Ils sauvent des vies

Communiqué du groupe des élus Front de Gauche au Conseil régional d’Île-de-France

Soutien du groupe Front de Gauche aux personnels soignants

Crise du COVID-19
Soutenir et agir pour celles et ceux qui sauvent des vies

Paris, le 25 mars 2020

FDG CRLa vague de la pandémie de Coronavirus touche de plein fouet l’Ile-de-France. Notre Région compte le plus grand nombre de malades du Covid 19 et sa situation sanitaire est très préoccupante. Les communes, les départements et la Région sont pleinement mobilisés aux côtés des Francilien.ne.s.

Durant cette crise sanitaire d’ampleur, les élu.e.s Front de Gauche tiennent à réaffirmer leur totale solidarité aux personnels soignants qui sauvent des vies.

Infirmier.e.s, aides soignant.e.s, médecins, personnels ouvriers, techniques et logistiques des hôpitaux… elles et ils sont en première ligne et exercent leur métier avec un sens aigu de l’intérêt général.
Depuis des années pourtant, les soignants dénoncent avec force les fermetures massives de services et de lits, le manque de moyens, les bas salaires, les pertes de postes, la destruction pierre après pierre du service public de santé, la transformation de l’hôpital en entreprise…
Depuis des années pourtant, les soignants, avec leurs organisations, demandent que l’austérité ne soit plus la boussole dans la gestion de nos hôpitaux.

Avant l’épidémie, les réponses gouvernementales à leurs justes revendications étaient bien trop souvent les canons à eau et les matraques. Avant l’épidémie, il manquait 600 millions d’euros pour les hôpitaux, 400 postes d’infirmières en Ile-de-France n’étaient pas pourvus.

Emmanuel Macron salue aujourd’hui l’engagement des soignants. Cela ne fait pas oublier que le service public de santé a été dépecé méthodiquement depuis des décennies. L’ampleur et la gravité de la crise sont telles que tout peut s’effondrer. Si tous les soirs à 20 heures, des millions de Français applaudissent, casserolent et chantent pour soutenir les personnels soignants, collectivement, ces Français démontrent aussi leur attachement au système public de santé.

Il est, dès lors, impossible que les mots prononcés ne soient pas suivis de décisions financières. Il est impossible que la santé essentielle à la nation reste soumise aux « lois » du marché.

Dès à présent, du matériel (masques, gants, combinaisons, lunettes) de protection doit être produit en masse et mis à disposition de nos soignants. La Région a commandé 20 millions de masques pour pallier en partie l’impréparation de l’État. Dès lors des tests systématiques doivent être faits pour protéger les soignants et leurs familles dont une grande partie est déjà contaminée.

Dès à présent, un rectificatif budgétaire doit être voté afin de financer correctement l’hôpital public et pour rémunérer correctement ses personnels.

Dès à présent, un moratoire sur la tarification à l’activité dans les hôpitaux doit être pris.

Plus tard, tout doit être revu afin que le service public de santé soit une priorité nationale, que celles et ceux qui le font vivre puissent le faire correctement et soient rémunérés à la hauteur de leur travail indispensable et que la santé soit réellement un droit pour tous et toutes.

Manu Dibango

Le saxophoniste Manu Dibango a rendu son dernier souffle.

Il était au festival « Jazz in Marciac » de l’été 2019.

L’Humanité lui rend hommage.

Le légendaire musicien s’est éteint, victime du Covid-19, à l’âge de 86 ans. Nous republions son entretien accordé à l’Humanité à l’été 2019, à l’occasion de son passage à Marciac. « Papy Groove » se préparait alors aussi à fêter, à Paris, en octobre, ses 60 ans de carrière, lors d’un concert exceptionnel avec son Soul Makossa Gang et l’Orchestre Lamoureux, sous le parrainage de Fip.

