Danger au Triangle de Gonesse !

Le Tribunal de Versailles a rétabli en décembre 2020 le plan local d’urbanisme de Gonesse, rendant possible l’urbanisation de 280 hectares du triangle agricole. La société du Grand Paris annonce une reprise du chantier de la gare du Grand Paris Express (ligne 17) dès le mois de février. Cela ignore les préconisations de la Convention citoyenne pour le climat et les actions juridiques en cours. Cette gare située en plein champ, à plusieurs kilomètres des habitations ne se justifie ni par la  proximité avec les habitants, ni par l’absence de transports vers la capitale ou l’aéroport de Roissy.

De plus, le gouvernement n’a pas rendu sa décision suite au rapport de Francis Rol-Tanguy sur l’avenir du Triangle. Ce document penche pour le développement du projet Carma, en vue du développement d’une production agricole venant renforcer l’autosuffisance alimentaire de l’Île-de-France. Cette préconisation comprend aussi des développements en matière de transports, formation, logements.

La lutte contre l’urbanisation du triangle de Gonesse n’a pas pris fin avec l’annulation d’EuropaCity, car le péril est toujours présent : l’artificialisation des terres de Gonesse.

Pour cette raison, à l’initiative du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) est organisé un rassemblement ce dimanche 17 janvier de 11h à 16h.

Programme de la journée

11h : assemblée des collectifs en lutte contre les projets imposés en Ile-de-France / balade accompagnée sur le Triangle

12h : pique-nique, soupes et boissons chaudes à prix libre

13h : cérémonie du Serment du Triangle

14h – 16h : Prise de parole de personnalités, musique, débat

Pour s’y rendre

Chemin de la justice, Gonesse

RER B ou D, arrêt parc des expositions ou Villiers le Bel Gonesse Arnouville, puis bus 20 arrêt fontaine Cypierre.

Laisse béton !

Après EuropaCity… Le Triangle de Gonesse ne laisse pas tomber le béton

L’Humanité, 22 décembre 2020

Malgré l’abandon du gigantesque et controversé projet EuropaCity il y a plus d’un an, un nouvel acte de justice rappelle que ces terres agricoles du Val-d’Oise sont toujours menacées par l’urbanisation.

«  C’est une décision politique que l’on attend désormais », embraie Bernard Loup, président du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG). Le 18 décembre est tombée la fâcheuse nouvelle : la cour administrative d’appel de Versailles a rétabli le plan local d’urbanisme (PLU) de Gonesse. À 15 kilomètres au nord de Paris, le Triangle de Gonesse – des centaines d’hectares de terres agricoles dans le Val-d’Oise – est donc à nouveau menacé d’urbanisation. Et ce malgré l’abandon, en novembre 2019, du projet EuropaCity, un méga-complexe de loisirs, d’hôtels et de commerces.

Des revers juridiques, Bernard Loup en a connu d’autres. Déjà en juillet 2019, la cour administrative d’appel de Versailles avait validé l’arrêté préfectoral approuvant la création de la zone d’aménagement concerté (ZAC), ouvrant la voie à l’urbanisation des terres agricoles. Le rétablissement du PLU était le dernier acte redouté. Reste à savoir ce qu’il va maintenant advenir du Triangle de Gonesse.

La ligne 17 du Grand Paris Express pourrait servir de cheval de Troie

Pour répondre à cette question, le gouvernement avait mandaté un haut fonctionnaire, Francis Rol-Tanguy, dans la foulée de l’annonce de l’abandon d’EuropaCity. Son rapport, remis en juillet 2020, présente trois options. Soit la réalisation d’une zone d’activité commerciale repensée couvrant 280 hectares ; soit une zone moins vaste, laissant libres quelques parcelles ; soit, enfin, une préservation de l’ensemble des terres agricoles. Cette dernière solution, que préconise le rapport, est aussi celle espérée par les opposants de longue date à EuropaCity. Cela permettrait aux écologistes de développer leur projet alternatif Carma (coopération pour une ambition agricole, rurale et métropolitaine d’avenir), tourné vers l’agriculture de proximité. « Le Triangle de Gonesse peut être un sacré levier pour booster l’activité agricole en Île-de-France, veut croire Bernard Loup. Ce qu’oublient les élus pro-aménagement sous prétexte de vouloir créer des emplois, c’est que l’agriculture est aussi une activité économique. » Mais l’option pose problème à ceux qui comptent encore que la future gare de Gonesse, prévue sur le tracé de la ligne 17 du Grand Paris Express, voit le jour. Initialement envisagée pour desservir EuropaCity, elle n’a pas été abandonnée. Elle pourrait même servir de cheval de Troie à l’urbanisation. Difficile, en effet, d’imaginer une gare seule au milieu des champs. Pour Marie-Christine Cavecchi, présidente (LR) du conseil départemental du Val-d’Oise, ce serait une façon de compenser le « mauvais coup » du gouvernement après l’abandon d’EuropaCity. Dans le Journal du dimanche du 20 décembre, l’élue réclame « un véritable projet d’envergure métropolitaine » autour de la gare de Gonesse.

