Un pas vers le désarmement nucléaire

mouvement paixJ’ai signé ce texte du Mouvement de la Paix à l’adresse des parlementaires. Le gel immédiat des programmes de modernisation des armes atomiques permettrait de dégager une somme minimale de l’ordre de 18 à 20 milliards sur les 37 milliards prévus.

Autant de milliards dégagés  pour répondre aux urgences sociales et écologiques !

Signez, vous aussi !

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Vous avez déjà commencé à discuter, en vue d’un vote en fin de semaine, vraisemblablement le 20 Décembre 2018, de mesures budgétaires afin de mettre en place les décisions formulées par le Président de la République lors de son intervention télévisée pour faire face à la grave crise que connaît notre pays actuellement.

Comme vous avez pu le constater les Français souhaitent pouvoir associer positivement justice sociale, justice fiscale et solutions pour faire face aux graves problèmes liés au dérèglement climatique.

Au-delà des mesures de justice fiscale possibles, d’autres ressources financières sont disponibles. Ainsi par exemple, des sommes considérables, de l’ordre de 37 milliards d’euros sur 7 ans,  sont prévues pour les armes atomiques dans le cadre de la loi de programmation militaire 2019-2025. De plus, cette loi prévoit de quasiment doubler les crédits consacrés aux armes nucléaires pour de nouveaux programmes de « modernisation » en faisant passer progressivement ce budget de 3.2 milliards à 6,5/7 milliards par an, et cela, alors que ces armes sont illégales, coûteuses, inutiles militairement et moralement inadmissibles et que l’Assemblée Générale des Nations unies a adopté le 7 juillet 2017 un Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) qui a valu le Prix Nobel au réseau ICAN en 2017, en application du Traité de Non-Prolifération Nucléaire (TNP) signé par la France.

En application du TNP, le gel immédiat des programmes de modernisation des armes atomiques permettrait de dégager pour les années qui viennent une somme minimale de l’ordre de 18 milliards sur les 37 milliards prévus dans le cadre de la loi de programmation militaire pour les armes atomiques.

Une telle mesure serait populaire puisque 76% des français sont favorables à ce que la France s’engage dans la voie du désarmement nucléaire et 67% sont favorables à ce que la France ratifie immédiatement le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) (sondage IFOP de juillet 2017 effectué au nom du journal La Croix, du mensuel Planète Paix et du Mouvement de la paix).

La France possède déjà environ 300 bombes atomiques qui représentent une puissance de destruction de l’ordre de 4000 fois la bombe larguée sur Hiroshima. Un tel gel ne mettrait donc pas en cause l’existence des armes nucléaires actuelles, au cas où vous y êtes favorables, mais permettrait de libérer des sommes considérables en allant dans le sens des dispositions de l’article 6 du TNP.

Je soutiens cette proposition rationnelle et raisonnable pour attirer votre attention sur un des moyens disponibles immédiatement pour faire face aux questions liées au dérèglement climatique et aux besoins sociaux, sans rogner sur les services publics.

Au moment où il faut faire des choix budgétaires, j’estime que c’est ma responsabilité de vous alerter et de vous demander, en tant que parlementaire et dans le cadre des présentes discussions parlementaires, de promouvoir cette proposition raisonnable et conforme au respect des engagements internationaux de la France (article 6 du TNP) et au droit international.

Recevez l’expression de mes salutations respectueuses.

Cette lettre est initiée par le Mouvement de la Paix.

Sauvons l’Aquarius

Sauvons l’Aquarius et le sauvetage en mer

A l’attention des États d’Europe

Cette pétition vous est adressée par SOS MÉDITERRANÉE, Médecins Sans Frontières (MSF)

Texte de la pétition

En tant que citoyens, nous nous associons à l’équipage de l’Aquarius, le dernier navire civil de sauvetage en mer Méditerranée centrale, pour demander à tous les États d’Europe de respecter l’obligation de sauvetage en mer. Cet impératif doit primer sur toute considération d’ordre politique, dans le respect du droit international.

Nous exhortons tous les États en Europe à :

  • Prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à l’Aquarius de repartir au plus vite mener sa mission vitale de sauvetage,
  • Respecter l’obligation de porter assistance aux personnes en détresse en mer,
  • Assumer leurs responsabilités étatiques en établissant un véritable modèle de sauvetage en Méditerranée.

