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Bienvenue sur le blog du Front de Gauche de Saint Gratien !

Vous trouverez ici des informations sur la vie locale de Saint Gratien, le travail des deux élus FDG au Conseil municipal, l’activité et les propositions de l’association du Front de Gauche gratiennois. Nous nous exprimons également sur les grands sujets de la vie politique nationale.

Ce site vous est ouvert et apprécie les débats et les échanges ! Vos commentaires sont toujours les bienvenus.

À Saint-Gratien, le Front de Gauche est constitué en association. Celle-ci regroupe des adhérents de différents partis, ainsi que des citoyens qui n’appartiennent à aucune organisation. Le comité local du Front de Gauche se réunit régulièrement à Saint-Gratien. Ses réunions sont ouvertes à tous, sans condition. Si vous souhaitez être invité et participer à ces rencontres, contactez le FdG à cette adresse : fdg.stgratien@laposte.net

Samedi à Paris !

Le matin, présentation en plein air, sur une place parisienne traversée par des cortèges de gilets jaunes, des 10 propositions du PCF après le grand débat national. Hausses des salaires et des retraites, plan de lutte contre la grande pauvreté, reconstruction des services publics, priorité donnée aux transports collectifs, rénovation énergétique d’un million de logements, suppression de la TVA sur les produits de première nécessité, progressivité accrue de l’impôt, rétablissement de l’ISF et suppression du CICE, pouvoirs pour les salariés dans l’entreprise, nouveau rôle du Parlement, référendum populaire, sortie du pacte budgétaire européen…. Devant une petite foule qui remplissait la place, ces mesures de justice sociale, économique et environnementale, ont été détaillées par divers intervenants :  Eva Ageorges, citoyenne gilet jaune de l’Essonne, sur le pouvoir d’achat, Nacim Bardi, salarié d’Ascoval sur les enjeux industriels, Eliane Assassi, Présidente du groupe CRCE au Sénat, sur la démocratie, André Chassaigne, Président du groupe GDR à l’Assemblée nationale (et sorti à 6 h du matin de l’Assemblée après le vote de la loi Pacte), sur la justice sociale et fiscale, Marianne Journiac, infirmière, syndicaliste des hôpitaux de Paris, sur la santé, Colette Chastagnol, retraitée, syndicaliste, sur les revendications des retraités, Annie Levi-Cyferman, avocate, responsable nationale du PCF sur les droits et libertés, Lola Reboul, lycéenne, sur l’enjeu climatique, Serge Lépine, Maire de Camplong-d’Aude, Meriem Derkaoui, Maire d’Aubervilliers à partir des cahiers de doléances. Certains se sont interrompus pour saluer le passage de cortèges de gilets jaunes. Fabien Roussel a clôturé la matinée et conduit la délégation qui a porté ces revendications au premier ministre dans l’après-midi. On a croisé dans l’assistance quelques visages connus…

L’après-midi, nous avons rejoint la « marche du siècle », entre Opéra et République. « Et un, et deux, et trois degrés…. c’est un crime contre l’humanité ! » Un cortège coloré et dynamique, animé par de très nombreux jeunes, porteurs de slogans « maison » plus imaginatifs les uns que les autres. À l’heure où on les croit trop souvent désintéressés de la chose publique, voici donc la démonstration du contraire.   

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Soirée citoyenne aux Raguenets

Modeste retour sur la session du « grand débat national » qui s’est déroulée ce lundi 11 mars 2019 à Saint Gratien, au centre culturel Camille Claudel du quartier des Raguenets.

J’ai déjà relaté ici notre forte implication dans la tenue de cette soirée. Dès janvier, les trois élus de notre groupe municipal « Saint Gratien solidaire et citoyen » avaient fait connaître au maire leur volonté d’organiser une réunion dans le cadre du grand débat. Il nous a fallu attendre fin février pour enfin apprendre que la ville s’engageait dans cette démarche et avait fait la demande d’un animateur indépendant pour animer les échanges.