« Sa liste au père noël, c’est du grand n’importe quoi », lui répond Bernard Loup. Le militant s’attend bien à une « compensation » du gouvernement pour le département après l’arrêt d’EuropaCity, mais espère qu’elle ne concernera pas les terres agricoles du Triangle de Gonesse. Car le premier ministre, Jean Castex, doit présenter son « plan pour le Val-d’Oise » d’ici début 2021. L’annonce du maintien ou non de la construction de la gare de Gonesse sera attentivement scrutée.

« Macron se sert de cette décision pour vanter son bilan écologique »

Les opposants historiques au projet EuropaCity sont prêts à repartir au front. Suite à la décision de la cour administrative d’appel de Versailles, le CPTG a annoncé vouloir déposer un recours devant le Conseil d’État. « Ce recours est symbolique, c’est sur le terrain politique qu’il faut espérer confirmer la victoire contre Europacity », précise Bernard Loup. « Si le gouvernement décide de maintenir la gare et l’urbanisation qui en découle, on pourrait se retrouver dans la même situation que celle où nous étions avant novembre 2019 et l’abandon du méga-complexe. Emmanuel Macron se sert de cette décision et de celle de Notre-Dame-des-Landes pour vanter son bilan écologique. Ce serait une faute politique que de finalement maintenir la ZAC », met en garde le militant. Le CPTG prépare une série de mobilisations en 2021 et appelle d’ores et déjà à un rassemblement citoyen dimanche 17 janvier sur le Triangle de Gonesse. L’objectif est de montrer qu’ils seront au rendez-vous tant que ces terres fertiles du Val-d’Oise ne seront pas définitivement sauvées.

Le Collectif pour le Triangle de Gonesse prépare une série de mobilisations en 2021 et appelle d’ores et déjà à un rassemblement citoyen dimanche 17 janvier sur le site.

 

Contre le terrorisme : l’éducation, la culture, la fraternité

Le meurtre atroce de Samuel Paty, professeur assassiné pour avoir enseigné la liberté de conscience, nous ébranle profondément.

« Samuel Paty, en tant que professeur, défendait deux valeurs : l’éducation et la laïcité. C’est au nom de ces deux causes qu’un assassin lui a retiré la vie. C’est l’ignorance qui a tué. » (Christophe Doré, Maire de Bolbec, dans le cadre des hommages prononcés la semaine du 19/10 dans le pays de Caux)

« L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l’équation. » ( Averroès (1126 -1198), philosophe, théologien, juriste et médecin musulman andalou)

« La meilleure façon de redonner une identité à un pays en perdition, c’est la culture.» (Albert Dupontel, dans le cadre de la sortie du film « Adieu les cons !»)

Après l’effroi, la colère, l’émotion, les indispensables moments d’hommage et de recueillement, le temps est venu d’analyser pour la surmonter cette terrible épreuve que traverse notre société. La raison doit l’emporter sur l’épouvante. Comment lutter contre l’obscurantisme, la haine, le fanatisme, l’ignorance ? Car ce sont bien tous ces maux qui sont les germes du terrorisme que nous subissons aujourd’hui.

Ce n’est ni dans la violence, ni par la restriction de nos libertés, ni par la division, la stigmatisation, les anathèmes, si vite prônés par certain.es à des fins électoralistes, que nous trouverons la solution. Encore moins dans la guerre, qui sème le chaos dans le monde et nourrit le terrorisme.

Il importe bien sûr de renforcer nos moyens de renseignement, de protéger les cibles potentielles par des forces de police suffisantes, de surveiller et d’éradiquer les messages de haine propagés par les réseaux sociaux, de donner davantage de moyens à la justice, sans jamais s’affranchir de l’État de droit.

Mais rien de tout cela ne suffira.

Il faut assécher le terreau qui nourrit l’intégrisme et le terrorisme.

Les terroristes cherchent à abattre notre modèle social, à répandre la terreur, en nous opposant, en suscitant des réactions racistes et identitaires, des amalgames contre l’ensemble des musulmans, contre les immigrés. Le terrorisme islamiste s’attaque à nos valeurs fondamentales : la laïcité, qui garantit la liberté de conscience ; la liberté, d’expression, de création, de critique ; l’égalité entre les citoyen.nes ; la fraternité, qui assure une société soudée. C’est en renforçant ces valeurs que nous ferons face, en les érigeant comme un bouclier.

Face à la barbarie, à une idéologie liberticide et obscurantiste, notre réponse : la culture, l’éducation, la connaissance. C’est en reconstruisant une République sociale et démocratique plus juste et plus forte que nous nous défendrons.

