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 L’Europe, soit elle change, soit elle crève

Interview de Ian Brossat, tête de liste du PCF pour les élections européennes, paru dans l’hebdomadaire « Politis » du 11 avril 2019

Ian-Brossat-Il-faut-se-battre-pour-l-encadrement-des-loyers-a-ParisIan Brossat : « L’Europe, soit elle change, soit elle crève »

Traités européens, services publics, lutte contre le capitalisme, souverainisme… La tête de liste du PCF aux élections européennes, Ian Brossat, détaille le programme de son parti.

Désigné le 3 juin 2018 pour porter la liste du Parti communiste français, l’adjoint à la mairie de Paris sait que l’élection est loin d’être gagnée. Sa liste étant créditée, au mieux, de 3 % des intentions de vote, il lui reste six semaines pour remonter la pente et atteindre les 5 % nécessaires pour obtenir des élus.

Ni fédéraliste ni souverainiste, le PCF plaide pour une « union de nations et de peuples souverains » en Europe. C’est-à-dire ?

Ian Brossat : De plus en plus de peuples sont exaspérés par le cours actuel de l’Union européenne, qui, depuis des années, leur impose un modèle économique libéral. En France, elle remet même en cause un certain nombre d’éléments acquis depuis des décennies. Je prendrai un exemple concret : notre pays avait mis en place des services publics, adossés à des entreprises publiques dotées d’un monopole dans un certain nombre de secteurs (énergie, transports, télécoms). L’Union européenne, à coups de directives de libéralisation, nous a contraints à sacrifier tout cela. Les logiques d’intérêt général ont été terrassées par des logiques de business. Le seul moyen de sauver l’Europe, c’est qu’elle permette à des modèles économiques différents de cohabiter, qu’elle ne puisse pas entraîner un peuple, un État, vers un chemin qu’il n’a pas choisi. Nous plaidons pour la création d’une « clause de non-régression sociale », une sorte de veto social : lorsqu’un État est confronté à une disposition qui ne correspond pas à sa tradition, à ses valeurs, il peut faire valoir le droit de ne pas l’appliquer.

Comment cette clause fonctionnerait-elle ?

Prenons l’exemple du quatrième paquet ferroviaire, qui nous impose la mise en concurrence du transport de voyageurs. On a bien vu que, dans le domaine du fret, ça a été catastrophique : la mise en concurrence a conduit à diviser par 2,5 le fret ferroviaire en France. Il en sera de même pour le transport de voyageurs. Nous, Français, pourrions dire que nous ne souhaitons pas mettre en concurrence notre transport de voyageurs dans le domaine ferroviaire. Concernant l’énergie, les prix ont augmenté de plus de 70 % depuis la directive de libéralisation de 1996. Si l’UE n’accepte pas que cohabitent en son sein des modèles économiques différents, elle explosera.

Cette clause ne constituerait-elle pas une entrave au principe de concurrence libre et non faussée ?

Non, puisqu’avec ce système nous ne privons personne de rien ! Mais cela suppose que nos entreprises publiques se concentrent sur leurs missions en France, que la SNCF, plutôt que d’aller investir dans tous les pays du monde, assume son cœur de mission. Ces services publics, hérités de 1945, fonctionnaient relativement bien, à la satisfaction des usagers – à l’époque on ne disait pas « clients ». Il faut avoir une drôle de conception du monde pour vouloir casser un système qui apportait une certaine satisfaction. C’est pourtant ce qu’on a fait ! Aujourd’hui, l’Union veut imposer par la force et partout son modèle économique, qui repose sur deux dogmes : l’austérité – la règle des 3 % – et la mise en concurrence de tout. On nous a présenté la construction européenne comme un moyen de se serrer les coudes, et on a aujourd’hui une Union dans laquelle on passe son temps à se tirer dans les pattes.

Faudra-t-il s’allier avec d’autres États pour permettre cet assouplissement des règles ?

Il faut accepter l’idée d’une Europe à géométrie choisie. Évidemment, je suis favorable à une harmonisation fiscale, à ce qu’il n’y ait plus, au sein de l’UE, de taux d’imposition sur les sociétés inférieurs à 25 %. Simplement, si on attend d’être 27 pour la mettre en place, on ne le fera jamais. Ceux qui disent « il faut être 27 » sont ceux qui, en fait, ne veulent rien, et ils savent pertinemment qu’on n’y arrivera pas. C’est pareil pour l’harmonisation sociale : on n’arrivera pas du jour au lendemain à un Smic identique dans l’ensemble des pays.

Y aura-t-il des lignes rouges à cette désobéissance ?

Tout est modulable dans le domaine économique et social. Sur la question des réfugiés, c’est différent. C’est peut-être impopulaire en France mais, si on ne fait rien, nous aurons honte. L’UE doit être unie sur l’accueil des réfugiés, et des sanctions doivent être appliquées aux pays qui s’y refusent, telles la Hongrie et la Pologne. La Pologne touche 12 milliards d’euros par an de l’Union européenne. Elle ne peut pas toucher l’argent d’une part et laisser les pays du Sud gérer seuls la question des réfugiés d’autre part. La solidarité, ça marche dans les deux sens.

Vous plaidez donc pour un retour en grâce des services publics, mais en proposez aussi un nouveau, dévolu à la rénovation énergétique et financé par la Banque centrale européenne.