GDN 15Hélas ! C’est surtout le bouche à oreilles qui a fonctionné en ville pour faire connaître cette initiative car force est de constater que la communication municipale a été fort insuffisante : une affichette confidentielle sur quelques panneaux d’information en ville, deux lignes cachées derrière un modeste onglet sur le site de la ville, pas d’annonce sur la page Facebook de Saint Gratien. Est-ce là une réticence à s’engager dans le débat ? Hésitation à entrer dans un dispositif trop audacieux et trop éloigné des traditionnels jeux de questions/réponses des réunions de quartier ? La même frilosité, pour ne pas dire plus, qu’en Conseil municipal où les débats sont rapidement évacués ? Volonté affirmée de ne pas contribuer à un processus initié par la majorité présidentielle ? Le fait est que si les quatre élus minoritaires du Conseil étaient tous présents, un seul,  sur les 31 élus de la majorité, a participé au débat… Une telle absence massive ne peut être que délibérée. Pour ma part, je le regrette : les occasions d’échanger ne sont pas si fréquentes dans  notre ville, pour ne pas dire inexistantes. Et les participants à la réunion des Raguenets sont sortis plutôt satisfaits de leur soirée. Sans nous faire trop d’illusions sur les retombées nationales du grand débat, les possibilités de rencontres entre citoyens ne sont jamais à négliger. Notre participation visait à écouter, plus qu’à avancer nos propositions, car nous ne confondons pas grand débat et réunion du Front de Gauche. Cela ne nous a pas empêché d’intervenir, comme tout citoyen présent ce soir-là. GDN 2 

Rapide présentation du maire et de la députée en tout début de séance, qui ont ensuite quitté la salle sans vraiment rien apporter de plus, pour laisser la place à l’animateur. Merci à lui pour sa présence bienveillante et son organisation matérielle de remontées des opinions. Les participants, environ 70 personnes, se sont répartis en six tables, traitant chacune des quatre thèmes nationaux. Des Gratiennois de tous les quartiers, et de toutes opinions, qui ont d’emblée remarqué et regretté  le peu de présence de jeunes dans l’assemblée. Après une heure de débats et d’échanges, chaque table a procédé à une synthèse de ses discussions. La contrainte horaire, car deux heures cela est bien peu pour une réunion de ce type, a limité l’éventail des thèmes traités. Impossible d’aborder les quatre sujets « officiels » du Grand débat de façon approfondie.

Je ne veux pas faire ici une synthèse qui serait réductrice. Voici en vrac quelques-uns des sujets abordés : disparition des surfaces agricoles et forestières, avec l’évocation du projet néfaste d’Europacity (téléscopage avec l’actualité : le PLU de Gonesse est ce mardi retoqué, ce qui retarde peut-être définitivement ce « grand projet néfaste »…) ; les transports alternatifs ; les nuisances sonores, notamment celles de Roissy ; la pollution lumineuse des enseignes commerciales et de l’éclairage public ; les déchetteries et leurs trop grandes contraintes ; la nécessité de construire et de rénover thermiquement et phoniquement  les logements ; celle de l’équité face au fisc ;  la taxation des « GAFA » ; des services publics déshumanisés (là encore, ce mardi, le Défenseur des droits Jacques Toubon dresse, dans son rapport d’activité 2018, un tableau sombre des services publics français, de plus en plus réduits, éloignés des citoyens, complexes et difficiles d’accès….) ;  la ré-indexation des retraites sur les salaires ; la chasse à l’évasion fiscale ; la démocratie de proximité plutôt que des décisions prises très loin du terrain…. ; l’attachement à l’échelon communal, proche des citoyens ; la nécessité de dispositifs permettant la participation active des citoyens entre deux élections, conseil municipal de jeunes ou budgets participatifs ; un rôle pour le député suppléant, vrai relais du titulaire ; une vraie égalité hommes/femmes ; une loi sur l’euthanasie ; un débat sur le vote obligatoire… bref une grande richesse, pour cette « soirée citoyenne » inédite. GDN 14

Le souhait d’un grand nombre de participants à la sortie : que ce genre de réunions soit possible à Saint Gratien, en dehors des périodes électorales… Un nouveau projet à porter, pour les élus minoritaires que nous sommes ? Des élus de proposition, et pas seulement « d’opposition »…

Un cadeau ? Non, des droits !