À ceux qui bombent le torse, en nous promettant des mesures davantage sévères, qui disent une fois encore que nous aurons de nouvelles caméras de surveillance, ou quelques policiers supplémentaires…, nous posons la question suivante : sur le terrain de la bataille pour l’éducation et de la lutte contre l’ignorance, tout a t-il été tenté ? Avez-vous tout tenté, avons-nous tout tenté ?

Agissons à notre niveau, car l’échelon municipal est l’endroit où on peut agir en faveur du bien commun, sans rien gommer de la diversité de nos habitant.es.

Donnons à l’école les moyens nécessaires pour former des citoyen.nes éclairé.es : des moyens humains, matériels, des enseignant.es formé.es, reconnu.es et respecté.es, avec l’ambition d’une culture de haut niveau donnant à tou.tes les moyens d’assurer leur avenir.

Plus de 100 000 élèves sortent chaque année du système scolaire sans diplôme. Si on veut réduire ou supprimer le terreau de recrutement des forces obscurantistes terroristes, il faut s’attaquer à cela aussi.

Nous citons ci-dessous quatre exemples locaux qui montrent que notre ville pourrait agir pour contribuer davantage à la réussite scolaire des enfants gratiennois et à l’intégration dans la République d’enfants, de parents, grands parents, jeunes adultes… par le canal de l’école.

Luttons contre les ghettos urbains propices au repli communautaire et contre les discriminations. Rendons réel le beau principe du « vivre ensemble ».

Les crises, qu’elles soient sociales, écologiques ou démocratiques, ne peuvent être résolues que collectivement. Appuyons-nous sur l’intelligence collective, informons, concertons. Vivons ensemble, et non seulement à côté les un.es des autres, apprenons les un.es des autres sans rien renier de nos libertés.

Ne prospérons pas sur les peurs et les haines. Ce sont les mots des terroristes, pas les nôtres.

À Saint Gratien…

-Mi 2013, l’Inspection de notre secteur propose de scolariser dans une école de notre ville des enfants de moins de 3 ans. L’objectif est d’intégrer et de socialiser tôt des enfants dans le système scolaire. Sur la base d’expériences passées, notamment à l’étranger, la mesure a démontré des résultats. L’Éducation Nationale dispose à ce moment de personnel formé. Une salle de classe est disponible. Madame Eustache-Brinio a refusé que cette expérimentation soit mise en œuvre. Pourquoi ?

– En 2014, a lieu une levée de bouclier de la part de parents d’élèves contre les A, B, C, D de l’égalité, dont l’objectif était de lutter contre le sexisme et les stéréotypes de genre. Alors que la ministre est désappointée face à cette fronde qui regroupe un spectre hétéroclite de parents d’élèves et d’organisations, également dans notre ville, nous n’avons pas le souvenir d’avoir entendu Madame Eustache, ni ses adjoints, défendre l’école de la République.

– En 2015, le film Tomboy est programmé dans des écoles de St-Gratien le cadre du programme « école et cinéma ». Les enseignantes souhaitaient utiliser ce support cinématographique dans le cadre d’un enseignement de l’égalité filles-garçons auprès d’élèves de CM1-CM2. Au motif que le film a eu le prix récompensant les films traitant de sujets LGBT à la Berlinale 2011, s’est développée une fronde regroupant là aussi un spectre hétéroclite de parents d’élèves – de diverses obédiences religieuses -contre la sortie des élèves prévue au cinéma Les Toiles. Pour motiver leur opposition à cette sortie scolaire, le film fut qualifié de « pornographique» (sic). Les parents d’élèves leader de la fronde, qui n’avaient pas, plus que les autres, vu le film, s’en excusèrent au conseil d’école suivant. Le mal était fait : près de la moitié d’une classe fut exemptée de sortie. Le travail de l’enseignante fut rendu plus difficile au regard d’un support uniquement vu par une partie de ses élèves. Comme support pédagogique, le film, dans cette école-ci, fut abandonné par la suite. Alors qu’il aurait été opportun que l’adjoint aux affaires scolaires s’exprime sur le fond de cette affaire au conseil d’école suivant, il n’en fut rien. « L’ « affaire » regardait l’Éducation nationale ». Et cela n’a aucunement empêché l’association de parents d’élèves parmi les initiateurs de la fronde de percevoir à nouveau une subvention municipale par la suite, nonobstant la demande de signature d’une charte municipale de la Laïcité.

– Certaines villes se sont saisis des TAP, pour toucher les familles éloignées de l’école, qui aimeraient s’impliquer davantage dans la scolarité de leurs enfants, mais qui ont peur car ne comprenant pas les codes de l’école. Il a été proposé à des parents et des grands-parents, accompagnés par l’enseignant ou par un animateur de la ville, de venir parler aux élèves de leur pays d’origine, des traits de leurs coutumes, dans le cadre de partages sur le temps des TAP sur les « cultures du monde ». La ville de St-Gratien a fait un autre choix. Le choix de TAP « low-cost ». Lesquels, sur la base d’un sondage qu’elle a réalisé auprès des parents d’élèves ont au final été rejetés à 90 %. Et fin a été mis à l’expérience.

