Liberté, fraternité… inégalités ! (2)

Après les émeutes de ces derniers jours, certains politiques stigmatisent les populations des banlieues, ne voyant de solutions que dans des dispositifs sécuritaires et répressifs à outrance. Mais quelle est la réalité de ces quartiers ? L’État y a-t-il réellement investi, pour quels résultats ?

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« Un immense problème d’encadrement : Il faut des adultes, que ce soient des forces de l’ordre, que ce soient des enseignants, que ce soient des travailleurs sociaux »

L’État s’engage depuis plusieurs années à rénover les logements, améliorer l’éducation et l’attractivité dans ces zones. Chaque année, des milliards d’euros sont investis, soulignent les collectivités. Selon la Cour des comptes, qui intègre les dépenses des collectivités locales, la somme atteindrait les 10 milliards d’euros par an, soit l’équivalent du budget de la Justice.

Mais cette somme est moins élevée, juge l’institut Montaigne, qui resserre la focale sur les dépenses de l’État : 6 milliards d’euros sont investis dans les quartiers prioritaires. Et l’État dépense « en plus pour les habitants des QPV, (quartier politique de la ville), environ 850 euros par an et par habitant », explique au micro d’Europe 1 Hakim El Karoui, auteur d’un récent rapport sur les quartiers pauvres.

« Un immense problème d’encadrement »

« Moi je pense que l’État dépense probablement assez d’argent, mais il devrait mettre moins d’argent dans la rénovation des bâtiments et plus d’argent dans l’accompagnement. Et nous avons un immense problème avec l’encadrement. C’est exactement ce qu’on voit avec les émeutes. Il faut des adultes, que ce soient des forces de l’ordre, que ce soit des enseignants, que ce soit des travailleurs sociaux », poursuit-il.

Source : L’État investit-il suffisamment d’argent dans les quartiers prioritaires ?

Dépenses publiques : la Seine-Saint-Denis n’est pas un territoire gâté de la République

Eric Zemmour et d’autres stigmatisent le département francilien et les banlieues, en diffusant l’idée selon laquelle ils crouleraient sous les subventions, au détriment du monde rural et périurbain. Un rapport parlementaire de 2018 démonte pourtant ce préjugé.

Il faut casser, encore une fois, cette idée fausse sur laquelle prospère l’extrême droite et qui domine toujours, comme une vérité acquise, dans la musique de fond du débat public. Idée selon laquelle les cités, et singulièrement celles de Seine-Saint-Denis, seraient des terres gorgées de subventions, les territoires gâtés de la République.

Éric Zemmour parle même de territoires hyper privilégiés qui capteraient, au détriment du monde rural ou périurbain, toute l’attention financière des gouvernements successifs.

Les émeutes du moment seraient le signe que la crise n’est pas sociale.

 Le signe de l’ingratitude de populations profiteuses de la manne publique, prélevée sur les impôts des bons Français calmes et travailleurs des villes moyennes et des campagnes. La preuve du caractère identitaire de la crise.

Ces idées sont toutes fausses et ont été documentées et contrées dans un rapport parlementaire dont il ne faut cesser de faire la publicité : c’est à lire ici.

Source : Thomas Legrand dans Libération

Stéphane Bauer avec des photos du quartier des Raguenets

À suivre…

 

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