En France, il y a chaque année 50 000 personnes qui meurent de la pollution ; en Europe, c’est 600 000 ! C’est un crime, mais un crime sans coupable. Dans l’Union européenne, quand on parle des pollueurs, on parle du salarié qui utilise son diesel pour aller au travail, mais pas des grands groupes, des grosses multinationales, ni des ménages les plus fortunés, qui polluent 40 % de plus que les plus pauvres. Et c’est aux plus pauvres qu’on explique qu’ils doivent changer de mode de vie !

Nous, communistes, proposons une fiscalité complètement revue qui favoriserait les modes de transport non polluants et pénaliserait lourdement les autres. Il n’est pas normal que le taux de TVA sur le train soit le même que sur l’avion. Et nous sommes favorables à un vaste plan d’investissement en faveur du ferroviaire et de la rénovation énergétique des bâtiments, financé par la BCE. Celle-ci, en dix ans, a versé 3 000 milliards d’euros aux banques privées en leur accordant des prêts avec un taux d’intérêt quasiment nul. C’est honteux !

Faut-il désobéir aux traités ?

Il faut s’affranchir de tous les traités qui renvoient à la politique économique européenne – pas ceux qui consacrent les droits de l’homme. Même Emmanuel Macron a fini par s’affranchir des 3 % à la suite du mouvement des gilets jaunes. Et ce n’est pas la première fois que ça arrive. Ni Sarkozy, ni Hollande, ni Macron n’ont véritablement joué le bras de fer avec l’Union européenne pour imposer d’autres logiques. François Hollande, qui avait promis de renégocier les traités budgétaires, s’est écrasé au bout de dix jours devant Angela Merkel. Si la France s’affranchissait des traités, je suis persuadé que personne n’irait la soumettre à quelque sanction économique que ce soit – nous sommes quand même la deuxième puissance économique de l’UE…

Il faut donc s’affranchir des traités, mais, ensuite, il faut mener un combat politique pour de nouveaux traités. D’abord, fixer le principe qu’aucun peuple ne doit être entraîné vers un chemin qu’il n’a pas choisi et permettre que des modèles économiques différents cohabitent – c’est mon mécanisme de veto social ; ensuite, fixer pour l’ensemble des pays des politiques sociales qui nous tirent vers le haut.

N’est-ce pas comparable à la stratégie « plan A-plan B » défendue par La France insoumise ?

Je ne suis pas favorable à une sortie de l’Union européenne. Les liens, les échanges entre pays de l’UE sont tellement forts qu’on n’en sort pas sans dégâts. L’expérience britannique le montre : les promesses des partisans du Brexit se heurtent aujourd’hui à la réalité. Quand on pense à la débauche de démagogie qu’on avait entendue à l’époque… Sortir de l’UE pose plus de problèmes que ça n’en règle. D’autant que l’expérience prouve que, quand on sort de l’UE, on ne sort pas du capitalisme. Mais le Brexit est un signal d’alarme : soit l’Europe change, soit l’Europe crève. Au-delà même du Royaume-Uni, les nationalismes montent partout : en Europe de l’Est d’abord, mais dans les pays fondateurs aussi.

L’abstention risque d’atteindre des sommets le 26 mai. Comment remobiliser les citoyens ?

Ça n’est pas évident. La parole des Français, comme celle des Européens, a été foulée aux pieds à de très nombreuses reprises. L’expérience de 2005 – et du « non » français au référendum européen – l’a prouvé. Les libéraux s’accommodent très bien d’une abstention élevée. Lorsque surviennent les élections européennes, les partisans de l’UE actuelle votent massivement, et ceux qui n’y sont pas favorables considèrent que ça n’est pas leur élection et restent chez eux. Le résultat, c’est que la grande majorité des eurodéputés défendent les orientations actuelles de l’UE.

Cependant, par endroits, les mobilisations sociales ont eu raison du dogme libéral de la Commission. Il en va ainsi de la directive sur les travailleurs de la route. La Commission avait élaboré, il y a un an, une directive très néfaste pour les conditions de travail des routiers. Il y a eu une mobilisation très forte des organisations syndicales et des euro-députés de notre groupe, la Gauche unitaire européenne (GUE). En dépit de ce rapport de force qui ne nous était pas favorable au départ, nous avons obtenu à deux reprises que la directive soit repoussée par le Parlement européen. Et, en fin de compte, le principe « à travail égal, salaire égal » a été retenu dans la directive adoptée au Parlement européen le 4 avril.

Comment s’extraire du duel imposé entre libéraux et extrême droite ?

Il est dans l’intérêt d’Emmanuel Macron de résumer le débat européen à un affrontement entre libéraux et « fachos ». « Les libéraux ou le chaos », prévient-il, et il se présente en sauveur. L’annonce de la candidature de Nathalie Loiseau à la tête de liste au moment où elle est assise en face de Marine Le Pen est très révélatrice de leur stratégie. Tout cela est à la fois périlleux et mensonger. Périlleux, parce que c’est une machine à fabriquer des « fachos » : les libéraux jettent dans les bras de l’extrême droite tous ceux qui ne sont pas d’accord avec le libéralisme, avec la loi de l’argent.

Par ailleurs, cette opposition est factice. Sur la question des réfugiés, Macron est-il le rempart à l’extrême droite ? Qui a refusé d’accueillir les rescapés de l’Aquarius, d’accorder à ce bateau un pavillon français ? Qui mène actuellement une politique de chasse aux migrants particulièrement féroce ? Il n’est pas vrai non plus que l’extrême droite est antilibérale ou porteuse d’un progrès social quelconque : elle n’est favorable ni à l’augmentation du Smic ni au rétablissement de l’impôt sur la fortune. Au Parlement européen, le groupe de Marine Le Pen a voté pour la directive sur le secret des affaires, qui protège les multinationales contre les investigations des journalistes.

