Révolution verte

La révolution écologique est possible ! Pour concilier justice sociale et écologie, relocalisons les productions, disons non aux traités de libre-échange qui transportent les marchandises sur de longues distances, reconstruisons un grand service public de l’énergie pour sortir des énergies carbonées.

Ces mutations auront des répercussions immenses dans le domaine de l’emploi. Cela ne peut se faire qu’avec les salarié.es. Écouter leurs propositions alternatives, leur donner la possibilité d’accéder à des formations pour des emplois plus écologiques : c’est le sens de la proposition du PCF pour une loi de « sécurité emploi-formation ». L’évolution de nos modes de production ne peut réussir qu’avec les salarié.es.

Ci-dessous un article d’Alain Pagano, responsable de la commission  »             Écologie » du PCF, et son portrait à l’occasion des élections régionales de 2015.

Elections Régionales 2015 : le portrait d’Alain Pagano [Parti Communiste] – YouTube

 

Terres de Gonesse, la ferme maraîchère de la région parisienne

ZAD de Gonesse : soutien et solidarité avec les opposants à la gare de plein champs de la ligne 17

Déclaration du PCF

Ce mardi 23 février les occupants de la ZAD de Gonesse ont été expulsés par les forces de l’ordre.

La vingtaine de personnes présentes sur place, pour la plupart jeunes, a été conduite au commissariat de Pontoise.

Une délégation du PCF, composée de Fabien Gay, sénateur, Didier Mignot, conseiller régional d’Île-de-France et Hervé Bramy, membre de la commission Écologie du PCF, s’était rendue sur la ZAD la veille pour renouveler le soutien du PCF au CPTG (collectif pour le Triangle de Gonesse), à ses membres dont les associations environnementales et, surtout, à Bernard Loup, son président qui a fait l’objet d’une condamnation du tribunal à la demande de Valérie Pécresse, présidente de la Région IDF.

Nous renouvelons également notre soutien et notre solidarité aux occupants pacifiques de la ZAD et nous demandons leur libération.

Décidément, pour la majorité de droite de l’Île-de-France comme pour le gouvernement, le chemin est difficile à parcourir pour affirmer que ces terres doivent entièrement être consacrées à l’activité agricole.

Les terres du Triangle de Gonesse doivent devenir, avec la contribution du projet Carma, la ferme maraîchère de la région parisienne.

Si nous continuons de penser que la ligne 17 doit, plus que jamais, relier Saint-Denis-Pleyel au Mesnil-Amelot, en passant par l’Aéroport Charles de Gaulle nous considérons, cependant, avec détermination, que la construction d’une gare de plein champs est un projet obsolète. En effet, nous refusons toute nouvelle et éventuelle opportunité qui pourrait conduire à une artificialisation et au bétonnage des très riches terres agricoles de cette partie de la région parisienne.

Suite à l’annulation d’Europacity à laquelle le PCF a contribué, nous  appelons toutes celles et tous ceux qui agissent pour une « société d’après » à poursuivre leur mobilisation pour un développement des terres de Gonesse qui fasse utilement et respectueusement le lien entre la nature et les êtres humains.

Deux prochains rendez-vous sont fixés. Vendredi 26 février à 12h30 devant le Tribunal de Pontoise et samedi 27 février à 11h00 au Trocadéro, les communistes franciliens seront présents !

Parti communiste français

Des vaccins accessibles à tous les peuples du monde

Levée des brevets/vaccins : Fabien Roussel écrit à Emmanuel Macron

Monsieur le Président de la République,

La situation sanitaire actuelle est critique et risque de perdurer, si nous ne trouvons pas une solution collective à cette crise.

Il devient de plus en plus difficile de contrôler la pandémie depuis l’arrivée de variants, qu’ils viennent de Grande-Bretagne, de Californie, d’Afrique du Sud ou du Brésil. Outre le maintien des gestes barrières, la politique de tests et d’accompagnement des personnes contaminées et cas contacts, tout le monde s’accorde à dire qu’une campagne de vaccination massive à l’échelle mondiale nous permettra d’entrevoir la sortie de cette crise sanitaire.

Aujourd’hui, plusieurs vaccins existent contre ce virus. C’est la bonne nouvelle de cette année. Il s’agit d’une prouesse scientifique, largement soutenue par les plus de 8 milliards d’euros investissements publics des États et, au sein de l’Union européenne, par la Commission européenne qui a investi 2,3 milliards d’euros pour le développement des capacités de production de l’industrie pharmaceutique. La découverte de ces vaccins a été aussi facilitée par le partage de la séquence complète du génome du coronavirus par les autorités chinoises, dès le 11 janvier 2020.

Il est désormais urgent que ces vaccins puissent être produits massivement et soient accessibles à tous les peuples du monde, le plus rapidement possible.

Malheureusement, ce n’est pas ce chemin qui est emprunté. Déjà aujourd’hui, plusieurs grands laboratoires sont incapables de respecter les engagements pris pour la livraison de leurs doses.

De plus, des inégalités apparaissent entre les pays à faibles revenus et les pays riches : ces derniers ont acheté suffisamment de doses pour vacciner deux à trois fois leur population quand les pays pauvres n’ont, à ce jour, qu’une dose pour trois habitants. La plateforme Covax est loin de répondre à cette situation.

Il y a donc urgence à ce que les États prennent le contrôle de cette campagne vaccinale et organisent la production et la diffusion de ces vaccins, comme le demandent l’Inde et l’Afrique du Sud.

Pour gagner cette guerre contre le virus, nous vous appelons à saisir l’Organisation mondiale de la santé afin de coordonner les efforts des États et faire du vaccin un bien public mondial. Ne laissons pas la campagne vaccinale dans les mains du secteur privé !

En France, de nombreuses voix s’élèvent ainsi pour appeler à une plus grande coopération à l’échelle de la planète. Les Académies des sciences, de médecine et de pharmacie relaient cet appel. Des scientifiques de plusieurs pays appellent à faire du vaccin un bien public permettant aux pays qui en font la demande de pouvoir le produire rapidement.

