Dites « stop » à la galère des transports !

Temps d’attente insupportables, transports bondés, galères quotidiennes, salarié⋅es poussé.e.s à bout … rien ne va plus dans les transports en commun ! La décision de Valérie Pécresse d’augmenter le pass Navigo provoque beaucoup de colère chez les usager.ère.s exaspéré.e.s par les conditions de transports dégradées.

Déjà plus de 35 000 signatures de la pétition « Stop galère », lancée à l’initiative du groupe de « La Gauche Communiste Écologiste et Citoyenne d’Ile-deFrance » au Conseil régional.

La mobilisation s’intensifie et s’élargit. Cette action est à présent menée par l’ensemble des groupes de gauche à la Région, et soutenue par des associations d’usagers et des syndicats.

Prochaine étape de cette mobilisation : un rassemblement à Saint-Ouen devant le siège du Conseil régional alors que se tiendra le Conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités pour voter notamment la hausse du Pass Navigo.

Pour dénoncer cette dégradation des transports et l’augmentation du pass Navigo, rassemblons-nous mercredi 7 décembre à 9h, 2 rue Simone Veil à Saint-Ouen ; métro Mairie de Saint-Ouen

À Saint Gratien, nous ferons signer la pétition « Stop Galère » à la gare RER mardi 6 décembre de 17h à 19h30.

            Venez signer ou faire signer avec nous !

Toutes les infos ici sur la campagne « Stop Galère »

Un bouclier pour les collectivités

Les collectivités locales sont confrontées à une envolée sans précédent des prix du gaz et de l’électricité. Comment faire face ?

Proposition de loi du groupe communiste au Sénat

Par Céline Brulin, sénatrice de Seine-Maritime

Les prix de l’énergie s’emballent et les citoyens comme nos collectivités locales voient leurs factures exploser. 345 € le MWh en août 2022 contre 38 € l’année dernière pour le gaz, 1 000 € le MWh contre 40 € au début de l’année 2021 pour l’électricité…

Comme les usagers, les collectivités risquent de se retrouver dans une précarité énergétique, face à des choix cornéliens : fermer des équipements, éteindre l’éclairage public, baisser le chauffage ou interrompre des services publics locaux.

Beaucoup d’élus s’y refusent, mais combien de temps tiendront-ils, alors que les budgets sont aussi impactés par la hausse des denrées alimentaires ou le coût des matériaux de construction que travaux et réalisations d’équipement de 30 à 50 % ?     

Après plusieurs mois d’interpellation, le gouvernement a enfin consenti à mettre en place un « filet de sécurité » pour les collectivités, puis un « amortisseur », beaucoup d’entre elles ne pouvant pas bénéficier du bouclier tarifaire qui s’applique aux ménages car celui-ci est basé sur les tarifs réglementés de vente de l’énergie. Mais ces dispositifs sont de véritables « usines à gaz » et bien peu de collectivités vont pouvoir réellement y avoir accès.

Aujourd’hui, seules les communes de moins de 10 salariés ou 2 millions d’€ de recettes peuvent encore prétendre aux tarifs réglementés de l’électricité. Plus aucune à ceux du gaz, ces tarifs réglementés devant s’éteindre pour tous, y compris les particuliers, en juillet 2023.

La libéralisation du secteur de l’énergie, avec la construction du marché européen liant le prix de l’électricité à celui du gaz, nous conduisent à l’emballement des prix que nous connaissons aujourd’hui avec des augmentations comprises entre 30 à 300 %, pouvant aller jusqu’à plusieurs millions d’euros.

Cette situation est intenable. Face à ce raz-de-marée, il faut construire des digues solides en obtenant du gouvernement un soutien plus important et plus simple de l’État face à l’urgence budgétaire que connaissent les collectivités. En gagnant aussi des mesures structurelles.

Parce que l’énergie est un produit de première nécessité, il est impératif que les collectivités locales puissent revenir au tarif réglementé de vente de l’électricité et du gaz dont la première finalité était la protection des usagers, de tous les usagers.

C’est le sens du 1er article de la proposition de loi que les sénateurs du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE) mettent en débat dans le cadre de leur « niche », le 7 décembre prochain. Cela permettrait à l’ensemble des collectivités territoriales d’accéder au bouclier tarifaire, par l’accès à un tarif réglementé de vente de l’électricité décorrélé des prix du marché.

Nous proposons également, dans ce texte, d’abandonner l’extinction programmée du tarif réglementé de vente du gaz afin que chacun, citoyen comme collectivité, puisse en bénéficier.

Nous ferons ainsi entendre au Sénat la nécessité d’une intervention publique dans ce secteur hautement stratégique.

Tribune surprise

« Quelle surprise… ! »

Ainsi commence la tribune libre du groupe majoritaire « Union pour Saint Gratien », que nous lisons aujourd’hui dans le nouveau Mag de la ville.

Une surprise ? C’en est une pour nous aussi de lire ce texte, et ce, pour plusieurs raisons.

Un texte très politicien et un peu confus, dont la teneur devrait échapper à la plupart des Gratiennois.e.s.

Voici la tribune en question, et nos remarques ci-dessous.

Premier problème, et de taille ! Les textes des tribunes sont à envoyer en mairie à une date donnée. Nous la respectons scrupuleusement. Ce n’est visiblement pas le cas pour la majorité. En effet, la date limite d’envoi des textes pour ce numéro était le lundi 14 novembre avant 16 heures. Comment donc le texte de la majorité peut-il faire référence à la séance du Conseil municipal… qui s’est tenue le jeudi 17 novembre jusqu’à 23 heures ?

