Journée nationale de la Résistance

Nous commémorerons ce mercredi à Saint Gratien la Journée nationale de la Résistance. Je vous invite à nous accompagner, si vous le désirez.

Ci-dessous, le message annonçant cette initiative, qui est largement ouverte à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent garder vivant l’esprit de la Résistance.
 
Dans le calendrier des commémorations nationales, la date du 27 mai est celle de la Journée Nationale de la Résistance.

Les communistes de Saint Gratien commémoreront le 27 mai en déposant un bouquet aux monuments aux morts.

Cette date correspond à la première réunion du Conseil National de la Résistance (CNR), il y a 77 ans. Né en 1943, en pleine guerre, le CNR réunit huit mouvements de Résistance, six partis politiques et deux centrales syndicales. Deux ans après, dans une France en ruine, un gouvernement réunissant des ministres gaullistes, de la SFIO et du PCF, reconstruisent le pays en faisant le choix de mettre en œuvre des avancées sociales, économiques et politiques majeures. Le programme du CNR fut adopté le 15 mai 1944, à l’unanimité de ses composantes communiste, gaulliste, socialiste, centriste… Cette actualité de la Résistance est tellement vivante aujourd’hui, à l’heure où tout le monde s’interroge sur les moyens de reconstruire nos pays, mis à l’arrêt par la pandémie.

Saint Gratien garde le souvenir de la résistance au travers de nombreuses places, rues et écoles : Jean Zay, Jean Moulin, Pierre Brossolette, Gabriel Péri, Danielle Casanova et bien d’autres encore, ainsi que le souvenir de résistants locaux tels que Suzanne Barroul, Maxime Hébert, Robert Joubel… C’est à eux aussi que nous penserons le 27 mai.

Nous vous invitons, en ces temps où subrepticement  le thème des « Jours heureux » est galvaudé – y compris par le Président de la République – à nous accompagner, si vous le souhaitez.

Rendez-vous place Gambetta, sous le gros cèdre, ce mercredi à 18 heures.

La ville et son équipe dirigeante, qui ne commémore pas cette journée, est prévenue et invitée à notre initiative.

Nous respecterons les consignes de sécurité sanitaire.
Merci à vous si vous souhaitez diffuser cette information.
  
Stéphane Bauer et Isabelle Volat

En annexe, le texte « Des jours heureux » de Monique Chemillier-Gendreau, juriste, professeure émérite de droit public et de science politique à l’université Paris-Diderot, spécialiste de droit international et de la théorie de l’État
Des jours heureux MCG

2020-05-27-commemoration-journee-nationale-resistance

Saint-Gratien 8 mai 2020, 75ème anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie

Il y a 75 ans..

cérémonie 8 mai 2020-38Henri Rol Tanguy 

Fait lieutenant-colonel par le Général de Gaulle

« De février 1937 [dans les Brigades internationales au secours de l’Espagne républicaine] au 8 mai 1945, j’ai toujours été au combat : j’ai encore, dans le corps, une balle de mitrailleuse qui m’a frappé, le 18 juin 1938, sur le front de l’Ebre ».

« À l’état-major régional, la tactique de débordement par l’ouest et par l’est ne manquait pas de nous interroger sur le sort de Paris : quand, comment Paris serait-il libéré ? On sait aujourd’hui que ce devait être au mieux début septembre, ce qui aurait fait courir de gros risques à la capitale et à ses habitants. Vu le rapport des forces général, de plus en plus défavorable aux allemands dans le pays avec la retraite à l’ouest, le débarquement en Provence et la mobilisation populaire dans la région parisienne, il était nécessaire d’agir au plus vite. L’insurrection devenait indispensable, dans la simple perspective de la sauvegarde de la capitale.  Mais il fallait aussi faire la liaison avec les forces alliées et faire en sorte qu’elles arrivent au plus vite à Paris. J’ai été pour ma part très vite déterminé à le tenter puisque j’ai envoyé le 18 août une première mission, celle de Bressy pour prendre contact ».

17 août 1944, Analyse de la situation par Henri Rol Tanguy, dans le cadre de l’avancée de l’armée américaine en direction de Mantes au nord-ouest de la capitale, de Fontainebleau au sud, de Melun à l’est.  Rol Tanguy, par Roger Bourderon, édition Taillandier p 372

  • Grand Croix de la Légion d’Honneur
    • Compagnon de la Libération – décret du 18 janvier 1946
    • Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
    • Médaille de la Résistance
    • Croix du Combattant Volontaire
    • Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
    • Medal of Freedom (USA)
    • Médaille de l’Amitié des Peuples (URSS)

Membre du Comité central du PCF (1962-1987), Henri Rol-Tanguy a été également Président de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR) et Président de l’Amicale des Anciens Volontaires Français en Espagne Républicaine.

Triste coïncidence de date, nous apprenons aujourd’hui la disparition de Cécile Rol Tanguy. Nous y reviendrons.

