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Bienvenue sur le blog du Front de Gauche de Saint Gratien !

Vous trouverez ici des informations sur la vie locale de Saint Gratien, l’activité et les propositions de l’association du Front de Gauche gratiennois. Nous nous exprimons également sur les grands sujets de la vie politique nationale.

Nous nous faisons aussi l’écho du travail des deux représentants de la liste « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen« , élus en mars 2020 au Conseil municipal avec 12% des voix. Cette liste de gauche, écologiste et citoyenne porte des propositions en matière de solidarité, de transition écologique et de démocratie locale. 

Ce site vous est ouvert et apprécie les débats et les échanges ! Vos commentaires sont toujours les bienvenus.

À Saint-Gratien, le Front de Gauche est constitué en association. Celle-ci regroupe des adhérents de différents partis, ainsi que des citoyens qui n’appartiennent à aucune organisation. Le comité local du Front de Gauche se réunit régulièrement à Saint-Gratien. Ses réunions sont ouvertes à tous, sans condition. Si vous souhaitez être invité et participer à ces rencontres, contactez le FdG à cette adresse : fdg.stgratien@laposte.net

La ZAD de Gonesse dans la presse

La ZAD du Triangle de Gonesse n’aura pas duré très longtemps, mais elle laissera assurément des traces.

Ci-dessous, les articles de « Politis » et « l’Humanité » sur son évacuation, et la suite de la bataille des « Terres de Gonesse ».    

 La ZAD de Gonesse expulsée

Vanina Delmas dans Politis

Mardi, au petit matin, les forces de l’ordre ont encerclé le site où les militants s’opposaient à la construction d’une gare en plein champ.

Le week-end avait été festif sur la ZAD du Triangle de Gonesse : 17 jours après l’installation des premières cabanes, les soutiens étaient encore venus écouter le concert improvisé d’une fanfare, participer aux chantiers de construction ou juste discuter. Une jovialité et une ténacité (dont témoignent les photos d’Adrien Chacon ci-dessus) à peine ébranlées par la décision d’expulsion, prononcée par le tribunal de Pontoise (Val-d’Oise). La justice avait été saisie par l’Établissement public foncier d’Île-de-France, propriétaire du terrain occupé.

L’évacuation a eu lieu mardi, au petit matin. Les forces de l’ordre ont encerclé le site sur lequel une trentaine de militant·es s’opposait à la construction d’une gare en plein champ dans le projet plus global de Grand Paris express : des membres du Comité pour le triangle de Gonesse (CPTG), des militants d’Extinction Rebellion et d’autres plus autonomes. À midi ce mardi, 25 personnes étaient en garde à vue.

Si la bataille contre Europacity semble gagnée, cette résistance citoyenne reste vitale pour éviter la bétonisation des dernières terres fertiles de la région, alors que des alternatives existent pour mettre en avant l’agroécologie et l’économie circulaire. L’exemple le plus abouti est le projet Carma (Coopération pour une ambition agricole, rurale et métropolitaine d’avenir). Pour le CPTG, le gouvernement a le choix : « Soit il s’entête à maintenir un projet daté et dépassé, en totale contradiction avec les discours sur la nécessité de stopper l’artificialisation des sols, soit il engage résolument des actions de sauvegarde des terres et de créations d’emplois utiles et non délocalisables. »

Cet article est en accès libre :

http://www.politis.fr/articles/2021/02/la-zad-de-gonesse-expulsee-42858/

Triangle de Gonesse. La lutte contre la gare continue malgré l’évacuation de la ZAD

Lucas Martin-Brodzicki dans l’Humanité

Une vingtaine d’opposants ont été interpellés mardi matin, mettant fin à l’occupation d’un terrain entamée le 7 février. Élus et militants veulent maintenir la pression pour sauver ces terres fertiles du Val-d’Oise.

L’aventure de la « première zone à défendre d’Île-de-France » aura donc duré dix-sept jours. Ce mardi, au petit matin, un important dispositif policier mettait fin à l’occupation d’une friche à proximité des terres agricoles du Triangle de Gonesse, dans le Val-d’Oise. Une évacuation sans heurts ou presque. « J’ai pris quelques coups de bouclier, il y a aussi eu du gaz lacrymogène, mais c’était assez calme », raconte un militant ayant passé la nuit sur place. Lui a pu échapper à l’arrestation, contrairement aux 25 personnes interpellées et emmenées, en bus, au commissariat de Cergy-Pontoise. Bernard Loup, le porte-parole du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG), qui milite depuis des années pour la préservation de ces centaines d’hectares de champs à 15 kilomètres de Paris, a assisté, impuissant, à l’évacuation. « J’ignore quelle sera la prochaine étape. Mais la lutte va continuer, tant que ce projet de gare au milieu des champs ne sera pas enterré », assène-t-il.

Malgré l’abandon, en novembre 2019, du mégacomplexe de centre commercial et de loisirs EuropaCity, la création d’une gare de métro du Grand Paris Express sur le tracé de la ligne 17 est toujours d’actualité. Sa construction entraînerait de fait la bétonnisation des terres agricoles alentours, les premières habitations étant à plus de 1,7 km. Redoutant le début des travaux, des militants environnementaux avaient décidé d’occuper un terrain appartenant à l’établissement public foncier d’Île-de-France. Le tribunal de Pontoise avait ordonné leur évacuation vendredi 19 février.

« Cette question politique n’a pas à se traiter au commissariat »

« Nous rappelons au gouvernement qu’un projet alternatif existe : celui de l’association Carma. Un projet agricole de transition écologique qui permet de sanctuariser ces ter res fertiles et d’amorcer la relocalisation de la production alimentaire », rembraie Bernard Loup. Après de multiples recours juridiques, des manifestations, une ZAD qu’il a accueillie d’un bon œil sans en être à l’origine, lui et ses camarades du CPTG savent que le dénouement ne pourra venir que de l’exécutif. L’opposition de gauche ne s’y est pas trompée, en témoigne la vague de soutien à la suite de l’expulsion.