Comme vous le savez, l’OMC, l’Union européenne ou des États, comme la France, disposent des moyens juridiques pour suspendre les brevets en temps d’urgence sanitaire et obtenir les licences nécessaires permettant les transferts de technologie vers tous les laboratoires industriels compétents. Cela peut se mettre en place rapidement, sans spolier les industriels.

En effet, l’article 311 de l’Organisation mondiale du commerce stipule que l’on peut procéder à une levée des brevets « dans des situations d’urgence nationale ou d’autres circonstances d’extrême urgence ou en cas d’utilisation publique à des fins non commerciales ». Nous y sommes !

En France, la loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19 du 23 mars dernier a prévu « de prendre toute mesure permettant la mise à la disposition des patients de médicaments appropriés pour l’éradication de la catastrophe sanitaire ».

Le 30 novembre dernier, une initiative européenne citoyenne a été lancée demandant un changement législatif notamment pour « veiller à ce que les droits de propriété intellectuelle, brevets compris, n’entravent pas l’accessibilité ou la disponibilité de tout vaccin ou traitement futur contre la Covid-19 ».

Cette revendication recueille aujourd’hui l’adhésion d’un large panel d’organisations et bénéficie du soutien de nombreux experts de la santé.

Il y a urgence. C’est pourquoi, nous souhaiterions être reçus afin de vous faire part de nos propositions pour augmenter la capacité de production des vaccins à l’échelle européenne et à l’échelle mondiale.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’assurance de notre haute considération. »

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,

Paris, le 9 février 2021.

 

Authentiquement populaire

À l’occasion du centenaire du Parti communiste français, « né » le 25 décembre 1920, de nombreux ouvrages, livres et publications fleurissent sur le sujet.

À lire ci-dessous l’article de Julian Mischi, qui retrace les conditions de la naissance du PCF et sa place particulière dans l’histoire politique de notre pays.

Julian Mischi est chercheur en sociologie à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), auteur de l’ouvrage Le Parti des communistes. Histoire du Parti communiste français de 1920 à nos jours, Hors d’atteinte, Marseille, 2020.

Les illustrations sont du blog.

Il y a cent ans naissait un parti authentiquement populaire

Dès qu’il vit le jour, en décembre 1920, le Parti communiste français revendiqua une place singulière dans le paysage politique hexagonal : celle de la seule formation populaire, dirigée par des gens du peuple pour servir les intérêts de celui-ci. À l’heure où le fossé entre classes dirigeantes et classes laborieuses paraît plus profond que jamais, son histoire est riche d’enseignements.

Derrière la tribune, une grande banderole reprend la formule de Karl Marx et Friedrich Engels : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » Elle est surmontée d’une bannière arborant le slogan de la Ire internationale : « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ». En ce 25 décembre 1920 s’ouvre à Tours le 18e congrès de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), à l’issue duquel une très large majorité des délégués du Parti socialiste (70 % des mandats) décident d’adhérer à l’Internationale communiste (IC). Cette dernière, également dénommée IIIe Internationale, a été créée l’année précédente, en mars 1919, sous l’impulsion de Lénine et des bolcheviks russes dans l’espoir d’étendre leur révolution au monde entier.

Les débats tenus lors de ce congrès fondateur et dans son sillage n’ont pas seulement une valeur historique. La recherche d’une solidarité internationale dépassant les égoïsmes nationaux, le contrôle d’élus ayant tendance à se compromettre avec les institutions bourgeoises ou encore les réflexions sur l’articulation du combat politique et des luttes syndicales résonnent fortement avec des préoccupations actuelles. Le mouvement communiste a en effet su développer des réseaux militants dans la France ouvrière, et plus largement populaire, urbaine ou rurale. Or la capacité à prendre en compte et à porter les intérêts des classes populaires est ce qui manque aux partis de gauche aujourd’hui.

Au congrès de Tours, les défenseurs de l’adhésion à l’IC veulent tourner la page d’une SFIO qui s’est, selon eux, compromise en participant au gouvernement d’« union sacrée » durant la première guerre mondiale (Jules Guesde fut même ministre d’État). Ils sont animés d’une hostilité aux parlementaires qui ont versé dans la « collaboration de classe » et ont renié les principes révolutionnaires et pacifistes de la IIe Internationale. Ils affichent une défiance à l’égard des dirigeants sociaux-démocrates qui n’ont pas rendu de comptes à la base tout en soutenant la répression étatique contre les voix — syndicalistes et féministes, notamment — qui s’élevaient face à la boucherie perpétrée sur le continent européen. Dans le parti « de type nouveau » exigé par les bolcheviks et espéré par les militants internationalistes, le groupe parlementaire et la presse seront soumis au contrôle des militants. Le décalage entre les députés et la masse du parti est important : à contre-courant des adhérents, une cinquantaine de parlementaires sur soixante-huit refusent, à l’image de Léon Blum, ancien chef de cabinet du ministre des travaux publics pendant la guerre, de suivre la majorité ; ils font scission en maintenant la SFIO.

Une demande de radicalisation

Évoquant la compromission de deux députés socialistes de son département, le délégué de la fédération du Cher, le cordonnier Émile Lerat, affirme lors du congrès : « Nous sommes antiparlementaires, parce que nous constatons l’action néfaste de nos élus. Nous disons que moins nous avons d’élus, plus nous avons d’adhérents. Nous en avons assez, chez nous, d’être des machines à cotiser et de servir les intérêts de quelques individus qui, une fois munis d’un mandat, nous combattent, détruisent l’unité de chez nous, détruisent l’organisation et vont faire le Bloc national (1) (…). Nous en avons assez du Parti socialiste uniquement électoral, nous voulons un Parti socialiste révolutionnaire (2).  » L’adhésion à l’IC exprime une demande de radicalisation du socialisme, autant que le soutien à la révolution d’octobre 1917, perçue comme ayant établi en Russie un « pouvoir prolétarien ».

