Danger au Triangle de Gonesse !

Le Tribunal de Versailles a rétabli en décembre 2020 le plan local d’urbanisme de Gonesse, rendant possible l’urbanisation de 280 hectares du triangle agricole. La société du Grand Paris annonce une reprise du chantier de la gare du Grand Paris Express (ligne 17) dès le mois de février. Cela ignore les préconisations de la Convention citoyenne pour le climat et les actions juridiques en cours. Cette gare située en plein champ, à plusieurs kilomètres des habitations ne se justifie ni par la  proximité avec les habitants, ni par l’absence de transports vers la capitale ou l’aéroport de Roissy.

De plus, le gouvernement n’a pas rendu sa décision suite au rapport de Francis Rol-Tanguy sur l’avenir du Triangle. Ce document penche pour le développement du projet Carma, en vue du développement d’une production agricole venant renforcer l’autosuffisance alimentaire de l’Île-de-France. Cette préconisation comprend aussi des développements en matière de transports, formation, logements.

La lutte contre l’urbanisation du triangle de Gonesse n’a pas pris fin avec l’annulation d’EuropaCity, car le péril est toujours présent : l’artificialisation des terres de Gonesse.

Pour cette raison, à l’initiative du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) est organisé un rassemblement ce dimanche 17 janvier de 11h à 16h.

Programme de la journée

11h : assemblée des collectifs en lutte contre les projets imposés en Ile-de-France / balade accompagnée sur le Triangle

12h : pique-nique, soupes et boissons chaudes à prix libre

13h : cérémonie du Serment du Triangle

14h – 16h : Prise de parole de personnalités, musique, débat

Pour s’y rendre

Chemin de la justice, Gonesse

RER B ou D, arrêt parc des expositions ou Villiers le Bel Gonesse Arnouville, puis bus 20 arrêt fontaine Cypierre.

Conseil à huis clos (2)

Conseil municipal à huis clos jeudi 17 décembre 2020 à Saint Gratien, pour cause de couvre-feu et consignes sanitaires. Tou.tes masqué.es et bien aligné.es, voilà à quoi ressemble désormais l’assemblée communale. Pas si facile dans ces conditions de débattre entre élu.es. La séance a pourtant duré plus de trois heures, car l’ordre du jour était chargé avec 23 points à examiner, dont le vote du budget 2021. Voici notre compte-rendu, en plusieurs épisodes sur les sujets les plus marquants.

Le Conseil délibère ensuite sur des rapports qui peuvent sembler très techniques, mais ces sujets ont des répercussions dans la vie quotidienne des Gratiennois.es : le diable se niche souvent dans les détails…

Décision modificative

Les décisions modificatives reflètent l’évolution concrète de la mise en œuvre du budget. Celle-ci est donc la dernière de l’année avant le vote du budget 2021.

Nos remarques

Comment expliquer que n’apparaisse pas dans cette décision l’investissement réalisé cet été par la commune dans le quartier des Raguenets, à savoir l’aire de jeux, pour un montant de  243 000€ ? Ce nouvel équipement n’apparaît en effet dans aucune des décisions budgétaires modificatives qui nous ont été présentées depuis sa réalisation. À chaque fois que nous avons posé cette question, la ville nous a répondu que cela figurerait dans la décision modificative suivante… Mais l’affaire est un peu plus compliquée, et moyennement transparente. En effet, 106 000€ avaient été inscrits au budget supplémentaire de juin 2020 au titre de « service des aires de jeux » et 100 000€ ont été récupérés sur différents postes de travaux qui n’ont pas été consommés et qui ont donc permis d’inscrire la dépense totale sans avoir besoin de figurer dans une décision modificative. Ces travaux concernaient les écoles Grusse Dagneaux, Raymond Logeais ainsi que le théâtre Jean Marais ou le gymnase du Forum et celui de  Jean Zay. Ces fonds n’ont pas été consommés entièrement et ont permis de compléter le financement de cette aire de jeux. Le complément a été apporté par des fonds dédiés à des activités économiques. Nous nous étonnons que ces explications ne nous aient pas été fournies en juin ou septembre, à chaque fois que nous avons interrogé la ville à ce sujet.

Deux conclusions. Les fonds nécessaires à la réalisation de l’aire de jeux, non prévue au budget 2020, ont été récupérés sur d’autres investissements. Et il nous faut sans cesse interroger et réinterroger la ville pour comprendre la mécanique financière, pas toujours simple,  des budgets.

D’autre part, nous ne voyons toujours pas les conséquences financières de la crise sanitaire sur les comptes de la ville, bien que la municipalité nous annonce que les dépenses entraînées sont importantes. 

Le Conseil vote ensuite les subventions aux associations pour 2021.  

Nous regrettons que les subventions au CCAS restent immuables depuis des années. Or la crise sanitaire s’est doublée d’une crise sociale et économique majeure, qui fait que les besoins augmentent dans le domaine de l’aide sociale. Sans revalorisation au moins égale à l’inflation depuis longtemps également, les subventions aux coopératives scolaires et aux projets des classes de CM2 sont rognées petit à petit. Le total des subventions est en légère baisse sur 2020 (571 676€ contre 575 914 € en 2020) mais l’ensemble de l’attribution des subventions n’est pas définitif.

Nous réitérons notre demande de présentation des associations les plus importantes de la ville à l’occasion de ces annonces de subventions. 

Nous votons contre l’augmentation « habituelle » des loyers des logements communaux, car aucune justification n’est apportée à cette hausse. Par contre, nous faisons remarquer que certains d’entre eux mériteraient une réhabilitation. « Ce sont des loyers « raisonnables » d’après le maire et des travaux y seraient régulièrement effectués. À notre avis, certains mériteraient pourtant une réhabilitation.

À l’occasion du vote sur l’adhésion de la commune à un groupement de commande dans les domaines de la téléphonie  et des réseaux Internet, nous faisons remarquer les dysfonctionnements récurrents dans les écoles : téléphones qui fonctionnent de façon aléatoire, et mauvaise connexion qui ne permet pas d’utiliser correctement les tableaux numériques.

La ville renouvelle sa convention avec l’agence nationale de traitement des infractions, dans le cadre de la gestion de son stationnement payant. Nous nous interrogeons à cette occasion sur la non-présentation au Conseil du rapport d’activité de la société délégataire « Indigo » qui gère les  594 places de stationnement payant en surface et les 194 places du parking P1. Indigo reverse à la commune une redevance annuelle de 6 000€. La part « variable » de cette redevance, qui pourrait s’y ajouter, n’a quant à elle jamais été versée, puisque le seuil nécessaire pour la débloquer n’a jamais été atteint. Bien qu’évidemment Indigo ne gère pas l’ensemble des places de stationnement de la ville, il en a une part importante et nous ne comprenons pas pourquoi son rapport d’activité n’est pas présenté en Conseil.    

À suivre : le budget primitif 2021 et le recours au fond de soutien pour l’emprunt toxique dollar/franc suisse

Conseil à huis clos

Saint Gratien : voici la suite de notre compte-rendu sur les sujets les plus marquants du Conseil municipal du 17 décembre 2020, en plusieurs épisodes.

Conseil municipal à huis clos  pour cause de couvre-feu et consignes sanitaires. Tou.tes masqué.es et bien aligné.es, voilà à quoi ressemble désormais l’assemblée communale. Pas si facile dans ces conditions de débattre entre élu.es. La séance a pourtant duré plus de trois heures, car l’ordre du jour était chargé avec 23 points à examiner, dont le vote du budget 2021.

