Angers, université 2018 du PCF (3)

Suite et fin de notre série d’articles sur l’université d’été du PCF

Angers 2018, Université d’été 2018, aperçus :

– Éclectisme des formes des ateliers ou formats d’interventions :

Seul :

Ou bien à deux, en binôme :

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Seul, mais occupant tout l’espace comme trois :

Richard Lopez, médecin, ex-président de la Fédération Nationale des CDS

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Parfois entourée d’une brochette de députés :

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Dans le cadre de speed datings :

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– Éclectisme des fonctions du président de l’université, Guillaume Roubaud-Quaschie :

Conducteur d’intervenant :

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Chauffeur de salle :

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Mais aussi conducteur de navettes, goûteur de plats, discourant lors de l’ouverture de l’Université d’été, etc., etc. …

– Éclectisme dans l’expression de la concentration des esprits lors des ateliers : 

Patrick Coulon, animateur de débat et intervenant…

UE 2018-35UE 2018-36UE 2018-37UE 2018-38

Pas d’université sans livres :

UE 2018-39

Pas d’université sans restaurant universitaire :

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S.B.

Angers, université 2018 du PCF (2)

Suite de notre série d’articles consacrés à l’université d’été du PCF

Angers, Université d’été 2018, aperçus :

La bataille parlementaire des communistes un an après, avec 6 des 11 députés du groupe à l’Assemblée Nationale.

Question clé : malgré le dense travail du groupe des élus, pourquoi une si faible exposition médiatique ? Quelle est la nature des difficultés en matière de communication des initiatives du groupe ?

Pierre Dharréville revient sur les points de presse hebdomadaires du groupe, menés par les 3 portes parole : Elsa Faucillon ; Sébastien Jumel et Lui-même, qui ont permis petit à petit à mieux identifier le travail du groupe au niveau des médias. Il revient aussi sur le travail de fond du groupe, condition a un traitement dans les médias. « Nous aussi on sait faire des sketches. Mais on a fait le choix de travailler le fond des dossiers ».

Elsa Faucillon souligne un problème culturel à dépasser. Souvent, par légitimité, dans les agendas des dirigeants du PCF étaient privilégiés des réunions de travail ou des réunions points vignettes plutôt que des interviews avec les médias, dont la portée était sous-estimée. On a appris à se faire remplacer et nouer des relations de confiance avec des médias.

Il est fait état des « fulgurances » médiatiques de Fabien Roussel, comme son intervention sur l’évasion fiscale à la tribune de l’AN, où il a pointé la montée au paradis de Johnny Hallyday et la mise au vert de son patrimoine en Uruguay, autre paradis… fiscal.

Faire l’événement et faire l’actualité. Un bon moyen pour passer dans les médias.   

 Comment faire reculer les déserts médicaux ? Une solution : les centres de santé, avec Philippe Lopez, ancien président de la Fédération nationale des centres de santé.

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Les problématiques de santé et de prévention deviennent un objet consubstantiel des réflexions et pratiques des élus locaux faute d’une politique nationale de santé qui a conduit à la désertification médicale. L’opposition farouche de la médecine libérale par rapport aux médecins salariés et à la création de CDS, fait que des élus de toute tendance poussent maintenant à la création de CDS. Je dis bien de CDS.

Car beaucoup de collectivités locales se sont dits : on va faire une « maison médicale » et on va faire venir des médecins, voire on va faire venir des médecins de l’étranger, pour contourner le numérus clausus en France. Ceux-ci quittent leur pays pensant gagner de l’argent. Or, dans les 2 cas, quand un projet se développe sur un projet « immobilier » pour ne pas dire financier, cela court à l’échec. Statistiquement la greffe ne prend pas.

A contrario, les CDS eux n’ont pas de problème pour recruter des professionnels. Je prends le cas de la Saône et Loire : l’objectif des élus était de mailler tout leur territoire. Toutes les mesures jusque-là essayées n’ont pas permis d’installer des médecins libéraux. En l’espace de 9 mois, 25 médecins  ont dit oui à des projets de CDS.