Pourquoi c’est important

L’Aquarius opère en Méditerranée centrale depuis 31 mois, et a secouru 29.523 personnes lors de 230 opérations de sauvetage.

Ces derniers mois, la mission de recherche et sauvetage de l’Aquarius a été l’objet de manœuvres politiques délibérées visant à y mettre fin. Le navire s’est vu retirer deux fois son pavillon en un mois : d’abord par Gibraltar, puis par le Panama. En empêchant l’Aquarius d’opérer, d’autres vies seront perdues aux portes de l’Europe, des vies perdues en silence, alors que l’Europe ferme les yeux.

Pour ces raisons, nous exhortons tous les États en Europe à prendre les mesures nécessaires pour permettre à l’Aquarius de reprendre sa mission vitale de sauvetage au plus vite, en octroyant sans délai un pavillon au navire.

Au cours des derniers mois, les marins et sauveteurs des navires de sauvetage civils ont été témoins de développements politiques en Méditerranée centrale incompatibles avec le droit international et maritime. Les navires de sauvetage civils sont empêchés dans leur mission ; l’obligation de porter assistance en mer n’est plus respectée. La solidarité et l’humanité sont criminalisées, en mer et à terre.

Pour ces raisons, nous exhortons tous les États en Europe à respecter l’obligation de porter assistance aux personnes en détresse en mer et à dénoncer les manœuvres visant à criminaliser les sauveteurs et travailleurs humanitaires.

Face à la défaillance des États européens à répondre à la tragédie humanitaire en Méditerranée centrale, sur la route migratoire la plus dangereuse au monde, l’Aquarius a poursuivi ses opérations de sauvetage aux côtés d’autres navires de sauvetage. Les moyens de sauvetage font toujours cruellement défaut pour porter secours à celles et ceux qui risquent leurs vies en fuyant la Libye où leurs droits sont systématiquement bafoués. De plus, depuis le mois de juin, il n’existe plus de système opérationnel pour débarquer les rescapés dans un port sûr.

Pour ces raisons, nous exhortons tous les États en Europe à assumer leurs responsabilités en établissant un modèle de sauvetage européen en Méditerranée, incluant un mécanisme prévisible et pérenne de débarquement des rescapés dans un port sûr.

Des êtres humains meurent. L’Aquarius, avec le soutien de la société civile, tente de les secourir. Rejoignez-nous en signant cette pétition pour nous aider à défendre les valeurs d’humanité et de solidarité en mer »

SOS MÉDITERRANÉE organisera le samedi 6 octobre des rassemblements citoyens dans plusieurs villes d’Europe et en France notamment à Paris, Marseille, Lyon, Nantes, Montpellier, Toulouse, Brest, Bordeaux, Grenoble, Saint-Étienne

Signez ici

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Aquarius

À bon port

Éditorial de Paule Masson, dans l’Humanité du 26 septembre 2018

Un bateau, un seul, l’Aquarius, demande à accoster à Marseille avec 58 passagers à bord, seulement 58, et un pays, la France, qui compte 65 millions d’habitants et borde la Méditerranée, lui interdit son port. 

L’équipage n’a qu’à accoster à Malte, a snobé l’exécutif hier ! La morgue macroniste est sans frontières. Un président digne du pays des droits de l’homme aurait offert le gîte et le couvert à tous, qui fuient la peur, cherchent refuge, réconfort et reconstruction d’une vie. Victor Hugo ne disait-il pas de la solidarité qu’elle est une « idée universelle » ? Au lieu de ça, la France a accepté du bout des lèvres d’ouvrir ses portes à 18 d’entre eux.

Déjà, en juin et en août dernier, les autorités françaises avaient refusé d’accueillir l’ Aquarius à bon port, laissant les naufragés et leur capitaine en errance au milieu de la mer, sans sol, sans lieu, sans respect du minimum du minimum : le « devoir d’humanité ». Le scénario d’inhospitalité se répète, alors même que le nombre de candidats au départ a diminué de près de moitié en deux ans. Le nombre d’« arrivants » en Europe ne représente même pas 1 % de sa population, mais l’UE s’entête à vouloir faire des pays du Maghreb les gardiens de ses miradors.