Marteler que le gouvernement est libéral et que l’extrême droite n’est pas sociale suffira-t-il à requinquer la gauche ?

Non. Il faut dire les choses franchement : une élection européenne ne suffira pas. La gauche ne s’est pas remise de la défaite de 2017. Et l’Europe n’est pas le sujet le plus facile pour lui permettre de se rassembler, parce que c’est un sujet qui nous divise depuis très longtemps. Le défi principal de la gauche, c’est de s’adresser à nouveau à ceux qui souffrent le plus des politiques libérales : les catégories populaires. Nous ne pouvons pas les laisser à l’extrême droite.

Dans quel groupe siégerez-vous si vous êtes élu ?

Le nôtre ! J’insiste sur ce point. Il n’y en aura pas d’autres. Et si certains pensent qu’on vit mieux divisés qu’unis, c’est leur problème. Dans notre cas, il y a un groupe qui s’appelle la GUE (1). C’est un très bel outil qui nous permet de porter des combats communs, le seul groupe qui s’est opposé à l’ensemble des traités européens, qui est aux avant-postes pour refuser les politiques d’austérité. Il faut donc le préserver comme la prunelle de nos yeux.

(1) Sur les 52 membres du groupe Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, cinq sont français, dont deux membres du PCF. C’est aussi le groupe de Die Linke (Allemagne), Podemos (Espagne), Syriza (Grèce), Sinn Féin (Irlande), etc. Le Parlement européen compte 750 députés.

IB 2017

En septembre 2017, Ian Brossat était notre invité à la fête de l’Huma, pour un échange autour de son livre « L’espion et l’enfant ».

Notre Dame ravagée

Notre DameNotre Dame 2

L’incendie de Notre-Dame maîtrisé, les dégâts restent difficiles à évaluer

Les pompiers sont parvenus dans la nuit de lundi à mardi contrôler le sinistre qui a ravagé la toiture et la charpente de la cathédrale. Mais il est trop tôt pour savoir si la structure de l’édifice a été fragilisée. Les dons pour la reconstruction commencent à affluer. Un article de l’Humanité ci-dessous.

Les passagers de la cathédrale

Valère Staraselski

Qui dira, davantage que l’immense tristesse, que la fragilité et la limite des mots officiels, l’effroi, la sidération, le désarroi total, la douleur profonde, la colère aussi comme une défense, devant cette inconcevable réalité : Notre-Dame de Paris prisonnière de la fureur des flammes ! 

Notre-Dame de Paris livrée au brasier, suppliciée. Notre-Dame, telle une martyre figée au milieu des flammes, comme ligotée, muette d’épouvante, incapable de se défendre, de se défaire, d’échapper à cette absolue, injustifiable et indéfendable injustice ! A cette cruauté. Pourquoi elle ? Pourquoi précisément elle, vieille dame qui veille sur la capitale et le pays depuis huit siècles ? Pourquoi elle sans qui Paris n’est plus Paris ? Pourquoi elle sans qui notre pays, si malmené en ces temps-ci, se réveille un peu abasourdi, orphelin ? Pourquoi elle qu’un écrivain magique a, par la grâce d’un roman de papier, rendu au peuple en inscrivant durablement cet édifice de pierre, Notre-Dame de Paris, dans l’imaginaire d’une nation jusqu’à faire de cette église la maison de tous les Français ? Les noms propres de Quasimodo comme celui de Gavroche des Misérables n’appartiennent-ils pas depuis longtemps au langage courant ? De noms propres ne sont-ils pas devenus noms communs, communs à tous, pour tous ? Pourquoi ce symbole de notre histoire auquel nous tenons tant ? Oui, la peine et l’affliction sont grandes. Cette dame sur un quai de la Seine qui réclamait l’intervention des Canadairs en s’écriant: « C’est plus qu’un bâtiment qui brûle, c’est notre histoire ! » Quoi de plus à la fois personnel et collectif que l’Histoire, ce présent de tous s’installant dans la mémoire donc dans la durée, donc dans le tissu de l’existence d’un peuple.

 La vue de la flèche de cet édifice sacré et consacré, national et universel, reliant la Terre au Ciel, les hommes à leurs rêves, se cassant et puis s’effondrant sur elle-même, a brisé le cœur des plus endurcis. Notre-Dame de Paris ! A prononcer ces mots, un sentiment infini de considération, d’estime et d’affection envahit celle ou celui qui parle, tout comme celles et ceux qui écoutent. Car l’intense émotion qui frappe les catholiques s’étend non seulement aux autres croyants mais plus bien largement à celles et ceux en qui les valeurs humanistes sont ancrées et pour qui tout être, croyant ou non, est d’abord sa soeur, son frère. Car la religion pour être parfois, selon Marx, « l’opium du peuple» est d’abord, selon le même, « le soupir de l’âme oppriméel’âme d’un monde sans cœur. »

D’aucuns voient déjà, dans ce malheur, un signe des temps, de l’incurie de notre temps. Peut-être. Pour nous, retenons en ce début de Semaine sainte que les moments les plus forts de ce récit chrétien nous conte la Passion, c’est-à-dire la souffrance endurée dans la dignité pour aboutir à l’idée de Résurrection, c’est-à-dire de renaissance, de renouveau. C’est du reste sa force.