Les règles ne sont donc pas respectées par ceux-là mêmes qui les ont édictées. Un peu gênant, non ?

D’ailleurs, nous avons affaire à des récidivistes car ce n’est pas la première fois que la tribune de la majorité répond à notre propre texte. Sans prétention, voyons là que nos propositions, réflexions, initiatives… ne laissent pas indifférents les élus majoritaires, puisqu’ils prennent la peine de nous contredire.

Deuxième problème. C’est un mauvais procès qui nous est fait. Notre démarche était justement le contraire de ce que nous reproche le maire. Nous avons envoyé au maire notre proposition de motion en amont de la séance du Conseil afin de ne pas prendre l’assemblée municipale au dépourvu.

À l’inverse, le maire n’a pas daigné nous répondre et nous avons trouvé un autre texte de motion sur notre table en arrivant dans la salle du Conseil. « Pourquoi ne pas avoir contacté les élus majoritaires pour leur proposer de voter tous ensemble.. » demande innocemment la tribune majoritaire. Mais c’est justement ce que nous avons fait ! 

Troisième problème. Tout et son contraire dans la bouche du maire. Notre motion serait « très largement détournée » du texte « initial ». Comprendre que le texte « initial » était la motion de l’Association des Maires de France (AMF)… Mais en séance, le maire reconnaissait que les deux motions étaient semblables « à 95% ». Largement détournée ou proche à 95%, il faudrait savoir.

En outre nous n’avons jamais prétendu reprendre la motion de l’AMF. Certaines des demandes de l’AMF étaient reprises dans notre motion, d’autres non, nous avions détaillé la situation budgétaire de Saint Gratien, et inclus d’autres revendications comme celle d’une taxe sur les superprofits (je me suis déjà expliquée en détail ici)

De plus, notre motion insistait sur la nécessité d’associer les habitant.e.s, qui seront les premier.ère.s concerné.e.s par les restrictions budgétaires. C’est pourquoi nous proposons la signature d’une pétition (à signer ici), à adresser au gouvernement, qui reprend les principales demandes des collectivités pour leur permettre d’affronter la crise énergétique sans en faire supporter tous les effets sur leurs administré.e.s. 

Le fait est que nous étions prêts à soutenir la motion de l’AMF, si seulement le maire avait consenti à nous laisser la parole deux minutes pour explication de vote, ce qui n’a pas été le cas.

Quatrième problème : la mauvaise polémique politique. Ah, l’alliance contre nature entre la « Nupes » et le « Modem », quelle horreur ! On comprend le maire.. si jamais les trois groupes minoritaires trouvent des terrains d’entente, sa tâche s’en trouvera compliquée !

Mais comme c’est bizarre… la tribune de la majorité reproche au « Modem » ce projet de motion co-signé avec ces furieux de la « Nupes »… Mais dans le même temps, elle semble regretter qu’un texte commun n’ait pas été voté en Conseil. La majorité aurait donc joint sa voix à celle de ces vilains de la « Nupes » ?

On n’ose y penser.

À la Une

Face à la crise énergétique, des moyens pour les collectivités !

Les collectivités locales sont face à une hausse des prix de l’énergie insupportable pour leur budget.

Pour la ville de Saint Gratien, la facture de gaz et d’électricité a augmenté de + 35% en un an.

Et en 2023 ?

Faudra-t-il réduire les services aux habitants ? Augmenter lourdement le prix de ces services, les tarifs de cantine ? La taxe  foncière ? Reporter des travaux ?

Nous nous y refusons.

Les premiers concernés sont les habitants ! Adressez-vous avec nous au gouvernement !

Face à la crise énergétique, nous demandons pour nos collectivités :

  • L’instauration d’un bouclier tarifaire pour limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur les collectivités : fond de compensation et TVA réduite sur la facture énergétique
  • L’accès des collectivités aux tarifs réglementés du gaz et de l’électricité, au lieu d’être soumises aux prix du marché, et le blocage de ces prix
  • Le développement des aides aux communes pour la rénovation énergétique
  • L’indexation de la dotation de fonctionnement (DGF) sur l’inflation
  • Une contribution exceptionnelle sur les superprofits des multinationales de l’énergie

Signez ICI

Les signatures seront adressées au Préfet du Val d’Oise.

Campagne de pétition à l’initiative des élus du groupe municipal « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »  

 

Tribune de novembre

Notre tribune municipale de novembre 2022 alerte sur les difficultés des collectivités suite à la hausse explosive des coûts de l’énergie.

Qui va payer, quelles conséquences sur les politiques locales, sur les services aux habitant.e.s ? 

Notre texte est à lire ci-dessous, et une pétition sera à signer très prochainement pour demander à l’État les mesures indispensables à la survie des services publics locaux.

Tribune libre des élus « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »

Magazine municipal de novembre 2022

Les communes sont face à une hausse des prix de l’énergie insupportable pour leur budget.

La facture énergétique de la ville augmente de + 35% en 2022. Et en 2023 ?

Faut-il réduire les services aux habitants ? Augmenter lourdement les tarifs de ces services, le prix de la cantine ? La taxe foncière ?

Nous nous y refusons.