Le Conseil examine la tarification des « courts séjours » de vacances pour les enfants au printemps et été 2021.

Remarque récurrente : très peu d’enfants bénéficieront de ces séjours, puisque seulement 144 places sont proposées sur ces deux périodes de l’année. Par rapport au nombre d’enfants potentiellement concernés, c’est très peu, cela touchera à peine 5% des jeunes entre 5 et 14 ans. Le coût pour la ville reste modeste : 40 000€. Nous nous interrogeons également sur les modalités d’inscription : un vendredi à 17h, ce qui n’est pas évident pour les parents qui travaillent.

Pour ce qui est des « longs séjours », notre questionnement est le même : à peine 1% des enfants gratiennois profiteront des 39 places proposées en juillet et août 2021… La ville ne pourrait-elle pas engager une réflexion sur ces séjours afin d’élargir son offre ? Et là encore, les conditions d’inscription nous posent problème : un samedi à partir de 9 heures… et bien que la ville nous assure que toutes les demandes sont satisfaites, il nous remonte que des parents font le siège de la mairie à des heures très matinales… Le coût pour la ville de ces « colos » est de 20 000€, un montant anecdotique dans le budget de la ville.

Le Conseil vote la revalorisation de +3,07% des droits de place du marché. Cette formule de révision est dans le contrat (de 13 ans !) qui lie la ville à la société Mandon Somarep.

Les commerçants de Saint Gratien bénéficient de mesures particulières pour les aider dans cette période difficile : exonération des loyers pour les locaux loués par la ville, non-augmentation de la taxe pour occupation du domaine public… C’est indispensable pour les commerçants durement touchés par la pandémie.

Comment comprendre alors que les droits de place des commerçants du marché vont, eux, connaître une hausse de +3,07% en 2021 ? Pourtant le marché a été durement perturbé lui aussi puisqu’il a été fermé deux mois et demi au printemps. Nous demandons que la ville s’oppose à cette augmentation, et le fasse savoir au gestionnaire. Refus du maire, les élus de la majorité votent l’augmentation sans état d’âme.

Débat autour de l’activité du marché, qui souffre mais a néanmoins des possibilités de rebond, comme l’a démontré le succès rencontré par l’initiative « le marché des terroirs » qui a vu le dimanche 13 décembre une animation inhabituelle devant et dans la halle ! Nous rappelons que le marché municipal est un endroit particulier dans notre commune, qui crée du lien social. Une nouvelle fois, nous alertons sur les pratiques du concessionnaire, qui présente aux commerçants des factures d’eau et d’électricité ne correspondant pas aux consommations effectives. Comment comprendre qu’un marchand de légumes qui ne consomme pas d’eau, soit facturé au même niveau que les poissonniers, qui en utilisent beaucoup ? La presse locale a relaté les accusations portées envers Mandon Somarep pour ces pratiques dans d’autres communes, ce qui nous a amenés à réclamer le rapport des commissaires aux comptes sur l’activité de ce concessionnaire.   

Le maire estime que l’augmentation de +3,07% étant incluse dans le contrat, la ville ne peut s’y soustraire. Il reconnaît à demi-mot l’existence de difficultés liées à la gestion du marché bien qu’il mette en cause également l’attitude de certains commerçants. Il renvoie dos à dos commerçants et gestionnaire au sujet des dysfonctionnements constatés. Pour lui, le marché fonctionne globalement « très bien » car les gens ont redécouvert le commerce de proximité à l’occasion des confinements. Nous réaffirmons que le gestionnaire aurait dû avoir un geste envers les commerçants en cette période de crise économique. Il perçoit 100 000€ sur l’activité du marché de Saint Gratien, dont la ville reçoit une part de 45 000€. Le tout grâce au travail des commerçants ! Que fait la ville de cette somme perçue sur l’activité du marché ? Pour la première fois, l’adjoint au commerce évoque des travaux nécessités par l’état de vétusté de la halle… Nous doutons que la dépense soit de 45 000€ chaque année.

Nous votons ensuite contre les dérogations au repos dominical demandées par les magasins Lidl, Picard et BMW pour 5 dimanches de 2021.

Nous sommes toujours opposés au travail du dimanche, et ce pour plusieurs raisons.

Une dérogation en amenant une autre… le travail du dimanche se banalisera et tous les salariés travailleront le dimanche car il y aura besoin de transport, de garde d’enfants, de restauration, de nettoyage…

Si les salaires étaient suffisamment élevés en ne travaillant que la semaine, aucun travailleur ne serait candidat à travailler le dimanche ! Le travail du dimanche se fait souvent sous la contrainte pour les salariés. De plus, ce sont majoritairement des femmes qui travaillent dans les commerces. Elles sont doublement pénalisées : absence auprès de leurs enfants, frais de garde supplémentaires et plus chers le dimanche !

On nous oppose parfois l’intérêt des consommateurs qui pourraient ainsi faire leurs courses plus facilement. Outre que le consommateur est aussi un salarié, qui au travail ne risque plus de consommer, force est de constater que le consommateur n’a pas plus d’argent à dépenser le dimanche que les autres jours de la semaine.

Le temps libre, le même jour pour tous, c’est la garantie d’une vie collective en famille ou entre amis, les loisirs sportifs ou culturels même s’ils sont limités en cette période de pandémie.

Au coût social s’ajoute le coût écologique. Chauffer, éclairer, climatiser les commerces, transporter produits et consommateurs un jour de plus, est générateur de surconsommation d’énergie. 

À suivre… : les points budgétaires

Authentiquement populaire

À l’occasion du centenaire du Parti communiste français, « né » le 25 décembre 1920, de nombreux ouvrages, livres et publications fleurissent sur le sujet.

À lire ci-dessous l’article de Julian Mischi, qui retrace les conditions de la naissance du PCF et sa place particulière dans l’histoire politique de notre pays.

Julian Mischi est chercheur en sociologie à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), auteur de l’ouvrage Le Parti des communistes. Histoire du Parti communiste français de 1920 à nos jours, Hors d’atteinte, Marseille, 2020.

Les illustrations sont du blog.

Il y a cent ans naissait un parti authentiquement populaire

Dès qu’il vit le jour, en décembre 1920, le Parti communiste français revendiqua une place singulière dans le paysage politique hexagonal : celle de la seule formation populaire, dirigée par des gens du peuple pour servir les intérêts de celui-ci. À l’heure où le fossé entre classes dirigeantes et classes laborieuses paraît plus profond que jamais, son histoire est riche d’enseignements.

Derrière la tribune, une grande banderole reprend la formule de Karl Marx et Friedrich Engels : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » Elle est surmontée d’une bannière arborant le slogan de la Ire internationale : « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ». En ce 25 décembre 1920 s’ouvre à Tours le 18e congrès de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), à l’issue duquel une très large majorité des délégués du Parti socialiste (70 % des mandats) décident d’adhérer à l’Internationale communiste (IC). Cette dernière, également dénommée IIIe Internationale, a été créée l’année précédente, en mars 1919, sous l’impulsion de Lénine et des bolcheviks russes dans l’espoir d’étendre leur révolution au monde entier.

Les débats tenus lors de ce congrès fondateur et dans son sillage n’ont pas seulement une valeur historique. La recherche d’une solidarité internationale dépassant les égoïsmes nationaux, le contrôle d’élus ayant tendance à se compromettre avec les institutions bourgeoises ou encore les réflexions sur l’articulation du combat politique et des luttes syndicales résonnent fortement avec des préoccupations actuelles. Le mouvement communiste a en effet su développer des réseaux militants dans la France ouvrière, et plus largement populaire, urbaine ou rurale. Or la capacité à prendre en compte et à porter les intérêts des classes populaires est ce qui manque aux partis de gauche aujourd’hui.

