Saint Gratien solidaire (2)

En cette période de pandémie et de confinement, la vie est devenue plus difficile pour nombre de nos concitoyen.ne.s. Les villes ont un rôle important à jouer en matière de solidarité et d’entraide en direction des administré.e.s, notamment les plus fragiles. C’est le sens de nos échanges avec le maire de Saint Gratien, dont vous lirez la suite ci-dessous. Il s’agit du deuxième de nos courriers, envoyé le 6 avril.

Objet : situation en ville suite au Covid-19      

Monsieur le maire,

Nous vous remercions pour vos promptes réponses à notre courrier du 30 mars.

Nous revenons néanmoins vers vous sur huit points et une nouvelle suggestion, suite aux retours d’habitants qui nous sont faits à distance, car bien entendu nous suivons strictement les préconisations sanitaires.

-Votre lettre du 1er avril n’apporte pas d’éléments de réponse sur le point 2 de notre courrier, à savoir pourquoi l’information de l’infection d’agents de la ville n’a pas davantage été diffusée – à titre de précaution et de prévention – auprès des élu-e-s et des assesseur-e-s tou-te-s bénévoles qui ont tenu les bureaux de vote le 15 mars ? Plusieurs d’entre nous ont en effet été en contact le dimanche 15 mars tout au long des opérations de vote avec des agents de la ville qui ont par la suite été détectés covid-19.

Prévenus rapidement et de façon officielle, nous aurions pu informer largement autour de nous, limiter nos déplacements et nos contacts et ceux des autres personnes.

-Concernant les personnes sans domicile fixe en ville, qui ne peuvent ni se confiner ni trouver de point d’eau dans la commune. Vous écrivez qu’ils sont invités à rejoindre la base de loisirs de Cergy sur laquelle le conseil régional  ouvrira « prochainement » « un grand nombre de structures ».

Sauf que la question se pose dès à présent et depuis le 16 mars. Nous doutons que ces personnes puissent se déplacer « prochainement » jusqu’à la base de loisirs de Cergy, a fortiori si l‘information n’est pas largement communiquée.

Le confinement s’applique à tout le monde, n’est-il pas plus simplement possible, au niveau de la ville, de réserver et financer quelques chambres dans l’un des 2 établissements hôteliers de la chaîne Accor dans notre commune ?

À titre d’exemple, le Grand Hôtel d’Enghien met des chambres à disposition de personnels soignants venus renforcer les hôpitaux du Val-d’Oise.

-Comme vous le savez, des personnes vivant de la mendicité sont contraintes d’errer en ville pour trouver des clients : au-delà de Mme Berthier et du CCAS, avez-vous contacté les responsables associatifs (secours catholique, etc.) de la ville pour envisager des solutions complémentaires ?

Le ministère en charge de la Ville et du Logement a annoncé la création d’un dispositif « chèque-services » pour les sans-abri. Il s’agit d’une aide financière de 7 € par jour et par personne. Les associations caritatives en organisent la distribution, bien qu’elles aient été contraintes de réduire leurs interventions en raison du confinement. Comment vos services relaient-ils  cette initiative ministérielle sur notre territoire ?

-L’accompagnement des enfants à besoins éducatifs particuliers reste également un point noir. Des familles se retrouvent face à des non-aménagements des travaux à mener et sans être accompagnées, comme cela le devrait. De plus, des enseignants ont organisé des distributions « papier » de devoirs dans des boites aux lettres d’élèves, qui faute d’ordinateurs, ne peuvent accéder aux plates-formes de travail à distance. Avez-vous réuni autour de cette question les directeurs des écoles élémentaires de la ville ?

-Depuis vendredi matin, il y a eu ouverture du 114 aux femmes victimes de violences. Ce numéro gratuit est accessible par SMS aux victimes de violences conjugales en cette période de confinement (numéro d’appel d’urgence français pour les sourds et malentendants, numéro unique, national, gratuit, accessible en permanence). Information à mettre sur le site de la ville ? L’occasion aussi de rappeler à tous qu’il est indispensable de rester vigilant et de signaler toute violence dont on serait témoin.

-Concernant le fait que des collectivités proposent une sélection de contenus gratuits pour apprendre et se divertir sur leur site internet municipal, vous nous renvoyez sur la page Facebook de la ville.