Bon pied, bon œil, et surtout une oreille toujours à l’écoute du monde et de ses sonorités, papa Dibango, qui soufflera 86 bougies le 12 décembre, fête ses soixante ans de carrière, lors d’un concert exceptionnel au grand Rex. Il nous embarquera à bord de sa sémillante inspiration, pour un périple inédit, baptisé Safari symphonique. Lui, qui célèbre « les racines de la musique noire venue d’Afrique », précise-t-il, conduira son flamboyant Soul Makossa Gang. Cette formation inclut l’émérite tandem rythmique formé par Raymond Doumbé, dont la basse ahurissante a servi durant nombre d’années la légendaire Miriam Makeba, et le batteur Guy Nwogang, remarqué en outre auprès de MC Solaar et de Stevie Wonder.

Sans oublier les voix expertes d’Isabel Gonzalez, Marie Line Marolany et Valérie Belinga. Au Grand Rex, le Soul Makossa Gang sera augmenté d’une section de cinq cuivres. Ouvert aux rencontres artistiques, l’Orchestre Lamoureux (30 musiciens), dirigé par Martin Fondse, le rejoindra sur scène pour une fraternelle et fertile accolade. L’auteur compositeur du tube planétaire « Soul Makossa » n’a cessé de forger des passerelles soniques entre son Afrique natale, le jazz de son cœur et les negro spirituals transmis par les esclaves. Cette fois, il nous invite aux noces radieuses de son style « afropéen » et de la musique classique, pour le meilleur et pour le swing.

« Nous avons été heureux de jouer pour ce merveilleux public de Jazz In Marciac », déclarait le grand chef au nombreux auditoire le 3 août dernier, à la fin de son concert. Le lendemain, Jazz au Cœur, la gazette quotidienne élaborée par une équipe de passionnés bénévoles, a salué cette « traversée électrique », qui avait emporté le public à travers « funk légèrement planant » et « pépites dansantes ». Dans les loges de Jazz In Marciac, nous avons rencontré le fringant planteur de groove, qui, malgré les maintes sollicitations de la presse nationale et internationale, a répondu à deux questions.

Vous qui avez arpenté six décennies de musique, quels sont les changements advenus qui vous aient le plus marqué ?

Manu Dibango. Les bouleversements qu’a apportés le numérique. On est beaucoup plus dans le virtuel que dans le sensuel. Et c’est une chose qu’on nous impose de plus en plus, que nous le voulions ou non. On ne touche plus un disque comme on le faisait avant. Moi, j’aime le contact physique avec l’objet, prendre le temps de lire le livret… Mais, aujourd’hui, beaucoup de gens ont un doigt sur leur clavier, et les neuf autres au chômage ! J’ai connu l’époque où l’on économisait sou après sou pour s’acheter un disque, qu’ensuite on écoutait religieusement avec ses copains mélomanes. Un jour, alors que je sortais d’un magasin de disques avec une collection d’albums dans mes mains, des enfants m’ont demandé : « Tu achètes de la musique ? ». Ca les étonnait, eux qui ont tout dans leurs baladeurs numériques. Le problème de fond, c’est la rétribution de l’artiste. Les gens trouvent normal d’acheter leur pain, mais pas la musique, devenue un bien de consommation gratuit. Cela dévalorise l’acte de la création et, par là même, porte atteinte à la notion même de création. Du savoir-faire, de la technicité, il y en a à la pelle. Mais l’invention artistique, c’est souvent à la porte à côté. Il y a des quantités industrielles de virtuoses qui jouent aussi vite que les ordinateurs. Mais les véritables artistes ont de moins en moins de visibilité, eux qui cherchent une seule note, la bonne note, celle qui a un sens.

À Marciac, vous avez invité, sur quelques morceaux, la bassiste Manou Gallo et, depuis de nombreuses années, vous faites appel aux vocalistes Isabel Gonzalez et Valérie Belinga. Mettre en lumière les artistes féminines, est-ce important pour vous ?

