Des élu.e.s inspirée.e.s

Ce samedi 21 mai 2022, nous avons accompagné les candidates de la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (NUPES) pour des échanges sur le développement durable, à l’occasion de la journée municipale intitulée « Inspirations durables ». Nous reviendrons ici régulièrement sur la campagne des législatives de Gabrielle Cathala et Catherine David.

Associations, institutions, partenaires divers étaient rassemblés sur la pelouse du château Catinat : de « Citoyennes de la République » et ses jus de fruits 100% naturels, mixés à la force de la pédale (!) à l’atelier de réparation de vélos, en passant par Véligo et ses vélos à assistance électrique en location, de « Tchaomégot » qui recycle ce petit déchet très polluant qui jonche nos rues, à la communauté d’agglomération et son plan Climat territorial, du Siare qui exposait les problèmes liés à l’eau et à son assainissement au stand de miel local… les sujets « durables » ne manquaient pas.

Nos rencontres ont été fructueuses sur tous ces thèmes qui nous tiennent à cœur depuis longtemps.

N’avons-nous pas dès 2020, alerté sur la pollution due aux mégots jetés sur les trottoirs, et leurs nécessaires collectes et recyclage ? Aussi, avons-nous été particulièrement attentifs aux solutions proposées par « Tchaomégot » jeune entreprise qui propose des solutions à la collectivité… encore faut-il que celle-ci veuille bien y consacrer quelques moyens ! L’affaire n’est donc pas finie, et il faudra être vigilants pour que cela ne reste pas un effet d’annonce.

N’avons-nous pas interrogé depuis longtemps la ville sur le fait que nos réseaux d’assainissement restent unitaires, malgré la réfection de voirie dans de nombreuses rues, et malgré le fait que les nouvelles constructions soient soumises à l’installation de réseau séparatif sur leur domaine ? Continuer d’envoyer les eaux pluviales engorger les stations d’épuration n’est pas souhaitable. Il y a certes des moyens financiers importants à investir mais quand on refait une rue, n’est -ce pas pour des dizaines d’années ?   

N’avons-nous pas depuis de nombreuses années réclamé que la ville prenne enfin le tournant des transports doux, notamment le vélo et la marche, en veillant que nos trottoirs permettent une circulation aisée des piétons, poussettes et autres  fauteuils roulants ? Que la ville soit équipée d’aménagements cyclables permettant aux cyclistes de rouler et de se garer en toute sécurité ? Pistes cyclables, arceaux protégés et judicieusement implantés, parcs à vélos dans les écoles, parc Véligo à la gare, double sens cyclable… nos propositions se heurtent pour le moment à l’argument de rues trop étroites pour tout partage de la chaussée… mais nous ne désespérons jamais.

N’avons-nous pas dès 2014, proposé d’équiper nos immeubles et autres bâtiments publics de panneaux solaires permettant la production d’eau chaude à moindre coût ? Ou suggéré de réfléchir au principe de géothermie, dont un spécialiste nous a dit hier qu’elle permettrait de réaliser 80% du chauffage urbain ? N’avons-nous pas proposé la collecte des déchets verts, quand tout le monde nous opposait son coût prétendument insurmontable ? N’avons-nous demandé à préserver en ville des espaces naturels pour la promenade des humains mais aussi pour aider à préserver la biodiversité, notamment le parc urbain ou la casquette du BIP ?

Quelques regrets toutefois à propos de cette journée. Bien peu d’habitants malgré le soleil. Pourquoi ne jamais délocaliser dans les quartiers, endroits plus propices à la rencontre avec les enfants, les jeunes ? Raguenets ou Marais aimeraient aussi accueillir les manifestations municipales. Davantage de publicité serait aussi bienvenue, comme quelques stands un peu plus ludiques ou conviviaux, petite restauration ou buvette auraient mérité une place plus importante. Mais surtout, une politique municipale réellement tournée, tout au long de l’année, vers le développement durable, sensibiliserait et engagerait davantage les habitants dans cet enjeu essentiel pour notre vie future. Une ville plus « inspirée », avec des actions fortes et concertées, pour une vraie transition écologique ! Ça nous inspire !

L’école, service public essentiel (4)

Une autre école est possible ! Le SNUipp, premier syndicat du primaire, a interrogé Fabien Roussel sur les mesures qu’il prendrait concernant l’école. 

Le SNUipp-FSU interpelle Fabien Roussel

1) La baisse des effectifs au sein de toutes les classes est plébiscitée comme efficace à 99% pour améliorer les apprentissages des élèves et l’inclusion au sein de l’école.
Quel plan de recrutement et de construction de bâti scolaire allez-vous mettre en place au cours du prochain quinquennat pour permettre cette baisse ?

Dans mon programme, je porte la volonté de limiter le nombre d’élèves par classe à 15 en petite section, 20 dans les autres classes de maternelle et en élémentaire.
Concernant les recrutements, je chiffre à 90 000 les besoins immédiats. Je défends l’idée d’un pré-recrutement aux niveaux bac et bac +2, sous statut de la fonction publique, pour une entrée progressive et sereine dans le métier. Les formations initiales et continue seront reconstruites et revalorisées.
Pour ce qui est du bâti scolaire, mon programme comprend un grand plan national de construction, de rénovation et d’équipement des locaux scolaires.