Au matin du 31 mars, six « posts » culturels figuraient sur le site de la ville, dont :

-2 renvois vers les sites des radios du service public dont France Culture

-1 renvoi vers France 4 est ses programmes pédagogiques alimentés par des enseignants

-1 annonce relative à l’annulation de tous les spectacles vivants en ville…

Solde : 6 – 4 = 2

Reste une vidéo concernant une lecture de Little Man par Sonia de la médiathèque Théodore Monod. Durée ? 4 min 15.

Le postage d’autres liens vers des ressources locales est effectivement est bonne chose. Nous vous en remercions ainsi que vos équipes, notamment celles de la médiathèque.

-Nous notons les objections des autorités préfectorales concernant une réouverture du marché. Mais pourquoi pas l’organisation d’un drive au marché municipal ? Solution qui si l’on en juge ce que met en place la ville d’Enghien ne mobilise pas la police municipale.

« Jeudi, le marché d’Enghien sera fermé au public, le temps de mettre en place un drive qui sera opérationnel samedi » :

« Désormais, les marchés du mardi, jeudi et samedi s’effectueront par drive devant les sept     portes du marché couverts ». La ville d’Enghien a diffusé la liste des commerçants du marché  qui continuent à proposer leurs produits.

Par ailleurs, à noter que hier, dimanche matin, devant la boulangerie, il y avait 13  personnes dehors à distance qui attendaient que le client à l’intérieur de la boutique sorte pour entrer un par un : les gens savent aussi se prendre en charge…

Enfin, ne pensez-vous pas qu’au regard de la situation exceptionnelle il faille réunir, par téléconférence par exemple, un conseil municipal exceptionnel afin que les élu-e-s fassent remonter les informations que leur donnent les Gratiennois-e-s, et afin qu’ensemble nous trouvions les solutions les plus adéquates ?

                Nous vous prions de croire Monsieur le Maire à nos salutations respectueuses.

Isabelle Volat et Stéphane Bauer, groupe Saint-Gratien Solidaire Écologique & Citoyen

9 réflexions sur “Saint Gratien solidaire (2)

  1. Prix Goncourt du premier roman pour « Marx et la poupée », professeur de français pour mineurs étrangers isolés, Maryam Madjidi raconte une histoire qui illustre, entre grandeur et lâcheté, comment la période met l’humanité à nu.

    Je vous écris pour vous raconter une histoire. Une histoire simple qui s’est passée le 31 mars 2020.

    C’est l’histoire d’une femme âgée de 60 ans qui travaille dans un Ehpad à Bagnolet. Elle est infirmière.

    Chaque jour, elle se lève tôt, prend sa voiture et va au travail. Là-bas, elle soulage la douleur des personnes âgées dépendantes. En ce moment, il s’agit plus de soulager la douleur mentale de ces personnes vulnérables que leur douleur physique.

    Souvent quand elle entre dans une chambre, la personne alitée à la peau ridée et au corps frêle lui demande doucement de lui prendre la main. L’infirmière hésite un instant mais ne peut refuser une telle demande. Elle a le cœur qui se serre et s’approche du lit. Elle enlève son gant, et prend cette main dans la sienne. Elle rassure, soulage, panse avec un seul remède : son humanité.

    Ensuite elle va scrupuleusement se laver les mains et remet ses gants pour retourner travailler. Elle sourit derrière son masque. On le voit à ses yeux qui se plissent légèrement et se mouillent d’émotion.

    Les résidents de cet Ehpad ne reçoivent plus de visites depuis environ un mois. Ces personnes sont totalement isolées, confinées dans leur chambre individuelle, dans une solitude et une détresse qui grandit jour après jour.
    Une solitude pire que le virus

    Depuis le début de la pandémie, il y a eu une quinzaine de morts atteints du Covid-19 dans cet établissement.

    Ces morts ne sont même pas comptabilisés. On ne les compte pas. Ils ne comptent pas. Ils ne comptaient pas avant. Ils sont les invisibles de cette société.

    Mais l’infirmière qui les accompagne dans cette dernière étape de la vie connaît chaque visage, retient chaque nom, appelle chaque famille, trouve toujours quelques mots doux à leur dire.
    Elle fait son travail. C’est tout.

    D’ailleurs, depuis quelques semaines, elle ne travaille plus en Ehpad mais dans une morgue à retardement. Les couloirs de cet établissement sont des couloirs où la mort plane dans chaque chambre, s’allonge dans chaque lit et attend patiemment en caressant les cheveux blancs d’une tête qu’elle fauchera méthodiquement un peu plus tard.