 

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Marie-Claude Vaillant-Couturier

Arrêtée à Paris par la police française pour faits de résistance

cérémonie 8 mai 2020-40« Je faisais partie d’un convoi ayant quitté la France le 24 janvier 1943. Nous étions 230 [dont Danielle Casanova], n’étant pas juives nous sommes toutes entrées vivantes dans le camp d’Auschwitz-Birkenau. Personne n’a été gazé à l’arrivée. Mais il ne nous a pas fallu vingt-quatre heures pour constater la réalité des chambres à gaz. Les SS n’en faisaient pas mystère. Ils disaient ouvertement: «Ici on entre par la grande porte et on sort par la cheminée

Ancienne résistante communiste, déportée à Auschwitz et à Ravensbrück, celle qui témoigna de l’horreur du nazisme devant le tribunal de Nuremberg.

Siégeant à l’Assemblée consultative provisoire, elle est élue aux deux Assemblées constituantes en 1945 et 1946. Elle est députée PCF de la Seine de 1946 à 1958 et de 1962 à 1967, puis du Val-de-Marne jusqu’en 1973.

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8 mai 2020

Ce 8 mai 2020, les manifestations publiques sont interdites et les cérémonies de commémoration réduites au minimum. On ne peut pourtant pas laisser passer sans un signe le 75è anniversaire de la défaite du nazisme. Une date symbolique s’il en est. Nous avons donc choisi, en respectant scrupuleusement les consignes sanitaires, de marquer cette journée par le dépôt d’un bouquet d’œillets rouges au pied du monument aux morts de la place Gambetta. Nous répondons ainsi à l’appel de plusieurs associations mémorielles. Même en ces temps de crise majeure, rappelons-nous de celles et ceux qui ont donné leur vie pour la liberté, tout en préparant, par l’ambitieux « programme national de la résistance », des jours heureux.

La ville n’ayant pas souhaité de cérémonie, même restreinte, le maire a déposé, accompagné seulement d’un porte-drapeau et d’un photographe, une gerbe au nom du Conseil municipal, puis prononcé une courte allocution enregistrée de son bureau.  

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Le vol noir des corbeaux

Cérémonies sous Covid-19

cérémonie mai 2020-14Le 8 mai 2020 ne ressemblera à aucun autre. Sans cérémonie traditionnelle possible, ce n’est pourtant pas dans l’indifférence qu’aura lieu le 75è anniversaire de la victoire sur le nazisme. Les cérémonies d’ampleur prévues ne pourront bien évidemment pas se tenir. Mais nous ne perdons pas la mémoire. Sans nostalgie, sans penser que l’histoire se répète, gardons en tête les enseignements de cette période qui a aussi vu naître la Sécurité sociale.   

 « 75 ans plus tard, nous devons rappeler l’héroïsme et la victoire de nos aînés, celle de la liberté et de la démocratie sur la barbarie nazie. » Le comité parisien de la Libération et des associations mémorielles appellent les citoyens, dans le respect des déplacements dérogatoires, « à aller individuellement déposer le 8 mai 2020 une fleur, un bouquet, un dessin, un poème sur les monuments aux morts, au pied des plaques du souvenir de toutes les victimes du nazisme de leur commune. »

Pas de rassemblement ce 8 mai sur la place Gambetta, pas d’oubli non plus. En souvenir, quelques photos des cérémonies des années précédentes dans notre ville, accompagnés d’un chant emblématique de la résistance française : le chant des partisans.

cérémonie mai 2020-13

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne
Ohé, partisans, ouvriers et paysans c’est l’alarme
Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades,
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades,
Ohé, les tueurs, à vos armes et vos couteaux, tirez vite,
Ohé, saboteurs, attention à ton fardeau, dynamite.

C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère
II y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves
Ici, nous, vois-tu, nous on marche, nous on tue ou on crève.

Ici, chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe
Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place,
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur nos routes
Chantez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute.

Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines

Plus que jamais le 1er mai

Déclaration commune de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de la FIDL, de l’UNEF, du MNL, et de l’ULN

Plus que jamais le 1er Mai

Alors que le monde entier fait face à la pandémie, ce premier mai sera plus que jamais la journée internationale de luttes des travailleuses et travailleurs.

Depuis le début de la crise sanitaire, des millions de personnes sont confinées. De nombreux pays vivent grâce aux oublié-es, aux invisibles de nos sociétés, qui continuent à travailler, le plus souvent au risque de leur propre vie.

Évidemment ce sont d’abord l’ensemble des personnels de santé qui n’ont pas compté leurs heures, leur dévouement. Ensuite il y a tous les salarié-es, souvent des femmes, du commerce, de l’agro-alimentaire, du paramédical du social, du nettoiement…, ainsi que tous-tes ces agent-es de la fonction publique qui ont continué d’assurer leurs missions de service public, et plus largement ceux et celles qui travaillent au service de la population.

Les paroles de reconnaissance des gouvernements n’ont pas été suivies d’actes forts. Les mots sont évidemment insuffisants pour exprimer notre colère, et notre détermination à faire changer les choses.Nous porterons ce 1er mai 2020, bien que confiné-es, les revendications qui sont plus que jamais d’actualité.