Éric Piolle, le maire écologiste de Grenoble, l’a exprimé sur place. Invité par le CPTG ce mardi matin sur les lieux, il n’a pu qu’assister à leur évacuation. « L’enjeu est national. Ce projet de gare au milieu des champs n’a pas de sens et symbolise un modèle de développement désuet. Face à cela, une alternative existe pour une alimentation pas importée, pas industrielle. Ce combat a du sens », explique l’édile. La veille, la ZAD avait reçu la visite des communistes, dont le conseiller régional Didier Mignot et le sénateur Fabien Gay. Ce dernier, joint par téléphone, « partage le combat du CPTG contre EuropaCity depuis des années », rappelle-t-il. « Cette gare ne servira à rien. Nous sommes pour la ligne 17, mais avec un autre tracé. Il faut désenclaver ce territoire avec un projet qui réponde réellement aux besoins des populations locales. » Le sénateur réclame un débat apaisé et démocratique sur l’avenir des terres agricoles du Triangle de Gonesse. « Au lieu de cela, on envoie les forces de l’ordre », regrette-t-il. Dans la journée, certains sympathisants se sont rendus au commissariat de Cergy-Pontoise afin de montrer leur solidarité avec les gardés à vue. Entre autres Clémentine Autain (la France insoumise), qui en a profité pour installer, à quelques mois des élections régionales, son duel avec l’actuelle présidente d’Île-de-France, Valérie Pécresse (Libres !) : « (Elle) a saisi les tribunaux au lieu d’assumer le débat démocratique nécessaire sur le Triangle de Gonesse. C’est une question politique qui n’a pas à se traiter au commissariat. Je demande un débat public. » Le CPTG appelle à un nouveau rassemblement ce vendredi 26 février devant la préfecture du Val-d’Oise. Une autre manifestation pourrait se tenir le lendemain, au Trocadéro.

https://www.humanite.fr/triangle-de-gonesse-la-lutte-contre-la-gare-continue-malgre-levacuation-de-la-zad-700490

La mairesse et la grutière

Nous utilisons régulièrement l’écriture dite « inclusive » dans nos différents écrits, au grand dam de certains (plutôt masculins..), et malgré le fait que cela nous handicape dans le comptage des signes de notre tribune municipale…  Notre langue évolue pour rendre davantage visibles les femmes. Tant mieux !

Brigitte Grésy, présidente du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes réagit à la proposition de loi visant à interdire l’usage de l’écriture inclusive dans l’administration et les services publics.

Une soixantaine de parlementaires, majoritairement issus des rangs macronistes et de LR, ont déposé mardi soir à l’Assemblée nationale une proposition de loi « portant interdiction de l’usage de l’écriture inclusive pour les personnes morales en charge d’une mission de service public ».

Brigitte Grésy, la présidente du HCE, également agrégée de grammaire, estime que « l’écriture égalitaire » est déjà d’usage et qu’il est « très important de rendre visible les femmes dans la langue car elle cimente notre corps social ».

Comment réagissez-vous à la proposition de loi LaREM visant à interdire l’écriture inclusive dans les documents administratifs ?

Brigitte Grésy Cette proposition de loi estime que la forme masculine est une forme générique, soit l’équivalent du neutre. Or tous les psycholinguistes en constatent l’échec parce que c’est en fait toujours le masculin spécifique que l’on entend, c’est-à-dire un homme et non pas une femme. Beaucoup d’enquêtes montrent que lorsqu’une femme lit une offre d’emploi, elle candidate moins à la lecture d’un masculin générique, même accompagner du H/F, que si on met par exemple « cherche mécanicien ou mécanicienne ». Le seul fait que les femmes se sentent destinataires du message implique qu’elles y adhèrent beaucoup plus. Il est très important de rendre visible les femmes dans la langue car elle cimente notre corps social, elle donne à voir sa composition. C’est pour cela que, nous, nous appelons cette écriture, l’écriture égalitaire.

Les signataires de la proposition de loi évoquent la Constitution qui dispose que « la langue de la République est le français », cela est-il incompatible à vos yeux avec une évolution de la langue ?

Brigitte Grésy Au contraire. De toute façon, la langue a d’ores et déjà évolué. Ils ne pourront pas revenir en arrière, ils pourront juste essayer d’empêcher l’usage du point milieu ou final, parce que ce n’est effectivement pas immédiat. Mais l’écriture inclusive va au-delà de ce point. Mettre la marque du féminin pour les noms de métiers et de fonction pour les documents officiels est inscrit dans une circulaire de 2017 du premier ministre, cela est acté. L’écriture inclusive de fait est là déjà. De même, lors d’un discours, le président de la République lui-même dit « citoyens et citoyennes », « tous et toutes ». Il ne vient plus à l’esprit de quiconque de dire seulement « messieurs » devant une assemblée. Dans ces adresses on redouble toujours, même au plus au niveau de l’État.

Selon ses détracteurs, cette écriture exclurait les plus en difficultés avec la lecture ou encore pour les aveugles…

Brigitte Grésy On apprend à des générations d’enfants l’imparfait du subjonctif, l’accord avec les verbes pronominaux, des orthographes hallucinants comme le – x au pluriel pour certains mots en – ou. Comment osent-ils dire que cela gênera davantage les dyslexiques ? La langue française est merveilleusement difficile. Elle mérite que l’on se coule en elle pour retrouver toutes ces subtilités qui donnaient aux hommes et aux femmes la même chance d’y vivre côte à côte. Et cela ne passe pas seulement par le point milieu dont certains disent qu’il est compliqué pour la lecture du braille par les malvoyants, bien qu’il suffirait d’une manipulation dans les logiciels pour régler ce problème.

Le HCE est l’auteur d’un guide pratique « pour une communication publique sans stéréotype de sexe » publié pour la première fois en 2015. Que préconisez-vous en matière « d’écriture égalitaire » ?

Brigitte Grésy Courant mars, une actualisation de notre guide sortira. Elle vise à plus de simplification de cette écriture. Par exemple : « messieurs et mesdames les député.es », et non plus « député.e.s ». Au passage, on peut très bien utiliser un point final au lieu du point milieu qui implique une manipulation un peu compliquée des claviers. Cela fonctionne pour tous les noms qui ont pratiquement le même radical. Pour les autres, il nous faut redoubler, comme pour « auteur et autrice », comme le font les Québécois, sans se poser de questions. On peut également utiliser le langage épicène, par exemple « tous les membres de cette congrégation ». Au-delà, nous voulons encourager la réappropriation de la langue de nos ancêtres. Avant les oukases de grammairiens du XVIIe siècle – cela a commencé avec Vaugelas -, tout était féminisé. On disait la mairesse, la grutière… Et on accordait comme on voulait, en général avec le mot le plus proche. « Que les hommes et les femmes sont belles », écrivait Racine. Nous invitons à écouter l’usage, les femmes, cette langue qui est en train de bouger à toutes allures et à accepter que les hommes et les femmes soient côte à côte dans la langue. Le français évolue dans le sens de cette reconnaissance. Aller contre ce mouvement est problématique.

