Europacity, 19 mai : un temps de grenouille ! (1)

Les opposants au projet d’Europacity – «future destination de loisirs du Grand Paris» à Gonesse (95) – se sont donné rendez-vous, le week-end dernier, pour 24 heures de mobilisation contre ce projet d’«urbanisation inutile et nocive».

Pour refuser le projet de bétonnage d’hypermarché commercial Europacity ET de la gare en plein champ !

Pour promouvoir le projet Carma et une gare pour les habitants.

Face à la puissance financière des promoteurs français –AUCHAN– et chinois –WANDA– redoublons d’efforts pour que les décideurs politiques se saisissent enfin du projet CARMA (agro-écologie et économie circulaire), seul projet issu du terrain, peu gourmand en investissements, inspiré des expériences concrètes menées en agriculture périurbaine et vivrière à Barcelone et à Milan, seul projet susceptible de reconstruire le lien entre producteurs, consommateurs et habitants.

SAUVONS MAINTENANT LES TERRES DE GONESSE

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Le site du triangle de Gonesse :

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On y vient à pied, à cheval, en vélo :

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Quel sera l’effet de l’urbanisation de près de 300 hectares de «terres fertiles», dont 80 hectares uniquement dédiés à cet important projet ? Ses opposants critiquent aussi son coût, estimé à 1 milliard d’euros, ainsi que la construction d’une gare «sans habitant», qui sera insérée sur la ligne 17 du Grand Paris Express.

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Le projet alternatif porté par CARMA :

Les opposants à Europacity proposent leur «projet alternatif», qu’ils nomment «Carma». Cet «ambitieux programme de transition écologique» prévoit notamment «la création de nombreux emplois dans les filières de l’agriculture, l’éco-construction, la rénovation thermique…».

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S.B.

À suivre…

Des radis, pas des caddies !

Urbanisation. Le projet Europacity condamné, mais pas sa gare ?

Lundi 20 Mai 2019, article d’Alexandra Chaignon, Huma.fr

La lutte contre le mégacomplexe commercial, devenu le symbole « de ce qu’il ne faut pas faire », a rassemblé des centaines de personnes, ce week-end, sur le triangle de Gonesse.

«La transition, on en parle beaucoup, mais on ne la voit pas », déplore Luis, accroupi, pieds nus dans la terre, une bêche dans une main, des graines de tournesols dans l’autre. Comme plusieurs centaines de personnes, le jeune homme, qui réside à Paris, a répondu à l’appel du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) qui organisait ce week-end les « 24 heures du Triangle », pour mobiliser contre le projet EuropaCity, ce mégacomplexe de loisirs et de commerces qui prévoit d’artificialiser ce qui reste de terres agricoles dans ce coin du Val-d’Oise. Des 1 000 hectares historiques de la zone, il ne reste en effet que 670 hectares agricoles, dont 300 sont promis à l’artificialisation et 80 au projet EuropaCity.

Non loin de là, Laurence, une militante du collectif hantée par « la monstruosité du projet », explique à des nouveaux venus le fonctionnement de l’atelier jardinage. « On se réunit un dimanche sur deux. On a déjà planté des patates et des oignons. Et là-bas, explique-t-elle en montrant de petites buttes de terres, on s’est amusé à un assemblage mexicain fait de courges, haricots et maïs ! Aujourd’hui, c’est plantation de tomates et semis de graines de courges. L’idée, c’est que les gens viennent planter, et qu’ils réagissent. »

« On va faire une gare sans savoir ce qu’il y aura autour »

Au vu de l’affluence, alors que la météo n’était pas vraiment clémente, le pari de cette troisième édition semblait réussi. « Les gens, les jeunes notamment, commencent à prendre conscience de l’enjeu de protéger la planète », analyse Laurence. En outre, et bien que des appels soient en cours, une série d’avis défavorables ont mis du plomb dans l’aile au projet EuropaCity, et du coup redonné de la vigueur à la mobilisation. Après l’annulation par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise de l’arrêté préfectoral de création de la ZAC sur le Triangle de Gonesse, le même tribunal a annulé le plan local d’urbanisme (PLU) de Gonesse, fragilisant encore un peu plus l’opération d’aménagement sur ces terres agricoles.