Manu Dibango. C’est une dimension à laquelle on devrait penser davantage. Je suis heureux d’accueillir sur scène ces trois personnalités talentueuses. Je travaille souvent avec Isabel Gonzalez et Valérie Belinga, qui sont toutes deux à la fois choristes et chanteuses, ce qui n’est pas évident, car cela correspond à des fonctions très différentes. Chacune d’elle mène sa propre carrière de chanteuse. Isabel Gonzalez, qui a participé à des opéras, a chanté pour de fameuses formations africaines, ainsi que Valérie Belinga qui, par ailleurs a fait du théâtre. Elles sont terriblement musiciennes ! Je les trouve particulièrement complémentaires. Quant à Manou Gallou, je l’ai découverte à Abidjan, dans la troupe de Werewere Liking, une artiste polyvalente camerounaise installée en Côte d’Ivoire. Elle a collaboré avec Zap Mama, les Tambours de Brazza, etc. Vous l’avez entendue à la basse, mais elle cartonne aussi au djembé. Des femmes bassistes, il n’y a pas tant que ça. Alors, oui, je suis vraiment content de soutenir des musiciennes qui ont à la fois le son et la « soul », l’âme.

Fara C.

manu dibango

Europacity, l’alternative agricole

Val-d’Oise. Quand le Ceser plaide pour le Triangle de Gonesse

Lu sur le site de « la Gazette du Val d’Oise », cet article de Fabrice Cahen.

carma

Le Conseil économique, social et environnemental d’Île-de-France (Ceser) a adopté une contribution pour que la Plaine de France devienne un « laboratoire de la métropole nature ».

Le projet Carma prévoit la préservation intégrale des 670 ha de terres agricoles du Triangle de Gonesse (Val-d’Oise).

Lors de son assemblée plénière, le Conseil économique, social et environnemental d’Île-de-France (Ceser) a adopté une contribution pour que la Plaine de France devienne un « laboratoire de la métropole nature, qui préserve et valorise la ceinture verte et agricole ainsi que les circuits courts », suggère-t-il.

Le Ceser, instance consultative réunissant de nombreux experts de la région Île-de-France, irait ainsi dans le sens du projet défendu par le collectif Carma, qui prévoit la préservation intégrale des 670 ha de terres agricoles du Triangle de Gonesse, couplé à l’adoption d’un projet de « transition écologique permettant de créer des emplois dans des filières d’avenir et non délocalisables ».

Ainsi, le Ceser se prononcerait pour un projet d’aménagement qui « s’attache à promouvoir un cadre de vie de qualité, pour améliorer la vie des habitants du territoire », qui « privilégie l’optimisation des espaces déjà urbanisés, en les adaptant aux exigences de la transition énergétique et écologique », et qui « développe des activités économiques vertueuses, économes en termes d’espace et d’énergie […] pour une meilleure adaptation à l’urgence climatique et aux besoins des habitants », énonce l’institution.

Selon le Ceser, l’abandon du méga projet Europacity exigerait que l’ensemble de la Zac soit revu : « Europacity s’intégrait dans un projet d’aménagement d’environ 300 ha dont les composantes étaient très liées au méga complexe. À la suite de son abandon, tout le projet d’aménagement des 300 ha s’en trouve donc réinterrogé et la question de leur urbanisation se pose ».

Le Ceser propose ainsi deux scénarios, dont un envisage encore la possibilité d’artificialiser les terres du Triangle de Gonesse.

Il souligne que « la conservation intégrale des terres et leur mise en valeur au moyen d’un projet d’économie circulaire satisfait toutes les exigences liées à l’urgence climatique et sociale ». La création d’une filière agricole et d’une formation à l’ensemble des métiers de la transition écologique élargirait également la palette d’emplois du territoire, décrite comme trop étroite et peu diversifiée, malgré la présence de la zone aéroportuaire de Roissy-Charles de Gaulle.