Au congrès de Tours, les défenseurs de l’adhésion à l’IC veulent tourner la page d’une SFIO qui s’est, selon eux, compromise en participant au gouvernement d’« union sacrée » durant la première guerre mondiale (Jules Guesde fut même ministre d’État). Ils sont animés d’une hostilité aux parlementaires qui ont versé dans la « collaboration de classe » et ont renié les principes révolutionnaires et pacifistes de la IIe Internationale. Ils affichent une défiance à l’égard des dirigeants sociaux-démocrates qui n’ont pas rendu de comptes à la base tout en soutenant la répression étatique contre les voix — syndicalistes et féministes, notamment — qui s’élevaient face à la boucherie perpétrée sur le continent européen. Dans le parti « de type nouveau » exigé par les bolcheviks et espéré par les militants internationalistes, le groupe parlementaire et la presse seront soumis au contrôle des militants. Le décalage entre les députés et la masse du parti est important : à contre-courant des adhérents, une cinquantaine de parlementaires sur soixante-huit refusent, à l’image de Léon Blum, ancien chef de cabinet du ministre des travaux publics pendant la guerre, de suivre la majorité ; ils font scission en maintenant la SFIO.

Une demande de radicalisation

Évoquant la compromission de deux députés socialistes de son département, le délégué de la fédération du Cher, le cordonnier Émile Lerat, affirme lors du congrès : « Nous sommes antiparlementaires, parce que nous constatons l’action néfaste de nos élus. Nous disons que moins nous avons d’élus, plus nous avons d’adhérents. Nous en avons assez, chez nous, d’être des machines à cotiser et de servir les intérêts de quelques individus qui, une fois munis d’un mandat, nous combattent, détruisent l’unité de chez nous, détruisent l’organisation et vont faire le Bloc national (1) (…). Nous en avons assez du Parti socialiste uniquement électoral, nous voulons un Parti socialiste révolutionnaire (2).  » L’adhésion à l’IC exprime une demande de radicalisation du socialisme, autant que le soutien à la révolution d’octobre 1917, perçue comme ayant établi en Russie un « pouvoir prolétarien ».

Les principaux rédacteurs de la motion d’adhésion à l’IC, l’instituteur syndicaliste Fernand Loriot et le journaliste Boris Souvarine, sont absents lorsque s’ouvre le congrès, car ils sont en prison. Ils font partie des nombreux militants arrêtés depuis le printemps 1920 au motif de leur implication fantasmée dans un vaste « complot » ourdi en Russie. L’épouvantail de la menace contre la sûreté de l’État a aussi été brandi pour réprimer les cheminots en grève ; quinze mille d’entre eux sont tout simplement révoqués. Le Parti communiste en gestation doit être capable de résister aux coups de boutoir de l’État bourgeois, tout en assurant la surveillance, en interne, des « carriéristes ». D’où l’insistance sur la discipline. Le principe de la « centralisation démocratique » est l’une des vingt et une conditions de l’adhésion à l’IC édictées par les bolcheviks lors de leur congrès de juillet 1920 : « À l’époque actuelle de guerre civile acharnée, le Parti communiste ne pourra remplir son rôle que s’il est organisé de la façon la plus centralisée, si une discipline de fer confinant à la discipline militaire y est admise. »

Cette exigence de centralisation relève d’enjeux propres à la défense de la révolution en Russie et aux insurrections qui éclatent ailleurs en Europe, mais elle correspond aussi aux attentes des militants français, pour qui la mise en pratique des déclarations socialistes nécessite une organisation stricte. La base militante aspire à passer des paroles aux actes. « Trop d’action verbale et pas assez d’action pratique », regrette par exemple un délégué de Seine-et-Oise (3). De son côté, Ernest Denante, instituteur et représentant du Vaucluse, s’écrie : « Nous sommes pour la IIIe Internationale, parce qu’elle nous apporte une discipline sévère devant laquelle nous sommes heureux et fiers de nous incliner, parce que nous ne voulons pas que le Parti socialiste soit une maison grande ouverte où pénètre qui veut, où l’on fait ce que l’on veut, où la plupart du temps on ne fait rien. Nous sommes pour la IIIe Internationale parce qu’elle condamne le réformisme. Parce qu’elle condamne ce passé dont nous rougissons, le passé du socialisme de guerre (4).  »

Au-delà de l’épisode du congrès de Tours, dont il faut se garder de faire un « mythe des origines », la création d’un parti communiste en France s’est déroulée en plusieurs étapes. Le nom même de « communiste » n’est définitivement adopté par le nouveau parti qu’en janvier 1922. Plusieurs années s’écoulent avant que se forme un parti réellement différent de l’ancien parti socialiste, sous l’effet de nombreux départs et de la bolchevisation, à partir de 1925, sur le modèle du Parti communiste d’Union soviétique. Rapidement, des dirigeants issus de la SFIO, comme l’instituteur Ludovic-Oscar Frossard, premier secrétaire du parti jusqu’en janvier 1923, quittent une organisation d’où sont également mis à l’écart des syndicalistes de tendance libertaire, comme le correcteur d’imprimerie Pierre Monatte. À l’instar de Souvarine et de Loriot, la plupart des fondateurs s’éloignent, de gré ou de force, d’un parti où la démocratie interne est progressivement étouffée (5).

Alors que la SFIO était dominée par une élite d’intellectuels et de membres des professions libérales, avec de nombreux avocats ou journalistes, le Parti communiste se construit à partir du milieu des années 1920 autour de dirigeants d’origine ouvrière. Il valorise une organisation en cellules d’entreprise, là où la SFIO était structurée en sections locales, et promeut l’action syndicale de ses membres. Sous l’impulsion de l’IC, il favorise la présentation aux élections de candidats ouvriers. Pierre Semard, ancien syndicaliste révolutionnaire, cheminot révoqué en 1920, devient secrétaire général du parti en 1924.

C’est aussi sous l’impulsion de Moscou que les communistes s’engagent dans les luttes anticoloniales, alors que la SFIO se contentait jusque-là de dénoncer les abus du colonialisme. Ils appellent ainsi à l’évacuation du Maroc et à la fraternisation avec Abdelkrim Al-Khattabi lors de la guerre du Rif, en 1925-1926. L’Union intercoloniale, créée début 1922, rassemble des militants originaires des colonies françaises autour de revendications d’égalité politique (droit de vote) et sociale (« À travail égal, salaire égal »). Sa section indochinoise est animée par Nguyen Ai Quoc, le futur Ho Chi Minh — qui deviendra en septembre 1945 chef du gouvernement de la République démocratique du Vietnam, candidat communiste aux élections municipales de 1925 à Paris. L’IC impulse des solidarités transnationales, fédérant, autour de ses actions et de ses agents, des courants anticolonialistes, panafricanistes et antiracistes.

L’engagement communiste s’effectue à diverses échelles, au sein de réseaux transnationaux comme dans les communes françaises, où se développe, à partir des années 1930, tout un maillage d’associations amies, parallèlement à l’établissement de municipalités « rouges » et à un essor militant. L’adaptation du message communiste aux réalités de la société française permet sa diffusion au sein des grandes forteresses ouvrières, telles les usines Renault de Billancourt, à l’ouest de Paris, et jusque dans les campagnes, où il répond aux aspirations de défense des petites propriétés familiales fragilisées par la concentration des terres. Parmi les nouveaux députés communistes élus en 1936, au moment du Front populaire, se trouvent notamment Alfred Costes, ancien ajusteur chez Renault, élu à Boulogne-Billancourt, et Marius Vazeilles, pépiniériste impliqué dans le syndicalisme agricole, pour la Corrèze.

