Liberté, fraternité… inégalités ! (2)

Après les émeutes de ces derniers jours, certains politiques stigmatisent les populations des banlieues, ne voyant de solutions que dans des dispositifs sécuritaires et répressifs à outrance. Mais quelle est la réalité de ces quartiers ? L’État y a-t-il réellement investi, pour quels résultats ?

La suite…

« Un immense problème d’encadrement : Il faut des adultes, que ce soient des forces de l’ordre, que ce soient des enseignants, que ce soient des travailleurs sociaux »

L’État s’engage depuis plusieurs années à rénover les logements, améliorer l’éducation et l’attractivité dans ces zones. Chaque année, des milliards d’euros sont investis, soulignent les collectivités. Selon la Cour des comptes, qui intègre les dépenses des collectivités locales, la somme atteindrait les 10 milliards d’euros par an, soit l’équivalent du budget de la Justice.

Mais cette somme est moins élevée, juge l’institut Montaigne, qui resserre la focale sur les dépenses de l’État : 6 milliards d’euros sont investis dans les quartiers prioritaires. Et l’État dépense « en plus pour les habitants des QPV, (quartier politique de la ville), environ 850 euros par an et par habitant », explique au micro d’Europe 1 Hakim El Karoui, auteur d’un récent rapport sur les quartiers pauvres.

« Un immense problème d’encadrement »

« Moi je pense que l’État dépense probablement assez d’argent, mais il devrait mettre moins d’argent dans la rénovation des bâtiments et plus d’argent dans l’accompagnement. Et nous avons un immense problème avec l’encadrement. C’est exactement ce qu’on voit avec les émeutes. Il faut des adultes, que ce soient des forces de l’ordre, que ce soit des enseignants, que ce soit des travailleurs sociaux », poursuit-il.

Source : L’État investit-il suffisamment d’argent dans les quartiers prioritaires ?

Dépenses publiques : la Seine-Saint-Denis n’est pas un territoire gâté de la République

Eric Zemmour et d’autres stigmatisent le département francilien et les banlieues, en diffusant l’idée selon laquelle ils crouleraient sous les subventions, au détriment du monde rural et périurbain. Un rapport parlementaire de 2018 démonte pourtant ce préjugé.

Il faut casser, encore une fois, cette idée fausse sur laquelle prospère l’extrême droite et qui domine toujours, comme une vérité acquise, dans la musique de fond du débat public. Idée selon laquelle les cités, et singulièrement celles de Seine-Saint-Denis, seraient des terres gorgées de subventions, les territoires gâtés de la République.

Éric Zemmour parle même de territoires hyper privilégiés qui capteraient, au détriment du monde rural ou périurbain, toute l’attention financière des gouvernements successifs.

Les émeutes du moment seraient le signe que la crise n’est pas sociale.

 Le signe de l’ingratitude de populations profiteuses de la manne publique, prélevée sur les impôts des bons Français calmes et travailleurs des villes moyennes et des campagnes. La preuve du caractère identitaire de la crise.

Ces idées sont toutes fausses et ont été documentées et contrées dans un rapport parlementaire dont il ne faut cesser de faire la publicité : c’est à lire ici.

Source : Thomas Legrand dans Libération

Stéphane Bauer avec des photos du quartier des Raguenets

À suivre…

 

Liberté, fraternité… inégalités ! (1)

Après les émeutes de ces derniers jours, certains politiques stigmatisent les populations des banlieues, ne voyant de solutions que dans des dispositifs sécuritaires et répressifs à outrance. Mais quelle est la réalité de ces quartiers ? L’État y a-t-il réellement investi, pour quels résultats ?

La litanie des plans gouvernementaux pour les banlieues, annoncés au fil des décennies, a ancré l’idée selon laquelle « les quartiers dits prioritaires bénéficiaient d’un traitement de faveur par rapport à d’autres territoires ».

Voici à titre d’exemple un florilège lu sur les réseaux sociaux, y compris sur ceux gérés par des responsables de notre majorité municipale, qui après s’être pris tout sourire sur le perron de notre mairie lundi, se sont déchainés sur leurs propres sites.

« Trop d’argent dépensé dans les banlieues ! On n’a jamais fait autant pour les quartiers qu’au cours des quinze dernières années ! Des milliards « balancés » par les fenêtres ! Politique de la ville : le tonneau des Danaïdes ! …. »

Plutôt que polémiquer, nous avons rassemblé quelques éléments d’analyse, tous sourcés, certains datant de plus de 10 ans, d’autres publiés suite aux récentes émeutes, montrant l’absence de volonté politique de mettre fin à la relégation des quartiers populaires.