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui, paru dans l’Humanité du 25 février 2021

 

Triangle de Gonesse, le défi environnemental

Déclaration de soutien aux militantes et militants occupant le site de la future gare du Triangle de Gonesse

Le 19 février dernier, le tribunal de grande instance de Pontoise s’est prononcé en faveur de l’expulsion des militantes et militants occupant le site de la future gare du Triangle de Gonesse sur la Ligne 17 du Grand Paris Express. Le tribunal a assorti sa condamnation d’une astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la signification du jugement. (évacuation de la ZAD ce 23 février par la police, ndlr)

Bien que je prenne acte de ce verdict, le projet de la gare de Gonesse constitue un recul inquiétant pour la cause environnementale. Ce recours en justice, initié par la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, est le révélateur du manque d’ambition de l’exécutif régional face aux défis environnementaux.

Si l’arrivée de la Ligne 17 représente une avancée majeure pour la Seine-Saint-Denis et le Val d’Oise en désenclavant certains territoires, cela ne doit pas se faire au détriment de terres agricoles, ni d’espaces verts si importants pour notre région. De fait, l’abandon du projet du méga complexe « EuropaCity » en 2019 aurait dû entrainer l’arrêt de sa gare attenante. En effet, la création de cette gare, en lieu et place de parcelles nourricières, a été validée alors qu’aucun nouveau projet n’a été arrêté. Ce choix démontre la volonté de l’exécutif régional de faire de ces parcelles agricoles un énième lieu de spéculation foncière.

La bétonisation de ces espaces fertiles n’est pas acceptable ! Ce projet va à l’encontre de la ville durable que nous appelons de nos vœux. Parce que le changement climatique n’est plus à démontrer, les villes doivent s’inscrire dans des stratégies d’aménagement durables tout en préservant l’environnement.

En ce sens, j’apporte tout mon soutien aux militantes et aux militants qui luttent pour la préservation des terres agricoles et pour l’abandon de la gare du Triangle de Gonesse.

Marie Georges Buffet, Députée de Seine Saint Denis

La cantine pour tous !

Questionné par nos soins lors du Conseil municipal du 11 février 2021, à propos des travaux d’agrandissement du réfectoire de l’école Grusse Dagneaux, le maire indique que plus aucun enfant n’est désormais refusé dans les cantines gratiennoises.  

Pour cause de manque de places dans ses réfectoires, la ville a inséré dans son règlement de la restauration scolaire la possibilité de n’accepter que les enfants dont les deux parents travaillent. Cette disposition est contraire à la loi, comme nous l’avons dit en refusant chaque année de voter ce règlement.   

La ville a refusé des élèves à la cantine ces dernières années dans trois écoles : Jean Jaurès, Grusse Dagneaux et Raymond Logeais.

À Jean Jaurès, nous avions proposé d’agrandir la salle de cantine en utilisant les locaux attenants qui étaient occupés jusque là par les employés communaux, ceux-ci pouvant déjeuner aux services techniques. La ville a reconnu la justesse et la faisabilité de cette proposition et l’a mise en œuvre. La cantine accueille désormais tous les élèves qui le souhaitent. Nous avions également suggéré le déplacement pédestre d’enfants de Grusse Dagneaux vers Jaurès pour le déjeuner, ces deux écoles étant particulièrement proches, ce qui fut réalisé durant une période. Cela a permis un temps que tous les élèves de Grusse Dagneaux puissent accéder au service de restauration.

Nous avons réinterrogé la ville régulièrement sur cette question d’accès à la restauration scolaire, et proposé d’utiliser sur le temps de midi les cars de la ville pour le transport des élèves vers des écoles dont les réfectoires ne sont pas surchargés. La ville a refusé cette solution.  

Des travaux d’agrandissement du réfectoire ont été réalisés à Raymond Logeais mais pour Grusse Dagneaux, la ville indiquait que rien n’était possible. Finalement, des réaménagements de locaux ont pourtant permis l’extension du réfectoire. Comme quoi, là encore, les réponses de la ville tendent davantage à couper court aux échanges qu’à donner des informations fiables.

Rappelons que la restauration scolaire est un service public local, et qu’en restreindre l’accès pour des motifs qui n’ont rien à voir avec son objet est considéré comme illégal. Saint Gratien a d’ailleurs été condamné en 2011 pour avoir refusé la cantine à des enfants de demandeurs d’asile.

Il importe donc de tout mettre en œuvre pour un service accessible à tous. Outre le fait que pour nombre d’enfants, le repas de midi à la cantine représente le seul repas équilibré de la journée, la cantine est aujourd’hui bien plus que cela. C’est un temps essentiel de socialisation dans la journée des écoliers et écolières. L’animation et les activités réalisées durant ce moment doivent être également encadrées par des personnels formés et en nombre suffisant. Beaucoup reste à faire dans ce domaine.           

Réponses éclair

Réponses à nos traditionnelles « questions orales » au Conseil municipal du 11 février 2021, pour le groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen ».  Réponses éclair, c’est un exercice que le maire évacue en un temps minimum. Nous n’avons pas la parole. Regrettable pour la bonne information des élu.es, et des Gratiennois.es.

1 – Covid-19

Le variant sud-africain, après avoir été isolé au collège Jules Ferry d’Eaubonne, est sur le territoire de la commune de St-Gratien via le lycée G.Monod (info ARS).      La ville ne peut-elle jouer un rôle dans la lutte contre le virus et ses différents variants ? Par exemple par une aide logistique au dépistage massif en liaison avec les professionnels de santé (cf. plan de dépistage monté en 9 jours à Eaubonne et effectif depuis mardi 9 février) ; une aide à l’isolement des personnes affectées (portage de repas à domicile, courses…) ; la mise à disposition du minibus de la ville pour le déplacement des personnes jusqu’aux centres de vaccination des communes voisines, dès que des rendez-vous seront à nouveau proposés ?