Une annonce dont le Collectif pour le Triangle de Gonesse se félicite. Pour le principal opposant à l’urbanisation du Triangle de Gonesse, le choix du Ceser « vient conforter en tout point les options qu’il a défendues lors de sa rencontre du 1er février 2020 avec Francis Rol-Tanguy, missionné par le gouvernement pour émettre des propositions sur l’avenir du territoire. »

Les CESER sont des organismes régionaux, institutionnalisés dans leur forme actuelle par une loi de juin 2010. Ils ont pour mission de donner un avis consultatif sur les plans régionaux d’aménagement du territoire. C’est à ce titre que celui d’Ile de France s’exprime sur la question de l’urbanisation des terres de Gonesse.

Ces femmes invisibles

Ces femmes invisibles mises en lumière par le coronavirus

Un appel de médecins aux milieux économiques

Lu sur le site « Domaine public », qui publie des analyses, commentaires et informations sur l’actualité suisse, en se revendiquant « indépendant, différent, réformiste depuis 1963 »

Par Danielle Axelroud Buchmann

Deux médecins haut-valaisans, Natalie Urwyler et Simon Fluri, ont lancé un appel urgent aux milieux économiques pour leur demander de libérer les pères occupés dans des secteurs moins prioritaires afin que les mères travaillant dans le système de santé puissent assumer leurs responsabilités.

La fermeture des écoles met les parents dans une situation difficile, en particulier tous ceux dont le travail est crucial si l’on veut maîtriser la pandémie. Non seulement les médecins, le personnel soignant et des pharmacies, mais aussi toutes les personnes actives au sein du système de santé et des hôpitaux.

Or, dans le domaine de la santé humaine et de l’action sociale, les femmes représentent 78% du personnel, selon les statistiques fédérales. Dans le commerce de détail, ce chiffre est de 68%.

Tous ces gens qui travaillent et dont l’activité s’avère en ce moment si nécessaire sont en majorité des femmes, mères pour nombre d’entre elles. Les écoles étant désormais fermées, qui va s’occuper des enfants? Plusieurs cantons (Vaud, Valais, Berne, Zurich) ont annoncé vouloir mettre en place des solutions de garde pour les cas d’urgence. Mais cela ne suffira peut-être pas. Les deux médecins haut-valaisans, soutenus par le directeur de l’Hôpital du Valais, Eric Bonvin, en appellent aux employeurs des entreprises dont l’activité n’est actuellement pas du domaine de l’approvisionnement de base : libérez les pères, pour qu’ils puissent prendre en charge les enfants et que leurs mères puissent assumer les tâches plus primordiales pour la santé de la population.

Il ne s’agit donc pas seulement des médecins et du personnel soignant. Mais aussi de toutes les petites mains qui nettoient, désinfectent, décontaminent, cuisinent. On peut d’ailleurs tenir le même raisonnement pour le commerce de détail alimentaire, indispensable pour assurer l’approvisionnement du pays.

En ces temps de crise, ces personnes – donc, en majorité des femmes – deviennent enfin visibles.

Apparemment pas pour le Conseil fédéral: dans sa conférence de presse du 16 mars, il a précisé la teneur des nouvelles mesures nationales prises et applicables dans tous les cantons, sans faire la moindre mention de la question du genre. Pourtant, dans une telle situation de crise, la répartition des tâches entre les femmes et les hommes est décisive.

Le Conseil fédéral a par exemple bien spécifié que 90% des soldats faisant partie des quatre bataillons hospitaliers ou des cinq compagnies sanitaires qui vont être appelés prochainement ne travaillent pas dans le système de santé. L’idée : ne pas priver la société civile de personnel soignant qualifié pour les remettre à disposition via l’armée. Mais quelle proportion d’entre eux sont des pères ou des mères? Et qu’adviendra-t–il des enfants? Et si les conjoints, eux, font partie du personnel soignant ou auxiliaire?

Ces femmes dont le rôle est aujourd’hui si important, n’étaient pas visibles non plus en 2018, lorsque le Conseil fédéral a rejeté l’initiative populaire «Pour des soins infirmiers forts» sans lui opposer de contre-projet. Cette initiative, portée par l’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI), vise à garantir un nombre suffisant d’infirmiers et d’infirmières diplômées. Elle veut rendre cette profession plus attrayante pour les jeunes et revendique un élargissement des tâches dévolues aux infirmiers et infirmières, de meilleures conditions de travail, une rémunération appropriée et des possibilités de développement professionnel. Apparemment, améliorer les conditions de travail du personnel soignant – en majorité féminin – n’entrait pas en 2018 dans les priorités du Conseil fédéral.

