Le ministre des travailleurs

Il y a 120 ans naissait Ambroise Croizat, père de la Sécu.

À cette occasion, nous avons lu l’article suivant sur le site du Front de Gauche de Pierrre-Bénite. La photo est issue également du même site.

120e anniversaire de la naissance d’Ambroise Croizat, le ministre des travailleurs

Aujourd’hui 28 janvier, nous célébrons le 120ème anniversaire de la naissance d’Ambroise Croizat, syndicaliste, communiste, député et ministre des travailleurs à la libération de la France, créateur de la Sécurité Sociale.

120 ans après sa naissance, plus que jamais La France a besoin d’un projet nourri de l’ambition du « ministre des travailleurs »

« Jamais nous ne tolérerons que ne soit renié un seul des avantages de la Sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie, cette loi humaine et de progrès ».

C’est cet engagement d’Ambroise Croizat que les communistes, avec de nombreux syndicalistes, font vivre dans toutes les luttes des salarié·e·s et des retraité·e·s face aux attaques portées contre notre modèle social, par les puissances de l’argent et les gouvernements successifs.

Mises en cause des droit des salarié·e·s, des droits de leurs représentants syndicaux, contre-réformes des retraites… les gouvernements successifs, soucieux de nourrir les appétits de la finance, n’ont eu de cesse de s’attaquer à l’édifice bâti par le ministre communiste.

Et alors que la campagne de vaccination contre le coronavirus balbutie et n’offre encore aucune perspective de sortie de la pandémie, l’exécutif et sa majorité parlementaire dessinent déjà les projets de régression qu’ils comptent imposer au monde du travail et de la création, comme pour préparer les consciences au pire. 
 
« Il faudra payer », tel est désormais le credo de ceux qui ont fait de la pandémie une crise sanitaire, parce qu’ils ont, depuis des années, affaibli l’hôpital public et perverti le financement de la Sécurité sociale par l’austérité budgétaire, au profit du grand patronat.

Ils veulent désormais profiter de la crise économique pour reprendre au plus vite leur entreprise de démolition des fondements de notre modèle social. Avec des conséquences lourdes pour le monde du travail : moins de protection sociale, une retraite précaire et plus tardive, un allongement de la durée du temps de travail, la précarité des contrats. 

Il faut aujourd’hui choisir : soit continuer à préserver le capital, les marchés financiers et les grandes fortunes, qui nous ont mené à cette crise inédite, soit s’engager résolument dans la réponse aux besoins de sécurisation de la santé, de l’emploi, de la formation, du système des retraites pour chacune et chacun.

Ce choix, Ambroise Croizat l’a fait au sortir de la tragédie de la Seconde Guerre mondiale en construisant un édifice jusqu’à lors inconnu et a ainsi permis à notre pays de prospérer.

Aujourd’hui, pour sortir d’une crise inédite depuis 1945, le PCF appelle à être à la hauteur de cet héritage.

Il propose d’engager notre pays dans la voie d’un nouvel âge de la Sécurité sociale et de poursuivre ainsi l’œuvre du Conseil national de la Résistance et d’Ambroise Croizat.

Ce sera le sens de toute son action dans les prochains mois, dans les luttes avec les salarié·e·s comme dans les institutions et notamment lors des campagnes électorales régionales et présidentielle.

L’ONU et les armes nucléaires

Chronique de Francis Wurtz, parue dans l’Humanité Dimanche du 21 au 27 janvier 2021