europacity 2019-14« Juridiquement, ces deux décisions nous sont favorables. Mais notre inquiétude, c’est la construction de la future gare du Triangle de Gonesse, sur la ligne 17 du métro du Grand Paris Express, dont le permis de construire a été validé par le préfet en septembre dernier, en dépit de l’annulation de la ZAC et du PLU. Elle est présentée comme une desserte pour les habitants, alors qu’elle est située à 2 km du centre-ville, en plein champ, explique Bernard Loup, l’infatigable président du CPTG, qui défend un projet alternatif d’agriculture maraîchère bio. On va faire une gare sans savoir ce qu’il y aura autour. On va surtout créer une situation irréversible : si la gare est construite, alors les alentours seront bétonnés, même si EuropaCity ne se fait pas. On sera dans l’obligation de résister. »

europacity 2019-18Devenue une lutte symbolique contre l’artificialisation des terres fertiles, la mobilisation des anti-Europacity a été, ce week-end, un passage obligé des candidats de gauche aux européennes. Au grand dam du maire de Gonesse, Jean-Pierre Blazy, fervent soutien d’EuropaCity, qui avait adressé un courrier aux différents intervenants pour dénoncer « la caricature faite du projet ». « Jean-Pierre Blazy affirme qu’EuropaCity amènera de l’esthétisme en banlieue. Et bien nous, nous préférons l’esthétisme des poireaux ! », lui a ainsi répondu Delphine Batho, députée et présidente de Génération écologie, rappelant que « ce combat est emblématique de la lutte contre la société d’hyperconsommation ».

« On ne peut accepter l’artificialisation des terres sans raison. On en a besoin. Au passage, il faut dénoncer le discours bidon de la famille Mulliez (propriétaire d’Auchan, promoteur d’EuropaCity – NDLR) qui veut soit-disant rendre service à la société avec ce projet. Si elle veut rendre service, comme elle le propose, qu’elle commence par payer ses impôts en France. Et qu’elle ne supprime pas 700 emplois », a pour sa part protesté Ian Brossat, candidat PCF aux européennes, quand Yannick Jadot, candidat EELV, a dénoncé un « désastre écologique, pour la biodiversité et la démocratie », exigeant de l’État « qu’il stoppe ce projet ».

Le week-end devait s’achever sur une marche citoyenne, partant du Triangle, jusqu’à la mairie de Gonesse. (annulée pour cause de forte pluie, ndlr)

Alexandra Chaignon

Photos sur le vif et très mouillées de S.B.

 

 

Pour les Terres de Gonesse

Contre notre G.P.I.I local (grand projet inutile et imposé) qu’est Europa City, venez rejoindre la mobilisation le dimanche 19 mai en faveur du contre projet alternatif CARMA ! Le Front de Gauche de Saint Gratien en sera ! Voir ci-dessous la liste des très nombreux.ses participant.e.s et intervenant.e.s, dont Ian Brossat.

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Lire ici le courrier de Fabien Gay, sénateur de Seine-Saint-Denis, adressé au Ministre de la transition Écologique et Solidaire, sur la tenue d’un travail interministériel sur EuropaCity, évoqué par Mme Brune Poirson.

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PCF is back !

Ian Brossat : « Nous revendiquons d’être LA liste repère à gauche »

À une semaine du scrutin européen, Ian Brossat compte bien concrétiser dans les urnes une dynamique de campagne qui « signe le retour du PCF sur la scène nationale ». Dans la dernière ligne droite, la tête de liste communiste appelle à convaincre les abstentionnistes. Entretien.

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À dix jours du scrutin, le gouvernement, malgré les mobilisations sociales, continue de détricoter les droits en s’attaquant, cette fois, à la fonction publique. Comment « mettre un carton rouge à Macron », le 26 mai ? Est-il votre principal adversaire dans cette campagne ?

Ian Brossat Nous avons deux adversaires dans cette campagne. Les macronistes au pouvoir et leur concurrent favori, l’extrême droite. Emmanuel Macron et Marine Le Pen se livrent à une mise en scène ridicule où l’un prétend faire barrage à l’autre. Ils réduisent cette élection à ce faux duel entre fachos et libéraux dans le but commun d’évincer la gauche. Ce que nous proposons, c’est de faire émerger une gauche claire et offensive sur le devant de la scène, et pour cela d’utiliser notre bulletin rouge, le bulletin du Parti communiste et de la liste que je conduis.