Ce thème n’a pas convaincu le Conseil national non plus, puisqu’il a également rejeté cette initiative, au profit d’un contre-projet qui ne dit rien d’une amélioration des conditions de travail du personnel infirmier. Contre-projet qui lui-même n’a pas trouvé grâce devant la Commission de la santé du Conseil des Etats en février dernier. Espérons que nos sénateurs auront pris conscience de l’importance du sujet lorsqu’ils pourront reprendre leurs travaux…

La question de l’égalité entre les femmes et les hommes est inscrite dans le programme de législature 2019-2023 publié en janvier dernier (objectif 8, pp.71-72). Il s’agit d’un thème typiquement transversal, qui devrait être pris en compte de manière systématique dans chaque Message du Conseil fédéral et dans tout débat parlementaire ainsi que, bien entendu, lors de la mise en place de mesures aussi drastiques que celles qui viennent d’être promulguées. Un réflexe qui n’est visiblement pas encore acquis.

 

Contre le virus, l’humain d’abord !

Coronavirus : Les travailleurs doivent être protégés !

virusFace à une crise sanitaire sans précédent dans l’histoire récente de notre pays, une part importante de notre population est confinée depuis mardi midi afin de limiter la propagation rapide du Covid-19. Mais beaucoup de salarié-es sont aussi les premiers au front pour répondre aux besoins vitaux de la population.

Nous pensons aux personnels de santé qui tentent de répondre aux mieux à l’urgence dans des conditions de travail dégradées comme ils le dénoncent depuis un an.

Nous pensons aux agents de l’état, des collectivités locales, qui assurent les missions régaliennes et les solidarités sur les territoires qui sont essentielles dans cette période. Ils font chaque jour la démonstration du rôle indispensable de nos services publics.

Nous pensons à tous ceux qui doivent continuer de produire et travailler pour nous permettre de manger, de nous déplacer, d’accéder à l’énergie.

Nous saluons leur engagement, leur courage, nous les remercions pour leur sens des responsabilités et de l’intérêt général.

Nous exigeons que les conditions sanitaires les plus essentielles soient respectées afin de les protéger.

Par ailleurs, sur tout le territoire national, de trop nombreuses entreprises continuent de produire et fonctionner au détriment de la santé de leurs salariés, parfois même dans des entreprises où des salariés ont été dépistés positifs au COVID-19

Cela doit cesser : seul ce qui est essentiel doit fonctionner.

Le confinement doit s’étendre rigoureusement à tout le reste afin de répondre efficacement au défi qui est devant nous. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF,  s’adressera en ce sens au premier ministre afin que celui-ci définisse plus clairement les secteurs stratégiques et les mesures de protection au travail, afin que nul ne puisse déroger aux règles qui permettent d’épargner des vies.

La situation d’urgence ne peut se traduire par un confinement du droit des salariés.

Partout en France, chez Amazon, sur le chantier de Saint-Nazaire, comme chez Alstom, des salarié.e.s sont conduits à utiliser leur droit de retrait, à débrayer parce qu’ils refusent d’aggraver une situation sanitaire déjà grave. Nous sommes à leurs côtés.  À l’heure où le président de la République semble découvrir l’importance du service public, nous exigeons qu’il prenne les mesures pour protéger tous les travailleurs, toutes les travailleuses, leur santé et leurs droits sociaux.

Nous sommes fiers des travailleurs de notre pays. Ils sont à la hauteur de la crise que nous connaissons. Protégeons-les !

