Pour l’hôpital

J’ai signé cette pétition  : « des milliards pour l’hôpital, pas pour le capital ».

Le texte est à lire ci-dessous et à signer ici.

Par deux fois, le 16 mars lors de son allocution télévisée et le 25 mars à Mulhouse, E. Macron a fait les louanges de l’action des personnels de santé, leur annonçant des mesures exceptionnelles ainsi que pour tout l’hôpital. 

Mais à ce jour, les masques restent contingentés, la rallonge budgétaire de crise ne prévoit que 2 milliards pour l’hôpital et, encore, le fléchage de cette somme demeure des plus obscurs alors qu’en France 300 milliards sont prévus pour garantir les prêts bancaires des entreprises, sans aucune condition sur l’emploi, 35 milliards pour faire face à leur défaillance fiscale et sociale et que l’on débranche tous les garde-fous sur le temps de travail. Au niveau européen 1.000 milliards sont prévus par la BCE pour soutenir la valeur des titres boursiers.

Au plus profond de la crise du coronavirus, les choix du Président Macron, relais du MEDEF et de la «Grande Finance», restent les mêmes : sauver le capital et les profits. A mille lieues de la réponse urgente et nécessaire aux besoins de la population. L’obsession de maintenir la chaîne des profits prévaut sur tout ! En face, conditions de travail et de vie des citoyens, détresse sanitaire et psychologique de masse pèsent bien peu. C’est dès maintenant qu’il faut commencer à faire autrement, sans attendre le « jour d’après ». Alors que droits sociaux et libertés publiques sont mis en cause, nous disons STOP et appelons à des mesures immédiates, précises et concrètes pour les salarié.e.s et les populations ouvrant sur une alternative de progrès pour toutes et tous.

Nous exigeons :

  1. L’arrêt immédiat des activités non essentielles, en réaffectant aux hôpitaux les matériels de protection actuellement utilisés pour ces activités, et la mobilisation, la conversion, voire la réquisition de secteurs industriels pour la production massive de masques, de gel hydro-alcoolique, de tests, de matériels respiratoires afin de répondre aux besoins de toute la population.
  2. En urgence, des tests systématiques de dépistage. Il s’agit d’isoler et de soigner les malades pour lutter efficacement contre l’épidémie et permettre aux immunisés de s’impliquer concrètement dans une solidarité active.
  3. Le déblocage immédiat de 10 milliards d’euros pour la santé publique : rouvrir des lits, en les réhabilitant, y compris construire des hôpitaux en urgence, soutien à la création d’un pôle public du médicament afin de reprendre le contrôle de la production des traitements nécessaires, embauches immédiates de personnels soignants et de recherche, reconnaissance de leurs qualifications, et tout de suite une augmentation de salaires.
  4. L’organisation de la mobilisation totale de secteurs-clé comme les laboratoires d’analyse, et le renforcement des services publics d’État et locaux pour loger les sans-abri, pour apporter soins, aide, soutien et sécurité aux populations, ainsi que l’armée mais pas pour la répression.
  5. Démocratie sanitaire dans les territoires : des commissions départementales et régionales associant élus, professionnels de santé, représentants syndicaux, d’associations et d’organismes de prévention pour évaluer les besoins, suivre la mise en œuvre des mesures ci-dessus et assurer une prise de décision collective face aux enjeux de santé publique actuels et à venir, notamment en mobilisant tous les moyens financiers nécessaires (cotisations et fiscalité des entreprises et des revenus financiers, trésoreries des grands groupes, banques, assurances, liquidités de la BCE).

Premiers signataires :
  Basset  Jean-Pierre, Militant associatif, secteur santé
  Bellal Amar, Rédacteur en chef de Progressistes
  Boccara Frédéric, Économiste, membre du CESE, responsable politique
  Bodin Thierry, Syndicaliste, Sanofi
  Bonnery Stéphane, Professeur des universités, sciences de l’éducation
  Cailletaud Marie-Claire, Syndicaliste, membre du CESE
  Cohen Laurence, Sénatrice, Groupe citoyens, républicains et communistes
  Durand Denis, Économiste, directeur de la revue Économie & Politique
  Durand Jean-Marc, Fiscaliste, élu communal
  Gonçalves Anthony, Professeur de médecine, cancérologue
  Gravouil Denis, Syndicaliste
  Joly Pascal, Syndicaliste
  Lefèbvre Fabienne, Élue municipale, ingénieure en sciences sociales
  Leflon Michèle, Médecin
  Limousin Michel, Médecin
  Montangon Maryse, Soignante, militante politique
  Prudhomme Christophe, praticien hospitalier, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France, Hôpital Avicenne Bobigny
  Rouchy Fabienne, Syndicaliste, Banque de France
  Stivala Mireille, Aide-soignante, Syndicaliste
  Talbot Baptiste, Syndicaliste services publics
  Téjas Patricia, Syndicaliste, finances
  Ternant Evelyne, Économiste, responsable politique