Cela a été le sens de notre démarche auprès des 2 autres groupes d’opposition pour faire voter au dernier Conseil municipal une motion au gouvernement demandant :

  • L’instauration d’un bouclier tarifaire pour limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur les collectivités : fond de compensation et TVA réduite sur la facture énergétique
  • L’accès des collectivités aux tarifs réglementés du gaz et de l’électricité, au lieu d’être soumises aux prix du marché ; blocage de ces prix
  • Le développement des aides aux communes pour la rénovation énergétique
  • L’indexation de la dotation de fonctionnement (DGF) sur l’inflation
  • Une contribution exceptionnelle sur les superprofits des multinationales de l’énergie

Les habitants sont les premiers concernés par la crise énergétique et les menaces qu’elle fait peser sur les services publics locaux. Nous vous proposons une carte pétition, à retrouver sur nos sites. 

I. Volat, S. Bauer

FB : saintgratiensolidaireecologiqueetcitoyen

Blog : isabellevolat.fr

Six minutes

La suite des échanges sur les orientations budgétaires au Conseil municipal du 17 novembre 2022 à Saint Gratien

Éclairage public

Nous nous interrogeons et interrogeons le maire depuis des mois sur une mesure d’extinction de l’éclairage public. De nombreuses communes y ont recours. L’éclairage n’est pas une dépense modeste ! Cela représente plus de 30% de la facture d’électricité : 220 000€ fin 2022 ! Combien en 2023 ? L’argument que nous oppose le maire est que l’obscurité dans nos rues entraînerait une hausse de la délinquance. Mais aucune étude ne le montre dans les villes qui ont éteint leurs lampadaires. Une ville dans le noir complet renforcerait le « sentiment » d’insécurité, selon le maire. Mais le sentiment n’est pas la réalité. Il n’y a quasiment personne dans nos rues gratiennoises entre 1h et 5h du matin. Tout est fermé, bars, restaurants, ciné, gare… Le maire annonce procéder à une baisse de l’intensité lumineuse, ce qui est bien la preuve qu’il y a là des économies à rechercher ! Pourquoi ne pas aller plus loin ? Surtout que très peu de LED sont installées puisqu’il y a aujourd’hui à Saint Gratien moins de 5% des lampadaires équipés. C’est une réflexion à engager, avec peut-être des mesures différentes selon les rues ? Une mesure aussi très écologique puisque l’éclairage est très nuisible à biodiversité. C’est un aspect à ne pas négliger.

Une estimation des économies générées par une extinction partielle a-t-elle été réalisée par la ville ?  Pas de réponse du maire sur ce point.  

Le document d’orientations budgétaires évoque les travaux  2023. Mais avec bien peu d’infos comme d’habitude. Travaux dans les écoles, lesquels ? Dans les équipements sportifs, lesquels ? En matière de développement durable, c’est quoi ? Acquisitions foncières, dans quel but ?

Nous alertons sur l’état du centre de loisirs Fossiez et du centre culturel du Parc. Ce sont deux équipements qui ont grand besoin de rénovation.

Quant aux rénovations de voirie, nous considérons que dans aucune rue, il n’y a d’urgence. La ville y a consacré un budget important ces dernières années, et peut faire une pause dans ce domaine.

Subventions : la ville se vante de leur «  maintien ». Mais  quand il y a plus de 6% d’inflation, c’est de la régression !

Nous soulignons en particulier que la subvention du CCAS est inchangée depuis tant d’années ! Cela signifie une action sociale au point mort. Or toutes les associations caritatives – le rapport 2022 du Secours catholique sur la pauvreté sortait le jour même du Conseil municipal-  tirent la sonnette d’alarme car de nombreuses familles vont être incapables de faire face à une inflation de +6% quand elles sont déjà à quelques euros près. 

Investissements en matière de développement durable   

Il faut passer à la vitesse supérieure ! Panneaux photovoltaïques, isolation des bâtiments, géothermie… il faut développer toutes ces mesures qui apporteront des économies dans la consommation d’énergie et sont bonnes pour notre environnement. Avec un peu d’audace…

Le maire considère à cet instant que mon intervention a assez duré et que les six minutes que nous accorde le règlement intérieur du Conseil sont dépassées. Outre qu’aucun sablier ne décompte le temps en salle des mariages, cette limitation du temps de parole d’un élu a toujours été reconnue comme contraire à la loi par la jurisprudence. D’ailleurs, lorsque nous avions soulevé ce point lors du vote du règlement en juin 2020, la réponse -étonnante- du maire avait été que jamais il n’appliquait cette mesure et ne nous coupait la parole…

Voilà ce que j’aurais déclaré ensuite si mon micro n’avait pas été coupé…

Comment faire face à cette augmentation de l’énergie qui entraîne +11,8% des charges générales ? Sauf à peser lourdement sur les habitants : hausses de tarifs, d’impôts, services revus à la baisse…travaux reportés.  

Comment faire face sans demander des mesures à l’État ?

L’État qui est responsable de la catastrophe en ayant « libéralisé » le marché de l’énergie avec le succès que l’on voit ! L’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie a apporté une hausse continue des prix tant pour les particuliers que pour les collectivités. Aussi, nous devons réclamer un bouclier tarifaire avec un fond de compensation pour faire face à l’urgence de la crise énergétique ; une TVA réduite sur l’énergie ; le bénéfice pour les collectivités des tarifs réglementés et leur blocage ; des aides aux communes pour la rénovation énergétique ; une DGF indexée sur l’inflation ; une contribution exceptionnelle sur les profits des multinationales de l‘énergie. C’est le sens de la motion que nous souhaitions proposer au vote des élus gratiennois. Le maire refusera de la présenter, comme expliqué dans un précédent article.

Différentes associations d’élus de tous bords avancent ces demandes.

« L’État ne peut s’exonérer de toute responsabilité. Certes, quelques avancées ont été proposées, comme le fameux « filet de sécurité », d’une rare complexité, et qui ne concernera qu’un nombre limité de communes.