Les principaux rédacteurs de la motion d’adhésion à l’IC, l’instituteur syndicaliste Fernand Loriot et le journaliste Boris Souvarine, sont absents lorsque s’ouvre le congrès, car ils sont en prison. Ils font partie des nombreux militants arrêtés depuis le printemps 1920 au motif de leur implication fantasmée dans un vaste « complot » ourdi en Russie. L’épouvantail de la menace contre la sûreté de l’État a aussi été brandi pour réprimer les cheminots en grève ; quinze mille d’entre eux sont tout simplement révoqués. Le Parti communiste en gestation doit être capable de résister aux coups de boutoir de l’État bourgeois, tout en assurant la surveillance, en interne, des « carriéristes ». D’où l’insistance sur la discipline. Le principe de la « centralisation démocratique » est l’une des vingt et une conditions de l’adhésion à l’IC édictées par les bolcheviks lors de leur congrès de juillet 1920 : « À l’époque actuelle de guerre civile acharnée, le Parti communiste ne pourra remplir son rôle que s’il est organisé de la façon la plus centralisée, si une discipline de fer confinant à la discipline militaire y est admise. »

Cette exigence de centralisation relève d’enjeux propres à la défense de la révolution en Russie et aux insurrections qui éclatent ailleurs en Europe, mais elle correspond aussi aux attentes des militants français, pour qui la mise en pratique des déclarations socialistes nécessite une organisation stricte. La base militante aspire à passer des paroles aux actes. « Trop d’action verbale et pas assez d’action pratique », regrette par exemple un délégué de Seine-et-Oise (3). De son côté, Ernest Denante, instituteur et représentant du Vaucluse, s’écrie : « Nous sommes pour la IIIe Internationale, parce qu’elle nous apporte une discipline sévère devant laquelle nous sommes heureux et fiers de nous incliner, parce que nous ne voulons pas que le Parti socialiste soit une maison grande ouverte où pénètre qui veut, où l’on fait ce que l’on veut, où la plupart du temps on ne fait rien. Nous sommes pour la IIIe Internationale parce qu’elle condamne le réformisme. Parce qu’elle condamne ce passé dont nous rougissons, le passé du socialisme de guerre (4).  »

Au-delà de l’épisode du congrès de Tours, dont il faut se garder de faire un « mythe des origines », la création d’un parti communiste en France s’est déroulée en plusieurs étapes. Le nom même de « communiste » n’est définitivement adopté par le nouveau parti qu’en janvier 1922. Plusieurs années s’écoulent avant que se forme un parti réellement différent de l’ancien parti socialiste, sous l’effet de nombreux départs et de la bolchevisation, à partir de 1925, sur le modèle du Parti communiste d’Union soviétique. Rapidement, des dirigeants issus de la SFIO, comme l’instituteur Ludovic-Oscar Frossard, premier secrétaire du parti jusqu’en janvier 1923, quittent une organisation d’où sont également mis à l’écart des syndicalistes de tendance libertaire, comme le correcteur d’imprimerie Pierre Monatte. À l’instar de Souvarine et de Loriot, la plupart des fondateurs s’éloignent, de gré ou de force, d’un parti où la démocratie interne est progressivement étouffée (5).

Alors que la SFIO était dominée par une élite d’intellectuels et de membres des professions libérales, avec de nombreux avocats ou journalistes, le Parti communiste se construit à partir du milieu des années 1920 autour de dirigeants d’origine ouvrière. Il valorise une organisation en cellules d’entreprise, là où la SFIO était structurée en sections locales, et promeut l’action syndicale de ses membres. Sous l’impulsion de l’IC, il favorise la présentation aux élections de candidats ouvriers. Pierre Semard, ancien syndicaliste révolutionnaire, cheminot révoqué en 1920, devient secrétaire général du parti en 1924.

C’est aussi sous l’impulsion de Moscou que les communistes s’engagent dans les luttes anticoloniales, alors que la SFIO se contentait jusque-là de dénoncer les abus du colonialisme. Ils appellent ainsi à l’évacuation du Maroc et à la fraternisation avec Abdelkrim Al-Khattabi lors de la guerre du Rif, en 1925-1926. L’Union intercoloniale, créée début 1922, rassemble des militants originaires des colonies françaises autour de revendications d’égalité politique (droit de vote) et sociale (« À travail égal, salaire égal »). Sa section indochinoise est animée par Nguyen Ai Quoc, le futur Ho Chi Minh — qui deviendra en septembre 1945 chef du gouvernement de la République démocratique du Vietnam, candidat communiste aux élections municipales de 1925 à Paris. L’IC impulse des solidarités transnationales, fédérant, autour de ses actions et de ses agents, des courants anticolonialistes, panafricanistes et antiracistes.

L’engagement communiste s’effectue à diverses échelles, au sein de réseaux transnationaux comme dans les communes françaises, où se développe, à partir des années 1930, tout un maillage d’associations amies, parallèlement à l’établissement de municipalités « rouges » et à un essor militant. L’adaptation du message communiste aux réalités de la société française permet sa diffusion au sein des grandes forteresses ouvrières, telles les usines Renault de Billancourt, à l’ouest de Paris, et jusque dans les campagnes, où il répond aux aspirations de défense des petites propriétés familiales fragilisées par la concentration des terres. Parmi les nouveaux députés communistes élus en 1936, au moment du Front populaire, se trouvent notamment Alfred Costes, ancien ajusteur chez Renault, élu à Boulogne-Billancourt, et Marius Vazeilles, pépiniériste impliqué dans le syndicalisme agricole, pour la Corrèze.