2) La hausse des salaires est la mesure prioritaire pour améliorer la situation professionnelle des personnels, en plus de la titularisation comme fonctionnaire pour les AESH.
Quels moyens budgétaires allez-vous y consacrer et sur quelles perspectives de revalorisation des grilles salariales vous engagez-vous ?

Il est indispensable de rattraper les retards accumulés en terme de salaire : je prévois de les augmenter immédiatement de 30% et de dégeler le point d’indice. Je souhaite qu’il n’y ait plus aucun enseignant avec moins de 2200 euros nets dans les écoles.
Pour ce qui est des AESH, ils seront désormais sous statut de la fonction publique.

3) Le fonctionnement de l’école primaire est promis à un fort bouleversement, débuté avec la loi dite de « l’école de de la confiance » et poursuivi avec la loi Rilhac. Pourtant les enseignant·es rejettent la mise en place d’un directeur·trice d’école comme « supérieur·e hiérarchique » à 85% et plébiscitent au contraire l’organisation actuelle de l’école avec le conseil des maître·sses animé par leur collègue directeur·trice « pair parmi ses pairs ».
Quelle organisation et fonctionnement de l’école promouvez-vous ?

Ma vision de l’école repose sur les professionnels de l’éducation qui y travaillent au
quotidien. Je suis pour que les programmes soient élaborés démocratiquement avec tous les acteurs de terrain, par exemple.
Je ne suis pas favorable à une direction d’école sous forme hiérarchique. Notre école a besoin de directeurs dont les tâches administratives sont allégées par l’octroi d’un temps de décharge et d’une aide suffisante, afin qu’ils puissent se recentrer sur la coordination et l’animation des équipes pédagogiques. Leur engagement doit par
ailleurs être reconnu à sa juste valeur au niveau de leur salaire. Je suis attaché à l’école républicaine de proximité comme je suis attaché à la commune. Et, selon moi, il n’y a ni trop d’écoles ni trop de communes. Je suis également opposé à une école à la carte.
Je porte l’idée d’une augmentation du temps scolaire, porté à 27 heures hebdomadaires pour les élèves sans augmenter le temps de service et de travail des enseignants, déjà surchargés. Cela nécessitera plus de maîtres que de classe. Par ailleurs, le temps de concertation et de travail en équipe sera inclus dans le service de l’ensemble des personnels d’éducation.

4) L’inclusion est jugée comme mal prise en compte par l’institution scolaire (96% des enseignant·es, 73% des AESH et 53% des français·es). Plusieurs mesures sont plébiscitées par les personnels pour y remédier : allègement des effectifs mais aussi maintien des structures d’accueil spécialisées, recrutement d’enseignant·es spécialisé·es, véritable statut pour les personnels AESH, formation, matériel pédagogique adapté…
Comment allez-vous améliorer l’inclusion scolaire pour que l’école publique puisse permettre à tous les élèves, dans un cadre collectif, d’avoir les outils d’accès aux savoirs et à la culture commune ?

Les AESH sont incontournables pour progresser vers une inclusion plus ambitieuse, pour une école qui s’adapte et accompagne chaque élève vers son meilleur développement, vers son meilleur épanouissement.. Ils doivent pouvoir exercer leur mission dans des conditions dignes et respectueuses des enfants. Ils ont besoin d’un véritable statut dans la fonction publique, avec des formations qualifiantes, de vrais salaires et des recrutements en nombre suffisant. Ce serait le signe fort d’une société solidaire, d’une République mobilisée pour l’égalité.
Je pense que notre École doit apporter le meilleur d’elle-même pour les enfants les plus fragiles qui lui sont confiés. Il est urgent de reconstruire la médecine scolaire et les RASED.

5) La loi de « transformation de la Fonction publique » a profondément modifié la façon dont les personnels sont affectés ou promus en en rendant opaques et illisibles les modalités. Pourtant les enseignant·es démontrent à 96% leur attachement à des règles équitables et transparentes de gestion des personnels (mouvement, promotion…) étudiées en commission paritaire avec leurs représentant·es élu·es.
Allez-vous abroger cette loi de « transformation de la Fonction publique » et revenir à une gestion équitable et transparente des carrières des personnels ?

Face à la crise que nous traversons, écologique, économique, démocratique, nous
voulons renforcer le service public d’éducation, pour qu’il puisse donner à tous les
jeunes les moyens d’inventer des réponses nouvelles aux défis de l’avenir. Le budget de l’Éducation Nationale sera augmenté de 45%.
Pour ce qui est de cette loi, précisons que c’est parce que le fonctionnaire n’est pas
soumis à un contrat, mais à la loi, qu’il œuvre à l’intérêt général et en rend compte
devant la société tout entière ! C’est aussi parce que son statut est protecteur qu’il
garantit la neutralité du service public. Enfin, c’est parce qu’il est recruté sur concours qu’il se met au service du bien commun dans l’impartialité et l’égalité.
Je porte l’idée que les salariés ont leur mot à dire concernant leurs conditions de travail et leur outil de travail et le paritarisme en fait partie. Les CHS-CT, laminés par ce texte, constituent par exemple le moyen pour les agents et leurs représentants de jouer pleinement leur rôle dans la protection, la santé et la sécurité des personnels.
Ce texte vise l’extinction progressive du statut de la fonction publique, il est l’un des plus réactionnaires de l’histoire de notre République et nous reviendrons dessus.