La recette, s’il y en a une : les habitants doivent participer à la réflexion du projet de santé sur le territoire. Au final, l’offre de service que va apporter le CDS doit correspondre aux besoins de la population du bassin. Un territoire jeune, avec beaucoup d’enfants n’a pas les même besoins qu’un territoire vieillissant. On ne met pas les mêmes compétences.

Il y a besoin du rôle de la population et des collectifs citoyens : ils vont guider et accompagner le montage d’un CDS. Aujourd’hui, les CDS qui ouvrent sont le résultat d’histoires portées par des équipes en vue des municipales 2013/2014. Cela arrive à maturation.

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Urgence biodiversité, avec Alain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et Alain Pagano Commission Écologie du PCF

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Alain Pagano : on est aujourd’hui, depuis l’histoire de la vie sur terre, à la 6ième crise d’extinction de la biodiversité. Celle-ci est à 100% en grande partie liée à l’action de l’homme. 

On peut être très inquiet. C’est du réseau alimentaire dont il s’agit. Il y a des ruptures dans la chaine alimentaire. Il y a problème parce que l’espèce qui a disparu nourrissait une autre espèce…. Quand une brique est enlevée, c’est tout le mur et l’humanité qui est menacée.

Pourquoi préserver la biodiversité ?

Alain Bougrain-Dubourg :

Quelques chiffres, sur terre, il a été calculé que 67% du tonnage des mammifères vivant sur terre c’est du bétail. 30%, c’est des humains. Et 3% du tonnage des mammifères, c’est le reste des animaux.

Voilà ce qu’on a fait de la planète. Il ne s’agit pas de rééquilibrer. Mais de prendre conscience des dangers qui nous guettent.

Prenons la chasse : j’ai moi-même chassé quand j’étais jeune. L’homme, dans l’histoire a chassé pour manger. Aujourd’hui, la chasse, c’est un loisir. On tue des animaux pour tuer. A ce jour, une soixantaines d’espèces d’oiseaux sont chassables en France. Contre en moyenne 14 espèces en Europe. Or, sur cette liste de 60 oiseaux chassables en France, il y a 20 espèces comme le courlis cendré, qui sont inscrites sur la liste rouge des espèces menacées de disparition et qui sont sur la liste rouge de l’Union internationale de conservation de la nature.

A titre d’exemple, la tourterelle des bois a perdu 80 % de sa population.

Par rapport au projet de gouvernement sur la chasse*, qui contient comme aberration par rapport à ces enjeux, une baisse du prix du permis de chasse, et la prolongation de la chasse de l’oie sauvage, le courlis cendré, au-delà du mois de janvier, sur février donc, alors que l’animal débute sa phase de reproduction, je demande avec la LPO l’arrêt de tirer les espèces à l’agonie.

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Alain Pagano : Comment se fait-il que le changement climatique ait réveillé les consciences et que l’appauvrissement de la biodiversité, non ?

Alain Bougrain-Dubourg : On ressent le changement climatique. On voit les effets du changement dans les carottages… etc.

On a des réponses potentielles avec : covoiturage, isolation thermique, etc. chacun peut trouver des solutions potentielles changement climatique.

Concernant la biodiversité,  on ne perçoit même pas le déclin. Quel est l’impact de la suppression de telles espèces… on n’est même pas au courant ! On est dans une société où tout ce qui n’est pas utile est inintéressant…. Voire est nuisible…

Il y a une non identification du déclin de la diversité. Et quand cela est malgré tout perçu, dans le cas des abeilles par exemple, on se retourne auprès de l’état. Car il existe peu de moyens individuels pour faire reculer ce fléau. Or, on peut être inquiet pour l’avenir du vivant. Et face à cette indifférence vis-à-vis du déclin du vivant. On ne pourra s’en exonérer.

Il y a un très grand retard sur cette question.

Si le PCF s’affiche sur les questions de biodiversité, il peut surprendre : 1) c’est une question qui traverse la société. 2) Cela va étonner, car c’est un thème qu’il n’a pas abordé comme tel jusque-là.

Remarque de la salle : C’est comme avec Notre Dame des Landes. On a beaucoup à apprendre, nous communistes par rapport à ces types de mouvements. Il ne faut négliger aucune forme d’actions, pour apporter notre propre soutien mais aussi nos propres réflexions à ces mouvements sur ces questions-là. On a une place importante à reconquérir et à investir. Il faut l’affirmer au plus haut niveau de la direction du PCF.