Parmi les signataires, nous relevons les noms suivants (nos excuses aux autres) :
– André Chassaigne, député communiste, président du groupe DGR à l’Assemblée nationale
– Henri Sterdyniak, Économiste, membre des économistes atterrés
– Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, ancien député communiste européen, groupe GUE
– Pierre Barbancey, journaliste international
– Olivier Coux, chercheur en biologie cellulaire, CNRS
– Monica Passos, Chanteuse
– Jean-Luc Gibelin, directeur d’hôpital honoraire
– Evelyne Zarka, élue 3è arrondissement, Paris
– Romain Marchand, élu communiste, Ivry
– Claude Aufort, Ingénieur CEA retraité
– Alain Obadia, président de la Fondation Gabriel Péri
– Raphaëlle Primet, élue communiste conseil de Paris
– Gilles Alfonsi, Saint-Denis
– Fabienne Haloui, Avignon
– Rabah Balloul, Radio Arts-Mada

 

Le jour d’après

TRIBUNE. « Plus jamais ça ! » : 18 responsables d’organisations syndicales, associatives et environnementales appellent à préparer « le jour d’après »

Face à « la crise du coronavirus » des organisations syndicales, associatives et environnementales réclament « de profonds changements de politiques », pour « se donner l’opportunité historique d’une remise à plat du système, en France et dans le monde ».

« Plus jamais ça ! Préparons le ‘jour d’après' », 18 responsables d’organisations syndicales, associatives et environnementales parmi lesquels Philippe Martinez (CGT), Aurélie Trouvé (Attac), Jean-François Julliard (Greenpeace) et Cécile Duflot (Oxfam), signent une tribune commune publiée, vendredi 27 mars, sur franceinfo.

Ces organisations lancent un appel « à toutes les forces progressistes et humanistes pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral ».

En mettant le pilotage de nos sociétés dans les mains des forces économiques, le néolibéralisme a réduit à peau de chagrin la capacité de nos États à répondre à des crises comme celle du Covid. La crise du coronavirus qui touche toute la planète révèle les profondes carences des politiques néolibérales. Elle est une étincelle sur un baril de poudre qui était prêt à exploser. Emmanuel Macron, dans ses dernières allocutions, appelle à des « décisions de rupture » et à placer « des services (…) en dehors des lois du marché ». Nos organisations, conscientes de l’urgence sociale et écologique et donnant l’alerte depuis des années, n’attendent pas des discours mais de profonds changements de politiques, pour répondre aux besoins immédiats et se donner l’opportunité historique d’une remise à plat du système, en France et dans le monde.

Dès à présent, toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé des populations celle des personnels de la santé et des soignant·e·s parmi lesquels une grande majorité de femmes, doivent être mises en œuvre, et ceci doit largement prévaloir sur les considérations économiques. Il s’agit de pallier en urgence la baisse continue, depuis de trop nombreuses années, des moyens alloués à tous les établissements de santé, dont les hôpitaux publics et les Ehpad. De disposer du matériel, des lits et des personnels qui manquent : réouverture de lits, revalorisation des salaires et embauche massive, mise à disposition de tenues de protection efficaces et de tests, achat du matériel nécessaire, réquisition des établissements médicaux privés et des entreprises qui peuvent produire les biens essentiels à la santé, annulation des dettes des hôpitaux pour restaurer leurs marges de manœuvre budgétaires… Pour freiner la pandémie, le monde du travail doit être mobilisé uniquement pour la production de biens et de services répondant aux besoins essentiels de la population, les autres doivent être sans délai stoppées. La protection de la santé et de la sécurité des personnels doivent être assurées et le droit de retrait des salarié·e·s respecté.