Réponse du maire : Les villes jouent un rôle primordial depuis le début de la crise et Saint Gratien n’a pas failli sur ce sujet : distribution de masques, bus pour tester, prêt de barnum aux pharmaciens, hôtels mis à disposition de l’État pour isoler, présence accrue auprès des plus fragiles, isolés ou âgés, aide aux commerces, aux associations etc… L’intercommunalité a mis en place trois centres de vaccination et Saint Gratien inscrit les personnes prioritaires. Enfin la ville a mis en place des mesures strictes pour la sécurité des enfants des crèches et des écoles.  

Nos commentaires : Il serait nécessaire pour la bonne information des Gratiennois.es que le maire lise (ou mieux nous laisse lire !) l’intégralité de la question. Il a fait ici l’impasse sur les trois exemples d’aide que nous proposions. La ville a effectivement mis en place quelques actions, dont certaines sont obligatoires, protocole sanitaire pour les scolaires notamment. D’autres sont anecdotiques comme le prêt de barnums.. d’autres encore mériteraient d’être explicitées comme le recours aux chambres d’hôtels. De toute façon, cela n’empêche nullement de poursuivre et nous pensons que nos propositions sont pertinentes.   

2 – Aide aux personnes sans domicile fixe

Un homme est resté de longues heures dans un duvet sous la pluie le lundi 18 janvier sur le trottoir devant la gare. Le guichetier de la SNCF a été prévenu. Comme les services de la ville. En cette période de pandémie, accentuée par la température hivernale, quand la mairie compte-t-elle aller à la rencontre des SDF présents sur le territoire de la commune, en leur apportant une aide concrète : masques, accès à l’eau, aux sanitaires, mise à disposition d’un local chauffé, repas, mise en sécurité… ?

Réponse du maire : Deux personnes sans domicile viennent régulièrement sur la commune. Elles sont suivies par un tuteur. La police municipale se déplace systématiquement et fait le lien avec le CCAS qui prévient le tuteur. Un placement est alors proposé mais refusé systématiquement par les personnes. Les pompiers le 18 janvier se sont déplacés à la demande la ville. Le maire regrette que nous instrumentalisions les difficultés de certains.   

Nos commentaires : Assez agressivement, le maire nous accuse de manœuvres politiques sur le dos des SDF. C’est simple puisque nous n’avons pas la parole dans le cadre des questions orales. Un pur procès d’intention, une allégation gratuite et facile à lancer lors des questions diverses… quand nous ne pouvons répondre..       La question est pourtant légitime. Il y a bien évidemment bien davantage de personnes à la rue que les deux cas évoqués par le maire. Nous reviendrons sur cette question. Des villes voisines ont d’ailleurs ouvert des structures municipales durant la période de grand froid. Il est bien illusoire de croire que Saint Gratien serait un îlot protégé des difficultés sociales accrues de la période Covid…  À suivre car la réponse du maire n’est pas à la hauteur des difficultés sociales de la période.

3 – Projets CM2

Les projets des classes de CM2 ont été pour la plupart annulés durant l’année scolaire 2019/2020 en raison de la pandémie de Covid-19. Il en sera certainement ainsi pour 2020/2021. Les sommes inutilisées du fait de ces annulations pourraient-elles être réaffectées à d’autres projets des mêmes classes, afin que les élèves de CM2 des années scolaires concernées ne soient pas pénalisés ?

Réponse du maire : Les sommes allouées aux projets des classes seront affectées au budget scolaire de manière globale.

Nos commentaires : Réponse un peu trop « globale » elle aussi. Nous ne savons pas si les classes de CM2 retrouveront ces crédits mais nous craignons qu’ils tombent dans un « fond commun » non identifié. Nous reposerons la question en commission scolaire dès que cette instance se réunira, ce qui devient rare.  

 4 – Sécurité physique

Des habitants nous signalent des incidents graves liés pour certains à la vente de drogue dans le parc urbain. Une agression a notamment eu lieu entraînant des soins hospitaliers. Des bagarres violentes nous sont aussi signalées à la sortie du collège Langevin-Wallon. Des événements similaires s’étaient déroulés aux abords du lycée Gustave Monod, il y a un an. Le rôle de la police municipale dans la prévention et la répression de ces agissements, présence sur le terrain, rondes, etc. est primordial. Ce travail local doit s’articuler avec l’activité de nos policiers municipaux au niveau de la CAPV. De quelle autonomie dispose la ville dans la gestion des policiers municipaux de fait salariés de la CAPV ? Cette autonomie semble limitée au regard des déclarations de M. le Maire au CA du lycée, au CA du collège, puisqu’il a été répondu que la police municipale ne pouvait faire plus de rondes avenue de Ceinture ou avenue Parmentier au regard d’autres obligations. Il avait aussi été répondu en réunion de quartier n°5 à la MJC du parc, suite à des problèmes d’incivilités place Hémonnot, que « la meilleure chose à faire c’est d’attendre » (juin 2019).

Réponse du maire : Il estime avoir répondu en séance lors des échanges sur la prise en charge de la police municipale par la communauté d’agglomération CAPV. Nous y reviendrons.

Nos commentaires : Le maire se dispense au passage de la lecture de notre question, ce qui est commode pour éviter de communiquer nos infos sur ces questions qui préoccupent les Gratiennois.es.

5 – Transports alternatifs à la voiture

Alors qu’un débat départemental divise sur les moyens à mettre en œuvre pour désengorger les autoroutes A15 et A86 et réduire leur pollution, la ville pourrait-elle être à l’origine d’une proposition départementale de liaison cyclable reliant notre ville au pont de Bezons ? De cet endroit partent déjà des pistes cyclables reliant le quartier de la Défense où travaillent de nombreux habitants du territoire de la CAPV. Il serait ainsi possible de relier à vélo Saint Gratien et ses alentours, au quartier de la Défense, contribuant ainsi au désengorgement des voies routières et des transports en commun, en offrant une nouvelle alternative de déplacement. Une partie des 5 millions alloués par l‘État au Val d’Oise pour le développement des transports alternatifs à la voiture pourrait être utilisée là.   

Réponse du maire : Il ne s’agit pas d’une compétence municipale.