Mineurs, métallurgistes, valets de ferme…

La lutte pour l’émancipation du prolétariat s’articule avec des revendications d’ordre syndical, féministe ou anticolonialiste. Les femmes, les descendants d’immigrés et les catégories populaires trouvent au sein du Parti communiste français (PCF) un vecteur de protestation contre la société capitaliste et une source d’émancipation individuelle, à rebours de la position subalterne qu’ils occupent dans la société. Le cas de Martha Desrumaux, seule femme à participer aux accords de Matignon en 1936, est éclairant. Issue d’une famille pauvre du Nord, elle doit quitter l’école dès ses 9 ans pour travailler comme bonne, puis comme ouvrière dans le textile, un secteur où elle anime plusieurs grèves alors qu’elle ne sait ni lire ni écrire. Elle entre à la direction du PCF en 1932, après son passage à l’École léniniste internationale de Moscou. Contre les visions schématiques qui réduisent le communisme à sa dimension bureaucratique ou autoritaire, il est important de souligner que le communisme à la française recouvre aussi cette réalité.

Dès le milieu des années 1930, le PCF devient un parti de masse très puissant. De la Libération aux années 1970, il domine le paysage politique de la gauche française, captant le quart des suffrages sous la IVe République. Son soutien actif au gouvernement de Front populaire en 1936 et sa participation au pouvoir à la Libération permettent de grandes avancées sociales : congés payés, création de la Sécurité sociale avec Ambroise Croizat et de la fonction publique avec Maurice Thorez, réduction du temps de travail, etc. De fait, la « menace » du communisme au sein des pays capitalistes a conduit à des réformes qui ont amélioré le sort des classes laborieuses durant le « court XXe siècle » (6). Le développement de l’État-providence après la seconde guerre mondiale apparaît même aux yeux des conservateurs comme un moyen d’éviter une révolution sociale.

En France, les communistes font accéder des hommes d’origine populaire aux plus hautes fonctions de l’État, sinon réservées aux élites économiques et culturelles. On peut mentionner, entre autres, Marcel Paul, ministre de la production industrielle de novembre 1945 à décembre 1946 : pupille de l’Assistance publique, il travaille comme valet de ferme dès l’âge de 13 ans avant d’être versé dans la marine, dont il sort avec un brevet d’électricien (7). Ouvrier à la centrale de Saint-Ouen, au nord de Paris, il devient un dirigeant syndical de premier plan. Résistant, il est déporté à Buchenwald. Il y organise un comité de défense des intérêts des détenus français, dont bénéficie notamment l’industriel Marcel Dassault. À la Libération, il est chargé de la nationalisation de l’électricité et du gaz ; il contribue à faire de l’entreprise publique un modèle social en établissant un statut du personnel très avancé.

Animé par des militants d’origine populaire alliés à des intellectuels, des scientifiques et des artistes (Louis Aragon, Frédéric Joliot-Curie, Pablo Picasso…), le mouvement communiste français constitue une entreprise inédite de subversion des règles du jeu politique. Pour cela, il a mis en place des dispositifs de formation et de promotion de cadres d’origine populaire. Le trio dirigeant formé par Thorez, Benoît Frachon et Jacques Duclos, qui ont été respectivement mineur, métallurgiste et ouvrier pâtissier, aux responsabilités du milieu des années 1920 aux années 1960, symbolise l’identité populaire des porte-parole du parti.

Logiquement, ces derniers se sont éloignés de la condition ouvrière en devenant très tôt des permanents, des « révolutionnaires professionnels ». Les dirigeants communistes sont en outre issus d’une élite populaire : ils ont accédé à une instruction scolaire relativement longue pour leur classe. Les ouvriers peu qualifiés, les immigrés et les femmes sont souvent cantonnés, eux, aux échelons de base de l’organisation. Néanmoins, ces populations, pratiquement absentes des autres partis, peuvent, grâce à leur engagement, s’affirmer dans l’espace public. Ainsi, le PCF se singularise en étant jusqu’à la fin du XXe siècle, et de loin, le parti le plus féminin au sein d’un paysage politique très masculin. En dépit du conservatisme moral qu’il manifeste à partir des années 1930, il rend possible un féminisme pratique pour des femmes dont l’entrée dans l’action militante implique la transgression des schémas dominants.

Le PCF n’œuvre donc pas seulement à « ouvriériser » les assemblées électives françaises. Il est aussi, à partir de la Libération, le principal acteur de leur féminisation. Odette Roux, une institutrice qui a rejoint le parti dans la clandestinité en janvier 1941, résistante avec son mari (mort dans une prison allemande), est élue maire des Sables-d’Olonne en mai 1945. À 28 ans, elle devient la première femme à la tête d’une sous-préfecture. En octobre de la même année, dix-sept des trente-trois premières femmes élues députées sont communistes. En 1956, il n’y a plus que dix-neuf femmes à l’Assemblée nationale, mais quinze sont communistes. Parmi elles, Eugénie Duvernois, infirmière, ancienne résistante et déportée (son mari est mort à Mauthausen), élue de Seine-et-Oise.

Le PCF constitue un puissant outil d’émancipation individuelle pour des militants, femmes et hommes, qui peuvent grâce à lui lutter contre les élites bourgeoises et masculines dans leurs communes et leurs entreprises. Mais il laisse peu de place aux voix discordantes : toute divergence interne est traquée au nom de l’unité. Dans un parti stalinisé, des « affaires » sont montées de toutes pièces par Thorez et ses fidèles pour écarter des rivaux jusqu’au début des années 1960. En 1961, Laurent Casanova, responsable des relations avec les intellectuels, et Marcel Servin, secrétaire à l’organisation, accusés d’« activité fractionnelle », sont ainsi démis de leurs fonctions dirigeantes et rétrogradés à la base. Ces deux cadres avaient eux-mêmes participé en 1952 à la mise à l’écart brutale de Charles Tillon et André Marty, deux dirigeants historiques, responsables du parti pendant la guerre.

Vecteur d’entraide dans les usines et les quartiers, outil de lutte contre la domination patronale et l’exclusion politique des classes populaires, l’engagement communiste peut également être synonyme de sectarisme. À cette ambivalence se superpose un décalage entre la situation des communistes dans les pays capitalistes et ce qui se passe en URSS, puis dans les démocraties populaires qui s’établissent au sortir de la seconde guerre mondiale. Ainsi, des syndicalistes rejoignent le PCF dans la perspective d’établir des contre-pouvoirs ouvriers dans les usines alors que, dans le même temps, les syndicats de la Russie soviétique sont des instruments de contrôle des travailleurs tournés vers des objectifs de productivité.

L’IC s’est rapidement transformée en un instrument au service exclusif de la diplomatie de l’Union soviétique. Même après la dissolution de l’Internationale, en 1943, le PCF se révèle l’un des plus fidèles soutiens de Moscou au sein du mouvement communiste international, contrairement à son homologue italien. L’autre grand parti communiste d’Europe de l’Ouest défend en effet dès 1956 l’idée d’une diversité des modèles nationaux de communisme. Si, en 1968, le PCF condamne l’intervention en Tchécoslovaquie des forces du pacte de Varsovie, et s’il prend ses distances avec le modèle soviétique au milieu de la décennie suivante, en même temps qu’il s’engage dans une politique d’« union de la gauche » avec le Parti socialiste (PS), il se réaligne rapidement. Georges Marchais, ancien métallurgiste et secrétaire général du parti de 1972 à 1994, inscrit la formule du « bilan globalement positif » des pays socialistes dans la résolution votée par le 23e congrès, en 1979. Les dirigeants communistes français continueront de défendre la supériorité des régimes socialistes jusqu’au démantèlement de l’Union soviétique, en 1991.