Car sacrifier la santé des travailleurs.ses n’est pas admissible :
Si la « reprise » de la vie sociale, dont le travail fait partie, est une espérance, une nécessité pour beaucoup d’entre nous, (et pour d’autres plus pour remettre leur profit à l’ordre du jour), cela ne peut se faire sans la garantie la plus absolue de la sécurité de chacun, chacune, ainsi que celle de ses enfants. La santé, la sécurité, le droit de retrait, de grève, le droit syndical doivent être respectés !!

Car sacrifier les droits des travailleurs.ses sur l’autel de l’économie n’est pas tolérable et ne pourra continuer quelle que soit la situation :
Des semaines à 60 heures de travail, la perte des congés, des jours de repos, le travail dominical étendu, les abus sur le télétravail ne sont pas légitimes et ne peuvent durer ! Ce n’est pas une prime donnée au bon vouloir du patron, ou de l’employeur public, une aide ponctuelle aux plus modestes qui suffiront aux travailleurs.euses : ce sont de vraies revalorisations salariales du SMIC et des salaires en particulier dans les conventions collectives où ils sont les plus bas, tout comme dans la fonction publique !

Sacrifier les plus précaires d’entre nous n’est pas admissible dans une société d’égalité et de solidarité :
Vacataires, intérimaires, intermittent-es, services civiques, la précarisation des travailleur.euses s’est multipliée ces dernières années, et la situation des chômeur.euses et étudiant-es a été dégradée, tout comme celle des sans-papiers aujourd’hui ignoré-es sur le plan sanitaire comme social.
Elles et ils payent le prix fort de la situation, et les inégalités sociales explosent. Le manque d’investissement au niveau de la santé, la réforme de l’assurance chômage, le projet de réforme de la retraite par points, mettent à mal la protection sociale, laquelle est un socle protecteur.

De plus, le développement des services publics est nécessaire et indispensable pour assurer l’égalité et répondre aux besoins de la population. De nombreuses aides sont prévues pour les entreprises, alors que pour ceux et celles qui sont dans les situations difficiles, elles restent mineures. Il faut permettre la suspension des loyers et des dépenses de toute l’énergie, une aide pour l’accès à Internet et aux transports, car nous savons que si la crise sanitaire peut régresser, la situation économique et sociale va continuer à faire des dégâts.

Cette situation inédite, qui peut malheureusement perdurer et/ou continuer, a remis en lumière l’essentiel : Un hôpital et un système de santé publique avec de vrais moyens humains, matériels, financiers, un système de protection sociale large tout au long de la vie, des services publics qui ne sont pas sacrifiés par des politiques de restructurations, suppressions au bénéfice des appétits de ceux qui prospèrent dans ce système   capitaliste !

Le 1er mai doit permettre à chacun et chacune de s’emparer de ces revendications, et par tous les moyens de les rendre visibles.

Même confiné-es, manifestons toutes et tous le 1er mai, avec des pancartes, banderoles ou en envahissant les réseaux sociaux(…) et donnons à cette journée une véritable force collective !

Le 1er mai, soyons visibles, solidaires, déterminées. Nous ne paierons pas la crise générée par des choix politiques d’un système capitaliste mortifère.

Transformons le monde de demain en un monde vivable, de justice sociale, écologiste et féministe !

Montreuil, le 20 avril 2020

mai 2020

 

Halte à l’improvisation

Dé confinement de l’Ile-de-France : halte à l’improvisation

Dans l’édition du « Journal Du Dimanche » du 26 avril 2020, des élus locaux  du Parti communiste français alertent sur les enjeux spécifiques du dé confinement de la région Ile-de-France.

Les signataires de cette tribune sont Céline Malaisé, Présidente du groupe Front de Gauche à la Région Ile-de-France, Christian Favier, Président du Conseil départemental du Val-de-Marne (94), Ian Brossat, conseiller de Paris PCF (75), Jacqueline Belhomme, maire de Malakoff (92), Patrice Bessac, maire de Montreuil (93), Marjolaine Rauze, maire de Morsang-sur-Orge (91), Charlotte Blandiot Farid, maire de Mitry-Mory (77), Pierre Barros, maire de Fosses (95), Nelly Dutu, maire de La Verrière (78).

Alors que la France doit entamer un dé confinement progressif et « territorialisé » à partir du 11 mai, des élus locaux de gauche en Île-de-France alertent sur les enjeux spécifiques de la région, premier foyer épidémique français de coronavirus, notamment celui des transports en commun ou des écoles. Et proposent des solutions pour une meilleure sortie du confinement.

Voici leur tribune.

L’Ile-de-France est le premier foyer épidémique français, avec près de 40% des malades du pays. Le nombre de décès y a augmenté de 72% par rapport à l’an passé.

Tous les départements franciliens connaissent une surmortalité de plus de 50%. De nombreuses familles sont endeuillées, la peine et les inquiétudes voilent l’avenir. La situation de nos aînés dans les EHPAD nous effraye. Nos communes, nos départements et la Région ont fait et font face aux urgences. Si le confinement a réduit la propagation du virus et le nombre de malades, la perspective d’un dé confinement posée par le Président de la République sans plan détaillé nous inquiète fortement.