Des mesures nécessaires au nom de la justice sociale

La réponse financière de l’État doit être d’abord orientée vers tou·te·s les salarié·e·s qui en ont besoin, quel que soit le secteur d’activité, et discutée avec les syndicats et représentant·e·s du personnel, au lieu de gonfler les salaires des dirigeant·e·s ou de servir des intérêts particuliers. Pour éviter une très grave crise sociale qui toucherait de plein fouet chômeurs·euses et travailleurs·euses, il faut interdire tous les licenciements dans la période. Les politiques néolibérales ont affaibli considérablement les droits sociaux et le gouvernement ne doit pas profiter de cette crise pour aller encore plus loin, ainsi que le fait craindre le texte de loi d’urgence sanitaire.

Selon que l’on est plus ou moins pauvre, déjà malade ou non, plus ou moins âgé, les conditions de confinement, les risques de contagion, la possibilité d’être bien soigné ne sont pas les mêmes. Des mesures supplémentaires au nom de la justice sociale sont donc nécessaires : réquisition des logements vacants pour les sans-abris et les très mal logés, y compris les demandeurs·euses d’asile en attente de réponse, rétablissement intégral des aides au logement, moratoire sur les factures impayées d’énergie, d’eau, de téléphone et d’internet pour les plus démunis. Des moyens d’urgence doivent être débloqués pour protéger les femmes et enfants victimes de violences familiales.

Les moyens dégagés par le gouvernement pour aider les entreprises doivent être dirigés en priorité vers les entreprises réellement en difficulté et notamment les indépendants, autoentrepreneurs, TPE et PME, dont les trésoreries sont les plus faibles. Et pour éviter que les salarié·e·s soient la variable d’ajustement, le versement des dividendes et le rachat d’actions dans les entreprises, qui ont atteint des niveaux record récemment, doivent être immédiatement suspendus et encadrés à moyen terme.

Des mesures fortes peuvent permettre, avant qu’il ne soit trop tard, de désarmer les marchés financiers : contrôle des capitaux et interdiction des opérations les plus spéculatives, taxe sur les transactions financières… De même sont nécessaires un contrôle social des banques, un encadrement beaucoup plus strict de leurs pratiques ou encore une séparation de leurs activités de dépôt et d’affaires.

Des aides de la BCE conditionnées à la reconversion sociale et écologique

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une nouvelle injection de 750 milliards d’euros sur les marchés financiers. Ce qui risque d’être à nouveau inefficace. La BCE et les banques publiques doivent prêter directement et dès à présent aux États et collectivités locales pour financer leurs déficits, en appliquant les taux d’intérêt actuels proches de zéro, ce qui limitera la spéculation sur les dettes publiques. Celles-ci vont fortement augmenter à la suite de la « crise du coronavirus ». Elles ne doivent pas être à l’origine de spéculations sur les marchés financiers et de futures politiques d’austérité budgétaire, comme ce fut le cas après 2008.

Une réelle remise à plat des règles fiscales internationales afin de lutter efficacement contre l’évasion fiscale est nécessaire et les plus aisés devront être mis davantage à contribution, via une fiscalité du patrimoine et des revenus, ambitieuse et progressive.

Par ces interventions massives dans l’économie, l’occasion nous est donnée de réorienter très profondément les systèmes productifs, agricoles, industriels et de services, pour les rendre plus justes socialement, en mesure de satisfaire les besoins essentiels des populations et axés sur le rétablissement des grands équilibres écologiques. Les aides de la Banque centrale et celles aux entreprises doivent être conditionnées à leur reconversion sociale et écologique : maintien de l’emploi, réduction des écarts de salaire, mise en place d’un plan contraignant de respect des accords de Paris… Car l’enjeu n’est pas la relance d’une économie profondément insoutenable. Il s’agit de soutenir les investissements et la création massive d’emplois dans la transition écologique et énergétique, de désinvestir des activités les plus polluantes et climaticides, d’opérer un vaste partage des richesses et de mener des politiques bien plus ambitieuses de formation et de reconversion professionnelles pour éviter que les travailleurs·euses et les populations précaires n’en fassent les frais. De même, des soutiens financiers massifs devront être réorientés vers les services publics, dont la crise du coronavirus révèle de façon cruelle leur état désastreux : santé publique, éducation et recherche publique, services aux personnes dépendantes… 

Relocalisation de la production

La « crise du coronavirus » révèle notre vulnérabilité face à des chaînes de production mondialisée et un commerce international en flux tendu, qui nous empêchent de disposer en cas de choc de biens de première nécessité : masques, médicaments indispensables, etc. Des crises comme celle-ci se reproduiront. La relocalisation des activités, dans l’industrie, dans l’agriculture et les services, doit permettre d’instaurer une meilleure autonomie face aux marchés internationaux, de reprendre le contrôle sur les modes de production et d’enclencher une transition écologique et sociale des activités. 