-De même, un certain nombre des élu-e-s de la majorité municipale participent au conseil d’administration des deux collèges de la ville et du lycée d’Enghien. Nous ne les avons pas entendus contre la baisse des moyens, des budgets, ni des dotations horaires. Ce qui complexifie l’organisation des enseignements, a fortiori lorsqu’en même temps les programmes s’alourdissent. Les heures d’histoire géographie sont, par exemple, passées en 20 ans de 3h30 à 3h alors qu’a été ajouté à l’histoire-géo l’enseignement moral & civique (EMC). Le département du Val d’Oise et la région Île-de-France, gérés par la majorité à laquelle appartient notre maire et notre sénatrice, ont réduit à la portion congrue les budgets dédiés aux « cordées de la réussite ».

Présentation des Cordées de la réussite : Un dispositif partenarial à destination d’élèves de milieux sociaux modestes, éloignés de l’enseignement supérieur pour des raisons sociologiques et/ou géographiques.

Initiées en 2008, les « Cordées de la réussite » s’inscrivent dans une dynamique d’intensification des liens entre l’enseignement scolaire (général, technologique et professionnel), l’enseignement supérieur et le monde professionnel. Reposant sur un réseau de solidarité, ce dispositif s’adresse à des élèves de milieux sociaux modestes, éloignés de l’enseignement supérieur pour des raisons sociologiques et/ou géographiques. Il vise à lever les obstacles psychologiques, sociaux, géographiques et/ou culturels qui peuvent freiner l’accès de ces jeunes aux formations de l’enseignement supérieur et notamment aux filières d’excellence. Il contribue à les aider à construire progressivement un parcours choisi et ambitieux.

Les Parcours d’excellence mis en place en 2016 constituent une déclinaison de ce dispositif dans les collèges en éducation prioritaire.

Stéphane Bauer, Isabelle Volat, élu.es de Saint Gratien

Journée nationale de la Résistance

Nous commémorerons ce mercredi à Saint Gratien la Journée nationale de la Résistance. Je vous invite à nous accompagner, si vous le désirez.

Ci-dessous, le message annonçant cette initiative, qui est largement ouverte à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent garder vivant l’esprit de la Résistance.
 
Dans le calendrier des commémorations nationales, la date du 27 mai est celle de la Journée Nationale de la Résistance.

Les communistes de Saint Gratien commémoreront le 27 mai en déposant un bouquet aux monuments aux morts.

Cette date correspond à la première réunion du Conseil National de la Résistance (CNR), il y a 77 ans. Né en 1943, en pleine guerre, le CNR réunit huit mouvements de Résistance, six partis politiques et deux centrales syndicales. Deux ans après, dans une France en ruine, un gouvernement réunissant des ministres gaullistes, de la SFIO et du PCF, reconstruisent le pays en faisant le choix de mettre en œuvre des avancées sociales, économiques et politiques majeures. Le programme du CNR fut adopté le 15 mai 1944, à l’unanimité de ses composantes communiste, gaulliste, socialiste, centriste… Cette actualité de la Résistance est tellement vivante aujourd’hui, à l’heure où tout le monde s’interroge sur les moyens de reconstruire nos pays, mis à l’arrêt par la pandémie.

Saint Gratien garde le souvenir de la résistance au travers de nombreuses places, rues et écoles : Jean Zay, Jean Moulin, Pierre Brossolette, Gabriel Péri, Danielle Casanova et bien d’autres encore, ainsi que le souvenir de résistants locaux tels que Suzanne Barroul, Maxime Hébert, Robert Joubel… C’est à eux aussi que nous penserons le 27 mai.

Nous vous invitons, en ces temps où subrepticement  le thème des « Jours heureux » est galvaudé – y compris par le Président de la République – à nous accompagner, si vous le souhaitez.

Rendez-vous place Gambetta, sous le gros cèdre, ce mercredi à 18 heures.

La ville et son équipe dirigeante, qui ne commémore pas cette journée, est prévenue et invitée à notre initiative.

Nous respecterons les consignes de sécurité sanitaire.
Merci à vous si vous souhaitez diffuser cette information.
  
Stéphane Bauer et Isabelle Volat

En annexe, le texte « Des jours heureux » de Monique Chemillier-Gendreau, juriste, professeure émérite de droit public et de science politique à l’université Paris-Diderot, spécialiste de droit international et de la théorie de l’État
Des jours heureux MCG

2020-05-27-commemoration-journee-nationale-resistance

Saint-Gratien 8 mai 2020, 75ème anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie

Il y a 75 ans..

cérémonie 8 mai 2020-38Henri Rol Tanguy 

Fait lieutenant-colonel par le Général de Gaulle

« De février 1937 [dans les Brigades internationales au secours de l’Espagne républicaine] au 8 mai 1945, j’ai toujours été au combat : j’ai encore, dans le corps, une balle de mitrailleuse qui m’a frappé, le 18 juin 1938, sur le front de l’Ebre ».