Nos commentaires : Nous reviendrons sur cette question qui a fait l’objet d’une motion au Conseil, votée par tous les groupes sauf le nôtre ! Donc le Conseil peut se prononcer sur un aménagement autoroutier d’une partie de l’A15, mais pas sur une alternative cyclable sur le même tronçon. Comprenne qui pourra. Pour nous, nous avons compris que le maire visait un coup politique avec le vote de cette motion, immédiatement parue dans la presse locale, mais était moins intéressé par le développement de transports alternatifs, pourtant essentiels pour lutter contre pollution et engorgement automobile.

À suivre, les autres sujets débattus au Conseil

En direct

Le Conseil municipal de Saint Gratien du jeudi 11 février 2021 a été retransmis sur la page Facebook de la ville. Les séances des conseils municipaux doivent en effet être publiques. Or la crise sanitaire fait qu’elles se déroulent à huis clos.

Le problème est-il réglé pour autant avec une diffusion en direct ?  

Si le maire nous avait donné la parole en début de séance – mais malheureusement cela n’a pas été le cas, il nous a fallu insister – voici ce que nous aurions déclaré à ce sujet.

Nous réclamions cette diffusion depuis que la crise sanitaire empêche-ou réduit drastiquement- la venue du public dans la salle. Nous l’avons dit à plusieurs reprises, oralement au Conseil et par écrit auprès du maire. Nombre de communes voisines pratiquent ainsi et ces diffusions ont du succès auprès des habitants. Nous ne doutons pas qu’il en soit de même à Saint Gratien où un nombre important de Gratiennois.es ont dû suivre nos débats. C’est en effet important que les citoyen.nes puissent avoir connaissance du travail de leurs élu.es, surtout en ces temps de pandémie aux contacts sociaux limités : plus de réunions de quartier, moins de rencontres…  

C’est donc là un premier pas pour une meilleure démocratie locale. Est-ce dû à une prise de conscience subite du maire, ou à une obligation légale ? La chose n’est pas claire puisque le maire déclare « qu’auparavant ce n’était pas obligatoire » mais qu’à partir du moment où le public ne peut plus être accueilli, la ville « a choisi » de diffuser la séance en ligne. Obligation ou choix ? Nous avons la prétention de penser que nous avons contribué à faire progresser la réflexion de la majorité municipale.

Restent des interrogations.   

Comment comprendre que le maire nous ait répondu négativement quand nous demandions cette diffusion sur Internet ? Ce fut « non » à plusieurs reprises, pour cause selon le maire d’impossibilité technique dans la salle Georges Brassens, puis de coût trop élevé de la retransmission en ligne, sans jamais donner de chiffrage d’ailleurs, bien que nous en ayons fait la demande. Comprenne qui pourra dans les réponses parfois nébuleuses de notre édile.

Le maire affirmait aussi que les Gratiennois.es peuvent, pour s’informer, prendre connaissance des procès-verbaux des séances sur le site de la ville. Or par exemple le PV du Conseil du 19 novembre 2020 n’a été mis en ligne que le 9 février 2021… Pourtant il avait été voté le 17 décembre 2020 … Au passage les tribunes libres, écrites début janvier ne sont arrivées sur le site que le 10 février… On nous promet une rénovation du site, mais la question est peut-être aussi dans le temps dont dispose l’agent de la ville chargé de la communication pour mettre les informations à jour.

Enfin tous les habitants ne sont pas sur ce réseau social qu’est Facebook.  Nous demandons la diffusion sur le site de la ville, qui ne fait pour l’instant que renvoyer sur la page Facebook.

Nous devrions donc être finalement satisfaits puisque le Conseil est retransmis. Nous ne le sommes qu’à moitié. En effet, la ville, qui a recouru à un prestataire extérieur pour l’enregistrement de la séance, a investi au minimum dans cette opération. Le résultat est donc loin d’être satisfaisant. Les Gratiennois.es n’auront eu droit qu’à un plan fixe pris de très loin, les élu.es apparaissant tous de dos hormis le maire. Quant à nous, nous n’apparaissons pas du tout puisque nos tables sont situées sous la mezzanine de la salle ! Pour finir, le son est très médiocre et a découragé certains auditeurs. D’autres villes ont fait des choix différents. Deux caméras avec zoom possible suivent alternativement le maire et l’élu.e qui s’exprime en affichant son nom et surtout le son est de bonne qualité. Chez nous, le maire a dû estimer que la démocratie de proximité ne méritait pas qu’on y investisse. Au fait, combien cela coûte-t-il à la ville ? Mystère…

Bref, il y a encore des efforts à faire pour informer correctement les habitant.es, ce qui est le minimum en matière de démocratie locale. Ce n’est pas un sujet mineur.

Des vaccins accessibles à tous les peuples du monde

Levée des brevets/vaccins : Fabien Roussel écrit à Emmanuel Macron

Monsieur le Président de la République,

La situation sanitaire actuelle est critique et risque de perdurer, si nous ne trouvons pas une solution collective à cette crise.

Il devient de plus en plus difficile de contrôler la pandémie depuis l’arrivée de variants, qu’ils viennent de Grande-Bretagne, de Californie, d’Afrique du Sud ou du Brésil. Outre le maintien des gestes barrières, la politique de tests et d’accompagnement des personnes contaminées et cas contacts, tout le monde s’accorde à dire qu’une campagne de vaccination massive à l’échelle mondiale nous permettra d’entrevoir la sortie de cette crise sanitaire.

Aujourd’hui, plusieurs vaccins existent contre ce virus. C’est la bonne nouvelle de cette année. Il s’agit d’une prouesse scientifique, largement soutenue par les plus de 8 milliards d’euros investissements publics des États et, au sein de l’Union européenne, par la Commission européenne qui a investi 2,3 milliards d’euros pour le développement des capacités de production de l’industrie pharmaceutique. La découverte de ces vaccins a été aussi facilitée par le partage de la séquence complète du génome du coronavirus par les autorités chinoises, dès le 11 janvier 2020.

Il est désormais urgent que ces vaccins puissent être produits massivement et soient accessibles à tous les peuples du monde, le plus rapidement possible.

Malheureusement, ce n’est pas ce chemin qui est emprunté. Déjà aujourd’hui, plusieurs grands laboratoires sont incapables de respecter les engagements pris pour la livraison de leurs doses.