Avril 2017, entre les deux tours de l’élection présidentielle, E.Macron promet de « ramener l’État dans les quartiers ».

Mais en juillet 2017, un décret publié en catimini entérine dans le même temps une coupe sombre dans certaines dotations aux collectivités et un coup de rabot de 11% dans l’enveloppe dédiée aux contrats de ville.

Ce qui motivera l’Appel de Grigny, initié par des maires représentant tout le spectre politique, puis la commande du Plan Borloo*.

Emmanuel Macron promet de « ramener l’État dans les quartiers » (lagazettedescommunes.com)

* Le chef de l’État a reconnu mardi dernier avoir été « maladroit », quand les maires qu’il a reçus a l’Élysée ont fustigé son choix d’enterrer en 2018 le plan de l’ex ministre Jean-Louis Borloo pour les Banlieues (20 minutes Paris IDF – 5 juillet 2023). 

8 euros mensuels par habitant – moins de 1 % du budget de l’État.

Les crédits de l’État du programme 147 « politique de la ville » s’élèvent à 498 millions d’euros dans la loi de finances pour 2020, soit 0,13 % du budget de l’État. Alors qu’environ 5 millions d’habitants résident dans les quartiers concernés, cette dotation représente de l’ordre de 8 euros mensuels par habitant.

Si l’on ajoute les dotations de péréquation, c’est-à-dire les mécanismes de redistribution au bénéfice des communes défavorisées, les dépenses fiscales associées à la politique de la ville ainsi que les contributions à la rénovation urbaine, l’effort est déjà plus conséquent, mais il reste inférieur à 1 % du budget de l’État.

« Trop d’argent dépensé dans les banlieues » ? (lagazettedes communes.com)

Des financements supplémentaires destinés aux Cités éducatives passés sous silence

Le budget consacré à la politique de la ville dans le projet de loi de finances pour 2022 présenté le 22 septembre est en hausse de 45 M€. Des financements supplémentaires destinés aux Cités éducatives et aux Bataillons de la prévention… et curieusement passés sous silence lors de la présentation du projet de loi, se sont étonnés les élus de banlieue.

« Je suis stupéfait » : Marc Goua, maire de Trélazé (Maine-et-Loire) et vice-président de l’association Ville et Banlieue, a relu trois fois le document officiel de présentation du Projet de loi de finances pour 2022… sans voir citée la politique de la ville. « La ministre déléguée, Nadia Hai, doit elle-même être offusquée par ce désintérêt », suppute-t-il.

https://www.lagazettedescommunes.com/765533/banlieues-le-budget-2022-fait-la-part-belle-aux-cites-educatives-et-a-la-prevention/

Le petit plus qu’on donne au titre de la politique de la ville, ne compense pas le moins qui est lié au fonctionnement ordinaire des politiques publiques »

C’est vrai que certains chiffres peuvent donner le tournis : 45 milliards d’euros depuis 2003 pour la rénovation urbaine. Sauf que d’abord on ne chiffre jamais ce qui constituerait « l’argent pour la ruralité » ou « l’argent pour les centres villes ». Sur cette énorme enveloppe pour le bâti, il faut aussi rappeler qu’un seul milliard a été dépensé directement par l’État. Le reste est financé en grande partie par action logement, c’est à dire par les entreprises et donc les salariés.

Quant à l’argent de la « politique de la ville » de manière générale, on est là à seulement 1% du budget de l’État, explique le sociologue Renaud Epstein : « la réalité c’est qu’on ne donne pas plus. On donne moins. Le petit plus qu’on donne au titre de la politique de la ville, ne compense pas le moins qui est lié au fonctionnement ordinaire des politiques publiques »

Les coups de pelleteuses, et les habitants en témoignent, ne suffisent pas à améliorer nettement la situation sociale d’un certain nombre de territoires.

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-campagne-presidentielle-a-l-epreuve-des-faits/politique-de-la-ville-l-argent-public-a-t-il-ete-inutilement-depense-

 Stéphane Bauer

À suivre…

Tout était dit

Depuis des années, des élus alertent sur la situation des « banlieues ». En 2017, l’appel de Grigny (dix mesures d’urgence afin de relancer les investissements dans les quartiers, pour une République inclusive), et en 2018 le fameux plan Borloo… autant d’alarmes ignorées par les gouvernements… « Tout était dit« . Mais jusqu’à quand le pouvoir sera-t-il sourd ?