C’est ce 22 janvier qu’entre en vigueur le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) adopté par l’ Assemblée générale des Nations unies le 7 juillet 2017. La règle veut, en effet, que le texte voté franchisse ce seuil symbolique 90 jours après sa ratification par un cinquantième État, ce qui fut le cas du Honduras le 24 octobre dernier. 
Hasard du calendrier, cet événement coïncide, à deux jours près, avec le départ forcé de Donald Trump qui, avant même son élection, en réponse à des questions précises et pertinentes d’un journaliste de la chaîne MSNBC sur le recours éventuel à des armes nucléaires, avait répondu : « Pourquoi les États-Unis fabriquent-ils des armes si ce n’est pas pour les utiliser ? (…) Je ne me priverai jamais d’aucune de mes options (…) Pour personne ! » Comme quoi, le danger nucléaire n’est pas l’apanage de la Corée du Nord ou de l’Iran : il est consubstantiel à l’existence d’un arsenal diabolique qui s’étend désormais à au moins neuf pays (1) , sans parler de ceux qui hébergent l’arme nucléaire à travers l’OTAN (2).
On savait depuis la guerre froide qu’il était irresponsable de faire courir à l’humanité le risque d’un engrenage fatal dégénérant en conflit nucléaire suite à une crise internationale échappant au contrôle de ses protagonistes ou celui d’une dramatique erreur débouchant sur l’irréparable. Ce danger est encore plus réel dans le monde sans boussole que nous connaissons depuis plusieurs décennies. Mais il s’y ajoute désormais un scénario-catastrophe, jusqu’alors insoupçonné : depuis le cauchemar-Trump, personne ne peut plus ignorer le péril que peut représenter la possession des codes nucléaires par un Chef d’État à l’état mental douteux, comme l’a fort justement souligné la Présidente de la Chambre des Représentants des États-Unis, Nancy Pelosi. Que le sort de la paix mondiale puisse dépendre d’un seul individu est, en tout état de cause, une anomalie que tout esprit rationnel devrait juger inacceptable !
 L’entrée en vigueur du TIAN -qui n’a, hélas, pas de caractère contraignant pour les puissances nucléaires- devrait, à tout le moins, être l’occasion de relancer le débat sur tous ces enjeux , ainsi que sur l’urgence de panser les nombreuses plaies ouvertes par l’ancien hôte de la Maison-Blanche, dans ce domaine ultra-sensible. Deux dossiers sont, à cet égard, particulièrement cruciaux. Le premier d’entre eux est l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien, torpillé par Trump, et qui doit être restauré de toute urgence. L’autre est la prolongation du traité américano-russe New Start  sur la réduction des armes nucléaires stratégiques -une négociation que Trump avait gravement compromise,  alors que ce traité majeur arrive à échéance le 5 février prochain !
 Il est décidément grand temps de faire gagner en crédibilité et en soutien auprès de nos contemporains une vision de la sécurité internationale libérée du spectre nucléaire !

(1) États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, ainsi que Inde, Pakistan, Corée du Nord et Israël.(2) Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Italie et Turquie.

Le serment du Triangle

Nous relayons ici un message du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG). Photos prises sur le site du Triangle où des Gratiennois.es ont participé au rassemblement du 17 janvier.

Vous avez entendu parler d’EuropaCity et de l’abandon de ce projet climaticide par le gouvernement en novembre 2019, mégacentre commercial et de loisirs avec une piste de ski en intérieur, prévu à Gonesse sur des terres agricoles d’excellente qualité.

On espérait les terres fertiles du Triangle de Gonesse sauvées de la destruction depuis l’abandon de ce projet. Erreur !

En ce début d’année, la Société du Grand Paris annonce la reprise des travaux de la gare en plein champ, prévue initialement pour les 30 millions de visiteurs d’EuropaCity, qui rendrait inéluctable l’urbanisation de la zone, gare qui n’a plus aucune utilité  ! 

Les scientifiques et la Convention citoyenne sur le climat clament pourtant l’absolue nécessité de ne plus porter atteinte aux terres agricoles : toute nouvelle bétonisation accroît la menace sur notre avenir.

Dans l’urgence, le Collectif pour le Triangle de Gonesse, (CPTG)  a décidé de faire un rassemblement de protestation le dimanche 17 janvier, à Gonesse et plus de 500 citoyens et citoyennes ont bravé le froid et la boue pour dire leur détermination à sauver ce patrimoine commun en signant « Le Serment de Gonesse ». 

Rejoignez-les en signant vous aussi le « Serment du Triangle » POUR SAUVER LES TERRES AGRICOLES DU TRIANGLE DE GONESSE  !

Le Serment est mis sous forme de pétition : celle-ci  vient d’être lancée sur le site de l’association « AGIR POUR L’ENVIRONNEMENT »

Même si vous avez signé le Serment sur le Triangle le 17 janvier, il faut signer cette pétition en ligne, cela ne fait pas doublon.

Merci par avance de signer cette pétition en signant le Serment de Gonesse : il faut être très nombreux à dire notre opposition au bétonnage des terres agricoles et à l’urbanisation du Triangle.

