Un journal qu’on n’a pas le droit de laisser mourir

huma 2019C’est « un journal qu’on n’a pas le droit de laisser mourir » : les salariés de « l’Huma » se battent pour sauver le quotidien de Jaurès.

Le journal communiste a été contraint de se déclarer en cessation de paiements auprès du tribunal de commerce de Bobigny. Mais ses salariés ne baissent pas les bras et racontent à franceinfo leur lutte pour sauver « l’Huma ».

« Je ne dis pas que c’est tous les jours évident mais on est quand même déterminés à se battre. » Au bout du fil, Lina Sankari, journaliste à la rubrique internationale de L’Humanité depuis 2007, résume l’état d’esprit de ses collègues : touché mais pas coulé. Malgré la grave crise que traverse le journal communiste, les salariés veulent continuer à croire en l’avenir de ce quotidien, fondé par Jean Jaurès en 1904.

La situation est pourtant alarmante. La semaine dernière le quotidien a été contraint de se déclarer en cessation de paiements, comme l’a révélé l’hebdomadaire Marianne, auprès du tribunal de commerce de Bobigny. Une audience s’y déroule mercredi 30 janvier afin de décider du sort du journal. Lundi, celui-ci a lancé un appel à la mobilisation générale à destination de ses lecteurs afin de l’aider à surmonter ses difficultés financières. « On ne s’est jamais retrouvé dans une situation pareille mais on est prêt à relever le défi », assure Pierre Barbancey, grand reporter à l’Huma.

Une histoire de famille

Récompensé du prestigieux prix Bayeux des correspondants de guerre, Pierre Barbancey, 57 ans, ne connaît que l’Huma. « J’y travaille depuis trente ans, sourit-il. J’avais un grand-père ouvrier métallurgiste et délégué CGT en 1936 et qui lisait l’Huma. Il y a une histoire familiale autour de ce journal ». Et le journaliste de rappeler que « l’Huma est un journal à part, créé par Jaurès pour faire entendre la voix des travailleurs, des ouvriers mais aussi porter des idées à contre-courant du politiquement correct ». 

Son collègue, Aurélien Soucheyre, 31 ans, abonde : pour lui aussi, le quotidien est une histoire de famille.

« L’Huma, c’est le journal de la famille que lisaient mon grand-père et mes parents. J’ai grandi à Saint-Denis, pas loin de l’ancien siège, ce journal a toujours été dans mon histoire. »

Grégory Marin, lui, « rêvait d’aller bosser à l’Huma ». Le président de la Société des personnels de l’Humanité, qui travaille au service politique, a poussé la porte du journal pour la première fois en 2006. « C’était le journal où j’avais envie de travailler, dont je me sentais politiquement le plus proche, pas seulement pour une certaine liberté de ton mais aussi pour les combats qu’il mène », se souvient-il, évoquant notamment le combat du journal pour l’abolition de la peine de mort. 

Lina Sankari, 36 ans, loue « cette formidable rédaction qui laisse énormément de liberté à ses journalistes ». Embauchée en 2007, la reporter, qui tient à préciser qu’elle ne vient pas d’une famille communiste, assure qu’on ne leur impose pas de sujets. « Cette idée de liberté est importante, c’est nous qui sommes les maîtres des dossiers. »

« On compte chaque dépense »

Mais la crise que traverse l’Huma pourrait avoir raison de cette « formidable rédaction ». Tiré à près de 50 000 exemplaires, le quotidien a vu ses ventes chuter en France de 6% en 2017-2018, à 32 700 exemplaires en moyenne.

« Depuis longtemps, on vit avec cette épée de Damoclès mais là, la menace se concrétise et on n’était jamais allé jusque-là », avoue Grégory Martin à franceinfo.

« On compte chaque dépense que l’on fait pour partir en reportage ou pour prendre une pige. On fait ça depuis des années mais ça s’est accéléré depuis deux ans », raconte Grégory Martin. Le journaliste prend un exemple concret : « Quand je vais en reportage en région, je dors chez des amis ou des militants pour économiser. »

Malgré ces petites combines, la situation financière du journal s’est détériorée et sa potentielle disparition inquiète les journalistes au-delà de leur propre sort. « On est inquiets, on a tous des familles à nourrir. Mais c’est un journal qu’on n’a pas le droit de laisser mourir, il ne nous appartient pas, il appartient à ses lecteurs », soutient Lina Sankari. « Pour la France, la disparition de l’Huma, ce serait un appauvrissement du débat démocratique. On apporte dans le pot commun des idées pour aider à la réflexion et même si ces idées-là sont affaiblies, elles n’ont pas disparu », renchérit Pierre Barbancey. 