L’étude de l’Inserm sur les conditions de la levée du confinement en Ile-de-France étudie divers scénarii et est tout aussi inquiétante. Sans mesures spéciales, elle indique que les besoins en lits de réanimation franciliens seraient 40 fois supérieurs à ceux existants. Ce serait une catastrophe sanitaire et humaine. Nous, élu.e.s locaux, avons à cœur de protéger les populations, de garantir leur sécurité sanitaire et sociale.
Il est donc indispensable que la sortie du confinement soit accompagnée du maximum de protections pour sauver des dizaines de milliers de vies et non guidée par des seuls impératifs économiques et financiers. L’étude de l’Inserm rappelle que la levée du confinement ne peut être possible qu’avec une politique de tests très active couplée à un isolement des cas positifs pour briser les chaînes de contamination.
C’est indispensable, mais en Île-de-France il faut aller plus loin. Instruits par la pénurie de moyens de protection pour les soignants, aucunement rassurés par les déclarations présidentielles et gouvernementales, dubitatifs sur la capacité de l’État à fournir des masques, non renseignés sur la stratégie sanitaire réelle de l’État, nous, élu.e.s régionaux, départementaux et municipaux franciliens, nous formulons des propositions pour l’action commune.
Il nous faut limiter au maximum les risques de transmission, en particulier dans les transports publics utilisés auparavant tous les jours par 5 millions d’usagers. Il faut tout faire pour que les usagers soient, dans un premier temps, beaucoup moins nombreux pour respecter la distanciation physique, soit moins de 1 million par jour. Il faut aussi qu’ils soient protégés, et que l’État leur fournisse des masques de qualité, quotidiennement dans les gares de Transilien, RER et les stations de métro.

Le télétravail, après le 11 mai et jusqu’à l’été, devra être maintenu à un niveau très élevé. Pour éviter que l’Île-de-France ne devienne un embouteillage géant, il faut donner en urgence les moyens d’augmenter massivement le nombre de déplacements à vélo et à pied. Il faut créer très vite des pistes cyclables temporaires dans toute la Région et augmenter l’espace réservé aux piétons dans les espaces très urbanisés.
Le 11 mai, les opérateurs de transport public ne pourront fournir qu’une offre de transport réduite de moitié par rapport à la normale. Est-il raisonnable de ne pas attendre qu’ils aient pu l’augmenter de façon plus importante ? Nous ne le pensons pas.

Concernant la réouverture des crèches, écoles, collèges et lycées, la condition sine qua non est la sécurité physique et morale des enfants et des personnels qui doivent disposer de moyens de protection notamment de masques fournis par l’État. Le flou gouvernemental et la délégation de la responsabilité à nos collectivités inquiètent. Nous entendons et partageons les craintes des parents et de leurs fédérations, celles des enseignants, des agents territoriaux et de leurs syndicats.
Les établissements ne peuvent pas devenir des foyers épidémiques et les enfants des vecteurs de transmission du virus dans les familles. Aucune étude n’avait envisagé un retour à l’école avant septembre encore moins dans le cluster francilien. Ce que nous exigeons est un plan d’action intégrant des garanties sur l’entretien des locaux et l’approvisionnement en masques, blouses, gants et tests car l’ouverture d’une école engage la puissance publique. C’est seulement à ces conditions qu’il est envisageable d’ouvrir les écoles.
D’autre part, les lycéens sont nombreux à emprunter les transports publics. Peut-on envisager rouvrir rapidement les lycées sans qu’ils puissent les rejoindre via d’autres modes de transport, comme le vélo ? Cela ne nous paraît pas non plus raisonnable.

Le dé confinement en Ile-de-France ne pourra être que très progressif, et plus tardif que dans le reste du pays. Nous appelons à la plus grande prudence et à prendre le temps d’une large concertation entre l’État et les collectivités. Il nous faut définir ensemble les conditions du dé confinement. Pour nous, cela ne nous apparaît pas possible sans une offre de transport public très conséquente, sans une campagne massive de tests, sans des distributions très larges de masques, sans la création d’un réseau très important de voies cyclables temporaires et sans une transparence entière de l’ État.
La levée du confinement, conformément aux conseils des scientifiques, doit s’accompagner d’une politique massive de dépistage couplée à un isolement des personnes positives. Plusieurs de nos collectivités ont déjà proposé des lieux d’isolement hors domicile, d’autres des centrales d’achat ou une mobilisation du tissu local de TPE ou PME pour produire des moyens de protection.

Ensemble, nous devons, dès à présent, anticiper et mettre en commun nos moyens pour acheter des tests, organiser la logistique humaine et matérielle d’un dépistage massif, définir les cohortes, suivre humainement les chaines de transmission pour les interrompre… A l’instar de ce que la région Grand Est met en place, nous proposons la création d’une société d’économie mixte (SEM) qui regrouperait la Région, les départements et les communes franciliennes ainsi que des acteurs publics et privés pour déployer un dépistage massif indispensable à la levée du confinement.

IDF

Pour ne pas oublier…

Le dernier dimanche d’avril est célébrée la « Journée  nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation ». Chaque année, des cérémonies officielles sont organisées à Paris et dans les territoires.

Cette année, compte tenu de la situation exceptionnelle liée à l’état d’urgence sanitaire et aux mesures de confinement, il y a peu de cérémonies avec un nombre de participants réduit.  