Je partage ci-dessous un article de « La Dépêche », où Jean-Louis Borloo rappelle les alertes.   

Émeutes urbaines : « Cela peut mal finir »… quand Jean-Louis Borloo tirait la sonnette d’alarme en mars 2022

Dans un ouvrage publié en mars 2022, l’ancien ministre Jean-Louis Borloo alertait déjà sur la situation alarmante des banlieues françaises, et appelait à un « sursaut immédiat et puissant ».

En mars 2022, Jean-Louis Borloo, dont le plan Banlieue baptisé « réconciliation nationale » avait été retoqué en 2018 par Emmanuel Macron, avait une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme sur la situation dans les quartiers défavorisés. À l’heure où la mort du jeune Nahel, tué par un policier, a causé émeutes, destructions de bâtiments publics et pillages dans de nombreuses villes de France, « L’Alarme » résonne d’une étonnante actualité.

Dans ce petit ouvrage de 96 pages publié sur internet, l’ancien ministre décrivait un pays « aux poutres fissurées et en danger » et appelait à un « sursaut immédiat et puissant », estimant « urgent de refaire nation ». « Parce que cela peut mal finir », écrivait-il, reprenant l’expression de l’ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, selon laquelle « nous vivons côte à côte, peut-être finirons-nous par vivre face à face ».

« Je vois la société se radicaliser »

« Je vois la société se radicaliser et être de plus en plus violente (…) la France condamnée pour traitement indigne dans ses prisons pour la dixième fois, la gronde des magistrats, celle des avocats (…) la désespérance des agriculteurs, celle des professeurs dans certains quartiers, seuls devant une tâche immense (…) l’inquiétude des parents devant une école qui n’est plus partout une promesse (…) l’affaiblissement du Parlement (…) je vois monter la discrimination sur notre sol ».

Après « la colère des émeutes urbaines de 2005 et des Gilets Jaunes de 2018 », il dénonçait « l’envie de trouver des boucs-émissaires », « cette peur de l’altérité de la part d’un des peuples pourtant les plus généreux du monde » et « l’échec (« provisoire », a-t-il espéré) de la cohésion sociale ».

Jean-Louis Borloo appelait de ses vœux un examen des « causes réelles et sérieuses » de l' »affaiblissement » des « poutres de la République » et la prise de « décisions essentielles dans l’organisation des pouvoirs publics », faute de quoi « cela pourrait devenir explosif ».

« Conseil national de la République »

Dans cet opus, il proposait la création d’une « sorte de conseil national de la République » et « d’organiser la coalition de tous les grands acteurs publics sur six urgences absolues »: « la justice et l’ordre républicain,la réconciliation nationale, la jeunesse, la santé, l’habitat, l’énergie et la lutte contre le dérèglement climatique ».

Interrogé dimanche sur ce que lui inspiraient les violences urbaines des derniers jours, il a répondu à l’AFP: « relisez l’appel de Grigny de 2017, le plan de réconciliation nationale de 2018 et l’Alarme 2022. Tout était dit, je crois« .

V.G. avec AFP ; photos du rassemblement devant la mairie de Saint Gratien le 3 juillet 2023

Les urgentistes d’une République essorée

« Unir le peuple » : l’appel de 100 maires communistes et citoyens

Dans une lettre ouverte, les édiles de la Coopérative des élu.e.s communistes, républicain.e.s et citoyen.ne.s (Coop CRC), « urgentistes d’une République essorée », exigent un débat national « sur la cohésion territoriale, contre les discriminations et les précarités ».

Voici le contenu intégral de cette lettre.

Devant les images accablantes et inadmissibles de la mort d’un jeune de 17 ans, Nahel, tué à bout portant par un policier, notre pays a basculé dans la violence. Nous, maires, avec les élus locaux et les agents des services municipaux, avons passé ces derniers jours et nuits à jouer à la fois les médiateurs et les urgentistes d’une République essorée, fracturée, fracassée.

Drame après drame, il semble que notre pays n’en retienne aucune leçon. Les faits sont durs : nous constatons depuis vingt ans une dégradation des rapports entre la police, la population et la jeunesse, avec des phénomènes de brutalité, associés aux discriminations, qui touchent le reste de nos institutions.

Les discours guerriers contre la délinquance ne sont que poudre aux yeux pour mieux cacher les baisses d’effectifs de la police nationale et le démantèlement des renseignements généraux. Dans nos villes, les commissaires en place nous confient chaque semaine leur dépit face au manque de moyens. Comme le reste des services publics, la police est victime des politiques néolibérales, du profit roi. Il faut aussi redonner les moyens à la justice, en particulier celle des mineurs, d’être efficace.