PCF, 19 mars 2020

8 mars 2020

Sororité

Alors non, le féminisme n’est ni « consensuel », ni « puritain », ni « victimaire », comme on entend ici ou là le proférer les fils malades du patriarcat dans leur guerre préventive contre l’égalité. Et gare au retour de bâton

8 mars 2020Gardez vos roses, messieurs. Avec les Rosie en grève, le 8 mars a ­repris des couleurs, ­renouant avec les origines ouvrières et socialistes de cette journée. ­Depuis trois ans, le patriarcat subit les plus vifs coups de boutoir de son histoire. Cette nouvelle vague féministe, portée par une jeunesse qui ne supporte plus de courber l’échine devant la violence de la domination masculine, redessine l’imaginaire social et les rapports de pouvoir qui perpétuent les inégalités de genre.

Le courant est si puissant que les grands de ce monde, sentant le vent tourner, font mine de s’y ­atteler, à coups d’opportunisme marketing et autre « féminisme washing ». Sur ce registre, l’imposture féministe du gouvernement sur les retraites n’aura dupé personne. Mieux, les conséquences dramatiques de cette réforme sur les pensions des femmes, que le pouvoir macroniste condamne à la perspective du minimum vieillesse, ont mis de l’huile dans le moteur du mouvement social, renouvelé avec créativité ses modes de lutte. Le grand débat de société ouvert sur l’enjeu des retraites a démontré les effets pervers de l’assignation au travail reproductif, mais aussi combien la surexploitation du deuxième sexe est un outil de dumping social pour le patronat.

Alors non, le féminisme n’est ni « consensuel », ni « puritain », ni « victimaire », comme on entend ici ou là le proférer les fils malades du patriarcat dans leur guerre préventive contre l’égalité. Et gare au retour de bâton. « L’histoire de l’opposition des hommes à l’émancipation des femmes est plus intéressante peut-être que l’histoire de cette émancipation elle-même », avançait Virginia Woolf. Les récentes ­restrictions du droit à l’IVG, aux quatre coins de la planète, rappellent combien le patriarcat ne cédera pas gentiment la place. Et aucun groupe social, aucune famille politique, aucune religion n’en est immunisé. Bien loin des polémiques hexagonales manichéennes, rappelons ici que, pour des millions de femmes dans le monde, leur engagement féministe ne les expose pas qu’à une vindicte réactionnaire, mais à la prison ou la mort.

Maud Vergnol, dans l’Humanité du 8 mars 2020

 

Un référendum pour les retraites !

« Monsieur le président, soumettez au référendum votre réforme des retraites »

Le journal L’Humanité demande l’organisation d’un référendum sur le projet de loi du gouvernement visant à modifier le système de retraites. Cet appel est signé notamment par Daniel Mermet, Didier Porte et Gérard Mordillat.

Pour signer cette pétition, rendez vous sur le site change.org

retraite référendumAprès plus de deux mois de mobilisations sociales d’une ampleur historique, une majorité de Français demandent toujours le retrait de la réforme du système de retraite voulue par le gouvernement. Alors que les projets de loi commencent à être examinés à l’Assemblée nationale, tout est organisé pour contourner le débat devant la représentation nationale et inciter les parlementaires à voter à l’aveugle, avec le recours programmé à pas moins de 29 ordonnances.

Même le Conseil d’État a rendu un avis très sévère, relevant « la fausse promesse d’un régime universel », des projections financières « lacunaires  », mais aussi des dispositions « contraires à la Constitution ».

Ce niveau de défiance à l’égard d’une réforme « inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour les décennies à venir un système social qui constitue l’une des composantes majeures du contrat social », comme le souligne à juste titre le Conseil d’État, pose un problème démocratique majeur.  À ce stade, seule une consultation populaire permettrait de le résoudre. Un référendum sur le retrait du projet gouvernemental doit être organisé, pour que le peuple ait le dernier mot.

Pour une retraite juste et solidaire

Pour dire « non » à la retraite Macron, signez le texte ci-dessous !

Une majorité de citoyennes et de citoyens le demandent : retrait de la réforme Macron !