Alors que les vents mauvais du rejet, du racisme et de la haine soufflent déjà sur le débat électoral des prochaines élections européennes, la France pourrait ramer à contre-courant, hisser pavillon sur la poupe de l’Aquarius, accorder au bateau son passeport de navigation retiré par le Panama, sous pression de l’Italie de Salvini. Le navire de SOS Méditerranée est le dernier remorqueur civil à patrouiller sur cette route migratoire, la plus mortelle au monde. Sans papiers, le navire, dont le port d’attache est pourtant marseillais, sera voué à l’oubli et ses passagers réduits à sombrer sans témoins dans les profondeurs du cimetière méditerranéen. Emmanuel Macron va être aujourd’hui décoré par l’ONU du titre très usurpé de « champion de la Terre ». Pour l’heure, il plonge la tête la première dans les eaux saumâtres des fossoyeurs des mers.

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N’acceptons pas !

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Manifeste pour l’accueil des migrants
Les rédactions de Regards, Politis et Mediapart s’associent afin de lancer le Manifeste Pour l’accueil des migrants signé par 150 intellectuels, artistes, militants associatifs, syndicalistes et personnalités de la société civile.

Partout en Europe, l’extrême droite progresse. La passion de l’égalité est supplantée par l’obsession de l’identité. La peur de ne plus être chez soi l’emporte sur la possibilité de vivre ensemble. L’ordre et l’autorité écrasent la responsabilité et le partage. Le chacun pour soi prime sur l’esprit public.

Le temps des boucs émissaires est de retour. Oubliées au point d’être invisibles, la frénésie de la financiarisation, la ronde incessante des marchandises, la spirale des inégalités, des discriminations et de la précarité. En dépit des chiffres réels, la cause de nos malheurs serait, nous affirme-t-on, dans la « pression migratoire ». De là à dire que, pour éradiquer le mal-être, il suffit de tarir les flux migratoires, le chemin n’est pas long et beaucoup trop s’y engagent.

Nous ne l’acceptons pas. Les racines des maux contemporains ne sont pas dans le déplacement des êtres humains, mais dans le règne illimité de la concurrence et de la gouvernance, dans le primat de la finance et dans la surdité des technocraties. Ce n’est pas la main-d’œuvre immigrée qui pèse sur la masse salariale, mais la règle de plus en plus universelle de la compétitivité, de la rentabilité, de la précarité.

Il est illusoire de penser que l’on va pouvoir contenir et a fortiori interrompre les flux migratoires. À vouloir le faire, on finit toujours par être contraint au pire. La régulation devient contrôle policier accru, la frontière se fait mur. Or la clôture produit, inéluctablement, de la violence… et l’inflation de clandestins démunis et corvéables à merci. Dans la mondialisation telle qu’elle se fait, les capitaux et les marchandises se déplacent sans contrôle et sans contraintes ; les êtres humains ne le peuvent pas. Le libre mouvement des hommes n’est pas le credo du capital, ancien comme moderne.

Dans les décennies qui viennent, les migrations s’étendront, volontaires ou contraintes. Elles toucheront nos rivages, et notre propre pays, comme aujourd’hui, aura ses expatriés. Les réfugiés poussés par les guerres et les catastrophes climatiques seront plus nombreux. Que va-t-on faire ? Continuer de fermer les frontières et laisser les plus pauvres accueillir les très pauvres ? C’est indigne moralement et stupide rationnellement. Politique de l’autruche… Après nous le déluge ? Mais le déluge sera bien pour nous tous !

Il ne faut faire aucune concession à ces idées, que l’extrême droite a imposées, que la droite a trop souvent ralliées et qui tentent même une partie de la gauche. Nous, intellectuels, créateurs, militants associatifs, syndicalistes et citoyens avant tout, affirmons que nous ne courberons pas la tête. Nous ne composerons pas avec le fonds de commerce de l’extrême droite. La migration n’est un mal que dans les sociétés qui tournent le dos au partage. La liberté de circulation et l’égalité des droits sociaux pour les immigrés présents dans les pays d’accueil sont des droits fondamentaux de l’humanité.

Nous ne ferons pas à l’extrême droite le cadeau de laisser croire qu’elle pose de bonnes questions. Nous rejetons ses questions, en même temps que ses réponses.

Vous pouvez aussi signer et faire signer la pétition