Nous avons besoin d’un grand débat national pour permettre à la police de servir le peuple, et lui en donner les moyens. Il faut changer les conditions de formation des agents et leur doctrine d’engagement. Il faut dire et redire que les habitants des quartiers populaires sont les premières et principales victimes de ces violences urbaines, qui ne servent aucune cause et que nous dénonçons. Les cibles sont des transports publics qui sont ceux qu’eux-mêmes, ou leurs parents, empruntent pour aller travailler, les écoles où leurs frères et petites sœurs construisent leur avenir, des mairies où leur famille se rend au quotidien.

Dans une triste ironie, les services publics de proximité ne sont pas épargnés par une jeunesse désemparée, sans perspective, et qui voit ses parents s’acharner au travail pour des salaires de misère qui ne leur permettent pas de vivre dignement. Le travail doit être synonyme de fierté et d’émancipation.

Le rapport Borloo « Vivre ensemble – vivre en grand la République, pour une réconciliation nationale » a subi un enterrement de première classe. Nous, élus locaux, porte-voix des habitantes et habitants, avec les associations, avions travaillé à cette réconciliation nationale. Une occasion manquée par le pouvoir. Dans beaucoup de nos banlieues, nous sommes passés de la pauvreté à la misère sous l’effet du Covid et de la crise énergétique. Dans le ­logement social, la régularisation annuelle des charges est synonyme de 13e mois de loyer. Le taux de chômage y est 2,7 fois supérieur à la moyenne nationale, dans un environnement de plus en plus invivable sous l’effet du réchauffement climatique.

Dans nos campagnes, les services publics essentiels sont réduits à peau de chagrin. Santé, loisirs, éducation, gendarmerie… tous sont exsangues, dommages collatéraux de la notation financière internationale. Tous ces facteurs ont permis à l’idéologie nauséabonde de l’extrême droite de se développer. Cela doit cesser ! Il n’y a pas de territoires « perdus » de la République. Il existe aujourd’hui une « République » qui exclut les habitants des banlieues comme elle exclut la France rurale où la crise des gilets jaunes avait débuté. L’ONU nous a régulièrement alertés sur les dérives de notre système « tout-­répressif ».

Plus que jamais, nous avons besoin d’une politique nationale et des moyens pour rétablir la cohésion nationale. Les choix libéraux ont précipité notre société vers l’individualisme et la précarité : les droits élémentaires à l’éducation, à la sécurité, à la santé, au logement, aux transports, au sport, à la culture et à l’emploi doivent être une réalité garantie par l’État et par les politiques des gouvernants. Les services publics sont les premiers vecteurs d’égalité et de justice de notre pays. Il faudra également garantir aux collectivités un fonds d’urgence pour la réparation des dégâts.

Nous exigeons un travail en profondeur pour ­arracher les racines du mal que sont l’inégalité ­républicaine et l’absence de cohésion sociale. Nous demandons au président de la République qu’il entende le cri d’une partie de la jeunesse et des élus locaux. Qu’il y ­réponde par l’organisation d’un débat national sur la cohésion territoriale, contre les discriminations et les précarités afin de fonder le rassemblement républicain autour de solutions durables de progrès.

Ainsi nous construirons avec tous les citoyen.ne.s la République que notre pays mérite.

Vive la liberté, vive l’égalité, vive la fraternité !

  • Les signataires : 100 maires communistes et citoyens, parmi lesquels : RIO Philippe, Maire de Grigny, 91 ; BESSAC Patrice, Maire de Montreuil, 93 ; LECLERC Patrice, Maire de Gennevilliers, 92 ; BELHOMME Jacqueline, Maire de Malakoff, 92 ; FAVERJON Christophe, Maire d’Unieux, 42 ; CHARROUX Gaby, maire de Martigues, 13 ; AMIABLE Marie-Hélène, Maire de Bagneux, 92 ; BLANDIOT-FARIDE Charlotte, Maire de Mitry-Mory, 77 ; LEPROUST Gilles, Maire d’Allonnes, 72 ; POUX Gilles, Maire de La Courneuve, 93 ; TORDJMAN Patricia, Maire de Gentilly, 94 ;

Nahel

Communiqué de presse du Parti socialiste et du Parti communiste de Saint Gratien

Nous sommes profondément bouleversés et en colère suite à la tragique mort du jeune Nahel, âgé de 17 ans, abattu par un policier à Nanterre.

Toutes nos pensées vont au jeune Nahel et à sa famille.