Lorsque celui-ci intervient, la puissance populaire du PCF s’est déjà très fortement érodée sous l’effet combiné de l’offensive des forces néolibérales, de la conquête du pouvoir par le PS et de la désindustrialisation. En restant au gouvernement au moment du « virage de la rigueur », en 1983, le PCF doit se résigner à des politiques néolibérales qu’il dit pourtant vouloir combattre. Cette ambiguïté, très coûteuse électoralement, se poursuit avec sa participation au gouvernement de M. Lionel Jospin (PS) entre 1997 et 2002. Dans le même temps, l’éclatement du groupe ouvrier fragilise un parti qui n’est plus en mesure de s’ouvrir aux nouvelles figures populaires : travailleurs issus de l’immigration nord-africaine, femmes employées dans les services à la personne, intérimaires de la logistique, etc. D’autant que, durant les années 1990-2000, la direction du PCF délaisse la question de la représentation des classes populaires et cherche surtout à adapter son discours aux attentes des classes moyennes (8). Dans un contexte de baisse continue de l’activité militante, les élus et leurs collaborateurs jouent un rôle de plus en plus central dans la reproduction de l’appareil du PCF, entraînant une professionnalisation de l’engagement communiste autour des collectivités territoriales, à distance des réseaux syndicaux.

Si le PCF, cent ans après sa fondation, est devenu un petit parti, au poids électoral négligeable (2,49 % des suffrages aux dernières élections européennes), il conserve malgré tout une base militante (près de cinquante mille cotisants). Il gère encore cinquante villes de plus de dix mille habitants. La réélection en 2020 de M. Azzedine Taïbi à la tête de la municipalité de Stains, commune de quarante mille habitants au nord de Paris, montre qu’un communisme populaire peut se renouveler à travers le milieu de l’animation sociale. Fils d’ouvriers et d’immigrés algériens, ce militant antiraciste a commencé à travailler comme animateur de quartier à l’âge de 17 ans.

Certes, les évolutions du style de vie des classes populaires, de leur insertion professionnelle et de leur ancrage territorial concourent à les éloigner de l’organisation communiste et, plus généralement, de l’action militante. Mais ces classes n’ont pas disparu, et elles portent toujours des aspirations au changement, comme l’a rappelé à partir de l’automne 2018 la mobilisation des « gilets jaunes » (9).

À l’échelle européenne, la victoire de la social-démocratie sur le communisme a été de courte durée. Au-delà des partis communistes, l’ensemble de la gauche est en crise au début du XXIe siècle. La contribution des sociaux-démocrates au démantèlement de l’État-providence et leur alignement sur les intérêts des milieux financiers les ont compromis. Les records d’abstention électorale, mais aussi l’essor du vote d’extrême droite, dénotent une crise généralisée de la démocratie représentative, où la distance entre les élites dirigeantes et les populations laborieuses s’est considérablement creusée. En ce sens, le projet communiste reste d’actualité.

 

(1) Coalition de partis du centre et de droite au pouvoir de 1919 à 1924.

(2) « 18e Congrès national tenu à Tours les 25, 26, 27, 28, 29 & 30 décembre 1920 », compte rendu sténographique, Parti socialiste (SFIO), Paris, 1921.

(3Ibid.

(4Ibid.

(5) Julien Chuzeville, Un court moment révolutionnaire. La création du Parti communiste en France (1915-1924), Libertalia, Montreuil, 2017.

(6Cf. Eric Hobsbawm, L’Ère des extrêmes. Histoire du court XXe siècle (1914-1991), Agone, Marseille, 2020 (1re éd. : 1994).

(7) Nicolas Chevassus-au-Louis et Alexandre Courban, Marcel Paul. Un ouvrier au Conseil des ministres, Éditions de l’Atelier, Ivry-sur-Seine, 2020.

(8) Lire « Comment un appareil s’éloigne de sa base », Le Monde diplomatique, janvier 2015.

(9) Lire « Le peuple des ronds-points », Manière de voir, n° 168, décembre 2019 – janvier 2020.

Le cimetière et la loi du marché

Mortelle stratégie à Saint Gratien : après les municipales, progression en flèche des tarifs du cimetière

Pur hasard, car on n’imagine pas une si machiavélique réflexion, la ville procède à une « refonte totale » [comprendre une augmentation record des prix pratiqués] de ses tarifs funéraires, l’année même du rebond de la mortalité pour cause de Covid.

Entendu en commission des finances : « nous avons une stratégie pour le cimetière » ; « pour ne pas se retrouver pris de court dans un espace limité, et des concessions sur 30 ans qui risquent de ne pas être renouvelées, il faut optimiser les tarifs ».

Un leitmotiv : appliquer au cimetière la loi du marché. Et bouter des cercueils hors du cimetière au terme de concessions sur 15 ans quand on n’a pas de nouvelles des descendants. Concessions sur lesquelles une promotion va dorénavant être faite, au regard de la nouvelle grille tarifaire…

Les propos sont brutaux. Ils ont été cependant avancés par nos collègues de la commission finances. Avec sang-froid.

Nous avons dit et répété à la fois en commission finances et en séance du Conseil municipal que l’utilisation de certains termes étaient impropres sur un tel sujet.

Progression en flèche des tarifs du cimetière de Saint Gratien en détail ci-dessous

Morbides calculs
La ville estime que ses recettes funéraires vont connaître une hausse de +23% en 2021.
Ce sont des familles plus nombreuses qui vont être touchées par ces augmentations. Les tarifs du cimetière avaient déjà connu une substantielle refonte il y a quelques années et s’envolent à nouveau.

La ville s’appuie pour argumenter sur des comparaisons avec des villes voisines.
Ce qui n’a que peu de sens, puisque chaque commune a pour le coup ses spécificités territoriales et qu’on comprend qu’une ville qui n’a pas la possibilité d’agrandir son cimetière n’a pas les mêmes marges de manœuvre que Saint Gratien où un terrain attenant est prévu de longue date pour une extension éventuelle.

L’adjointe en charge du rapport indique d’ailleurs que « la superficie actuelle, déjà augmentée, couplée à une bonne gestion des reprises des concessions, permet d’envisager les années à venir sans tension particulière ».

Dans le détail, l’évolution des différents tarifs :
– Le prix de la concession de 15 ans augmente de + 42%, de 141 à 200€.
– Celle de 30 ans diminue -assez curieusement – de 679 à 650€. Avec un paradoxe : il vaudra mieux contracter deux concessions de 15 ans successives qu’une de 30 ans… Où est donc la cohérence avancée par la ville pour réorganiser ses tarifs ?
– Le prix de la concession pour 50 ans passe de 1 131 à 1 500€, soit + 33%.
– Au columbarium, alors que la ville indique que la « tension y est moindre », comprenez que le manque de place n’y est pas problématique, la concession de 15 ans augmente toutefois de + 52%, de 197 à 300 €, et celle pour 30 ans de + 43%, de 420 à 600 €.
Des augmentations importantes alors que « cet espace occupe nettement moins de place ». Mais selon le maire, le coût du columbarium est plus important pour la commune, qui prend en charge l’intégralité de l’aménagement, contrairement aux concessions où ce coût doit être assuré par les pompes funèbres, et donc les familles.