De plus, des inégalités apparaissent entre les pays à faibles revenus et les pays riches : ces derniers ont acheté suffisamment de doses pour vacciner deux à trois fois leur population quand les pays pauvres n’ont, à ce jour, qu’une dose pour trois habitants. La plateforme Covax est loin de répondre à cette situation.

Il y a donc urgence à ce que les États prennent le contrôle de cette campagne vaccinale et organisent la production et la diffusion de ces vaccins, comme le demandent l’Inde et l’Afrique du Sud.

Pour gagner cette guerre contre le virus, nous vous appelons à saisir l’Organisation mondiale de la santé afin de coordonner les efforts des États et faire du vaccin un bien public mondial. Ne laissons pas la campagne vaccinale dans les mains du secteur privé !

En France, de nombreuses voix s’élèvent ainsi pour appeler à une plus grande coopération à l’échelle de la planète. Les Académies des sciences, de médecine et de pharmacie relaient cet appel. Des scientifiques de plusieurs pays appellent à faire du vaccin un bien public permettant aux pays qui en font la demande de pouvoir le produire rapidement.

Comme vous le savez, l’OMC, l’Union européenne ou des États, comme la France, disposent des moyens juridiques pour suspendre les brevets en temps d’urgence sanitaire et obtenir les licences nécessaires permettant les transferts de technologie vers tous les laboratoires industriels compétents. Cela peut se mettre en place rapidement, sans spolier les industriels.

En effet, l’article 311 de l’Organisation mondiale du commerce stipule que l’on peut procéder à une levée des brevets « dans des situations d’urgence nationale ou d’autres circonstances d’extrême urgence ou en cas d’utilisation publique à des fins non commerciales ». Nous y sommes !

En France, la loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19 du 23 mars dernier a prévu « de prendre toute mesure permettant la mise à la disposition des patients de médicaments appropriés pour l’éradication de la catastrophe sanitaire ».

Le 30 novembre dernier, une initiative européenne citoyenne a été lancée demandant un changement législatif notamment pour « veiller à ce que les droits de propriété intellectuelle, brevets compris, n’entravent pas l’accessibilité ou la disponibilité de tout vaccin ou traitement futur contre la Covid-19 ».

Cette revendication recueille aujourd’hui l’adhésion d’un large panel d’organisations et bénéficie du soutien de nombreux experts de la santé.

Il y a urgence. C’est pourquoi, nous souhaiterions être reçus afin de vous faire part de nos propositions pour augmenter la capacité de production des vaccins à l’échelle européenne et à l’échelle mondiale.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’assurance de notre haute considération. »

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,

Paris, le 9 février 2021.

 

Triangle de Gonesse, pourquoi s’entêter ?

Les zadistes de Gonesse ont-ils raison de s’opposer à une gare en plein champ ?

Oui, répond l’urbaniste Jacqueline Lorthiois : au moment où le trafic aérien et l’immobilier de bureau s’effondrent, il est absurde de s’entêter à urbaniser le Triangle de Gonesse (Val-d’Oise), en détruisant au passage d’excellentes terres agricoles.

Par Jacqueline Lorthiois, urbaniste, socioéconomiste et cofondatrice du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG). Tribune parue dans l’Obs.

Dimanche, une ZAD (zone à défendre) a été créée sur le Triangle de Gonesse, vaste zone agricole située à l’ouest de Roissy, dans le Val-d’Oise. Les zadistes s’opposent à la construction d’une gare en plein champ, ne desservant aucune habitation et dont la seule utilité sera d’amorcer l’urbanisation de ces terres pourtant connues pour être particulièrement fertiles.

Devant l’entêtement des élus locaux et de la Société du Grand Paris (SGP), face aux atermoiements de la justice et au silence du gouvernement, un certain nombre de militants ont décidé d’occuper le site. Et voici pourquoi, selon nous, ils ont raison de vouloir stopper la stratégie d’aménagement à l’œuvre sur ce territoire.

  1. L’obsession des grands aménagements

Le bassin de Roissy est un cas d’école. Depuis les années 1970, les acteurs locaux poursuivent l’objectif obsessionnel d’y attirer force activités et équipements, promettant des retombées d’emplois et de richesses économiques mirifiques. Encore aujourd’hui, sont projetés deux « grands projets inutiles ». D’une part, sur le Triangle de Gonesse, la création d’une zone d’aménagement concertée (ZAC) de 280 hectares couplée à une gare de la ligne 17 Nord, prévue par le Grand Paris. Et d’autre part, un nouveau terminal T4 de l’aéroport de Roissy, censé passer de 70 à 120 millions de passagers par an.

La fièvre bâtisseuse dont le Triangle de Gonesse est l’objet est d’autant plus paradoxale que le site – coincé entre les aéroports du Bourget et de Roissy – est interdit à l’habitat. Cet obstacle majeur n’a pas découragé les élus, en vingt ans, de postuler pour les candidatures les plus extravagantes : Stade de France, Roland-Garros, circuit de Formule 1, technopôle, EuropaCity, gare et ligne du Grand Paris Express, Exposition universelle… Et dernière lubie : démarrer une zone d’activités de 100 hectares agrémentée d’une gare de métro en plein champ, alors que le pôle de Roissy est à l’arrêt à 75 % et que la demande de l’immobilier d’entreprises s’est effondrée.

  1. Des grands projets inutiles aux habitants

A chaque fois, élus, aménageurs et promoteurs font miroiter de juteuses retombées économiques, reposant sur des estimations hasardeuses. Dès 1974 à l’ouverture de l’aéroport, les communes du Val-d’Oise se sont lancées dans une course éperdue à la bétonisation, pour bénéficier de la prétendue « manne des emplois » engendrés par le dynamisme présumé du pôle. Mais les promesses n’ont jamais été tenues. Roissy en 1975 comptabilisait 18 000 emplois, au lieu des 70 000 escomptés ; en 2013, le centre commercial Aéroville situé sur la plateforme n’a créé que 1 600 postes contre 2 700 annoncés. Et lors du débat public de 2016, la direction d’EuropaCity a dû réviser de moitié les effectifs prétendus : parti de 24 400, le nombre des créations d’emplois a peu à peu fondu et, en intégrant les postes supprimés ailleurs, le solde net oscillait dans une fourchette allant de 500 à 8 100 emplois.