Il est insupportable de constater cette longue série de décès dans des circonstances similaires. La tristesse et l’incompréhension nous submergent.

Le quartier des Raguenets, y compris le Centre Culturel Camille Claudel, qui accueille des associations pour adultes et enfants, a été pris pour cible. Cette étincelle a suffi à embraser les quartiers, soulignant ainsi les tensions qui y régnaient déjà.

Cela nous amène à nous interroger sur la politique de la ville : Qu’est-ce qui a changé depuis les événements similaires de 2005/2007 ? Que sont devenues les mesures préconisées dans le rapport Borloo sur les banlieues en 2018 ?

Le gouvernement doit mettre en place une véritable politique urbaine, car trop souvent les quartiers sont laissés à eux-mêmes pour faire face à leurs difficultés. Cela soulève des questions d’aménagement du territoire et de relégation de populations, compte tenu de la réduction des financements de l’État et de la suppression de la taxe d’habitation.

Le refus d’obtempérer a été invoqué pour justifier le recours à son arme par le policier : une réaction totalement disproportionnée !
Cela pose également la question de la rédaction de l’article L435-1 du Code de la sécurité intérieure, qui permet désormais aux policiers de tirer « lorsqu’ils ne peuvent immobiliser, autrement que par l’usage des armes, des véhicules, embarcations ou autres moyens de transport, dont les conducteurs n’obtempèrent pas à l’ordre d’arrêt et dont les occupants sont susceptibles de perpétrer, dans leur fuite, des atteintes à leur vie ou à leur intégrité physique ou à celles d’autrui ».

Toutefois, il est important de souligner que les actes de violence et les destructions de services publics, d’écoles ou de mairies ne font que servir de prétexte à une répression et à des discours sécuritaires excessifs et réactionnaires.

Nous demandons justice à travers une mobilisation massive, déterminée et pacifique. La violence n’est pas acceptable et ne résoudra rien. La désespérance d’une partie de la population alimente les tensions.

En cette période troublée, nous devons appeler au calme, rendre hommage à Nahel et exprimer notre soutien à sa famille. Seule la justice et des réformes structurelles pourront apporter une véritable amélioration de la situation de nos quartiers et au vivre ensemble.

Parti Socialiste Section Saint-Gratien/Sannois

Parti Communiste Français Saint-Gratien

Pour la vérité et la justice

Pour la vérité et la justice pour Nahel, contre toutes les violences, unissons-nous !

Déclaration du Conseil national du PCF

Mardi dernier, à Nanterre dans les Hauts-de-Seine, un contrôle routier opéré par deux policiers a débouché sur la mort de Nahel, tué par un tir au thorax de l’un d’eux.

Face à ce décès d’un jeune de 17 ans, l’émotion des communistes du pays est immense. Nous adressons nos condoléances à la famille et aux proches de la victime. Nous saluons la mobilisation massive, digne et sereine, de jeudi dernier à Nanterre et apportons notre soutien au maire, Patrick Jarry et à toute l’équipe municipale.

Après les premières auditions, le policier auteur du tir a été mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention préventive. Nous appelons à ce que toute la lumière soit faite sur le contrôle et le tir meurtrier du policier dans les meilleurs délais pour que la justice soit rendue.

Un refus d’obtempérer ne doit pas entraîner la mort ! La loi de 2017, qui élargit la possibilité d’utilisation de leur arme par les agents de police, doit être abrogée. Les parlementaires communistes avaient voté contre en dénonçant les dérives possibles. Les actes et propos racistes, pointés par le Haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, à l’encontre de jeunes par certains policiers doivent être sévèrement sanctionnés. Le débat public doit s’ouvrir pour engager au plus vite une politique progressiste, de proximité, pour la tranquillité publique avec une police républicaine proche des citoyens, au service de leurs attentes et de leurs besoins.

Sur la sécurité, comme sur l’ensemble des politiques publiques, des millions d’habitantes et d’habitants, de jeunes, de salarié·es, sont abandonnés par la République et n’ont pas droit au respect, à la dignité, à la justice, à un logement décent, à une éducation, à la culture et aux loisirs, et un emploi de qualité.

Cette situation n’est plus supportable ! Elle est le résultat de décennies de politiques néolibérales, au service du capital et au détriment des travailleuses et travailleurs du pays, et de discriminations.

Le PCF soutient « l’appel pour la jeunesse populaire » porté par plusieurs syndicats et associations exigeant « un plan ambitieux » pour répondre à l’ensemble des problèmes auxquels elle est confronté.