« Ceux qui vivent sont ceux qui luttent »

Alors, l’heure est à la mobilisation. « Ceux qui vivent sont ceux qui luttent », explique le grand reporter, citant Victor Hugo. « On réagit comme ça à l’Huma, même s’il y a des moments d’abattement, on relève la tête et on compte sur notre richesse, les lecteurs, car ce sont eux qui nous font vivre depuis toujours », rappelle Grégory Martin. Le directeur du journal, Patrick Le Hyaric, a demandé aux lecteurs de monter « une mobilisation exceptionnelle », via des actions comme des collectes de fonds, des débats ou des animations de rue, pour l’aider à sortir de l’ornière. Un meeting de soutien est également prévu le 22 février à Paris.

Et les efforts commencent à payer. Aurélien Soucheyre souligne « l’élan qui se crée » autour du journal. « On reçoit beaucoup de dons et de messages, ça fait chaud au cœur », raconte-t-il. « L’état d’esprit est à la bataille. En attendant, on va continuer à faire le meilleur journal possible », conclut Grégory Martin. 

Reportage franceinfo

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huma février 2019

Nos vœux pour 2019

voeux 2019-4Ce samedi 19 janvier, la fédération du PCF 95, l’association des élus communistes et républicains et l’antenne 95 du centre de formation des élus présentaient conjointement leurs vœux : des vœux de réussite, de fraternité, de solidarité et de paix, par la voix d’Alain Feuchot, secrétaire départemental du PCF.

2019 : sans doute une année pleine de surprises et d’inattendu, en ces temps où les ronds-points se transforment en autant d’agoras, d’où émerge une colère mêlée d’espoir. La lutte des « gilets jaunes » fait certes débat au sein de nos organisations. Mais force est de constater qu’ils sont bel et bien les couches populaires, traversées de toutes les contradictions de la société actuelle : aux votes antérieurs différents et même opposés,  rejetant la politique tout en en faisant, défiant les élus tout en attendant beaucoup d’eux, réclamant la justice et l’égalité mais regardant les étrangers avec méfiance… Les femmes sont nombreuses dans les « gilets jaunes », et leur mobilisation est d’autant plus forte dans les territoires où les services publics ont beaucoup reculé. Il ne s’agit pas d’une révolte contre l’impôt, mais pour une autre répartition et utilisation de l’impôt, avec la forte revendication du retour de l’ISF.  C’est une révolte populaire contre les très riches et les puissants,  mais aussi pour le pouvoir d’achat, l’égalité, la démocratie et la dignité… Évidemment, la violence, d’où qu’elle vienne, ne résoudra rien. Mais il y a un terrible sentiment d’injustice et de colère devant les violences policières. « Le premier ministre promet plus d’arrestations : on veut plus de pouvoir d’achat ! » a réagi Fabien Roussel. Le syndicat de la magistrature a aussi dénoncé un projet de loi « anti-manifestants » derrière une prétendue loi anti-casseurs.voeux 2019-1.jpg

Alors, que faire ?  L’issue du mouvement sera progressiste si les syndicats, les forces politiques et associatives dont nous sommes, s’en mêlent. Que de défi pour le PCF, parti qui se revendique être celui de travailleurs, de la démocratie quand elles et ils se mobilisent sans nous ! À l’heure où le pays entier débat de répartition des richesses, il nous faut gagner la bataille du pouvoir d’achat, des salaires, la justice sociale et fiscale ! Puisque Macron a été contraint d’ouvrir un débat national, entrons-y à fond et parlons propositions, engageons la construction de rassemblements, abordons sans tabou la question de la démocratie, du rôle des élus, de la 6è République et de l’usage du référendum, à utiliser pour gagner des droits nouveaux, pas pour remettre en cause des droits acquis !  

voeux 2019-2Macron, élu face à Le Pen, ne trompe aujourd’hui plus personne : adieu les promesses de voir disparaître les sans-abri, celles d’une République irréprochable, de la transition écologique ou de l’embellie économique…  Tromperie et manipulations ! Mais à gauche, c’est le chacun pour soi et des élections européennes qui s’annoncent sous le signe de la division, alors que la construction européenne est à un moment clé : 87 millions de pauvres, quand la BCE verse en 10 ans 3000 milliards aux banques privées, sans contreparties ! Et via l’évasion fiscale, 1 000  milliards d’euros fuient l’Europe chaque année, soit 2 000€ par citoyen !