L’école, service public essentiel (3)

Covid, un révélateur

La crise du Covid a aggravé les difficultés de l’école. Sans mesures concrètes pour traiter des conséquences scolaires de la crise sanitaire, on peut craindre des effets durables dans la scolarité des élèves, particulièrement ceux issus des classes populaires. Difficulté accrue des apprentissages, perturbation du rythme de travail en classe depuis le début de la crise sanitaire… le tout sur fond de manque criant de psychologues de l’Éducation Nationale.

Lors de la fermeture des écoles en 2020, les apprentissages à distance ont été fortement perturbés, notamment à cause de la « fracture numérique » par manque d’équipement et/ou mauvaise connexion des écoles et des familles.

D’un point de vue sanitaire, le manque d’équipement en matériels, masques, capteurs de CO2 … a exposé les enseignants et les élèves. Pas de campagne de dépistage et de vaccination pour les personnels. On a connu une communication aberrante du ministère, annonçant dans la presse des protocoles sanitaires sans cesse modifiés. Combien de fois les personnels ont appris la veille, voire après la rentrée, les nouvelles préconisations sanitaires ? En janvier 2022, il y a eu quatre protocoles en moins de 10 jours ! La réalité de la circulation du virus dans les écoles a été sous-estimée, voire niée par le ministère qui s’est aligné sur la thèse de la non contamination des enfants.

S’il était important de laisser les écoles ouvertes, cela ne devait pas se faire au détriment d’une école sécure du point de vue sanitaire.

Le Covid a surtout révélé l’existence d’écoles vétustes, manquant de sanitaires, de points d’eau, à l’aération parfois très difficile. Le ministère a renvoyé aux collectivités la responsabilité des capteurs de CO2 ou purificateurs d’air. Comme c’est facile !

Organisation de l’école

À l’heure actuelle, les écoles primaires sont organisées sur la base d’un collectif d’enseignants, dont l’un (ou plus souvent une !) est chargé du travail de direction. Les enseignants ont de tout temps refusé qu’un rôle hiérarchique soit confié aux directeurs d’écoles. Depuis cinq ans, l’objectif du ministère est de leur conférer une « autorité », leur déléguer des compétences auparavant détenues par la hiérarchie. La mobilisation contre la loi dite de « l’école de la confiance » a permis l’abandon des EPLESF (établissements publics des savoirs fondamentaux). Le ministre a tenté depuis de contourner cette opposition avec l’aide de la loi Rihlac (encore une députée du Val d’Oise !) Promulguée en décembre 2021, cette loi reconnaît la spécificité de la fonction de directeur d’école. Elle donne à ce poste une autorité fonctionnelle et le dote d’un véritable pouvoir de décision pour le bon fonctionnement de son école. Cela s’est accompagné d’une expérimentation marseillaise de ce dispositif controversé de la direction d’école. Une expérimentation très opaque et une rupture d’égalité dénoncée par les syndicats : pouvoir de recrutement annoncé pour les directeurs, autonomisation des écoles sur les contenus pédagogiques et les rythmes, attribution contractuelle des moyens. Ces dispositions remettent en cause le principe de l’égalité du service public sur le territoire.

Un budget de l’Éducation nationale en berne

Investir dans l’éducation, une question de choix…

L’éducation devait être une priorité du quinquennat. Mais sans accroissement des dépenses ? La part dans le PIB de ces dépenses baisse depuis 1996, alors que le PIB augmente régulièrement. C’est-à-dire que la France consacre une part de moins en moins importante de ses richesses à investir dans l’éducation de sa jeunesse.

La part de la DIE (dépense intérieure d’éducation) est passée de 7,7% en 1996 à 7% en 2020. Elle est estimée à 160,6 milliards d’euros. Si la France consacrait la même part de son PIB à la DIE qu’en 1996, le budget consacré à l’éducation serait plus élevé de 25 milliards d’euros.

Quant à la promesse de recruter 4 000 à 5 000 nouveaux enseignants, elle est tombée aux oubliettes. Bien pire, on note une baisse de 10 200 enseignants par rapport à l’année scolaire 2017/2018…

Des annonces inquiétantes

Et après ? Le programme présenté par E. Macron s’annonce dans la suite logique du quinquennat écoulé : libéralisation totale avec une mise en concurrence des écoles, l’effacement du service public d’éducation au profit d’un « marché scolaire ».

-Compétition entre les écoles  

Liberté pédagogique et « managériale » pour les directeurs des écoles et établissements,  recrutements sur profil, et au nom de la transparence, publication des résultats des évaluations permettant de comparer écoles et établissements entre eux… Bref, la compétition entre les écoles ! Totalement inefficace pour réduire les inégalités car chacun sait que c’est plus facile d’avoir de bons résultats dans une école où il y a peu d’élèves en difficulté que dans une autre. Cette mesure va renforcer la ségrégation, en favorisant le  bachotage » généralisé et favorise le privé – qui, lui, choisit ses élèves.

 -Travailler plus…

Les enseignants sont prévenus : ils vont connaître le fameux « travailler plus pour gagner plus » ! Complètement délirant quand on sait que le temps de travail des enseignants est déjà supérieur à 42 heures par semaine selon les propres chiffres du ministère de l’Éducation. Parmi les « nouvelles missions » : le remplacement obligatoire des absents ou le suivi individualisé des élèves. Pour faire croire aux parents qu’on va résoudre le problème des remplacements ? D’après la FCPE, 55 000 heures de cours ont été perdues depuis la rentrée. À Saint Gratien, des enseignantes en congé de maternité ne sont pas remplacées.. Troisième semaine sans maîtresse pour des CE1 du centre-ville ! Pour les AESH aussi, on promet des contrats de 35 heures par semaine, mais conditionnés à l’acceptation de tâches supplémentaires, notamment dans le périscolaire. Sauf que leur métier, c’est l’accompagnement des élèves en situation de handicap…

À suivre…. Une autre école est possible !