« À l’état-major régional, la tactique de débordement par l’ouest et par l’est ne manquait pas de nous interroger sur le sort de Paris : quand, comment Paris serait-il libéré ? On sait aujourd’hui que ce devait être au mieux début septembre, ce qui aurait fait courir de gros risques à la capitale et à ses habitants. Vu le rapport des forces général, de plus en plus défavorable aux allemands dans le pays avec la retraite à l’ouest, le débarquement en Provence et la mobilisation populaire dans la région parisienne, il était nécessaire d’agir au plus vite. L’insurrection devenait indispensable, dans la simple perspective de la sauvegarde de la capitale.  Mais il fallait aussi faire la liaison avec les forces alliées et faire en sorte qu’elles arrivent au plus vite à Paris. J’ai été pour ma part très vite déterminé à le tenter puisque j’ai envoyé le 18 août une première mission, celle de Bressy pour prendre contact ».

17 août 1944, Analyse de la situation par Henri Rol Tanguy, dans le cadre de l’avancée de l’armée américaine en direction de Mantes au nord-ouest de la capitale, de Fontainebleau au sud, de Melun à l’est.  Rol Tanguy, par Roger Bourderon, édition Taillandier p 372

  • Grand Croix de la Légion d’Honneur
    • Compagnon de la Libération – décret du 18 janvier 1946
    • Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
    • Médaille de la Résistance
    • Croix du Combattant Volontaire
    • Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
    • Medal of Freedom (USA)
    • Médaille de l’Amitié des Peuples (URSS)

Membre du Comité central du PCF (1962-1987), Henri Rol-Tanguy a été également Président de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR) et Président de l’Amicale des Anciens Volontaires Français en Espagne Républicaine.

Triste coïncidence de date, nous apprenons aujourd’hui la disparition de Cécile Rol Tanguy. Nous y reviendrons.

 

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Marie-Claude Vaillant-Couturier

Arrêtée à Paris par la police française pour faits de résistance

cérémonie 8 mai 2020-40« Je faisais partie d’un convoi ayant quitté la France le 24 janvier 1943. Nous étions 230 [dont Danielle Casanova], n’étant pas juives nous sommes toutes entrées vivantes dans le camp d’Auschwitz-Birkenau. Personne n’a été gazé à l’arrivée. Mais il ne nous a pas fallu vingt-quatre heures pour constater la réalité des chambres à gaz. Les SS n’en faisaient pas mystère. Ils disaient ouvertement: «Ici on entre par la grande porte et on sort par la cheminée

Ancienne résistante communiste, déportée à Auschwitz et à Ravensbrück, celle qui témoigna de l’horreur du nazisme devant le tribunal de Nuremberg.

Siégeant à l’Assemblée consultative provisoire, elle est élue aux deux Assemblées constituantes en 1945 et 1946. Elle est députée PCF de la Seine de 1946 à 1958 et de 1962 à 1967, puis du Val-de-Marne jusqu’en 1973.

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8 mai 2020

Ce 8 mai 2020, les manifestations publiques sont interdites et les cérémonies de commémoration réduites au minimum. On ne peut pourtant pas laisser passer sans un signe le 75è anniversaire de la défaite du nazisme. Une date symbolique s’il en est. Nous avons donc choisi, en respectant scrupuleusement les consignes sanitaires, de marquer cette journée par le dépôt d’un bouquet d’œillets rouges au pied du monument aux morts de la place Gambetta. Nous répondons ainsi à l’appel de plusieurs associations mémorielles. Même en ces temps de crise majeure, rappelons-nous de celles et ceux qui ont donné leur vie pour la liberté, tout en préparant, par l’ambitieux « programme national de la résistance », des jours heureux.

La ville n’ayant pas souhaité de cérémonie, même restreinte, le maire a déposé, accompagné seulement d’un porte-drapeau et d’un photographe, une gerbe au nom du Conseil municipal, puis prononcé une courte allocution enregistrée de son bureau.  

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Le vol noir des corbeaux

Cérémonies sous Covid-19

cérémonie mai 2020-14Le 8 mai 2020 ne ressemblera à aucun autre. Sans cérémonie traditionnelle possible, ce n’est pourtant pas dans l’indifférence qu’aura lieu le 75è anniversaire de la victoire sur le nazisme. Les cérémonies d’ampleur prévues ne pourront bien évidemment pas se tenir. Mais nous ne perdons pas la mémoire. Sans nostalgie, sans penser que l’histoire se répète, gardons en tête les enseignements de cette période qui a aussi vu naître la Sécurité sociale.   