À l’approche des municipales, soulignons aussi que la démocratie de proximité est au cœur des revendications des « gilets jaunes ». La commune est un lieu de résistance et d’épanouissement. Nous y sommes attachés !

D’immenses défis nous attendent en 2019, de justice sociale, de paix, d’écologie, de démocratie. Nous n’oublions pas les peuples qui ne demandent qu’à vivre en paix, les Palestiniens, les Kurdes.voeux 2019-3

C’est en citant Romain Rolland qu’Alain Feuchot conclura : « quand l’ordre est injustice, le désordre est déjà un commencement de justice », avant de laisser la parole à Pierre Barros. Ce dernier, maire de Fosses, et président de l’Adecr 95, illustrera son propos par l’expérience menée dans sa ville : bien avant le « grand débat national », Fosses a tenu des ateliers citoyens d’échanges et de propositions… Cela pourrait bien nous inspirer !

Angers, université 2018 du PCF (3)

Suite et fin de notre série d’articles sur l’université d’été du PCF

Angers 2018, Université d’été 2018, aperçus :

– Éclectisme des formes des ateliers ou formats d’interventions :

Seul :

Ou bien à deux, en binôme :

UE 2018-24

Seul, mais occupant tout l’espace comme trois :

Richard Lopez, médecin, ex-président de la Fédération Nationale des CDS

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Parfois entourée d’une brochette de députés :

UE 2018-26

Dans le cadre de speed datings :

UE 2018-27

– Éclectisme des fonctions du président de l’université, Guillaume Roubaud-Quaschie :

Conducteur d’intervenant :

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Chauffeur de salle :

UE 2018-30

Mais aussi conducteur de navettes, goûteur de plats, discourant lors de l’ouverture de l’Université d’été, etc., etc. …

– Éclectisme dans l’expression de la concentration des esprits lors des ateliers : 

Patrick Coulon, animateur de débat et intervenant…

UE 2018-35UE 2018-36UE 2018-37UE 2018-38

Pas d’université sans livres :

UE 2018-39

Pas d’université sans restaurant universitaire :

UE 2018-40

S.B.

Angers, université 2018 du PCF (2)

Suite de notre série d’articles consacrés à l’université d’été du PCF

Angers, Université d’été 2018, aperçus :

La bataille parlementaire des communistes un an après, avec 6 des 11 députés du groupe à l’Assemblée Nationale.

Question clé : malgré le dense travail du groupe des élus, pourquoi une si faible exposition médiatique ? Quelle est la nature des difficultés en matière de communication des initiatives du groupe ?

Pierre Dharréville revient sur les points de presse hebdomadaires du groupe, menés par les 3 portes parole : Elsa Faucillon ; Sébastien Jumel et Lui-même, qui ont permis petit à petit à mieux identifier le travail du groupe au niveau des médias. Il revient aussi sur le travail de fond du groupe, condition a un traitement dans les médias. « Nous aussi on sait faire des sketches. Mais on a fait le choix de travailler le fond des dossiers ».

Elsa Faucillon souligne un problème culturel à dépasser. Souvent, par légitimité, dans les agendas des dirigeants du PCF étaient privilégiés des réunions de travail ou des réunions points vignettes plutôt que des interviews avec les médias, dont la portée était sous-estimée. On a appris à se faire remplacer et nouer des relations de confiance avec des médias.

Il est fait état des « fulgurances » médiatiques de Fabien Roussel, comme son intervention sur l’évasion fiscale à la tribune de l’AN, où il a pointé la montée au paradis de Johnny Hallyday et la mise au vert de son patrimoine en Uruguay, autre paradis… fiscal.

Faire l’événement et faire l’actualité. Un bon moyen pour passer dans les médias.   