Journée internationale des droits des femmes

8 mars : journée internationale mettant en avant la lutte pour les droits des femmes, journée de lutte pour l’obtention de nouveaux droits sociaux. Elle est  issue de l’histoire des luttes féministes menées sur les continents européen et américain. C’est Clara Zetkin, figure historique du féminisme socialiste, qui lancera la première,  en 1910, l’idée de cette journée (le 19 mars !), revendiquant le droit de vote des femmes, le droit au travail et la fin des discriminations au travail. En 1977, les Nations-Unies officialisent la journée.

La journée du 8 mars est inscrite depuis 1982 en France comme celle des droits des femmes. Elle symbolise des décennies de luttes mais rappelle également que le chemin vers l’égalité hommes/femmes est encore long.

C’est une journée d’importance pour faire entendre la parole des filles et des femmes et porter nos revendications, toujours nombreuses, face à un système patriarcal qui perdure et se réinvente.8 mars 2019 2

Les écarts entre les sexes demeurent aujourd’hui considérables et dans bien des domaines. Certes, le 20è siècle a été marqué par de grandes avancées comme la contraception ou l’instauration de l’IVG. En avril 1945, pour la toute première fois, les Françaises exercent le droit de vote qu’elles viennent enfin d’acquérir, presqu’un siècle après les hommes. Les femmes investissent massivement le marché du travail. Mais l’équilibre des genres est encore bien loin d’avoir été atteint. Une situation contrastée, car si des progrès ont été accomplis, de nouvelles formes d’inégalités se sont développées : nature des emplois occupés, essentiel des tâches familiales encore dévolues aux femmes, écarts de salaires. Précarité, bas salaires, temps partiel subi, inégalités salariales, pressions de tous ordres et harcèlement, cela reste trop souvent le quotidien de nombreuses femmes. Un tiers des femmes vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le rapport de décembre 2018 de l’association Oxfam France pointe une différence de 25 % sur les salaires entre les hommes et les femmes (ce qui signifie qu’à partir de 15h40, chaque femme travaille gratuitement…), ou encore que 78 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes mais aussi que les hauts postes à responsabilités restent majoritairement pourvus par des hommes, pourtant moins souvent diplômés que les femmes. Les pensions des femmes retraitées sont de 40% inférieures à celles des hommes. En ce qui concerne les mandats électoraux, les femmes restent minoritaires dans la vie politique : 29 % au Sénat, 39 % à l’Assemblée Nationale, 16 % des maires de villes de plus de 100 000 habitants. Dans le domaine culturel, aucune femme ne dirige de théâtre national ni d’orchestre national. Le Panthéon ne compte que 4 femmes contre 72 hommes. Le mouvement #metoo a montré l’ampleur du harcèlement et des violences sexuelles dans tous les milieux sociaux et professionnels.

Un long chemin reste donc à parcourir dans de nombreux domaines. Le combat des femmes pour accéder au partage du pouvoir (et n’est-ce pas là l’essentiel ?) est loin d’être terminé.

Aujourd’hui en France, les crédits alloués aux inégalités femmes-hommes, pourtant « grande cause nationale » sont des plus faibles : en 2016, ils ne représentaient que 0,006% du budget de l’État et en 2017, pour cause d’économies budgétaires, ils seront réduits de 25%…

Quelques inégalités en chiffres :

9,8% : en 2018, seulement 9,8 % des pays du monde sont dirigés par des femmes (ONU Femmes).