Sans doute que dans ces instants durant lesquels a eu lieu ce qu’il faut bien nommer un partage fraternel, une communion, devant le terrible incendie qui a ravagé Notre-Dame, communion qui perdure, pouvons-nous constater, dans notre société atomisée par la recherche mortifère de l’avoir, le besoin irrépressible et redoublé d’être ensemble autrement. Il nous est possible également de nous souvenir de ces paroles du chef des catholiques, le pape François qui, pour qualifier « le désir sans retenue de l’argent qui commande » employait l’expression de « fumier du diable ».

L’émoi provoqué par ce qu’un quotidien national nommait Notre- Drame tandis que le New York Times consacrait dès hier soir un long article à cette tragédie, l’émotion populaire, sont indéniables. En dépit de la dimension médiatique, ce saisissement n’est pas superficiel, il témoigne que, dans notre diversité même, le patrimoine nous constitue.

Ainsi, qu’on le veuille ou non, qu’on le sache ou pas, ce mardi 16 avril 2019, nous rappelle que nous avons été, que nous serons un jour ou l’autre, que sommes tous, en quelque sorte, des passagers de la cathédrale.

Sept pages spéciales Notre-Dame dans l’Humanité mercredi

Demain mercredi dans l’Humanité lire l’événement par Maurice Ulrich, au cœur en feu de Paris, notre reportage auprès du peuple de Paris bouleversé, notre entretien avec l’historienne Simone Roux, le récit de l’intervention exceptionnelle des pompiers, nos articles sur l’enquête en cours, la reconstruction et son financement. Un numéro spécial de l’Humanité chez les marchands de journaux mercredi matin.

Ian Brossat : le communiste qui voulait être utile

Article paru dans l’hebdomadaire « Politis » du 11 avril 2019

Le Parisien Ian Brossat est doué pour les médias, où son style modernise l’image du PCF. S’il est apprécié des socialistes, il est en revanche honni par les insoumis…

Ian BrossatTu le connaissais, toi, le candidat des communistes ? » Au lendemain du débat sur France 2, qui a vu le 4 avril s’opposer pas moins de 12 candidats aux européennes, la tête de liste du PCF a fait sensation. « Si ne pas avoir accueilli l’Aquarius, c’est un modèle de fierté pour vous, nous ne devons pas avoir les mêmes valeurs », a-t-il lâché à la candidate macroniste, Nathalie Loiseau.

Si beaucoup de Français l’ont découvert ce soir-là, Ian Brossat, 38 ans, n’en est pas à son coup d’essai. Et à Paris comme dans l’appareil du parti, il n’est pas un inconnu. Élu de la capitale depuis 2008, ce fils d’une sociologue et d’un professeur de philosophie l’assume : il est résolument parisien. Il a grandi entre les XIXe et XIVe arrondissements et a fait ses classes au prestigieux lycée Henri-IV – aux côtés d’un autre candidat, celui du PS et de Place publique, Raphaël Glucksmann. « Nous n’étions pas proches », précise-t-il cependant.

Alors que ses parents militent tous deux à la Ligue communiste révolutionnaire, Ian Brossat fait un autre choix. « En entrant au Parti communiste, j’ai fait un petit pas à droite de leur point de vue. Je partage les mêmes valeurs et la même révolte qu’eux, mais, à leur différence, j’assumais le fait d’être dans les institutions, car j’avais envie d’être utile », confiait-il au Journal du Grand Paris en 2015. Cette envie d’être « dans les institutions » le poussera, une fois agrégé de lettres modernes, à siéger au Conseil de Paris, en plus de ses trajets pour Sarcelles (Seine-Saint-Denis), où il enseigne le français et la littérature à des lycéens.

Aujourd’hui retiré de l’Éducation nationale, il a été nommé en 2014 par la maire de Paris au poste stratégique d’adjoint chargé du logement, de l’habitat durable et de l’hébergement d’urgence, où il a fait de la lutte contre Airbnb son cheval de bataille. « Il a senti très tôt que cette économie du partage, salutaire un temps, devenait néfaste pour la ville, confie un proche de la maire de Paris. Il a en quelque sorte été un lanceur d’alerte. » Doué pour les émissions de radio, les plateaux de télévision et les réseaux sociaux, Ian Brossat sait y exprimer ses colères et mettre en lumière ses combats, et ne s’en prive pas. « Il sait dire simplement les choses compliquées sans éluder la complexité », vante Fabien Guillaud-Bataille, chef de la fédération PCF du Val-de-Marne. Nouvelle génération, nouveau genre, même militants… chez qui il suscite l’engouement. « Il est énergique, combatif et fait preuve d’une grande cohérence politique », renchérit Olivier Dartigolles, porte-parole du parti, qui confie : « Nous avons des retours très positifs. »

De son passage à l’émission de France 2, Ian Brossat n’a pourtant pas récolté que des éloges. Alors qu’il dénonçait l’impact des trajets en avion sur l’environnement et la trop faible taxation sur le kérosène, des photos postées sur son compte Instagram le montrait en vacances à Cuba, à New York… Paradoxe que des internautes n’ont pas manqué de relever – dans le jargon, on appelle ça un « bad buzz ». « Cette polémique, c’est la rançon de la gloire », sourit Olivier Dartigolles.