La demande légitime et unanime des maires, à savoir l’indexation de la dotation globale de fonctionnement sur l’inflation, a été ignorée, alors même que les recettes fiscales de l’État progressent fortement grâce à cette même inflation (produit de la TVA) et à l’impôt sur les sociétés lié aux profits record des grandes entreprises. » Ces propos sont de Philippe Laurent, vice-président de l’AMF et maire de Sceaux, qui n’est pas un dangereux gauchiste…

Autre point de crispation : le contrôle des dépenses des collectivités par l’exécutif. Ce sont les fameux « contrats de confiance » qui limiteraient les dépenses des collectivités. C’est une atteinte à la libre administration, une recentralisation autoritaire.

À suivre… la suite de nos interventions budgétaires, car heureusement, nous sommes deux élus !    

Peur du noir

Confrontées à une crise énergétique sans précédent, les collectivités réfléchissent à réduire leurs factures de gaz et d’électricité. De plus en plus, l’idée se répand d’une extinction de l’éclairage public une partie de la nuit.

Tout près de chez nous, à Eaubonne, la ville a opté pour une extinction de l’éclairage public une partie de la nuit. Selon les estimations réalisées, cette extinction de l’éclairage pendant 3h chaque nuit permettrait à la ville d’Eaubonne d’économiser 10 000 euros par mois sur sa facture énergétique.

Dans la communauté d’agglomération de Val Parisis, la coupure nocturne de 3h30  va permettre de réduire la consommation d’énergie jusqu’à 26%. Val Parisis souligne que cette mesure traduit aussi son ambition environnementale, qui vise la réduction de l’impact de son parc lumineux sur la biodiversité nocturne.

À Saint Gratien, nous avons soulevé l’idée d’une extinction partielle depuis des mois. Nous récidiverons lors du Conseil municipal de  décembre ! Nous parions que cette mesure s’imposera bientôt à toutes les collectivités, tant pour l’économie d’énergie qu’elle génère que pour son intérêt écologique…

À lire ci-dessous, dans un article de « La Gazette des communes « , comment l’idée de l’extinction fait débat lors du Congrès des maires, qui se tient en ce moment.

Les images sont du blog.

Au Congrès des maires, l’extinction de l’éclairage public a ses adeptes

Publié le 23/11/2022 • Par Léna Jabre • dans la Gazette des communes

Au Salon et au Congrès des maires, plusieurs rendez-vous ont pris pour sujet la rénovation énergétique de l’éclairage public. La crise énergétique a en effet mis au premier plan la question de l’extinction des lumières dans les communes. Entre restrictions budgétaires, sentiment d’insécurité et lutte contre la pollution lumineuse, où se situent finalement les élus locaux ? Éléments de réponse.

Le 23 novembre, au Salon des maires, la salle est comble pour la conférence de l’Association française de l’éclairage (AFE) qui a organisé une table ronde sur le thème de l’éclairage public et de la transition énergétique. Preuve que la gestion des candélabres est l’un des sujets prenants de l’actualité des collectivités, qui font face à la montée de leur facture d’énergie. Y sont d’ailleurs donnés les résultats d’un récent sondage organisé par l’AMF et le Cevipof, duquel il ressort que 90% des maires envisagent de réduire l’intensité ou l’amplitude horaire de l’éclairage public dans leur commune.

Lors de cette conférence, l’association a rappelé qu’ « éclairer juste n’est pas juste éclairer  » : les élus doivent mener une analyse des besoins de leur territoire pour s’assurer de concilier toutes les contraintes en présence, même si la décision d’éteindre les lumières extérieures répond parfois à une situation budgétaire urgente. Qu’en pensent les élus rencontrés au Congrès et au Salon des maires ?

Des économies budgétaires

À Maignelay-Montigny (2 700 habitants, Oise), la décision de l’extinction totale des lumières, dans toutes les rues, de 23 heures à 5 heures du matin, a été prise il y a un mois. Denis Flour, le maire, explique : « On a pris cette décision car, en l’état actuel des choses, on a estimé pouvoir réaliser une économie de 16 000 euros, donc cela nous a semblé opportun. Surtout qu’on nous a annoncé récemment que le prix de l’électricité pour notre commune serait multiplié par cinq l’an prochain. » Le vote du conseil municipal a d’ailleurs été unanime, et « la question est venue assez naturellement car, au cours de l’été, des communes proches, de toute taille, ont pris la même décision, qui s’est finalement imposée comme une évidence pour nous. »

Même son de cloche à Roz-Landrieux (1 500 habitants, Ille-et-Vilaine), qui éteint ses lumières entre 21 heures et 6h45, « car c’est l’heure à partir de laquelle les enfants prennent leur bus pour aller à l’école », précise François Mainsard, le maire. C’est uniquement pour des questions budgétaires que cette décision a été prise : dans cette commune, l’éclairage public représente une grande part du budget, entre 13 et 15 %, tout en sachant que « la consommation électrique va exploser ». Donc depuis le mois d’août, la commune a pris la décision radicale de baisser sa consommation d’éclairage : elle éteint complètement l’éclairage l’été, du 15 mai au 1er septembre. « Ces économies vont nous permettre d’investir dans la rénovation énergétique, puisqu’il faut de toute façon poursuivre nos économies. »

La biodiversité dans les débats

Mais le maire de Maignelay-Montigny reconnaît également que même si ce sont des raisons budgétaires qui ont motivé la commune à prendre sa décision, elle en retire d’autres bienfaits : « Finalement, ça répond à un autre objectif, à savoir la lutte contre la pollution lumineuse. J’ai eu beaucoup de retours de citoyens sur ces questions-là. »