1h30 : les femmes consacrent environ 1h30 de plus que les hommes, par jour, aux tâches domestiques (INSEE, 2010).

: une femme meurt tous les trois jours en France des violences de son compagnon ou ex-compagnon.

100% : 100 % des femmes sont harcelées dans les transports en France (Haut conseil à l’égalité hommes/femmes, 2015).8 mars 2019

Le 8 mars, des villes s’engagent pour faire progresser les droits des femmes : des projections, des débats, des informations d’accès au droit, des expositions, des ateliers,  des spectacles humoristiques, des animations et du théâtre. À Aubervilliers, les femmes sont invitées à participer à une grande photo collective, puis à prendre la parole au théâtre de la commune afin d’évoquer leur quotidien de femmes dans la ville. À Saint Denis, le collectif « Place aux femmes » investit de manière festive la place de l’Hôtel de Ville pour promouvoir une véritable égalité des sexes et un usage mixte de la ville en tous lieux et à toute heure. À Dieppe, c’est une expo de portraits de femmes dieppoises, puis une conférence d’Oxfam sur les inégalités salariales, un spectacle, un marché artisanal, un concert, une mise à l’eau de lanternes et un dîner. La ville de Stains saisit l’occasion pour mettre en lumière le rôle déterminant des femmes dans la société et les inégalités persistantes dans le monde du travail, avec partage d’expériences, et mise à l’honneur de figures féminines. On pourrait multiplier les exemples.

Et à Saint Gratien, me direz-vous ? Le maire remet aux femmes salariées et élues de la ville un cadeau confectionné par des femmes en difficulté. Cette année, il vient de Madagascar. Pourquoi pas en cette journée qui est aussi de solidarité internationale. Regrettons pourtant que chez nous le 8 mars reste si confidentiel : rien sur le site de la ville… aucune initiative publique…, et si peu combatif. Car ce n’est pas de cadeaux dont les femmes ont besoin. Ce sont des droits qu’elles réclament.  

Au mur des Fédérés, l’adieu à Roland

Hommage.

Au Père-Lachaise une cérémonie sobre et émouvante devant quelques centaines de personnes a évoqué la personnalité et l’action de l’ancien directeur de l’Humanité, disparu la semaine passée.

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L’étrange février qui vient de finir a hâté la venue du printemps. On entend des timides chants d’oiseaux dans les escaliers menant au mur des Fédérés, les fusillés de la Commune de Paris montée à « l’assaut du ciel », comme le disait Jacques Duclos, qui repose ici. Le Parti communiste, il y a longtemps, avait acheté un carré. Les noms de ceux qui y reposent furent des acteurs de ce siècle dont parlait Aragon, « Siècle martyr, siècle blessé, c’est de sang que sa bouche est peinte. » Roland Leroy en fut, entré dès l’âge de 15 ans dans la Résistance. La mort de l’ancien directeur de l’Humanité et dirigeant du PCF ne pouvait être une surprise. On l’avait découvert affaibli les dernières fois qu’on l’avait entrevu, quand bien même il avait ce même regard pétillant de malice et d’ironie avec son sourire en coin. Il y avait du dandysme et de l’élégance chez lui. Une belle photo est affichée derrière la petite estrade, à côté d’un drapeau tricolore et d’un drapeau rouge.

Sous les grands arbres encore nus, la voix de Jean Ferrat s’élève

Devant quelques centaines de personnes, après quelques mots de présentation de la sénatrice communiste Céline Brulin, c’est en saluant l’épouse de Roland Leroy et en reprenant un titre de Stefan Zweig qu’Ivan Levaï évoquait « le monde d’hier » « où nous faisions face au temps comme il vient et comme il change » : « Le communiste Roland Leroy sut, d’une guerre l’autre, faire face à toutes les crises, tous les temps difficiles. » Après avoir animé, des années durant, les joutes à la radio entre le directeur de l’Humanité et Jean d’Ormesson, il rappelait avec humour les éditoriaux du journal ferraillant « avec la presse bourgeoise et qui l’est encore ». Avec Roland Leroy, « l’Humanité était humaine, engagée, élégante. »