Le PCF appelle à un Grenelle pour l’égalité des territoires et contre toutes les discriminations, rassemblant tous les acteurs et actrices des communes et quartiers concernés, pour qu’enfin une politique à la hauteur des enjeux soit décidée et mise en œuvre avec eux.

Nous présenterons mardi 4 juillet les premières propositions que nous mettons en débat, comprenant :

  • Une politique progressiste de proximité de tranquillité publique.
  • Un plan pour l’égalité républicaine pour tou·tes les habitant·es par le retour des services publics dans toutes nos communes.
  • Un pacte pour la jeunesse qui engage la nation sur des enjeux majeurs tels que l’éducation, le travail et l’emploi, les politiques sociales.

Nous partageons la colère de toutes celles et ceux qui ont vu les images terribles du contrôle et du tir diffusées sur les réseaux sociaux.

Elle appelle une mobilisation puissante et pacifique pour obtenir la vérité et la justice pour Nahel.

Elle ne peut en aucun cas légitimer les violences de ces derniers jours !

Nous condamnons fermement toutes les violences contre les personnes et les biens, les tirs de mortiers et de cocktails Molotov, qui ont bouleversé la vie de milliers d’habitantes et d’habitants de quartiers populaires, et les pillages des commerces.

La dégradation des mairies et du mobilier urbain de nos communes, des écoles de nos enfants et d’autres services publics, des équipements associatifs (maison de quartier, centre social…), des commissariats de nos quartiers, des voitures personnelles de salarié·es, pénalisent gravement les familles directement touchées et l’ensemble de la population.

Les auteurs de ces délits doivent être arrêtés et traduits en justice.

Non seulement ces violences ne servent en rien la vérité et la justice, mais l’on voit comment aujourd’hui elles sont utilisées par les forces réactionnaires, au pouvoir, à droite et à l’extrême droite, pour stigmatiser des quartiers entiers qualifiés par certains « d’enclaves étrangères » alors qu’ils sont, comme tous les territoires, une part de la France, de ses richesses, de sa force ; considérer comme délinquants l’ensemble des jeunes quand seuls quelques-uns dégradent, saccagent, pillent au détriment de tous ; réduire la vie de ces quartiers à la seule manifestation de la violence ; ou encore semer les germes de la guerre civile, comme l’ont récemment fait deux syndicats de policiers, déclaration aux accents séditieux qui doit déboucher sur des sanctions. Nous sommes opposés aux interdictions de manifestations, qui ne visent pas la fin des violences, mais un coup d’arrêt au mouvement social, ainsi qu’au recours à l’État d’urgence qui loin de mettre fin aux tensions actuelles, les attisera.

Le PCF apporte son soutien et sa solidarité à l’ensemble des habitant·es touché·es par les violences, aux familles pénalisées par la destruction des services, aux secours, aux fonctionnaires de police et à tou·tes les bénévoles des associations, les agents publics et élu·es locaux mobilisés pour protéger et répondre aux demandes de la population.

L’heure est à garantir la sécurité de nos concitoyen·nes et à répondre aux besoins sociaux des habitantes et des habitants.

L’heure est à la République partout et pour toutes et tous. Une République avec un développement massif de ses services publics qui en garantissent l’effectivité de ses principes : Liberté, Égalité, Fraternité.

Pour la vérité et la justice pour Nahel, contre toutes les violences, unissons-nous !

Parti communiste français.

Paris, le 1er juillet 2023.

 

Le détail

Voici les réponses apportées par le maire lors de l’exercice des « questions orales » du Conseil municipal du 27 juin 2023. 

Nous y ajoutons ici nos « commentaires », qui n’ont pu être énoncés au Conseil, puisque le règlement stipule que les questions ne font pas l’objet de débats… Dommage !

Tribunes libres

Surprise à la lecture du dernier « Mag » de la ville : le texte de notre tribune libre a été modifié à trois endroits.

Ajout d’une faute d’orthographe : le taux communal sur lequel le maire à la main, alors que nous avions correctement écrit a la main.

Suppression de caractères gras pour les « emprunts toxiques Dexia ».

Suppression de majuscules s’agissant des votes de J. Eustache : « Pour » la réforme des retraites et « Contre » le bouclier énergétique.

Or le droit d’expression des élus de l’opposition est absolu selon l’article L2121-27 du Code général des collectivités territoriales, et les textes ne peuvent être ni censurés ni modifiés.

Comment est-il possible que notre texte ait été transformé ?