Par contre, François Mainsard, à Roz-Landrieux, préfère être honnête sur ce sujet : « Dans les petites communes, on a surtout un budget à tenir. La pollution lumineuse, il faut d’abord aller la voir dans les grandes villes. Nous, nous n’avons que que 110 candélabres pour 1 100 hectares, donc ce n’est pas nous qui créons de la pollution lumineuse. On n’a donc pas cette conscience dans notre politique de l’éclairage, même si la question de la biodiversité se retrouve dans nos autres actions. »

Une approche très différente de celle de Still (1 800 habitants, Bas-Rhin) qui, depuis juillet, a mis en place l’extinction nocturne de l’éclairage public, absolument pas pour des raisons budgétaires, mais écologiques avant tout : « Le but était d’avoir un impact moindre au niveau environnemental, pour la faune, et les économies ont été un bonus. Mais avec l’inflation, on a un résultat neutre : on est resté au même budget que celui de l’an dernier. »

Dans cette commune, l’extinction se fait de 23 à 5 heures du matin dans tout le village. Mais la mise en place de cette extinction ne s’est pas faite toute seule : « On a lancé une consultation générale des habitants, dont le tiers a répondu, avec 87 % d’avis favorables, en axant sur l’impact de la luminosité sur la biodiversité, la réduction du CO2, le bien-être de nos concitoyens, qui sont aussi impactés par la lumière. » Preuve supplémentaire que cette extinction est décorrélée de la crise ukrainienne : une première phase avait été testée pendant le second confinement.

Éclairage hiérarchisé

Françoise Laborde, la maire de La Sauvetat-sur-Lède (700 habitants, Lot-et-Garonne), relate la situation particulière qui s’est présentée au moment de prendre une décision sur l’éclairage public : « Nous sommes traversés par une route départementale, avec à peu près 4500 véhicules par jour, avec des écoles, des personnes âgées qui se déplacent là. » La commune a donc décidé de gérer son éclairage différemment en fonction des quartiers. Dans les lotissements, l’extinction se fait à 23 heures et jusqu’à 6 heures du matin, mais pas du tout dans le reste du village, et en particulier dans le cœur de bourg traversé par cette route départementale.

Cela fait deux ans et demi que cette organisation, expliquée dans le bulletin municipal, a été mise en place pour faire des économies. « Nous n’avons eu aucun retour des habitants des lotissements. » Même si cette décision a été prise avant la crise énergétique actuelle, la maire espère que cette situation ne va pas se prolonger, car « les dépenses augmentent, il va falloir faire attention à tout. Il y a trois mois, nous avons contacté le syndicat départemental, Territoire Energie, car nous voulons passer en 100% leds, pour faire d’avantage d’économies encore. »

A Guipavas (15 500 habitants, Finistère) aussi, le choix a été fait, depuis le 1er novembre, d’éteindre les luminaires en fonction des quartiers, de 22h30 à 6 heures du matin. « Les quartiers sont éteints et, sur les grands axes, un lampadaire sur deux reste allumé », précise Jacques Gosselin, adjoint au maire chargé des travaux. Les habitants n’avaient pas été concertés, mais bien informés par les publications de la commune. La première raison a été budgétaire, même si la question de l’impact sur la biodiversité s’était posée aussi. Mais c’est depuis 2017 que la rénovation en leds est en route, y compris pour l’éclairage intérieur des bâtiments publics.

La rénovation énergétique, un objectif pour tous ?

Denis Flour indique qu’à Maignelay-Montigny, l’objectif est de passer au 100 % leds d’ici deux ou trois ans, pour des raisons d’économies : « Mais même à ce moment-là, j’aimerais qu’on continue l’extinction totale, pour des raisons de sobriété. »

À Still, qui est à 20 % en leds, la rénovation des lumières se fait au coup par coup, « quand on a une lampe qui claque ». « A la vitesse à laquelle on avance, on devrait atteindre le 100% leds dans une dizaine d’années. Notre matériel actuel fonctionne et, écologiquement, on se dit qu’on doit l’utiliser tant que c’est le cas », explique l’adjoint au maire Johann Guénard.

A Talence (42 100 habitants, Gironde), la municipalité est passée au 100 % leds depuis 2020, mais elle pratique quand même l’extinction des lumières de 1 heure à 5 heures du matin, sur l’ensemble de la ville, sauf le long de la rame du tramway (entre 2 heures et 4 heures du matin). Stéphane Boulon, le directeur de cabinet, raconte que leur réflexion sur l’environnement et la consommation énergétique était une vraie préoccupation. La rénovation énergétique a en tout cas permis à la ville de travailler rue par rue. En revanche, le maire, Emmanuel Sallaberry, attend « avec beaucoup de fébrilité le projet de loi de finances définitif, pour savoir si on pourra bénéficier d’un bouclier tarifaire. Même quand on fait le choix de rénover tout son parc, on n’a plus de levier pour réaliser davantage d’économies, donc oui, la hausse des prix de l’électricité nous inquiète beaucoup. Toutes les communes ont besoin de l’aide de l’État ».