Mais d’autres polémiques guettent, et le fait d’être l’adjoint de la maire socialiste-mais-pas-si-de-gauche-que-ça Anne Hidalgo vaut à Ian Brossat des procès plus politiques. Attentiste ? Carriériste ? « Partout où l’on peut se rendre utiles et améliorer la vie des citoyens, on le fait », défend Fabien Guillaud-Bataille. Homme d’appareil, Ian Brossat a su faire plus que se rendre utile – « Il n’est pas dogmatique, pas sectaire, il travaille très bien », vante-t-on dans l’entourage d’Anne Hidalgo. Apprécié… mais pas de tous. Pourtant pas si éloignée des communistes sur le plan des idées politiques, l’élue insoumise de Paris Danielle Simonnet ne retient pas ses coups. « J’ai du mal à croire que quelqu’un qui a voté la contractualisation [droit de regard de l’État sur les finances des collectivités locales] de la ville de Paris puisse s’opposer à l’austérité européenne et à la règle d’or », explique-t-elle. Face à la Commission européenne, il faudra bien montrer les muscles. En cas d’échec ? Il restera toujours Paris…

ADP : aux Français de décider !

adp 2Patrick Kanner :

« C’est aux Français de décider du sort d’ADP »

Entretien avec Patrick Kanner, président du Groupe socialiste et républicain au Sénat, paru dans l’Humanité du 11 avril 2019

Des parlementaires hostiles à la privatisation d’ADP se sont pour la toute première fois entendus en nombre suffisant pour réclamer l’organisation d’un référendum.

Les 248 parlementaires de gauche comme de droite ont signé une proposition de loi visant à organiser un référendum contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP). Comment ce front s’est-il construit ?

Patrick Kanner Cette démarche est historique. Ce n’était jamais arrivé dans l’histoire de la Ve République, à la suite de la révision constitutionnelle de 2008, que plus de 185 parlementaires s’entendent pour lancer un référendum d’initiative partagée (RIP). Le texte a été déposé mercredi au bureau de l’Assemblée nationale, après un travail collectif. L’idée est née dès le rejet de la privatisation d’ADP par le Sénat, et a été confortée par le débat à l’Assemblée. Quand nous avons vu qu’il y avait une unanimité dans l’opposition, de gauche comme de droite, pour s’opposer à ce projet, nous nous sommes mis à la recherche d’outils pour contrer la volonté du gouvernement. Avec Valérie Rabault, présidente du groupe PS à l’Assemblée, nous avons associé en premier lieu les deux groupes communistes du Sénat et de l’Assemblée, très hostiles à cette privatisation. Puis nous avons élargi le front grâce à des parlementaires LR, FI, LT, RDSE, UDI, UC et non-inscrits. Tous ensemble, nous avons su dépasser nos différences en considérant que l’intérêt national est en jeu. On retrouve ici, non pas l’esprit du CNR, ce serait peut-être un peu osé de ma part, mais en tout cas une haute conscience du rôle du politique.

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Quelles sont les étapes pour que ce référendum puisse être organisé ?

Patrick Kanner Il fallait d’abord réunir les signatures et déposer le texte le plus vite possible, car on ne peut pas lancer une procédure de RIP sur un texte promulgué depuis moins d’un an. Là, nous sommes dans les clous : la loi Pacte, qui contient la mesure de privatisation d’ADP, n’a pas encore été définitivement votée et encore moins promulguée. Le Conseil constitutionnel va maintenant devoir vérifier la conformité de notre proposition. Son travail sera totalement analysé, car c’est la toute première fois qu’il aura à se prononcer sur un RIP. Puis nous aurons neuf mois pour réunir la signature d’au moins 10 % du corps électoral, soit 4,7 millions de personnes, pour que le référendum soit enfin organisé. Nous sommes très clairement sur une course d’obstacles. Toute une année de bagarre nous attend. Si le Conseil constitutionnel nous y autorise, nous mènerons une campagne intense, avec l’ensemble des citoyens et de tous les élus locaux franciliens opposés à cette privatisation, pour obtenir l’organisation de ce scrutin.

Quelle question voulez-vous poser par référendum ?

Patrick Kanner Nous voulons donner au peuple français la possibilité d’affirmer ou non le caractère de service public national d’ADP, ce qui aura pour conséquence de rendre impossible sa privatisation. Pour nous, il va sans dire que les aéroports de Roissy, du Bourget et de Roissy sont d’intérêt national et qu’ils ne peuvent pas être bradés au privé. Nous estimons de plus qu’il serait complètement invraisemblable de le faire au sortir du grand débat national, sans consulter les Français, alors même qu’ils réclament sans cesse d’être davantage associés aux décisions politiques. C’est à eux de choisir. On ne peut pas recommencer une erreur aussi manifeste que celle de la privatisation des autoroutes sans avoir un échange construit avec les citoyens.

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Cette initiative parlementaire a-t-elle été rendue plus simple par le fait que les arguments utilisés font consensus ?

Patrick Kanner Absolument. Certains nous disent qu’il est scandaleux de signer avec la droite. Mais quand la défense de l’intérêt national est partagée et que nous avons la même analyse du problème, à un moment donné, il me semble normal d’avancer ensemble. Nous sommes tous d’accord pour dire que la privatisation d’ADP est une erreur en termes de souveraineté nationale, d’environnement et d’aménagement du territoire. Ce serait en plus une mauvaise opération économique, car ADP rapporte chaque année des dividendes à l’État. Le gouvernement dit vouloir dégager 250 millions d’euros par an avec cette vente, mais dire que c’est uniquement possible en vendant ADP est une plaisanterie alors que notre budget est de 330 milliards d’euros. En vérité, l’exécutif privatise pour combler les trous à la suite de mauvais choix  budgétaires. Il faut l’empêcher de vendre ce qui est à la fois l’entrée de la France et une poule aux œufs d’or. Et il faut en finir avec ce dogme de toujours moins d’État et moins de services publics en imaginant que le privé ferait forcément mieux. Il y a des limites à ne pas franchir : on ne doit pas toucher au patrimoine national et à ce qui relève d’un monopole aussi important.