Mais l’essentiel est ailleurs : même si les activités implantées créent en effet un certain nombre de postes, ceux-ci bénéficient très faiblement à la main-d’œuvre locale. L’exemple de l’aéroport de Roissy en apporte la preuve flagrante : seuls 6,2 % des actifs de son bassin y travaillent. En revanche, le site recrute sur une aire gigantesque, qui comprend toute l’Ile-de-France, mais aussi l’Oise et l’Aisne. En réalité, le pôle de Roissy ne sera jamais attractif pour son bassin de proximité : l’ultra-spécialisation de ses activités ne génère qu’une palette très étroite de professions et métiers (300 à 500 sur la plateforme, contre 10 000 répertoriés en France). Les habitants des environs de Roissy ne peuvent pas devenir tous contrôleurs du ciel. De plus, ces filières (transport aérien, commerce international, tourisme) sont très dépendantes de la conjoncture extérieure, dont on découvre la fragilité avec la pandémie.

  1. La surenchère misérabiliste des élus et acteurs économiques

Depuis des décennies, les décideurs locaux dramatisent la situation sociale du territoire pour justifier leur volonté aveugle d’urbaniser, allant jusqu’à gonfler les statistiques du chômage. En témoigne un communiqué de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) Paris Ile-de-France paru cet automne : « Le taux de chômage du Grand Roissy monte jusqu’à 30 %. » C’est faux ! L’Insee indique un taux de chômage de 17,8 % (moyenne nationale : 13,6 %). Même constat dans une tribune des acteurs économiques du Val-d’Oise : « Un taux de chômage chez les jeunes avoisinant les 40 % dans certains quartiers. » Faux encore : l’Insee comptabilise pour l’agglomération Roissy-Pays de France 48 144 habitants de 15 à 24 ans, dont 5 960 chômeurs, soit 12,3 % de la population jeune. Taux à peine supérieur dans un quartier très sensible de Villiers-le-Bel : 899 habitants de 15-24 ans, dont 122 chômeurs, soit 13,5 % de la population jeune.

  1. Prendre ses distances avec les pompiers pyromanes

Dans le bassin de Roissy, la perte de qualité urbaine agit comme un repoussoir des classes moyennes. BruitParif a démontré que la pollution sonore faisait perdre 28 mois de vie en bonne santé à un million de riverains. L’accumulation désordonnée de zones d’activités, les réseaux de transports saturés, les nuisances des deux aéroports… ont segmenté le territoire et accéléré la disparition d’espaces de nature. Avec un tel cadre de vie, seules les populations modestes restent là, par défaut. Dès qu’elles grimpent dans l’échelle sociale, elles fuient l’hostilité du site, aussitôt remplacées par de nouveaux arrivants en galère.

Sacrifier les populations locales, au nom d’une attractivité illusoire du territoire est une impasse écologique, socio-économique et bien entendu politique. On voudrait nous faire croire que la pauvreté du bassin justifie l’urbanisation, alors que c’est elle qui a engendré l’appauvrissement dont le territoire ne parvient plus à sortir. Quelle légitimité possèdent les bétonneurs, pleurant misère auprès des pouvoirs publics et réclamant les « milliards » d’investissements et les milliers d’emplois auxquels le Bassin aurait droit ? Comment confier l’avenir des populations locales à de tels pompiers pyromanes ?

  1. S’affranchir des stratégies territoriales « dépassées »

En annonçant l’abandon d’EuropaCity, Emmanuel Macron avait parlé d’un projet « daté » et « dépassé » : il parlait d’or ! De plus en plus s’exprime dans la société civile le rejet grandissant d’une politique territoriale descendante, remplissant progressivement tous les espaces de respiration d’une agglomération tentaculaire. La crise brutale que nous traversons a ringardisé les recettes quantitatives de « la vie d’avant » et leurs porteurs. A Roissy, la zone aéroportuaire est frappée de léthargie, les chantiers des centres d’affaires (International Center, Roissy Tech, Aérolians) sont en suspens et les avions cloués au sol. Il est urgent de mettre à profit ce temps d’arrêt pour inventer les alternatives de « la vie d’après ». Les activités riches en emplois doivent être au cœur des villes, là où sont les habitants. Il faut y reconstituer un tissu vivant d’artisanat et petits commerces, de services aux populations et d’emplois publics et associatifs. Seule la restauration du cadre de vie peut générer chez les résidents un sentiment d’appartenance à une « communauté de destin », qui permette de recréer des liens sociaux et de rebâtir une économie locale prospère.

Quant à la galère des transports, à quoi bon rajouter une offre supplémentaire ? Un nouveau métro ne peut servir d’alibi à une stratégie régionale inégalitaire qui concentre les richesses économiques sur quelques pôles et déplace les « premiers de corvée ». Qu’est-ce qui justifie qu’un actif de Villiers-le-Bel passe l’équivalent de sept ans de travail supplémentaire en temps perdu dans les bus et RER ? Vivre, travailler, se détendre « au pays », dans son bassin de proximité n’est pas un slogan réservé aux paysans du Larzac. Le meilleur transport est celui qu’on évite.

  1. Recoudre le beau « Pays de France »

Il s’agit d’une région naturelle constituée de terres d’une richesse agricole exceptionnelle. Historiquement, c’est la fonction nourricière de ce territoire qui a permis au modeste roi de France d’étendre sa puissance. C’est ainsi que le petit Pays de France a donné son nom à la nation : un tel patrimoine national doit être préservé. Aujourd’hui, le constat est sévère : l’Ile-de-France ne produit que quelques pourcents de son alimentation. Je propose d’inverser la question habituelle des aménageurs. Au lieu de « Quel projet d’urbanisation pour le Triangle de Gonesse ? », mieux vaudrait « Où localiser la fonction alimentaire de l’Ile-de-France ? » Réponse sans appel : « Evidemment sur les meilleures terres » ! Malheureusement, l’organisation de l’espace dépend de schémas d’urbanisme et autres PLU… orchestrés par des organismes – le plus souvent publics, censés porter l’intérêt général – dont les budgets reposent sur la spéculation foncière, dans un contexte où l’hectare d’un limon millénaire vaut moins cher que l’hectare de friche industrielle.