 « 75 ans plus tard, nous devons rappeler l’héroïsme et la victoire de nos aînés, celle de la liberté et de la démocratie sur la barbarie nazie. » Le comité parisien de la Libération et des associations mémorielles appellent les citoyens, dans le respect des déplacements dérogatoires, « à aller individuellement déposer le 8 mai 2020 une fleur, un bouquet, un dessin, un poème sur les monuments aux morts, au pied des plaques du souvenir de toutes les victimes du nazisme de leur commune. »

Pas de rassemblement ce 8 mai sur la place Gambetta, pas d’oubli non plus. En souvenir, quelques photos des cérémonies des années précédentes dans notre ville, accompagnés d’un chant emblématique de la résistance française : le chant des partisans.

cérémonie mai 2020-13

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne
Ohé, partisans, ouvriers et paysans c’est l’alarme
Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades,
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades,
Ohé, les tueurs, à vos armes et vos couteaux, tirez vite,
Ohé, saboteurs, attention à ton fardeau, dynamite.

C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère
II y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves
Ici, nous, vois-tu, nous on marche, nous on tue ou on crève.

Ici, chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe
Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place,
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur nos routes
Chantez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute.

Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines

Plus que jamais le 1er mai

Déclaration commune de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de la FIDL, de l’UNEF, du MNL, et de l’ULN

Plus que jamais le 1er Mai

Alors que le monde entier fait face à la pandémie, ce premier mai sera plus que jamais la journée internationale de luttes des travailleuses et travailleurs.

Depuis le début de la crise sanitaire, des millions de personnes sont confinées. De nombreux pays vivent grâce aux oublié-es, aux invisibles de nos sociétés, qui continuent à travailler, le plus souvent au risque de leur propre vie.

Évidemment ce sont d’abord l’ensemble des personnels de santé qui n’ont pas compté leurs heures, leur dévouement. Ensuite il y a tous les salarié-es, souvent des femmes, du commerce, de l’agro-alimentaire, du paramédical du social, du nettoiement…, ainsi que tous-tes ces agent-es de la fonction publique qui ont continué d’assurer leurs missions de service public, et plus largement ceux et celles qui travaillent au service de la population.

Les paroles de reconnaissance des gouvernements n’ont pas été suivies d’actes forts. Les mots sont évidemment insuffisants pour exprimer notre colère, et notre détermination à faire changer les choses.Nous porterons ce 1er mai 2020, bien que confiné-es, les revendications qui sont plus que jamais d’actualité.

Car sacrifier la santé des travailleurs.ses n’est pas admissible :
Si la « reprise » de la vie sociale, dont le travail fait partie, est une espérance, une nécessité pour beaucoup d’entre nous, (et pour d’autres plus pour remettre leur profit à l’ordre du jour), cela ne peut se faire sans la garantie la plus absolue de la sécurité de chacun, chacune, ainsi que celle de ses enfants. La santé, la sécurité, le droit de retrait, de grève, le droit syndical doivent être respectés !!

Car sacrifier les droits des travailleurs.ses sur l’autel de l’économie n’est pas tolérable et ne pourra continuer quelle que soit la situation :
Des semaines à 60 heures de travail, la perte des congés, des jours de repos, le travail dominical étendu, les abus sur le télétravail ne sont pas légitimes et ne peuvent durer ! Ce n’est pas une prime donnée au bon vouloir du patron, ou de l’employeur public, une aide ponctuelle aux plus modestes qui suffiront aux travailleurs.euses : ce sont de vraies revalorisations salariales du SMIC et des salaires en particulier dans les conventions collectives où ils sont les plus bas, tout comme dans la fonction publique !

Sacrifier les plus précaires d’entre nous n’est pas admissible dans une société d’égalité et de solidarité :
Vacataires, intérimaires, intermittent-es, services civiques, la précarisation des travailleur.euses s’est multipliée ces dernières années, et la situation des chômeur.euses et étudiant-es a été dégradée, tout comme celle des sans-papiers aujourd’hui ignoré-es sur le plan sanitaire comme social.
Elles et ils payent le prix fort de la situation, et les inégalités sociales explosent. Le manque d’investissement au niveau de la santé, la réforme de l’assurance chômage, le projet de réforme de la retraite par points, mettent à mal la protection sociale, laquelle est un socle protecteur.

De plus, le développement des services publics est nécessaire et indispensable pour assurer l’égalité et répondre aux besoins de la population. De nombreuses aides sont prévues pour les entreprises, alors que pour ceux et celles qui sont dans les situations difficiles, elles restent mineures. Il faut permettre la suspension des loyers et des dépenses de toute l’énergie, une aide pour l’accès à Internet et aux transports, car nous savons que si la crise sanitaire peut régresser, la situation économique et sociale va continuer à faire des dégâts.

Cette situation inédite, qui peut malheureusement perdurer et/ou continuer, a remis en lumière l’essentiel : Un hôpital et un système de santé publique avec de vrais moyens humains, matériels, financiers, un système de protection sociale large tout au long de la vie, des services publics qui ne sont pas sacrifiés par des politiques de restructurations, suppressions au bénéfice des appétits de ceux qui prospèrent dans ce système   capitaliste !