« L’exemplarité du cimetière » au prix un « travail considérable », à facturer aux Gratiennois-e-s

Quant à savoir ce qui motive l’augmentation des opérations funéraires de +3%… c’est toujours compliqué. Pour l’adjointe aux affaires générales, c’est une augmentation « habituelle ». Le maire ne trouve pas d’autre justification que « l’exemplarité du cimetière » dans lequel la ville n’utilise plus de produits phytosanitaires, ceci entraînant un « travail considérable » pour le service des espaces verts…

Seule décision positive : celle d’instaurer un nouveau système de concession, la « cavurne » qui mêle incinération et possibilité d’inhumation de l’urne funéraire.

Non convaincus, nous votons au Conseil municipal contre cette nouvelle « refonte » des tarifs du cimetière.

S.B./I.V.

Pour la gratuité du masque à l’école

« La Gazette du Val d’Oise » relate notre démarche pour la gratuité des masques pour les écoliers et écolières de Saint Gratien.

Article de Fabrice Cahen ci-dessous, ce 23 décembre 2020.

Val-dOise. À la mairie de Saint-Gratien, l’opposition demande la gratuité du masque à l’école

Les groupes d’opposition de la mairie de Saint-Gratien ont signé une motion commune pour demander à la Ville une prise en charge des masques destinés aux enfants des écoles.

Pourtant de bords politiques opposés, les groupes Vivons Saint-Gratien, conduits par Emmanuel Mikaël (MoDem) et Saint-Gratien solidaire écologiste et citoyen, mené par Isabelle Volat (Lfi)*, ont signé une motion commune pour demander à la Ville une prise en charge des masques destinés aux enfants des écoles.
« Nous avions déjà soumis cette idée à l’assemblée municipale en novembre », souligne Stéphane Bauer, conseiller municipal, du groupe Solidaire écologiste et citoyen, alors que la motion a été refusée par la majorité conduite par le maire (Lr) Julien Bachard, lors du conseil municipal qui se tenait jeudi 17 décembre.

Deux masques par jour par enfant sont nécessaires. Le maintien des gestes barrières doit durer jusqu’à l’été 2021. Cette obligation représente une charge pour les foyers. Nous proposons que la Ville assure la fourniture des masques.

L’équipe de Saint-Gratien Solidaire au nom des deux groupes minoritaires.

« Un effort collectif de nos élus indemnisés peut aussi être réalisé pour le financement de ces masques : la minoration de 15 % des indemnités de décembre suffirait à financer la dotation en masques des enfants de notre ville », va jusqu’à suggérer le groupe Vivons Saint-Gratien.

5 000 euros

Selon leur calcul, le coût d’un tel dispositif se chiffrerait à 5 000 € pour la Ville.

La commune a connu une baisse de dépenses en raison de l’annulation de certains engagements, comme les projets de classe. Une économie de 20 000 €.

Le groupe Solidaire écologiste et citoyen

Pour la mairie, la fourniture du masque « relève d’une compétence des parents et de l’Éducation nationale ».

Différence de taille

La ville avait étudié l’option de fournir des masques en tissu, mais la différence de taille entre les Cp et les Cm2 l’a dissuadée de se lancer dans la commande de ce type d’accessoire. Elle a opté pour mettre à disposition des masques jetables, pour les enfants qui se présenteraient sans masque.

« Les écoles et les accueils périscolaires sont équipés de deux boîtes de réserves, au cas ou un enfant oublie son masque », précise la mairie, qui était tout de même intervenue pour fournir des masques en tissu aux enseignants qui en manquaient. « Si l’Éducation nationale n’a plus de masque nous en avons en réserve », prévient la Ville, qui n’aurait reçu aucune réclamation de parents à ce sujet.

À lire ici sur le site de La Gazette

* Précision : je ne suis pas membre de La France Insoumise. Mon étiquette politique est « PCF-Front de Gauche » et j’intervenais ici au nom du groupe municipal « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen ». I.V.

Laisse béton !

Après EuropaCity… Le Triangle de Gonesse ne laisse pas tomber le béton

L’Humanité, 22 décembre 2020

Malgré l’abandon du gigantesque et controversé projet EuropaCity il y a plus d’un an, un nouvel acte de justice rappelle que ces terres agricoles du Val-d’Oise sont toujours menacées par l’urbanisation.

«  C’est une décision politique que l’on attend désormais », embraie Bernard Loup, président du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG). Le 18 décembre est tombée la fâcheuse nouvelle : la cour administrative d’appel de Versailles a rétabli le plan local d’urbanisme (PLU) de Gonesse. À 15 kilomètres au nord de Paris, le Triangle de Gonesse – des centaines d’hectares de terres agricoles dans le Val-d’Oise – est donc à nouveau menacé d’urbanisation. Et ce malgré l’abandon, en novembre 2019, du projet EuropaCity, un méga-complexe de loisirs, d’hôtels et de commerces.

Des revers juridiques, Bernard Loup en a connu d’autres. Déjà en juillet 2019, la cour administrative d’appel de Versailles avait validé l’arrêté préfectoral approuvant la création de la zone d’aménagement concerté (ZAC), ouvrant la voie à l’urbanisation des terres agricoles. Le rétablissement du PLU était le dernier acte redouté. Reste à savoir ce qu’il va maintenant advenir du Triangle de Gonesse.

La ligne 17 du Grand Paris Express pourrait servir de cheval de Troie

Pour répondre à cette question, le gouvernement avait mandaté un haut fonctionnaire, Francis Rol-Tanguy, dans la foulée de l’annonce de l’abandon d’EuropaCity. Son rapport, remis en juillet 2020, présente trois options. Soit la réalisation d’une zone d’activité commerciale repensée couvrant 280 hectares ; soit une zone moins vaste, laissant libres quelques parcelles ; soit, enfin, une préservation de l’ensemble des terres agricoles. Cette dernière solution, que préconise le rapport, est aussi celle espérée par les opposants de longue date à EuropaCity. Cela permettrait aux écologistes de développer leur projet alternatif Carma (coopération pour une ambition agricole, rurale et métropolitaine d’avenir), tourné vers l’agriculture de proximité. « Le Triangle de Gonesse peut être un sacré levier pour booster l’activité agricole en Île-de-France, veut croire Bernard Loup. Ce qu’oublient les élus pro-aménagement sous prétexte de vouloir créer des emplois, c’est que l’agriculture est aussi une activité économique. » Mais l’option pose problème à ceux qui comptent encore que la future gare de Gonesse, prévue sur le tracé de la ligne 17 du Grand Paris Express, voit le jour. Initialement envisagée pour desservir EuropaCity, elle n’a pas été abandonnée. Elle pourrait même servir de cheval de Troie à l’urbanisation. Difficile, en effet, d’imaginer une gare seule au milieu des champs. Pour Marie-Christine Cavecchi, présidente (LR) du conseil départemental du Val-d’Oise, ce serait une façon de compenser le « mauvais coup » du gouvernement après l’abandon d’EuropaCity. Dans le Journal du dimanche du 20 décembre, l’élue réclame « un véritable projet d’envergure métropolitaine » autour de la gare de Gonesse.

« Sa liste au père noël, c’est du grand n’importe quoi », lui répond Bernard Loup. Le militant s’attend bien à une « compensation » du gouvernement pour le département après l’arrêt d’EuropaCity, mais espère qu’elle ne concernera pas les terres agricoles du Triangle de Gonesse. Car le premier ministre, Jean Castex, doit présenter son « plan pour le Val-d’Oise » d’ici début 2021. L’annonce du maintien ou non de la construction de la gare de Gonesse sera attentivement scrutée.