Dans le silence qui suit, sous les grands arbres encore nus, s’élève la voix de Jean Ferrat avec les vers d’Aragon : « Un jour viendra couleur d’orange, un jour d’épaule nue et de palme ». Les mots que toutes et tous connaissent se remettent à vivre. Lucien Marest, qui fut proche de Roland Leroy dans ses rapports avec les artistes et intellectuels, évoque tout ce qu’il entreprit, s’appuyant sur ses liens étroits avec Aragon et tant d’autres intellectuels et artistes des décennies 1960 et 1970, pour dégager la pensée communiste de l’étroitesse du réalisme socialiste, penser la création, la philosophie en liberté. « Il a contribué grandement à l’élaboration d’une nouvelle politique culturelle de la France. »

À sa suite, Patrick Apel-Muller, le directeur de la rédaction de l’Humanité, se souvient : « À l’Humanité, il était “Roland”, et le prénom disait tout, l’admiration pour son brio, pour sa rigueur, pour son invraisemblable capacité de travail, la reconnaissance parfois agacée de son habileté à vous conduire là où il voulait. Son charme, auquel chacun, même prévenu, avait succombé, alimentait une légende. Une critique de sa part était redoutée : précise, pointue, argumentée. Il aurait fait sienne la proclamation de Guillaume Apollinaire : “Nous avons des droits sur les paroles qui forment et défont l’Univers”. » Patrick Apel-Muller évoquait ensuite les acquis de la direction de Roland Leroy. « En un temps où des financiers prennent la direction des journaux, il faut souligner que Roland fut un véritable homme de presse (…). Roland a su également faire profiter l’Humanité de son formidable appétit de culture, de découvertes et de rencontres (…), il ouvrit le journal à d’autres courants de pensée de la gauche sociale, intellectuelle et politique, institua des pages idées, et mit le journal au service de grandes causes. » Et puis, dit-il, « comme élève, puis ami, au nom des équipes d’hier et d’aujourd’hui de l’Humanité, de Patrick Le Hyaric qui a salué dans ses colonnes « un beau et fort directeur de l’Humanité », je dis, chapeau bas, pour Roland ! ».

« Roland disait ensuite Fabien Roussel le secrétaire national du PCF, nous rassemble aujourd’hui une dernière fois, ici, devant ce mur des fédérés qui fait écho à sa propre vie de combattant (…). Toute sa vie, Roland est resté un homme debout, dressé face à l’injustice sous toutes ses formes.

Dans son métier d’homme de presse disait-il, comme dans sa tâche d’élu, « jamais il ne cédait à l’à-peu-près. Il n’était pas journaliste à la base mais il avait une très haute idée de la liberté de la presse ». Il était aussi « un homme d’action, une des plus grandes figures de notre parti » et, « Malgré les inévitables revers, les doutes, les atteintes mêmes à la belle idée du communisme, il est resté jusqu’au bout tel qu’en lui-même : fidèle à son idéal qu’il décrivait ainsi voici quelques années : « Je ne parle pas d’illusions, je parle d’aspirations, qui sont toujours les miennes ».

Parmi les personnalités présentes : Fabrice Cazadeberg, représentant le ministre de la Culture, Pierre Laurent, président du conseil national du PCF, Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, Martine Bulard, rédactrice en chef du Monde diplomatique, Michel Dufour ancien sénateur et secrétaire d’État, Isabelle Aubret. Les députés et anciens députés Sébastien Jumel, Hubert Wulfranc, François Assensi, Jean-Claude Lefort, Antoine Rufenacht…

Maurice Ulrich, dans l’Humanité du 6 mars 2019

Ndlr : nous avons très modestement aidé à la rédaction de cet article, en prêtant notre stylo à Maurice Ulrich pour sa prise de notes… et pu mesurer, à cette occasion, toute son émotion…