    Elle ne se plaint pas. Elle ne l’a jamais fait. Elle fait son travail. C’est tout. Elle le fait depuis des années. Les conditions n’ont jamais été bonnes. Mais le travail doit être accompli avec la plus grande douceur, la plus grande compassion, la plus grande vigilance.

    Elle n’est pas une héroïne. Elle est une infirmière en Ehpad en Seine-Saint-Denis. Elle ne supporte pas le mot « héroïsme ».

    Un jour de repos, mardi 31 mars 2020, l’infirmière sort de chez elle pour faire ses courses. Elle pense à mille choses dans sa tête. Elle pense à ses parents dans un autre pays durement frappé aussi par la pandémie. Elle pense à ses petits-enfants et à cet avenir inquiétant que nous leur avons fabriqué à coups d’aveuglement, de cupidité et d’ignorance. Elle pense à ces résidents et au nombre de décès qu’elle va découvrir en retournant au travail jeudi. Elle est prise d’un vertige en pensant au nombre de morts en Italie, en Espagne, en France, tous ces chiffres qui grossissent les rangs de la mort dans le monde entier. Elle imagine Azraël, l’ange de la mort, particulièrement affairé en ce moment, débordé par tous les morts qu’il faut enlever à la vie. Elle n’aurait jamais imaginé une crise sanitaire de cette ampleur en France. La France, ce pays qu’elle a choisi comme refuge en 1986, ne lui assure plus la protection dont elle a besoin aujourd’hui, non plus comme réfugiée politique (elle ne l’est plus depuis longtemps) mais simplement comme infirmière, simplement comme citoyenne.

    Elle oublie même qu’elle est en train de marcher sur un trottoir. Elle oublie de mettre un pied devant l’autre. Et elle tombe.

    Elle tombe sur le trottoir, se déchire le jean et saigne du genou.

    Devant elle, sur le même trottoir, avant qu’elle ne tombe, elle avait vu deux hommes qui marchaient et une femme derrière elle également.

    Après sa chute, les deux hommes et la femme ont couru sur le trottoir d’en face et ont déguerpi, la laissant seule, par terre, avec ses courses étalées sur le sol et son genou qui saigne.
    Madame, vous allez bien ?

    Elle a éclaté en sanglots. Elle a pleuré non pas parce qu’elle avait mal à son genou. Elle n’a même pas senti la douleur. Elle a pleuré parce que personne n’est venu vers elle, même en se tenant à distance, la distance sociale, la distance de sécurité, juste pour lui poser à 1,50 m de distance sociale, 1,50 m de distance de sécurité, cette simple question : madame, vous allez bien ?

    Non, ils ont fui. Ils ont fui parce qu’ils ont eu peur. Ils ont fui parce que la peur les rend inhumains.

    L’infirmière s’est relevée. Elle a ramassé ses courses. Elle est rentrée chez elle.

    Puisque aujourd’hui les premiers de cordée sont devenus invisibles et parfaitement inutiles à la nation, puisque aujourd’hui toutes celles et ceux que le gouvernement méprise maintiennent debout ce pays, alors je te nomme toi, l’infirmière de Seine-Saint-Denis, pour te faire sortir de l’ombre : Mithra Madjidi, ma mère.

    Mercredi 1er avril 2020

    Maryam Madjidi

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  2. Louis Jouvet

    Avez vous une réponse de la part du maire ? Car pour un courriel envoyé le lundi 6 avril, cela fait l’on…
    Nous cacherait on des choses au cabinet du maire ?
    Plus de maire ?
    D’ailleurs c’est la sénatrice qui depuis 3 semaines publie sur des sites non municipaux les communiqués de la ville…
    Bizarre, bizarre ?
    Car de fait elle endosse le rôle du maire….