« Macron se sert de cette décision pour vanter son bilan écologique »

Les opposants historiques au projet EuropaCity sont prêts à repartir au front. Suite à la décision de la cour administrative d’appel de Versailles, le CPTG a annoncé vouloir déposer un recours devant le Conseil d’État. « Ce recours est symbolique, c’est sur le terrain politique qu’il faut espérer confirmer la victoire contre Europacity », précise Bernard Loup. « Si le gouvernement décide de maintenir la gare et l’urbanisation qui en découle, on pourrait se retrouver dans la même situation que celle où nous étions avant novembre 2019 et l’abandon du méga-complexe. Emmanuel Macron se sert de cette décision et de celle de Notre-Dame-des-Landes pour vanter son bilan écologique. Ce serait une faute politique que de finalement maintenir la ZAC », met en garde le militant. Le CPTG prépare une série de mobilisations en 2021 et appelle d’ores et déjà à un rassemblement citoyen dimanche 17 janvier sur le Triangle de Gonesse. L’objectif est de montrer qu’ils seront au rendez-vous tant que ces terres fertiles du Val-d’Oise ne seront pas définitivement sauvées.

Le Collectif pour le Triangle de Gonesse prépare une série de mobilisations en 2021 et appelle d’ores et déjà à un rassemblement citoyen dimanche 17 janvier sur le site.

 

Le maire dit « non » aux masques pour les élèves

Conseil municipal à huis clos jeudi 17 décembre 2020 à Saint Gratien, pour cause de couvre-feu et consignes sanitaires. Tou.tes masqué.es et bien aligné.es, voilà à quoi ressemble désormais l’assemblée communale. Pas si facile dans ces conditions de débattre entre élu.es. La séance a pourtant duré plus de trois heures, car l’ordre du jour était chargé avec 23 points à examiner, dont le vote du budget 2021. Voici notre compte-rendu, en plusieurs épisodes sur les sujets les plus marquants.

Le maire fait état en début de séance de la motion que nous avons conjointement déposée avec un autre groupe minoritaire. Notre suggestion : que la ville fournisse des masques aux élèves des écoles élémentaires.

Hélas ! ce n’est pas pour proposer notre motion au vote du Conseil comme nous le demandions, mais pour y répondre comme s’il s’agissait d’une question orale à expédier sans nous laisser la possibilité de nous exprimer après lui.

Il est inutile selon le maire de fournir des masques aux écolier.ères de Saint Gratien. En effet, l’Éducation nationale dont c’est la compétence, aurait déjà doté les chefs d’établissements (sic) de masques pour les fournir aux enfants qui n’en auraient pas. D’autre part, il rappelle que tous les accueils périscolaires sont pourvus de boîtes de masques jetables, plus adaptés d’après lui aux enfants, et qu’on sait lavables depuis peu. En cas de nécessité, les directeurs savent qu’ils peuvent en demander à la ville. Il s’en prend ensuite au groupe « Vivons Saint Gratien » qu’il accuse d’avoir réalisé « un coup politique » en distribuant des masques dans les écoles. Il ne laissera pas Emmanuel Mikaël, responsable de ce groupe, s’expliquer sur le sujet et ne nous accordera pas plus la parole.  

Que penser de cette « réponse » du maire ?  

Le dépôt d’une motion avait pour but de provoquer un débat sur cette question de distribution de masques aux enfants des écoles élémentaires (qui par ailleurs ne sont pas dirigées par des « chefs d’établissements », mais par des directeurs et directrices). Le maire évacue cette possibilité en nous répondant directement sans vote du Conseil : nous regrettons qu’une nouvelle fois les échanges soient impossibles dans notre assemblée.

Sur le fond de la réponse, plusieurs éléments.

Évacuons d’abord les structures périscolaires qui n’étaient pas concernées par notre proposition, nous ne visions que les écoles.

Bien sûr, c’est l’Éducation nationale qui devrait fournir en nombre des masques pour les élèves. Ce n’est évidemment pas le cas, elle peine déjà tant à en équiper ses personnels ! Signataires d’une pétition demandant la gratuité des masques, et donc leur prise en charge par l’État, nous sommes convaincu.es qu’il s’agit là de la responsabilité de l’Éducation nationale. Rien n’empêche la ville de se retourner vers l’État pour lui rappeler son rôle.

En attendant, l’urgence est de soutenir les familles, qui, comme nous le soulignions dans notre texte, subissent les effets de la crise de la Covid et sur le budget desquelles pèse parfois lourdement le coût des masques des enfants. Au printemps dernier, la ville avait d’ailleurs bien fourni deux masques par foyer gratiennois. L’État lui a, depuis, remboursé une partie du coût.

Quant à fournir des masques « au cas par cas », cela suppose que les familles en difficulté sachent que cette aide est possible et se fassent connaître auprès de la ville, via l’école. Il faudrait ensuite constituer un dossier, et déterminer selon quels critères les masques pourraient être attribués…

L’initiative que nous proposions relève d’une toute autre démarche : c’est un geste « solidaire » envers tous ! De la même façon par exemple que la ville organise une distribution de chocolats aux personnes au-delà de 60 ans… c’est un signal de solidarité envers une catégorie de la population, sans conditions de ressources et sans que certains aient besoin de le solliciter, et de se justifier pour le recevoir.

En ces temps difficiles, financièrement et moralement, une attention de la ville en direction des familles et des enfants aurait été bienvenue. Le tout pour un coût très modeste pour le budget de la ville, rappelons-le, et ce d’autant plus que la ville a moins dépensé en direction des écoles en 2020, suite par exemple à des projets scolaires non réalisés, et donc des subventions municipales non versées. 

À suivre… 

Pour mémoire, ci-dessous le texte de la motion sur la fourniture de masques aux élèves.

Les élèves des écoles élémentaires doivent porter le masque à partir de 6 ans durant leur journée d’école depuis le retour des vacances d’automne.

Il est recommandé de changer de masque toutes les quatre heures. Deux masques par jour par enfant au minimum sont donc nécessaires, sachant que certains enfants peuvent être présents dans les locaux scolaires durant beaucoup plus longtemps que les seules heures de classe. De plus, le premier ministre a déclaré le 14 décembre le maintien des gestes barrières jusqu’à l’été 2021.

Cette obligation représente une charge financière pour les familles, sachant que nombre d’entre elles connaissent des difficultés économiques supplémentaires dues à la crise sanitaire : diminution de revenus, perte d’emploi… Pour certaines, déjà avant cette période, les fins de mois étaient très difficiles.

Nous proposons donc que la ville de Saint-Gratien, comme d’autres communes avoisinantes et beaucoup de collectivités en France, fasse un geste de solidarité envers les écolier.ères des écoles élémentaires, en fournissant à chacun.e des masques.

Nous évaluons la dépense à moins de 5 000€. C’est un coût qui reste modique.

– Les dépenses en matière d’interventions sociales et santé ne représentent que 3,7% des dépenses de fonctionnement de la ville.

– Nous rappelons que la ville a connu de moindres dépenses pour les écoles en 2020 : annulation de projets des classes de CM2 notamment, à hauteur de 20 000€.

– Un effort collectif de nos élus indemnisés peut aussi être réalisé pour le financement de ces masques : la minoration de 15% des indemnités de décembre suffirait à financer la dotation en masques des enfants de notre ville.