 Comment faire reculer les déserts médicaux ? Une solution : les centres de santé, avec Philippe Lopez, ancien président de la Fédération nationale des centres de santé.

UE 2018-17

Les problématiques de santé et de prévention deviennent un objet consubstantiel des réflexions et pratiques des élus locaux faute d’une politique nationale de santé qui a conduit à la désertification médicale. L’opposition farouche de la médecine libérale par rapport aux médecins salariés et à la création de CDS, fait que des élus de toute tendance poussent maintenant à la création de CDS. Je dis bien de CDS.

Car beaucoup de collectivités locales se sont dits : on va faire une « maison médicale » et on va faire venir des médecins, voire on va faire venir des médecins de l’étranger, pour contourner le numérus clausus en France. Ceux-ci quittent leur pays pensant gagner de l’argent. Or, dans les 2 cas, quand un projet se développe sur un projet « immobilier » pour ne pas dire financier, cela court à l’échec. Statistiquement la greffe ne prend pas.

A contrario, les CDS eux n’ont pas de problème pour recruter des professionnels. Je prends le cas de la Saône et Loire : l’objectif des élus était de mailler tout leur territoire. Toutes les mesures jusque-là essayées n’ont pas permis d’installer des médecins libéraux. En l’espace de 9 mois, 25 médecins  ont dit oui à des projets de CDS.

La recette, s’il y en a une : les habitants doivent participer à la réflexion du projet de santé sur le territoire. Au final, l’offre de service que va apporter le CDS doit correspondre aux besoins de la population du bassin. Un territoire jeune, avec beaucoup d’enfants n’a pas les même besoins qu’un territoire vieillissant. On ne met pas les mêmes compétences.

Il y a besoin du rôle de la population et des collectifs citoyens : ils vont guider et accompagner le montage d’un CDS. Aujourd’hui, les CDS qui ouvrent sont le résultat d’histoires portées par des équipes en vue des municipales 2013/2014. Cela arrive à maturation.

UE 2018-18

Urgence biodiversité, avec Alain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et Alain Pagano Commission Écologie du PCF

UE 2018-19

Alain Pagano : on est aujourd’hui, depuis l’histoire de la vie sur terre, à la 6ième crise d’extinction de la biodiversité. Celle-ci est à 100% en grande partie liée à l’action de l’homme. 

On peut être très inquiet. C’est du réseau alimentaire dont il s’agit. Il y a des ruptures dans la chaine alimentaire. Il y a problème parce que l’espèce qui a disparu nourrissait une autre espèce…. Quand une brique est enlevée, c’est tout le mur et l’humanité qui est menacée.

Pourquoi préserver la biodiversité ?

Alain Bougrain-Dubourg :

Quelques chiffres, sur terre, il a été calculé que 67% du tonnage des mammifères vivant sur terre c’est du bétail. 30%, c’est des humains. Et 3% du tonnage des mammifères, c’est le reste des animaux.

Voilà ce qu’on a fait de la planète. Il ne s’agit pas de rééquilibrer. Mais de prendre conscience des dangers qui nous guettent.

Prenons la chasse : j’ai moi-même chassé quand j’étais jeune. L’homme, dans l’histoire a chassé pour manger. Aujourd’hui, la chasse, c’est un loisir. On tue des animaux pour tuer. A ce jour, une soixantaines d’espèces d’oiseaux sont chassables en France. Contre en moyenne 14 espèces en Europe. Or, sur cette liste de 60 oiseaux chassables en France, il y a 20 espèces comme le courlis cendré, qui sont inscrites sur la liste rouge des espèces menacées de disparition et qui sont sur la liste rouge de l’Union internationale de conservation de la nature.

A titre d’exemple, la tourterelle des bois a perdu 80 % de sa population.

Par rapport au projet de gouvernement sur la chasse*, qui contient comme aberration par rapport à ces enjeux, une baisse du prix du permis de chasse, et la prolongation de la chasse de l’oie sauvage, le courlis cendré, au-delà du mois de janvier, sur février donc, alors que l’animal débute sa phase de reproduction, je demande avec la LPO l’arrêt de tirer les espèces à l’agonie.

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Alain Pagano : Comment se fait-il que le changement climatique ait réveillé les consciences et que l’appauvrissement de la biodiversité, non ?