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  3. N’étant pas obtus, nous avions vite compris que corona, ça veut dire couronne, que le Covid-19 faisait partie des virus dits couronnés, en raison de leur forme. D’où l’idée de marquer cette période inédite avec une cérémonie appelée peut-être à remplacer les césars en crise, la cérémonie des Corona pour couronner, les journalistes, plumitifs et toutes personnalités publiques s’étant particulièrement distinguées dans ces circonstances. Pourraient être nominés le préfet Lallement pour ses propos sur les patients en réanimation responsables en de leur état (et pour l’ensemble de son œuvre), l’écrivain Sylvain Tesson pour « subitement, on a moins envie d’aller brûler les ronds-points », le chroniqueur Emmanuel Lechypre pour « Ils enterrent des Pokémon », Jean-Michel Aphatie pour, « nous allons construire la France d’après comme la France d’avant avec “la haine du marché” et “la volonté de punir les riches” », Yves Calvi pour « la pleurniche permanente hospitalière ». Le grand corona du cynisme de classe allant logiquement à Geoffroy Roux de Bézieux.
    Maurice Ulrich

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  4. Marie-Christine Corbier

    Déconfinement : les dix obstacles à lever avant de rouvrir les établissements scolaires
    Nettoyage, masques, distance à respecter entre élèves, bus scolaires : le conseil scientifique a dressé, ce week-end, une longue liste de recommandations avant la réouverture des classes, à partir du 11 mai. L’inquiétude monte parmi les maires, les enseignants, les parents d’élèves. Quant aux chefs d’établissement, ils parlent d’une « mission impossible ».

    Le conseil scientifique recommande un nettoyage des salles de classe et des parties communes, « plusieurs fois par jour » avec des « produits adéquats ».

    Dans un avis publié samedi soir , le conseil scientifique a indiqué avoir « pris acte de la décision politique » de rouvrir écoles, collèges et lycées à partir du 11 mai . Tout en affirmant être opposé à cette réouverture, il liste, dans une note complémentaire, une série de recommandations préalables à cette remise en route. « Nous avons la base pour l’élaboration du protocole sanitaire annoncé pour donner un cadre sûr au déconfinement scolaire », a commenté samedi soir, sur Twitter, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. De nombreux obstacles restent toutefois à lever. Tour d’horizon en dix points.

    1 – Le nettoyage « minutieux »

    Le conseil scientifique recommande un nettoyage des salles de classe et des parties communes, « plusieurs fois par jour » avec des « produits adéquats ». Certains maires craignent de ne pas avoir le personnel ou les prestataires suffisants pour ce « nettoyage minutieux » qu’avait aussi réclamé l’Association des maires de France (AMF).

    2 – Le manque de points d’eau

    Y aura-t-il assez de toilettes et de lavabos dans les écoles ? Dans 25 % des écoles et 22 % des collèges et lycées, le nombre de points d’eau est insuffisant, pointait récemment une enquête de l’Observatoire de la sécurité des établissements. A Nice, le maire LR Christian Estrosi dit avoir engagé des travaux dans les sanitaires des écoles pour anticiper la reprise du 11 mai. Mais c’est loin d’être le cas partout.

    3 – Les masques

    Le conseil scientifique recommande le port du masque obligatoire « par les personnels des établissements scolaires et par tous les enfants à partir du collège ». Pour ceux de maternelle, il est « impossible ». Pour les élèves de primaire, tout dépendra de leur bonne compréhension. Il sera « très compliqué de demander à un enfant de 10 ans ou 11 ans de porter un masque toute la journée », admettait vendredi le ministre de la Santé, Olivier Véran. D’autres questions se posent : qui fournira les masques ? Seront-ils gratuits ?
    Concernant les tests, que les syndicats d’enseignants voulaient « massifs », le conseil scientifique considère que cela n’est « pas envisageable », car un dépistage massif des élèves et des adultes des établissements scolaires « concernerait plus de 14 millions de personnes et devrait être renouvelé régulièrement (tous les 5-7 jours) ». En revanche, en cas de symptômes, l’enfant devra réaliser un test de dépistage avant de pouvoir retourner à l’école.

    4 – Le « brassage » des élèves

    Ecoles, collèges et lycées devront respecter « au moins » un mètre entre les tables, selon le conseil scientifique. La même distance s’impose dans les couloirs et les escaliers. « Le médecin du travail doit s’assurer que les mesures barrières sont strictement respectées sur le lieu de travail », affirme encore le conseil. « La préconisation a beaucoup fait sourire, confie Jean-Rémi Girard, président du syndicat Snalc. Le nombre de médecins scolaires est tellement ridicule qu’on ne voit pas comment cela pourrait être appliqué. »

    En cas d’espace insuffisant, les experts suggèrent d’ouvrir les établissements « au rythme auquel ils peuvent accueillir les enfants dans de bonnes conditions sanitaires », à savoir un jour sur deux, une semaine sur deux ou par demi-journées. Les temps de récréation devront aussi « être adaptés à cette stratégie de non-brassage des élèves ».