Merci aussi de faire circuler à vos contacts susceptibles de signer également.

C’est urgent car le gouvernement doit prendre une décision dans les jours qui viennent !

 Signez ici

Danger au Triangle de Gonesse !

Le Tribunal de Versailles a rétabli en décembre 2020 le plan local d’urbanisme de Gonesse, rendant possible l’urbanisation de 280 hectares du triangle agricole. La société du Grand Paris annonce une reprise du chantier de la gare du Grand Paris Express (ligne 17) dès le mois de février. Cela ignore les préconisations de la Convention citoyenne pour le climat et les actions juridiques en cours. Cette gare située en plein champ, à plusieurs kilomètres des habitations ne se justifie ni par la  proximité avec les habitants, ni par l’absence de transports vers la capitale ou l’aéroport de Roissy.

De plus, le gouvernement n’a pas rendu sa décision suite au rapport de Francis Rol-Tanguy sur l’avenir du Triangle. Ce document penche pour le développement du projet Carma, en vue du développement d’une production agricole venant renforcer l’autosuffisance alimentaire de l’Île-de-France. Cette préconisation comprend aussi des développements en matière de transports, formation, logements.

La lutte contre l’urbanisation du triangle de Gonesse n’a pas pris fin avec l’annulation d’EuropaCity, car le péril est toujours présent : l’artificialisation des terres de Gonesse.

Pour cette raison, à l’initiative du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) est organisé un rassemblement ce dimanche 17 janvier de 11h à 16h.

Programme de la journée

11h : assemblée des collectifs en lutte contre les projets imposés en Ile-de-France / balade accompagnée sur le Triangle

12h : pique-nique, soupes et boissons chaudes à prix libre

13h : cérémonie du Serment du Triangle

14h – 16h : Prise de parole de personnalités, musique, débat

Pour s’y rendre

Chemin de la justice, Gonesse

RER B ou D, arrêt parc des expositions ou Villiers le Bel Gonesse Arnouville, puis bus 20 arrêt fontaine Cypierre.

Laisse béton !

Après EuropaCity… Le Triangle de Gonesse ne laisse pas tomber le béton

L’Humanité, 22 décembre 2020

Malgré l’abandon du gigantesque et controversé projet EuropaCity il y a plus d’un an, un nouvel acte de justice rappelle que ces terres agricoles du Val-d’Oise sont toujours menacées par l’urbanisation.

«  C’est une décision politique que l’on attend désormais », embraie Bernard Loup, président du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG). Le 18 décembre est tombée la fâcheuse nouvelle : la cour administrative d’appel de Versailles a rétabli le plan local d’urbanisme (PLU) de Gonesse. À 15 kilomètres au nord de Paris, le Triangle de Gonesse – des centaines d’hectares de terres agricoles dans le Val-d’Oise – est donc à nouveau menacé d’urbanisation. Et ce malgré l’abandon, en novembre 2019, du projet EuropaCity, un méga-complexe de loisirs, d’hôtels et de commerces.

Des revers juridiques, Bernard Loup en a connu d’autres. Déjà en juillet 2019, la cour administrative d’appel de Versailles avait validé l’arrêté préfectoral approuvant la création de la zone d’aménagement concerté (ZAC), ouvrant la voie à l’urbanisation des terres agricoles. Le rétablissement du PLU était le dernier acte redouté. Reste à savoir ce qu’il va maintenant advenir du Triangle de Gonesse.