Alain Bougrain-Dubourg : On ressent le changement climatique. On voit les effets du changement dans les carottages… etc.

On a des réponses potentielles avec : covoiturage, isolation thermique, etc. chacun peut trouver des solutions potentielles changement climatique.

Concernant la biodiversité,  on ne perçoit même pas le déclin. Quel est l’impact de la suppression de telles espèces… on n’est même pas au courant ! On est dans une société où tout ce qui n’est pas utile est inintéressant…. Voire est nuisible…

Il y a une non identification du déclin de la diversité. Et quand cela est malgré tout perçu, dans le cas des abeilles par exemple, on se retourne auprès de l’état. Car il existe peu de moyens individuels pour faire reculer ce fléau. Or, on peut être inquiet pour l’avenir du vivant. Et face à cette indifférence vis-à-vis du déclin du vivant. On ne pourra s’en exonérer.

Il y a un très grand retard sur cette question.

Si le PCF s’affiche sur les questions de biodiversité, il peut surprendre : 1) c’est une question qui traverse la société. 2) Cela va étonner, car c’est un thème qu’il n’a pas abordé comme tel jusque-là.

Remarque de la salle : C’est comme avec Notre Dame des Landes. On a beaucoup à apprendre, nous communistes par rapport à ces types de mouvements. Il ne faut négliger aucune forme d’actions, pour apporter notre propre soutien mais aussi nos propres réflexions à ces mouvements sur ces questions-là. On a une place importante à reconquérir et à investir. Il faut l’affirmer au plus haut niveau de la direction du PCF.

* E. Macron a donné son accord pour que le prix du permis national de chasse soit divisé par deux.

UE 2018-21

À suivre…

S.B.

Angers, université 2018 du PCF

Suite de notre série d’articles sur l’édition 2018 de l’université d’été du PCF

Angers, Université d’été 2018, aperçus :

Un moment intense pour s’informer, se former, échanger, rencontrer.

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En un mot de l’éclectisme :

– Éclectisme des thèmes des ateliers

Nous concernant, nous avons plus particulièrement suivi :

Antisémitisme : de la Pologne du XX ième siècle à l’Europe contemporaine avec Valère Staraselski, écrivain

Dans le prolongement de son livre « Le parlement des cigognes », il fait écho au devoir de mémoire concernant le sort des juifs de Pologne sous la botte nazie.

UE 2018-15

Après un rappel historique de la naissance de l’antisémitisme, dans des références aux textes religieux chrétiens, est abordée l’histoire contemporaine.

Aux Juifs, les nazis disaient ne rien vouloir prendre : seulement la vie. Et ils déployèrent des trésors d’horreur imaginative pour massacrer des dizaines de milliers de civils parfaitement innocents. Avec la participation, résignée ou enthousiaste de nombreux Polonais catholiques.

Le devoir de mémoire est d’autant plus difficile à accomplir que les assassins ont fait disparaître toutes les traces de leurs crimes : les cimetières juifs avec leurs pierres tombales qui leur servirent à construire des routes, les ultimes témoins de 1945. Les Polonais « de souche » leur prêtèrent main forte par peur des représailles : il fallait tuer les Juifs pour ne pas être tués par eux après la victoire des alliés. Tous ces Polonais se connaissaient : un habitant de Cracovie sur quatre était juif. Un Juif dénoncé rapportait un kilo de sucre.

Il est rappelé, que dans l’époque la plus récente, des historiens polonais ont écrit que chasser les juifs s’expliquait aussi parce que les bolchéviques russes comme les communistes polonais comprenaient beaucoup de juifs, et que finalement l’antisémitisme avait été le reflet d’un combat contre les communistes. Ce qui est faux historiquement puisque, l’antisémitisme s’est poursuivi en Pologne ensuite, sous d’autres formes, sous le régime communiste…

Il est aussi question dans le débat avec Valère Staraselski du récent projet de loi en Pologne – révisé depuis, puisque une peine de prison n’est plus prévue -, motivé par la volonté de lutter contre l’emploi – abusif et erroné – de l’expression « camps de la mort polonais » pour désigner les camps d’extermination construits par les nazis pendant la deuxième guerre mondiale sur le territoire de la Pologne occupée.