L’école, service public essentiel (2)

La politique menée par JM Blanquer a aggravé les inégalités scolaires, elle a aussi eu de fortes répercussions négatives sur la situation des personnels.. et tout est lié !

Des enseignants débordés

Le temps de travail des enseignants est de 42/44h par semaine. Actuellement, le travail pédagogique est entravé par de multiples « commandes » de l’institution qui entraînent des heures de travail sans forcément avoir des répercussions positives sur les élèves (projets pédagogiques ou médicaux personnalisés, livrets universels, protocoles divers, évaluations nationales…). Plus de 60 % des enseignants se disent débordés et stressés. Les stagiaires se sentent majoritairement insuffisamment préparés à prendre la responsabilité d’une classe, avec des difficultés dans la gestion de la difficulté scolaire et la prise en compte de l’hétérogénéité des niveaux des élèves.

Des salaires loin d’être attractifs

C’est connu, les enseignants français sont moins bien payés que la plupart de leurs homologues de l’Union européenne comme le montrent les comparaisons internationales. À titre d’exemple, un enseignant allemand en début de carrière gagne 4638 euros bruts contre 2253 pour un enseignant français, soit une différence de 2385 euros bruts mensuels ! En fin de carrière, les enseignants allemands touchent en moyenne 2137 euros bruts mensuels de plus que les français.

Fonctionnaires de catégorie A, les enseignants, qui ont un niveau Bac +5, ont également une rémunération inférieure de 35% à celle des autres cadres de la Fonction publique.

D’autre part, le choix des  gouvernements successifs de ne pas augmenter la valeur du point d’indice depuis 2010 a réduit considérablement le pouvoir d’achat des fonctionnaires en général, et des enseignants en particulier. Les professeurs des écoles ont ainsi perdu l’équivalent de plus d’un mois de salaire en 2022 par rapport à l’année 2010.  Le métier d’enseignant n’est plus attractif.

Une formation continue des enseignants réduite à portion congrue

L’absence de formation continue, en particulier sur la question de l’inclusion ou des élèves à besoin éducatifs particuliers, fait cruellement défaut. Ces temps de formation et d’échanges entre enseignants ont été remplacés par des formations imposées, à publics désignés, sur des temps inférieurs à 4 jours, contre des stages auparavant  de trois semaines de formation continue de qualité, en lien avec les travaux de toute la recherche et avec les apports des mouvements pédagogiques. Pourtant la formation continue est indispensable pour un métier en constante évolution.

Un statut attaqué

Durant le quinquennat Macron, les écoles ont vu augmenter le nombre de personnels enseignants sous divers contrats : étudiants alternants, contractuels covid, contractuels 100 %…Ces personnels font de leur mieux mais leur situation reste très précaire : contrats courts, bas salaires, manque de formation… Et, faut-il le rappeler, le métier enseignant ne s’improvise pas et s’acquiert par une formation !

La loi de Transformation de la Fonction Publique a aussi eu des conséquences très négatives pour le personnel enseignant. Les instances paritaires, où les représentants du personnel siègent à égalité avec l’administration, sont ainsi dessaisies de nombreuses questions laissées entièrement à la discrétion de l’administration : mouvement (changement d’affectation), promotions, temps partiels, disponibilité, listes d’aptitudes, départs en formation continue… C’est le « new management public » dans l’Éducation nationale !  Enfin le ministre a voulu inscrire dans la loi intitulée « Pour l’école de la confiance » un devoir de réserve. C’est, selon les syndicats, la transformation du « fonctionnaire-citoyen », issu du Conseil National de la Résistance et renforcé par les lois de 1983, en « fonctionnaire-exécutant », conception héritée du 19ème siècle et instituée sous le régime de Vichy.

Des enseignants non soutenus

Les enseignants font régulièrement part du sentiment d’un manque de soutien de leur hiérarchie. Pendant 5 ans, JM Blanquer a orienté l’opinion publique contre les enseignants : désinformation, mensonges, participation du ministre à une campagne de « prof-bashing » laissant entendre qu’ils « auraient décroché » pendant le confinement ou qu’ils seraient coupables « d’absentéisme », fausses annonces sur la revalorisation des enseignants… les exemples sont légion. Les enseignants ne pouvaient-ils par exemple pas participer aux travaux agricoles au printemps 2020, puisque les écoles étaient fermées ? Il faut donc croire que leur travail en « distanciel » n’en était pas vraiment un… alors même que les enseignants bataillaient pour maintenir le lien avec leurs élèves malgré toute l’impréparation et les difficultés auxquelles ils étaient confrontés.
 
Une vision pédagogique rétrograde, la liberté pédagogique mise à mal

Aucune preuve ne vient étayer l’idée que le resserrement sur les « fondamentaux », vanté par le ministre, permet de lutter contre les inégalités. C’est même le contraire. Le resserrement sur les « fondamentaux » génère une aggravation des inégalités scolaires.