Mineurs, métallurgistes, valets de ferme…

La lutte pour l’émancipation du prolétariat s’articule avec des revendications d’ordre syndical, féministe ou anticolonialiste. Les femmes, les descendants d’immigrés et les catégories populaires trouvent au sein du Parti communiste français (PCF) un vecteur de protestation contre la société capitaliste et une source d’émancipation individuelle, à rebours de la position subalterne qu’ils occupent dans la société. Le cas de Martha Desrumaux, seule femme à participer aux accords de Matignon en 1936, est éclairant. Issue d’une famille pauvre du Nord, elle doit quitter l’école dès ses 9 ans pour travailler comme bonne, puis comme ouvrière dans le textile, un secteur où elle anime plusieurs grèves alors qu’elle ne sait ni lire ni écrire. Elle entre à la direction du PCF en 1932, après son passage à l’École léniniste internationale de Moscou. Contre les visions schématiques qui réduisent le communisme à sa dimension bureaucratique ou autoritaire, il est important de souligner que le communisme à la française recouvre aussi cette réalité.

Dès le milieu des années 1930, le PCF devient un parti de masse très puissant. De la Libération aux années 1970, il domine le paysage politique de la gauche française, captant le quart des suffrages sous la IVe République. Son soutien actif au gouvernement de Front populaire en 1936 et sa participation au pouvoir à la Libération permettent de grandes avancées sociales : congés payés, création de la Sécurité sociale avec Ambroise Croizat et de la fonction publique avec Maurice Thorez, réduction du temps de travail, etc. De fait, la « menace » du communisme au sein des pays capitalistes a conduit à des réformes qui ont amélioré le sort des classes laborieuses durant le « court XXe siècle » (6). Le développement de l’État-providence après la seconde guerre mondiale apparaît même aux yeux des conservateurs comme un moyen d’éviter une révolution sociale.

En France, les communistes font accéder des hommes d’origine populaire aux plus hautes fonctions de l’État, sinon réservées aux élites économiques et culturelles. On peut mentionner, entre autres, Marcel Paul, ministre de la production industrielle de novembre 1945 à décembre 1946 : pupille de l’Assistance publique, il travaille comme valet de ferme dès l’âge de 13 ans avant d’être versé dans la marine, dont il sort avec un brevet d’électricien (7). Ouvrier à la centrale de Saint-Ouen, au nord de Paris, il devient un dirigeant syndical de premier plan. Résistant, il est déporté à Buchenwald. Il y organise un comité de défense des intérêts des détenus français, dont bénéficie notamment l’industriel Marcel Dassault. À la Libération, il est chargé de la nationalisation de l’électricité et du gaz ; il contribue à faire de l’entreprise publique un modèle social en établissant un statut du personnel très avancé.

Animé par des militants d’origine populaire alliés à des intellectuels, des scientifiques et des artistes (Louis Aragon, Frédéric Joliot-Curie, Pablo Picasso…), le mouvement communiste français constitue une entreprise inédite de subversion des règles du jeu politique. Pour cela, il a mis en place des dispositifs de formation et de promotion de cadres d’origine populaire. Le trio dirigeant formé par Thorez, Benoît Frachon et Jacques Duclos, qui ont été respectivement mineur, métallurgiste et ouvrier pâtissier, aux responsabilités du milieu des années 1920 aux années 1960, symbolise l’identité populaire des porte-parole du parti.

Logiquement, ces derniers se sont éloignés de la condition ouvrière en devenant très tôt des permanents, des « révolutionnaires professionnels ». Les dirigeants communistes sont en outre issus d’une élite populaire : ils ont accédé à une instruction scolaire relativement longue pour leur classe. Les ouvriers peu qualifiés, les immigrés et les femmes sont souvent cantonnés, eux, aux échelons de base de l’organisation. Néanmoins, ces populations, pratiquement absentes des autres partis, peuvent, grâce à leur engagement, s’affirmer dans l’espace public. Ainsi, le PCF se singularise en étant jusqu’à la fin du XXe siècle, et de loin, le parti le plus féminin au sein d’un paysage politique très masculin. En dépit du conservatisme moral qu’il manifeste à partir des années 1930, il rend possible un féminisme pratique pour des femmes dont l’entrée dans l’action militante implique la transgression des schémas dominants.

Le PCF n’œuvre donc pas seulement à « ouvriériser » les assemblées électives françaises. Il est aussi, à partir de la Libération, le principal acteur de leur féminisation. Odette Roux, une institutrice qui a rejoint le parti dans la clandestinité en janvier 1941, résistante avec son mari (mort dans une prison allemande), est élue maire des Sables-d’Olonne en mai 1945. À 28 ans, elle devient la première femme à la tête d’une sous-préfecture. En octobre de la même année, dix-sept des trente-trois premières femmes élues députées sont communistes. En 1956, il n’y a plus que dix-neuf femmes à l’Assemblée nationale, mais quinze sont communistes. Parmi elles, Eugénie Duvernois, infirmière, ancienne résistante et déportée (son mari est mort à Mauthausen), élue de Seine-et-Oise.

Le PCF constitue un puissant outil d’émancipation individuelle pour des militants, femmes et hommes, qui peuvent grâce à lui lutter contre les élites bourgeoises et masculines dans leurs communes et leurs entreprises. Mais il laisse peu de place aux voix discordantes : toute divergence interne est traquée au nom de l’unité. Dans un parti stalinisé, des « affaires » sont montées de toutes pièces par Thorez et ses fidèles pour écarter des rivaux jusqu’au début des années 1960. En 1961, Laurent Casanova, responsable des relations avec les intellectuels, et Marcel Servin, secrétaire à l’organisation, accusés d’« activité fractionnelle », sont ainsi démis de leurs fonctions dirigeantes et rétrogradés à la base. Ces deux cadres avaient eux-mêmes participé en 1952 à la mise à l’écart brutale de Charles Tillon et André Marty, deux dirigeants historiques, responsables du parti pendant la guerre.