La ligne 17 du Grand Paris Express pourrait servir de cheval de Troie

Pour répondre à cette question, le gouvernement avait mandaté un haut fonctionnaire, Francis Rol-Tanguy, dans la foulée de l’annonce de l’abandon d’EuropaCity. Son rapport, remis en juillet 2020, présente trois options. Soit la réalisation d’une zone d’activité commerciale repensée couvrant 280 hectares ; soit une zone moins vaste, laissant libres quelques parcelles ; soit, enfin, une préservation de l’ensemble des terres agricoles. Cette dernière solution, que préconise le rapport, est aussi celle espérée par les opposants de longue date à EuropaCity. Cela permettrait aux écologistes de développer leur projet alternatif Carma (coopération pour une ambition agricole, rurale et métropolitaine d’avenir), tourné vers l’agriculture de proximité. « Le Triangle de Gonesse peut être un sacré levier pour booster l’activité agricole en Île-de-France, veut croire Bernard Loup. Ce qu’oublient les élus pro-aménagement sous prétexte de vouloir créer des emplois, c’est que l’agriculture est aussi une activité économique. » Mais l’option pose problème à ceux qui comptent encore que la future gare de Gonesse, prévue sur le tracé de la ligne 17 du Grand Paris Express, voit le jour. Initialement envisagée pour desservir EuropaCity, elle n’a pas été abandonnée. Elle pourrait même servir de cheval de Troie à l’urbanisation. Difficile, en effet, d’imaginer une gare seule au milieu des champs. Pour Marie-Christine Cavecchi, présidente (LR) du conseil départemental du Val-d’Oise, ce serait une façon de compenser le « mauvais coup » du gouvernement après l’abandon d’EuropaCity. Dans le Journal du dimanche du 20 décembre, l’élue réclame « un véritable projet d’envergure métropolitaine » autour de la gare de Gonesse.

« Sa liste au père noël, c’est du grand n’importe quoi », lui répond Bernard Loup. Le militant s’attend bien à une « compensation » du gouvernement pour le département après l’arrêt d’EuropaCity, mais espère qu’elle ne concernera pas les terres agricoles du Triangle de Gonesse. Car le premier ministre, Jean Castex, doit présenter son « plan pour le Val-d’Oise » d’ici début 2021. L’annonce du maintien ou non de la construction de la gare de Gonesse sera attentivement scrutée.

« Macron se sert de cette décision pour vanter son bilan écologique »

Les opposants historiques au projet EuropaCity sont prêts à repartir au front. Suite à la décision de la cour administrative d’appel de Versailles, le CPTG a annoncé vouloir déposer un recours devant le Conseil d’État. « Ce recours est symbolique, c’est sur le terrain politique qu’il faut espérer confirmer la victoire contre Europacity », précise Bernard Loup. « Si le gouvernement décide de maintenir la gare et l’urbanisation qui en découle, on pourrait se retrouver dans la même situation que celle où nous étions avant novembre 2019 et l’abandon du méga-complexe. Emmanuel Macron se sert de cette décision et de celle de Notre-Dame-des-Landes pour vanter son bilan écologique. Ce serait une faute politique que de finalement maintenir la ZAC », met en garde le militant. Le CPTG prépare une série de mobilisations en 2021 et appelle d’ores et déjà à un rassemblement citoyen dimanche 17 janvier sur le Triangle de Gonesse. L’objectif est de montrer qu’ils seront au rendez-vous tant que ces terres fertiles du Val-d’Oise ne seront pas définitivement sauvées.

Le Collectif pour le Triangle de Gonesse prépare une série de mobilisations en 2021 et appelle d’ores et déjà à un rassemblement citoyen dimanche 17 janvier sur le site.

 

Contre le terrorisme : l’éducation, la culture, la fraternité

Le meurtre atroce de Samuel Paty, professeur assassiné pour avoir enseigné la liberté de conscience, nous ébranle profondément.

« Samuel Paty, en tant que professeur, défendait deux valeurs : l’éducation et la laïcité. C’est au nom de ces deux causes qu’un assassin lui a retiré la vie. C’est l’ignorance qui a tué. » (Christophe Doré, Maire de Bolbec, dans le cadre des hommages prononcés la semaine du 19/10 dans le pays de Caux)

« L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l’équation. » ( Averroès (1126 -1198), philosophe, théologien, juriste et médecin musulman andalou)

« La meilleure façon de redonner une identité à un pays en perdition, c’est la culture.» (Albert Dupontel, dans le cadre de la sortie du film « Adieu les cons !»)

Après l’effroi, la colère, l’émotion, les indispensables moments d’hommage et de recueillement, le temps est venu d’analyser pour la surmonter cette terrible épreuve que traverse notre société. La raison doit l’emporter sur l’épouvante. Comment lutter contre l’obscurantisme, la haine, le fanatisme, l’ignorance ? Car ce sont bien tous ces maux qui sont les germes du terrorisme que nous subissons aujourd’hui.

Ce n’est ni dans la violence, ni par la restriction de nos libertés, ni par la division, la stigmatisation, les anathèmes, si vite prônés par certain.es à des fins électoralistes, que nous trouverons la solution. Encore moins dans la guerre, qui sème le chaos dans le monde et nourrit le terrorisme.