La relocalisation n’est pas synonyme de repli sur soi et d’un nationalisme égoïste. Nous avons besoin d’une régulation internationale refondée sur la coopération et la réponse à la crise écologique, dans le cadre d’instances multilatérales et démocratiques, en rupture avec la mondialisation néolibérale et les tentatives hégémoniques des États les plus puissants. De ce point de vue, la « crise du coronavirus » dévoile à quel point la solidarité internationale et la coopération sont en panne : les pays européens ont été incapables de conduire une stratégie commune face à la pandémie. Au sein de l’Union européenne doit être mis en place à cet effet un budget européen bien plus conséquent que celui annoncé, pour aider les régions les plus touchées sur son territoire comme ailleurs dans le monde, dans les pays dont les systèmes de santé sont les plus vulnérables, notamment en Afrique.

Tout en respectant le plus strictement possible les mesures de confinement, les mobilisations citoyennes doivent dès à présent déployer des solidarités locales avec les plus touché·e·s, empêcher la tentation de ce gouvernement d’imposer des mesures de régression sociale et pousser les pouvoirs publics à une réponse démocratique, sociale et écologique à la crise.

Plus jamais ça ! Lorsque la fin de la pandémie le permettra, nous nous donnons rendez-vous pour réinvestir les lieux publics et construire notre « jour d’après ». Nous en appelons à toutes les forces progressistes et humanistes, et plus largement à toute la société, pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral.

Retrouvez ci-dessous la liste des signataires :

Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre France
Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT
Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne
Benoit Teste, secrétaire général de la FSU
Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France
Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France
Eric Beynel, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires
Clémence Dubois, responsable France de 350.org
Pauline Boyer, porte-parole d’Action Non-Violente COP21
Léa Vavasseur, porte-parole d’Alternatiba
Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire
Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au Logement
Lisa Badet, vice-présidente de la FIDL, Le syndicat lycéen
Jeanette Habel, co-présidente de la Fondation Copernic
Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature
Mélanie Luce, présidente de l’UNEF
Héloïse Moreau, présidente de l’UNL

 

Ils sauvent des vies

Communiqué du groupe des élus Front de Gauche au Conseil régional d’Île-de-France

Soutien du groupe Front de Gauche aux personnels soignants

Crise du COVID-19
Soutenir et agir pour celles et ceux qui sauvent des vies

Paris, le 25 mars 2020

FDG CRLa vague de la pandémie de Coronavirus touche de plein fouet l’Ile-de-France. Notre Région compte le plus grand nombre de malades du Covid 19 et sa situation sanitaire est très préoccupante. Les communes, les départements et la Région sont pleinement mobilisés aux côtés des Francilien.ne.s.

Durant cette crise sanitaire d’ampleur, les élu.e.s Front de Gauche tiennent à réaffirmer leur totale solidarité aux personnels soignants qui sauvent des vies.

Infirmier.e.s, aides soignant.e.s, médecins, personnels ouvriers, techniques et logistiques des hôpitaux… elles et ils sont en première ligne et exercent leur métier avec un sens aigu de l’intérêt général.
Depuis des années pourtant, les soignants dénoncent avec force les fermetures massives de services et de lits, le manque de moyens, les bas salaires, les pertes de postes, la destruction pierre après pierre du service public de santé, la transformation de l’hôpital en entreprise…
Depuis des années pourtant, les soignants, avec leurs organisations, demandent que l’austérité ne soit plus la boussole dans la gestion de nos hôpitaux.

Avant l’épidémie, les réponses gouvernementales à leurs justes revendications étaient bien trop souvent les canons à eau et les matraques. Avant l’épidémie, il manquait 600 millions d’euros pour les hôpitaux, 400 postes d’infirmières en Ile-de-France n’étaient pas pourvus.

Emmanuel Macron salue aujourd’hui l’engagement des soignants. Cela ne fait pas oublier que le service public de santé a été dépecé méthodiquement depuis des décennies. L’ampleur et la gravité de la crise sont telles que tout peut s’effondrer. Si tous les soirs à 20 heures, des millions de Français applaudissent, casserolent et chantent pour soutenir les personnels soignants, collectivement, ces Français démontrent aussi leur attachement au système public de santé.