Gérer le sentiment d’insécurité

Au moment de prendre sa décision il y a un mois, Maignelay-Montigny a reçu quelques retours négatifs de ses habitants, liés à leur sentiment d’insécurité. Mais la municipalité avait recueilli l’avis de la gendarmerie : « ils étaient plutôt favorables à l’extinction, assurant que cela n’aurait pas de conséquence négative en matière de délinquance ou d’accidentologie. » Et d’expliquer au maire que « les trafiquants et les voleurs ont horreur du noir aussi et que, dans un village où l’éclairage public est éteint, on repère plus facilement les gens qui se promènent la nuit avec leur lampe ». Depuis la mise en place de l’extinction, Denis Flour n’a relevé aucun incident. Mais il reconnaît aussi que dans une ville telle que la sienne, « il n’y a personne dans les rues après 20 heures, néanmoins, la question de l’insécurité est quand même ressortie des débats ».

Mais à Roz-Landrieux, on ne compte aucun retour défavorable, lié à la sécurité ou pas : « Les habitants ont bien compris qu’il nous fallait faire des économies d’énergie pour maintenir les finances de la commune à flot et, à ma connaissance, à ce jour, nous n’avons eu aucune plainte. Il faut dire que la nuit, la circulation est résiduelle, même s’il y a quand même des gens en horaires décalés. »

A Still, les habitants qui ont répondu à la consultation organisée par la municipalité ont fait remonter leurs inquiétudes pour leur sécurité. Le maire est alors intervenu : « J’ai répondu nominativement à chaque citoyen pour indiquer que j’étais disponible en mairie pour leur expliquer que l’absence de luminosité n’a pas d’impact sur la sécurité. Mais personne n’est venu me voir ! » Cette extinction a toutefois changé certaines habitudes, selon Johann Guénard, son adjoint : « Les gens qui promènent leur chien autour de 23 heures le font avec une lampe frontale. » Le maire renchérit : « Aucun habitant n’est venu me voir pour me dire que cette décision avait impacté ses déplacements ». Au contraire, la commune a remarqué que depuis la mise en place de cette extinction, les attroupements de nuit ne se font plus, alors qu’ils posaient quelques nuisances la nuit : « On a constaté moins de dégradations dans notre aire de jeux, qu’on devait nettoyer tous les jours, moins de déchets, moins de bruit. »

Une situation qui peut varier en fonction de la taille de la commune. A Orléans (114 644 habitants, Loiret ), « on est revenus en arrière sur certaines extinctions, à cause des problèmes de sécurité routière, au niveau du périphérique, et des habitants se sont plaints, surtout des femmes », explique Pascal Tebibel, vice-président. A Talence, au contraire, on insiste sur l’absence de corrélation entre le noir et l’insécurité.

Des « précurseurs »

Force est de constater que les communes n’ont pas attendu la crise énergétique actuelle pour prendre la décision d’éteindre les lumières au cœur de la nuit. C’est le cas de Louzac-Saint-André (1 000 habitants, Charente), qui éteint de 23 heures à 6h30 depuis une trentaine d’années, sur tout son territoire, en augmentant la plage horaire. « Ça nous paraissait un peu stupide d’allumer la nuit alors que personne ne circule, reconnaît le maire, Lilian Jousson. C’est donc avant tout pour réduire le gaspillage et favoriser la biodiversité. Les gens sont tellement habitués que, lorsque l’on a relevé l’extinction à 23 heures, ils n’ont pas bronché. » Une situation qui a permis d’être plus serein vis-à-vis de son budget, surtout que, de mi-avril à mi-septembre, l’extinction est totale, à toute heure, et ce, depuis une vingtaine d’années.

Une position qui permet à la commune de témoigner auprès d’autres maires qui hésitent à se lancer : « Cela fait trente ans qu’on le fait, et jamais aucun habitant n’a protesté. Même en ville, finalement, j’ai rarement vu quelqu’un se promener à deux heures du matin. Je pense que l’insécurité liée au noir reste seulement un sentiment. » D’ailleurs, le maire insiste : « Je pense qu’il ne faut pas avoir peur d’éteindre la nuit ; que, bien sûr, certains irréductibles vont se plaindre, mais que l’intérêt collectif doit primer. Mais il faut bien sûr cerner les problèmes : si, à un carrefour, il y a un risque d’accident, on garde les lumières, de même le weekend autour des salles des fêtes, par exemple. On va nous-mêmes, l’an prochain, faire cet éclairage ciblé pour notre secteur qui comprend nos commerces, la salle des fêtes et le terrain de foot. »

Pour aller plus loin : Sobriété énergétique : faut-il vraiment éteindre les lumières des rues la nuit ?

Au Conseil de novembre….

La suite de notre compte-rendu du Conseil municipal de Saint Gratien, séance du 17 novembre 2022

Le Conseil vote le procès-verbal de la séance de septembre. Éternel débat : nos  interventions sont soigneusement expurgées des PV. Aujourd’hui le dossier« Indigo », hier les chiffres de la cantine.

Nous ne remettons nullement en cause le travail de rédaction des services, comme nous en accuse le maire, mais la relecture politique qui en est ensuite faite.

Seule solution : le PV « intégral » comme le pratiquent certaines communes, où les débats sont retranscrits dans leur intégralité, ou la retransmission en ligne des séances. La plupart des communes y ont aujourd’hui recours, c’est bon pour l’information des habitant.e.s, premier.ère.s intéressé.e.s par les décisions prises par les élu.e.s !  En septembre, nous avions relevé le fiasco du contrat liant la ville à la société « Indigo » pour le stationnement payant : pas de rapports techniques et financiers d’activité remis à la ville dans les six dernières années comme le stipulait le contrat, pas de mise en demeure de la ville suite à ces manquements, pas de pénalités financières de la part de la ville comme cela aurait dû être le cas. Nous l’avons rappelé en septembre, mais cela n’apparaît pas au PV… Il vaut mieux que les Gratiennois.e.s ignorent ces cafouillages, et la mauvaise gestion de ce dossier !