UE 2018-16

Après le plan Borloo sur les banlieues, quelle égalité des territoires dans la République ? Avec Philippe Rio, maire de Grigny.

Philippe Rio est revenu sur l’appel de Grigny. Sur la genèse du plan Borloo et la fin de non-recevoir que le plan Borloo a reçu de la part d’Emmanuel Macron.

Il a rappelé « l’été meurtrier » de 2017 et sa triple peine : 5% de baisse pour les APL, la suppression des contrats aidés qui ont provoqué la mort d’associations : « le plus grand plan social qu’a connu la France, a été celui du monde associatif. Et la baisse des crédits à la politique de la ville.

A partir de cela il y a eu une convergence du monde associatif et du monde politique et il y a eu l’appel de Grigny, qui est arrivé comme cela, un peu par hasard. Grigny a accueilli plus de 1000 personnes pour réfléchir sur les moyens de s’en sortir, et pas que pleurer sur notre sort. 1000 personnes drainés par des mouvements comme Bleu, blanc, zep, Villes et banlieues, Villes moyennes de France.

Dax, Aurillac, Périgueux ont aussi des quartiers populaires. On était tous sur le même diagnostic : la fracture urbaine s’enkyste aussi en province. Il s’est agi d’un mouvement transpartisan, trans géographique, pour dire que dans ces territoires : il y a des solutions !. Malgré ces inégalités, il y a des parcours extraordinaires, des solidarités, des choses magiques.

Malgré la fraîcheur par laquelle  le plan Borloo a été reçu par l’Élysée, on a marqué des points :

1) D’abord dans les têtes : Comment rétablir l’égalité ? Pas avec un petit ministère avec ses 1% de budget. Même diagnostic pour la politique du logement en France.

2) Pour la première fois, sous l’égide de Jean Louis Borloo, qui a mis à notre disposition sa légitimité d’ancien élu municipal (être maire de Valenciennes n’est pas une partie de plaisir) et son carnet d’adresses d’ancien ministre, on a pu prendre la température « pour de vrai » de ce qui se noue :  le phénomène de décrochage social et communautaire qui se met à l’œuvre.

3) Nous avons été beaucoup été médiatisés. Les quartiers populaires ont été souvent invités sur les plateaux TV… non pas parce qu’il y avait des émeutes… non pas pas pour dire « il est où le Molenbeck à la Française ».

À partir du moment où l’on dépasse les identités des partis, cela interpelle, à la fois la classe politique d’en haut, et les médias. BFM TV, par exemple, n’avait pas de relais sur le terrain pour expliquer le fonctionnement des banlieues et les bons fonctionnements à l’œuvre dans une équipe municipale de banlieue. Ils sont venus nous voir. Il y a eu une remise en cause des médias. Nous avons été fièrement et dignement respectés dans la presse et les médias. Pour une fois on a eu des débats justes sur nos banlieues. Cela n’avait jamais existé auparavant.

Alors malgré une partie conclusive décevante dans ses prises de décisions, j’aime à rappeler comme l’a écrit Jean Ziegler que « les murs les plus puissants tombent par leur fissures ». Tous ensemble nous avons commencé à faire des trous dans le mur pour que se fissure l’idée que beaucoup de choses ont été essayées et que rien n’est possible en banlieue.

S.B.

À suivre…

À l’université…

La suite de nos impressions sur l’Université d’été du PCF, édition 2018…

L’Université d’été du PCF, vue par une participante

Angers – 24 au 26 août 2018

Après deux participations à l’université d’été du PCF en 2014 et 2015 aux Karellis en Savoie, j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver cette année les ateliers de l’université, mais cette fois-ci à Angers.

Je tiens à remercier la fédération du Val-d’Oise qui m’a permis de partager ces journées de réflexion et de formation politique avec des camarades de la section de Saint-Gratien et de sections voisines.

Nous avons été accueillis par la fédération du Val-de-Loire, qui a tout mis en œuvre pour rendre ces journées de rencontres politiques très fraternelles.

Je tiens à saluer la haute performance des organisateurs de l’université d’été quant à la prise en charge de l’hébergement et de la restauration sur le site.

La soirée du samedi 25 août, après la grande marche des services publics, a ravi l’ensemble des camarades !