Vecteur d’entraide dans les usines et les quartiers, outil de lutte contre la domination patronale et l’exclusion politique des classes populaires, l’engagement communiste peut également être synonyme de sectarisme. À cette ambivalence se superpose un décalage entre la situation des communistes dans les pays capitalistes et ce qui se passe en URSS, puis dans les démocraties populaires qui s’établissent au sortir de la seconde guerre mondiale. Ainsi, des syndicalistes rejoignent le PCF dans la perspective d’établir des contre-pouvoirs ouvriers dans les usines alors que, dans le même temps, les syndicats de la Russie soviétique sont des instruments de contrôle des travailleurs tournés vers des objectifs de productivité.

L’IC s’est rapidement transformée en un instrument au service exclusif de la diplomatie de l’Union soviétique. Même après la dissolution de l’Internationale, en 1943, le PCF se révèle l’un des plus fidèles soutiens de Moscou au sein du mouvement communiste international, contrairement à son homologue italien. L’autre grand parti communiste d’Europe de l’Ouest défend en effet dès 1956 l’idée d’une diversité des modèles nationaux de communisme. Si, en 1968, le PCF condamne l’intervention en Tchécoslovaquie des forces du pacte de Varsovie, et s’il prend ses distances avec le modèle soviétique au milieu de la décennie suivante, en même temps qu’il s’engage dans une politique d’« union de la gauche » avec le Parti socialiste (PS), il se réaligne rapidement. Georges Marchais, ancien métallurgiste et secrétaire général du parti de 1972 à 1994, inscrit la formule du « bilan globalement positif » des pays socialistes dans la résolution votée par le 23e congrès, en 1979. Les dirigeants communistes français continueront de défendre la supériorité des régimes socialistes jusqu’au démantèlement de l’Union soviétique, en 1991.

Lorsque celui-ci intervient, la puissance populaire du PCF s’est déjà très fortement érodée sous l’effet combiné de l’offensive des forces néolibérales, de la conquête du pouvoir par le PS et de la désindustrialisation. En restant au gouvernement au moment du « virage de la rigueur », en 1983, le PCF doit se résigner à des politiques néolibérales qu’il dit pourtant vouloir combattre. Cette ambiguïté, très coûteuse électoralement, se poursuit avec sa participation au gouvernement de M. Lionel Jospin (PS) entre 1997 et 2002. Dans le même temps, l’éclatement du groupe ouvrier fragilise un parti qui n’est plus en mesure de s’ouvrir aux nouvelles figures populaires : travailleurs issus de l’immigration nord-africaine, femmes employées dans les services à la personne, intérimaires de la logistique, etc. D’autant que, durant les années 1990-2000, la direction du PCF délaisse la question de la représentation des classes populaires et cherche surtout à adapter son discours aux attentes des classes moyennes (8). Dans un contexte de baisse continue de l’activité militante, les élus et leurs collaborateurs jouent un rôle de plus en plus central dans la reproduction de l’appareil du PCF, entraînant une professionnalisation de l’engagement communiste autour des collectivités territoriales, à distance des réseaux syndicaux.

Si le PCF, cent ans après sa fondation, est devenu un petit parti, au poids électoral négligeable (2,49 % des suffrages aux dernières élections européennes), il conserve malgré tout une base militante (près de cinquante mille cotisants). Il gère encore cinquante villes de plus de dix mille habitants. La réélection en 2020 de M. Azzedine Taïbi à la tête de la municipalité de Stains, commune de quarante mille habitants au nord de Paris, montre qu’un communisme populaire peut se renouveler à travers le milieu de l’animation sociale. Fils d’ouvriers et d’immigrés algériens, ce militant antiraciste a commencé à travailler comme animateur de quartier à l’âge de 17 ans.

Certes, les évolutions du style de vie des classes populaires, de leur insertion professionnelle et de leur ancrage territorial concourent à les éloigner de l’organisation communiste et, plus généralement, de l’action militante. Mais ces classes n’ont pas disparu, et elles portent toujours des aspirations au changement, comme l’a rappelé à partir de l’automne 2018 la mobilisation des « gilets jaunes » (9).

À l’échelle européenne, la victoire de la social-démocratie sur le communisme a été de courte durée. Au-delà des partis communistes, l’ensemble de la gauche est en crise au début du XXIe siècle. La contribution des sociaux-démocrates au démantèlement de l’État-providence et leur alignement sur les intérêts des milieux financiers les ont compromis. Les records d’abstention électorale, mais aussi l’essor du vote d’extrême droite, dénotent une crise généralisée de la démocratie représentative, où la distance entre les élites dirigeantes et les populations laborieuses s’est considérablement creusée. En ce sens, le projet communiste reste d’actualité.

 

(1) Coalition de partis du centre et de droite au pouvoir de 1919 à 1924.

(2) « 18e Congrès national tenu à Tours les 25, 26, 27, 28, 29 & 30 décembre 1920 », compte rendu sténographique, Parti socialiste (SFIO), Paris, 1921.

(3Ibid.

(4Ibid.

(5) Julien Chuzeville, Un court moment révolutionnaire. La création du Parti communiste en France (1915-1924), Libertalia, Montreuil, 2017.

(6Cf. Eric Hobsbawm, L’Ère des extrêmes. Histoire du court XXe siècle (1914-1991), Agone, Marseille, 2020 (1re éd. : 1994).

(7) Nicolas Chevassus-au-Louis et Alexandre Courban, Marcel Paul. Un ouvrier au Conseil des ministres, Éditions de l’Atelier, Ivry-sur-Seine, 2020.

(8) Lire « Comment un appareil s’éloigne de sa base », Le Monde diplomatique, janvier 2015.

(9) Lire « Le peuple des ronds-points », Manière de voir, n° 168, décembre 2019 – janvier 2020.

L’horreur

Ci-dessous, le communiqué commun des fédérations du PCF des Yvelines et du Val d’Oise.

Rassemblement  hommage à Samuel Paty

Nous sommes toutes et tous horrifié.e.s par ce que s’est passé vendredi soir aux portes du collège de Conflans Sainte Honorine.