Entretien réalisé par Aurélien Soucheyre

Débats houleux au Conseil (5)

Le Maire répond en fin de séance aux questions orales que nous avons transmises. Des réponses très succinctes (en 5 minutes chrono), et qui ne sont pas suivies de débat.   

Mise en accessibilité des arrêts de bus

Pouvez-vous nous indiquer combien d’arrêts de bus sont encore à mettre en conformité en ville ?

Réponse du maire : sur les 38 arrêts, il en reste 15 à mettre à réaménager, opération qui se déroulera en 2020/2021, conjointement avec la CAPV.

Projet efficacité énergétique du bâti communal

Une convention avait été votée lors du Conseil municipal du 28 septembre 2017 avec l’Arene Ile de France (Agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies). Pouvez-vous nous indiquer les conclusions du diagnostic effectué et les actions entreprises ou à entreprendre  (rénovation du patrimoine, optimisation des consommations…) ?

Réponse du maire : ce point sera présenté lors de la prochaine commission de développement durable.

Échéance prêt USD/CHF

Comme chaque année, la date du 1er avril est retenue pour arrêter la parité USD/CHF et déterminer le taux d’intérêt auquel est facturé un des emprunts toxiques auquel a eu recours la ville en 2007. En 2019, quelle est la parité et quel est taux du dit prêt « USD/CHF » ? Y a-t-il un surcoût et de combien ? Quelle est la prise en charge du fond de soutien ?

Réponse du maire : pas de surcoût cette année, et donc pas de prise en charge par le fond de soutien, puisqu’au 1er avril 2019, le taux n’était pas dégradé.  

Festival 2020 

L’équipe culturelle ne travaille pas encore sur le thème 2020, non encore fixé. Pourquoi pas un festival 2020 autour des pays de langue allemande ? Enjeu : promouvoir la langue allemande auprès des Gratiennois, et notamment des plus jeunes en vue de maintenir un flux d’élèves dans les écoles élémentaires de la ville demandant à apprendre l’allemand. Faute d’un flux suffisant, il y a risque que tout l’édifice s’effondre y compris la classe « bi-langue » au collège et «l’abibac » au lycée. Pour la ville l’enjeu n’est pas nul concernant l’attractivité des établissements scolaires qui sont sur son territoire.

Dans le même esprit, ne pourrions-nous pas envisager un jumelage avec une ville allemande à l’image de Soisy, d’Enghien, etc. ? A titre d’information des jeunes Gratiennois ont été reçus à l’ambassade de France à Berlin en présence des deux présidents allemand et français dans le cadre de  « Youth for Peace – 100 ans après la Première Guerre mondiale, 100 idées pour la paix ». Par les contacts noués ici,  il existe une possibilité d’alliance culturelle, qu’un Festival 2020 sur le thème de la langue allemande pourrait amorcer.

Réponse du maire : le festival n’a pas le pouvoir de rendre attractif l’enseignement de l’allemand. « Si vous êtes majoritaire en 2020, vous pourrez proposer ce thème », propose-t-il à l’opposition.

Rampe d’accès handicapés sur les quais de la gare RER

La rampe d’accès pour personnes handicapées sur les quais de la gare RER est-elle en fonctionnement ? Notre groupe, suite à une information comme quoi la rampe n’était pas opérationnelle,  a saisi la SNCF par courrier mais n’a jamais eu de retour. La ville dispose- t-elle de plus d’informations ?

Réponse du maire : « vous me relancez une nouvelle fois sur cette rampe », mais la SNCF ne répond pas plus à la ville qui l’a interrogée, qu’aux élus de l’opposition, qui ont fait la même démarche.  

Documents de la médiathèque mis au rebut

Les documents de la médiathèque (journaux et revues) sont mis au rebut lorsqu’ils sont retirés des présentoirs. Pourquoi ne pas les distribuer dans les structures de type EPAHD en ville, comme le suggère une habitante et ainsi permettre aux personnes qui ne peuvent parfois pas se déplacer, de pouvoir bénéficier des documents de la médiathèque ?

Réponse du maire : les magazines sont trop abîmés ou trop datés pour être intéressants lorsque la médiathèque s’en débarrasse. Il existe des partenariats autour du livre avec l’EPADH « les jardins d’Iroise » depuis 3 ans.

Terrain municipal quartier des Marais

La ville possède un terrain à proximité de l’école maternelle des Marais. Y a-t-elle un projet d’aménagement ou de vente ? 

Réponse du maire : pas de projet immobilier sur ce terrain qui est aujourd’hui une prairie naturelle.

Ouverture d’une librairie au Forum

Après avoir espéré en découvrant quelques travaux dans le local de l’ancienne maison de la Presse au Forum, nous ne voyons plus rien venir… Des informations à ce sujet ?

Réponse du maire : pas de date connue

Local commercial au Forum

Des travaux sont en cours dans le local de l’ex-fromager dans le Forum, à côté de la nouvelle salle de sport. La ville peut-elle nous donner plus d’information ?

Réponse du maire : c’est une boutique spécialisée dans le tennis de table.

Travaux du lycée Gustave Monod

Le début des travaux du lycée sont annoncés pour juillet 2019, et dès début juin pour les travaux d’accès pour les camions du chantier par l’avenue de Ceinture (casse des rebords des terre-pleins ; rehaussement de chaussée ; ouverture côté jardin, etc.)