La manifestation des communistes présents, de la fac à l’hôpital d’Angers, a suscité la curiosité de nos amis angevins en ce dernier week-end d’août ! Il s’agissait de soutenir les salariés de l’hôpital affectés par la perte d’une centaine d’emplois. Un meeting a clôturé cette marche, avec Cathy Apourceau-Poly (sénatrice PCF du Pas-de-Calais) et Ian Brossat (chef de file PCF pour les élections européennes de 2019).

Un choix considérable d’ateliers était proposé du vendredi midi au dimanche midi. Les intervenants comptaient parmi eux des élus, des militants associatifs, des syndicalistes, des philosophes ou des professeurs.

La librairie Diderot militante et engagée, basée à Nîmes, et les Éditions Rue du Monde, animaient les temps informels de l’université.

Pour ma part, j’ai concentré toute mon attention sur des ateliers qui traitaient de l’Europe et de l’antiracisme. Ces deux sujets me paraissent majeurs pour envisager la paix dans le monde.

La diversité des thèmes adoptés ainsi que l’analyse de l’actualité nationale et internationale constituent une véritable formation intellectuelle et politique pour les participants.

Dans un premier atelier le vendredi après-midi, Francis Wurtz, député européen honoraire (PCF), a dressé un état des lieux de la crise existentielle qui menace l’existence même de l’Union Européenne.

Nous traversons une crise de confiance des citoyens vis à vis des institutions européennes. Le Brexit représente pour l’U.E. un grave échec politique sans précédent.

D’autre part, la politique migratoire a conduit l’U.E. à un naufrage moral. Il s’agit d’un déni de droit moral ; en témoignent les camps et la protection militarisée des frontières.

En Italie, l’alliance de Salvini avec la Ligue – parti fasciste, raciste et xénophobe – illustre bien le manque de confiance des citoyens italiens, pourtant très européistes au moment de la construction de l’U.E.

La Grèce, bien que sortie des griffes de la Troïka, subit toujours la crise et reste sous surveillance rapprochée, puisque 5 milliards d’euros d’économies lui seront demandées sur les deux années à venir.

La tare rédhibitoire de l’U.E. réside dans la priorité donnée au marché, c’est à dire dans la soumission aux investisseurs sur les marchés financiers.

Le Conseil des ministres européen exerce une coercition sur chaque pays membre.

Rappelons que le PCF a été le seul parti politique à combattre les traités européens en disant non à l’Europe libérale et oui à l’Europe sociale.

Est-ce que sortir de l’U.E. règlerait le problème des politiques néolibérales au vu des interdépendances considérables dans la zone euro ? Le chacun pour soi progresse et la solidarité recule. La nécessité absolue de rassembler s’impose pour construire sur le plan national, européen et international.

L’U.E. doit protéger contre les effets pervers de la mondialisation, afin de la réguler, de l’humaniser pour en changer les règles.

La bataille se mènera au jour le jour.

Un peu en marge des deux thèmes de l’Europe et de l’antiracisme, j’ai assisté à l’atelier animé par Bernard Thibault qui présentait son livre : « La troisième guerre sera mondiale ». Pendant plusieurs décennies, le « progrès social » s’est illustré par une avancée des droits, des libertés et des conditions matérielles pour les travailleurs ; ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Dans un autre atelier, Pierre Barbencey, grand reporter à « L’Humanité », a présenté un exposé sur ce qu’il nomme la loi d’apartheid en Israël. Il dénonce la politique de Benyamin Netanyahou qui consiste à renforcer la colonisation du peuple palestinien.

Dans une autre conférence, Maryse Tripier, sociologue et professeur émérite à l’université Paris 7, défend le droit à la mobilité et souligne l’inégalité du droit de bouger à cause de l’obligation de visa.

Plus concrètement, Maryse Poulain, syndicaliste à la CGT, et Élie Jousselin, secrétaire de la section PCF du Xème arrondissement de Paris, ont décrit la lutte victorieuse des coiffeuses sans-papiers du boulevard de Strasbourg.

Deux camarades du Val-d’Oise, Isabelle Volat et Stéphane Bauer, à la fois élus et co-secrétaires de la section de Saint-Gratien, ont tenu un atelier sur le coût du capital et sur les conséquences désastreuses des « emprunts toxiques ». Nous les remercions pour leur exposé richement documenté.

