Je partage cet éditorial de Fabien Gay, dans l’Humanité magazine de cette semaine.
Au lendemain du drame d’Annecy, prétexte à bien des dérives, et à l’approche de l’examen du projet de loi sur l’immigration, qui hélas, nous en prépare d’autres, rappelons notre attachement à la notion d’humanité.
Ce texte a été écrit avant la tragédie grecque qui a vu la mort de centaines de migrants noyés en Méditerranée. Une nouvelle illustration cruelle de la politique migratoire de l’Europe forteresse.
Les dessins sont parus dans l’Humanité quotidienne.
Les enfants de la République
Apaiser ou diviser ? On ne sait plus ce que recherche vraiment l’exécutif durant ces 100 jours. Minoritaire, devenu autoritaire, il semble qu’il ait eu recours à une vieille ficelle pour sortir de l’asphyxie des derniers mois : l’immigration serait responsable de tous les maux. Mais cette nouvelle tentative de division semble révéler bien autre chose, comme un changement de logiciel au sommet de l’État et en Europe, mise sous pression par d’énièmes coups de menton de l’extrême-droite et d’une grande partie de la droite républicaine. Les libéraux ne gouvernent décidément pas de la même manière avec un mouvement ouvrier puissant, solidaire et victorieux, et quand l’extrême-droite est présente au second tour de l’élection présidentielle pour la troisième fois en vingt ans. Et qu’elle instille ses idées dans le débat public, aidée en cela par des réseaux actifs qui instrumentalisent le moindre drame.
Posons la question clairement : y a-t-il un problème de l’immigration en France ? Si oui, c’est bien celui du déni de droits qu’on fait subir à ces populations immigrées, confrontées à un racisme de plus en plus décomplexé. En réalité, on attaque un principe fondamental : l’universalisme. En remettant en cause des droits fondamentaux comme la santé, le travail ou l’asile, ce sont nos principes républicains qui sont attaqués.
Les droites et leur extrême parlent de « submersion », mettent un signe égal entre immigration et délinquance ou affichent encore le « coût de l’immigration », qui serait une charge financière pour la nation. Des mensonges répétés mille fois ne font toujours pas une vérité. Ces affirmations grossières et mensongères ne servent qu’à nourrir leur fond de commerce rance et raciste.

Derrière les mots, il faut rappeler une évidence. Nous parlons d’êtres humains qui ont souvent fui la guerre, la misère ou l’oppression au péril de leur vie quand ils sont aux mains de passeurs qui s’enrichissent sur des parcours de vie brisés. Notre devoir est déjà, dans un premier temps, de les accueillir dans la dignité et le respect.
Il est d’ailleurs surprenant que peu s’émeuvent des taux de refus importants pour des ressortissants de pays tels que l’Afghanistan, le Bangladesh, la Turquie, la Géorgie ou encore la République démocratique du Congo. Parce que l’immigration ne se réduit pas aux demandeurs d’asile : nos frères et sœurs d’humanité participent à la vie de la cité et sont partie prenante de la vie associative dans nos villes, occupent les emplois les plus difficiles, aux horaires souvent décalés. Essentiels à la nation, ils sont aussi beaucoup plus touchés par les petits salaires et la précarité, victimes de l’austérité qui frappe les services publics. Enfin, ils subissent de plein fouet le racisme, alors qu’ils deviennent, majoritairement, français.
Quand les réactionnaires parlent d’immigration, ils évoquent en réalité nos compatriotes issus de parents nés au Maghreb ou en Afrique subsaharienne et qui sont, encore, renvoyés à ce thème alors qu’ils sont nés en France. Ils sont les cibles privilégiées de cet arc antirépublicain qui rêverait de mettre une hiérarchie entre les enfants de la République.
Les racistes en profitent souvent pour cracher leur haine islamophobe, préjugeant que nos enfants ont une appartenance réelle, supposée ou préjugée, musulmane, en faisant un amalgame honteux entre islam et terrorisme.
Plus que des mots, il faut entrer dès maintenant en action pour battre en brèche un nouveau projet régressif contre les droits des migrants qui porte atteinte à nos fondements républicains et aux droits de tous les enfants de la République. 




Voici le texte de notre tribune libre, écrite pour le groupe municipal « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen », à paraître dans le magazine de la ville de juin 2023. Nous avons choisi de consacrer notre (court) espace à la hausse très conséquente du taux communal de la taxe foncière. 



À Saint Gratien, le souvenir de la Résistance nationale et locale est présent à travers le nom donné à de nombreuses places, rues, écoles : Jean Moulin, Jean Zay, Pierre Brossolette, Gabriel Péri, Danielle Casanova… Suzanne Barroul, Maxime Hébert, Robert Joubel.. 



Forte affluence au stand ; mis en avant beaucoup de conseils, pour débuter un petit potager aux dimensions de l’habitation du quidam qui pose des questions ; en vente des plans de fleurs et de légumes (tomates, courgettes…). Avec échanges avec sa présidente qui nous dit que le jardin partagé, cela marche bien ! Afflux de scolaires entre autres. Il y a même maintenant un soutien de la ville en eau et en compost. Des rapports maintenant « normalisés »… qu’on retrouve partout dans les autres villes… Et surtout un lieu où poussent des fleurs et des légumes et où se crée du lien, du liant social…









Hormis l’atelier éphémère de réparations rapides pour les vélos… la ville n’avait rien prévu place Catinat pour promouvoir les déplacements doux… Un paradoxe ? Car une fois que le vélo est réparé, comment le fait-on rouler en ville ? C’est l’objectif de MDB et de son antenne locale à Saint Gratien : promouvoir les mobilités douces par l’aménagement d’équipements ad hoc en ville …



Il nous était reproché de ne pas avoir d’autorisation. Or, si ! MDB a bien demandé à être invité si la manifestation avait lieu : il lui a été répondu « peut-être ». Puis que « c’était complet »..
Nous avons donné nos pièces d’identité que relevait la maréchaussée, qui tout de go nous opposait dans l’ordre : qu’il était « Interdit de distribuer quoi que ce soit ! ». « D’être là avec un kakémono !». Pourquoi ? Parce que « C’est la procédure ! ». « Laquelle ? » « Ne sait pas »…
Nous n’étions pas les bienvenus… Mais en même temps, les fonctionnaires de police étaient d’accord avec les enjeux que notre présence sur le site incarnait… Puis finalement gênés. Au point de ne pas trop savoir quoi faire…
En fin d’après-midi, un enfant dont les parents étaient venus nous dire leur désappointement quant à la pauvreté des équipements cyclables en ville, nous a tiré·e·s par la manche pour nous dire qu’un chien « tout fou » tournait sans laisse sur le site et mangeait les goûters des enfants… Il procédait à ses prises de pains au chocolat et autres viennoiseries en leur mordant les doigts… il fallait agir… et vite car plusieurs goûters avaient déjà été engloutis…





Son nom a été donné dès fin 1944 à une des plus importantes avenues de Saint Gratien.


Le 9 mai 1943, Danielle Casanova meurt du typhus. Un cortège funèbre traverse les allées du camp sous le regard médusé des SS. Une nouvelle et dernière fois, elle aura créé l’exception.



Une puissance fédératrice 