Vous proposez une « clause de non-régression sociale ». Qu’y gagneraient concrètement les européen-nes ?

Ian Brossat La clause de non-régression, c’est une assurance-vie contre les réformes libérales imposées par Bruxelles. Les directives de libéralisation nous ont poussés à démanteler nos entreprises publiques, à instaurer la concurrence au détriment des usagers et des salariés. Dans le domaine de l’énergie, ils promettaient que la concurrence ferait baisser les prix, c’est le contraire qui est arrivé. Le prix de l’électricité va augmenter de 6 % la semaine qui suit les élections ! Nous assistons au même triste spectacle dans le domaine du ferroviaire, avec le démantèlement de la SNCF et les tarifs des billets de train qui s’envolent déjà. La clause de non-régression est un outil tout simple : les textes européens ne pourront qu’améliorer les droits des salarié.e.s. Les peuples auront un droit de veto automatique face à toute tentative de faire passer de nouvelles régressions, comme la directive Bolkestein et le travail détaché. Et tant pis pour les lobbyistes des multinationales.japy 21.jpg

Les traités budgétaires européens sont souvent invoqués pour tenter de discréditer toute alternative en Europe. Ce débat est-il pour vous dépassé ? Quelle méthode préconisez-vous pour s’affranchir des règles austéritaires ?

Ian Brossat Il faut rompre avec la logique des traités. Ils ont fait de l’Union européenne l’inverse de ce qu’elle devait être. Au lieu de la paix, de la croissance et de la justice, on a obtenu la concurrence, la crise et la précarité. On nous a vendu Flipper le dauphin et on se retrouve avec le requin des Dents de la mer… S’affranchir des traités, c’est possible. Dans la réalité, les gouvernements français ou allemand l’ont déjà fait à de nombreuses reprises, quand leurs dirigeants jugeaient que c’était utile… Parallèlement, nous pouvons écrire de nouveaux traités pour faire de l’Union européenne un outil de progrès social avec tous les pays membres qui le souhaitent. Aujourd’hui, la Commission européenne lance des procédures de sanction pour déficit excessif. Elle en a lancé 24 depuis 2011. À quand une procédure de sanction pour « pauvreté excessive » face aux gouvernements qui ne font rien pour réduire les inégalités ? Nous comptons 87 millions de pauvres au sein de l’Union européenne, 10 de plus qu’il y a 10 ans. C’est le système de valeur de cette Union européenne libérale qu’il faut revoir de fond en comble. La Commission peut bloquer un budget entier s’il ne correspond pas aux absurdes critères de Maastricht, mais elle ne fait rien quand un gouvernement d’extrême droite comme celui qui est au pouvoir en Italie instaure une amende de 5 500 euros contre les citoyens qui sauvent les migrants de la noyade !

Vous êtes l’une des surprises de cette élection. Vos performances médiatiques et le succès militant de votre campagne sont même salués dans la presse. Comment traduire cette dynamique en votes dans la dernière ligne droite ?

Ian Brossat Comme nous n’avons pas eu de candidat à l’élection présidentielle, les sondages ont du mal à nous estimer. Il y a une vraie dynamique de terrain, mais aussi dans les soutiens que nous recevons et qui viennent de toute la gauche. Je suis convaincu que nous pouvons réaliser une belle percée et faire élire des députés européens communistes le 26 mai. Mais beaucoup hésitent encore. Il faut aller chercher les voix une à une. Pour cela, nous avons un outil redoutable : notre téléphone ! Je le demande à celles et ceux qui nous lisent : aidez-nous. Donnez-nous ce petit coup de pouce qui nous permettra de faire événement le 26 mai au soir. Faites l’expérience en appelant vos amis, vos connaissances : nombreux sont ceux qui oublient qu’on vote le dimanche 26 mai. Pour convaincre, nous pouvons revendiquer d’être LA liste repère à gauche. Le PCF est le seul parti de gauche à avoir toujours rejeté les traités européens libéraux. Nous sommes également la seule liste à être composée à 50 % d’ouvrier.e.s et d’employé.e.s. Avec notre bulletin de vote rouge, nous pouvons faire l’Histoire : faire élire Marie-Hélène Bourlard, la première ouvrière au Parlement européen depuis 30 ans. Imaginez une seconde : Marie-Hélène faisant son entrée au Parlement pour porter la voix de ceux qui, si souvent, ne sont pas entendus dans cette instance dominée par les lobbies et les banques. Cela vaut la peine de se battre pour y arriver !