Le 1er mai doit permettre à chacun et chacune de s’emparer de ces revendications, et par tous les moyens de les rendre visibles.

Même confiné-es, manifestons toutes et tous le 1er mai, avec des pancartes, banderoles ou en envahissant les réseaux sociaux(…) et donnons à cette journée une véritable force collective !

Le 1er mai, soyons visibles, solidaires, déterminées. Nous ne paierons pas la crise générée par des choix politiques d’un système capitaliste mortifère.

Transformons le monde de demain en un monde vivable, de justice sociale, écologiste et féministe !

Montreuil, le 20 avril 2020

mai 2020

 

Halte à l’improvisation

Dé confinement de l’Ile-de-France : halte à l’improvisation

Dans l’édition du « Journal Du Dimanche » du 26 avril 2020, des élus locaux  du Parti communiste français alertent sur les enjeux spécifiques du dé confinement de la région Ile-de-France.

Les signataires de cette tribune sont Céline Malaisé, Présidente du groupe Front de Gauche à la Région Ile-de-France, Christian Favier, Président du Conseil départemental du Val-de-Marne (94), Ian Brossat, conseiller de Paris PCF (75), Jacqueline Belhomme, maire de Malakoff (92), Patrice Bessac, maire de Montreuil (93), Marjolaine Rauze, maire de Morsang-sur-Orge (91), Charlotte Blandiot Farid, maire de Mitry-Mory (77), Pierre Barros, maire de Fosses (95), Nelly Dutu, maire de La Verrière (78).

Alors que la France doit entamer un dé confinement progressif et « territorialisé » à partir du 11 mai, des élus locaux de gauche en Île-de-France alertent sur les enjeux spécifiques de la région, premier foyer épidémique français de coronavirus, notamment celui des transports en commun ou des écoles. Et proposent des solutions pour une meilleure sortie du confinement.

Voici leur tribune.

L’Ile-de-France est le premier foyer épidémique français, avec près de 40% des malades du pays. Le nombre de décès y a augmenté de 72% par rapport à l’an passé.

Tous les départements franciliens connaissent une surmortalité de plus de 50%. De nombreuses familles sont endeuillées, la peine et les inquiétudes voilent l’avenir. La situation de nos aînés dans les EHPAD nous effraye. Nos communes, nos départements et la Région ont fait et font face aux urgences. Si le confinement a réduit la propagation du virus et le nombre de malades, la perspective d’un dé confinement posée par le Président de la République sans plan détaillé nous inquiète fortement.

L’étude de l’Inserm sur les conditions de la levée du confinement en Ile-de-France étudie divers scénarii et est tout aussi inquiétante. Sans mesures spéciales, elle indique que les besoins en lits de réanimation franciliens seraient 40 fois supérieurs à ceux existants. Ce serait une catastrophe sanitaire et humaine. Nous, élu.e.s locaux, avons à cœur de protéger les populations, de garantir leur sécurité sanitaire et sociale.
Il est donc indispensable que la sortie du confinement soit accompagnée du maximum de protections pour sauver des dizaines de milliers de vies et non guidée par des seuls impératifs économiques et financiers. L’étude de l’Inserm rappelle que la levée du confinement ne peut être possible qu’avec une politique de tests très active couplée à un isolement des cas positifs pour briser les chaînes de contamination.
C’est indispensable, mais en Île-de-France il faut aller plus loin. Instruits par la pénurie de moyens de protection pour les soignants, aucunement rassurés par les déclarations présidentielles et gouvernementales, dubitatifs sur la capacité de l’État à fournir des masques, non renseignés sur la stratégie sanitaire réelle de l’État, nous, élu.e.s régionaux, départementaux et municipaux franciliens, nous formulons des propositions pour l’action commune.
Il nous faut limiter au maximum les risques de transmission, en particulier dans les transports publics utilisés auparavant tous les jours par 5 millions d’usagers. Il faut tout faire pour que les usagers soient, dans un premier temps, beaucoup moins nombreux pour respecter la distanciation physique, soit moins de 1 million par jour. Il faut aussi qu’ils soient protégés, et que l’État leur fournisse des masques de qualité, quotidiennement dans les gares de Transilien, RER et les stations de métro.

Le télétravail, après le 11 mai et jusqu’à l’été, devra être maintenu à un niveau très élevé. Pour éviter que l’Île-de-France ne devienne un embouteillage géant, il faut donner en urgence les moyens d’augmenter massivement le nombre de déplacements à vélo et à pied. Il faut créer très vite des pistes cyclables temporaires dans toute la Région et augmenter l’espace réservé aux piétons dans les espaces très urbanisés.
Le 11 mai, les opérateurs de transport public ne pourront fournir qu’une offre de transport réduite de moitié par rapport à la normale. Est-il raisonnable de ne pas attendre qu’ils aient pu l’augmenter de façon plus importante ? Nous ne le pensons pas.