Pour ne pas oublier, voici le message, rédigé conjointement par : la Fédération Nationale des Déportés, internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP) ; la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD) et les Associations de mémoire des camps nazis ; l’Union Nationale des Associations de Déportés, Internés, de la Résistance et Familles (UNADIF-FNDIR).

Il y a soixante-quinze ans, au printemps 1945, plus de 700 000 hommes, femmes et enfants étaient regroupés dans ce qui restait de l’univers concentrationnaire et génocidaire nazi à l’agonie.

La moitié d’entre eux devait encore périr, notamment dans les marches de la mort, avant que les armées alliées, dans leur progression, n’ouvrent enfin les portes des camps sur une insoutenable vision d’horreur.

Les survivants de ce drame du genre humain, par leur esprit de résistance, leur volonté et leur profond attachement à préserver leur dignité, ont surmonté des conditions inhumaines malgré la présence et la menace permanentes de la mort.

Le 1er octobre 1946 s’achevait le procès de Nuremberg qui fondait la notion de « crime contre l’humanité » et posait les bases du droit pénal international.

De tout cela, rien ne doit être oublié…

Et pourtant, si les déportés ont su montrer dans les pires circonstances que la résistance face au crime demeurait toujours possible, leur persévérance à témoigner partout et auprès de tous ne suffit pas à faire disparaître la haine, le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et le rejet des différences.

Combattre sans relâche les idéologies qui affaiblissent notre modèle républicain et prônent le retour à l’obscurantisme et au fanatisme, promouvoir la tolérance, investir dans l’éducation morale et civique des jeunes générations. C’est le message des déportés, qui veulent faire de la journée nationale du Souvenir des victimes et des héros de la Déportation, une journée d’hommage, de recueillement, et plus encore, d’engagement personnel.

La période dramatique de la déportation rappelle en effet cruellement que les êtres humains sont responsables de l’avenir qu’ils préparent à leurs enfants, et qu’ils partagent une même communauté de destin.

déportation

 

Pour l’hôpital

J’ai signé cette pétition  : « des milliards pour l’hôpital, pas pour le capital ».

Le texte est à lire ci-dessous et à signer ici.

Par deux fois, le 16 mars lors de son allocution télévisée et le 25 mars à Mulhouse, E. Macron a fait les louanges de l’action des personnels de santé, leur annonçant des mesures exceptionnelles ainsi que pour tout l’hôpital. 

Mais à ce jour, les masques restent contingentés, la rallonge budgétaire de crise ne prévoit que 2 milliards pour l’hôpital et, encore, le fléchage de cette somme demeure des plus obscurs alors qu’en France 300 milliards sont prévus pour garantir les prêts bancaires des entreprises, sans aucune condition sur l’emploi, 35 milliards pour faire face à leur défaillance fiscale et sociale et que l’on débranche tous les garde-fous sur le temps de travail. Au niveau européen 1.000 milliards sont prévus par la BCE pour soutenir la valeur des titres boursiers.

Au plus profond de la crise du coronavirus, les choix du Président Macron, relais du MEDEF et de la «Grande Finance», restent les mêmes : sauver le capital et les profits. A mille lieues de la réponse urgente et nécessaire aux besoins de la population. L’obsession de maintenir la chaîne des profits prévaut sur tout ! En face, conditions de travail et de vie des citoyens, détresse sanitaire et psychologique de masse pèsent bien peu. C’est dès maintenant qu’il faut commencer à faire autrement, sans attendre le « jour d’après ». Alors que droits sociaux et libertés publiques sont mis en cause, nous disons STOP et appelons à des mesures immédiates, précises et concrètes pour les salarié.e.s et les populations ouvrant sur une alternative de progrès pour toutes et tous.

Nous exigeons :

  1. L’arrêt immédiat des activités non essentielles, en réaffectant aux hôpitaux les matériels de protection actuellement utilisés pour ces activités, et la mobilisation, la conversion, voire la réquisition de secteurs industriels pour la production massive de masques, de gel hydro-alcoolique, de tests, de matériels respiratoires afin de répondre aux besoins de toute la population.
  2. En urgence, des tests systématiques de dépistage. Il s’agit d’isoler et de soigner les malades pour lutter efficacement contre l’épidémie et permettre aux immunisés de s’impliquer concrètement dans une solidarité active.
  3. Le déblocage immédiat de 10 milliards d’euros pour la santé publique : rouvrir des lits, en les réhabilitant, y compris construire des hôpitaux en urgence, soutien à la création d’un pôle public du médicament afin de reprendre le contrôle de la production des traitements nécessaires, embauches immédiates de personnels soignants et de recherche, reconnaissance de leurs qualifications, et tout de suite une augmentation de salaires.
  4. L’organisation de la mobilisation totale de secteurs-clé comme les laboratoires d’analyse, et le renforcement des services publics d’État et locaux pour loger les sans-abri, pour apporter soins, aide, soutien et sécurité aux populations, ainsi que l’armée mais pas pour la répression.
  5. Démocratie sanitaire dans les territoires : des commissions départementales et régionales associant élus, professionnels de santé, représentants syndicaux, d’associations et d’organismes de prévention pour évaluer les besoins, suivre la mise en œuvre des mesures ci-dessus et assurer une prise de décision collective face aux enjeux de santé publique actuels et à venir, notamment en mobilisant tous les moyens financiers nécessaires (cotisations et fiscalité des entreprises et des revenus financiers, trésoreries des grands groupes, banques, assurances, liquidités de la BCE).