    5 – L’école… pour y faire quoi ?

    Le rythme d’accueil des enfants doit, selon le conseil scientifique, « avant tout dépendre du programme scolaire ». Jean-Michel Blanquer a seulement précisé que le but n’était « pas de finir le programme », mais celui de la « socialisation ». « La question n’est pas tant de savoir quand ni comment mais pour quoi faire », insiste Rodrigo Arenas, président de la FCPE, principale fédération de parents d’élèves.

    6 – Le volontariat

    Le retour à l’école se fera « sur la base du volontariat » pour les élèves, mais « pas pour les enseignants »,a souligné jeudi l’Elysée . « Il n’est pas question qu’un professeur se mette en danger en sortant du confinement », avait toutefois affirmé auparavant Jean-Michel Blanquer. Après la publication de l’avis du conseil scientifique, l’inquiétude des syndicats d’enseignants redouble d’intensité. « La santé des élèves et des adultes ne doit pas se jouer à la roulette russe de l’agenda politique », a réagi Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du SNES-FSU, principal syndicat d’enseignants du secondaire pour lequel « la date du 11 mai est largement prématurée ». Tandis que le Snalc a réclamé avec virulence « que l’avis du conseil scientifique soit suivi, et que le gouvernement annonce au plus vite que les écoles, collèges et lycées resteront fermés jusqu’en septembre ». Les syndicats ont tous en tête la question du droit de retrait, qui se posera aussi pour les agents des collectivités. Certains syndicats ont prévu de déposer un préavis de grève préventif.

    7 – La taille des classes

    Le conseil scientifique ne dit rien de la proposition de Jean-Michel Blanquer de mettre en place des groupes de quinze élèves par classe. Mais, de fait, si l’espacement d’un mètre ne peut être respecté, il pourrait y avoir moins de quinze élèves par classe. Ce chiffre avait d’ailleurs été jugé « trop élevé », par le rapport piloté par le sénateur LR Jacques Grosperrin publié en fin de semaine dernière. Pour les chefs d’établissement, les contraintes paraissent énormes : « Déjà une à une, les préconisations du conseil scientifique pour rouvrir les établissements scolaires, c’est extrêmement compliqué. Mais toutes ensemble, c’est mission impossible », a réagi dimanche Philippe Vincent, secrétaire général du SNPDEN, principal syndicat de chefs d’établissement, sur Europe 1.

    8 – Les locaux à trouver

    Devant les députés, le 21 avril, Jean-Michel Blanquer a proposé aux communes « d’avoir des activités sportives, en gymnase ou en parc ». Les élèves seraient donc : soit en enseignement à distance, soit en classe, soit à l’étude si leur établissement le permet, soit dans des activités périscolaires au sein d’un nouveau programme « sport, santé, civisme et culture ». Dans ce dernier cas, les communes devront trouver des gymnases ou des salles, et mettre à disposition des personnels. Elles regrettaient la semaine dernière ne pas avoir été associées aux décisions.

    9 – Le déjeuner en classe

    Il faudra, « si possible », « que les enfants mangent dans la salle de classe à leur table », préconise le conseil scientifique.Sans dire qui nettoiera ensuite les tables. Dans les transports scolaires, « une multiplication de l’offre devrait permettre de réduire la densité des élèves », suggèrent les scientifiques. « Faut-il un enfant par siège ? Ou qu’ils soient assis en quinconce ? s’interroge le sénateur LR Jacques Grosperrin. Les régions ont besoin d’informations complémentaires. Tout cela donne un sentiment d’amateurisme. » S’il faut dédoubler les bus, cela signifie aussi des charges financières supplémentaires pour les collectivités et trouver les bus en question.

    10 – La gestion des attroupements

    « L’accueil des enfants les plus petits devra être organisé de façon à ce qu’il n’y ait pas d’attroupement de parents à l’entrée de l’établissement scolaire », estime le conseil scientifique. Des directeurs d’école réfléchissent déjà à un fléchage au sol, mais encore faudra-t-il des adultes
    disponibles pour le faire respecter.

    Par Marie-Christine Corbier, Les échos

    Publié le 27 avr. 2020 à 6h30 Mis à jour le 27 avr. 2020 à 9h05

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