Pensez-vous d’ores et déjà avoir marqué des points en donnant une nouvelle image de votre parti ?

Ian Brossat Le Parti communiste change et, comme le dit Fabien Roussel, il est de retour sur la scène nationale. C’est un acquis de notre campagne, mais c’est surtout un jalon pour la suite. Car la gauche a besoin d’un PCF visible, clair, offensif et rassembleur. La gauche est en crise, il lui faut des repères ! Les Français doivent savoir qu’ils ont une force sur laquelle compter pour reconstruire la gauche de demain, dans la clarté et l’unité. J’ajoute un élément : nous traversons une période où beaucoup de gens doutent de la politique. La confusion généralisée y est pour beaucoup. Rendez-vous compte : 20 % des eurodéputés qui se représentent ont changé de parti depuis la dernière élection. Comment voulez-vous que nos concitoyens s’y retrouvent ? Au moins, quand on envoie des communistes au Parlement, on envoie des gens constants, cohérents, qui ne changent pas d’avis comme de chemise.

Vous avez déjà appelé la gauche – dont les scores additionnés risquent de ne pas dépasser les 30 % – à « retrouver le chemin du rassemblement » après les européennes. Pourquoi ce qui serait possible demain ne l’est pas aujourd’hui ?

Ian Brossat Les élections européennes sont particulières : à un seul tour, à la proportionnelle. Elles poussent à l’émiettement. Il en sera tout autrement pour les élections municipales de 2020. C’est pourquoi je crois fermement à l’émergence d’une volonté bien plus puissante de rassemblement. Je compte y prendre toute ma place, avec mes camarades.

L’abstention s’annonce à nouveau très élevée, en particulier dans l’électorat de gauche, laissant les mains libres au pouvoir macroniste et à l’extrême droite. Quels sont vos arguments pour les convaincre de se rendre aux urnes et d’y glisser un bulletin PCF ?

Ian Brossat Mon argument est simple : 100 % des banquiers, des grands patrons, des actionnaires, des financiers iront voter. Les grands supporters de la droite et de l’extrême droite ne se priveront pas de mettre un bulletin dans l’urne ! Si le peuple de gauche, si les habitants des campagnes et des quartiers populaires restent chez eux, ils laissent la victoire à ceux qui nous écrasent. Et si certains estiment que les enjeux européens ne valent pas la peine de se déplacer dimanche 26 mai, qu’ils réfléchissent : cette fois-ci, ils ont l’opportunité d’envoyer à Bruxelles la première députée ouvrière depuis trois décennies !

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui, paru dans l’Humanité du 17 mai 2019

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Merci à S.B. pour ses photos du meeting de la salle Japy à Paris  le 16 mai !

Cérémonie pluvieuse…

8 mai 1945 – 8 mai 2019

Cérémonie pluvieuse, mais cérémonie heureuse. Doublement.

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En ce 74ième anniversaire de la victoire des alliés sur le nazisme, on s’attendait à être un peu surpris par le rituel du discours de Monsieur le maire devant le monument aux morts.

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Monsieur le maire aurait ainsi pu, par exemple, dire un mot :

– sur Marianne Golz-Goldlust (Autriche) qui a résisté à l’injustice par tous les moyens possibles. En 1939, elle a fait le nécessaire pour que son mari Hans, qui était juif, puisse fuir la Tchécoslovaquie occupée par les Allemands et se rendre en Angleterre. Elle est, elle, restée. En 1942, les nazis ont découvert son réseau de passeurs. Marianne Golz-Goldlust, d’origine autrichienne et chrétienne, a été condamnée à mort et guillotinée le 8 octobre 1943.

– ou bien sur Oda Schottmueller (Allemagne) qui en tant que sculptrice et danseuse comprenait le pouvoir de l’art. Les nazis aussi. Ils lui demandaient des spectacles enjoués qui remontent le moral des gens. Elle a d’abord accepté, mais s’est vite révoltée et a commencé à présenter en secret des spectacles critiquant le régime. Cela a attiré l’attention des autorités. Elle a été exécutée pour trahison.

 

 

Mais Monsieur le maire en ce 8 mai a préféré – après le classique rappel de la victoire historique des alliés et des barbaries de la guerre –  prolonger son propos par une ode à la construction européenne, dont les accents auraient davantage agrémenté, selon nous, un discours pour la journée du 9 mai qui elle, fête l’Europe.

Cependant, après une très rigoriste mise en avant des bienfaits de la construction européenne en matière de construction économique, sa nécessité pour la compétitivité et la puissance de nos industries (Airbus et Ariane ont par exemple été cités, comme Erasmus), pour « faire » face aux puissances économiques que sont la Chine ou bien les États-Unis, Romain Gary a été convoqué.

« Tout repli nationaliste est dangereux et peut conduire au pire ». D’où l’intérêt de la présente commémoration pour la paix en Europe et dans le monde, afin de préserver un climat de bienveillance vis-à-vis d’autrui et un humanisme nous permettant de vivre ensemble en Europe.

C’est là que Monsieur le maire a surpris la tranche la plus aguerrie de son auditoire, puisque « ce n’est qu’ensemble, nous européens pouvons faire face aux défis économiques, sociaux, culturels qui nous attendent et aussi face aux migrants. »cérémonie mai 2019-8.jpg

« Et aussi face aux migrants »…. avec un aspect cependant assez équivoque dans le discours de Monsieur le maire, car en même temps, il a fait référence à l’humanité dont on doit faire preuve mais aussi aux remparts que l’Europe doit ériger pour se protéger de menaces.

Dans ce « en même temps », nous préférons retenir le versant positif…  . Monsieur le maire aurait-il amorcé un virage à 180° ?

Car c’est dans cette même chère ville de St-Gratien qu’une commerçante au marché de Noël a été exclue il y a 6 mois de son stand – pourtant contractuellement loué en bonne et due forme à la ville -, au motif qu’elle était coiffée d’un foulard….

Car il y a 8 ans, une vingtaine de familles ont été congédiées manu militari du foyer du 35 avenue du Général Leclerc, où elles avaient trouvé involontairement et légalement un toit, au motif que leur statut de réfugiés économiques et/ou politiques ne leur accordait pas un droit de « stationnement pérenne » dans notre chère commune. Elles ont été priées de trouver un hébergement ailleurs. Loin de St-Gratien.

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Une cérémonie heureuse  car nous avons aussi pu :

– donner en main propre à Monsieur le maire nos courriers sur quatre dossiers qui nous tenaient à cœur (nous y reviendrons plus tard dans le détail) : l’interdiction qui nous a été faite de communiquer à des tiers en amont du conseil municipal les dossiers des commissions ; le fondement de la demande de protection fonctionnelle du maire suite à l’affaire dite du foulard ; nos propositions pour le marché de St-Gratien ; le dysfonctionnement à la gare des toilettes publiques SNCF et de la rampe pour les personnes à mobilité réduite ;cérémonie mai 2019-10

–  échanger avec la placière du marché qui a convenu avec nous que la ville pourrait faire plus : neutraliser l’utilisation du parking Hémonnot les jours de marché pour le réserver à la clientèle du marché qui y vient en voiture ; neutraliser la rue devant le marché à la circulation et l’interdire au stationnement par une barrière, ce qui n’est plus le cas depuis que la dite barrière s’est tordue un pied… ; améliorer la signalétique autour du marché concernant la réglementation en matière de stationnement afin que la police municipale puisse verbaliser sans scrupule ; annoncer à chaque entrée de ville les jours et les horaires d’ouverture du marché municipal de St Gratien.

Pour nous résumer, une cérémonie pluvieuse, mais doublement heureuse. Lors de laquelle nous avons essayés d’être visibles et utiles aux Gratiennois et à leurs commerçants.

NB : nous avons pu constater avec tristesse les effets collatéraux de l’optimisation des dépenses de fonctionnement de la ville. À force d’être rationalisés, certains élus ont troqué leurs chaussures en cuir contre des baskets sans marque.

S. B.

8 mai 2019 : paix, justice et fraternité

En ce jour de souvenir de victoire sur le nazisme, je veux partager ce texte du Mouvement de la Paix.

Déclaration du Mouvement de la Paix
Le 8 Mai 2019, se souvenir du 8 Mai 1945, pour mieux agir pour la Paix dans la justice et la fraternité

Le 8 mai 1945 a vu la capitulation sans conditions de l’Allemagne nazie.
Cette date consacre la fin de la guerre en Europe et la victoire sur le nazisme qui annonçait la fin de la deuxième guerre mondiale.
Le Mouvement de la paix, 71 ans après sa création à l’instigation de nombreux résistants se doit de rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui ont agi et se sont battus pour la liberté dans les mouvements de résistance, dans les forces françaises de l’intérieur, dans les armées ou mouvements de résistance de tous les pays qui combattaient le fascisme et le nazisme ainsi qu’à toutes les victimes civiles. Nous devons penser à toutes celles et ceux qui ont péri dans les camps de concentration et d’extermination nazis. Nous devons nous rappeler de tous les morts du fait de l’intolérance raciste et xénophobe (incluant les discriminations religieuses et culturelles) qui malheureusement tend à resurgir en Europe dans cette période de crise.

Mais le Mouvement de la Paix entend aussi se souvenir que le 8 mai 45 a été marqué par le début d’une répression sauvage en Algérie. Cette répression a causé plusieurs dizaines de milliers de morts en quelques jours dans la région de Sétif. Cette répression a été menée dans le cadre d’un colonialisme féroce qui n’entendait pas faire bénéficier les algériens et algériennes des libertés que permettait d’entrevoir la victoire contre le nazisme. Cette victoire pourtant, le peuple algérien, comme tous les autres peuples colonisés de Tunisie, du Maroc, d’Afrique etc qui souffraient sous le joug du colonialisme français, avaient largement contribué à la gagner contre les forces du nazisme. Cette répression constitue le point de départ de la guerre d’Algérie à l’issue de laquelle le peuple algérien a acquis son indépendance et sa souveraineté. Cette indépendance et cette souveraineté lui permettent encore aujourd’hui même d’écrire une nouvelle page de son histoire qui nous l’espérons permettra au peuple Algérien de construire démocratiquement et pacifiquement l’Algérie de ses rêves.

Alors qu’aujourd’hui les acquis sociaux et démocratiques obtenus dans la période qui a suivi la victoire sur le nazisme sont remis en cause, ce moment annuel de mémoire est important pour construire le futur. Il doit permettre à chacun de prendre conscience que la construction d’un monde et d’une Europe de justice, de solidarité, de fraternité et de paix nécessite l’action individuelle et collective tant pour la justice sociale, la prévention des conflits et la diminution des dépenses d’armement (qui ont atteint la somme inacceptable de 1820 milliards de dollars en 2018) comme nous y convie la Charte des Nations unies.

La lutte pour la paix, pour la justice sociale, pour les droits, pour la justice, contre le racisme et la xénophobie, pour l’élimination des armes nucléaires, contre le commerce des armes et contre le dérèglement climatique, ainsi que les efforts pour faire émerger une culture de la paix et de la non-violence, font partie du combat pour la liberté, pour un monde enfin humain, fraternel et juste. Ces combats solidaires et actuels, sont constitutifs du chemin vers la paix.

À Paris, le 8 mai 2019
Le Mouvement de la Paix

Mai 1945 : Paris, mais aussi Sétif

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Européennes 2019 : Ian Brossat, communiste new-look

Article paru dans « Le Parisien »

La tête de liste du PCF aux européennes réussit sa campagne, sur le terrain et dans les médias… mais reste scotchée à 3 % dans les sondages.

C’est l’une des révélations de cette campagne des européennes. Ian Brossat, la tête de liste communiste, prend la lumière comme personne au PC depuis Georges Marchais. « C’est bien pour notre parti et pour le débat politique en général », se réjouit-on Place du Colonel-Fabien. Certes, les sondages sont loin d’être aussi brillants : le communiste, 39 ans depuis quelques jours, n’est même pas crédité des 3 % indispensables pour un remboursement de ses frais de campagne.

Malgré les meetings et les réunions qu’il enchaîne depuis plusieurs semaines. « Si Ian réussit à franchir ce seuil et à plus forte raison les 5 % nécessaires pour conserver des sièges au Parlement de Strasbourg, alors il sera promis à un avenir de premier plan au sein du parti », affirme Stéphane Peu, un briscard du PC et député de Seine-Saint-Denis.

Dans les débats diffusés par les télés et les radios, le conseiller de Paris défend avec brio des notions aussi arides qu’une clause de « non-régression sociale », un smic européen ou le renforcement de la lutte contre la fraude fiscale. Mais Brossat a aussi le sens de la formule. « Nathalie Loiseau, c’est un peu la Richard Virenque de la politique, elle a été candidate à l’insu de son plein gré », lance le communiste à propos de la présence de sa rivale, en 1984 à Sciences Po, sur une liste d’extrême-droite.

Même l’opposition parisienne le loue

Surtout, Brossat préfère la démonstration à la polémique, le débat à l’anathème. « Dans la période de grande confusion que vit la gauche, le parti communiste peut devenir un repère, analyse cet ancien professeur, agrégé de lettres, spécialiste de littérature américaine. Nous sommes là depuis des décennies sans jamais, contrairement à d’autres, changer tous les quatre mois d’idées ou de nom », vante Brossat qui, entré au parti à l’âge de 19 ans, y a « passé plus de temps dedans que dehors ». « Il faut nous juger sur ce que l’on fait localement et non sur ce qu’on disait dans les années 1970 », insiste l’adjoint au maire de Paris, en charge du logement.

Car la « Brossat touch » c’est l’affirmation d’une ligne réaliste face aux idéologues. La lutte contre Airbnb accusé de favoriser l’envolée des loyers, l’installation d’un centre d’hébergement pour SDF dans le très bourgeois XVIe arrondissement parisien… « Aujourd’hui, les gamins du centre vont dans les clubs de hockey sur gazon jouer avec les enfants des familles du quartier », se félicite-t-il.

Même l’opposition parisienne le loue. « Ian Brossat est porteur d’un idéal communiste qui passe, par exemple, par une politique de préemption à laquelle je m’oppose. Mais cet idéal, il veut le traduire dans le réel. Cela lui donne sa force », reconnaît Pierre-Yves Bournazel, député centriste et conseiller de Paris.

« Notre banque, ce sont nos militants ! »

Une forme d’engagement qui ne fait pas l’unanimité au sein de son parti. « Ian incarne une génération plus communicante qu’idéologue, tacle Stéphane Peu. Après tout, dans une époque où les certitudes ont vécu, la plasticité est peut-être un atout. » Chez les Insoumis, les critiques sont encore plus cinglantes. « Je ne comprends pas le choix de Brossat comme tête de liste. Il a été porte-parole d’Anne Hidalgo et reste son soutien. Il participe à Paris à un exécutif avec des soutiens de Macron. Son discours évolue donc selon les circonstances et ses intérêts », s’étrangle le député Alexis Corbières, un proche de Mélenchon.

Ce timide, à l’allure plus bobo que prolo, vivant avec le même compagnon depuis dix-huit ans, conserve la foi du charbonnier. « Si je n’avais pas été communiste, je serais peut-être croyant », confie ce petit-fils d’un médecin juif polonais qui, pour fuir les camps nazis, s’était engagé dans l’Armée rouge avant d’immigrer en 1947 à la naissance de l’État d’Israël… où il fut ensuite emprisonné vingt ans pour espionnage au profit de l’URSS.

« C’est mon grand-père qui m’a insufflé le sens du combat, explique Brossat. Je voue une reconnaissance infinie aux communistes qui l’ont sauvé. » La tête de liste aux européennes nourrit de grandes ambitions pour son parti. « C’est un parti de gens désintéressés qui grâce à leurs cotisations, au reversement par les élus de leurs indemnités, lui permettent d’être encore là. Notre banque, ce sont nos militants ! Je veux contribuer à ce que le parti communiste retrouve une place dans le paysage politique. Il le mérite. »

IB 2019