Réponse du maire : le texte a été envoyé sans la moindre retouche au prestataire chargé du « Mag ». Ce dernier n’a pas su nous expliquer d’où venaient ces trois coquilles et l’a confirmé par une attestation qui [nous] a été envoyée.   

Notre commentaire : décidément, nous n’avons pas de chance avec cette société, qui nous avait déjà privés de la moitié de notre dernière tribune avant les élections de mars 2020, rendant totalement incompréhensible nos propos… Notre texte est corrigé sur le site de la ville, mais évidemment pas dans le magazine papier et nous sommes donc bien pénalisés par ces erreurs.  

Plaques de rues

Nous célébrons cette année le 80è anniversaire de la mort de Danielle Casanova et les 80 ans de la mort de Jean Moulin, le 8 juillet 1943 des suites de ses tortures par la Gestapo. Une école et deux rues portent leurs noms à Saint Gratien.

Nous avions suggéré il y a déjà quelques années, d’indiquer sur les plaques de rues portant le nom de personnalités, les éléments marquants de leur action.

Cette idée, qui avait alors été jugée intéressante, sera-t-elle un jour mise en œuvre, comme cela se pratique d’ailleurs dans des villes voisines ?

Réponse du maire : Il est prévu de compléter les plaques de rues par des indications sur la vie des personnalités auxquelles il est rendu hommage. Il souhaite aussi que l’on appose sur les plaques un « QR code » qui sera ainsi une façon innovante et interactive de fournir aux personnes intéressées des informations approfondies sur les personnalités commémorées et donc contribuer à la diffusion de l’histoire locale. Le calendrier nous sera communiqué, les QR codes seront collés partout. Pour ce qui est des plaques, ce sera réalisé à chaque changement de plaques, lorsque celles-ci sont dégradées… ou volées…  

Notre commentaire : tout arrive donc puisque il y a déjà quelques années que nous avions fait cette suggestion. Il nous avait été alors répondu que cette idée, a priori intéressante, serait étudiée. Espérons simplement que les informations qui seront données seront plus complètes que celles publiées sur la page Facebook de la ville à propos de Danielle Casanova… ce qui fait l’objet de notre question suivante… 

Danielle Casanova

Sur notre suggestion, la ville a rendu hommage à Danielle Casanova à l’occasion du 80è anniversaire de sa mort, le 9 mai 1943. Une artère importante de Saint Gratien porte son nom. Hélas, le post Facebook publié alors ne mentionne pas deux éléments essentiels de sa vie : Danielle Casanova est morte dans le camp de concentration d’Auschwitz où elle avait été déportée car responsable communiste engagée dans la Résistance.

À l’heure où l’action des communistes dans la Résistance est unanimement reconnue et célébrée, pourquoi cette « frilosité », effaçant ainsi l’engagement politique fondamental de Danielle Casanova, qui lui a coûté la vie ?

Réponse du maire : bon… je lui ai rendu hommage dans un post FB comme nous nous y étions engagés.. après voilà.. on n’a pas fait le détail parce que c’était assez court mais nous ne nions pas le fait qu’elle était… communiste et que malheureusement son… appartenance lui a coûté la vie.

Notre commentaire : je n’ai pas pu m’empêcher d’intervenir, sans avoir pourtant la parole, sur le fait que l’engagement de Danielle Casanova était tout… sauf un « détail » ! Un maire peut-être un peu gêné et bafouillant pour trouver des explications à ce si curieux « hommage » à Danielle Casanova qui passait sous silence son combat politique, si essentiel dans sa vie ?     

Hélas, pour nous l’exercice s’arrête là, puisque le maire prend alors prétexte de l’absence du deuxième élu de notre groupe, qui m’avait pourtant donné pouvoir, pour couper court à nos questions orales.

Ces questions seraient, depuis qu’elles sont posées en séance par les élus qui les ont émises, réduites à deux par élu, plus une pour le groupe… Assez incompréhensible, puisque de toute façon le maire avait préparé les 5 réponses, ignorant quelles questions je choisirais de poser parmi les 5 envoyées..

Mais à Saint Gratien, on est très à cheval sur les règlements, surtout quand ils permettent de réduire la place de l’opposition, déjà pourtant bien encadrée…

Nous ne saurons donc pas si la ville a prévu des mesures pour lutter contre le gaspillage de l’eau lors de ses arrosages, ni si nous verrons prochainement les poissons du lac d’Enghien retrouver de l’oxygène…    

Arrosage

Des habitants nous signalent que l’arrosage automatique des plantations entre les voies de la D14 inondent largement les chaussées au niveau du boulevard Pasteur.