Premiers signataires :
  Basset  Jean-Pierre, Militant associatif, secteur santé
  Bellal Amar, Rédacteur en chef de Progressistes
  Boccara Frédéric, Économiste, membre du CESE, responsable politique
  Bodin Thierry, Syndicaliste, Sanofi
  Bonnery Stéphane, Professeur des universités, sciences de l’éducation
  Cailletaud Marie-Claire, Syndicaliste, membre du CESE
  Cohen Laurence, Sénatrice, Groupe citoyens, républicains et communistes
  Durand Denis, Économiste, directeur de la revue Économie & Politique
  Durand Jean-Marc, Fiscaliste, élu communal
  Gonçalves Anthony, Professeur de médecine, cancérologue
  Gravouil Denis, Syndicaliste
  Joly Pascal, Syndicaliste
  Lefèbvre Fabienne, Élue municipale, ingénieure en sciences sociales
  Leflon Michèle, Médecin
  Limousin Michel, Médecin
  Montangon Maryse, Soignante, militante politique
  Prudhomme Christophe, praticien hospitalier, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France, Hôpital Avicenne Bobigny
  Rouchy Fabienne, Syndicaliste, Banque de France
  Stivala Mireille, Aide-soignante, Syndicaliste
  Talbot Baptiste, Syndicaliste services publics
  Téjas Patricia, Syndicaliste, finances
  Ternant Evelyne, Économiste, responsable politique

Parmi les signataires, nous relevons les noms suivants (nos excuses aux autres) :
– André Chassaigne, député communiste, président du groupe DGR à l’Assemblée nationale
– Henri Sterdyniak, Économiste, membre des économistes atterrés
– Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, ancien député communiste européen, groupe GUE
– Pierre Barbancey, journaliste international
– Olivier Coux, chercheur en biologie cellulaire, CNRS
– Monica Passos, Chanteuse
– Jean-Luc Gibelin, directeur d’hôpital honoraire
– Evelyne Zarka, élue 3è arrondissement, Paris
– Romain Marchand, élu communiste, Ivry
– Claude Aufort, Ingénieur CEA retraité
– Alain Obadia, président de la Fondation Gabriel Péri
– Raphaëlle Primet, élue communiste conseil de Paris
– Gilles Alfonsi, Saint-Denis
– Fabienne Haloui, Avignon
– Rabah Balloul, Radio Arts-Mada

 

Le jour d’après

TRIBUNE. « Plus jamais ça ! » : 18 responsables d’organisations syndicales, associatives et environnementales appellent à préparer « le jour d’après »

Face à « la crise du coronavirus » des organisations syndicales, associatives et environnementales réclament « de profonds changements de politiques », pour « se donner l’opportunité historique d’une remise à plat du système, en France et dans le monde ».

« Plus jamais ça ! Préparons le ‘jour d’après' », 18 responsables d’organisations syndicales, associatives et environnementales parmi lesquels Philippe Martinez (CGT), Aurélie Trouvé (Attac), Jean-François Julliard (Greenpeace) et Cécile Duflot (Oxfam), signent une tribune commune publiée, vendredi 27 mars, sur franceinfo.

Ces organisations lancent un appel « à toutes les forces progressistes et humanistes pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral ».

En mettant le pilotage de nos sociétés dans les mains des forces économiques, le néolibéralisme a réduit à peau de chagrin la capacité de nos États à répondre à des crises comme celle du Covid. La crise du coronavirus qui touche toute la planète révèle les profondes carences des politiques néolibérales. Elle est une étincelle sur un baril de poudre qui était prêt à exploser. Emmanuel Macron, dans ses dernières allocutions, appelle à des « décisions de rupture » et à placer « des services (…) en dehors des lois du marché ». Nos organisations, conscientes de l’urgence sociale et écologique et donnant l’alerte depuis des années, n’attendent pas des discours mais de profonds changements de politiques, pour répondre aux besoins immédiats et se donner l’opportunité historique d’une remise à plat du système, en France et dans le monde.

Dès à présent, toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé des populations celle des personnels de la santé et des soignant·e·s parmi lesquels une grande majorité de femmes, doivent être mises en œuvre, et ceci doit largement prévaloir sur les considérations économiques. Il s’agit de pallier en urgence la baisse continue, depuis de trop nombreuses années, des moyens alloués à tous les établissements de santé, dont les hôpitaux publics et les Ehpad. De disposer du matériel, des lits et des personnels qui manquent : réouverture de lits, revalorisation des salaires et embauche massive, mise à disposition de tenues de protection efficaces et de tests, achat du matériel nécessaire, réquisition des établissements médicaux privés et des entreprises qui peuvent produire les biens essentiels à la santé, annulation des dettes des hôpitaux pour restaurer leurs marges de manœuvre budgétaires… Pour freiner la pandémie, le monde du travail doit être mobilisé uniquement pour la production de biens et de services répondant aux besoins essentiels de la population, les autres doivent être sans délai stoppées. La protection de la santé et de la sécurité des personnels doivent être assurées et le droit de retrait des salarié·e·s respecté.