La liberté pédagogique est également bien mise à mal par le ministre. Alors que seuls les textes officiels qui s’imposent à tous sont les programmes, avec Jean-Michel Blanquer, jamais les professeurs des écoles n’auront connu autant de guides, vadémécum, prescriptions et formations imposées. Avec des auteurs anonymes, ces guides donnent non pas à réfléchir sur la pratique de classe mais indiquent « des bonnes pratiques ». Cela a pour effet de dessaisir les enseignants de leur métier.

À suivre… l’école sous Covid

L’école, service public essentiel

Qu’ont fait Jean-Michel Blanquer et Emmanuel Macron de notre école ? Lorsqu’on tire le bilan de la politique éducative conduite pendant le quinquennat, tout montre la cohérence d’un projet libéral, et ses effets ravageurs sur notre système scolaire.

Le quinquennat d’Emmanuel Macron avec Jean-Michel Blanquer à la tête du ministère de l’Éducation nationale a très fortement abîmé l’école publique. Le métier devient de moins en moins attractif. Les inégalités se creusent. Alors que le système éducatif français est l’un des plus inégalitaires des pays de l’OCDE, on constate un nouveau creusement de ces inégalités, fortement corrélées à l’origine sociale des élèves. Sans surprise, ce sont d’abord les élèves issus des milieux populaires qui souffrent de cette politique.

La dégradation des conditions de travail des personnels des écoles, et donc des conditions d’apprentissage des élèves, s’est accélérée au cours des cinq dernières années. La crise sanitaire est venue percuter une école qui était déjà sous-investie et déjà très abîmée.

Illustrations dans le premier degré. On aurait pu aussi traiter de ParcoursSup, de la réforme du lycée et du bac, de la situation des étudiants… On se contentera ici de regarder la situation des écoles maternelles et élémentaires, le terrain que je connais le mieux. Les chiffres sont extraits d’une étude du syndicat SNUipp.  

Des effectifs toujours très lourds, trop lourds.

Les chiffres indiquent 24 élèves par classe en ville (hors quartiers classés en éducation prioritaire) et 21,5 élèves par classe en milieu rural, mais il s’agit souvent là de classes à plusieurs niveaux.

À Saint Gratien, bien des classes maternelles ou élémentaires dépassent les 25 élèves, y compris pour des classes qui regroupent plusieurs niveaux.

Les classes françaises restent bien plus chargées que celles des pays voisins. La mesure de dédoublement des classes de CP et CE1 en éducation prioritaire n’a de fait concerné qu’une minorité de classes. Le dernier rapport de l’OCDE montre que la taille moyenne des classes du primaire n’a pas évolué entre 2017 et 2021. Aujourd’hui en France, dans les écoles publiques, près de 88 000 classes ont des effectifs supérieurs à 25 et même, plus de 5 100 classes dépassent 30 élèves ! Si on s’intéresse au « taux d’encadrement », qui correspond au nombre d’élèves par enseignant, celui-ci est nettement supérieur au taux d’encadrement moyen dans l’Union Européenne : 19 élèves par enseignant en France contre seulement 13 en moyenne en Europe.

Certes, en éducation prioritaire, les moyennes ont baissé sous l’effet du dédoublement des CP et CE1. Mais à quel prix ? En déshabillant Pierre pour habiller Paul, car cela s’est fait au détriment des autres niveaux en éducation prioritaire, des autres écoles et des moyens de remplacement. D’autre part, le bilan du dédoublement des classes de CP et CE1 en éducation prioritaire est plus que mitigé. L’effet estimé est près de deux fois moindre que celui escompté au vu des autres expériences de réduction des effectifs menées dans d’autres pays.

La remise en cause de l’éducation prioritaire

Qu’en est-il de la politique en matière d’éducation prioritaire ? Elle est destinée à corriger l’impact des inégalités sociales et économiques sur la réussite scolaire en renforçant l’action pédagogique et éducative dans les écoles et établissements des territoires qui rencontrent les plus grandes difficultés sociales. La labellisation « REP », réseaux d’éducation prioritaire, apportait jusqu’ici l’obligation de moyens attribués aux établissements selon des critères nationaux pour compenser des difficultés reconnues. À présent, les contrats locaux d’accompagnement, « CLA », visent à remplacer ces dispositifs. Ils conduisent à la mise en concurrence des établissements, tout en réintégrant l’enseignement privé dans les bénéficiaires. C’est à ce travail que s’est attelée Nathalie Elimas, secrétaire à l’éducation prioritaire, ex-députée de la 6è circonscription du Val d’Oise. 

Des dispositifs d’aide amoindris

Les RASED, réseaux d’enseignants spécialisés qui aident les élèves en difficulté, ont été fortement réduits. Ils ont été éloignés des écoles, ce qui empêche tout travail en partenariat avec les enseignants chargés de classe. Faute de postes en nombre suffisants, leur aide est devenue trop souvent ponctuelle, et donc inefficace.

Le dispositif du « plus de maîtres que de classes » (PDMQDC) qui permettait une dynamique pédagogique collective a été supprimé, ce qui entraîne la prise en charge des élèves par le seul maître de la classe. Pourtant tous les enseignants insistent sur l’intérêt du travail pédagogique partagé.

Manque de personnels

Le manque est criant d’AESH, d’infirmières scolaires, de médecins scolaires, de psychologues… On le constate bien évidemment dans les écoles de Saint Gratien. Pourtant, leur rôle est essentiel dans la lutte contre la difficulté scolaire.