* E. Macron a donné son accord pour que le prix du permis national de chasse soit divisé par deux.

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À suivre…

S.B.

Angers, université 2018 du PCF

Suite de notre série d’articles sur l’édition 2018 de l’université d’été du PCF

Angers, Université d’été 2018, aperçus :

Un moment intense pour s’informer, se former, échanger, rencontrer.

UE 2018-14

En un mot de l’éclectisme :

– Éclectisme des thèmes des ateliers

Nous concernant, nous avons plus particulièrement suivi :

Antisémitisme : de la Pologne du XX ième siècle à l’Europe contemporaine avec Valère Staraselski, écrivain

Dans le prolongement de son livre « Le parlement des cigognes », il fait écho au devoir de mémoire concernant le sort des juifs de Pologne sous la botte nazie.

UE 2018-15

Après un rappel historique de la naissance de l’antisémitisme, dans des références aux textes religieux chrétiens, est abordée l’histoire contemporaine.

Aux Juifs, les nazis disaient ne rien vouloir prendre : seulement la vie. Et ils déployèrent des trésors d’horreur imaginative pour massacrer des dizaines de milliers de civils parfaitement innocents. Avec la participation, résignée ou enthousiaste de nombreux Polonais catholiques.

Le devoir de mémoire est d’autant plus difficile à accomplir que les assassins ont fait disparaître toutes les traces de leurs crimes : les cimetières juifs avec leurs pierres tombales qui leur servirent à construire des routes, les ultimes témoins de 1945. Les Polonais « de souche » leur prêtèrent main forte par peur des représailles : il fallait tuer les Juifs pour ne pas être tués par eux après la victoire des alliés. Tous ces Polonais se connaissaient : un habitant de Cracovie sur quatre était juif. Un Juif dénoncé rapportait un kilo de sucre.

Il est rappelé, que dans l’époque la plus récente, des historiens polonais ont écrit que chasser les juifs s’expliquait aussi parce que les bolchéviques russes comme les communistes polonais comprenaient beaucoup de juifs, et que finalement l’antisémitisme avait été le reflet d’un combat contre les communistes. Ce qui est faux historiquement puisque, l’antisémitisme s’est poursuivi en Pologne ensuite, sous d’autres formes, sous le régime communiste…

Il est aussi question dans le débat avec Valère Staraselski du récent projet de loi en Pologne – révisé depuis, puisque une peine de prison n’est plus prévue -, motivé par la volonté de lutter contre l’emploi – abusif et erroné – de l’expression « camps de la mort polonais » pour désigner les camps d’extermination construits par les nazis pendant la deuxième guerre mondiale sur le territoire de la Pologne occupée.

UE 2018-16

Après le plan Borloo sur les banlieues, quelle égalité des territoires dans la République ? Avec Philippe Rio, maire de Grigny.

Philippe Rio est revenu sur l’appel de Grigny. Sur la genèse du plan Borloo et la fin de non-recevoir que le plan Borloo a reçu de la part d’Emmanuel Macron.

Il a rappelé « l’été meurtrier » de 2017 et sa triple peine : 5% de baisse pour les APL, la suppression des contrats aidés qui ont provoqué la mort d’associations : « le plus grand plan social qu’a connu la France, a été celui du monde associatif. Et la baisse des crédits à la politique de la ville.

A partir de cela il y a eu une convergence du monde associatif et du monde politique et il y a eu l’appel de Grigny, qui est arrivé comme cela, un peu par hasard. Grigny a accueilli plus de 1000 personnes pour réfléchir sur les moyens de s’en sortir, et pas que pleurer sur notre sort. 1000 personnes drainés par des mouvements comme Bleu, blanc, zep, Villes et banlieues, Villes moyennes de France.

Dax, Aurillac, Périgueux ont aussi des quartiers populaires. On était tous sur le même diagnostic : la fracture urbaine s’enkyste aussi en province. Il s’est agi d’un mouvement transpartisan, trans géographique, pour dire que dans ces territoires : il y a des solutions !. Malgré ces inégalités, il y a des parcours extraordinaires, des solidarités, des choses magiques.