Des mesures nécessaires au nom de la justice sociale

La réponse financière de l’État doit être d’abord orientée vers tou·te·s les salarié·e·s qui en ont besoin, quel que soit le secteur d’activité, et discutée avec les syndicats et représentant·e·s du personnel, au lieu de gonfler les salaires des dirigeant·e·s ou de servir des intérêts particuliers. Pour éviter une très grave crise sociale qui toucherait de plein fouet chômeurs·euses et travailleurs·euses, il faut interdire tous les licenciements dans la période. Les politiques néolibérales ont affaibli considérablement les droits sociaux et le gouvernement ne doit pas profiter de cette crise pour aller encore plus loin, ainsi que le fait craindre le texte de loi d’urgence sanitaire.

Selon que l’on est plus ou moins pauvre, déjà malade ou non, plus ou moins âgé, les conditions de confinement, les risques de contagion, la possibilité d’être bien soigné ne sont pas les mêmes. Des mesures supplémentaires au nom de la justice sociale sont donc nécessaires : réquisition des logements vacants pour les sans-abris et les très mal logés, y compris les demandeurs·euses d’asile en attente de réponse, rétablissement intégral des aides au logement, moratoire sur les factures impayées d’énergie, d’eau, de téléphone et d’internet pour les plus démunis. Des moyens d’urgence doivent être débloqués pour protéger les femmes et enfants victimes de violences familiales.

Les moyens dégagés par le gouvernement pour aider les entreprises doivent être dirigés en priorité vers les entreprises réellement en difficulté et notamment les indépendants, autoentrepreneurs, TPE et PME, dont les trésoreries sont les plus faibles. Et pour éviter que les salarié·e·s soient la variable d’ajustement, le versement des dividendes et le rachat d’actions dans les entreprises, qui ont atteint des niveaux record récemment, doivent être immédiatement suspendus et encadrés à moyen terme.

Des mesures fortes peuvent permettre, avant qu’il ne soit trop tard, de désarmer les marchés financiers : contrôle des capitaux et interdiction des opérations les plus spéculatives, taxe sur les transactions financières… De même sont nécessaires un contrôle social des banques, un encadrement beaucoup plus strict de leurs pratiques ou encore une séparation de leurs activités de dépôt et d’affaires.

Des aides de la BCE conditionnées à la reconversion sociale et écologique

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une nouvelle injection de 750 milliards d’euros sur les marchés financiers. Ce qui risque d’être à nouveau inefficace. La BCE et les banques publiques doivent prêter directement et dès à présent aux États et collectivités locales pour financer leurs déficits, en appliquant les taux d’intérêt actuels proches de zéro, ce qui limitera la spéculation sur les dettes publiques. Celles-ci vont fortement augmenter à la suite de la « crise du coronavirus ». Elles ne doivent pas être à l’origine de spéculations sur les marchés financiers et de futures politiques d’austérité budgétaire, comme ce fut le cas après 2008.

Une réelle remise à plat des règles fiscales internationales afin de lutter efficacement contre l’évasion fiscale est nécessaire et les plus aisés devront être mis davantage à contribution, via une fiscalité du patrimoine et des revenus, ambitieuse et progressive.

Par ces interventions massives dans l’économie, l’occasion nous est donnée de réorienter très profondément les systèmes productifs, agricoles, industriels et de services, pour les rendre plus justes socialement, en mesure de satisfaire les besoins essentiels des populations et axés sur le rétablissement des grands équilibres écologiques. Les aides de la Banque centrale et celles aux entreprises doivent être conditionnées à leur reconversion sociale et écologique : maintien de l’emploi, réduction des écarts de salaire, mise en place d’un plan contraignant de respect des accords de Paris… Car l’enjeu n’est pas la relance d’une économie profondément insoutenable. Il s’agit de soutenir les investissements et la création massive d’emplois dans la transition écologique et énergétique, de désinvestir des activités les plus polluantes et climaticides, d’opérer un vaste partage des richesses et de mener des politiques bien plus ambitieuses de formation et de reconversion professionnelles pour éviter que les travailleurs·euses et les populations précaires n’en fassent les frais. De même, des soutiens financiers massifs devront être réorientés vers les services publics, dont la crise du coronavirus révèle de façon cruelle leur état désastreux : santé publique, éducation et recherche publique, services aux personnes dépendantes… 

Relocalisation de la production

La « crise du coronavirus » révèle notre vulnérabilité face à des chaînes de production mondialisée et un commerce international en flux tendu, qui nous empêchent de disposer en cas de choc de biens de première nécessité : masques, médicaments indispensables, etc. Des crises comme celle-ci se reproduiront. La relocalisation des activités, dans l’industrie, dans l’agriculture et les services, doit permettre d’instaurer une meilleure autonomie face aux marchés internationaux, de reprendre le contrôle sur les modes de production et d’enclencher une transition écologique et sociale des activités. 