Il importe bien sûr de renforcer nos moyens de renseignement, de protéger les cibles potentielles par des forces de police suffisantes, de surveiller et d’éradiquer les messages de haine propagés par les réseaux sociaux, de donner davantage de moyens à la justice, sans jamais s’affranchir de l’État de droit.

Mais rien de tout cela ne suffira.

Il faut assécher le terreau qui nourrit l’intégrisme et le terrorisme.

Les terroristes cherchent à abattre notre modèle social, à répandre la terreur, en nous opposant, en suscitant des réactions racistes et identitaires, des amalgames contre l’ensemble des musulmans, contre les immigrés. Le terrorisme islamiste s’attaque à nos valeurs fondamentales : la laïcité, qui garantit la liberté de conscience ; la liberté, d’expression, de création, de critique ; l’égalité entre les citoyen.nes ; la fraternité, qui assure une société soudée. C’est en renforçant ces valeurs que nous ferons face, en les érigeant comme un bouclier.

Face à la barbarie, à une idéologie liberticide et obscurantiste, notre réponse : la culture, l’éducation, la connaissance. C’est en reconstruisant une République sociale et démocratique plus juste et plus forte que nous nous défendrons.

À ceux qui bombent le torse, en nous promettant des mesures davantage sévères, qui disent une fois encore que nous aurons de nouvelles caméras de surveillance, ou quelques policiers supplémentaires…, nous posons la question suivante : sur le terrain de la bataille pour l’éducation et de la lutte contre l’ignorance, tout a t-il été tenté ? Avez-vous tout tenté, avons-nous tout tenté ?

Agissons à notre niveau, car l’échelon municipal est l’endroit où on peut agir en faveur du bien commun, sans rien gommer de la diversité de nos habitant.es.

Donnons à l’école les moyens nécessaires pour former des citoyen.nes éclairé.es : des moyens humains, matériels, des enseignant.es formé.es, reconnu.es et respecté.es, avec l’ambition d’une culture de haut niveau donnant à tou.tes les moyens d’assurer leur avenir.

Plus de 100 000 élèves sortent chaque année du système scolaire sans diplôme. Si on veut réduire ou supprimer le terreau de recrutement des forces obscurantistes terroristes, il faut s’attaquer à cela aussi.

Nous citons ci-dessous quatre exemples locaux qui montrent que notre ville pourrait agir pour contribuer davantage à la réussite scolaire des enfants gratiennois et à l’intégration dans la République d’enfants, de parents, grands parents, jeunes adultes… par le canal de l’école.

Luttons contre les ghettos urbains propices au repli communautaire et contre les discriminations. Rendons réel le beau principe du « vivre ensemble ».

Les crises, qu’elles soient sociales, écologiques ou démocratiques, ne peuvent être résolues que collectivement. Appuyons-nous sur l’intelligence collective, informons, concertons. Vivons ensemble, et non seulement à côté les un.es des autres, apprenons les un.es des autres sans rien renier de nos libertés.

Ne prospérons pas sur les peurs et les haines. Ce sont les mots des terroristes, pas les nôtres.

À Saint Gratien…

-Mi 2013, l’Inspection de notre secteur propose de scolariser dans une école de notre ville des enfants de moins de 3 ans. L’objectif est d’intégrer et de socialiser tôt des enfants dans le système scolaire. Sur la base d’expériences passées, notamment à l’étranger, la mesure a démontré des résultats. L’Éducation Nationale dispose à ce moment de personnel formé. Une salle de classe est disponible. Madame Eustache-Brinio a refusé que cette expérimentation soit mise en œuvre. Pourquoi ?

– En 2014, a lieu une levée de bouclier de la part de parents d’élèves contre les A, B, C, D de l’égalité, dont l’objectif était de lutter contre le sexisme et les stéréotypes de genre. Alors que la ministre est désappointée face à cette fronde qui regroupe un spectre hétéroclite de parents d’élèves et d’organisations, également dans notre ville, nous n’avons pas le souvenir d’avoir entendu Madame Eustache, ni ses adjoints, défendre l’école de la République.