Malgré la fraîcheur par laquelle  le plan Borloo a été reçu par l’Élysée, on a marqué des points :

1) D’abord dans les têtes : Comment rétablir l’égalité ? Pas avec un petit ministère avec ses 1% de budget. Même diagnostic pour la politique du logement en France.

2) Pour la première fois, sous l’égide de Jean Louis Borloo, qui a mis à notre disposition sa légitimité d’ancien élu municipal (être maire de Valenciennes n’est pas une partie de plaisir) et son carnet d’adresses d’ancien ministre, on a pu prendre la température « pour de vrai » de ce qui se noue :  le phénomène de décrochage social et communautaire qui se met à l’œuvre.

3) Nous avons été beaucoup été médiatisés. Les quartiers populaires ont été souvent invités sur les plateaux TV… non pas parce qu’il y avait des émeutes… non pas pas pour dire « il est où le Molenbeck à la Française ».

À partir du moment où l’on dépasse les identités des partis, cela interpelle, à la fois la classe politique d’en haut, et les médias. BFM TV, par exemple, n’avait pas de relais sur le terrain pour expliquer le fonctionnement des banlieues et les bons fonctionnements à l’œuvre dans une équipe municipale de banlieue. Ils sont venus nous voir. Il y a eu une remise en cause des médias. Nous avons été fièrement et dignement respectés dans la presse et les médias. Pour une fois on a eu des débats justes sur nos banlieues. Cela n’avait jamais existé auparavant.

Alors malgré une partie conclusive décevante dans ses prises de décisions, j’aime à rappeler comme l’a écrit Jean Ziegler que « les murs les plus puissants tombent par leur fissures ». Tous ensemble nous avons commencé à faire des trous dans le mur pour que se fissure l’idée que beaucoup de choses ont été essayées et que rien n’est possible en banlieue.

S.B.

À suivre…

À l’université…

La suite de nos impressions sur l’Université d’été du PCF, édition 2018…

L’Université d’été du PCF, vue par une participante

Angers – 24 au 26 août 2018

Après deux participations à l’université d’été du PCF en 2014 et 2015 aux Karellis en Savoie, j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver cette année les ateliers de l’université, mais cette fois-ci à Angers.

Je tiens à remercier la fédération du Val-d’Oise qui m’a permis de partager ces journées de réflexion et de formation politique avec des camarades de la section de Saint-Gratien et de sections voisines.

Nous avons été accueillis par la fédération du Val-de-Loire, qui a tout mis en œuvre pour rendre ces journées de rencontres politiques très fraternelles.

Je tiens à saluer la haute performance des organisateurs de l’université d’été quant à la prise en charge de l’hébergement et de la restauration sur le site.

La soirée du samedi 25 août, après la grande marche des services publics, a ravi l’ensemble des camarades !

La manifestation des communistes présents, de la fac à l’hôpital d’Angers, a suscité la curiosité de nos amis angevins en ce dernier week-end d’août ! Il s’agissait de soutenir les salariés de l’hôpital affectés par la perte d’une centaine d’emplois. Un meeting a clôturé cette marche, avec Cathy Apourceau-Poly (sénatrice PCF du Pas-de-Calais) et Ian Brossat (chef de file PCF pour les élections européennes de 2019).

Un choix considérable d’ateliers était proposé du vendredi midi au dimanche midi. Les intervenants comptaient parmi eux des élus, des militants associatifs, des syndicalistes, des philosophes ou des professeurs.

La librairie Diderot militante et engagée, basée à Nîmes, et les Éditions Rue du Monde, animaient les temps informels de l’université.

Pour ma part, j’ai concentré toute mon attention sur des ateliers qui traitaient de l’Europe et de l’antiracisme. Ces deux sujets me paraissent majeurs pour envisager la paix dans le monde.

La diversité des thèmes adoptés ainsi que l’analyse de l’actualité nationale et internationale constituent une véritable formation intellectuelle et politique pour les participants.

Dans un premier atelier le vendredi après-midi, Francis Wurtz, député européen honoraire (PCF), a dressé un état des lieux de la crise existentielle qui menace l’existence même de l’Union Européenne.

