« La pollution de l’air a des conséquences majeures sur la santé des enfants. Plus ils sont exposés jeunes, plus les conséquences seront importantes. » On constate « des asthmes de plus en plus sévères et qui surviennent de plus en plus tôt. »
Jocelyne Just, pédiatre, pneumologue et cheffe du service d’allergologie pédiatrique à l’hôpital Armand Trousseau, à Paris, est interrogée par Stéphane Mandard ; entretien publié sur le site du Monde
Quelles sont les conséquences de la pollution de l’air sur la santé des enfants ?
La pollution de l’air a des conséquences majeures sur la santé des enfants. Je le constate tous les jours dans nos services. A la fois avec des nouveaux cas d’asthme et avec des enfants souffrant d’asthme sévère dont l’état est aggravé par la mauvaise qualité de l’air que nous respirons en Ile-de-France et en particulier à Paris. A chaque pic de pollution, les urgences se remplissent. Mais au-delà de ces épisodes, c’est la pollution de fond que nous connaissons à Paris qui a des effets néfastes sur la santé des enfants.
Outre l’asthme et les allergies respiratoires, la pollution de l’air va avoir des répercussions sur la croissance pulmonaire qui peut être altérée et peut entraîner des dysfonctionnements immunitaires. Elle augmente le risque d’avoir des maladies pulmonaires plus tard et des pathologies vasculaires aiguës comme les AVC ou les infarctus. Des études ont aussi établi un lien avec des pathologies neurologiques comme l’autisme.
En quoi les enfants sont-ils particulièrement sensibles ?
Les enfants sont plus fragiles. Leur appareil respiratoire est immature, c’est-à-dire qu’il n’est pas encore développé. Plus ils sont exposés jeunes, plus les conséquences seront importantes. Des études ont même montré que des mères exposées à la pollution pendant leur grossesse avaient davantage de risque d’avoir des bébés de petit poids, avec des poumons plus petits et avec des risques accrus de devenir asthmatiques.
Les enfants ventilent plus, et de par leur petite taille, ils sont plus proches des sources de pollution comme les pots d’échappements. A la crèche, dès qu’il fait beau, les enfants passent plus de temps dehors et sont donc plus exposés.
Possédez-vous des données épidémiologiques au niveau de l’Ile-de-France ?
Nous n’avons malheureusement pas de données épidémiologiques à l’échelle de l’Ile-de-France. Mais ce que nous constatons, au niveau de la région parisienne, ce sont des asthmes de plus en plus sévères et qui surviennent de plus en plus tôt. Au niveau national, les allergies respiratoires ont explosé. On estime aujourd’hui que 10 % de la population est asthmatique et 30 % sujette à des rhinites allergiques. Et elles s’accompagnent d’une hausse des allergies alimentaires. Si bien qu’aujourd’hui, il n’est pas rare que des enfants cumulent asthme, allergie respiratoire, alimentaire voire cutanée.
A Paris, le fait d’avoir planté des bouleaux, très allergènes, après la tempête de décembre 1999, a contribué à l’explosion des allergies respiratoires. On l’observe à partir de février : avec la conjonction de la pollinisation des arbres et des pics de pollution, on assiste à des crises encore plus sévères car les polluants vont à la fois rendre le pollen plus allergisant et avoir un effet irritant sur les voies respiratoires.
Quelle est la principale source de pollution ?
La première source à Paris et en Ile-de-France, c’est très clairement la voiture. Nos collègues britanniques utilisent d’ailleurs désormais la formule « traffic pollution » pour caractériser les effets de la pollution liée au trafic automobile qui est un cocktail de polluants mixant gaz et particules fines, les particules étant ce qu’il y a de pire sur le plan des dysfonctionnements immunitaires. Aujourd’hui, nous disposons de nombreuses et robustes études scientifiques et médicales qui font le lien avec la survenue de l’asthme et de l’autisme chez l’enfant et de maladies comme Alzheimer ou Parkinson chez l’adulte.
Et plus vous vivez proche d’un axe routier important (ce n’est pas la même chose d’être à 100 mètres ou à 300 mètres) plus ce risque augmente. A Paris, nous vivons tous, à des degrés d’exposition variables, à proximité d’un axe routier. C’est pourquoi il faut absolument trouver des alternatives à la voiture dans les grandes villes. Une étude menée en Californie du Sud a bien montré que lorsqu’on diminue le trafic automobile, on améliore la qualité de l’air et la santé respiratoire des enfants.
À notre échelle, que faire ? Réduire la circulation automobile dans notre ville, c’est possible : Saint Gratien est un petit territoire où nombre de déplacements peuvent se faire à pied, en vélo, à trottinette… Encore faut-il rendre faciliter ces déplacements alternatifs : aménagements cyclables, espace suffisant pour les trottoirs, navette communale, parcs pour vélos et trottinettes sécurisés et abrités, mise en place de pédibus pour accompagner les enfants à l’école à pied et ainsi désengorger les sorties des établissements scolaires d’une circulation très importante…. autant de pistes qu’il nous faut étudier rapidement. Il en va de la santé des enfants gratiennois.
Les beaux jours arrivent ? Hélas ! Pour les écoliers de la commune, cela signifie trop souvent interdiction du sport à l’extérieur, pour cause de pollution accrue en cas de belles journées sans vent…