– En 2015, le film Tomboy est programmé dans des écoles de St-Gratien le cadre du programme « école et cinéma ». Les enseignantes souhaitaient utiliser ce support cinématographique dans le cadre d’un enseignement de l’égalité filles-garçons auprès d’élèves de CM1-CM2. Au motif que le film a eu le prix récompensant les films traitant de sujets LGBT à la Berlinale 2011, s’est développée une fronde regroupant là aussi un spectre hétéroclite de parents d’élèves – de diverses obédiences religieuses -contre la sortie des élèves prévue au cinéma Les Toiles. Pour motiver leur opposition à cette sortie scolaire, le film fut qualifié de « pornographique» (sic). Les parents d’élèves leader de la fronde, qui n’avaient pas, plus que les autres, vu le film, s’en excusèrent au conseil d’école suivant. Le mal était fait : près de la moitié d’une classe fut exemptée de sortie. Le travail de l’enseignante fut rendu plus difficile au regard d’un support uniquement vu par une partie de ses élèves. Comme support pédagogique, le film, dans cette école-ci, fut abandonné par la suite. Alors qu’il aurait été opportun que l’adjoint aux affaires scolaires s’exprime sur le fond de cette affaire au conseil d’école suivant, il n’en fut rien. « L’ « affaire » regardait l’Éducation nationale ». Et cela n’a aucunement empêché l’association de parents d’élèves parmi les initiateurs de la fronde de percevoir à nouveau une subvention municipale par la suite, nonobstant la demande de signature d’une charte municipale de la Laïcité.

– Certaines villes se sont saisis des TAP, pour toucher les familles éloignées de l’école, qui aimeraient s’impliquer davantage dans la scolarité de leurs enfants, mais qui ont peur car ne comprenant pas les codes de l’école. Il a été proposé à des parents et des grands-parents, accompagnés par l’enseignant ou par un animateur de la ville, de venir parler aux élèves de leur pays d’origine, des traits de leurs coutumes, dans le cadre de partages sur le temps des TAP sur les « cultures du monde ». La ville de St-Gratien a fait un autre choix. Le choix de TAP « low-cost ». Lesquels, sur la base d’un sondage qu’elle a réalisé auprès des parents d’élèves ont au final été rejetés à 90 %. Et fin a été mis à l’expérience.

-De même, un certain nombre des élu-e-s de la majorité municipale participent au conseil d’administration des deux collèges de la ville et du lycée d’Enghien. Nous ne les avons pas entendus contre la baisse des moyens, des budgets, ni des dotations horaires. Ce qui complexifie l’organisation des enseignements, a fortiori lorsqu’en même temps les programmes s’alourdissent. Les heures d’histoire géographie sont, par exemple, passées en 20 ans de 3h30 à 3h alors qu’a été ajouté à l’histoire-géo l’enseignement moral & civique (EMC). Le département du Val d’Oise et la région Île-de-France, gérés par la majorité à laquelle appartient notre maire et notre sénatrice, ont réduit à la portion congrue les budgets dédiés aux « cordées de la réussite ».

Présentation des Cordées de la réussite : Un dispositif partenarial à destination d’élèves de milieux sociaux modestes, éloignés de l’enseignement supérieur pour des raisons sociologiques et/ou géographiques.

Initiées en 2008, les « Cordées de la réussite » s’inscrivent dans une dynamique d’intensification des liens entre l’enseignement scolaire (général, technologique et professionnel), l’enseignement supérieur et le monde professionnel. Reposant sur un réseau de solidarité, ce dispositif s’adresse à des élèves de milieux sociaux modestes, éloignés de l’enseignement supérieur pour des raisons sociologiques et/ou géographiques. Il vise à lever les obstacles psychologiques, sociaux, géographiques et/ou culturels qui peuvent freiner l’accès de ces jeunes aux formations de l’enseignement supérieur et notamment aux filières d’excellence. Il contribue à les aider à construire progressivement un parcours choisi et ambitieux.

Les Parcours d’excellence mis en place en 2016 constituent une déclinaison de ce dispositif dans les collèges en éducation prioritaire.

Stéphane Bauer, Isabelle Volat, élu.es de Saint Gratien

Journée nationale de la Résistance

Nous commémorerons ce mercredi à Saint Gratien la Journée nationale de la Résistance. Je vous invite à nous accompagner, si vous le désirez.

Ci-dessous, le message annonçant cette initiative, qui est largement ouverte à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent garder vivant l’esprit de la Résistance.
 