Nous traversons une crise de confiance des citoyens vis à vis des institutions européennes. Le Brexit représente pour l’U.E. un grave échec politique sans précédent.

D’autre part, la politique migratoire a conduit l’U.E. à un naufrage moral. Il s’agit d’un déni de droit moral ; en témoignent les camps et la protection militarisée des frontières.

En Italie, l’alliance de Salvini avec la Ligue – parti fasciste, raciste et xénophobe – illustre bien le manque de confiance des citoyens italiens, pourtant très européistes au moment de la construction de l’U.E.

La Grèce, bien que sortie des griffes de la Troïka, subit toujours la crise et reste sous surveillance rapprochée, puisque 5 milliards d’euros d’économies lui seront demandées sur les deux années à venir.

La tare rédhibitoire de l’U.E. réside dans la priorité donnée au marché, c’est à dire dans la soumission aux investisseurs sur les marchés financiers.

Le Conseil des ministres européen exerce une coercition sur chaque pays membre.

Rappelons que le PCF a été le seul parti politique à combattre les traités européens en disant non à l’Europe libérale et oui à l’Europe sociale.

Est-ce que sortir de l’U.E. règlerait le problème des politiques néolibérales au vu des interdépendances considérables dans la zone euro ? Le chacun pour soi progresse et la solidarité recule. La nécessité absolue de rassembler s’impose pour construire sur le plan national, européen et international.

L’U.E. doit protéger contre les effets pervers de la mondialisation, afin de la réguler, de l’humaniser pour en changer les règles.

La bataille se mènera au jour le jour.

Un peu en marge des deux thèmes de l’Europe et de l’antiracisme, j’ai assisté à l’atelier animé par Bernard Thibault qui présentait son livre : « La troisième guerre sera mondiale ». Pendant plusieurs décennies, le « progrès social » s’est illustré par une avancée des droits, des libertés et des conditions matérielles pour les travailleurs ; ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Dans un autre atelier, Pierre Barbencey, grand reporter à « L’Humanité », a présenté un exposé sur ce qu’il nomme la loi d’apartheid en Israël. Il dénonce la politique de Benyamin Netanyahou qui consiste à renforcer la colonisation du peuple palestinien.

Dans une autre conférence, Maryse Tripier, sociologue et professeur émérite à l’université Paris 7, défend le droit à la mobilité et souligne l’inégalité du droit de bouger à cause de l’obligation de visa.

Plus concrètement, Maryse Poulain, syndicaliste à la CGT, et Élie Jousselin, secrétaire de la section PCF du Xème arrondissement de Paris, ont décrit la lutte victorieuse des coiffeuses sans-papiers du boulevard de Strasbourg.

Deux camarades du Val-d’Oise, Isabelle Volat et Stéphane Bauer, à la fois élus et co-secrétaires de la section de Saint-Gratien, ont tenu un atelier sur le coût du capital et sur les conséquences désastreuses des « emprunts toxiques ». Nous les remercions pour leur exposé richement documenté.

En conclusion, chaque année, l’université d’été du PCF constitue un temps de réflexion et de formation continue pour les communistes.

Tous ces moments d’échanges entre élus, syndicalistes, militants associatifs, professeurs et citoyens engagés encouragent et justifient notre action politique.

F. L. ; Saint-Gratien, 23 septembre 2018

Mille cocos

Voici une série d’articles relatant nos journées à l’université d’été du PCF, fin août 2018 à Angers. Ils étaient parus sur notre ancienne plate-forme. Nos lecteurs nous les réclament, nous les remettons donc en ligne.

Mille cocos réunis pendant trois jours pour débattre, apprendre, manifester, construire, réfléchir, échanger, se cultiver, rêver… la plupart des médias ont choisi de l’ignorer. En voici nos modestes échos.

Mais où rencontrer six députés, et quelques députés honoraires, une poignée de sénateurs, trois députés européens, une foule d’élus locaux, des sans-papiers, des cheminots en lutte, des poètes, des philosophes, des géographes, des historiens, des journalistes, des artistes, des écrivains, des économistes, des militants ?