La relocalisation n’est pas synonyme de repli sur soi et d’un nationalisme égoïste. Nous avons besoin d’une régulation internationale refondée sur la coopération et la réponse à la crise écologique, dans le cadre d’instances multilatérales et démocratiques, en rupture avec la mondialisation néolibérale et les tentatives hégémoniques des États les plus puissants. De ce point de vue, la « crise du coronavirus » dévoile à quel point la solidarité internationale et la coopération sont en panne : les pays européens ont été incapables de conduire une stratégie commune face à la pandémie. Au sein de l’Union européenne doit être mis en place à cet effet un budget européen bien plus conséquent que celui annoncé, pour aider les régions les plus touchées sur son territoire comme ailleurs dans le monde, dans les pays dont les systèmes de santé sont les plus vulnérables, notamment en Afrique.

Tout en respectant le plus strictement possible les mesures de confinement, les mobilisations citoyennes doivent dès à présent déployer des solidarités locales avec les plus touché·e·s, empêcher la tentation de ce gouvernement d’imposer des mesures de régression sociale et pousser les pouvoirs publics à une réponse démocratique, sociale et écologique à la crise.

Plus jamais ça ! Lorsque la fin de la pandémie le permettra, nous nous donnons rendez-vous pour réinvestir les lieux publics et construire notre « jour d’après ». Nous en appelons à toutes les forces progressistes et humanistes, et plus largement à toute la société, pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral.

Retrouvez ci-dessous la liste des signataires :

Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre France
Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT
Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne
Benoit Teste, secrétaire général de la FSU
Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France
Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France
Eric Beynel, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires
Clémence Dubois, responsable France de 350.org
Pauline Boyer, porte-parole d’Action Non-Violente COP21
Léa Vavasseur, porte-parole d’Alternatiba
Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire
Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au Logement
Lisa Badet, vice-présidente de la FIDL, Le syndicat lycéen
Jeanette Habel, co-présidente de la Fondation Copernic
Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature
Mélanie Luce, présidente de l’UNEF
Héloïse Moreau, présidente de l’UNL

 

Ils sauvent des vies

Communiqué du groupe des élus Front de Gauche au Conseil régional d’Île-de-France

Soutien du groupe Front de Gauche aux personnels soignants

Crise du COVID-19
Soutenir et agir pour celles et ceux qui sauvent des vies

Paris, le 25 mars 2020

FDG CRLa vague de la pandémie de Coronavirus touche de plein fouet l’Ile-de-France. Notre Région compte le plus grand nombre de malades du Covid 19 et sa situation sanitaire est très préoccupante. Les communes, les départements et la Région sont pleinement mobilisés aux côtés des Francilien.ne.s.

Durant cette crise sanitaire d’ampleur, les élu.e.s Front de Gauche tiennent à réaffirmer leur totale solidarité aux personnels soignants qui sauvent des vies.

Infirmier.e.s, aides soignant.e.s, médecins, personnels ouvriers, techniques et logistiques des hôpitaux… elles et ils sont en première ligne et exercent leur métier avec un sens aigu de l’intérêt général.
Depuis des années pourtant, les soignants dénoncent avec force les fermetures massives de services et de lits, le manque de moyens, les bas salaires, les pertes de postes, la destruction pierre après pierre du service public de santé, la transformation de l’hôpital en entreprise…
Depuis des années pourtant, les soignants, avec leurs organisations, demandent que l’austérité ne soit plus la boussole dans la gestion de nos hôpitaux.

Avant l’épidémie, les réponses gouvernementales à leurs justes revendications étaient bien trop souvent les canons à eau et les matraques. Avant l’épidémie, il manquait 600 millions d’euros pour les hôpitaux, 400 postes d’infirmières en Ile-de-France n’étaient pas pourvus.

Emmanuel Macron salue aujourd’hui l’engagement des soignants. Cela ne fait pas oublier que le service public de santé a été dépecé méthodiquement depuis des décennies. L’ampleur et la gravité de la crise sont telles que tout peut s’effondrer. Si tous les soirs à 20 heures, des millions de Français applaudissent, casserolent et chantent pour soutenir les personnels soignants, collectivement, ces Français démontrent aussi leur attachement au système public de santé.

Il est, dès lors, impossible que les mots prononcés ne soient pas suivis de décisions financières. Il est impossible que la santé essentielle à la nation reste soumise aux « lois » du marché.

Dès à présent, du matériel (masques, gants, combinaisons, lunettes) de protection doit être produit en masse et mis à disposition de nos soignants. La Région a commandé 20 millions de masques pour pallier en partie l’impréparation de l’État. Dès lors des tests systématiques doivent être faits pour protéger les soignants et leurs familles dont une grande partie est déjà contaminée.

Dès à présent, un rectificatif budgétaire doit être voté afin de financer correctement l’hôpital public et pour rémunérer correctement ses personnels.

Dès à présent, un moratoire sur la tarification à l’activité dans les hôpitaux doit être pris.

Plus tard, tout doit être revu afin que le service public de santé soit une priorité nationale, que celles et ceux qui le font vivre puissent le faire correctement et soient rémunérés à la hauteur de leur travail indispensable et que la santé soit réellement un droit pour tous et toutes.