Roland Leroy

 

À quoi sert un.e député.e européen.ne ? (3)

De l’utilité des élus Front de Gauche/PCF au Parlement Européen

Bilan des élu-e-s au Parlement Européen

marie-pierre vieuMarie-Pierre Vieu

Députée européenne de la région Occitanie depuis juillet 2017, en remplacement de Jean-Luc Mélenchon, membre de la direction du PCF en charge des relations extérieures, Marie-Pierre Vieu est une élue de terrain qui fait le lien entre les luttes locales et les enjeux européens. Héritant de son prédécesseur la commission budget, elle siège également à la commission des transports et du tourisme. Elle est membre de la plateforme de dialogue Union Européenne – Catalogne afin de promouvoir la démocratie en Espagne mise à mal ces derniers mois. Elle donne à ses nouvelles fonctions un marquage résolument anti-austéritaire, social et de défense des services publics. Elle s’investit sur les terrains de l’emploi et de la ré-industrialisation en travaillant le lien avec le mouvement syndical et social.

Issue d’une circonscription rurale, elle suit également les questions de la PAC au cœur des évolutions européennes ainsi que de la viticulture et de la pêche. Elle multiplie les initiatives au plus proche du terrain consacrant deux jours dans un département de la circonscription grand sud-ouest chaque mois, en plus des divers visites ou débats.

Marie-Pierre Vieu intervient sur les dossiers d’Alstom en interpellant la Commission sur la fusion avec Siemens, et en se déplaçant à diverses initiatives locales.

Elle a fait plusieurs interventions contre les plans sociaux et aide à l’élaboration d’alternatives industrielles notamment via les questions d’économie sociale et solidaire (ESS).  Suite à sa visite au port de Sète, elle intervient au Parlement européen sur le devenir de Saipol en concurrence avec une entreprise argentine. Très investie, sur les questions des services publics, elle défend lors de ses déplacements et par son travail en commission parlementaire un service public national du rail et se réunit régulièrement avec les syndicats des transports. Elle travaille actuellement sur les questions des travailleurs détachés sur les routes et organise le 24 mars 2018 une grande initiative à Montpellier sur les questions du rail, de la route et des transports aériens.

Elle soutient la lutte contre la concession des barrages hydrauliques et a interpelé le Ministre Nicolas Hulot en la matière. Elle est présente dans différentes initiatives contre le démantèlement des services scolaires, carcéraux et de libéralisation de la poste.

A partir de ces premières expériences, Marie-Pierre Vieu a décidé de prendre plusieurs initiatives futures comme une nouvelle conférence sur les transports dans le nord de la France au deuxième semestre 2018 permettant d’amplifier les mobilisations et résister au dumping social en lien avec nos partenaires européens. Elle entend proposer un audit des directives de libéralisation dans les secteurs du rail, de l’électricité et de la Poste dans 4-5 pays européens.  Elle a commandé un rapport sur la sécurité alimentaire, pour établir un diagnostic des besoins agricoles et dégager des pistes de propositions sur la réorientation de la PAC en lien avec la transition écologique. Marie-Pierre Vieu entend aussi être volontariste sur les questions de nouvelles ressources pour l’UE, pour la mise en place d’une taxe sur les transactions financières et un impôt écologiste juste.

À quoi sert un.e député.e européen.ne ? (2)

Les élections européennes auront lieu le 26 prochain. Elles permettront d’élire 79 députés européens français. Souvent peu connus, éloignés de nos vies ils possèdent pourtant un pouvoir considérable. Aucune directive, aucun règlement ne peut pourtant être adopté sans leur accord. La Commission européenne ne peut pas être nommée sans qu’ils l’approuvent de même que le budget européen. Aussi c’est bien là l’un des enjeux majeurs de la future élection européenne : à qui confions-nous le droit de nous représenter et de décider d’orientations concrètes et décisives pour nos vies.