En conclusion, chaque année, l’université d’été du PCF constitue un temps de réflexion et de formation continue pour les communistes.

Tous ces moments d’échanges entre élus, syndicalistes, militants associatifs, professeurs et citoyens engagés encouragent et justifient notre action politique.

F. L. ; Saint-Gratien, 23 septembre 2018

Mille cocos

Voici une série d’articles relatant nos journées à l’université d’été du PCF, fin août 2018 à Angers. Ils étaient parus sur notre ancienne plate-forme. Nos lecteurs nous les réclament, nous les remettons donc en ligne.

Mille cocos réunis pendant trois jours pour débattre, apprendre, manifester, construire, réfléchir, échanger, se cultiver, rêver… la plupart des médias ont choisi de l’ignorer. En voici nos modestes échos.

Mais où rencontrer six députés, et quelques députés honoraires, une poignée de sénateurs, trois députés européens, une foule d’élus locaux, des sans-papiers, des cheminots en lutte, des poètes, des philosophes, des géographes, des historiens, des journalistes, des artistes, des écrivains, des économistes, des militants ?

Pour la troisième année consécutive, c’est sur le campus de l’université d’Angers que le PCF tient son université d’été. Un séminaire clos dans ce cadre tout empreint de la douceur angevine ? Pas du tout ! Au-delà des multiples ateliers dont les thèmes sont ouverts sur le monde, les communistes avaient cette année choisi de sortir des murs du campus. Ils ont traversé samedi la belle ville d’Angers en un long cortège, de la fac au CHU, en passant devant divers services publics menacés : poste, ehpad, école, crèche, pour finir devant l’hôpital de la ville où 100 postes de soignants sont menacés. Meeting en plein air avec députés et chef de file aux élections européennes, chaîne humaine sur le pont qui enjambe la Maine, et pour finir un grand repas partagé dans la splendide salle Saint Jean,  anciens greniers à grains. Luttes sociales de la rentrée face aux nouvelles macroneries, (« Un pas en avant, trois siècles en arrière, c’est la ­politique du gouvernement »), prochaines élections européennes étaient évidemment sur le devant de la scène. C’est Ian Brossat, chef de file du PCF pour ce scrutin qui conclura le rassemblement, en appelant à une « Europe qui défend le monde du travail et le pouvoir d’achat, le service public en mettant un terme aux directives de privatisation » ou encore une Europe « du partage des richesses et d’une autre utilisation de l’argent »… En somme, une « Europe de l’humain d’abord et pas de la finance ». Face à la montée de l’extrême droite sur le continent, l’accueil des réfugiés est aussi au centre des préoccupations des communistes. « Nous ne serons pas les candidats des premiers de cordée. Nous serons les candidats de ceux qui fabriquent les cordes ! » a conclu Ian Brossat.

L’université d’été du PCF, c’est un rendez-vous combatif ouvert sur les mobilisations, loin d’un séminaire à huis clos. Ce qui ne l’empêche pas, loin de là, d’être aussi un riche moment de réflexion.

Une centaine d’ateliers étaient proposés sur les trois jours aux mille participants, venus de 70 départements. Si l’anniversaire de mai 68 et le bicentenaire de la naissance de Marx, ainsi que les échéances européennes, étaient à l’honneur parmi les thèmes, c’est comme chaque année, une grande diversité de sujets qui étaient offerts : politiques, scientifiques, culturels, sociétaux, internationaux… De François Villon à Louis Althusser et Martha Desrumeaux, des lois d’apartheid en Israël au terrorisme djihadiste, des textes préparatoires au Congrès du PCF à la bataille des parlementaires communistes, des déserts médicaux à la situation des collectivités territoriales, de Parcours sup à la loi Élan, de l’urgence pour la biodiversité, de l’âge de la Terre à la génétique, des luttes des sans-papiers à la bataille des cheminots…. Un vaste choix, souvent difficile ! Pour la première fois, nous sommes passés de l’autre côté de la barrière et animé nous aussi un atelier : « coût du capital, face aux emprunts toxiques ». On y reviendra, ainsi que sur ce si riche week-end angevin. Quelques photos pour donner une idée à ceux qui n’ont pu participer. 

I. V. ; août 2018

À suivre…