Le point principal de cette séance est, comme traditionnellement en ce mois de novembre, le débat sur les orientations budgétaires. Un exercice évidemment très compliqué cette année par la situation des collectivités, confrontées à une envolée sans précédent des prix, notamment de l’énergie. Depuis septembre, nous interrogeons la ville sur les éventuelles mesures qu’elle sera amenée à prendre dans ce contexte, et nous avançons propositions et réflexions. Or, étonnamment, le rapport sur les orientations budgétaires 2023 ressemble fort à celui de 2022… pourtant, la situation est bien différente.

Voici l’essentiel de nos interventions sur ce sujet, ou du moins ce que le maire, dans sa grande bonté, a bien voulu nous laisser dire ! Car il argue à chaque fois d’une prétendue limitation de notre temps de parole qui serait inscrite dans le règlement intérieur du Conseil.

Personnel : bien que la ville nous vante une « stabilité des effectifs » nous constatons quand même une diminution de 12 postes de titulaires. Ce n’est pas anodin, d’ailleurs l’adjoint aux finances reconnaîtra au cours du débat qu’il n’est pas impossible que la commune soit contrainte de diminuer le nombre de ses employés.

Cantine : nous sommes prévenus, il est à prévoir une « revalorisation des tarifs des repas scolaires due à une forte augmentation des matières premières du marché »

Nous avons déjà alerté à plusieurs reprises sur le niveau des prix de la cantine à St Gratien. Les tarifs sont déjà très hauts suite aux augmentations récurrentes et supérieures à l’inflation que nous avons connues ces dernières années. Ces tarifs sont parmi les plus chers du 95, voire les plus chers. Nous avons comparé les tarifs de St Gratien à ceux de 40 autres villes du Val d’Oise : Saint Gratien est plus cher de 11% sur le tarif le plus bas et de 57% sur le tarif le plus haut, et ceci avant les augmentations de septembre 2022. Cette étude a été publiée sur ce blog. Une famille au tarif minimum paie 75€ mensuels pour deux enfants à la cantine tous les jours, et une famille au tarif maximum paie 265€ mensuels. Cela seulement pour la cantine sans parler des accueils pré et post scolaires, du centre de loisirs…On imagine difficilement encore des augmentations importantes, sauf à mettre nombre de familles en grande difficulté. Je souligne souhaiter que les chiffres cités soient repris au PV, la dernière fois ils en avaient opportunément disparu !

Le contrat passé avec la société Sogérès comprend bien évidemment une clause d’ajustement des prix en fonction de l’inflation. À quoi faut-il donc s’attendre ? + 3 ou +12% ? Nous n’aurons pas de réponse sur cette question, la ville nous renvoyant à une négociation à venir avec le prestataire.  

Nous soutenons l’idée d’une cuisine centrale comme elle existait à St Gratien avant d’être supprimée par la majorité et comme elle existe encore dans de nombreuses communes qui ont décidé de se passer des entreprises de restauration collective. Nous suggérons l’idée d’engager une réflexion au niveau de Plaine Vallée.

Taxe foncière : on a tous compris qu’elle allait augmenter, la seule question est de combien, et certainement la majorité le sait, à un mois du vote du budget et alors que les recettes fiscales représentent 57% des recettes de fonctionnement.  

À suivre…

Photos : les fresques de la salle des mariages, réalisées en 1943 sous la direction d’Ivan Bottiau et récemment rénovées

Comment devenir une ville cyclable (4)

Münster, retours d’expériences importables à St-Gratien ?

Vélos et commerces en centre-ville, une étude réalisée à Münster

L’équation « vitalité du commerce = accès en voiture » est loin d’être vérifiée dans les faits. La contribution de la clientèle arrivant en transports publics, à vélo et à pied est largement sous-estimée, tout comme est sous-estimé l’impact pour nos villes et pour l’environnement urbain, de l’implantation de grandes sociétés de distribution et de milliers de places de stationnement en périphérie.

Décorations des lampadaires sous les arcades de la Prinzipalmarkt

Une étude réalisée à Münster en Allemagne révèle plusieurs faits méconnus. L’étude portait sur trois supermarchés ou supérettes (dont l’assortiment est suffisant pour de « grandes courses » une fois par semaine ou une fois tous les quinze jours) et sur un grand magasin ayant en outre des rayons divers (vêtements, boutique, articles de luxe, etc…)

  • Les automobilistes ne sont pas meilleurs clients que les cyclistes, piétons ou les usagers des transports publics. Dans certaines catégories, les cyclistes sont même meilleurs clients. Les cyclistes, achetant de moindres quantités par visite, viennent plus régulièrement au magasin (11 fois par mois en moyenne, contre 1 fois par mois pour les automobilistes) et… s’exposent plus souvent à la tentation.
  • Dans des commerces en milieu urbain, les automobilistes sont minoritaires (25 à 40% de la clientèle, selon qu’on est en semaine ou le samedi)
  • À peine 25% des automobilistes quittent un commerce avec deux sacs de marchandises ou plus, contre 17% des cyclistes. Trois quarts des automobilistes n’ont donc rien à transporter qui les empêcherait d’utiliser un autre mode de transport.
  • Compte-tenu des distances, des destinations après la visite du commerce et des quantités achetées, l’étude conclut qu’une majorité des automobilistes pourraient souvent se passer de leur véhicule pour leurs achats.