Il est, dès lors, impossible que les mots prononcés ne soient pas suivis de décisions financières. Il est impossible que la santé essentielle à la nation reste soumise aux « lois » du marché.

Dès à présent, du matériel (masques, gants, combinaisons, lunettes) de protection doit être produit en masse et mis à disposition de nos soignants. La Région a commandé 20 millions de masques pour pallier en partie l’impréparation de l’État. Dès lors des tests systématiques doivent être faits pour protéger les soignants et leurs familles dont une grande partie est déjà contaminée.

Dès à présent, un rectificatif budgétaire doit être voté afin de financer correctement l’hôpital public et pour rémunérer correctement ses personnels.

Dès à présent, un moratoire sur la tarification à l’activité dans les hôpitaux doit être pris.

Plus tard, tout doit être revu afin que le service public de santé soit une priorité nationale, que celles et ceux qui le font vivre puissent le faire correctement et soient rémunérés à la hauteur de leur travail indispensable et que la santé soit réellement un droit pour tous et toutes.

Manu Dibango

Le saxophoniste Manu Dibango a rendu son dernier souffle.

Il était au festival « Jazz in Marciac » de l’été 2019.

L’Humanité lui rend hommage.

Le légendaire musicien s’est éteint, victime du Covid-19, à l’âge de 86 ans. Nous republions son entretien accordé à l’Humanité à l’été 2019, à l’occasion de son passage à Marciac. « Papy Groove » se préparait alors aussi à fêter, à Paris, en octobre, ses 60 ans de carrière, lors d’un concert exceptionnel avec son Soul Makossa Gang et l’Orchestre Lamoureux, sous le parrainage de Fip.

Bon pied, bon œil, et surtout une oreille toujours à l’écoute du monde et de ses sonorités, papa Dibango, qui soufflera 86 bougies le 12 décembre, fête ses soixante ans de carrière, lors d’un concert exceptionnel au grand Rex. Il nous embarquera à bord de sa sémillante inspiration, pour un périple inédit, baptisé Safari symphonique. Lui, qui célèbre « les racines de la musique noire venue d’Afrique », précise-t-il, conduira son flamboyant Soul Makossa Gang. Cette formation inclut l’émérite tandem rythmique formé par Raymond Doumbé, dont la basse ahurissante a servi durant nombre d’années la légendaire Miriam Makeba, et le batteur Guy Nwogang, remarqué en outre auprès de MC Solaar et de Stevie Wonder.

Sans oublier les voix expertes d’Isabel Gonzalez, Marie Line Marolany et Valérie Belinga. Au Grand Rex, le Soul Makossa Gang sera augmenté d’une section de cinq cuivres. Ouvert aux rencontres artistiques, l’Orchestre Lamoureux (30 musiciens), dirigé par Martin Fondse, le rejoindra sur scène pour une fraternelle et fertile accolade. L’auteur compositeur du tube planétaire « Soul Makossa » n’a cessé de forger des passerelles soniques entre son Afrique natale, le jazz de son cœur et les negro spirituals transmis par les esclaves. Cette fois, il nous invite aux noces radieuses de son style « afropéen » et de la musique classique, pour le meilleur et pour le swing.

« Nous avons été heureux de jouer pour ce merveilleux public de Jazz In Marciac », déclarait le grand chef au nombreux auditoire le 3 août dernier, à la fin de son concert. Le lendemain, Jazz au Cœur, la gazette quotidienne élaborée par une équipe de passionnés bénévoles, a salué cette « traversée électrique », qui avait emporté le public à travers « funk légèrement planant » et « pépites dansantes ». Dans les loges de Jazz In Marciac, nous avons rencontré le fringant planteur de groove, qui, malgré les maintes sollicitations de la presse nationale et internationale, a répondu à deux questions.

Vous qui avez arpenté six décennies de musique, quels sont les changements advenus qui vous aient le plus marqué ?