Concernant la réouverture des crèches, écoles, collèges et lycées, la condition sine qua non est la sécurité physique et morale des enfants et des personnels qui doivent disposer de moyens de protection notamment de masques fournis par l’État. Le flou gouvernemental et la délégation de la responsabilité à nos collectivités inquiètent. Nous entendons et partageons les craintes des parents et de leurs fédérations, celles des enseignants, des agents territoriaux et de leurs syndicats.
Les établissements ne peuvent pas devenir des foyers épidémiques et les enfants des vecteurs de transmission du virus dans les familles. Aucune étude n’avait envisagé un retour à l’école avant septembre encore moins dans le cluster francilien. Ce que nous exigeons est un plan d’action intégrant des garanties sur l’entretien des locaux et l’approvisionnement en masques, blouses, gants et tests car l’ouverture d’une école engage la puissance publique. C’est seulement à ces conditions qu’il est envisageable d’ouvrir les écoles.
D’autre part, les lycéens sont nombreux à emprunter les transports publics. Peut-on envisager rouvrir rapidement les lycées sans qu’ils puissent les rejoindre via d’autres modes de transport, comme le vélo ? Cela ne nous paraît pas non plus raisonnable.

Le dé confinement en Ile-de-France ne pourra être que très progressif, et plus tardif que dans le reste du pays. Nous appelons à la plus grande prudence et à prendre le temps d’une large concertation entre l’État et les collectivités. Il nous faut définir ensemble les conditions du dé confinement. Pour nous, cela ne nous apparaît pas possible sans une offre de transport public très conséquente, sans une campagne massive de tests, sans des distributions très larges de masques, sans la création d’un réseau très important de voies cyclables temporaires et sans une transparence entière de l’ État.
La levée du confinement, conformément aux conseils des scientifiques, doit s’accompagner d’une politique massive de dépistage couplée à un isolement des personnes positives. Plusieurs de nos collectivités ont déjà proposé des lieux d’isolement hors domicile, d’autres des centrales d’achat ou une mobilisation du tissu local de TPE ou PME pour produire des moyens de protection.

Ensemble, nous devons, dès à présent, anticiper et mettre en commun nos moyens pour acheter des tests, organiser la logistique humaine et matérielle d’un dépistage massif, définir les cohortes, suivre humainement les chaines de transmission pour les interrompre… A l’instar de ce que la région Grand Est met en place, nous proposons la création d’une société d’économie mixte (SEM) qui regrouperait la Région, les départements et les communes franciliennes ainsi que des acteurs publics et privés pour déployer un dépistage massif indispensable à la levée du confinement.

IDF

Pour ne pas oublier…

Le dernier dimanche d’avril est célébrée la « Journée  nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation ». Chaque année, des cérémonies officielles sont organisées à Paris et dans les territoires.

Cette année, compte tenu de la situation exceptionnelle liée à l’état d’urgence sanitaire et aux mesures de confinement, il y a peu de cérémonies avec un nombre de participants réduit.  

Pour ne pas oublier, voici le message, rédigé conjointement par : la Fédération Nationale des Déportés, internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP) ; la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD) et les Associations de mémoire des camps nazis ; l’Union Nationale des Associations de Déportés, Internés, de la Résistance et Familles (UNADIF-FNDIR).

Il y a soixante-quinze ans, au printemps 1945, plus de 700 000 hommes, femmes et enfants étaient regroupés dans ce qui restait de l’univers concentrationnaire et génocidaire nazi à l’agonie.

La moitié d’entre eux devait encore périr, notamment dans les marches de la mort, avant que les armées alliées, dans leur progression, n’ouvrent enfin les portes des camps sur une insoutenable vision d’horreur.

Les survivants de ce drame du genre humain, par leur esprit de résistance, leur volonté et leur profond attachement à préserver leur dignité, ont surmonté des conditions inhumaines malgré la présence et la menace permanentes de la mort.

Le 1er octobre 1946 s’achevait le procès de Nuremberg qui fondait la notion de « crime contre l’humanité » et posait les bases du droit pénal international.

De tout cela, rien ne doit être oublié…

Et pourtant, si les déportés ont su montrer dans les pires circonstances que la résistance face au crime demeurait toujours possible, leur persévérance à témoigner partout et auprès de tous ne suffit pas à faire disparaître la haine, le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et le rejet des différences.

Combattre sans relâche les idéologies qui affaiblissent notre modèle républicain et prônent le retour à l’obscurantisme et au fanatisme, promouvoir la tolérance, investir dans l’éducation morale et civique des jeunes générations. C’est le message des déportés, qui veulent faire de la journée nationale du Souvenir des victimes et des héros de la Déportation, une journée d’hommage, de recueillement, et plus encore, d’engagement personnel.

La période dramatique de la déportation rappelle en effet cruellement que les êtres humains sont responsables de l’avenir qu’ils préparent à leurs enfants, et qu’ils partagent une même communauté de destin.

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