élus européens 2019

Bilan des élu-e-s au Parlement Européen : Marie-Christine Vergiat

Marie-Christine_VergiatMilitante des droits de l’Homme depuis plus de 30 ans, durant ce second mandat, Marie-Christine Vergiat a été membre des commissions « libertés civiles », « affaires étrangères », de la sous-commission des droits de l’Homme et de la commission spéciale sur le terrorisme.

Son action s’est notamment focalisée sur les enjeux migratoires et la défense des droits de l’Homme en Europe et dans le monde en liens réguliers avec les ONG européennes et internationales.  Elle refuse l’instrumentalisation de ces questions à des fins politiques et le deux poids, deux mesures trop souvent à l’œuvre au sein du Parlement européens. Elle se bat  pour le respect des droits des peuples trop souvent spoliés par les intérêts étrangers qu’ils soient économiques, politiques ou diplomatiques. Dans les nombreuses résolutions qu’elle a portées, elle a insisté et fait adopter des amendements portant en particulier sur la liberté de croire ou ne pas croire, sur les défenseurs des droits de l’Homme et de l’environnement, des journalistes et des minorités ainsi que  sur la responsabilité des entreprises européennes dans les atteintes aux droits de l’Homme des pays tiers, notamment en termes d’accaparement des terres, d’exploitation des travailleurs ou de financement des conflits.

Elle a notamment été l’auteur d’un rapport du Parlement européen sur « Les droits de l’Homme et la migration dans les pays tiers » adopté en octobre 2016 par 339 voix contre 333 et 25 abstentions. Ce texte analyse les évolutions globales des migrations pour mieux contextualiser les enjeux et lutter contre les fantasmes qui alimentent les peurs avant de proposer des approches acceptables partout dans le monde respectant les droits des migrants quels que soient leur statut. Elle a fait inscrire dans plusieurs résolutions du Parlement européen la nécessité pour les États membres de l’UE de ratifier la convention pour les travailleurs migrants et leurs familles.

Elle a poursuivi son engagement pour la protection des données personnelles dans le contexte du contrôle renforcé des frontières et de la lutte contre le terrorisme, pour la défense de l’état de droit et des libertés fondamentales notamment en Hongrie où les dérives autoritaires semblent servir de modèle à un nombre croissant d’États en Europe.

Pour ce qui concerne les violations des droits de l’Homme dans le monde, elle s’est mobilisée contre la répression en Turquie en tant que vice-présidente du groupe d’amitié avec le peuple kurde, auprès de nos camarades du HDP, mais aussi dans la Corne de l’Afrique et en Afrique du Nord sans oublier son soutien continu à la transition démocratique en Tunisie et aux mouvements sociaux au Maroc, pays où elle se rend régulièrement apporter son soutien aux forces progressistes.

 Elle a poursuivi ses actions en faveur de l’économie sociale et solidaire comme coprésidente de l’intergroupe consacré à ces questions et a co-organisé deux Forums de l’économie sociale et solidaire de la GUE/NGL * rassemblant des acteurs de toute l’Europe pour promouvoir ces autres formes d’économie.

 Elle s’est aussi engagée dans le Progressive caucus et pour le Forum européen de Marseille considérant que le rassemblement des Gauches alternatives est le seul moyen de lutter efficacement en Europe contre la montée des nationalismes, des populismes et des extrêmes droites.

À suivre : Marie-Pierre Vieu

*Le groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL) est un groupe politique du Parlement européen qui regroupe des partis de gauche, de tendance socialiste, antilibérale, anticapitaliste, écosocialiste ou communiste. Il regroupe essentiellement des organisations membres du Parti de la gauche européenne (PGE), mais aussi de l’Alliance de la Gauche verte nordique, de la Gauche anticapitaliste européenne ou sans affiliation. Ce groupe de 52 députés européens, présidé depuis 2012 par Gabriele Zimmer, est la sixième force politique du Parlement européen en nombre de sièges.