Un enseignant est assassiné pour avoir enseigné, pour avoir le souci de porter la liberté de penser, la liberté d’expression. Nos premières pensées vont à sa famille, à ses proches et à ses collègues à qui nous présentons toutes nos condoléances et tout notre soutien.

Cet assassinat, cet attentat frappe le cœur de notre République, le cœur de l’émancipation de chaque individu vivant en France, l’École.

Jamais, nous ne cèderons à l’obscurantisme. Jamais, nous ne laisserons attaquer la liberté d’expression, la liberté pédagogique.

Les fédérations du Parti Communiste Français des Yvelines et du Val d’Oise appellent à se joindre à tous les rassemblements, à Paris ce dimanche 17 octobre, Place de la République à 15H mais aussi lundi 19 octobre à 12H sur l’esplanade de la préfecture à Cergy, au côté des personnels enseignants, des parents d’élèves, de tout le personnel d’éducation.

#jesuisprof #PCF78  #PCF95

Le 18 octobre 2020

Pour la gratuité des masques

L’appel de l’Humanité pour la gratuité des masques

masques gratuits 3Dans les jours qui viennent commence une nouvelle étape qui nous permettra peut-être de retrouver progressivement une part de liberté. Les trois semaines qui nous séparent du mois de juin correspondent à la phase d’incubation du virus ; il sera donc possible d’ici là d’avoir une évaluation sur l’évolution de l’épidémie, et surtout sur la possibilité d’une deuxième vague de Covid-19.

La prudence doit donc être de mise même si de nombreux facteurs montrent actuellement une diminution de son intensité. Dans ce contexte, il serait indispensable de continuer à protéger plus efficacement les personnels soignants, à multiplier les tests, et de rendre gratuits les masques de protection. C’est d’ailleurs un principe constitutionnel du droit à la santé, et du devoir de l’État de protéger les populations.

C’est le sens de la campagne lancée par L’Humanité pour obtenir la fourniture gratuite des masques aux citoyens. Car dans le contexte actuel les masques ne peuvent être considérés comme de simples marchandises qu’on étalerait aux caisses des supermarchés : ils représentent un moyen de protection collective et un outil de santé publique. En conséquence, ils doivent être gratuits. Certains pays européens l’ont déjà décidé. Des collectivités locales également. Pourquoi le gouvernement de la sixième puissance mondiale ne le pourrait-il pas ?

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masques gratuits

L’affaire des masques de protection devient le sparadrap rouge collant aux basques du pouvoir.

Il y eut d’abord ces mensonges en séries sur leur inutilité pour camoufler une pénurie qui n’a rien de naturelle. Celle-ci découle d’une part de la destruction de nos industries textiles considérées comme dépassées par les grands penseurs du libéralisme et leurs serviteurs au pouvoir depuis des décennies, et d’autre part des choix de réduction des crédits publics poussant au « zéro stock », également présenté comme le nec plus ultra de la modernité. Cette pénurie a mis en danger soignants comme patients. Elle est sans doute responsable de nombreuses contaminations et décès.

Puis au fil des semaines, le masque est devenu utile, indispensable même, alors que les soignants continuaient d’en manquer. Et le pouvoir souhaite désormais le rendre obligatoire dans les transports publics.

Depuis quelques jours, ce qui n’existait pas tombe par paquets de millions, mais sur les étals des supermarchés, comme produit d’appel pour attirer le chaland qui devra demain reprendre les transports en commun. Le scandale est encore plus gros quand on sait que cette opération a été annoncée tambour battant il y a huit jours dans un communiqué commun de la Fédération du commerce et de la distribution et de secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, et présentée comme un haut fait d’armes. De qui se moque-t-on ? Une commission d’enquête parlementaire doit rapidement faire la clarté la plus nette sur une affaire qui a plus à voir avec le mercantilisme qu’avec la santé publique.

Les masques ne peuvent être des marchandises étalées aux caisses des supermarchés pour grossir le ticket de caisse, attirer et fidéliser les clients.  Ils sont un moyen de protection civile et collective, et un outil de santé publique. A ce titre, ils devraient être assurés, en lien avec les collectivités, par les services de la Sécurité civile. Si les travailleurs contraints de reprendre leur activité venaient à contracter le virus faute d’avoir pu accéder à des masques de protection, l’État serait comptable d’une mise en danger délibérée de la vie d’autrui. Et la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen nous rappelle que « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ». Et, l’article 11 du préambule de la Constitution confirme bien ce « droit à la protection ». En conséquence, les masques doivent être gratuits.

Certains pays européens l’ont décidé. Des collectivités locales également. Pourquoi le gouvernement de la sixième puissance mondiale ne le pourrait-il pas ? Ce pays où l’argent des dividendes continue de couler à flot, ce pays où l’on peut en une nuit débloquer des milliards pour consolider des entreprises dont la trésorerie est loin d’être à sec. Pourquoi une famille de quatre personnes qui a déjà du mal à joindre les deux bouts doit encore alourdir ses dépenses du mois de 80 à 150 € pour assurer sa santé et celle des autres ? On nous dit que les prix des masques seront bloqués en deçà de 1 euro, soit peu ou prou leur prix de revient. Pourtant, plusieurs témoignages indiquent que non seulement ce prix est pour l’instant fictif, mais qu’en plus on trouvait en janvier des masques à seulement 8 centimes. Une prise en main par L’État imposant la gratuité couperait court à toute tentative de spéculation.

Réclamons partout et par tous les moyens la gratuité des masques. Il en va de l’intérêt public. Et, pour une fois, appuyons nous sur cette déclaration de Mme Agnès Buzyn le 29 janvier dernier : « si un jour nous devions proposer à telle ou telle population ou personne à risque de porter des masques, les autorités sanitaires distribueraient ces masques aux personnes qui en auront besoin » C’était certes pour cacher la pénurie. Mais, aux actes maintenant ! Lançons un grand mouvement pluraliste pour la gratuité des masques !