Manu Dibango. Les bouleversements qu’a apportés le numérique. On est beaucoup plus dans le virtuel que dans le sensuel. Et c’est une chose qu’on nous impose de plus en plus, que nous le voulions ou non. On ne touche plus un disque comme on le faisait avant. Moi, j’aime le contact physique avec l’objet, prendre le temps de lire le livret… Mais, aujourd’hui, beaucoup de gens ont un doigt sur leur clavier, et les neuf autres au chômage ! J’ai connu l’époque où l’on économisait sou après sou pour s’acheter un disque, qu’ensuite on écoutait religieusement avec ses copains mélomanes. Un jour, alors que je sortais d’un magasin de disques avec une collection d’albums dans mes mains, des enfants m’ont demandé : « Tu achètes de la musique ? ». Ca les étonnait, eux qui ont tout dans leurs baladeurs numériques. Le problème de fond, c’est la rétribution de l’artiste. Les gens trouvent normal d’acheter leur pain, mais pas la musique, devenue un bien de consommation gratuit. Cela dévalorise l’acte de la création et, par là même, porte atteinte à la notion même de création. Du savoir-faire, de la technicité, il y en a à la pelle. Mais l’invention artistique, c’est souvent à la porte à côté. Il y a des quantités industrielles de virtuoses qui jouent aussi vite que les ordinateurs. Mais les véritables artistes ont de moins en moins de visibilité, eux qui cherchent une seule note, la bonne note, celle qui a un sens.

À Marciac, vous avez invité, sur quelques morceaux, la bassiste Manou Gallo et, depuis de nombreuses années, vous faites appel aux vocalistes Isabel Gonzalez et Valérie Belinga. Mettre en lumière les artistes féminines, est-ce important pour vous ?

Manu Dibango. C’est une dimension à laquelle on devrait penser davantage. Je suis heureux d’accueillir sur scène ces trois personnalités talentueuses. Je travaille souvent avec Isabel Gonzalez et Valérie Belinga, qui sont toutes deux à la fois choristes et chanteuses, ce qui n’est pas évident, car cela correspond à des fonctions très différentes. Chacune d’elle mène sa propre carrière de chanteuse. Isabel Gonzalez, qui a participé à des opéras, a chanté pour de fameuses formations africaines, ainsi que Valérie Belinga qui, par ailleurs a fait du théâtre. Elles sont terriblement musiciennes ! Je les trouve particulièrement complémentaires. Quant à Manou Gallou, je l’ai découverte à Abidjan, dans la troupe de Werewere Liking, une artiste polyvalente camerounaise installée en Côte d’Ivoire. Elle a collaboré avec Zap Mama, les Tambours de Brazza, etc. Vous l’avez entendue à la basse, mais elle cartonne aussi au djembé. Des femmes bassistes, il n’y a pas tant que ça. Alors, oui, je suis vraiment content de soutenir des musiciennes qui ont à la fois le son et la « soul », l’âme.

Fara C.

manu dibango

Europacity, l’alternative agricole

Val-d’Oise. Quand le Ceser plaide pour le Triangle de Gonesse

Lu sur le site de « la Gazette du Val d’Oise », cet article de Fabrice Cahen.

carma

Le Conseil économique, social et environnemental d’Île-de-France (Ceser) a adopté une contribution pour que la Plaine de France devienne un « laboratoire de la métropole nature ».

Le projet Carma prévoit la préservation intégrale des 670 ha de terres agricoles du Triangle de Gonesse (Val-d’Oise).

Lors de son assemblée plénière, le Conseil économique, social et environnemental d’Île-de-France (Ceser) a adopté une contribution pour que la Plaine de France devienne un « laboratoire de la métropole nature, qui préserve et valorise la ceinture verte et agricole ainsi que les circuits courts », suggère-t-il.

Le Ceser, instance consultative réunissant de nombreux experts de la région Île-de-France, irait ainsi dans le sens du projet défendu par le collectif Carma, qui prévoit la préservation intégrale des 670 ha de terres agricoles du Triangle de Gonesse, couplé à l’adoption d’un projet de « transition écologique permettant de créer des emplois dans des filières d’avenir et non délocalisables ».

Ainsi, le Ceser se prononcerait pour un projet d’aménagement qui « s’attache à promouvoir un cadre de vie de qualité, pour améliorer la vie des habitants du territoire », qui « privilégie l’optimisation des espaces déjà urbanisés, en les adaptant aux exigences de la transition énergétique et écologique », et qui « développe des activités économiques vertueuses, économes en termes d’espace et d’énergie […] pour une meilleure adaptation à l’urgence climatique et aux besoins des habitants », énonce l’institution.

Selon le Ceser, l’abandon du méga projet Europacity exigerait que l’ensemble de la Zac soit revu : « Europacity s’intégrait dans un projet d’aménagement d’environ 300 ha dont les composantes étaient très liées au méga complexe. À la suite de son abandon, tout le projet d’aménagement des 300 ha s’en trouve donc réinterrogé et la question de leur urbanisation se pose ».