À quoi sert un.e député.e européen.ne ? (1)

  1. De l’utilité des élus Front de Gauche/PCF au Parlement Européen

Les élus français au sein du groupe de la Gauche Unitaire Européenne-Gauche Verte Nordique (GUE-NGL) : Lors des dernières élections européennes en 2014, nous avons élu 3 député-es sur les listes Front de Gauche : Patrick Le Hyaric, Marie-Christine Vergiat et Jean-Luc Mélenchon. La composante française du groupe a été renforcée par Younous Omarjee, de l’Alliance des Outre-Mers. Ces deux derniers élus décident de se séparer du Front de Gauche pour travailler dans le cadre de la France Insoumise. En juillet 2017, suite à l’élection de Jean-Luc Mélenchon au niveau national, Marie-Pierre Vieu devient députée européenne.

PLHBilan des élu-e-s au Parlement Européen : Patrick Le Hyaric

Vice-président du groupe de la Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique, Patrick Le Hyaric porte régulièrement en séance et dans les commissions parlementaires le combat contre l’austérité et ses outils européens (Semestre européen, MES).

Il a permis d’obtenir la remise en place du fonds européen d’aide aux plus démunis, travaillé et obtenu la pérennisation de la Garantie jeunesse.

Il a fait voter en début de mandat un rapport demandant une adoption rapide de la Convention de l’Organisation Internationale du Travail sur le travail forcé qui avait fait grincer des dents chez les libéraux pour son plaidoyer en faveur des droits du travail. Depuis, le Conseil l’a adopté et 12 pays européens dont la France ont ratifié ce texte.

Sur le dossier du détachement des travailleurs, il a défendu une égalité complète de droits entre détachés et locaux. Il a fait avancer par ses amendements et interventions l’inclusion des responsabilités légales aux pratiques des sous-traitants et a proposé la création d’un corps européen d’inspecteurs du travail pour que ces droits soient respectés. La Commission vient d’ailleurs de faire une proposition d’agence européenne du travail qui reprend en partie cette idée.

Il a largement aidé aux mobilisations contre le grand marché transatlantique (TAFTA), contre le traité sur les services (TISA), tout en menant la bataille pour changer des contenus du traité avec le Canada. 

En lien avec des associations et syndicats africains, il révèle et agit contre le projet de libre-échange entre l’UE et 16 pays d’Afrique de l’Ouest.

Il défend régulièrement le monde agricole en interpellant la Commission par le biais de nombreuses questions écrites dénonçant l’ouverture totale des marchés agricoles, leurs conséquences sur les petits paysans et y opposant un système de prix rémunérateurs pour leurs productions.

En tant que membre de la commission d’enquête sur les Panama Papers, c’est tout un travail de sensibilisation sur le rôle des lanceurs d’alerte qui a été mené, aboutissant à la demande du Parlement de créer un statut spécial les protégeant. Il a fait voter par le Parlement européen le 11 novembre 2017 le projet d’une conférence internationale sur la lutte contre l’évasion fiscale.

En parallèle de ses activités en commissions parlementaires, il a mené de nombreux combats, comme son initiative « rendez l’argent aux grecs » lancée le 12 octobre 2017 en réponse aux profits réalisées par la BCE sur la dette grecque, ou les multiples rencontres organisées avec des syndicalistes aux Parlement européen pour y porter leurs combats : contre le projet de libéralisation du marché de l’énergie, contre la privatisation des barrages, en soutien aux travailleurs de Caterpillar, avec les salariés de Holiday Inn et en faisant le lien avec toutes les salariées d’hôtels en Europe.

Le 17 décembre 2014, il a porté et défendu  une résolution du Parlement européen adoptée à une large majorité pour la reconnaissance de la Palestine, et désormais c’est l’octroi de préférences commerciales aux produits provenant des colonies qui le font intervenir auprès de la Commission pour faire respecter le droit international.

À suivre : Marie-Christine Vergiat