À l’heure où nous savons tous que l’eau est devenue un bien précieux, que fait la ville pour éviter ces gaspillages, signalés aussi à d’autres endroits de la ville ?  

Lac d’Enghien

Une nouvelle fois, les poissons du lac d’Enghien ont subi les conséquences du dérèglement climatique : deux tonnes d’entre eux n’ont pas survécu à la hausse de température des eaux du lac. Une telle catastrophe s’était déjà produite il y a deux ans.

En quoi les travaux du Siare sur les rus alimentant le lac peuvent-ils éviter de telles calamités écologiques ?

Nos questions de juin

Nos questions orales au Conseil municipal du 27 juin 2023, pour le groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen ». Le maire y répond en fin de séance. À lire ici prochainement..

1. Tribunes libres

Surprise à la lecture du dernier « Mag » de la ville : le texte de notre tribune libre a été modifié à trois endroits.

Ajout d’une faute d’orthographe : le taux communal sur lequel le maire à la main, alors que nous avions correctement écrit a la main.

Suppression de caractères gras pour les « emprunts toxiques Dexia ».

Suppression de majuscules s’agissant des votes de J. Eustache : « Pour » la réforme des retraites et « Contre » le bouclier énergétique.

Or le droit d’expression des élus de l’opposition est absolu selon l’article L2121-27 du Code général des collectivités territoriales, et les textes ne peuvent être ni censurés ni modifiés.

Comment est-il possible que notre texte ait été transformé ?

 2. Plaques de rues

Nous célébrons cette année le 80è anniversaire de la mort de Danielle Casanova et les 80 ans de la mort de Jean Moulin, le 8 juillet 1943 des suites de ses tortures par la Gestapo. Une école et deux rues portent leurs noms à Saint Gratien.

Nous avions suggéré il y a déjà quelques années, d’indiquer sur les plaques de rues portant le nom de personnalités, les éléments marquants de leur action.

Cette idée, qui avait alors été jugée intéressante, sera-t-elle un jour mise en œuvre, comme cela se pratique d’ailleurs dans des villes voisines ? 

3. Danielle Casanova

Sur notre suggestion, la ville a rendu hommage à Danielle Casanova à l’occasion du 80è anniversaire de sa mort, le 9 mai 1943. Une artère importante de Saint Gratien porte son nom. Hélas, le post Facebook publié alors ne mentionne pas deux éléments essentiels de sa vie : Danielle Casanova est morte dans le camp de concentration d’Auschwitz où elle avait été déportée car responsable communiste engagée dans la Résistance.

À l’heure où l’action des communistes dans la Résistance est unanimement reconnue et célébrée, pourquoi cette « frilosité », effaçant ainsi l’engagement politique fondamental de Danielle Casanova, qui lui a coûté la vie ?

Capture de la page Facebook de la ville, ci-dessous.

4. Arrosage

Des habitants nous signalent que l’arrosage automatique des plantations entre les voies de la D14 inondent largement les chaussées au niveau du boulevard Pasteur. Photo jointe.

À l’heure où nous savons tous que l’eau est devenue un bien précieux, que fait la ville pour éviter ces gaspillages, signalés aussi à d’autres endroits de la ville ?  

 5. Lac d’Enghien

Une nouvelle fois, les poissons du lac d’Enghien ont subi les conséquences du dérèglement climatique : deux tonnes d’entre eux n’ont pas survécu à la hausse de température des eaux du lac. Une telle catastrophe s’était déjà produite il y a deux ans.

En quoi les travaux du Siare sur les rus alimentant le lac peuvent-ils éviter de telles calamités écologiques ?

L’autre Charles

Il y a 83 ans était prononcé sur les ondes l’appel devenu célèbre du général de Gaulle.

La veille, le 17 juin 1940, Charles Tillon, responsable communiste, ex-député d’Aubervilliers passé dans la clandestinité, lançait déjà, via un tract qu’il signe au nom du Parti communiste, un véritable « appel » à la résistance au fascisme hitlérien.

Il y affirme que « le peuple français ne veut pas de l’esclavage, de la misère, du fascisme, pas plus qu’il n’a voulu de la guerre des capitalistes. Il est le nombre. Uni, il sera la force. (…) Peuple des usines, des champs, des magasins et des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins, aviateurs encore sous les armes, unissez-vous dans l’action ».

Des termes analogues à ceux qu’emploiera le lendemain Charles de Gaulle en ce qui concerne les militaires. Mais le « grand » Charles, ne faisait pas, lui, appel à la résistance populaire…