Le Ceser propose ainsi deux scénarios, dont un envisage encore la possibilité d’artificialiser les terres du Triangle de Gonesse.

Il souligne que « la conservation intégrale des terres et leur mise en valeur au moyen d’un projet d’économie circulaire satisfait toutes les exigences liées à l’urgence climatique et sociale ». La création d’une filière agricole et d’une formation à l’ensemble des métiers de la transition écologique élargirait également la palette d’emplois du territoire, décrite comme trop étroite et peu diversifiée, malgré la présence de la zone aéroportuaire de Roissy-Charles de Gaulle.

Une annonce dont le Collectif pour le Triangle de Gonesse se félicite. Pour le principal opposant à l’urbanisation du Triangle de Gonesse, le choix du Ceser « vient conforter en tout point les options qu’il a défendues lors de sa rencontre du 1er février 2020 avec Francis Rol-Tanguy, missionné par le gouvernement pour émettre des propositions sur l’avenir du territoire. »

Les CESER sont des organismes régionaux, institutionnalisés dans leur forme actuelle par une loi de juin 2010. Ils ont pour mission de donner un avis consultatif sur les plans régionaux d’aménagement du territoire. C’est à ce titre que celui d’Ile de France s’exprime sur la question de l’urbanisation des terres de Gonesse.

Ces femmes invisibles

Ces femmes invisibles mises en lumière par le coronavirus

Un appel de médecins aux milieux économiques

Lu sur le site « Domaine public », qui publie des analyses, commentaires et informations sur l’actualité suisse, en se revendiquant « indépendant, différent, réformiste depuis 1963 »

Par Danielle Axelroud Buchmann

Deux médecins haut-valaisans, Natalie Urwyler et Simon Fluri, ont lancé un appel urgent aux milieux économiques pour leur demander de libérer les pères occupés dans des secteurs moins prioritaires afin que les mères travaillant dans le système de santé puissent assumer leurs responsabilités.

La fermeture des écoles met les parents dans une situation difficile, en particulier tous ceux dont le travail est crucial si l’on veut maîtriser la pandémie. Non seulement les médecins, le personnel soignant et des pharmacies, mais aussi toutes les personnes actives au sein du système de santé et des hôpitaux.

Or, dans le domaine de la santé humaine et de l’action sociale, les femmes représentent 78% du personnel, selon les statistiques fédérales. Dans le commerce de détail, ce chiffre est de 68%.

Tous ces gens qui travaillent et dont l’activité s’avère en ce moment si nécessaire sont en majorité des femmes, mères pour nombre d’entre elles. Les écoles étant désormais fermées, qui va s’occuper des enfants? Plusieurs cantons (Vaud, Valais, Berne, Zurich) ont annoncé vouloir mettre en place des solutions de garde pour les cas d’urgence. Mais cela ne suffira peut-être pas. Les deux médecins haut-valaisans, soutenus par le directeur de l’Hôpital du Valais, Eric Bonvin, en appellent aux employeurs des entreprises dont l’activité n’est actuellement pas du domaine de l’approvisionnement de base : libérez les pères, pour qu’ils puissent prendre en charge les enfants et que leurs mères puissent assumer les tâches plus primordiales pour la santé de la population.

Il ne s’agit donc pas seulement des médecins et du personnel soignant. Mais aussi de toutes les petites mains qui nettoient, désinfectent, décontaminent, cuisinent. On peut d’ailleurs tenir le même raisonnement pour le commerce de détail alimentaire, indispensable pour assurer l’approvisionnement du pays.

En ces temps de crise, ces personnes – donc, en majorité des femmes – deviennent enfin visibles.

Apparemment pas pour le Conseil fédéral: dans sa conférence de presse du 16 mars, il a précisé la teneur des nouvelles mesures nationales prises et applicables dans tous les cantons, sans faire la moindre mention de la question du genre. Pourtant, dans une telle situation de crise, la répartition des tâches entre les femmes et les hommes est décisive.

Le Conseil fédéral a par exemple bien spécifié que 90% des soldats faisant partie des quatre bataillons hospitaliers ou des cinq compagnies sanitaires qui vont être appelés prochainement ne travaillent pas dans le système de santé. L’idée : ne pas priver la société civile de personnel soignant qualifié pour les remettre à disposition via l’armée. Mais quelle proportion d’entre eux sont des pères ou des mères? Et qu’adviendra-t–il des enfants? Et si les conjoints, eux, font partie du personnel soignant ou auxiliaire?