Pour la troisième année consécutive, c’est sur le campus de l’université d’Angers que le PCF tient son université d’été. Un séminaire clos dans ce cadre tout empreint de la douceur angevine ? Pas du tout ! Au-delà des multiples ateliers dont les thèmes sont ouverts sur le monde, les communistes avaient cette année choisi de sortir des murs du campus. Ils ont traversé samedi la belle ville d’Angers en un long cortège, de la fac au CHU, en passant devant divers services publics menacés : poste, ehpad, école, crèche, pour finir devant l’hôpital de la ville où 100 postes de soignants sont menacés. Meeting en plein air avec députés et chef de file aux élections européennes, chaîne humaine sur le pont qui enjambe la Maine, et pour finir un grand repas partagé dans la splendide salle Saint Jean,  anciens greniers à grains. Luttes sociales de la rentrée face aux nouvelles macroneries, (« Un pas en avant, trois siècles en arrière, c’est la ­politique du gouvernement »), prochaines élections européennes étaient évidemment sur le devant de la scène. C’est Ian Brossat, chef de file du PCF pour ce scrutin qui conclura le rassemblement, en appelant à une « Europe qui défend le monde du travail et le pouvoir d’achat, le service public en mettant un terme aux directives de privatisation » ou encore une Europe « du partage des richesses et d’une autre utilisation de l’argent »… En somme, une « Europe de l’humain d’abord et pas de la finance ». Face à la montée de l’extrême droite sur le continent, l’accueil des réfugiés est aussi au centre des préoccupations des communistes. « Nous ne serons pas les candidats des premiers de cordée. Nous serons les candidats de ceux qui fabriquent les cordes ! » a conclu Ian Brossat.

L’université d’été du PCF, c’est un rendez-vous combatif ouvert sur les mobilisations, loin d’un séminaire à huis clos. Ce qui ne l’empêche pas, loin de là, d’être aussi un riche moment de réflexion.

Une centaine d’ateliers étaient proposés sur les trois jours aux mille participants, venus de 70 départements. Si l’anniversaire de mai 68 et le bicentenaire de la naissance de Marx, ainsi que les échéances européennes, étaient à l’honneur parmi les thèmes, c’est comme chaque année, une grande diversité de sujets qui étaient offerts : politiques, scientifiques, culturels, sociétaux, internationaux… De François Villon à Louis Althusser et Martha Desrumeaux, des lois d’apartheid en Israël au terrorisme djihadiste, des textes préparatoires au Congrès du PCF à la bataille des parlementaires communistes, des déserts médicaux à la situation des collectivités territoriales, de Parcours sup à la loi Élan, de l’urgence pour la biodiversité, de l’âge de la Terre à la génétique, des luttes des sans-papiers à la bataille des cheminots…. Un vaste choix, souvent difficile ! Pour la première fois, nous sommes passés de l’autre côté de la barrière et animé nous aussi un atelier : « coût du capital, face aux emprunts toxiques ». On y reviendra, ainsi que sur ce si riche week-end angevin. Quelques photos pour donner une idée à ceux qui n’ont pu participer. 

I. V. ; août 2018

À suivre…

Fin de règne

Après le remaniement ministériel, statu quo au Gouvernement des riches

ChassaignePar André Chassaigne, Président du groupe GDR à l’Assemblée nationale

À peine plus d’un an après l’accession au pouvoir du président Macron, le quinquennat est englué dans un profond marasme, dans lequel nous ont plongés les valeurs néolibérales qui guident sa politique inégalitaire.

Une réalité qui éclate au grand jour, comme la rupture entre une majorité de Français et un président monarque profondément déphasé, désormais abandonné jusque par les siens. La manière dont ses propres ministres d’État en charge de l’écologie et de l’intérieur ont quitté le navire gouvernemental en dit long sur l’esprit de fin de règne qui s’est d’ores et déjà installé en ce début de quinquennat. L’impuissance frappe déjà celui qui se rêvait en Jupiter.

L’ordre du jour est désormais le suivant : sauver les apparences et être dans le déni. Mine de rien, droits dans leurs bottes, les deux têtes de l’exécutif font montre d’un dogmatisme qui dévoile les idéologues en chef qu’ils sont. Le néolibéralisme est leur religion et ils n’ont pas l’intention d’entreprendre une quelconque démarche de déradicalisation.

La décision de ne pas nommer un nouveau gouvernement et de ne pas procéder à une déclaration de politique générale traduit cette volonté de continuité. Dictée par les riches et pour les riches, la feuille de route du « gouvernement Philippe 2 bis » est destinée à poursuivre une politique régressive sur le plan social, écologique et démocratique.

Ainsi, en recevant le trophée dit de « champion de la Terre », le président Macron confirme son titre de « champion de la mystification » en matière de politique environnementale. Ce titre-là, c’est son propre ministre de la Transition écologique qui le lui a implicitement décerné lors de sa démission en signe de camouflet. Dans un aveu saisissant, la gorge serrée, Nicolas Hulot avait reconnu qu’il se sentait « seul » au gouvernement pour lutter contre « la tragédie climatique ».

Les forces de l’argent et des lobbies ont raison de toute action à la hauteur des enjeux du réchauffement climatique et de la sauvegarde de notre environnement. Elles bloquent tout plan d’action d’urgence globale pour répondre au défi de notre siècle.

Si le président Macron a abandonné le front de la lutte contre le réchauffement climatique, il est un front où il est bien présent et actif : celui de la défense des plus fortunés.

Il en a gagné un autre titre : celui de président des riches et des très riches, symbolisé par une série de choix fiscaux toujours aussi injustes : remplacement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par un impôt sur la fortune immobilière (IFI) limité aux seuls biens immobiliers ; création d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU) au taux uniforme de 30 % sur les revenus du capital… ! Selon une étude publiée en janvier 2018 par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), les 5 % de ménages les plus aisés devraient capter 42 % des gains à venir des mesures socio-fiscales du gouvernement d’ici à la fin 2019. Et c’est pour le 1 % des plus aisés que l’amélioration s’avère même la plus importante ! La première année du quinquennat a donc consisté à concentrer le gain fiscal pour les plus riches des riches…

À l’inverse, son gouvernement, le gouvernement des riches, n’a cessé de mener une politique antisociale d’une violence inouïe à l’encontre des salariés, des personnes privées d’emploi, des retraités, des jeunes…

Une violence sociale et un mépris de classe qui transparaissent clairement des nombreuses images de face-à-face entre le président et nos concitoyens, les renvoyant au rang des privilégiés. Une politique dont l’ambition est de détruire notre modèle de protection sociale, comme l’atteste le premier bilan des « ordonnances travail », synonymes de facilitation des licenciements, d’affaiblissement des organisations syndicales et de dérégulation au service de la précarisation du monde du travail. Ou bien encore la hausse injuste de CSG pour les retraités, le gel de leurs pensions, les coups de rabot sur les APL et les allocations familiales. L’objectif est clair : faire une société de « débrouillards » tout en substituant à notre modèle social un système d’assistance pour les plus indigents.

Enfin, la crise sociale entretenue par l’action gouvernementale se conjugue avec une profonde crise démocratique. La célébration du 60e anniversaire de la Ve République n’a trompé personne. Les apologistes du régime soulignent la longévité/solidité de ses institutions, pour mieux ignorer la faible adhésion populaire à ce système.

L’esprit de fin de règne qui souffle actuellement ne concerne pas seulement la majorité au pouvoir : c’est le régime lui-même qui est démonétisé, décrédibilisé aux yeux de nos concitoyens. Si la foi dans la res publica demeure toujours prégnante, elle s’accompagne désormais d’un profond rejet de la pratique présidentialiste du pouvoir, qui consiste à la fois à concentrer le pouvoir à l’Élysée, à neutraliser le Parlement et à s’appuyer sur une technocratie acquise aux dogmes du néolibéralisme et soumise au marché.

En cela, la présidence Macron marque l’avènement d’une « technocrature » foncièrement antidémocratique, animée par la volonté de satisfaire une extrême minorité de nantis, plutôt que par le sens de l’État, du peuple et de l’intérêt général. C’est pourquoi nous plaidons en faveur d’un véritable débat constituant qui soit de nature à fonder une authentique République démocratique. Elle portera un nom : la VIe République.

Congrès malin !

Je ne résiste pas au plaisir de partager cette chronique de Francis Combes et Patricia Latour, parue dans l’Humanité de ce jour. En cette période de « Congrès » du côté des communistes, voici un peu de poésie -et d’humour- dont nous avons bien besoin.

Dans un poème écrit à l’occasion du XIe congrès du PCF, qui s’est tenu à Strasbourg du 25 au 28 juin 1947, Paul Éluard écrivait : « Ô Congrès mot malin mot innocent mot simple ».

Ce vers a peut-être intrigué quelques délégués et ils auraient eu raison. Éluard qualifiant le mot congrès de mot malin faisait en effet très certainement allusion au sens ancien que ce mot eut et qui désignait l’union sexuelle entre deux individus. Aujourd’hui ce sens est quasiment oublié, mais on le retrouve par exemple dans les traductions classiques du Kama-sutra qui évoquent les différentes formes possibles et parfois acrobatiques de « congrès ».

Il servit aussi à désigner, jusqu’au XVIe siècle, une épreuve judiciaire censée vérifier, devant témoins et magistrats, l’aptitude des époux à la « conjonction », et particulièrement l’impuissance ou non du mari… Cette coutume a finalement été abandonnée, car elle n’était guère fiable, les époux perdant parfois leurs moyens en public. Le mot vient bien sûr du latin « congressus », réunion. Au Moyen Âge, on disait « congriier » pour se rassembler. (Et « congréer », qui paraît proche mais avait une autre origine, signifiait « plaire »). Tout ceci est plutôt agréable… Le sens moderne s’est cependant affirmé assez tôt, au XVIIe siècle, déjà sous l’influence de l’anglais, « congress » venant lui-même de l’ancien français, pour désigner une rencontre, souvent diplomatique. On connaît ainsi le congrès de Westphalie, en 1648, qui mit fin à la guerre de Trente Ans entre nations catholiques et protestantes.

Évidemment, tout congrès (qu’il s’agisse d’un congrès d’amour ou d’un congrès politique) suppose « débat » (au sens ancien de se débattre, se battre, se disputer, soutenir des positions…). Mais avec la volonté de finir par s’unir.

Dans le mot congrès, le préfixe « con » ne se rapporte pas, contrairement à ce que le contexte pourrait laisser supposer, au sexe de la femme (et n’a évidemment pas le sens idiot qu’une insulte déplacée lui a donné par la suite) mais vient du latin « cum » : « avec », présent dans de nombreux mots français. Comme dans le mot « communiste ». L’étymologie de cet autre mot n’est pas mystérieuse mais on peut noter que la famille des mots proches est nombreuse. Toujours au Moyen Âge le mot « comune » désignait le peuple, « comunaille » la réunion et « comunal » ce qui se fait ensemble, se partage…

Ce poème d’Éluard appartient au recueil Poèmes politiques, où se mêlent amour et politique, le malheur du poète (suite à la mort de Nusch) et son effort pour aller vers les autres, « cherchant la vie la vie de tous ». Pour passer comme il le dit « de l’horizon d’un homme à l’horizon de tous ».

Pour mémoire, Francis Combes a été conseiller général du canton de Sannois/Saint Gratien de 1978 à 1985 et élu municipal de Saint Gratien de 1983 à 1989. Il a été l’un des fondateur des éditions Le Temps des Cerises. Il a dirigé cette maison d’édition pendant 18 ans (1993-2011), il a également présidé l’association des éditeurs indépendants, L’Autre livre pendant une dizaine d’années. Pendant quinze ans, il s’est occupé, avec le poète Gérard Cartier, de la campagne d’affichage poétique dans le métro… Homme d’engagement, il mène en même temps une importante activité en tant que poète. Il a publié une quinzaine de recueils, dont La Fabrique du bonheur, Cause commune, Le Cahier bleu de Chine ou La Clef du monde est dans l’entrée à gauche. Ses poèmes sont traduits en plusieurs langues et il traduit aussi plusieurs poètes étrangers (Heine, Brecht, Maïakovski, Attila Jozsef, des poètes américains…). Visitez son blog !