Faire de l’aéroport de Roissy – l’équipement le plus nuisant d’Ile-de-France après le boulevard périphérique – le moteur du développement du Pays de France est un non-sens. Quelle signification du concept de « Grand Roissy », qui rattache 711 000 habitants à Roissy-en-France (2 900 âmes) ? Il faut saisir l’occasion de la crise du transport aérien pour reconstituer un projet interdépartemental, recousant les trois morceaux artificiellement segmentés de l’Est-95, de l’agglomération de Terres d’envol (93) et du nord-ouest seine-et-marnais.

  1. Valoriser les terres agricoles

Au sein d’un « bassin du Pays de France » reconfiguré, il existe un site privilégié – le Triangle de Gonesse – qui doit à son enclavement d’avoir été préservé. Peu propice à l’occupation humaine, il est au contraire très habité par des milliers d’espèces végétales et animales, qui ne demandent qu’à y prospérer. Le projet agri-urbain Carma est candidat pour valoriser ces terres agricoles, réduire notre dépendance alimentaire, piéger le carbone, préserver la biodiversité et protéger nos paysages. Son démarrage rapide sur le Triangle pourrait constituer un levier pour repenser les pratiques agricoles d’Ile-de-France. Mais il faut que l’Etat, après l’abandon d’EuropaCity, prenne la décision qui s’impose, assurant les conditions d’éclosion d’un Grand Projet Utile de Territoire, qui réconcilie petite et grande couronne, ville et campagne, emploi et habitat.

 

Conseil en direct !

Nous l’avons réclamé à plusieurs reprises depuis que les conseils municipaux se tiennent avec un public très réduit, et depuis novembre à huis clos. Même en période de pandémie, la démocratie ne doit pas être réduite ! Les Gratiennois.es sont déjà privée.es de réunions de quartier, ils doivent pouvoir être informé.es des affaires municipales. C’est  pourquoi les séances du Conseil municipal doivent être diffusées sur Internet.

Ce jeudi 11 février, vous pourrez suivre les débats en direct à partir de 18h30 puisque la séance sera pour la première fois retransmise en direct sur la page Facebook de la ville :

www.facebook.com/ville-de-saint-gratien-389019897797400

Les séances se déroulent salle Georges Brassens depuis septembre 2020.

À ce soir !

Questions de Conseil

Le règlement intérieur du Conseil municipal nous donne le droit à cinq « questions orales » auxquelles le maire répond, sans débat, à la fin de la séance. Voici nos sujets, tous d’actualité, pour le Conseil du 11 février 2021. Pour la première fois, vous pourrez écouter en direct les réponses du maire, puisque la page Facebook de la ville diffusera la séance en ligne. Rendez-vous le 11 à partir de 18h30 !  

Questions orales au Conseil municipal du 11 février 2021 du groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »

1 – Covid-19

Le variant sud-africain, après avoir été isolé au collège Jules Ferry d’Eaubonne, est sur le territoire de la commune de St-Gratien via le lycée G.Monod (info ARS)

La ville ne peut-elle jouer un rôle dans la lutte contre le virus et ses différents variants ?

Par exemple par :

-une aide logistique au dépistage massif en liaison avec les professionnels de santé (cf. plan de dépistage monté en 9 jours à Eaubonne et effectif depuis mardi 9 février 9h) ;

-une aide à l’isolement des personnes affectées (portage de repas à domicile, courses…)

-la mise à disposition du minibus de la ville pour le déplacement des personnes jusqu’aux centres de vaccination des communes voisines, dès que des rendez-vous seront à nouveau proposés ?

2 – Aide aux personnes sans domicile fixe

Un homme est resté de longues heures dans un duvet sous la pluie le lundi 18 janvier sur le trottoir devant la gare. Le guichetier de la SNCF a été prévenu. Comme les services de la ville.

En cette période de pandémie, accentuée par la température hivernale, quand la mairie compte-t-elle aller à la rencontre des SDF présents sur le territoire de la commune, en leur apportant une aide concrète : masques, accès à l’eau, aux sanitaires, mise à disposition d’un local chauffé, repas, mise en sécurité… ?

3 – Projets CM2

Les projets des classes de CM2 ont été pour la plupart annulés durant l’année scolaire 2019/2020 en raison de la pandémie de Covid-19. Il en sera certainement ainsi pour 2020/2021.

Les sommes inutilisées du fait de ces annulations pourraient-elles être réaffectées à d’autres projets des mêmes classes, afin que les élèves de CM2 des années scolaires concernées ne soient pas pénalisés ?

4 – Sécurité physique

Des habitants nous signalent des incidents graves liés pour certains à la vente de drogue dans le parc urbain. Une agression a notamment eu lieu entraînant des soins hospitaliers. Des bagarres violentes nous sont aussi signalées à la sortie du collège Langevin-Wallon. Des événements similaires s’étaient déroulés aux abords du lycée Gustave Monod, il y a un an. Le rôle de la police municipale dans la prévention et la répression de ces agissements, présence sur le terrain, rondes, etc. est primordial. Ce travail local doit s’articuler avec l’activité de nos policiers municipaux au niveau de la CAPV. De quelle autonomie dispose la ville dans la gestion des policiers municipaux de fait salariés de la CAPV ? Cette autonomie semble limitée au regard des déclarations de M. le Maire au CA du lycée, au CA du collège, puisqu’il a été répondu que la police municipale ne pouvait faire plus de rondes avenue de Ceinture ou avenue Parmentier au regard d’autres obligations. Il avait aussi été répondu en réunion de quartier n°5 à la MJC du parc, suite à des problèmes d’incivilités place Hémonnot, que « la meilleure chose à faire c’est d’attendre » (juin 2019).

5 – Transports alternatifs à la voiture

Alors qu’un débat départemental divise sur les moyens à mettre en œuvre pour désengorger les autoroutes A15 et A86 et réduire leur pollution, la ville pourrait-elle être à l’origine d’une proposition départementale de liaison cyclable reliant notre ville au pont de Bezons ? De cet endroit partent déjà des pistes cyclables reliant le quartier de la Défense où travaillent de nombreux habitants du territoire de la CAPV. Il serait ainsi possible de relier à vélo Saint Gratien et ses alentours, au quartier de la Défense, contribuant ainsi au désengorgement des voies routières et des transports en commun, en offrant une nouvelle alternative de déplacement. Une partie des 5 millions alloués par l‘État au Val d’Oise pour le développement des transports alternatifs à la voiture pourrait être utilisée là.