Cet aspect du chantier sera confié à la ville de St Gratien (information qui nous a été communiquée par le lycée le 19/02).

Quid de la contestation des travaux par les riverains ? Il y a eu un référé préventif, qui a été rappelé en commission Travaux de la Voirie/Gestion des Espaces publics en février, qui n’est pas suspensif.

Est-il possible qu’un point complet soit fait sur le démarrage de ce chantier : date début des travaux ; durée ; impact concernant la circulation dans St Gratien ; modalités de circulation des camions ; protections du chantier ; mise en protection des élèves, etc. ?

Lors de la dernière commission « Travaux de voirie/gestion des espaces publics », lundi 1er avril, M. le maire a argué d’un début des travaux plutôt en juillet, selon lui. Or, le lycée a fait savoir dès décembre 2018 que les épreuves du bac ne se tiendront pas au mois de juin 2019 à G. Monod, mais seront délocalisées dans d’autres lycées, eu égard au début des dès début juin travaux pour préparer l’accès des camions du chantier sur l’avenue de Ceinture.

La ville dispose-t-elle de la même information ? Quelles sont les modalités d’échanges entre la ville, le lycée et la région concernant ce chantier, dont on parle régulièrement en CA du lycée depuis près de 2 ans, et dont les PV sont publics ?

Enfin, est-il prévu lors des toutes prochaines réunions de quartiers d’évoquer ce chantier qui impactera une partie de la ville pendant plusieurs années ? 

Réponse du maire : c’est à la Région Île-de-France d’assurer la communication sur ce chantier. Un planning devrait être présenté prochainement. La ville sera attentive sur les questions liées au bruit, à la sécurité, à la propreté du chantier.

Travaux avenue de Ceinture  

Des travaux d’extension du réseau des eaux usées avenue de Ceinture au niveau de la jetée Tabarly ont démarré le lundi 18 février, nécessitant la neutralisation de l’avenue de Ceinture et la mise en place de déviations, y compris dans St Gratien. Les riverains (côté lycée et donc côté St Gratien) se sont étonnés  de la très tardive information concernant la neutralisation de cette portion de l’avenue de Ceinture.

Un affichage public au sol n’a ainsi été mis en place que très tôt le lundi matin 18 février.

Pourquoi une information aussi tardive ? Quelle est la politique de la ville en matière de communication à l’occasion de ce type de chantier ?

Réponse du maire : ce sont des travaux de la ville d’Enghien, qui aurait dû communiquer. La déviation devrait être maintenue jusqu’à la fin de l’été, lors des travaux sur les berges du lac.

Prochain Conseil municipal le jeudi 6 juin 2019

Débats houleux au Conseil (4)

marché lettreDernier point à l’ordre du jour de cette séance : l’activité du marché municipal.

Rappel à l’ordre solennel du maire à notre encontre : nous avons enfreint la loi ! En effet, nous avons pris l’avis de personnes particulièrement concernées par le marché, à savoir quelques commerçants qui y travaillent. Grave péché. C’est interdit car les documents n’étaient que « préparatoires » et non votés par le Conseil. Sauf que c’est bien comme ça que nous les avons présentés. La loi nous interdirait donc de concerter qui que ce soit en amont de la séance du Conseil ? N’est-ce pas notre travail d’élus que d’être à la disposition des Gratiennois ?

CM 2019-3

Revenons au marché.

Le constat, on le fait tous : notre marché est en difficulté importante. Départ de sept commerçants l’an dernier, et des pertes conséquentes pour le concessionnaire. Il suffirait du départ de 2 ou 3 commerçants pour mettre en péril sa survie. Marché trop excentré du centre-ville, trop loin des commerces, au contraire des autres marchés avoisinants. Et plus l’offre se réduit, moins le marché est attractif.marché 2019

Est-ce que ce type de commerce est moins apprécié des gens, tous tentés par la vente sur Internet ? Non, au contraire, le besoin de commerces de proximité, de produits frais, parfois locaux, de convivialité, reste très fort. Au marché, on connaît les commerçants, on rencontre du monde… il s’y crée du lien social, c’est un des rares lieux d’échanges qui subsiste à Saint Gratien. C’est un élément important de l’attractivité de la ville, de nombreux clients extérieurs à Saint Gratien le fréquentent. Le marché serait trop cher ? Mais n’est-ce pas le prix à payer pour des produits de qualité, pour rémunérer correctement les producteurs ? Ce ne sont pas les prix du marché qui sont trop élevés, mais  bien les revenus des Gratiennois qui ne le sont pas assez ! Bien sûr qu’il y a un problème de pouvoir d’achat !

Si sa situation géographique excentrée est un handicap, le déplacement du marché est toutefois difficile à envisager. Lorsque nous ré-évoquons cette possibilité, tollé chez les élus de la majorité… Une des solutions à court terme reste de trouver des moyens pour y attirer du monde. N’oublions pas non plus que le marché, c’est aussi un nombre d’emplois non négligeable : 40 à 50 emplois directs en jeu.

marché travaux 11Des propositions pour le marché, nous en avons. Les faire connaître au Conseil est une autre histoire puisque le maire s’en agace et déclare que nous ne devons que donner acte sur le rapport du délégataire et non pas débattre de pistes éventuelles de redynamisation du marché… Nous ne pourrons donc pas terminer notre intervention.

Première remarque : il y a peu ou pas de publicité en ville pour le marché.