Ces femmes dont le rôle est aujourd’hui si important, n’étaient pas visibles non plus en 2018, lorsque le Conseil fédéral a rejeté l’initiative populaire «Pour des soins infirmiers forts» sans lui opposer de contre-projet. Cette initiative, portée par l’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI), vise à garantir un nombre suffisant d’infirmiers et d’infirmières diplômées. Elle veut rendre cette profession plus attrayante pour les jeunes et revendique un élargissement des tâches dévolues aux infirmiers et infirmières, de meilleures conditions de travail, une rémunération appropriée et des possibilités de développement professionnel. Apparemment, améliorer les conditions de travail du personnel soignant – en majorité féminin – n’entrait pas en 2018 dans les priorités du Conseil fédéral.

Ce thème n’a pas convaincu le Conseil national non plus, puisqu’il a également rejeté cette initiative, au profit d’un contre-projet qui ne dit rien d’une amélioration des conditions de travail du personnel infirmier. Contre-projet qui lui-même n’a pas trouvé grâce devant la Commission de la santé du Conseil des Etats en février dernier. Espérons que nos sénateurs auront pris conscience de l’importance du sujet lorsqu’ils pourront reprendre leurs travaux…

La question de l’égalité entre les femmes et les hommes est inscrite dans le programme de législature 2019-2023 publié en janvier dernier (objectif 8, pp.71-72). Il s’agit d’un thème typiquement transversal, qui devrait être pris en compte de manière systématique dans chaque Message du Conseil fédéral et dans tout débat parlementaire ainsi que, bien entendu, lors de la mise en place de mesures aussi drastiques que celles qui viennent d’être promulguées. Un réflexe qui n’est visiblement pas encore acquis.

 

Contre le virus, l’humain d’abord !

Coronavirus : Les travailleurs doivent être protégés !

virusFace à une crise sanitaire sans précédent dans l’histoire récente de notre pays, une part importante de notre population est confinée depuis mardi midi afin de limiter la propagation rapide du Covid-19. Mais beaucoup de salarié-es sont aussi les premiers au front pour répondre aux besoins vitaux de la population.

Nous pensons aux personnels de santé qui tentent de répondre aux mieux à l’urgence dans des conditions de travail dégradées comme ils le dénoncent depuis un an.

Nous pensons aux agents de l’état, des collectivités locales, qui assurent les missions régaliennes et les solidarités sur les territoires qui sont essentielles dans cette période. Ils font chaque jour la démonstration du rôle indispensable de nos services publics.

Nous pensons à tous ceux qui doivent continuer de produire et travailler pour nous permettre de manger, de nous déplacer, d’accéder à l’énergie.

Nous saluons leur engagement, leur courage, nous les remercions pour leur sens des responsabilités et de l’intérêt général.

Nous exigeons que les conditions sanitaires les plus essentielles soient respectées afin de les protéger.

Par ailleurs, sur tout le territoire national, de trop nombreuses entreprises continuent de produire et fonctionner au détriment de la santé de leurs salariés, parfois même dans des entreprises où des salariés ont été dépistés positifs au COVID-19

Cela doit cesser : seul ce qui est essentiel doit fonctionner.

Le confinement doit s’étendre rigoureusement à tout le reste afin de répondre efficacement au défi qui est devant nous. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF,  s’adressera en ce sens au premier ministre afin que celui-ci définisse plus clairement les secteurs stratégiques et les mesures de protection au travail, afin que nul ne puisse déroger aux règles qui permettent d’épargner des vies.

La situation d’urgence ne peut se traduire par un confinement du droit des salariés.

Partout en France, chez Amazon, sur le chantier de Saint-Nazaire, comme chez Alstom, des salarié.e.s sont conduits à utiliser leur droit de retrait, à débrayer parce qu’ils refusent d’aggraver une situation sanitaire déjà grave. Nous sommes à leurs côtés.  À l’heure où le président de la République semble découvrir l’importance du service public, nous exigeons qu’il prenne les mesures pour protéger tous les travailleurs, toutes les travailleuses, leur santé et leurs droits sociaux.

Nous sommes fiers des travailleurs de notre pays. Ils sont à la hauteur de la crise que nous connaissons. Protégeons-les !

PCF, 19 mars 2020