Dans le calendrier des commémorations nationales, la date du 27 mai est celle de la Journée Nationale de la Résistance.

Les communistes de Saint Gratien commémoreront le 27 mai en déposant un bouquet aux monuments aux morts.

Cette date correspond à la première réunion du Conseil National de la Résistance (CNR), il y a 77 ans. Né en 1943, en pleine guerre, le CNR réunit huit mouvements de Résistance, six partis politiques et deux centrales syndicales. Deux ans après, dans une France en ruine, un gouvernement réunissant des ministres gaullistes, de la SFIO et du PCF, reconstruisent le pays en faisant le choix de mettre en œuvre des avancées sociales, économiques et politiques majeures. Le programme du CNR fut adopté le 15 mai 1944, à l’unanimité de ses composantes communiste, gaulliste, socialiste, centriste… Cette actualité de la Résistance est tellement vivante aujourd’hui, à l’heure où tout le monde s’interroge sur les moyens de reconstruire nos pays, mis à l’arrêt par la pandémie.

Saint Gratien garde le souvenir de la résistance au travers de nombreuses places, rues et écoles : Jean Zay, Jean Moulin, Pierre Brossolette, Gabriel Péri, Danielle Casanova et bien d’autres encore, ainsi que le souvenir de résistants locaux tels que Suzanne Barroul, Maxime Hébert, Robert Joubel… C’est à eux aussi que nous penserons le 27 mai.

Nous vous invitons, en ces temps où subrepticement  le thème des « Jours heureux » est galvaudé – y compris par le Président de la République – à nous accompagner, si vous le souhaitez.

Rendez-vous place Gambetta, sous le gros cèdre, ce mercredi à 18 heures.

La ville et son équipe dirigeante, qui ne commémore pas cette journée, est prévenue et invitée à notre initiative.

Nous respecterons les consignes de sécurité sanitaire.
Merci à vous si vous souhaitez diffuser cette information.
  
Stéphane Bauer et Isabelle Volat

En annexe, le texte « Des jours heureux » de Monique Chemillier-Gendreau, juriste, professeure émérite de droit public et de science politique à l’université Paris-Diderot, spécialiste de droit international et de la théorie de l’État
Des jours heureux MCG

2020-05-27-commemoration-journee-nationale-resistance

Saint-Gratien 8 mai 2020, 75ème anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie

Il y a 75 ans..

cérémonie 8 mai 2020-38Henri Rol Tanguy 

Fait lieutenant-colonel par le Général de Gaulle

« De février 1937 [dans les Brigades internationales au secours de l’Espagne républicaine] au 8 mai 1945, j’ai toujours été au combat : j’ai encore, dans le corps, une balle de mitrailleuse qui m’a frappé, le 18 juin 1938, sur le front de l’Ebre ».

« À l’état-major régional, la tactique de débordement par l’ouest et par l’est ne manquait pas de nous interroger sur le sort de Paris : quand, comment Paris serait-il libéré ? On sait aujourd’hui que ce devait être au mieux début septembre, ce qui aurait fait courir de gros risques à la capitale et à ses habitants. Vu le rapport des forces général, de plus en plus défavorable aux allemands dans le pays avec la retraite à l’ouest, le débarquement en Provence et la mobilisation populaire dans la région parisienne, il était nécessaire d’agir au plus vite. L’insurrection devenait indispensable, dans la simple perspective de la sauvegarde de la capitale.  Mais il fallait aussi faire la liaison avec les forces alliées et faire en sorte qu’elles arrivent au plus vite à Paris. J’ai été pour ma part très vite déterminé à le tenter puisque j’ai envoyé le 18 août une première mission, celle de Bressy pour prendre contact ».

17 août 1944, Analyse de la situation par Henri Rol Tanguy, dans le cadre de l’avancée de l’armée américaine en direction de Mantes au nord-ouest de la capitale, de Fontainebleau au sud, de Melun à l’est.  Rol Tanguy, par Roger Bourderon, édition Taillandier p 372

  • Grand Croix de la Légion d’Honneur
    • Compagnon de la Libération – décret du 18 janvier 1946
    • Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
    • Médaille de la Résistance
    • Croix du Combattant Volontaire
    • Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
    • Medal of Freedom (USA)
    • Médaille de l’Amitié des Peuples (URSS)

Membre du Comité central du PCF (1962-1987), Henri Rol-Tanguy a été également Président de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR) et Président de l’Amicale des Anciens Volontaires Français en Espagne Républicaine.