« Dans notre commune, nous avons mis à disposition des formulaires de doléances et proposé un débat », nous rappelle-t-il. Double erreur. Au Conseil municipal de décembre, interrogé par nos soins sur la forme que pourraient prendre dans notre ville les « cahiers de doléances », le maire répondait que rien de plus que les « feuillets en accès libre aux horaires d’ouverture de la mairie », déjà existants, ne serait mis en place. Il indiquait également n’avoir reçu aucun courrier du gouvernement pour organiser une « consultation citoyenne ». On sentait déjà une furieuse envie d’y participer. Fin janvier, nous avons fait savoir au maire que nous organiserions une soirée-débat si la ville ne prévoyait pas de le faire. Trois semaines ont passé pour qu’enfin le maire nous informe que ce « grand débat » aurait bien lieu, sous la houlette d’un animateur indépendant. C’est donc bel et bien poussé par son opposition que le maire s’est engagé dans la tenue d’un débat. Au passage, peut-être que l’ « animation » en question, c’est-à-dire le rappel de quelques règles élémentaires de débat en début de réunion, et la circulation du micro pendant la séance, aurait pu être à la portée d’un maire. Mais visiblement le nôtre n’avait pas du tout envie de se mouiller dans cette histoire. Alors que les villes voisines se prêtaient à l’exercice avec davantage de conviction et tenaient plusieurs séances d’échanges, ou des séances thématiques en direction d’un public ciblé (les jeunes, par exemple !), à Saint Gratien le « grand débat national » a été réduit à sa plus simple expression. Comment faire en sorte qu’une initiative que vous ne souhaitez pas, fasse « flop » ? C’est assez simple. Faites le minimum de publicité. Un onglet confidentiel sur le site de la ville, qui a déjà servi pour annoncer que les « feuillets en accès libre » à l’accueil de la mairie se sont miraculeusement transformés en « cahiers de doléances ». Peu probable donc que les personnes qui ont déjà cliqué là, le refassent pour voir si quelque chose a évolué… Faites placer, sur à peine un quart des panneaux de la ville, quelques affichettes au format le plus réduit possible. Choisissez la date la moins propice possible à la participation, par exemple un lundi soir de retour de vacances scolaires, et un horaire qui empêche tout salarié d’être présent, par exemple 19h30, terminez par une amplitude horaire minimale, c’est-à-dire deux heures. Lancez une consigne de boycott de la réunion parmi vos amis, ce qui fait qu’aucun élu de la majorité sur les 31 n’assistera à la séance, sauf un courageux qui a passé outre. Faites toutefois vous-même une courte apparition en début de séance pour qu’on ne vous reproche pas de vous être totalement désintéressé de l’affaire.
Voici la tribune de notre groupe municipal « Saint Gratien solidaire et citoyen », à paraître dans le magazine de la ville de mars/avril 2019. 





Hélas ! C’est surtout le bouche à oreilles qui a fonctionné en ville pour faire connaître cette initiative car force est de constater que la communication municipale a été fort insuffisante : une affichette confidentielle sur quelques panneaux d’information en ville, deux lignes cachées derrière un modeste onglet sur le site de la ville, pas d’annonce sur la page Facebook de Saint Gratien. Est-ce là une réticence à s’engager dans le débat ? Hésitation à entrer dans un dispositif trop audacieux et trop éloigné des traditionnels jeux de questions/réponses des réunions de quartier ? La même frilosité, pour ne pas dire plus, qu’en Conseil municipal où les débats sont rapidement évacués ? Volonté affirmée de ne pas contribuer à un processus initié par la majorité présidentielle ? Le fait est que si les quatre élus minoritaires du Conseil étaient tous présents, un seul, sur les 31 élus de la majorité, a participé au débat… Une telle absence massive ne peut être que délibérée. Pour ma part, je le regrette : les occasions d’échanger ne sont pas si fréquentes dans notre ville, pour ne pas dire inexistantes. Et les participants à la réunion des Raguenets sont sortis plutôt satisfaits de leur soirée. Sans nous faire trop d’illusions sur les retombées nationales du grand débat, les possibilités de rencontres entre citoyens ne sont jamais à négliger. Notre participation visait à écouter, plus qu’à avancer nos propositions, car nous ne confondons pas grand débat et réunion du Front de Gauche. Cela ne nous a pas empêché d’intervenir, comme tout citoyen présent ce soir-là.





Marie-Pierre Vieu
Militante des droits de l’Homme depuis plus de 30 ans, durant ce second mandat, Marie-Christine Vergiat a été membre des commissions « libertés civiles », « affaires étrangères », de la sous-commission des droits de l’Homme et de la commission spéciale sur le terrorisme.