Pas de publicité pour la navette du mercredi (si, à l’entrée du marché.. à quoi ça sert ?). Il faut à notre avis, la populariser, l’étendre à tous les publics et pas seulement aux plus de 65 ans. Puisqu’elle circule, autant qu’elle soit remplie ! marché 2019-2

Proposition d’une page dans le « Mag » municipal par une interview de commerçants ou de clients ; calicots accrochés en ville (il y en a pour le sourire du commerçant…) ; pub lors d’initiatives commerciales, qui sont annoncées seulement à l’entrée du marché, donc pour les déjà-clients.

Encourager la participation aux initiatives commerciales générales, la quinzaine commerciale en avril par exemple.

Instaurer des animations ou événements au marché : des permanences en plein air des élus et du maire comme à Eaubonne ? Ou des animations par des associations telles que chorales, groupes musicaux, associations sportives ou culturelles… tout le monde y trouverait son compte. marché travaux 7

Inciter des commerçants sédentaires à tenir un étal au marché, comme le « Carré nature » qui l’a fait durant quelque temps et qui va y revenir.

Tenter de réanimer un café/buvette, endroit convivial dans le marché.

Prendre plus régulièrement l’avis des commerçants, qui par exemple, n’avaient pas été associés aux travaux de 2017.

Réserver le parking aux clients le mercredi et dimanche : il est souvent plein dès le petit matin  par des véhicules qui ont passé la nuit. Cela se pratique dans des communes voisines.

Implanter un vrai parc à vélos à l’intérieur de la halle. Brouhaha dans l’assemblée, qui ne doit pas aimer le vélo…

La ville reçoit 45 000€ par an du concessionnaire. À notre avis, elle peut bien en investir un peu pour renforcer l’attractivité du marché.

Le maire nous coupe alors la parole en indiquant que l’ordre du jour est épuisé.   

Nous voulions proposer d’installer une boîte à livres à l’intérieur du marché, inciter la visite de scolaires…

marché 2019-3Et soulever d’éventuels problèmes avec le concessionnaire, qui a fait récemment l’objet d’un article peu élogieux sur sa gestion dans « Le Parisien », et qui « oublie » de facturer eau et électricité aux commerçants de Saint Gratien depuis 18 mois ?  

Les échanges sur le marché se terminent dans le bruit et la confusion. Le maire peine décidément à assurer un minimum d’écoute et de « sérénité » dans le Conseil. 

 

 

Lire ici le rapport sur l’activité du marché qui a été présenté au Conseil Municipal

À suivre : les questions orales

 

Débats houleux au Conseil (3)

Le Conseil examine ensuite les modifications apportées au règlement des prestations périscolaires. Nous votons contre ce règlement car il comporte un article qui permet l’exclusion de la cantine des enfants dont les deux parents ne travaillent pas.

marianne mairie.bisC’était aussi l’occasion de faire le point sur cette question du non-accueil d’enfants au service de restauration scolaire. Le problème est résolu à Jean Jaurès avec l’accès à la nouvelle salle autrefois réservée au personnel et qui accueille non seulement les élèves de Jaurès mais aussi environ 50 enfants de Grusse Dagneaux pour désengorger le réfectoire très fréquenté de cette école. Il paraît en voie de résolution à Raymond Logeais avec des travaux cet été d’agrandissement du réfectoire ; mais il reste entier à Grusse Dagneaux. Le maire ne peut confirmer le nombre de familles aujourd’hui refusées, qui devrait être d’environ 60. Quelles perspectives pour les accueillir ? La restauration scolaire, ce n’est pas qu’un repas, mais aussi du lien social et de l’intégration… (brouhaha dans l’assemblée…) et la cantine, c’est un service public dont on ne peut restreindre l’accès. Quant à changer d’école, comme le suggère la ville aux parents qui souhaitent tout de même pouvoir mettre leurs enfants à la cantine, ce n’est pas anodin et d’ailleurs aucune famille n’a choisi cette « solution » ! Nous ferons très prochainement des propositions pour que tous les enfants soient accueillis dans les cantines de la ville.

Le Conseil examine ensuite les séjours longs organisés par le service jeunesse. Il y a en 2019  34 places contre 36 en 2018, donc peu de changement..

La ville dépense au total : 10 848€ (pour les courts séjours du service scolaire), 10 122€ (pour les courts séjours du service jeunesse)et 20 128 (pour les séjours longs du service jeunesse), soit au total 41 098€ pour l’ensemble des courts et longs séjours printemps et été 2019. Au total, ces séjours concerneront 67 + 60 + 34 = 161 enfants.  

Sur combien d’enfants potentiellement concernés entre 4 et 16 ans ? 3 000 ? Donc environ 6% des enfants de la ville bénéficieront de ces séjours. Un investissement très modeste de la ville donc. Nous jugeons peu satisfaisantes les modalités d’inscription sur une seule journée, avec priorité au premier arrivé. Le maire nous répond que « cela a toujours fonctionné comme ça« , ce qui est un argument imparable.

Question : comment se fait-il que les inscriptions se fassent le 6 avril, soit 2 jours seulement après le vote du Conseil ? Un flyer aurait-il déjà été distribué en ville pour information ? Le maire nous le confirme. La ville communique donc sans attendre le vote des élus, ce qui est cavalier, et peu conforme aux règles des collectivités locales, qui veulent qu’un document préparatoire ne soit pas diffusé avant son examen en commission et son adoption par le vote du Conseil. Ou comment la ville s’assoit sur les règles en même temps qu’elle reproche aux élus de l’opposition de ne pas s’y plier.  On y revient avec le sujet suivant : le marché municipal.

À suivre…