Pour le budget masque d’une famille il faut compter 200 euros par mois, estime Alain Bazot.

Tout le monde ne pourra pas s’offrir le masque arboré, mardi, par Emmanuel Macron dans une école des Yvelines. Fabriqué par la bonneterie Chanteclair, dans l’Aube, cette protection en tissu lavable est facturée 4,92 euros pièce. Très au-dessus du prix des masques chirurgicaux, plafonné à 95 centimes l’unité. Sauf que ces derniers ne sont pas réutilisables. « Avec un masque chirurgical, disons à 60 centimes d’euro, le budget pour une famille de quatre personnes peut s’élever à plus de 200 euros par mois », estime le président de l’UFC-Que choisir, Alain Bazot, qui réclame « une mise à disposition gratuite ou à vil prix » de ces masques dans les services publics, les écoles et les transports.

Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité

Cécile

Triste coïncidence : au moment même où nous évoquions ici la mémoire d’Henri Rol- Tanguy, à l’occasion du 75è anniversaire de la capitulation nazie de 1945, tombait la nouvelle de la disparition de Cécile Rol-Tanguy, à l’âge de 101 ans. Ci-dessous, l’hommage de Fabien Roussel. 

cécile rol tanguyCécile Rol-Tanguy était la mémoire de celles et ceux qui ont refusé la collaboration et ont combattu l’occupant nazi.

Le PCF perd une de ses grandes figures, une grande dame qui est restée engagée toute sa vie. A 101 ans, Cécile Rol-Tanguy nous quitte, entourée de sa famille, dans sa demeure de Monteaux  en Loir et Cher.

Avec elle disparaît une des dernières figures de la Résistance intérieure française et plus précisément de la Libération de Paris en août 1944.
Car Cécile Rol-Tanguy n’était pas que la femme du Colonel Rol Tanguy, présente à ses coté le 25 aout 1944 pour obtenir l’acte de reddition du général Von Sholtitz.

C’était aussi une militante de la paix, de la liberté, des droits des femmes s’opposant à toutes les formes d’intolérance.
Médaillée de la Résistance, Grand-Croix de l’Ordre national du Mérite, Grand Officier de la Légion d’Honneur, elle a mené de nombreuses batailles tout au long de sa vie. Elle était une femme d’écoute et d’échanges, jamais d’idées imposées.

Cécile Rol-Tanguy, née Marguerite Le Bihan le 10 avril 1919 à Royan, est la fille de François Le Bihan, syndicaliste, cofondateur du Parti communiste français (PCF), qui sera déporté à Auschwitz dans le convoi des 45000, et de Germaine Jaganet.

En 1936, elle s’engage au syndicat des métaux CGT d’Île-de-France. En 38 elle adhère au PCF. Elle milite à l’Union des Jeunes Filles de France et participe en même temps activement aux Comités d’aide à l’Espagne Républicaine, pour soutenir les Brigades internationales combattant le franquisme en Espagne.

Puis la guerre arrive. Dés le mois de juillet 1940, elle s’engage dans la Résistance et entre dans la clandestinité. Henri, son mari qu’elle a épousé un an plus tôt, la rejoint à Paris. Elle devient agent de liaison et il lui arrive de cacher des armes dans le landau de ses enfants.

Elle tape des tracts, des journaux syndicaux et autres documents illégaux de la CGT interdite et travaille pour les avocats communistes qui défendent les premiers emprisonnés du régime de Vichy.

C’est aussi, elle, qui va aider le Colonel Rol-Tanguy à rédiger l’appel à l’insurrection des Parisiens. Les combats victorieux de la Résistance parisienne amènent la Libération de la capitale le 25 août 1944.

Toute sa vie, elle a tenu à faire vivre la mémoire de la Résistance, celle de ses ami-es et camarades mort-es au combat.

Avec Lucie et Raymond Aubrac, Cécile et Henri Rol-Tanguy resteront comme les deux couples symboles de la Résistance intérieure française.

Ils auront été pour de nombreux communistes l’incarnation de la Résistance, la mémoire de celles et ceux qui ont refusé la collaboration et ont combattu l’occupant nazi. Cécile Rol Tanguy a instruit de nombreux militants et formé des dirigeants de notre parti. Jamais nous l’oublierons.

Tous les communistes de France sont tristes aujourd’hui. En leur nom, je tiens à adresser toute mon amitié à ses enfants, Hélène, Claire, Jean et Francis, sa famille, ses petits-enfants, ses arrière-petits-enfants.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord

Confinés mais pas démotivés !

La Fête du Travail et journée internationale des Travailleurs confinés mais pas démotivés

Un mot d’histoire

muguet 2020-11La Fête du Travail et journée internationale des Travailleurs telle qu’elle est célébrée de nos jours tire son origine des combats du mouvement ouvrier pour obtenir la journée de huit heures, à la fin du XIXe siècle.

Aux États-Unis, au cours de leur congrès de 1884, les syndicats américains se donnent deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils choisissent de lancer leur action le 1er mai, date du moving day parce que beaucoup d’entreprises américaines entament ce jour-là leur année comptable, et que les contrats ont leur terme ce jour-là, l’ouvrier devant déménager (d’où le terme de moving day) pour retrouver du travail. La grève générale du 1er mai 1886, impulsée par les anarchistes, est largement suivie. Ils sont environ 340 000 dans tout le pays.

À Chicago, la grève se prolonge dans certaines entreprises, et le 3 mai 1886, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester.