Il faut encore souligner que la vitalité des commerces est liée à la qualité de l’environnement. À Berlin, on a constaté que les déplacements des piétons et des cyclistes à l’intérieur des quartiers augmentaient fortement après l’instauration générale d’une limitation de vitesse à 30 km/h en dehors des grands axes de circulation. Pour le motif domicile/commerces, cette augmentation atteignait parfois 40%.

De même, une enquête réalisée à Strasbourg indique que, dans le centre-ville, il y a eu une augmentation de fréquentation de plus de 30% à surface commerciale inchangée après piétonnisation et fermeture à la circulation de transit.

À Berne, une enquête portant sur 1200 consommateurs a établi, en moyenne annuelle, le rapport entre la valeur des achats et la surface de stationnement utilise par chaque client.

Résultat : c’est avec les cyclistes que la « rentabilité-stationnement » est la plus favorable : 7500€ par mètre carré. Les automobilistes suivent avec 6625€ par mètre carré.

Quel paradoxe, alors que les cyclistes ne disposent pas de coffre pour embarquer leurs achats et sont donc forcés de limiter les quantités qu’ils achètent…

Extraits de : Villes cyclables, villes d’avenir (europa.eu)

Informations complémentaires et sources :

Die Mobilitätspioniere (wn.de)

https://urbanattitude.fr/dans-quelle-ville-du-monde-est-il-agreable-de-faire-du-velo/

Münster, la ville rhénane aux 600.000 vélos — Weelz.fr

Le vélo à Münster en Allemagne, « Un jour en Allemagne », Arte, 26 janvier 2016 – YouTube

Lutte contre la pollution : Les politiques cyclables en Europe (robert-schuman.eu)

80 000 cyclistes allemands distinguent leurs « capitales du vélo » – L’interconnexion n’est plus assurée (lemonde.fr)

Top 15 villes les plus cyclables d’Europe – Journal d’Europe (journaldeurope.com)

NB : Article  » Les aménagements cyclables singuliers de Münster » de Stéphane BAUER,  ainsi que les photos, hormis celles sourcées

Comment devenir une ville cyclable (3)

Münster, retours d’expériences importables à St-Gratien ?

Un peu d’histoire….

Leezen Stories from Münster

Les frères Knubel : en 1886, les pionniers de la mobilité douce à Münster

Lorsque Carl Benz a déposé le brevet pour sa première automobile à moteur à combustion, nous étions en 1886. Le véhicule à trois roues est considéré comme le prototype de l’automobile moderne.

À cette époque, le deux-roues prenait lui de la vitesse à Münster : Anton Knubel ouvrait ce qui était probablement le premier magasin de vélos de la ville.

Les frères Knubel (de droite à gauche) : Les frères Bernard, Anton et Johannes avec des roues modernes. Bernard et Anton Knubel ont été parmi les premiers cyclistes à Münster. Photo: Ville de Münster

C’était peut-être même le premier dans toute la Westphalie, comme le soupçonne l’historien de Münster, le Dr Bernd Haunfelder, qui s’est penché sur cette histoire. Les Knubel ont fait de Münster une ville pionnière de la mobilité douce.

« Tous systèmes de Vélocipède aux prix les moins chers » – le 10 avril 1886, Knubel a annoncé l’ouverture de son nouveau magasin au 5 Schützenstraße avec une publicité de la taille d’un timbre-poste dans le « Münsterischer Anzeiger ». Il y avait aussi un service de réparation. Un mois plus tard, Knubel attirait ses clients avec un paiement à crédit – et une offre très spéciale : cinq heures de cours de vélo gratuits.

En 1887, Knubel s’installe Au 6 Ludgeriplatz dans le bâtiment de l’usine de marbrage et de l’atelier de broyage de marbre de Christoph Bernard Mosecker. Là, Knubel vend des deux-roues et des trois-roues en tant que seul représentant de la société Giraffe de Sheffield, en Angleterre.

Entre-temps, d’autres magasins de vélos ont ouvert à Münster, comme Haunfelder l’a démontré sur la base de diverses publicités. Le pionnier Knubel a travaillé pendant plusieurs années avec un associé : Anton Schellen, petit-fils du célèbre photographe de Münster, Friedrich Hundt.

En 1896, Knubel installe un magasin sur Industriestraße, rue qui s’appelle maintenant Südstraße. « Des vélos à des prix soldés bien en dessous de leurs prix d’achat », peut-on encore lire dans une annonce publicitaire d’Anton Knubel.

Knubel s’est également distingué en tant qu’inventeur : il a déposé un brevet pour la « jante en bois de vélo avec pneus pneumatiques, avec une gouttière pour attacher la veste de course ».

Au tournant du siècle, Knubel est passé de deux à quatre roues : titulaire d’un permis de conduire à Münster, il a exploité un commerce de voitures à moteur au nom des sociétés Adler et Opel. Il a été le premier et pendant quelques années le seul concessionnaire automobile dans la capitale provinciale Münster et sa région.

Bernard, son frère, qui a participé aux premiers Jeux olympiques modernes à Athènes en 1896, s’est également investi dans le commerce de vélos peu de temps après. En 1897, il a présenté les tout derniers modèles de l’époque avec là aussi une série de publicités : les roues Adler, Opel, Allright, Möve et Victoria étaient dans le magasin du 3a Ludgeriplatz.

Selon les recherches de Haunfelder, les deux frères Knubel se sont également fait un nom en tant qu’instructeurs [de cyclisme] à Münster : ils ont donné des leçons pour se déplacer à vélo sur l’actuelle Weseler Straße. Tous deux étaient des champions cyclistes et ont également organisé les premières courses cyclistes en ville avec Bauer.

Article issu et traduit de :  Die Mobilitätspioniere (wn.de)