En ce qui concerne les accompagnants d’élèves en situation de handicap, l’organisation en PIAL (Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisé) afin de « rationaliser » les personnels, a eu des effets très néfastes. Les AESH interviennent à présent sur plusieurs établissements. Ils sont affectés parfois du jour au lendemain sur une mission, avec parfois plusieurs élèves différents sur la journée. Ces personnels sont sous-payés et ne bénéficient d’aucune  formation. Il subissent des temps partiels imposés et des rémunérations au quasi minimum de la Fonction publique, ce qui rend leur fonction très précaire. Un statut particulier devrait leur être reconnu, car ils exercent un métier particulièrement essentiel et difficile. Si l’on veut réellement réussir l’intégration scolaire des élèves en situation de handicap, il faut y mettre les moyens humains. Or, on compte actuellement seulement 125 000 AESH pour 400 000 élèves en situation de handicap.  

Des heures d’enseignement perdues  

Les enseignants sont de moins en moins remplacés. S’absenter de la classe devient de plus en plus stressant et culpabilisant car on sait que l’absence va très souvent entraîner une « désorganisation » de l’école, surchargeant les autres classes et réduisant les temps d’apprentissage des élèves, et de plus favorisant la circulation du virus en temps de Covid.

Aujourd’hui 8,8% des enseignants titulaires sont remplaçants, c’est insuffisant.
La réponse qui consiste à faire appel à des enseignants contractuels pour pallier les problèmes de remplacement, à l’année ou de façon temporaire, n’est pas acceptable.
Les syndicats réclament que davantage de moyens soient consacrés au remplacement et que le taux de remplacement soit porté à 10% du nombre total d’emplois dans le 1er degré. Indispensable pour assurer la continuité des apprentissages.

À suivre…

Appréciation très défavorable des cyclistes gratiennois

Tous les deux ans, la Fédération des usagers de la bicyclette (Fub) mène une grande enquête participative nationale pour mesurer la satisfaction des cyclistes sur les équipements cyclables de leur commune. C’est le « baromètre vélo« .

Avec cette année 277 000 contributions et un million de points cartographiés, 1 625 communes classées, l’enquête de la FUB est une photographie instantanée précise des besoins et attentes des usagers.

Au « baromètre des villes cyclables », Saint Gratien reçoit l’appréciation la plus mauvaise parmi les 8 possibles : très défavorable.

Sur 312 villes étudiées en Île-de-France, Saint Gratien se classe au 288è rang.

288è sur 312, le score est plus que médiocre et reflète malheureusement les efforts de la municipalité pour rendre la ville davantage « cyclable »… 

Avec un total de 2,14 points, Saint Gratien occupe l’avant-dernière place en ce qui concernent les communes du Val d’Oise, juste devant Soisy-sous-Montmorency(1,82), lanterne rouge. Rien de glorieux là non plus…

Aménagements cyclables, double sens cyclable, concertation avec les cyclistes, parcs à vélos dans les écoles, arceaux à vélo abrités, sécurité des cyclistes, formation des enfants… tous ces sujets méritent d’être abordés. Notre ville semble entièrement dédiée à la voiture, et de plus en plus d’espaces sont réservés à la circulation et au stationnement. Les entrées et sorties de certaines écoles sont des lieux d’embouteillages quotidiens, accompagnés d’une pollution non négligeable, à hauteur d’enfants. Saint Gratien est engorgée de véhicules, et on peut s’interroger sur les années à venir compte-tenu de cette saturation.  

Faciliter les déplacements à vélo, c’est améliorer notre santé et notre pouvoir d’achat, c’est favoriser le commerce de proximité et le lien social, c’est limiter la pollution , c’est retrouver de l’espace en ville. Nous avons tout à y gagner ! Bien des villes ont enclenché une réflexion pour donner une place aux transports dits « alternatifs ». Il est grand temps que notre commune, en concertation avec les usagers, envisage la manière de développer harmonieusement les différents moyens de transport, qu’ils soient de loisirs ou professionnels.      

Les résultats du « baromètre vélo » en images ci-dessous, concernant Saint Gratien. Les points noirs et demandes fortes de la part des cyclistes montrent une attente d’itinéraires vélo rapides, sécurisés et sans coupures, et de stationnements adaptés. Les efforts de la ville en la matière sont sévèrement jugés. Sans surprise, les points à améliorer en priorité se situent sur les axes les plus importants : rue Berthie Albrecht, boulevard Foch/Pasteur, rue d’Ermont.

Les résultats et enseignements généraux de l’enquête de la Fub sont à retrouver ici.

Il y a 60 ans, Charonne

Il y a 60 ans, neuf personnes trouvaient la mort au métro Charonne, dans la répression policière sanglante d’une manifestation pacifique pour la paix en Algérie. Le climat était alors à la répression féroce des opposants, aux « ratonnades », aux rafles et à la torture. Le terrorisme d’extrême-droite de l’OAS sévissait et ciblait les militants progressistes. Le 17 octobre précédent avait vu des dizaines de manifestants algériens jetés dans la Seine par la police…   

Le 8 février 1962, alors que les manifestants se dispersaient, les forces de police du préfet Maurice Papon (qui sera ensuite condamné pour sa responsabilité dans la déportation de juifs sous l’occupation) les chargent violemment, les frappent, les pourchassent et les acculent à la bouche de métro Charonne pour finir par écraser la foule sous les grilles des arbres, jetées dans les escaliers de la station.