Le lendemain a lieu une marche de protestation et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers.muguet 2020-12

C’est alors qu’une bombe explose devant les forces de l’ordre. Elle fait un mort dans les rangs de la police. Sept autres policiers sont tués dans la bagarre qui s’ensuit. À la suite de cet attentat, cinq syndicalistes anarchistes sont condamnés à mort (Albert Parsons, Adolph Fischer, George Engel, August Spies et Louis Lingg) ; quatre seront pendus le vendredi 11 novembre 1887 (connu depuis comme Black Friday ou « vendredi noir ») malgré l’inexistence de preuves, le dernier (Louis Lingg) s’étant suicidé dans sa cellule. Trois autres sont condamnés à perpétuité. Lors du procès, le procureur Julius Grinnel déclare dans sa plaidoirie :

muguet 2020-13« Nous savons que ces huit hommes ne sont pas plus coupables que les milliers de personnes qui les suivaient, mais ils ont été choisis parce qu’ils sont des meneurs ; Messieurs du jury, faites d’eux un exemple, faites-les pendre, et vous sauverez nos institutions et notre société. »

En France :

En France, la loi no 46-828 du 26 avril 1946 fait du 1er mai 1946 un jour chômé et payé.

En avril 1947, sur proposition du député socialiste Daniel Mayer et avec le soutien du ministre communiste du Travail Ambroise Croizat, le 1er mai est réinstitué jour chômé et payé dans le code du travail, sans être une fête nationale (mais il n’est pas officiellement désigné comme fête du Travail). La loi no 48-746 du 29 avril 1948 fait du 1re mai un jour férié et chômé mais payé.

Ce n’est que le 29 avril 1948 qu’est officialisée la dénomination « fête du Travail » pour le 1er mai.

muguet 2020-14Aujourd’hui…

La déclaration du Président de la République a confirmé que nous serons toujours confinés le 1er mai.

L’activité traditionnelle du PCF lors du 1er mai est d’une grande importance politique et financière. L’enjeu politique est d’autant plus fort cette année que les droits des travailleurs.euses sont particulièrement attaqués par le pouvoir et le patronat dans cette période inédite de crise sanitaire et économique.

Pour rester dans des conditions les plus proches de ce que nous avions l’habitude de vivre, nous offrons ces quelques photos des ventes des années précédentes du muguet à Saint Gratien.

N’hésitez pas les relayer auprès de vos camarades et de vos ami-e-s pour que le plus grand nombre puisse avoir droit à son brin de bonheur en ces temps si particuliers et nécessitant solidarité, partage et humanité.muguet 2020-19

Une souscription est ouverte par voie postale au 9 rue d’Eaubonne (ou à déposer directement dans la boite aux lettres). L’argent collecté servira à financer les activités du PCF sur la commune (lettre des élu-e-s, photocopie, édition de matériel de communication, abonnement du blog sur sa plateforme, réservation de salles, etc.).

N’hésitez pas à partager à l’adresse de ce blog vos photos de brins de muguets, elles seront publiées.

S.B.

1er mai 2020

En fin de billet, notre concours « masqué.e.s pas muselé.e.s » continue !

Merci de vos photos !

muguet 2020

1er mai : ce n’est pas la fête du travail, mais la fête des droits des travailleurs ! Depuis 1890, cette date donne lieu à des manifestations pour les droits des salariés et marque la solidarité internationale aux quatre coins du monde. Et depuis des dizaines d’années, les communistes de Saint Gratien vous proposent leur muguet !

Cette année, rien ne sera comme d’habitude..muguet 2018 3

En 2020, c’est un 1er mai confiné, sans manifs ni vente militante de muguet ! Et pourtant, rarement le rôle des travailleurs et leur place dans notre société auront été autant visibles. Que ferions-nous, que serions-nous sans les vendeuses et caissières, sans les agriculteurs, sans les éboueurs, sans les livreurs, postiers, policiers… et bien sûr sans les travailleurs de la santé, médecins, infirmières, aides-soignantes ? Ce 1er Mai 2020 est sous le sceau de la crise sanitaire qui frappe le monde. Il révèle avec beaucoup de violence les inégalités, l’exploitation, la spoliation des droits des salariés… dans notre pays et à travers toute la planète.  

Certes, nous ne pouvons pas nous retrouver dans la rue, sur les trottoirs, au porte-à-porte,  pour manifester, mais nous pouvons continuer à utiliser les réseaux sociaux, les balcons… pour le faire.

Et plus que jamais, même virtuel, le brin de muguet, symbole de lutte, d’espoir, de bonheur, est d’actualité. Vous pouvez contribuer à la souscription exceptionnelle du 1er mai, pour permettre au PCF de mener ses actions, d’avancer ses propositions, tout au long de l’année.  

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Voici le programme du PCF pour ce 1er mai 2020. Avec le slogan «  MASQUÉ.E.S PAS MUSELÉ.E.S ! », dans les conditions spéciales du confinement et de la lutte contre le COVID-19, le PCF se mobilise pour défendre les droits des travailleurs et faire entendre la voix des salariés dans le pays. 

À cet effet, le PCF organise une série d’initiatives :

Jeudi 30 avril

17h30 : Table ronde en direct sur la page facebook du PCF : 1er mai, masqué.e.s mais pas muselé.e.s !

Avec Fabien Roussel, secrétaire national du PCF ; Delphine Bithorel, ouvrière – représentante CGT ; Christophe Prudhommme, médecin, porte-parole de l’association des médecins urgentistes de France

Vendredi 1er mai 

Campagne de vente du muguet virtuel du PCF 

– Livraison de muguet aux personnels soignants

– Lancement de la mobilisation #MasquésPasMuselés 

Nous invitons l’ensemble des citoyen.ne.s à exprimer leurs revendications en utilisant le hashtag #MasquésPasMuselés et en affichant celles-ci sur les réseaux sociaux (Facebook, twitter, instagram…)

Banderoles à vos fenêtres, manifestations chez vous, slogans sous forme de selfies. On compte sur votre inventivité ! 

– Prise de parole de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, à 18 heures, à retrouver sur la page Facebook et le compte Youtube du PCF

Pour notre part, nous participons au concours « MASQUÉ.E.S PAS MUSELÉ.E.S » ! Nos premières productions ci-dessous ! Envoyez-nous les vôtres !

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