police française pour faits de résistance

cérémonie 8 mai 2020-40« Je faisais partie d’un convoi ayant quitté la France le 24 janvier 1943. Nous étions 230 [dont Danielle Casanova], n’étant pas juives nous sommes toutes entrées vivantes dans le camp d’Auschwitz-Birkenau. Personne n’a été gazé à l’arrivée. Mais il ne nous a pas fallu vingt-quatre heures pour constater la réalité des chambres à gaz. Les SS n’en faisaient pas mystère. Ils disaient ouvertement: «Ici on entre par la grande porte et on sort par la cheminée

Ancienne résistante communiste, déportée à Auschwitz et à Ravensbrück, celle qui témoigna de l’horreur du nazisme devant le tribunal de Nuremberg.

Siégeant à l’Assemblée consultative provisoire, elle est élue aux deux Assemblées constituantes en 1945 et 1946. Elle est députée PCF de la Seine de 1946 à 1958 et de 1962 à 1967, puis du Val-de-Marne jusqu’en 1973.

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8 mai 2020

Ce 8 mai 2020, les manifestations publiques sont interdites et les cérémonies de commémoration réduites au minimum. On ne peut pourtant pas laisser passer sans un signe le 75è anniversaire de la défaite du nazisme. Une date symbolique s’il en est. Nous avons donc choisi, en respectant scrupuleusement les consignes sanitaires, de marquer cette journée par le dépôt d’un bouquet d’œillets rouges au pied du monument aux morts de la place Gambetta. Nous répondons ainsi à l’appel de plusieurs associations mémorielles. Même en ces temps de crise majeure, rappelons-nous de celles et ceux qui ont donné leur vie pour la liberté, tout en préparant, par l’ambitieux « programme national de la résistance », des jours heureux.

La ville n’ayant pas souhaité de cérémonie, même restreinte, le maire a déposé, accompagné seulement d’un porte-drapeau et d’un photographe, une gerbe au nom du Conseil municipal, puis prononcé une courte allocution enregistrée de son bureau.  

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Le vol noir des corbeaux

Cérémonies sous Covid-19

cérémonie mai 2020-14Le 8 mai 2020 ne ressemblera à aucun autre. Sans cérémonie traditionnelle possible, ce n’est pourtant pas dans l’indifférence qu’aura lieu le 75è anniversaire de la victoire sur le nazisme. Les cérémonies d’ampleur prévues ne pourront bien évidemment pas se tenir. Mais nous ne perdons pas la mémoire. Sans nostalgie, sans penser que l’histoire se répète, gardons en tête les enseignements de cette période qui a aussi vu naître la Sécurité sociale.   

 « 75 ans plus tard, nous devons rappeler l’héroïsme et la victoire de nos aînés, celle de la liberté et de la démocratie sur la barbarie nazie. » Le comité parisien de la Libération et des associations mémorielles appellent les citoyens, dans le respect des déplacements dérogatoires, « à aller individuellement déposer le 8 mai 2020 une fleur, un bouquet, un dessin, un poème sur les monuments aux morts, au pied des plaques du souvenir de toutes les victimes du nazisme de leur commune. »

Pas de rassemblement ce 8 mai sur la place Gambetta, pas d’oubli non plus. En souvenir, quelques photos des cérémonies des années précédentes dans notre ville, accompagnés d’un chant emblématique de la résistance française : le chant des partisans.

cérémonie mai 2020-13

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne
Ohé, partisans, ouvriers et paysans c’est l’alarme
Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades,
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades,
Ohé, les tueurs, à vos armes et vos couteaux, tirez vite,
Ohé, saboteurs, attention à ton fardeau, dynamite.

C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère
II y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves
Ici, nous, vois-tu, nous on marche, nous on tue ou on crève.

Ici, chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe
Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place,
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur nos routes
Chantez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute.

Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines