Six minutes

Le maire trouvant trop longues les séances du Conseil, a décidé de réduire les échanges au minimum. Il interdit dorénavant la pratique des « questions/réponses » qui facilitait  pourtant les débats, sous prétexte que le règlement intérieur proscrit de prendre plus de deux fois la parole sur le même sujet ! Il nous est aussi impossible de nous exprimer plus de six minutes sur le même rapport.

Pour mémoire, lors du vote du règlement intérieur du Conseil municipal en juin 2020, nous avions fait remarquer que ces dispositions étaient illégales. La cour d’appel de Versailles (décision du 30 décembre 2004) a jugé qu’en approuvant une disposition du règlement qui interdisait à un conseiller de parler plus de deux fois sur la même question avec un temps de parole total de six minutes, « le conseil municipal avait méconnu le droit à l’expression des conseillers ». Le maire avait alors indiqué ne jamais appliquer cette mesure. Le voilà pris en flagrant délit de contradiction.

Il a donc été très difficile de se faire entendre. Le dernier Conseil date de plus de deux mois, nous avions pourtant bien des sujets !

En tout début de séance, nous aurions souhaité poser les questions suivantes :  

Pourquoi maintenir le Conseil municipal à 18h30 ? Des élus sont en activité professionnelle… et leur emploi du temps s’en voit compliqué.  

Pourquoi y a-t-il eu report de la séance du 8 au 15/04, sans que nous soyons informés autrement que par la réception ordinaire de la convocation ?

La commission « développement durable » a elle aussi été annulée la veille de sa tenue, fin mars, alors que nous avions reçu une convocation deux à trois semaines avant…

Nous avons été convoqué.es à seulement deux commissions municipales depuis deux mois… dont une qui a été annoncée du matin pour le soir, suite à un cafouillage dans l’envoi des  convocations…

Nous regrettons la très mauvaise qualité de la retransmission en ligne du Conseil. Faute d’investissement suffisant, le son est quai inaudible, l’image prise de très loin ne permet pas d’identifier les élu.es qui interviennent, les élu.es minoritaires sont hors champ… Il faut vraiment avoir envie de suivre les débats dans de telles conditions !

Le maire nous refuse la parole et nous renvoie à la procédure des questions orales.

Lors du vote du procès-verbal de la séance du 11 février dernier, je fais remarquer qu’il manque mes remarques et questions à propos des travaux de la salle d’armes : subventions, activités du club et des scolaires pendant les travaux, et surtout la question essentielle : comment les utilisateurs et les maîtres d’armes sont-ils associés en amont des travaux ? Je pense que ce dernier point est particulièrement important.

Nous interrogeons ensuite sur les décisions du maire.

La ville préempte un local commercial rue P. Hémonnot, pour éviter l’installation d’un commerce alimentaire trop proche d’autres magasins du même type. Le maire affirme que l’offre est suffisante dans notre ville : non ! Certains quartiers manquent de commerces, notamment les Marais où une supérette alimentaire serait la bienvenue, tant pour les habitant.es de la résidence que pour ceux des programmes immobiliers récemment construits à proximité. Que va faire la ville de ce local ? Mystère.

Nouvelle campagne de lutte contre les nuisibles : quid de l’infestation de rats aux Raguenets ? Le quartier avait connu une forte prolifération de ces rongeurs il y a deux ans. Le maire indique que ce sont des campagnes réalisées régulièrement en partenariat avec les bailleurs. Pour autant il y a encore des nuisibles. Les dépôts sauvages seraient en recrudescence avec la période de confinement et cela entraînerait une prolifération des rats.  

La ville adhère depuis deux ans à une association qui promeut la géothermie : des conclusions ? Le maire indique qu’aucun projet n’est en cours, l’étude de « potentialité » n’est pas encore lancée.

À suivre : les rapports budgétaires

L’arrêté qui n’existait pas

Voici les réponses apportées par le maire à nos « questions orales » au Conseil municipal du 15 avril 2015.

Réponses plus ou moins expéditives, et surtout plus ou moins exactes… 

1- Jardin partagé

Il a été évoqué à la dernière commission « développement durable » que des réflexions étaient engagées concernant l’implantation d’un deuxième jardin partagé en ville. Où en sont les réflexions ?

Réponse du maire Elles débutent et ce sujet sera abordé régulièrement en commission de développement durable.

Nos remarques Comment botter en touche. Les commissions sont réduites à portion congrue depuis mars 2020. Notamment la commission « développement durable » avant le Conseil d’avril a été annulée la veille de la date prévue.

2-Réunions de quartier

Les dernières réunions de quartier ont eu lieu au deuxième trimestre 2019. Il est évidemment impossible de les tenir actuellement sous leur forme habituelle. Pour autant, les échanges entre les élu.es et les citoyen.nes doivent perdurer. Des villes organisent leurs réunions de quartier par visioconférence. La ville envisage-t-elle cette solution ?

Réponse du maire C’est très clair, c’est non ! Le format de ces réunions ne se prêterait pas à des échanges sur Internet…  Les réunions de quartier pourraient évoluer pour ne se tenir que sur des thèmes précis ou en fonction d’une réalisation particulière de la ville.

Nos remarques Nous ne sommes évidemment pas associés à cette réflexion. On peut craindre que les questions qui fâchent soient ainsi évacuées des futures réunions. Quand donc aurions-nous pu évoquer le sujet épineux des emprunts toxiques de la ville, si les thèmes des échanges sont encadrés à l’avance ?

Les réunions de quartier connaissent une pause forcée à cause de la situation sanitaire. Il est regrettable de ne pas vouloir adopter des dispositions temporaires pour que les élu.es communiquent et échangent avec les habitant.es. Des courriers ou rendez-vous individuels ne replacent nullement les lieux où peut s’exercer un embryon de démocratie participative, même si nous sommes bien conscients des limites des réunions de quartier.

3-Horaires scolaires

Un arrêté du maire affiché en ville indique que les horaires scolaires ont été modifiés dans les écoles élémentaires afin d’étendre la pause méridienne et ainsi de favoriser la distanciation physique entre les élèves déjeunant à la cantine. Or, il apparaît que ces nouveaux horaires ne sont pas entrés en vigueur. Est-ce suite à la consultation des conseils d’école sur ce sujet ?

Réponse du maire Très agressif et sur un ton méprisant, le maire nous donne des informations totalement erronées.

Nos remarques : une photo (prise sur le panneau administratif devant la mairie) vaut mieux qu’un long discours. L’arrêté « qui n’existe pas » selon le maire, a bel et bien été affiché sur les panneaux administratifs. La ville évoque le lendemain une erreur de l’administration…  Une erreur de communication aussi pour le moins, puisque les Gratiennois.es qui suivaient la retransmission de la séance du Conseil sur FB ont pu entendre que j’étais « mal informée », que je ne reconnaissais pas « les documents administratifs municipaux » et que l’arrêté en question « n’existait pas ».

D’autres questions se posent sur ce document, qui a donc bien été rendu public avant toute consultation des conseils d’école, et qui annonçait un accord de l’inspection de circonscription. Or, le maire invoque à présent une absence de réponse de l’Éducation nationale comme raison de la non-mise en œuvre de la proposition d’allongement des horaires de cantine. Il omet au passage de dire que cinq conseils d’école sur sept, finalement consultés à la rentrée des congés de février, se sont prononcés contre la proposition de la ville. D’où notre question…. N’aurait-il pas mieux valu que les élus concertent parents, enseignant.es et personnel avant toute décision de ce type ? Il n’est en effet pas neutre de modifier les horaires scolaires. Des matinées et après-midis plus courtes ou plus longues d’une demi-heure : ce n’est pas anodin en matière d’apprentissages. Les parents qui viennent récupérer leurs enfants à midi auraient aussi dû jongler avec les nouveaux horaires des uns et des autres selon leur niveau de classe… Pas si simple ! Pourquoi donc ne pas avoir pérennisé les groupes de travail « Covid » qui ont connu une existence très éphémère à la rentrée de septembre 2020 ? Ils réunissaient les différents partenaires et étaient le mieux à même de travailler efficacement à l’évolution des protocoles sanitaires que les écoles ont connu depuis ces derniers mois.

4-Rodéos de motos

Cette pratique qui provoque de fortes nuisances pour les habitant.es et est source de grande insécurité, autant pour les riverain.es que pour les conducteurs des engins, semble de retour dans certains quartiers de notre ville. Nous savons que les sanctions concernant ces rodéos ont été alourdies. Comment les forces de police luttent-elles localement contre ce fléau ?

Réponse du maire Les rodéos sont insupportables pour les riverains. L’appel au 17 doit être  systématique. Il importe d’agir tous ensemble. Les citoyens  peuvent communiquer des infos sur les endroits où se trouvent les engins. La ville réfléchit à des aménagements routiers qui pourraient freiner la vitesse. Depuis quelques jours le phénomène semble avoir cessé. À suivre avec l’arrivée des beaux jours…

5-Bornes enterrées

Après les containers à ordures débordant en centre-ville, c’est à présent dans le quartier des Raguenets que se pose le problème des déchets jonchant la voie publique à proximité immédiate des bornes enterrées. Les seules incivilités ne peuvent expliquer ce phénomène récurrent, particulièrement le week-end. Ouverture des bornes trop étroites, ou bornes pleines suite à un ramassage insuffisant, peuvent aussi être la cause des dépôts extérieurs. Quelle solution peut-elle être envisagée ?

Réponse du maire Depuis le début de la pandémie, on constate un accroissement du volume des déchets. Cela est dû à un manque de civisme, cartons non pliés, sacs de déchets trop grands, stationnement gênant devant les bornes… Risque d’attirer les rats…Une communication de la ville sera effectuée. Le maire se vante d’avoir trouvé une solution avec les bornes enterrées, lesquelles assurent une meilleure qualité de vie et assure se battre contre ceux qui ne respectent pas les règles. C’est aussi un manque de respect pour les personnels chargés de la collecte que de déposer ses ordures en dehors des bornes.

Nos remarques Il est certes facile d’accuser les habitants de manquer de civisme mais le problème est à nos yeux un peu plus complexe. Les bornes enterrées ne semblent pas répondre parfaitement aux conditions de stockage des déchets. Le fait que les dépôts en-dehors des bornes ait souvent lieu le week-end laisse penser que la fréquence du ramassage est insuffisante. Il est certes compliqué aussi d’y faire rentrer des cartons de taille importante, au vu de la taille des ouvertures des bornes. Le fait que nos déchets soient de plus en plus importants doit aussi nous interpeller.

À suivre.. les autres points à l’ordre du jour du Conseil

Vaccinez la maîtresse !

La fermeture des écoles était inéluctable. Nombre de cas en forte hausse, nombre important de classes fermées, le fameux « taux d’incidence » dépassant les normes…

Le virus circule partout, et fort logiquement il n’a pas épargné les écoles. Face à la vague, l’école a craqué. Il n’y a pas eu d’autre solution que de fermer, et d’allonger les vacances de printemps. Une semaine supplémentaire pour le primaire, deux pour le secondaire.

Les écoles pourront-elles rouvrir le 26 avril ? On l’espère, car le premier confinement a confirmé ce que nous savions déjà : rien ne remplace l’enseignement dans les écoles, et les premiers à souffrir de leur fermeture sont les élèves les plus fragiles, ceux qui n’ont personne pour les aider à la maison, ceux qui ne sont pas équipés de matériel informatique, ceux qui ont besoin de la maîtresse, la maîtresse près d’eux, pas derrière un écran, et du coup de main de leurs copains, en classe, pas derrière un écran.

Nous pensons évidemment aussi aux familles sans ordinateur et c’est pourquoi nous avions interrogé la ville pour savoir si elle avait envisagé à Saint Gratien des dotations en tablettes pour certaines familles. Non, ce n’est pas à l’ordre du jour.  

Ce n’est pas faute d’avoir alerté : le service public de l’éducation, comme celui de la santé, est victime de ses faiblesses structurelles, dénoncées par les professionnel.les et leurs syndicats bien avant la crise du Covid. Des protocoles sanitaires successifs bien imparfaits ne pouvaient faire le poids. Les écoles souffrent depuis bien longtemps d’un encadrement humain insuffisant, et de locaux parfois inadaptés.

Comment respecter les « gestes barrière » dans une classe surchargée ? Comment assurer une bonne aération des locaux quand les fenêtres sont défectueuses et les systèmes de purificateurs d’air inexistants ?

Comment surveiller le lavage des mains de 30 petits quand les Atsem manquent cruellement en maternelle ?

Comment garantir la sécurité sanitaire à la cantine, quand les locaux sont en temps ordinaire déjà bondés et les animateurs en nombre réduit ?

Comment éviter les « brassages » quand le manque de professeurs remplaçants, déjà criant en temps ordinaire, est désastreux en temps de pandémie ?

Comment assurer un port du masque efficace, quand l’équipement des enfants est laissé à la charge des familles, pour un coût non négligeable ?

Comment dépister les cas positifs avec des tests salivaires, beaucoup commentés mais bien peu réalisés, (4 écoles gratiennoises sur 14 les ont connus) et pas ciblés lorsqu’un cas était détecté, alors que les épidémiologistes s’accordent à dire que c’est ce qu’il faut faire pour intervenir sur les foyers de contamination ?

On ne parlera pas de la vaccination des enseignant.es, promise pour avril, puis repoussée… aux calendes grecques ? On parle dorénavant de fin juin.

Ce sont pourtant des personnels en « première ligne », qu’il aurait fallu vacciner massivement si l’incurie de nos gouvernants ne nous avait pas privés de vaccins, après nous avoir privés de masques et de tests en temps utiles. Enseignant.es, Atsem, AESH, animateurs et animatrices de cantine… sont au contact rapproché d’enfants, qui parfois comme en maternelle, ne portent même pas de masques…

Pendant ce temps, le ministre Blanquer nous assène que « aller à l’école, c’est rester en bonne santé ». Résultat ? Des écoles qui ferment en catastrophe, à peine le temps pour les enseignant.es d’organiser le travail à distance de leurs élèves, et aux familles d’organiser deux semaines de vacances à de nouvelles dates. Et  le fiasco de « l’école à distance » quand là encore les moyens ne sont pas au rendez-vous, que parfois même les enseignant.es ne sont pas informatiquement équipé.es, que les connexions échouent et qu’on laisse sur le carreau les élèves les plus en difficulté…

Comment mettre à profit les semaines à venir pour enfin mettre en place une stratégie permettant le maintien en présentiel du service public d’éducation dans un cadre sanitaire sécure ? Car il importe de garantir une réouverture des écoles, seule à même de ne pas creuser davantage les inégalités scolaires, de permettre aux élèves de poursuivre les apprentissages collectifs et de maintenir un lien entre eux.

Cela signifie un accès prioritaire et rapide à la vaccination pour les personnels travaillant dans les écoles, la règle de fermeture de classe fixée partout à un cas avéré, des tests salivaires massifs ciblés et réalisés partout de façon hebdomadaire, les locaux équipés de capteurs CO2, des masques chirurgicaux fournis aux élèves et aux personnels, des classes allégées… parce que dans le même temps, des fermetures de classes continuent d’être prévues à la prochaine rentrée scolaire !

Recrutement d’enseignants, des adultes en nombre dans les écoles, une partie de la solution est là.

Une autre clé est la concertation avec l’ensemble des acteurs concernés. L’inverse de ce qu’a fait la ville de Saint Gratien, en proposant une mesure -l’élargissement de la pause méridienne- qui visiblement ne convenait pas et n’a finalement pas pu être mise en application. Quel dommage de ne pas avoir pérennisés, comme nous l’avions suggéré, les « groupes de travail » associant parents, enseignant.es, élu.es, à la déclinaison d’un protocole sanitaire efficace !  

Au lit !

Conseil municipal « expéditif » ! Le maire ayant décidé que les séances précédentes avaient été trop longues, il a pris des mesures efficaces pour réduire de moitié la durée des échanges.

Les voici.

Limiter les interventions de la minorité en leur interdisant de parler plus de deux fois sur le même sujet. Terminées les possibilités de questions/réponses. Questions épineuses plus facilement évacuées.

Couper nos interventions si le maire décide qu’elles sont « hors sujet ». On ne parle donc pas des travaux prévus au budget supplémentaire, mais uniquement de leur coût… On ne parle pas de l’ensemble du règlement des prestations périscolaires qui prévoit de ne pas accepter à la cantine un enfant si ses deux parents ne travaillent pas (c’est illégal) mais uniquement de l’article modifié..  Bientôt, le Conseil passera directement au vote sans que nous ayons pu ouvrir la bouche..

Renvoyer les questions qui fâchent aux commissions municipales. Dommage, elles sont rarissimes : deux depuis le 11 février, dont une convoquée du matin pour le soir…

Ignorer la motion sur le Triangle de Gonesse proposée par notre groupe. Ne pas la mettre au vote, ne même pas y faire allusion.

Ne pas hésiter à affirmer faussement. On y revient bientôt.

Retransmettre la séance sur la page FB de la ville. Son inaudible et commentaires désactivés.

Tout est en ordre.  

Les conseillers sont au lit de bonne heure.

La démocratie aussi est couchée.  

Conseil d’avril

Conseil municipal à Saint Gratien ce jeudi 15 avril 2021.

Ne le ratez pas ! Les séances se faisant rares ces temps-ci, le dernier Conseil s’est déroulé le 11 février, et il faudra attendre le 21 juin pour le suivant. Hélas, qui dit échanges moins fréquents dit aussi décisions moins partagées. Nos contacts sociaux ont beau être plus compliqués par la situation sanitaire, on ne doit pas pour autant confiner la démocratie.

La séance se déroule à quasi huis clos à partir de 18h30, salle Georges Brassens, plus vaste que la salle des mariages de la mairie.

La ville a enfin consenti à diffuser les débats sur sa page Facebook. Nous le réclamions depuis que la pandémie a réduit ou interdit la présence de public. C’est une pratique courante dans de nombreuses villes, y compris en temps ordinaire. Une bonne idée pour favoriser l’information des citoyen.nes, et encourager leur implication. Malheureusement, Saint Gratien a investi au minimum, et nous regrettons la piètre qualité de la retransmission. Là encore, d’autres villes ont jugé que la démocratie méritait mieux : caméra principale sur le maire bien sûr, mais gros plan possible sur l’élu.e qui intervient avec l’indication de son nom, et surtout son correct ! À Saint Gratien, les élu.es minoritaires sont carrément hors champ… 

À suivre nos questions orales, seule manière pour nous d’intervenir sur l’ordre du jour de la séance.

Cadeau

Je me rends régulièrement en mairie pour récupérer dans mon casier d’élue le courrier qui m’est adressé, notamment les convocations aux réunions municipales et les dossiers qui y seront étudiés.

Surprise cette semaine ! On me remet lors de mon passage un « paquet » de taille trop importante pour être déposé dans ma case. Je reste un peu interloquée, car il s’agit d’un « cadeau » ! La ville m’en faisant rarement… je m’interroge. Qu’ai-je donc fait pour mériter cela ? J’ouvre la boîte en carton. Il y a là des produits de « beauté », mon étonnement va grandissant ! Je poursuis mon exploration et l’explication m’apparaît : le maire fait un cadeau aux femmes de la collectivité à l’occasion du 8 mars ! Les bras pourraient m’en tomber, si la coutume n’était pas récurrente dans notre bonne ville. Mais en général, l’affaire est annoncée par un courriel vantant l’initiative. Cette année, rien de tel. (Peut-être que le maire a égaré mon adresse, ce qui expliquerait pourquoi il ne répond jamais à nos diverses demandes, on y reviendra.)

J’avais espéré faussement, notre maire n’a donc toujours rien compris à la « journée internationale des droits des femmes ». Il récidive dans le contre-sens qu’il y a à faire ce jour-là un « cadeau » aux femmes ! « Honorer les femmes en leur offrant un présent » nous écrit-il. Ce n’est pas de « cadeaux » dont les femmes ont besoin. Ce sont des droits qu’elles réclament. Quant à être « honorées » par un shampooing et une crème de jour…

Le 8 mars n’est pas une journée où on offre des « cadeaux » aux femmes, mais bel et bien un jour d’action et de revendication pour l’égalité femmes-hommes. Le « cadeau », que nous offre généreusement le maire avec l’argent des contribuables, est donc une absurdité.

En France en 2021, que ce soit en matière d’égalité professionnelle, de droit à l’avortement, de réels moyens humains et financiers pour lutter contre les violences faites aux femmes ou encore d’égal accès à tous les pouvoirs et toutes les responsabilités, de lutte contre la précarité menstruelle, bien des chantiers restent ouverts pour une réelle égalité. Cette année, des villes ont, malgré le contexte sanitaire contraignant, choisi de mettre en lumière le rôle essentiel des femmes souvent en première ligne, qu’elles soient caissières, infirmières, aides-soignantes, enseignantes… Articles dans les revues municipales, initiatives diverses dans les structures culturelles en partenariat avec les associations, mois de l’égalité… les idées n’ont pas manqué pour associer les élu.es, les agent.es des collectivités, les habitant.es, à la nécessaire lutte pour l’égalité.

Une suggestion pour le 8 mars 2022 ? Saint Gratien pourrait se pencher sur ses plaques de rues. Ces dernières portent les noms de…9 femmes pour… 85 hommes.

Avant qu’on ne me le reproche, je précise que je n’oublie pas le nouveau lieu dénommé « espace Citoyennes de la République », destiné aux femmes, récemment implanté aux Raguenets et où œuvrent différentes associations. Il mériterait d’être présenté aux élu.es, et popularisé plus largement que par un simple post sur Facebook… Et d’ailleurs, pourquoi ne pas donner à cet endroit… le nom d’une femme ?  

Main basse sur le climat

Par André Chassaigne, président du groupe « Gauche Démocrate et Républicaine » à l’Assemblée nationale 

Intervention générale prononcée le 29 mars 2021 lors de la discussion du projet de loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets.

Au lendemain de la remise à l’exécutif du rapport de la Convention citoyenne, en juin dernier, j’avais interpellé ici même le Premier ministre sur la nécessité de prolonger l’élan démocratique engagé par la Convention citoyenne. Notre groupe avait alors proposé la création d’une commission chargée d’examiner les préconisations des citoyens et d’élaborer une proposition de loi. Nous pensions que les représentants du peuple étaient naturellement les mieux à même de prendre le relais de cet exercice inédit de démocratie participative ; nous souhaitions surtout éviter que l’exécutif ne passe au caviar ou à la moulinette les mesures les plus ambitieuses proposées par le collectif des citoyens.

 Nombre de ces propositions avaient en effet déjà été défendues sur ces bancs lors de l’examen des lois de finances, de la loi d’orientation des mobilités, de la loi sur l’économie circulaire ou encore de la loi énergie-climat, mais elles avaient systématiquement été rejetées par le Gouvernement et sa majorité.

 Notre crainte que le Gouvernement ne fasse rien, ou pas grand-chose, des propositions formulées par la Convention était donc légitime. En écartant d’entrée de jeu trois propositions, parmi lesquelles la mise en place d’une taxe sur les dividendes, le Président de la République avait donné le ton, privilégiant au souffle du vent d’en bas, le souffle du vent d’en haut, celui qui fait que les puissants peuvent se sentir rassurés. 

 Les ministres lui avaient rapidement emboîté le pas, enterrant au fil des déclarations la baisse de la TVA sur les billets de train, l’augmentation de l’éco-contribution sur les billets d’avion, l’obligation effective de rénovation des logements, la régulation de la publicité sur les produits très polluants, la prise en compte du poids du véhicule dans le malus automobile, la mise en place d’un moratoire sur la 5G, et bien d’autres propositions qu’il serait trop long d’énumérer.

 Nous ne pouvons donc aujourd’hui feindre d’être surpris de la vacuité du texte que vous nous présentez. Le constat est là : ce texte manque cruellement d’une trajectoire assumée, de perspectives publiques, d’ambition historique !

 Il vous aura fallu neuf mois, soit un temps équivalent à celui qu’il avait fallu à la Convention citoyenne pour bâtir son projet, pour le mettre en pièces, en escamotant ou en édulcorant, par leur report dans quatre, sept, voire trente ans, les mesures à même de permettre à notre pays de tenir ses engagements climatiques.

 Ce projet de loi n’est, en définitive, qu’un simple exercice d’habillage – de déshabillage devrais-je dire – ayant abouti à un objet politique non identifié, sur lequel le travail de sape a été poursuivi par la commission spéciale, qui a déclaré irrecevables 25 % des amendements, au premier rang desquels ceux qui visaient à donner au texte un peu de consistance, ou encore à rétablir des propositions de la Convention citoyenne.

 Ces amendements ont été déclarés sans lien avec le texte, un texte qui se trouve pourtant être lui-même sans lien avec le volontarisme que réclame l’urgence climatique. Sur les quelque 420 amendements adoptés par la commission, près de 380 émanaient des députés de la majorité gouvernementale : loin de moi l’idée d’y voir le signe que vous souhaitez verrouiller le débat et interdire aux parlementaires de prendre leurs responsabilités afin de prolonger l’élan démocratique enclenché par la Convention citoyenne !

 Félicitations, cependant. Vous avez réussi l’exploit de faire coup double dans le déni démocratique, ajoutant au mépris pour la démocratie participative et le travail de nos concitoyens le mépris pour la démocratie représentative !

 La vérité, c’est que vous voulez clore tout débat, dans l’espoir d’en finir au plus vite avec cette fichue Convention citoyenne, devenue pour vous trop encombrante. Et vous révélez au bout du compte le portrait d’une majorité tétanisée par la peur des conséquences économiques, et surtout financières, de ce travail pour les tenants du capital, une majorité tétanisée, ou plutôt « titanisée », comme les passagers du paquebot qui s’oubliaient dans l’ivresse, plutôt que de mettre toutes leurs forces en commun pour éviter la catastrophe !

 Au lendemain de l’exercice, Emmanuel Macron, s’était engagé, rappelons-le, à soumettre sans filtre les propositions formulées par les 150 citoyens tirés au sort. Mais ceux-ci ont tellement pris à cœur leur travail qu’ils vous ont placés au pied du mur et ce qui devait n’être au départ qu’un faire-valoir, un instrument au service de votre communication, s’est mué en un socle programmatique sur lequel vous n’êtes aucunement prêts à construire quoi que ce soit, car cela impliquerait que l’État prenne enfin ses responsabilités, toutes ses responsabilités, en matière d’investissement, de conditionnement des aides aux entreprises, en définissant des obligations et en proclamant des interdits.

 Le texte que vous nous proposez porte d’ailleurs les stigmates de ce refus. Partout, la Convention citoyenne prévoyait des obligations et des interdits. Or, en matière de publicité ou encore de rénovation énergétique, vous y substituez le volontariat et des taux de régulation sectoriels, quand vous n’usez pas du faux-fuyant des expérimentations.

 Partout où nous pourrions nous attendre à ce que l’État réglemente, vous renvoyez tantôt aux communes, tantôt aux régions, en proclamant œuvrer ainsi à la décentralisation – elle a bon dos ! – et à la territorialisation des politiques publiques, fût-ce au mépris de l’égalité territoriale et de la solidarité nationale.

 Vous confiez en somme la responsabilité de la réussite de la transition écologique à nos concitoyens appréhendés comme des consommateurs, aux entreprises, aux collectivités. L’État, lui, est aux abonnés absents. Il n’apparaît que comme le metteur en scène chargé de distribuer les rôles sans en assumer aucun, ni assumer non plus la moindre responsabilité, et surtout pas de responsabilité financière.

 La maîtrise de la dépense publique passe avant l’investissement dans la transition écologique ! Les grands investissements publics attendront, que ce soit dans la rénovation énergétique des logements, dans la formation, dans la recherche ou dans les infrastructures de transport.

 Rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous. Rien de nouveau, sinon que la température continue à augmenter.

 Vous tombez, une nouvelle fois avec ce texte dans les travers que nous vous connaissons : l’organisation méthodique de l’impuissance publique, et l’abondant étalage de mesures cosmétiques. À moins que vous ne soyez frappés par le syndrome de l’armoire normande : elle est pleine à craquer, mais vous craignez de la bouger.

 Le constat est d’autant plus navrant que la crise sanitaire et sociale que nous traversons fait plus que jamais éprouver à nos concitoyens la soif d’une transformation profonde de notre modèle économique et social, le désir d’une réponse résolue aux défis écologiques, dans la justice et la solidarité.

 Ce projet collectif et mobilisateur n’est toujours pas au rendez-vous. Ce n’est guère étonnant car, comme aimait le dire Lacan, on ne trouve jamais dans le chapeau du prestidigitateur que le lapin qu’il y a mis. Et vous conviendrez que ce lapin est petit, tout petit, vraiment petit.

Écouter l’intervention d’André Chassaigne

Transition écologique en Île-de-France

Céline Malaisé : Pour le climat, marchons et planifions !

La crise Covid-19 comme répétition générale de la crise climatique entend-t-on. Cette pandémie, si elle a permis une prise de conscience de la vulnérabilité de l’humanité à des phénomènes dont elle est la cause, a-t-elle réellement transformé les somnambules du réchauffement en activistes pour le climat ?! Rien n’est moins sûr quand on voit que notre société est incapable, après un an, de faire face à un risque à venir mis en évidence par des données scientifiques. Ou quand la gestion d’une crise collective se fait de manière solitaire et autoritaire en faisant toujours et encore primer les intérêts particuliers sur l’intérêt général qui est, aujourd’hui et demain, de protéger nos vies et notre planète et rejetant hors des politiques de solidarité nationale la lutte contre les inégalités sociales pourtant accrues par les crises.

Si les confinements ont fait baisser drastiquement les émissions mondiales, cela n’a été que tout juste suffisant pour suivre la trajectoire du +1,5°C. Ont été réinterrogés la hiérarchie des métiers en fonction de l’utilité sociale, les modes de consommation, l’usage des transports polluants, l’organisation du travail ou l’aménagement d’un territoire de plus en plus urbanisé et métropolisé. Et pourtant, une période de crise n’a jamais été propice aux politiques environnementales. Les plans de relance européens, national ou régional en sont l’illustration avec une absence ne serait-ce que de conditionnalité écologique.

Lutter contre le dérèglement climatique nécessite pourtant une bifurcation complète même si l’urgence apparaît comme plus diffuse et, surtout, moins imminente.

Le rôle d’une région comme l’Île-de-France est essentiel. Rompre avec la communication et le greenwashing est un préalable mais il faudra surtout poser les grandes étapes d’une transition écologique en mobilisant des moyens conséquents pour développer des énergies renouvelables et réduire la consommation d’énergies et les émissions de GES. Cela doit passer par un engagement régional pour la rénovation thermique des bâtiments publics, les logements sociaux et les copropriétés dégradées, par une mobilité verte avec un investissement dans les transports en commun et les modes doux, par une politique d’aménagement du territoire luttant contre l’artificialisation des sols et développant les espaces verts et en favorisant le passage de l’agriculture vers un modèle durable.

Une planification à échéance 2040 doit être mise en œuvre pour prévenir mais aussi adapter le territoire à l’urgence climatique. De telles mesures doivent être guidées et accompagnées par un comité pluridisciplinaire, scientifique et citoyen pour établir des préconisations qui intégreront les documents directeurs de l’aménagement francilien et toutes les politiques régionales.

Pour le climat, nous marchons et nous planifierons !

Céline Malaisé, présidente du groupe Front de Gauche au Conseil régional d’Ile-de-France, cheffe de file des communistes aux élections régionales sur la liste de Clémentine Autain

Ci-dessous, des images de la marche pour une vraie loi climat, le 28 mars 2021 à Paris

 

Toujours plus vert

Voici notre « tribune libre », écrite pour le groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen » au Conseil municipal.

Ce texte paraît dans le magazine d’avril/mai 2021, qui traite des espaces verts de notre commune. C’est le thème que nous avions retenu pour notre tribune. Pur hasard, car nous ne connaissons pas le « dossier » du numéro à paraître lorsque nous remettons notre article.

Un lecteur du blog note « le peu de place qu’on [vous] laisse dans le journal municipal ». Difficile en vérité de s’exprimer autrement que schématiquement en si peu d’espace : 1 000 signes maximum…

Aussi, nous reprendrons plus en détail ce sujet. Une ville toujours plus verte, vraiment ? À quel prix ? On y revient.

Tribune libre

La pandémie rend la vie plus difficile. Sur quoi communique la ville ? Une carte des arbres remarquables, un concours de photos…

Quel est le budget des espaces verts ? Top secret ! Quelle logique le guide ? Des arbres élagués très court aux Raguenets. Une promenade du BIP ravagée par la sécheresse. Des pommiers arrachés à la gare, remplacés par des essences fragiles, qui mettront des années à recycler efficacement l’air. Les tours d’arbres non bêchés, foyers de bactéries via les déjections canines. Le paillage (en gros copeaux !) mis en hiver au pied des plantes, ralentit le réchauffement de la terre. Ne doit-il pas être retiré au printemps ? Comme en amont le sol n’y a pas été retourné ni désherbé en profondeur, prolifèrent mauvaises herbes et bactéries favorisant la pourriture des végétaux.

Séances du Conseil municipal : enfin diffusées sur internet, comme réclamé ! Mais du low cost. Son médiocre. Plan fixe. Élus de dos. Élus minoritaires hors caméra. Vive la démocratie gratiennoise !

I. Volat, S. Bauer

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