Les neuf manifestant.e.s tué.e.s étaient tou.te.s membres de la CGT et huit étaient adhérent.e.s du PCF.

Les obsèques des victimes rassemblent des centaines de milliers de gens, et les accords d’Évian mettent ensuite rapidement fin à la guerre coloniale en Algérie, le 19 mars 1962.  

Depuis 60 ans est attendue la reconnaissance de ce crime d’État. Mais cette année encore le président de la République s’est contenté d’un communiqué succinct d’hommage aux victimes.

Ce 8 février 2022, un important rassemblement s’est tenu au métro Charonne sur les lieux mêmes du drame, à l’appel notamment de la CGT et du PCF. Dépôts de gerbes et prises de parole ont rappelé les faits et la nécessité que l’État reconnaisse sa responsabilité. Philippe Martinez, Fabien Roussel, Henri Cukierman pour le comité « Justice et Vérité pour Charonne », le maire PS du 11è arrondissement, ainsi que Delphine Renard, gravement blessée dans un attentat de l’OAS dans les jours précédents la manifestation de 1962, se sont succédé.e.s au micro.  

En ces temps où ressurgissent les discours d’extrême-droite, n’oublions jamais de quoi sont capables les nostalgiques de Vichy.  

Un crime d’État

Tuée en manifestant pour la paix

 

Ciné démocratique

Et si nous allions au cinéma ?

Deux belles occasions cette semaine de retrouver notre cinéma local, « Les Toiles » à Saint Gratien !

Ce vendredi, la projection du film « Les promesses » sera suivie d’un débat avec le réalisateur, Thomas Kruithof, qui s’est beaucoup inspiré du combat du maire Philippe Rio contre les marchands de sommeil dans sa ville de Grigny.

Peut-on, en politique, être fidèle à ses valeurs et ses engagements ? Un sujet d’actualité en cette période pré-électorale !

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« Les promesses » : rendez-vous vendredi 28 janvier à 21h

Après l’échange autour du film « Les promesses », une autre rencontre se tiendra aux Toiles sur le  documentaire » Municipale », qui questionne notre système de représentativité, la démocratie, l’autogestion et la citoyenneté.

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Deux débats qui se font écho, à ne pas manquer !

« Municipale » : rendez-vous dimanche 30 janvier à 16h

Retrouvons-nous pour ces deux événements !

Gastronomie

Tempête sur le steak : anatomie d’une polémique

Tribune de Ian Brossat, ce 13 janvier 2022

Le directeur de campagne du candidat PCF, Ian Brossat, revient sur les propos de Fabien Roussel au sujet de l’alimentation. Des propos qui déchaînent les passions depuis quatre jours.

« Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française… mais pour y avoir accès, il faut avoir des moyens, et donc le meilleur moyen de défendre le bon vin, la bonne gastronomie, c’est de permettre aux Français d’y avoir accès. Et je dis que le bon, le beau, tout le monde doit y avoir accès. » Voici les mots de Fabien Roussel prononcés dimanche 9 janvier sur France 3. Des propos qui déchaînent les passions depuis quatre jours. Une polémique que l’on pourrait juger anecdotique ou futile à première vue : pourtant, elle mérite que l’on s’y attarde car elle dit beaucoup de notre époque.

Rendre le beau et le bon accessibles aux classes populaires

Pourquoi cette défense de l’alimentation pour toutes et tous au moment où tant de Français peinent à boucler les fins de mois, se privent de tout, fait-elle polémique ? Car elle touche au cœur de notre mode de vie et aux aspirations de celles et ceux qui n’ont rien, ou si peu. Par les mots qui sont utilisés, incontestablement, il est question de défendre le pouvoir d’achat des plus modestes mais aussi un certain art de vivre à la française. Celui-ci ne se limite pas à la gastronomie – le bon –, et nous formulons également des propositions ambitieuses en matière d’accès à la culture – le beau. Il est néanmoins évident que le vin, la viande, le fromage nous définissent. Cela fait partie de notre patrimoine, qu’on le veuille ou non, et il suffit de se rendre sur un marché pour s’en convaincre. Il n’y a rien de mal à cela, et il s’agit ici de n’exclure personne. Bien au contraire, il s’agit précisément de rendre le beau et le bon accessibles aux classes populaires.

Mais voilà que certains préfèrent culpabiliser les Français sur ce qu’ils sont. Alors que les temps sont rudes, que les crises s’accumulent, il est devenu courant de vouloir faire porter tous les malheurs du monde aux classes populaires. La pollution ? Ce sont les pauvres et leurs bagnoles qui en sont responsables. La crise climatique ? La consommation de viande des Français qui se serrent la ceinture toute la semaine. Inlassablement, les mêmes débats se rejouent. Sans surprise, celles et ceux qui professent à longueur de journée des leçons de morale, eux, n’ont jamais eu à se priver de rien.

La gauche souffre de sa déconnexion

Or, qui pollue le plus ? Les plus riches et les grandes entreprises. Tous les chiffres le montrent. Un exemple issu d’une étude d’Oxfam : BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et Total, ces quatre entreprises du CAC 40, ont une empreinte carbone supérieure à celle de tous les Français réunis. Que pèse le steak de l’ouvrier, de la caissière, du manutentionnaire, de l’infirmière, du livreur Deliveroo face à cela ? Des cacahuètes.

Ce dont souffre la gauche, ce n’est pas de la division. La gauche souffre de sa déconnexion, d’avoir tourné le dos au réel et aux classes populaires depuis des années, d’avoir oublié qui sont nos vrais adversaires. Avec Fabien Roussel, nous avons un candidat qui a les deux pieds dans le réel, et cela fait du bien. 

Le virus est à l’école

Écoles : une rentrée de janvier chargée de bien des inquiétudes !

Maintenir les écoles ouvertes, certes ! Non pas seulement pour permettre aux parents d’aller travailler, car l’école n’est pas qu’une garderie… mais pour assurer un enseignement « présentiel » qui s’avère indispensable pour la majorité des enfants.

On est pour, mais dans quelles conditions ?

Cela ne fait plus de doutes pour personne, le virus du Covid circule activement dans nos écoles. Les enfants scolarisés en école primaire constituent la population dans laquelle le virus circule le plus, selon les ARS. Le mois de janvier pourrait voir la contamination d’un tiers des enseignants selon le Conseil scientifique !

Mais plusieurs raisons font qu’il est difficile de respecter les fameux « gestes barrière » dans les établissement scolaires, particulièrement dans les écoles primaires.

Dans nos écoles de banlieue, les effectifs des classes sont souvent chargés. Compliqué de respecter les distances quand 30 élèves, un professeur et parfois une Atsem et un AESH partagent un local qui de plus, est trop souvent difficilement aérable. On connaît hélas trop bien dans les écoles les fenêtres condamnées ou mal aisées à manipuler. Difficile aussi de faire laver correctement les mains quand les sanitaires sont trop peu nombreux pour le nombre d’élèves, et qu’il ne coule que de l’eau froide aux robinets ! Ardu aussi de faire respecter le port du masque toute la journée, y compris pendant la récréation, à des jeunes enfants. Rappelons que les masques sont fournis par les familles, et qu’on est censé en changer toutes les quatre heures, et ne pas trop le manipuler pendant le port…

Les écoles souffrent aussi d’un manque structurel de personnel. Personnel enseignant lorsqu’il faudra accueillir les enfants de soignants, comme l’a annoncé le ministre, ou remplaçants quand la maîtresse sera malade. Les remplaçants sont une espèce en voie de disparition depuis ces dernières années. Mais en cette période de pandémie, il est impossible en principe d’accueillir dans les autres classes de l’école les enfants sans maître. Personnel de service également  en nombre très insuffisant pour assurer un nettoyage régulier, accompagner les enfants aux toilettes, surveiller le lavage des mains…

Un protocole allégé… et annoncé comme à l’habitude (mais on ne s’y habitue pas !) dans un article de presse payant, la veille de la rentrée ! Protocole ou usine à gaz, les directeurs, qui sont souvent des directrices,  devant contrôler les multiples tests que subiront les élèves. La règle de fermeture au premier cas Covid n’étant plus d’actualité, on teste dorénavant sans trop se soucier de la période d’incubation… puis à J+2 et J+4… Ce sera sans compter les difficultés d’accès aux tests, prévisibles quand on voit la longueur des files d’attente devant les pharmacies… ou encore la saturation de la plate-forme qui communique les résultats des tests.

Ingérable aussi le « jonglage » entre enseignement à distance pour les élèves positifs et présentiel pour ceux qui ne le sont pas… Bon courage à la maîtresse pour ce double travail ! Tous les enseignants s’accordent pour dire que cela est impossible, notamment quand les élèves sont jeunes et/ou peu autonomes, ou les familles peu équipées de matériel informatique.

Enfin, casse-tête également à la cantine, où on est censé éviter le brassage. Mais comment faire déjeuner 200 enfants en deux heures sans accueillir plusieurs classes en même temps dans le réfectoire ? Quand de surcroît il manque aussi des animateurs de cantine (14 à Saint Gratien malgré l’appel à la bonne volonté de retraités..) on voit l’impossibilité de la tâche.

Des solutions pour tenter de limiter la contagion ? Oui, et bien évidemment cela passe par des moyens supplémentaires, tant en matériel qu’en ressources humaines.

Équipons les classes de détecteurs de CO2. Pour un coût relativement modique, ces  dispositifs permettent d’alerter si la qualité de l’air est mauvaise et donc qu’il y a nécessité d’aération. Ces appareils sont subventionnés par l’État, qui devrait d’ailleurs les prendre en charge au lieu de faire supporter le coût aux collectivités. À notre question en Conseil municipal de décembre, la ville répond que des commandes sont en cours. Il est temps…

L’Éducation nationale doit d’urgence faire appel aux listes complémentaires des concours pour recruter des remplaçants, indispensables pour assurer un encadrement suffisant des élèves. Le recrutement de contractuels ou de retraités n’est pas une solution. Ce type de recrutement n’a d’ailleurs pas trouvé suffisamment de candidats l’année dernière.

En terme d’équipement, les syndicats enseignants réclament la fourniture de masques pour les personnels comme les élèves. Le premier ministre vient d’annoncer la fourniture de masques chirurgicaux aux enseignants d’ici la fin janvier. Il est temps…

Localement, la concertation entre enseignants, élus et parents reste toujours indispensable. Dans cette période difficile où on tant besoin d’échanger et de communiquer, quelle erreur d’avoir supprimé à Saint Gratien la commission scolaire « élargie » qui réunissait les différents acteurs de la communauté éducative !