Nos concitoyens seraient sensibles à un tel geste en cette période si singulière.
Nos deux groupes « Vivons Saint Gratien » et « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen », souhaitent que cette motion soit soumise au vote du Conseil municipal.

 

Là sont nos questions

Conseil municipal à huis clos jeudi 17 décembre 2020 à Saint Gratien, pour cause de couvre-feu et consignes sanitaires. Tou.tes masqué.es et bien aligné.es, voilà à quoi ressemble désormais l’assemblée communale. Pas si facile dans ces conditions de débattre entre élu.es. La séance a pourtant duré plus de trois heures, car l’ordre du jour était chargé avec 23 points à examiner, dont le vote du budget 2021. Voici notre compte-rendu, en général plus rapide que celui de la ville, en plusieurs épisodes sur les sujets les plus marquants.

Commençons par la fin : les réponses du maire à nos questions orales. Limitées à cinq par groupe, elles doivent déposées par écrit 48h en amont de la séance. Un regret : cela pourrait être l’occasion d’un vrai débat sur des sujets d’actualité qui touchent les Gratiennois.es, si nous pouvions intervenir après le maire, ou présenter nous-mêmes nos questions. Ce n’est malheureusement pas le cas et donc l’intérêt de l’exercice est réduit. Voici les thèmes sur lesquels nous avons interrogé le maire, et les réponses qu’il nous a apportées.

Commerce de drogue

Quelles sont les actions concrètes qui sont menées sur le territoire de St-Gratien pour circonscrire des trafics qui peuvent se développer jusqu’à la proximité d’écoles et donc à la vue des plus jeunes des Gratiennois-e-s ?

Réponse du maire : effectivement, un gros travail est fait aujourd’hui entre la ville, la police nationale, la police municipale.  Depuis plus d’une semaine, des opérations ont lieu dans le quartier très régulièrement. Le lien est permanent avec le commissaire mais le maire ne peut pas nous en dire davantage.  

Nos commentaires : alerté.es par des habitant.es du quartier sur ces trafics qui se déroulaient à la vue des écolier.ères, nous avions déjà évoqué la question avec le maire. Au-delà de la simple répression, nécessaire, des trafics, le problème reste évidemment plus complexe.

Communication de la ville

Nous constatons des couacs récurrents dans la communication officielle de la ville. Celle-ci passe désormais quasi uniquement par la page Facebook. Or de nombreux Gratiennois n’ont pas accès à ce réseau social. Des élus communiquent de plus sur d’autres pages que celle de la ville. Des initiatives ne sont pas annoncées, comme la venue d’un bus de dépistage du coronavirus en septembre. Des annonces nous sont faites qui se révèlent inexactes, comme l’annulation de la cérémonie du 11 novembre, laquelle s’est finalement déroulée en comité restreint, où nous n’étions pas conviés. Le site de la ville, seul à même d’informer les habitants sur les différents services municipaux, est à l’abandon depuis des semaines et son accès n’est plus sécurisé. Il y a également un manque d’information par voie d’affichage.

Quelle réflexion la ville a-t-elle engagée, au-delà de la refonte de son site Internet, comme nous l’avons appris par inadvertance lors du Conseil municipal de novembre 2020 via la décision modificative n°2, pour enfin assurer aux Gratiennois l’information performante et égalitaire à laquelle ils ont droit ?

Réponse du maire : nous avons tout faux ! Il n’y aucun problème, toutes les initiatives sont  annoncées. Il est vrai que la cérémonie du 11 novembre a été annulée et que les groupes du Conseil pouvaient déposer une gerbe à leur guise. Le site Internet de la ville est sécurisé et continue d’afficher des publications mais il est vieillissant et un nouveau site sera bientôt opérationnel au premier trimestre 2021. Les Gratiennois.es ont été sollicité.es à travers les groupes de quartier et un questionnaire à compléter. Pas de sujet donc à part une polémique politique inutile !  

Nos commentaires : pas de réponse particulière sur l’utilisation de la page Facebook. Si de nombreuses villes communiquent via ce réseau, il n’en reste pas moins que de nombreuses personnes n’y ont pas accès, d’où l’importance d’un site Internet performant : c’est loin d’être le cas actuellement, le site affichant régulièrement des messages d’alerte pour manque de sécurité, voire étant carrément inaccessible. Sa refonte prévue est bien le signe de dysfonctionnement, d’ailleurs reconnus par des agents de la commune eux-mêmes. Quant au 11 novembre, force est de constater que le maire a organisé une cérémonie officielle en comité restreint, où nous n’étions pas invités. L’information qui nous avait été donnée ne reflétait pas cette réalité.   

Poubelles en centre-ville

Nous constatons de façon récurrente que les containers à ordures sortis le mardi et vendredi  rue Berthie Albrecht débordent sur le trottoir de façon importante, occasionnant nuisances visuelles, olfactives et potentiellement sanitaires. Il ne s’agit pas uniquement de cartons, mais également de sacs de déchets ménagers. Ce problème n’est pas récent, puisque nous le constations déjà au mois d’août, bien en amont du confinement. Il concerne d’ailleurs également d’autres endroits de collecte de déchets du Forum.

Quelle solution peut-elle être envisagée ?

Réponse du maire : la ville s’est adressée au syndicat Émeraude pour faire le point sur le sujet avec le bailleur et essaie de trouver une solution si les locaux le permettent.

 Nos commentaires : l’affaire avance ! Nous nous étions déjà inquiétés de ce problème, signalé par des habitant.es du quartier, en commission municipale. On nous avait tout d’abord répondu que c’était le fait des nombreuses commandes sur Internet en ces temps de pandémie, et que les containers débordaient surtout de cartons, ce qui n’est pas exact. Si nos photos ont fait progresser la prise de conscience du problème par la ville, et ensuite la recherche de solutions, tant mieux ! À suivre évidemment.    

Contre-allée rue Berthie Albrecht

La circulation des piétons et cyclistes est compliquée dans cette voie. La circulation et les manœuvres des voitures sont importantes. Les trottoirs sont réduits du fait de l’utilisation qui en est faite par les commerces et notamment la brasserie. Le cheminement piéton impose de faire le tour de la place devant la boulangerie, alors que la plupart des gens traversent en ligne directe au milieu des voitures. Un cheminement piéton reliant en ligne droite le trottoir devant la brasserie à celui devant le fleuriste ne serait-il pas préférable, en interdisant le stationnement sur les deux emplacements situés en milieu de place ? Le marquage au sol indique d’ailleurs déjà que le stationnement n’y est pas autorisé.  

Réponse du maire : c’est non ! L’objectif n’est pas de supprimer des stationnements. Le cheminement piéton a justement été tracé pour que les gens passent devant les boutiques et il y aurait dévalorisation des locaux commerciaux si ce n’était pas le cas !  

Nos commentaires : le maire nie l’évidence : les piétons vont tout droit au plus court au milieu des voitures avec un risque évident d’insécurité. Les deux places visées n’étaient pas destinées au stationnement à l’origine, puisque le marquage au sol indique une interdiction. Le stationnement y est d’ailleurs « verbalisable », selon les ASVP que nous avons interrogées. Verbalisable… mais jamais verbalisé…

Arceaux pour vélos parking Lidl

Bien que ce parking soit privé, la ville peut-elle intervenir pour y faire installer des arceaux à vélos ?

Réponse du maire : un courrier est adressé à la société qui gère cet espace, sans réponse encore.  

Nos commentaires : à suivre, ce parking est particulièrement mal pensé et agencé pour la circulation -et la sécurité- des cyclistes et des piétons.

À suivre, la suite du compte-rendu du Conseil municipal…