Triste coïncidence de date, nous apprenons aujourd’hui la disparition de Cécile Rol Tanguy. Nous y reviendrons.

 

cérémonie 8 mai 2020-41

Marie-Claude Vaillant-Couturier

Arrêtée à Paris par la police française pour faits de résistance

cérémonie 8 mai 2020-40« Je faisais partie d’un convoi ayant quitté la France le 24 janvier 1943. Nous étions 230 [dont Danielle Casanova], n’étant pas juives nous sommes toutes entrées vivantes dans le camp d’Auschwitz-Birkenau. Personne n’a été gazé à l’arrivée. Mais il ne nous a pas fallu vingt-quatre heures pour constater la réalité des chambres à gaz. Les SS n’en faisaient pas mystère. Ils disaient ouvertement: «Ici on entre par la grande porte et on sort par la cheminée

Ancienne résistante communiste, déportée à Auschwitz et à Ravensbrück, celle qui témoigna de l’horreur du nazisme devant le tribunal de Nuremberg.

Siégeant à l’Assemblée consultative provisoire, elle est élue aux deux Assemblées constituantes en 1945 et 1946. Elle est députée PCF de la Seine de 1946 à 1958 et de 1962 à 1967, puis du Val-de-Marne jusqu’en 1973.

cérémonie 8 mai 2020-27

8 mai 2020

Ce 8 mai 2020, les manifestations publiques sont interdites et les cérémonies de commémoration réduites au minimum. On ne peut pourtant pas laisser passer sans un signe le 75è anniversaire de la défaite du nazisme. Une date symbolique s’il en est. Nous avons donc choisi, en respectant scrupuleusement les consignes sanitaires, de marquer cette journée par le dépôt d’un bouquet d’œillets rouges au pied du monument aux morts de la place Gambetta. Nous répondons ainsi à l’appel de plusieurs associations mémorielles. Même en ces temps de crise majeure, rappelons-nous de celles et ceux qui ont donné leur vie pour la liberté, tout en préparant, par l’ambitieux « programme national de la résistance », des jours heureux.

La ville n’ayant pas souhaité de cérémonie, même restreinte, le maire a déposé, accompagné seulement d’un porte-drapeau et d’un photographe, une gerbe au nom du Conseil municipal, puis prononcé une courte allocution enregistrée de son bureau.  

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Le vol noir des corbeaux

Cérémonies sous Covid-19

cérémonie mai 2020-14Le 8 mai 2020 ne ressemblera à aucun autre. Sans cérémonie traditionnelle possible, ce n’est pourtant pas dans l’indifférence qu’aura lieu le 75è anniversaire de la victoire sur le nazisme. Les cérémonies d’ampleur prévues ne pourront bien évidemment pas se tenir. Mais nous ne perdons pas la mémoire. Sans nostalgie, sans penser que l’histoire se répète, gardons en tête les enseignements de cette période qui a aussi vu naître la Sécurité sociale.   

 « 75 ans plus tard, nous devons rappeler l’héroïsme et la victoire de nos aînés, celle de la liberté et de la démocratie sur la barbarie nazie. » Le comité parisien de la Libération et des associations mémorielles appellent les citoyens, dans le respect des déplacements dérogatoires, « à aller individuellement déposer le 8 mai 2020 une fleur, un bouquet, un dessin, un poème sur les monuments aux morts, au pied des plaques du souvenir de toutes les victimes du nazisme de leur commune. »

Pas de rassemblement ce 8 mai sur la place Gambetta, pas d’oubli non plus. En souvenir, quelques photos des cérémonies des années précédentes dans notre ville, accompagnés d’un chant emblématique de la résistance française : le chant des partisans.

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Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne
Ohé, partisans, ouvriers et paysans c’est l’alarme
Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades,
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades,
Ohé, les tueurs, à vos armes et vos couteaux, tirez vite,
Ohé, saboteurs, attention à ton fardeau, dynamite.

C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère
II y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves
Ici, nous, vois-tu, nous on marche, nous on tue ou on crève.

Ici, chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe
Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place,
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur nos routes
Chantez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute.

Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines