Tous masqués ?

La ville de Saint Gratien annonce distribuer des masques à ses habitants. De nombreuses collectivités se sont lancées dans cette démarche à l’approche du dé confinement. Il est certain que cet équipement va être nécessaire dans bien des cas pour assurer notre sécurité sanitaire. Mais à quel coût pour les familles ?

La distribution gratiennoise pose certaines questions et nous inspire des suggestions. Les voici ci-dessous dans un courrier que nous adressons au maire.

Monsieur le maire,

La ville a annoncé vouloir distribuer des masques aux Gratiennois.e.s, à raison de deux masques par boîte aux lettres, ainsi que l’envoi en priorité aux personnes âgées de plus de 70 ans, par envoi postal nominatif. La mise sous pli est effectuée par des élus de la majorité et des personnels municipaux.

Plusieurs remarques et suggestions à ce sujet.

Qu’en est-il des personnes les « plus fragiles » ? Celles-ci ne sont pas forcément celles de plus de 70 ans, selon le Professeur Delfraissy, président du Conseil Scientifique.

Pourquoi alors ne pas s’appuyer pour une distribution efficace sur le réseau des professionnels de santé en ville pour distribuer les masques aux personnes les plus exposées ? Médecins, infirmiers, sages-femmes, kinésithérapeutes, dentistes… connaissent au mieux les besoins des Gratiennois-e-s et les urgences.

D’autre part, nous voyons en ville des masques vendus à des prix  exorbitants : des masques à 7,5 € !

Ou bien une pénurie de masques dans certaines pharmacies de la ville et de longues files d’attente ces derniers jours encore.

Nous savons également que des volontaires s’organisent pour fabriquer bénévolement des masques en tissu, avec leur propre matériel, sur leurs fonds propres.

D’autre part, nous remarquons que les salariés du syndicat Émeraude sont loin d’être tous masqués lors du ramassage des déchets. N’auraient-ils pas bénéficié de la dotation de masques de la Région ? Ils sont pourtant directement exposés à une contamination par le virus. 

Tout ceci nous amène à quelques suggestions en matière de distribution de masques :

– Une intervention de la ville auprès du syndicat Émeraude afin que tous les personnels bénéficient des protections indispensables à leur sécurité sanitaire.  

– Une distribution à tous les Gratiennois-e-s de kit de  masques gratuits – comme c’est le cas dans d’autres villes du 95 : la distribution de 3 masques « grand public » à chaque Gratiennois s’élèverait approximativement à 183 000 €, soit moins de 0,7 % du budget communal[1] ;

– Une diffusion priorisée par le réseau du corps médical installé en ville ;

– Un arrêté municipal interdisant la vente de masques grand public à plus de 5 € (prix conseillé par l’État pour cette catégorie de masques) ;

– Un arrêté municipal fixant le prix de vente de masques chirurgicaux en pharmacie à 0,95 € max (prix fixé par l’État pour cette catégorie de masques);

– La mise en réseau de tous les volontaires en ville qui fabriquent des masques et la prise en charge de leurs frais par la municipalité.

Nous réitérons notre disponibilité et celle de nos réseaux pour participer à cette opération de solidarité de distribution de masques en ville.

Avec nos sentiments respectueux,

Isabelle Volat et Stéphane Bauer, conseiller-e municipal-e du groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »

[1] Sur la base de notre recensement sur la base d’exemples sur le site du CIDEFE, et d’un prix moyen de 2,91 €

Écoles : rouvrir ou pas ?

Dans de nombreuses villes, parents, enseignants, élus et agents municipaux s’inquiètent de la réouverture annoncée des écoles à partir du 11 mai.

école 2020Faut-il rouvrir ou pas les écoles et les crèches, et dans quelles conditions ?

À Saint Gratien, deux jours à peine après l’annonce de la reprise des cours par Édouard Philippe, le maire a fait savoir au Préfet qu’il ne souhaitait pas rouvrir les écoles de la ville.

Renvoyer les enfants à l’école maternelle et élémentaire, ainsi que dans les crèches, dans des conditions optimales de sécurité sanitaire, apparaît effectivement comme un exercice particulièrement ardu, voire impossible. Dans notre courrier au maire du 28 avril, nous soulevions d’ailleurs nombre de questions. Les revoici pour mémoire, et la liste n’est pas exhaustive.

Comment organiser le lavage régulier des mains sous la surveillance d’un adulte, approvisionner les écoles en savon et gel, quand on connaît la configuration des toilettes scolaires des écoles de la ville ? Combien d’enfants seront accueillis, alors que le groupe de travail mis en place au Sénat pour examiner les modalités du retour en classe considère que le seuil de 15 élèves par classe est trop important ? Quid du temps périscolaire, de la réouverture du centre de loisirs le mercredi ? Comment éviter les rassemblements lors des entrées et sorties ? Quel personnel pourra gérer des horaires décalés ? Comment se déroulera le temps de cantine ? Quel personnel assurera la désinfection régulière des locaux ? Un « nettoyage minutieux » est en effet recommandé. Comment faire respecter les gestes barrières en maternelle ? Qui portera un masque ? Par qui ceux-ci  seront-ils fournis ? Faut-il envisager une formation des personnels aux gestes de sécurité en amont de la reprise ? Quel rôle de la médecine scolaire, des psychologues scolaires, quand on connaît le manque de ces personnels dans nos écoles ? école 2020-1

Assurer la sécurité sanitaire des enfants et des personnels dans de telles conditions ressemblait fort à une mission impossible. Le tout pour un bénéfice éducatif limité, au vu du nombre de semaines d’école restantes, et du fait que tous les élèves ne fréquenteront pas l’école tous les jours… Ne pas rouvrir écoles et crèches gratiennoises apparaît donc comme une décision compréhensible.

Ceci dit, l’histoire ne s’arrête pas à cette annonce.

école 2020-3Première interrogation : comment le maire s’est-il déterminé ? Nous avons été informés de l’avis de la ville au Préfet peu avant la parution d’un article dans un journal local. Autant dire que nous n’avons pas eu notre mot à dire dans cette affaire, bien que nous nous soyons manifestés auprès du maire dès le mardi 28 avril. Pourtant, si le maire « expédie les affaires courantes » en ces temps de pandémie qui empêchent toute réunion physique des élus, le fonctionnement démocratique de la commune n’est pas suspendu pour autant. C’est pourquoi nous avions proposé une réunion de la commission scolaire réunissant parents, directions d’écoles et élus pour envisager les conditions de la réouverture des écoles, ainsi qu’un Conseil municipal extraordinaire pour échanger sur l’ensemble des nombreuses questions posées par le confinement, et sa levée à venir. La consultation des conseils d’école aurait également été possible. Rien n’empêche, d’autres villes l’ont d’ailleurs fait, d’organiser des visioconférences ou rendez-vous téléphoniques pour  consulter l’ensemble des élus. À Saint Gratien, rien de tel, nous sommes informés a minima par quelques messages ponctuels du maire, lequel ne répond plus à nos courriers. Pour l’aider dans sa décision, a-t-il pris l’attache des fédérations de parents d’élèves, ou organisé un sondage parmi les parents, consulté les enseignants de la ville pour connaître leur opinion et éventuellement le nombre d’entre eux qui auraient été prêts à reprendre les cours dans les écoles ? A-t-il sondé les personnels, ATSEM, animateurs, agents des crèches ? Nous l’ignorons en ce qui concerne ces derniers, mais à notre connaissance, ni les parents ni les enseignants n’ont eu voix au chapitre. Le point de vue des premiers concernés n’aurait pourtant pu qu’éclairer la prise de décision. D’ailleurs la lettre du maire au Préfet date du lendemain de la déclaration du premier ministre présentant le dé confinement. Autant dire que le maire n’a pris le temps de consulter qui que ce soit. C’est pour nous une première question.école 2020-2

D’autre part, si les écoles gratiennoises ne rouvrent pas avant septembre, d’autres problèmes vont rester en suspens. Certains parents qui vont devoir reprendre le travail vont se trouver confrontés à des difficultés immédiates. Mais nous pensons aussi, et surtout, aux enfants qui pour des raisons diverses, suivent difficilement l’école depuis la maison : manque de matériel informatique, non-disponibilité ou impossibilité des parents pour les aider. Nombre de ces situations difficiles existent dans notre ville. Qu’a prévu le maire pour leur venir en aide, et ne pas les laisser perdre pied après six mois passés sans contact direct et régulier avec l’école et leurs enseignants ? Certaines villes procèdent à des distributions de tablettes en direction des familles mal ou pas équipées en ordinateurs. Une opération similaire est-elle envisagée dans notre ville ? La question posée au maire reste sans réponse. De même, nous nous inquiétons de la situation économique de familles aux revenus modestes, dont les enfants ne bénéficient plus d’un repas quotidien de cantine à prix relativement modéré (nous alertons régulièrement sur les tarifs trop élevés de la restauration scolaire). Là encore, des solutions existent et des communes adressent des chèques alimentaires aux familles en difficulté. Saint Gratien a-t-elle envisagé cette possibilité, d’autant que la ville ne dépense pas actuellement les sommes habituellement dédiées à l’achat des repas ? école 2020-4 En outre, se reposera à la rentrée, voire pendant l’été, la question de la mise en place d’un dispositif de soutien scolaire municipal. Une proposition que nous avions déjà faite à la municipalité, et qui peut voir le jour avec l’appui éventuel de bénévoles.

Enfin, à plus long terme, mais il n’est pas interdit de voir plus loin que le bout du dé confinement, de quelle école aurons-nous besoin demain ? Des classes à 15 élèves : qui n’en n’a pas rêvé ? Des sanitaires agréables, avec savon toujours disponible ? Du personnel de service, des ATSEM, pour accompagner les enfants se laver les mains et leur apprendre les gestes sanitaires élémentaires ? Des médecins et des infirmières scolaires en nombre suffisant, pour des visites médicales régulières de dépistage et de prévention ? Des animateurs à demeure, pour prendre en charge de petits groupes, dans d’autres locaux que la classe, pour des activités sportives, culturelles ou artistiques ? Des enseignants bien formés, y compris à l’enseignement à distance et à l’utilisation des techniques modernes de communication ? D’un système éducatif équipé en matériels informatiques, qui forme ses élèves à leur usage ?

école 2020-5Si nos écoles n’avaient pas été dans un tel état de sous-équipement matériel et humain, nul doute que leur réouverture en aurait été grandement facilitée. Comme l’hôpital, comme tous les services publics, celui de l’éducation a un urgent besoin de refondation. Ce que la crise a mis en lumière, ne l’oublions pas quand elle aura pris fin.  

        

Le maire dit « non » à la réouverture des écoles

mairie 2019Le maire de Saint Gratien a annoncé de pas vouloir rouvrir écoles et crèches de la commune.

La Gazette se fait l’écho de cet événement. Nous n’avons pas été interrogés par les journalistes, qui se sont appuyés sur des écrits de notre part pour rédiger leur article. Nous nous exprimerons plus longuement sur cette décision. À suivre donc… 

D’autre part, l’étiquette politique qui m’est attribuée dans cet article n’est pas exacte. J’ai de très bons amis et camarades chez LFI, mais je ne suis pas adhérente de ce mouvement.

Vous pouvez lire l’article ci-dessous ou via ce lien

Val-d’Oise. Saint-Gratien : le maire ne veut pas rouvrir les écoles et les crèches le 11 mai

Le maire (Lr) de Saint-Gratien (Val-d’Oise), Julien Bachard, vient d’écrire au Préfet pour lui signifier qu’il n’était pas favorable à la réouverture des écoles dans sa commune.

Julien Bachard est maire de Saint-Gratien depuis le 20 octobre 2017.

Son courrier date du mercredi 29 avril 2020. Julien Bachard, maire (Lr) de Saint-Gratien (Val-d’Oise) a écrit au préfet du Val-d’Oise Amaury de Saint-Quentin.

Objet de ce courrier : signifier au représentant de l’État qu’il ne souhaitait pas la réouverture des écoles et des crèches dans sa commune le lundi 11 mai 2020.

« Manque d’informations »

Le maire de Saint-Gratien a pris cette décision suite au discours du Premier ministre Édouard Philippe à l’Assemblée nationale, mardi 28 avril 2020, afin de présenter la stratégie de dé confinement du gouvernement.

« Je regrette de ne pas disposer, aujourd’hui, d’assez d’éléments concrets me permettant de rouvrir, en toute sécurité pour les enfants, les enseignants et le personnel communal, nos écoles et nos crèches communales », explique le maire de Saint-Gratien.

Et d’ajouter à l’adresse du préfet du Val-d’Oise : « Je ne peux, en l’état actuel des renseignements que je possède, et en toute conscience, prendre la décision d’ouvrir les écoles, la restauration scolaire, les accueils périscolaires, les accueils de loisirs et les crèches notamment compte tenu des risques sanitaires, des recommandations du comité scientifique et de l’Agence régionale de santé et des informations provenant de l’hôpital Necker (ndlr : concernant les pathologies de la maladie de Kawasaki qui touche les enfants ».

Toujours dans le même esprit, le maire de Saint-Gratien regrette « qu’au regard de l’absence totale d’indications de la part de l’État », il ne puisse communiquer aucune information précise aux parents, aux fédérations de parents d’élèves et au différents personnels.

Il serait irresponsable, en ma qualité de maire, de prendre toute autre décision. »

Dans ce contexte, Julien Bachard a reçu le soutien franc et massif de la sénatrice (Lr) Jacqueline Eustache-Brinio, à qui il avait succédé à la mairie le 20 octobre 2017.

« Il aurait été préférable d’effectuer une réouverture progressive et tenter une expérience avant. Nous ne connaissons pas le nombre d’agents et enseignants qui seront disposés à reprendre le travail », commente Julien Bachard.

« Le protocole sanitaire est flou, mais c’est bien plus que de prendre la température des élèves et passer un coup de serpillière pour désinfecter », ajoute le maire, qui est conscient que sa décision va compliquer l’organisation des parents qui devront reprendre leur activité professionnelle.

L’opposition réagit

« Il aurait fallu étendre l’accueil réservé, aux parents prioritaires selon leur implication dans la crise sanitaire et le besoin économique », pense-t-il.

« Qu’en sera-t-il de l’organisation des parents dont les enfants ne seront pas à l’école, si les classes n’accueillent que quinze élèves ? », s’interroge le maire.

Une décision qui tombe alors que des élus de l’opposition municipale avaient suggéré au maire de tenir un conseil municipal exceptionnel par visioconférence, pour débattre du sujet.

« Il nous paraît indispensable d’associer les parents d’élèves et les enseignants », a propos de la réouverture des écoles, ont déjà réclamé les élus du groupe conduit par la conseillère municipale (Pc/Lfi) Isabelle Volat, qui souhaitait une réunion de la commission scolaire sur l’organisation d’un retour des enfants et enseignants dans les établissements de la ville.

Égalité des chances

Candidat au poste de maire et désormais conseiller municipal (MoDem), Emmanuel Mickael « salue la décision du maire », tout en regrettant « le timing » de son courrier.

« Il n’était pas à deux jours près et il aurait pu attendre que les choses se précisent. C’est un peu cavalier d’annoncer que l’on ne rouvrira pas les écoles sans proposer de solution », estime l’élu centriste qui a aussi alerté Julien Bachard sur les dispositions qu’il faudrait prendre à destination des enfants en rupture de continuité pédagogique et dont les parents sont dans l’impossibilité d’aider leur enfant dans leur scolarité pendant le confinement.

« Je me refuse à penser que le virus s’attaque aussi à l’égalité des chances. Il faudrait maintenir un soutien scolaire sur la ville à destination des populations fragiles », suggère l’élu.

F.C. avec J.D.

Concerter pour mieux lutter contre le virus

Nous nous sommes adressés hier au maire de Saint Gratien, concernant notamment l’éventuelle réouverture des écoles maternelles et élémentaires de la ville, prévue à partir du 11 mai prochain.

Nous apprenons ce soir 29 avril que le maire a indiqué au Préfet du Val d’Oise qu’il ne rouvrirait pas les écoles et crèches de la ville, ne pouvant avoir les éléments concrets permettant de le faire en toute sécurité pour les enfants, les enseignants, les personnels. 

Notre courrier soulève d’autres questions, qui devraient à notre sens faire l’objet de larges concertations. Le voici ci-dessous. 

Monsieur le maire,

Nous vous remercions pour les informations transmises ces derniers jours, les 20 et 24/04.

Néanmoins, nous souhaitons revenir sur différents points qui nous semblent essentiels, et sur lesquels une large concertation devrait, selon nous, être engagée.

S’il est du ressort du maire d’assurer la gestion courante de la collectivité durant ces temps de confinement qui rendent les réunions physiques impossibles, le fonctionnement démocratique des communes n’est pas pour autant suspendu. Il est nécessaire d’organiser par visio-conférences ou audioconférences, la réunion de tous les élu.e.s pour non seulement les informer mais également entendre leurs avis et propositions. C’est ce que font actuellement beaucoup de maires du 95. L’objectif du dé confinement le 11 mai pose en effet de nombreuses questions dans différents domaines.

Nous vous demandons donc d’organiser un Conseil municipal exceptionnel – par téléconférence, skype, zoom… – avant le 11 mai prochain. C’est une suggestion que nous avions déjà faite lors d’un précédent courrier.

Voici les questions qui à notre sens restent en suspens, et qui demandent à être débattues par l’ensemble des élu.e.s.

Rentrée scolaire le 11 mai

Il nous paraît indispensable d’associer l’ensemble des élu.e.s, les parents d’élèves et les enseignant.e.s dans le cadre de la  préparation de la reprise des cours. La réouverture des écoles à partir du 11 mai sera un exercice très difficile qui ne peut se traiter en comité restreint.  Nous vous demandons donc d’organiser une réunion de la commission scolaire avec les représentant.e.s des parents d’élèves, les directions d’école et les instances locales de l’Éducation nationale. Concerter l’ensemble de la communauté éducative est pour nous, comme pour l’Association des Maires de France, le Comité Scientifique auprès du Président de la République ou encore les Fédérations de Parents d’élèves et les syndicats enseignants, la seule manière de planifier une réouverture des écoles dans des conditions satisfaisantes de sécurité sanitaire.

Comment organiser le lavage régulier des mains sous la surveillance d’un adulte, approvisionner les écoles en savon et gel, quand on connaît la configuration des toilettes scolaires des écoles de la ville ? Combien d’enfants seront accueillis, alors que le groupe de travail mis en place au Sénat pour examiner les modalités du retour en classe considère que le seuil de 15 élèves par classe est trop important ? Quid du temps périscolaire, de la réouverture du centre de loisirs le mercredi ? Comment éviter les rassemblements lors des entrées et sorties ? Quel personnel pourra gérer des horaires décalés ? Comment se déroulera le temps de cantine ? Quel personnel assurera la désinfection régulière des locaux ? Un « nettoyage minutieux » est en effet recommandé. Comment faire respecter les gestes barrières en maternelle ? Qui portera un masque ? Par qui ceux-ci  seront-ils fournis ? Faut-il envisager une formation des personnels aux gestes de sécurité en amont de la reprise ? Quel rôle de la médecine scolaire, des psychologues scolaires, quand on connaît le manque de ces personnels dans nos écoles ? Cette liste est  non exhaustive.

On voit bien que toutes ces interrogations ne pourront être traitées sans une large concertation. 

Cantine scolaire

Suite à la fermeture des établissements scolaires, la ville a dû cesser son approvisionnement de repas auprès de la société Sogérès. Certaines villes (Toulouse, Brest..) ont « réinvesti » les sommes non dépensées dans la distribution de chèques alimentaires, en direction des familles aux quotients familiaux les plus bas et qui sont actuellement privées de restauration scolaire. Saint Gratien a-t-elle envisagé cette possibilité ?

Aide aux personnes sans domicile

Nos questionnements sur ce sujet sont restés sans réponse – depuis plus d’un mois. Qu’en est-il de l’hébergement des personnes sans abri dans des hôtels de la ville ? Qu’en est-il de l’aide de 7€ par jour allouée par le ministère de la ville et du logement ? Dans cette période de confinement, il importe d’assurer une attention particulière aux personnes les plus fragiles, et les plus exposés à la contamination.  Nous souhaitons savoir comment ces dispositions sont mises en œuvre dans notre ville.  

Marché municipal

Dans certaines villes, bien que le marché soit fermé, un système de commandes et de livraisons (ou de drive) a été mis en place, ce qui permet aux habitant.e.s de se fournir en produits frais, et aux commerçant.e.s de continuer à avoir une certaine activité. Saint Gratien pourrait faire connaître à ses habitant.e.s que ce système fonctionne à Enghien et qu’ils peuvent y retrouver les commerçant.e.s de notre marché. Ce n’est pas indiqué clairement sur le site de la ville.

Suite au dé confinement du 11 mai prochain, la réouverture du marché devrait intervenir (sauf contre ordre de la Préfecture) le mercredi 13 mai. Dans sa contribution à la préparation du dé confinement, l’AMF insiste sur l’importance de la réouverture des marchés alimentaires avec une organisation au niveau local. Dans quelles conditions notre marché pourra-t-il rouvrir ?

Rénovation énergétique et usage du vélo

L’AMF suggère également dans sa note de faciliter, par l’intermédiaire des collectivités locales, les travaux de rénovation énergétique, afin de développer l’emploi local et de venir en aide aux foyers qui connaîtront des difficultés financières suite à la crise du Covid-19. L’AMF évoque aussi l’organisation des déplacements, en préconisant de veiller aux flux piétons, et de favoriser l’usage du vélo. La ville a-t-elle engagé une réflexion en ce sens ?

DAB des Raguenets

Le distributeur bancaire appartenant à La Poste aux Raguenets est une nouvelle fois vide. La ville pourrait-elle agir auprès de la direction de La Poste afin que les habitant.e.s du quartier et les commerçant.e.s ne soient pas pénalisés par ce dysfonctionnement récurrent ? La Poste s’est engagée à démultiplier ses points de contacts. Ce point-là dysfonctionne trop régulièrement.

Communication municipale

Nous regrettons que le site web de la ville soit assez avare d’informations, au profit de la page Facebook. Tous les Gratiennois.e.s n’ont pas accès à FB. D’autre part, il est étonnant de découvrir sur des pages FB privées de commerçant.e.s, que la ville a procédé à une distribution de masques auprès d’eux, voire à d’autres initiatives… . Nous aimerions que les élu.e.s soient informé.e.s en priorité des actions de la ville.

Distribution de masques

Avons-nous bien compris ? La ville a distribué des masques en provenance de la Région, aux pharmacies, au personnel communal et aux commerçant.e.s. Elle procède à présent à un envoi ciblé d’un masque aux Gratiennois.e.s de plus de 70 ans. Est-ce toujours sur le quota alloué par la Région ?

D’autre part, nous nous interrogeons sur la pertinence de cet envoi. N’aurait-il pas fallu se rapprocher des professionnels de santé (pharmaciens, médecins, etc.) afin de mieux identifier les personnes à protéger en priorité ? On sait qu’une personne diabétique même jeune, peut être plus fragile et plus exposée au Covid-19 qu’une personne âgée en bonne santé (cas que cite régulièrement le Pr Delfraissy dans les médias).

Enfin, nous voyons dans les photos de la communication municipale que des élu.e.s et des agents de la ville participent à des initiatives de la ville. Nous vous en félicitons. Mais pourquoi n’avons-nous pas été sollicité.e.s ? Notre tout premier courrier du 30 mars mentionnait notre disponibilité en la matière. Et ce pour renforcer l’efficacité de l’effort de la ville auprès des habitant.e.s.

            Dans l’attente de vous lire, nous vous prions de croire Monsieur le Maire, à l’expression de nos sentiments respectueux.

                                              

                                           Isabelle Volat                               Stéphane Bauer

          Conseiller-e municipal-e du groupe « St Gratien solidaire écologique et citoyen »

Ne confinons pas la démocratie

Depuis le début du confinement le 17 mars dernier, nous nous sommes inquiétés à plusieurs reprises de l’action de la ville dans différents domaines. Dans cette situation de crise sanitaire inédite, qui entraîne de graves difficultés de vie pour nombre d’entre nous, les initiatives prises à l’échelon municipal revêtent une grande importance.

Nous savons que certains agents de la ville ont été atteints du virus. Nous leur adressons tous nos souhaits de rétablissement. À tous les employés communaux nous souhaitons bon courage car ils exercent leurs tâches dans des conditions difficiles. Le maire nous a également indiqué que comme au niveau national, nous déplorons un nombre de décès plus important que les autres années dans les EHPAD situés sur la commune dont la cause est le COVID 19 et notamment à la résidence des Magnolias. Nous nous associons à la douleur des familles.

Des courriers ont été échangés avec le maire, qui nous adresse ponctuellement quelques informations. Plusieurs questions restent pourtant en suspens après ces échanges.

Marché municipal

Concernant la fermeture du marché municipal tout d’abord, que nous avons regrettée. De nombreux Gratiennois, dont nombre de personnes âgées s’y approvisionnent en temps ordinaire, et se voient à présent contraintes de fréquenter les autres commerces de la ville. C’est donc pour ces derniers une affluence supplémentaire, ce qui en ce moment n’est pas forcément souhaitable. Pourquoi fermer les marchés alors que ce sont des endroits où les mesures de précaution peuvent aussi bien être appliquées qu’ailleurs, et qui ont l’avantage contrairement aux grandes surfaces, de proposer des produits à l’abri des manipulations des uns et des autres ? Des marchés du val d’Oise ont pu récemment rouvrir, suite à une demande de dérogation émanant de la ville. Apparemment, Saint Gratien n’a pas souhaité faire cette démarche. Dans d’autres villes, bien que le marché soit fermé, un système de commandes et de livraisons a été mis en place, ce qui permet aux habitants de se fournir en produits frais, et aux commerçants de continuer à avoir une certaine activité. C’est le cas à Enghien, où ce système fonctionne bien, sous la surveillance de la police municipale. Une bonne publicité a été faite. Selon les commerçants, qui ont contacté les services de la mairie, cela n’a pas pu être instauré à Saint Gratien, faute de policiers municipaux en nombre suffisant. Néanmoins, la ville aurait au moins pu faire connaître largement le fonctionnement du marché d’Enghien, où il est possible de retrouver les commerçants de notre marché. Non seulement c’est une possibilité offerte aux consommateurs de s’approvisionner en produits frais, mais c’est aussi un soutien essentiel aux commerçants. Notre marché était déjà dans une situation difficile, il ne faudrait pas que deux mois de fermeture lui donnent le coup fatal. Or, si le site web de la ville donne la liste des commerces ouverts, pour trouver les commerçants du marché, il faut aller à la dernière page du document, avec l’indication « livraison seulement », sans mention de la possibilité du retrait des marchandises au marché d’Enghien.

Nous apprenons aujourd’hui même que le marché d’Enghien rouvrira le jeudi 30 avril, avec des dispositions permettant d’y faire ses courses en toute sécurité.

Contamination du 15 mars

Nous regrettons l’absence totale de réponse sur notre demande d’information auprès des élu-e-s et des assesseur-e-s qui ont tenu les bureaux de vote le 15 mars lors des élections municipales, à propos de l’infection d’agents de la ville. Plusieurs d’entre nous ont en effet été en contact le dimanche 15 mars tout au long des opérations de vote avec des agents de la ville qui ont par la suite été détectés covid-19. Prévenus rapidement et de façon officielle, nous aurions pu informer largement autour de nous, limiter nos déplacements et nos contacts et ceux des autres personnes. Nous avons saisi les services de l’ARS du 95 à ce sujet.

Personnes sans domicile

Dès le 30 mars, nous nous inquiétions de la situation des personnes sans domicile fixe et proposions, comme l’ont fait de nombreuses villes, de réquisitionner des chambres dans les hôtels de la ville, afin de mettre ces personnes à l’abri et leur permettre d’accéder à des mesures d’hygiène élémentaire. Aucune réponse sur ce point, sauf l’allusion du maire à un éventuel accueil à la base de loisirs de Cergy-Pontoise pour les personnes sans domicile.  Sans autre information depuis début avril, nous nous inquiétons toujours de la situation des personnes à la rue dans notre commune. 

Dispositif d’aide aux sans-abri

Le ministère en charge de la Ville et du Logement a annoncé la création d’un dispositif « chèque-services » pour les sans-abri. Il s’agit d’une aide financière de 7 € par jour et par personne. Les associations caritatives en organisent la distribution, bien qu’elles aient été contraintes de réduire leurs interventions en raison du confinement. Comment les services de la ville relaient-ils  cette initiative ministérielle sur notre territoire ? Nous n’avons aucune information sur ce point malgré nos relances.

Sans réponse du maire sur ces deux derniers points, nous avons saisi les services de  la Préfecture.

D’autre part, certaines villes ont basculé les économies faites à cause de la fermeture des cantines, sur la distribution de chèques alimentaires aux familles les plus modestes. Une suggestion que nous avons faite à Saint Gratien, tant il est évident que le confinement entraîne des difficultés de vie accrues pour de nombreuses familles.   

Informations municipales

Le site de la ville est bien pauvre en informations. Priorité semble donnée à la page Facebook de Saint Gratien. Mais tous les habitants ne sont pas sur ce réseau. Il nous semble indispensable de relayer les informations municipales sur le site officiel.  

Initiatives prises par la ville 

-La ville a instauré la gratuité des loyers pour les commerces et les entreprises dont la ville et la SAIEM sont propriétaires et ce pour toute la durée du confinement. Un geste certainement bienvenu, bien que la situation ne soit certainement pas la même pour toutes les entreprises de la ville sans distinction.

-La tonte des pelouses et de l’entretien du fleurissement  a repris. Bien que cela ne soit pas fondamental, l’entretien des espaces verts reste important, à condition que cela s’effectue dans des conditions de sécurité sanitaire totale pour les agents.

-La désinfection du mobilier urbain dans les espaces les plus fréquentés sera effectuée deux fois par semaine. Le nettoyage de la voirie est quant à lui inutile, selon l’avis du Haut conseil de santé publique. Celui-ci  «recommande de ne pas mettre en œuvre une politique de nettoyage spécifique ou de désinfection de la voirie, du fait de l’absence d’argument scientifique de l’efficacité d’une telle mesure sur la prévention de la transmission du SARS-CoV-2. Il préconise aussi de continuer d’assurer le nettoyage habituel des voiries et d’assurer le nettoyage et la désinfection à une fréquence plus régulière du mobilier urbain, avec les équipements de protection habituels des professionnels ».

-Par ailleurs, en partenariat avec l’imprimerie gratiennoise RPS, la ville a pu remettre 60 visières de protection aux 2 EHPAD de la ville et à la résidence séniors « La Fontaine », et équiper la police municipale et les aides à domicile. Ce type d’initiative locale pertinente pourrait se multiplier, impliquant aussi des particuliers, si la ville faisait un large appel aux bonnes volontés. Le maire avait indiqué vouloir faire connaître la plate-forme « Ensembl’ » qui pourrait mettre en contact les Gratiennois voulant participer ou proposer des actions de solidarité, mais nous n’avons ensuite pas eu d’autre informations sur ce point.

Distributions de masques

Une distribution de masques par la ville a eu lieu, suite à une dotation de la Région, bien popularisée par Valérie Pécresse. Ces masques ont bénéficié au personnel communal qui devait en être équipé et ont été distribués dans les pharmacies, pour l’usage exclusif des soignants et personnes malades, munies d’une ordonnance. Une distribution bienvenue en ces temps de pénurie, bien que nous ne soyons pas naïfs au point de ne pas voir le bénéfice politique que certains voudront tirer de cette opération, très médiatisée. 

D’autre part, il apparaît que le maire a distribué des masques dans les commerces. Nous n’avons pas été informés de cette action.  

Enfin, la ville a commandé des masques lavables pour distribution aux Gratiennois, à raison de deux masques par foyer. Une partie de la livraison a été envoyée en priorité aux  personnes âgées de 70 ans et plus, par envoi postal nominatif. C’est certes une initiative qui sera appréciée par les habitants en ces temps d’incurie gouvernementale. On pourra s’interroger sur le fait de savoir si c’est bien aux villes de pallier aux défaillances de l’État.  Les critères selon lesquels se fait cette distribution peuvent aussi interroger. Pourquoi deux masques par foyer ? Pourquoi aux personnes de plus de 70 ans ? Pourquoi à une personne de 70 ans en parfaite santé et non à un diabétique de 65 ans ?  La ville est-elle à même de déterminer les publics prioritaires ? N’est-ce pas plutôt aux pharmacies ou aux médecins de procéder à des distributions ciblées en fonction des cas particuliers ? Cette annonce a été fortement médiatisée sur la page Facebook de la ville avec une photo qui met en scène des élus et des agents masqués devant la mairie.

Réouverture des établissements scolaires  

Pour les jours à venir, une des questions essentielles sera celle de la réouverture des écoles. Aucune information ne nous été communiquée. Une foule de questions va se poser. Rouvrir toutes les écoles ? Pour tous les enfants ? Comment seront déterminés les 15 élèves par classe ? Avec ou sans cantine ? Qui assurera la désinfection régulière des locaux ? Comment mettre en place une distance assurant une sécurité entre les élèves ? Comment éviter les rassemblements à la sortie ? Comment surveiller le lavage régulier des mains ? Il faut associer à cette réflexion complexe les enseignants, les parents, les personnels et les élus. Cette crise met en lumière les faiblesses de notre système éducatif, et particulièrement le manque de personnel : classes trop chargées, pas assez d’Atsem, plus de médecine scolaire… Le manque d’encadrement est déjà criant en temps « ordinaire », on voit qu’il empêche toute reprise des cours dans des conditions optimales de sécurité sanitaire.    

Fonctionnement de la collectivité

Pour notre part, nous regrettons de ne pas être davantage informés des actions de la ville, et nullement concertés. Les messages du maire à notre égard se terminent par l’immuable conseil « restez à la maison ! », alors que les élus de la majorité sont visiblement sollicités pour diverses interventions.

S’il est du ressort du maire d’assurer la gestion courante de la collectivité durant ces temps de confinement qui rendent les réunions physiques impossibles, le fonctionnement démocratique n’est pas pour autant suspendu. Il serait possible, et souhaitable, d’organiser par visio ou audioconférences, la réunion de tous les élus pour entendre leurs avis et propositions. C’est aussi une suggestion que nous avons faite au maire, qui n’y a pas répondu pour le moment.

Élus de la ville, réélus le 15 mars dernier, nous souhaitons être non seulement informés de l’action de la ville dans la gestion de la crise sanitaire, mais aussi être associés aux réflexions dans les différents domaines. Nous avons également dit, et redit, notre disponibilité pour participer aux éventuelles actions de solidarité menées par la ville.

 

 

 

Saint Gratien solidaire (2)

En cette période de pandémie et de confinement, la vie est devenue plus difficile pour nombre de nos concitoyen.ne.s. Les villes ont un rôle important à jouer en matière de solidarité et d’entraide en direction des administré.e.s, notamment les plus fragiles. C’est le sens de nos échanges avec le maire de Saint Gratien, dont vous lirez la suite ci-dessous. Il s’agit du deuxième de nos courriers, envoyé le 6 avril.

Objet : situation en ville suite au Covid-19      

Monsieur le maire,

Nous vous remercions pour vos promptes réponses à notre courrier du 30 mars.

Nous revenons néanmoins vers vous sur huit points et une nouvelle suggestion, suite aux retours d’habitants qui nous sont faits à distance, car bien entendu nous suivons strictement les préconisations sanitaires.

-Votre lettre du 1er avril n’apporte pas d’éléments de réponse sur le point 2 de notre courrier, à savoir pourquoi l’information de l’infection d’agents de la ville n’a pas davantage été diffusée – à titre de précaution et de prévention – auprès des élu-e-s et des assesseur-e-s tou-te-s bénévoles qui ont tenu les bureaux de vote le 15 mars ? Plusieurs d’entre nous ont en effet été en contact le dimanche 15 mars tout au long des opérations de vote avec des agents de la ville qui ont par la suite été détectés covid-19.

Prévenus rapidement et de façon officielle, nous aurions pu informer largement autour de nous, limiter nos déplacements et nos contacts et ceux des autres personnes.

-Concernant les personnes sans domicile fixe en ville, qui ne peuvent ni se confiner ni trouver de point d’eau dans la commune. Vous écrivez qu’ils sont invités à rejoindre la base de loisirs de Cergy sur laquelle le conseil régional  ouvrira « prochainement » « un grand nombre de structures ».

Sauf que la question se pose dès à présent et depuis le 16 mars. Nous doutons que ces personnes puissent se déplacer « prochainement » jusqu’à la base de loisirs de Cergy, a fortiori si l‘information n’est pas largement communiquée.

Le confinement s’applique à tout le monde, n’est-il pas plus simplement possible, au niveau de la ville, de réserver et financer quelques chambres dans l’un des 2 établissements hôteliers de la chaîne Accor dans notre commune ?

À titre d’exemple, le Grand Hôtel d’Enghien met des chambres à disposition de personnels soignants venus renforcer les hôpitaux du Val-d’Oise.

-Comme vous le savez, des personnes vivant de la mendicité sont contraintes d’errer en ville pour trouver des clients : au-delà de Mme Berthier et du CCAS, avez-vous contacté les responsables associatifs (secours catholique, etc.) de la ville pour envisager des solutions complémentaires ?

Le ministère en charge de la Ville et du Logement a annoncé la création d’un dispositif « chèque-services » pour les sans-abri. Il s’agit d’une aide financière de 7 € par jour et par personne. Les associations caritatives en organisent la distribution, bien qu’elles aient été contraintes de réduire leurs interventions en raison du confinement. Comment vos services relaient-ils  cette initiative ministérielle sur notre territoire ?

-L’accompagnement des enfants à besoins éducatifs particuliers reste également un point noir. Des familles se retrouvent face à des non-aménagements des travaux à mener et sans être accompagnées, comme cela le devrait. De plus, des enseignants ont organisé des distributions « papier » de devoirs dans des boites aux lettres d’élèves, qui faute d’ordinateurs, ne peuvent accéder aux plates-formes de travail à distance. Avez-vous réuni autour de cette question les directeurs des écoles élémentaires de la ville ?

-Depuis vendredi matin, il y a eu ouverture du 114 aux femmes victimes de violences. Ce numéro gratuit est accessible par SMS aux victimes de violences conjugales en cette période de confinement (numéro d’appel d’urgence français pour les sourds et malentendants, numéro unique, national, gratuit, accessible en permanence). Information à mettre sur le site de la ville ? L’occasion aussi de rappeler à tous qu’il est indispensable de rester vigilant et de signaler toute violence dont on serait témoin.

-Concernant le fait que des collectivités proposent une sélection de contenus gratuits pour apprendre et se divertir sur leur site internet municipal, vous nous renvoyez sur la page Facebook de la ville.

Au matin du 31 mars, six « posts » culturels figuraient sur le site de la ville, dont :

-2 renvois vers les sites des radios du service public dont France Culture

-1 renvoi vers France 4 est ses programmes pédagogiques alimentés par des enseignants

-1 annonce relative à l’annulation de tous les spectacles vivants en ville…

Solde : 6 – 4 = 2

Reste une vidéo concernant une lecture de Little Man par Sonia de la médiathèque Théodore Monod. Durée ? 4 min 15.

Le postage d’autres liens vers des ressources locales est effectivement est bonne chose. Nous vous en remercions ainsi que vos équipes, notamment celles de la médiathèque.

-Nous notons les objections des autorités préfectorales concernant une réouverture du marché. Mais pourquoi pas l’organisation d’un drive au marché municipal ? Solution qui si l’on en juge ce que met en place la ville d’Enghien ne mobilise pas la police municipale.

« Jeudi, le marché d’Enghien sera fermé au public, le temps de mettre en place un drive qui sera opérationnel samedi » :

« Désormais, les marchés du mardi, jeudi et samedi s’effectueront par drive devant les sept     portes du marché couverts ». La ville d’Enghien a diffusé la liste des commerçants du marché  qui continuent à proposer leurs produits.

Par ailleurs, à noter que hier, dimanche matin, devant la boulangerie, il y avait 13  personnes dehors à distance qui attendaient que le client à l’intérieur de la boutique sorte pour entrer un par un : les gens savent aussi se prendre en charge…

Enfin, ne pensez-vous pas qu’au regard de la situation exceptionnelle il faille réunir, par téléconférence par exemple, un conseil municipal exceptionnel afin que les élu-e-s fassent remonter les informations que leur donnent les Gratiennois-e-s, et afin qu’ensemble nous trouvions les solutions les plus adéquates ?

                Nous vous prions de croire Monsieur le Maire à nos salutations respectueuses.

Isabelle Volat et Stéphane Bauer, groupe Saint-Gratien Solidaire Écologique & Citoyen

Saint Gratien solidaire

Lundi 30 mars 2020, en tant qu’élus municipaux, nous avons fait parvenir le courrier ci-dessous au maire de Saint Gratien. La réponse de ce dernier figure ensuite.marché mars 2020-2

Objet : Aides aux plus fragiles – remontées de questions de la part de Gratiennois-e-s dans la période de Covid 19 – utilisation solidaire du site internet de la ville – réouverture du marché municipal

                Monsieur le maire,

                Nous nous rapprochons de vous pour prendre des nouvelles des agents de la ville qui ont été affectés par le covid-19. Nous leur souhaitons à tou-te-s un prompt rétablissement, comme nous l’avons déjà transmis auprès de votre cabinet, dès que l’information nous a été rapportée de personnel affecté dans vos équipes.

                Nous nous permettons de nous étonner également auprès de vous que l’information de l’infection d’agents de la ville n’ait pas davantage été diffusée – à titre de précaution et de prévention – auprès des élu-e-s et des assesseur-e-s tou-te-s bénévoles qui ont tenu les bureaux de vote le 15 mars. Comme vous le savez, suite à cette infection, plusieurs élu-e-s  et assesseur-e-s ont déjà payé un lourd tribut en Île-de-France.

               Nous souhaitons vous faire part également de questions de Gratiennois-e-s :

– Concernant les personnes sans domicile fixe, qui ne peuvent ni se confiner ni trouver de point d’eau dans la commune, quelle est la politique de St Gratien ? Par exemple, Paris, Cannes, ont pris des mesures spectaculaires, avec la réquisition de chambres d’hôtels, voire d’espaces jusque-là réservés au festival de Cannes ; même la Banque de France à mis à disposition des locaux. Le Ministre du logement, Julien Denormandie en appelle aussi à la responsabilité des villes de France :

« Le gouvernement est en lien avec les associations, pour mettre à l’abri les personnes sans abri dans des conditions spécifiques« , en cette période de crise sanitaire due à l’épidémie de Covid 19 : Julien Denormandie évoque « l’ouverture de centres avec des chambres individuelles« ,  mais aussi la « réquisition de chambres d’hôtel, qui ont été ouvertes ».

– Concernant les personnes pratiquant la mendicité, qui, avec la moindre fréquentation ou la fermeture de lieux publics ou de commerces à St-Gratien se retrouvent avec encore moins de ressources, quels sont les accès à l’aide alimentaire prévus à Saint-Gratien ?

 – Il nous a été rapporté une extension des distributions alimentaires sous l’égide du CCAS. Avez-vous, par ailleurs,  réuni les plus importantes associations caritatives de la ville pour la distribution alimentaire aux plus démunis ?

                Peu d’information sont diffusées sur le site de la ville. Or, plusieurs communes du Val d’Oise, mettent sur leur site internet des foires aux offres de services :

– Mise en place de dispositifs exceptionnels pour répondre aux habitant·es, nombreuses et nombreux à proposer spontanément leur aide pour les plus en difficulté. Les personnes volontaires peuvent se signaler par téléphone aux conseils de Quartier. Un accueil physique, sur rendez-vous, est aussi assuré le cas échéant, tenant compte de toutes les mesures de sécurité édictées par le gouvernement. Ils sont ensuite rappelés en fonction des besoins identifiés dans leur quartier. Parallèlement, la mairie, en lien avec les associations de solidarité qui assurent habituellement l’aide alimentaire et le CCAS, recense tous les besoins ;

http://cidefe.fr/coronavirus-a-allonnes-on-se-sert-les-coudes/

marché mars 2020-1– Mise en place d’une chaîne de la solidarité : Pour faire face à la crise sanitaire et
contribuer au besoin d’entraide, indication de sa disponibilité auprès de la mairie pour constituer une liste de volontaires prêts à participer à la solidarité envers les plus fragiles sur la commune ;

– Portage de repas pour les personnes âgées avec prise de contact régulière et possibilité de livraison de médicaments à domicile. Pour en faire la demande, la ville a mis en place un numéro unique ainsi qu’une adresse mail ;

-Venir en aide aux voisins les plus fragiles, aux personnes isolées, âgées de plus de 65 ans ou atteintes d’une maladie chronique, qui ne peuvent ou qui n’osent pas sortir faire leurs courses alimentaires, de première nécessité et de produits d’hygiène : un numéro de téléphone unique est aussi mis à disposition pour demander de l’aide ;

http://cidefe.fr/coronavirus-a-villejuif-94-un-numero-vert-benevole-pour-aider-les-plus-faibles/

– Facilitation de l’entre-aide entre habitants, invitation à mettre une affichette dans les halls d’immeubles : Chacun peut y remplir ses propositions de service et ses demandes de services ;

– Mise en place de cellules d’agents, avec pour mission de contacter tous les seniors de la ville, les personnes isolées, afin de prendre de leurs nouvelles, de se mettre à leur disposition de leurs besoins ;

-Habituellement réservée aux abonnés, des contenus des bases des médiathèques sont à tous les habitants : rendez-vous, par exemple, sur eureka.valdemarne.fr/#free

Des collectivités proposent ainsi une sélection de contenus gratuits pour apprendre et se divertir. Au menu : histoires pour les enfants en baladodiffusion, ressources scolaires, activités sans écran, vidéos ludiques, films d’animation et courts-métrages pour petits et grands, propositions d’activités culturelles, sportives, manuelles…

Pourquoi ne pas rajouter des « tableaux administratifs temporaires » devant les lieux de passages obligatoires comme les magasins alimentaires (Carrefour, Lidl, Guven, Intermarché, Diagonale,…), les pharmacies, la police municipale ?

                Concernant notre marché municipal : Il constitue une réelle nécessité pour des personnes âgées. Sa fermeture entraîne une fréquentation accrue des supérettes de la commune, ce qui n’est pas une bonne chose dans la période actuelle, et restreint l’offre de produits frais. Cela place également en grande difficulté les commerçants de notre marché. Est-il possible comme le relate la presse locale, comme à Argenteuil Val-d’Argent Nord, Asnières-sur-Oise, Chars, Luzarches, Presles, Roissy-en-France, Saint-Witz, Us, Viarmes, Vétheuil, etc. que vous obteniez une dérogation pour sa réouverture par le préfet du Val-d’Oise ?marché mars 2020

Des mesures de protection sanitaires pourraient être prises en liaison avec la police municipale pour y assurer la sécurité des usagers, puisque qu’après la fermeture des marchés décidée par le gouvernement lundi soir dernier, une nouvelle disposition a finalement été rendue publique vendredi après-midi, permettant, sous une série de précautions et de conditions de sécurité sanitaires, la réouverture dérogatoire de certains marchés de plein air.

Ainsi, Lille vient d’obtenir ce samedi l’accord du préfet. Elle rouvrira ses marchés de plein air mardi.

La ville pourrait de plus, comme c’est le cas dans d’autres communes, le faire approvisionner en circuit court par des agriculteurs du Val d’Oise, dans cette période où des tensions se font sentir sur l’écoulement de produits agricoles.

D’autre part, le site de la ville pourrait faire connaître les commerces restant ouverts dans les différents quartiers, ainsi que ceux pratiquant les livraisons.

                Beaucoup de Gratiennois-e-s se retrouveront avec des revenus diminués au terme de cette période. Aussi, il nous semble opportun, comme nous l’ont fait remarquer des habitants qu’au début de l’été ou bien à la rentrée de septembre, la brocante soit délocalisée par exemple, au Forum ou dans le quartier des  Marais ou des Raguenets, et qu’on y autorise – comme par le passé – la vente de vêtements et chaussures d’occasion, notamment pour équiper les plus jeunes des enfants.

                Dans l’attente d’éléments de réponse et d’initiatives dans l’intérêt des habitants de notre commune et notamment des plus fragiles, auxquelles nous pourrions nous associer ainsi que les personnes de nos réseaux[1],  nous vous prions de croire Monsieur le Maire à nos salutations respectueuses.

Isabelle Volat et Stéphane Bauer , groupe Saint-Gratien Solidaire Écologique & Citoyen

[1] Fédération du Secours populaire du Val d’Oise, etc

Lire ci-dessous la réponse du maire

COVID 19 -courrier de reponse a l-attention de mme volat et mr bauer

 

Lucien Sève

Le philosophe communiste Lucien Sève est mort lundi 23 mars à l’âge de 93 ans, des suites du Covid-19.

Ce penseur prolifique – auteur notamment de Marxisme et théorie de la personnalité (1969, Éditions sociales) ; Communisme : quel second souffle ? (1990, Messidor/Éditions sociales) ; ou encore la somme, restée inachevée, en plusieurs volumes Penser avec Marx aujourd’hui (2004-2019, La Dispute) –, fin connaisseur de l’œuvre de Karl Marx, a marqué durablement l’histoire des idées de son courant de pensée qu’il a largement contribué à renouveler, surtout à partir des années 1980.

Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, lui a rendu hommage : « Lucien Sève, philosophe communiste, est décédé. Emporté par le coronavirus, celui qui a irrigué le PCF de ses réflexions jusqu’à la fin de sa vie, restera un intellectuel qui a fait vivre une pensée marxiste toujours d’actualité. »

En sa mémoire, cet article d’Yvon Quiniou, paru en mars 2019 sur le site de Mediapart.

lucien sèveUn film passionnant sur Lucien Sève

Un film passionnant sur le philosophe marxiste Lucien Sève vient d’être réalisé. Il évoque ses « trois vies », comme il dit, à savoir son enfance, sa présence à l’École de la rue d’Ulm, son passage de Sartre à Marx grâce à Althusser, puis les déboires que ses convictions communistes ont entraînés dans sa vie comme dans sa carrière. Mais il y a aussi une œuvre considérable, trop méconnue.

Voici une chose étonnante, à un double titre : un film sur un philosophe encore vivant et productif, Lucien Sève (seul Marcel Conche a bénéficié de cette faveur dans la dernière période), mais en plus sur un philosophe « marxiste » (= se réclamant de Marx) dont la particularité est d’être ignoré – j’entends : censuré – par la plupart des médias français tant ceux-ci sont au service de l’idéologie néo-libérale dominante, qu’il le sachent et le veuillent ou pas. Cet étonnement s’accroît encore plus quand on prend conscience de l’importance quantitative et qualitative de son œuvre, qui a commencé avec son livre Marxisme et théorie de la personnalité (1969), qui a connu une diffusion internationale considérable (il vient même d’être réédité en Argentine), qui s’est poursuivie avec une réflexion constante sur ce que pourrait être une philosophie disons s’inspirant de Marx, pour le prolonger, l’approfondir et témoigner de son actualité par-delà le  naufrage qu’a constitué l’expérience soviétique, en opposition directe avec les enseignements de l’auteur du Capital. Avec, pour la dernière période d’au moins dix ans, un renouvellement assez important de sa pensée dans une trilogie de trois ouvrages substantiels sous l’égide de Penser avec Marx aujourd’hui, comportant Marx et nous, « L’homme » ? et « La philosophie » ?, qui sera suivie d’un quatrième livre « Le communisme » ?, en préparation. Et l’on remarquera que ces titres mettent entre guillemets des termes connus et sont suivis d’un point d’interrogation, manière de suggérer d’emblée qu’il questionne, s’interroge et ne se contente pas d’affirmer dogmatiquement. Bref, il est en recherche et il faut suivre cette recherche iconoclaste par rapport à ce qui se publie aujourd’hui, même si l’on n’est pas d’accord avec toutes ses conclusions.

Pourtant, l’intérêt de ce film ne se résume pas à l’évocation « abstraite », quoique dialoguée, de sa pensée. Il est en réalité passionnant parce qu’il évoque la vie d’un philosophe et, plus précisément ses trois « vies » successives, avec ses états psychologiques différents et des anecdotes, drôles ou éprouvantes. Il a eu une enfance heureuse, ce qui peut expliquer son équilibre et son dynamisme, avec des parents aimants et engagés politiquement à gauche, spécialement dans le combat laïc. Un détail amusant : enfant, ne pouvant aller à l’école et voyant que son frère aîné y allait, il se mit à hurler et à cogner sur la porte de son habitation, comme si la soif de savoir était déjà là en lui. On le retrouva endormi contre cette porte ! Ses succès scolaires l’entraînèrent jusqu’à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, mais la préparation du concours avait été tellement fatigante que ses deux premières années à l’École il les passa à voir des films et à tenter d’écrire dans divers registres, dont celui de la poésie. L’on retiendra ses impressions très négatives sur cette École : non à cause de son enseignement, de qualité, mais à cause de sa fréquentation par les enfants d’une bourgeoisie privilégiée dont les défauts humains et mondains l’irritèrent au plus haut point. Mais il y avait une cellule communiste, qui l’attirait bien qu’il la trouvât un peu « stalinienne », et surtout il y avait Louis Althusser, dont il suivit les cours et devint l’ami : c’est ce qui le fit basculer de Sartre à Marx, définitivement, comme il le dira. Comment se passa son agrégation, pour lui le brillant sujet ? Ce qu’il en raconte vaut, si j’ose dire, le détour de ce film… comme ce qu’il s’en suivit.

Reçu au petit oral qui conditionnait l’accès au grand oral, il dut traiter de la croyance. Et son exposé irréligieux suscita la colère du jury, alors qu’il n’était pas là pour juger une orientation mais la qualité philosophique de son argumentation, et Sève était donc destiné à être collé. Mais une aide extérieure intervint, qui convainquit ce même jury de l’entendre au grand oral avant de le coller. Or son exposé de qualité, sur un sujet spinoziste « neutre », lui permit d’être reçu : quelle époque ! En tout cas, son allure vestimentaire « mondaine » acceptable lui valut d’être nommé au consulat de Bruxelles… sur une base pour le moins curieuse ! Et dans ce cadre, un nouvel incident, mais pire, intervint : patatras ! On lui proposa un cycle de conférences qui déplut fortement à la bourgeoisie de la ville parce qu’il se fit  alors l’avocat de Marx contre Sartre. Conséquence qu’on a de la peine à imaginer aujourd’hui : il fut limogé de son poste, nommé dans une petite ville, Chaumont, et menacé à terme de radiation de l’enseignement (ce qui eût été parfaitement illégal). Du coup, il anticipa son service militaire pour échapper à cette conclusion, (on ne peut radier un professeur absent !) et partit en Algérie où on l’affectât à un poste très pénible et dangereux, puis dans un bataillon de combat tout aussi dangereux. Et tout cela en guise de représailles pour ses convictions communistes et son appartenance désormais au PC. Je laisse l’auditeur-spectateur de ce film découvrir ses conditions de vie désastreuses et comment il en réchappât au final. Tout cela est édifiant.

Comme fut édifiant sa nomination, ensuite, non à Bordeaux, mais dans un petit lycée de sa périphérie, à Talence. Il avait déjà dans son dossier un rapport d’inspection négatif de G. Canguilhem, excellent épistémologue mais inspecteur abominable, capable de casser une carrière par hostilité idéologique. Heureusement, il s’en sortit bien car il savait enseigner et ce malgré la réputation sulfureuse qu’il avait à l’extérieur : des élèves mal intentionnés rapportaient certains de ses propos en surdéterminant politiquement leur signification… ce qui m’est arrivé aussi à moi ! En tout cas les choses rentrèrent dans l’ordre quand une bonne inspection, honnête intellectuellement, annula la précédente. Il put alors se faire nommer à Marseille et c’est là que son militantisme s’affirma et qu’il se mit pourtant à écrire beaucoup. Il accepta  d’être élu au Comité central du PC, il prit la direction des Éditions sociales, ce qui était une tâche écrasante mais qui ne l’empêcha pas de collaborer à diverses revues comme la Nouvelle critique, d’approfondir sa conception de ce qu’il appelait encore à l’époque « La philosophie marxiste » (il renonça par la suite à cette expression, on l’a vu). Mais surtout, tout en étant d’une fidélité assumée à l’extérieur, il s’engagea de plus en plus dans un combat interne pour une « refondation » du communisme et de son parti, mais qu’il manifestait aussi dans des ouvrages politiques, fût-ce à mots couverts ou prudents, avec un forme de fascination pour Lénine qu’il opposait radicalement à Staline. La suite on la connaît davantage : ses rapports compliqués avec la hiérarchie du Parti, ses amitiés fortes dont celle pour Althusser alors qu’il s’éloignait pourtant de plus en plus de ses positions philosophiques, le travail de traductrice de sa femme grâce à qui il put faire traduire et éditer en France les œuvres de Vygotski, ce grand théoricien de la psychologie et de l’art, scandaleusement passé sous silence dans notre pays. Mais son intérêt pour lui atteste de l’importance qu’il a toujours accordé au problème de la personnalité individuelle et donc de la psychologie au sein du marxisme : l’homme est aussi un « je » actif, quels que soient les influences sociales qu’il subit et intériorise.

Je laisse de côté sa troisième « vie », philosophique essentiellement, puisque je l’ai évoquée d’emblée et qu’elle dure encore, avec cette idée qu’il défend avec pertinence : nous sommes à une époque où la retraite peut ne pas être un vieillissement précoce et ennuyeux, sans activité enrichissante. Ce peut être, au contraire, un véritable « vie », la troisième donc. Ce film réalisé par Marcel Rodriguez, vivant, voire drôle et même en chansons parfois, soutenu par la Fondation Gabriel Péri, en est un très beau témoignage. On aimerait donc que les médias en parlent et cessent d’occulter tout ce qui peut déranger leur confort idéologique et politique, ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle ! Mais, comme je l’ai indiqué ici même, confondant (comme les communistes de l’époque d’ailleurs) le « marxisme de Marx » et celui de ses continuateurs avec ce qui s’est fait en son nom dans les « pays de l’Est », qui n’en était qu’une trahison, on a l’impression que, pour eux, le marxisme n’existe pas ou est mort et que seules existent les pensées molles de notre temps. Ils risquent fort d’être surpris par le « réveil de la taupe » et ils feraient mieux de l’anticiper ! Ce serait un signe d’intelligence.

                                                                     Yvon Quiniou 

Les 3 vies de Lucien Sève, philosophe. Un film de Marcel Rodriguez. Avec l’appui de la Fondation Gabriel Péri.

Merci !

Voici les résultats des élections municipales à Saint Gratien.

Merci aux 539 électrices et électeurs qui ont voté pour notre liste, exprimant ainsi leur souhait de voir notre ville devenir plus solidaire, plus écologique, plus citoyenne.

affiche 2020 bisÀ toutes nos colistières et tous nos colistiers, sans qui rien n’aurait été possible, un immense merci ! Merci à tous ceux et toutes celles qui se sont investi.e.s sur notre liste de rassemblement et qui, par leur engagement sur le terrain durant ces dernières semaines, ont ainsi permis ce très intéressant résultat. Merci à celles et ceux qui nous ont aidé.e.s, encouragé.e.s, soutenu.e.s durant ces derniers mois. Merci aux ami.e.s toujours mobilisé.e.s pour une distribution matinale à la gare, pour un collage ou un point de rencontre dans les quartiers, ou pour faire vivre notre expression dans les réseaux sociaux, pour construire notre communication. 

Avec 11, 73% des suffrages, nous obtenons deux élus au Conseil municipal. Ce beau résultat nous place en troisième position des cinq listes qui se présentaient ce 15 mars. Dans un contexte inédit et marqué par une forte abstention, c’est une réussite reconnue pour la gauche citoyenne et écologiste.

Nous analyserons dans les jours prochains les chiffres par bureau et pour chacune des listes en présence. 

Et maintenant ? L’histoire ne s’arrête pas le 15 mars. Au contraire, tout commence, pour nous qui ne nous adressons pas qu’aux électeurs mais aux citoyens tout au long de l’année. À nous de porter au Conseil municipal et dans Saint Gratien, les propositions de notre projet municipal : démocratie locale réelle, centre de santé, développement des transports alternatifs…

À très bientôt pour continuer, ensemble, la démarche engagée lors de cette période électorale !

Cliquez sur l’image pour agrandir

municipales 2020 résultats

À dimanche !

Ces dernières semaines, avec les candidates et candidats de la liste « St Gratien solidaire, écologique et citoyen », nous vous avons rencontrés à de multiples reprises, devant les commerces, au marché, au pied des immeubles, à la gare, devant les écoles gratiennoises. Nous avons tenu quatre réunions publiques et organisé un tour à vélo de Saint Gratien.

Pour nous, ce n’est pas une attitude de circonstance, mais bel et bien une longue habitude que d’aller à la rencontre de nos concitoyens, y compris en dehors de toute période électorale. Au Conseil municipal, en réunions de quartier, dans les manifestations culturelles, festives ou sportives : autant d’occasions que nous ne manquons pas de saisir pour échanger avec vous.

De la richesse de ces rencontres est né un projet municipal que nous avons porté tout au long de la campagne autour de trois thèmes fondamentaux : le besoin de solidarité, l’urgence écologique, l’envie de citoyenneté. Centre de santé municipal, attention accrue pour les écoles et les écoliers, développement des transports alternatifs, cantine pour tous avec davantage de produits bio, budget participatif, conseil municipal des jeunes… autant de propositions novatrices et affinées pour transformer notre ville.

Durant cette campagne, j’ai eu plaisir à travailler avec des colistières et colistiers divers, chacune et chacun avec leur sensibilité particulière, rassemblés sur ces propositions qu’ils étaient bien décidés à faire connaître et partager. Merci à elles et eux pour leur engagement, leurs idées, leur ténacité, leur bonne humeur ! 

Le 15 mars, avec cette équipe municipale, engagez-vous pour faire de Saint Gratien une ville plus solidaire, plus écologique, plus citoyenne.   

 Isabelle Volat

affiche 2020 bis