Depuis le 5 décembre, des millions d’hommes et de femmes se retrouvent dans les grèves, dont beaucoup en reconductible, et dans les manifestations à l’appel des organisations syndicales.

Ils et elles rejettent la réforme du système de retraites que veulent leur imposer le président de la République et son gouvernement.

(336)Ce projet n’est pas acceptable, car il est porteur de régression des droits de chacune et chacun : toutes les hypothétiques avancées proposées par le gouvernement devraient être financées par des baisses de pensions ou par l’allongement de la durée de la vie au travail. D’autres choix sont pourtant possibles.

C’est pourquoi nous demandons le retrait du projet présenté par le Premier ministre, afin que soient ouvertes sans délai de vraies négociations avec les organisations syndicales, pour un système de retraites pleinement juste et solidaire, porteur de progrès pour toutes et tous, sans allongement de la durée de la vie au travail.

Signer et voir les premiers signataires

Vive la radio de service public !

Vive la radio de service public : France Inter, France Info, France Culture, France Musique, France Bleue, le Mouv, FIP !

Le personnel de Radio France est en grève depuis 16 jours. Voici pourquoi, expliqué dans une tribune devenue pétition et qui réunit aujourd’hui 50 000 signatures.

À partager sans modération !

La radio publique est en danger. Elle subit depuis des années des plans stratégiques et des coupes budgétaires qui menacent aujourd’hui son fonctionnement. Le soutien de tous est nécessaire, pour que le gouvernement entende l’inquiétude de ceux qui la fabriquent. Signez et soutenez une radio de service public et de qualité.

radio franceNous, voix et collaborateurs(trices) des émissions de Radio France, tenons à nous adresser collectivement au Gouvernement et au Ministère de la Culture, dans ce moment crucial que traverse le groupe.

Il nous importe de signaler notre inquiétude vis-à-vis de la baisse de dotation qui provoque les plan de « réorganisation stratégique » et de « départs volontaires » communiqué par la Présidence.

Nous ne sommes ni contre le mouvement ni contre le changement. Nous avons d’ores et déjà pris à bras le corps la transition numérique. Nous sommes sans cesse à l’affût de nouveaux publics, notamment chez les plus jeunes.

Nous pensons cependant qu’il n’y a pas de mystère, pour remplir nos missions de service public, il faut des moyens. Radio France a déjà consenti des réductions d’effectifs sous la présidence précédente, et a réussi l’an passé à revenir à l’équilibre de ses finances après la suppression de près de trois cents postes. Faire plus avec moins ne marche ni à l’hôpital, ni à l’école, ni dans les transports, ni à l’université, ni dans les lieux d’art, etc. Pourquoi cela marcherait-il à la radio?

Diminuer la contribution à la radio publique, c’est un choix politique. Un choix de société qui nous inquiète. D’autant plus que la réforme de l’audiovisuel public présentée par le gouvernement cet automne, ainsi que la fin de la redevance telle que nous la connaissons, ne donnent aucune piste sur la manière dont il entend la financer au-delà de 2022.

Conscients des enjeux considérables qui touchent tous les services publics de ce pays, et des souffrances de nombre de nos concitoyens(ennes), il ne s’agit en aucun cas pour nous de nous draper dans la défense de catégories professionnelles, mais bien de faire battre le cœur de notre mission à destination de tous les publics. Certain(es) d’entre nous ont des rémunérations enviables, mais beaucoup d’entre nous, la plupart, ont des statuts précaires (contrats d’un an, indemnités chômage, bas salaires malgré un investissement de tous les instants pour notre auditoire, de plus en plus grand). Il nous semble difficile d’accepter une baisse supplémentaire du financement public de la radio, qui seul assure la pérennité de ce service, et nous craignons que le plan annoncé ne nous permette plus de garantir cette qualité.

Monsieur le ministre de la Culture et de la Communication, êtes-vous à même de soutenir à terme le financement public de la radio et de défendre ses missions de service public, saluées quotidiennement par celles et ceux qui nous écoutent ?

Signez ici !