Le Président-gadget

Faut-il y croire ? Nous lisons dans « Nice matin » que le Président a donné une interview au magazine…. « Pif » !!

« Pas glop, pas glop!  » aurait certainement dit Pifou…

Assez inimaginable car en cette période de crise démocratique et sociale profonde, E. Macron est plus que discret, refuse de rencontrer les syndicats et accorde très peu d’entretiens aux médias.

Assez triste aussi de voir ce que devient le titre « Pif », quand on l’a connu journal progressiste pour les enfants…

La seule bonne nouvelle là-dedans ? Cette confession présidentielle : « quand il y a une énorme crise, tu remets ton mandat aux français !  »

Chiche ?

À lire ci-dessous les « révélations » du Président, dans l’article de « Nice matin ». 

« Énorme crise », démission, réussites… Ce qu’a dit Emmanuel Macron au magazine « Pif (Gadget) »

Rare dans les médias depuis début janvier, le président français a pourtant accordé une interview au magazine dessiné mythique « Pif Le Mag », à l’occasion des 75 ans du célèbre chien.

Le timing pose question, au beau milieu des manifestations contre la réforme des retraites. Et ce, d’autant que le président de la République Emmanuel Macron se fait rare dans les médias depuis le début de l’année. 

Ce dernier a pourtant accordé une interview au magazine dessiné mythique Pif Le Mag, anciennement Pif Gadget, pour les 75 ans du célèbre chien. Si l’interview a été réalisée le 20 février (avec de jeunes lecteurs en visite à l’Elysée), l’entretien est à retrouver depuis ce mercredi 29 mars sur le site du journal.

Mais qu’a dit Emmanuel Macron aux enfants qui l’interrogeaient? Petit résumé.

Sur la crise que traverse la France

En cas « d’énorme crise », le chef de l’État peut toujours s’en remettre aux électeurs: en pleine colère sociale, le président a pourtant assuré de sa propre frustration quand les choses ne vont « pas assez vite »

Ses propos ont une résonance particulière dans la situation inflammable que connaît le pays depuis le déclenchement, le 16 mars, du 49.3 pour faire adopter la réforme des retraites. En effet, Macron ne dispose pas d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Et la réforme des retraites cristallise le mécontentement autour de sa personne.

Sur une possible démission

« Pouvez-vous quitter votre poste en plein mandat, et comment ça se passerait si vous le quittiez? », lui a demandé Mélina, élève de quatrième. « Si tu le quittes, c’est qu’il peut y avoir une énorme crise et que tu es empêché », répond Emmanuel Macron.

« À ce moment-là, tu remets ton mandat aux Français, et le peuple vote à nouveau », a-t-il ajouté.

Pour l’heure, le chef de l’État n’envisage ni référendum sur les retraites, ni dissolution de l’Assemblée nationale et une démission apparaît encore plus improbable.

Sur comment on devient président de la République

Pressé de donner des conseils à qui voudrait devenir président, Emmanuel Macron a insisté: « la meilleure manière d’y arriver, c’est de se faire sa propre idée des choses et de ne pas dépendre des partis des uns et des autres ».

Qu’aime-t-il dans son « métier »? « L’échange, la rencontre, essayer de comprendre ce qui fonctionne et ne fonctionne pas dans les grands choix que je mets en œuvre », a-t-il précisé.

Soit « tu as pu apporter des solutions » et c’est « satisfaisant », a-t-il ensuite lancé. « Soit ce n’est pas le cas, et ce sont les moments qui te touchent aussi, qui sont frustrants parce que tu vois que les choses ne vont pas assez vite. » Dans la relation entre un président et les Français, il peut y avoir de la « colère », de la « joie », « mais il n’y a pas d’indifférence », a-t-il conclu.

« Pif Gadget », un journal créé en 1948 sous l’égide du parti communiste

Pif, personnage canin emblématique de la presse jeunesse, a été créé en 1948 par le dessinateur espagnol José Cabrero Arnal, à l’origine pour le quotidien communiste L’Humanité.

Le magazine Pif Gadget a, lui, été fondé en 1969, sous l’égide du Parti communiste, avant de disparaître en 1993.

Après deux premières résurrections, il a été relancé en 2020, sous le nom de Pif, avec à sa tête l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Frédéric Lefebvre. (Hélas, ndlr)

 

Entre République et Nation, 10è journée

Nos images de la dixième journée de mobilisation contre la réforme des retraites.

Des défilés toujours très importants, et de plus en plus marqués par la présence de jeunes. Un clin d’œil particulier pour les banderoles de Radio-France et de la Banque de France !

Merci à S. B. pour ses photos de la manifestation parisienne, sur le parcours principal entre République et Nation ce 28 mars. Un autre itinéraire reliait Nation via Bastille.

À neuf voix près…

Il a donc manqué neuf voix hier à l’Assemblée pour faire tomber et le gouvernement, et la réforme des retraites.  

Pour autant, l’histoire n’est pas finie. Outre les recours au Conseil constitutionnel, les parlementaires de la Nupes ont déposé une demande d’organisation d’un référendum. 4,7 millions de signatures récoltés en neuf mois pourraient faire tomber la réforme.

En attendant, la mobilisation continue dans la rue. Demain, à Paris, manifestation de Bastille à Opéra. On ressort les pancartes !

À noter que le groupe Modem à l’Assemblée, fidèle allié de la Macronie, n’a pas voté la censure. Sans surprise, la députée de la 6è circonscription, Estelle Folest, soutient la réforme des retraites, dont elle nous vante les mérites sur sa page Facebook.

L’énergie, bien commun de l’humanité (2)

Intervention de clôture du colloque organisé par la Fondation Gabriel Péri dans les locaux du Sénat, les 17 et 18 mars 2023 : « Énergie, bien commun à l’échelle de l’humanité ? »

Extraits des points clés de la synthèse tirée par Valérie Gonçalvès – samedi 18 mars 2023

« Tout d’abord, permettez-moi de m’associer aux intervenants qui ont soutenu les luttes et manifestations contre la réforme des retraites injuste et inutile.

Je crois que je peux toutes et tous vous associer pour remercier la Fondation Gabriel Péri, Alain Obadia, son président, Louise Gaxie, sa directrice, Chrystel Lemoing, Myriam Massou, et les bénévoles qui ont travaillé à son organisation, ainsi que le groupe Communiste, républicain, citoyen et écologiste du Sénat et sa présidente Éliane Assassi, d’avoir pris l’initiative de ce colloque.

Je remercie également tous les participants, notamment nos invités étrangers pour leur apport à la qualité et à la pertinence de nos travaux, ainsi que le graphiste Pablo Ka, qui a conçu l’affiche qui représente si bien le thème du colloque, et Antoine Blocier, qui a écrit le conte « Sommet des Terriens » pour mieux nous aider à nous projeter vers un avenir meilleur.

Cette initiative nous a permis de débattre, avec la participation de personnalités d’horizons divers, syndicalistes, spécialistes, universitaires, responsables politiques, responsables d’entreprises, et de le faire par-delà les frontières. Les exposés et les échanges n’ont pas esquivé, au contraire, la complexité des problèmes à affronter, seule voie pour construire des convergences et des solutions durables.

L’énergie est étroitement liée d’une part à la réponse aux besoins humains, pour que chaque être humain puisse vivre dans des conditions dignes de notre temps, et d’autre part à la réponse aux enjeux climatiques, car la maîtrise des sources d’énergie à l’échelle mondiale pour limiter drastiquement le recours aux énergies fossiles est un impératif incontournable dans la lutte contre le dérèglement climatique. C’est ce qui fonde le sujet de ce colloque, l’énergie comme bien commun à l’échelle de l’humanité. C’est dans cet esprit que la table ronde « Droit à l’énergie : réalités et contradictions. Quelle place pour l’énergie dans la gouvernance mondiale ? » a ouvert nos travaux.

La table-ronde sur le marché européen de l’énergie a permis de faire un constat sans appel : la déréglementation, la mise en concurrence ont tenu lieu depuis plus de 20 ans de politique européenne de l’énergie.

Le marché est un échec, il a échoué.

Le résultat est dramatique pour les populations avec des prix qui ne cessent de grimper, une précarité qui grossit et pour les salariés détérioration des conditions de travail et perte d’emplois qualifiés si utile pour mettre en œuvre une transition énergétique.

L’absence de politique d’indépendance énergétique à l’échelle de l’Europe amène à substituer une dépendance vis-à-vis du gaz de schiste américain ou qatari à celle de la Russie.

Cela se pose également vis-à-vis des métaux et terres rares nécessaires à la transition énergétique. Récemment émise, la proposition de réforme du marché européen de l’électricité faite par la commission européenne ne vise en aucun cas le changement de paradigme. La logique est toujours celle du marché.

Si le choix des technologies utilisées pour la production d’énergie appartient à chaque État, je veux souligner que le nucléaire ne peut être mis sur le même plan que les énergies fossiles. Tout simplement parce que les accords internationaux doivent prévaloir. Or ni la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, ni les accords internationaux signés depuis, ni le GIEC, 4 ne prévoient une sortie du nucléaire, en revanche, ils prévoient que les pays développés décarbonent leur énergie.

La table ronde sur la propriété et la maîtrise sociale a mis en évidence un besoin d’appropriation sociale du secteur de l’énergie en plus du contrôle public.

L’énergie parce qu’elle doit être considérée comme un droit humain, ne doit pas être soumis aux règles du marché. La politique énergétique demande de la planification sur le long terme dans un cadre de cohérence avec des financements et investissements à hauteur des enjeux.

Le Parti Communiste Français propose non seulement de s’appuyer sur les grandes entreprises du secteur que sont EDF, Engie et TOTAL, qui doivent être renationalisées et gérées démocratiquement, avec de réels pouvoirs d’intervention des salariés, des citoyens et des élus, mais aussi de créer un « pôle public de l’énergie » qui doit être pensé comme une organisation du secteur permettant une gestion cohérente et planifiée.

Il permettrait de poser les enjeux en matière de souveraineté et sécurité énergétique, d’élaborer des propositions sur le mix et les infrastructures, fixer des tarifs transparents, coordonner les efforts de recherche et les besoins futurs, etc…Il y a quelques années, les parlementaires communistes ont déposé un projet de loi qui dessine les contours de ce pôle public.

La table-ronde sur le rôle de la France et de ses entreprises à l’international a montré que la volonté de souveraineté énergétique n’implique pas une vision recroquevillée de la France. Au contraire, cela doit impérativement s’accompagner de la volonté de promouvoir la coopération internationale.

Les pays qui maîtrisent les technologies les plus avancées ont un rôle à jouer pour offrir aux pays du Sud des perspectives de développement décarbonées. Les entreprises, les centres de recherche de notre pays peuvent y contribuer. Cela met à l’ordre du jour la question des transferts de technologies. Les salariés, les chercheurs, les ingénieurs de notre pays peuvent prendre leur part avec enthousiasme à cet effort, ce qui contribuerait à redonner du sens à leur travail et à leurs recherches, trop souvent détournés vers la seule recherche du profit à tout prix.

Cela m’amène à la dernière table-ronde, « Recherche, technologies : quelles perspectives et quel partage des connaissances ? »

Le débat citoyen et la décision démocratique sur les choix à mettre en œuvre en matière d’énergie doivent s’accompagner d’un effort sans précédent dans le domaine de la culture scientifique et technique, afin que chacun ait accès aux données de base. On ne peut laisser le champ libre à ceux qui font leur miel de l’ignorance pour répandre les « informations » les plus farfelues, et faire fi des réalités scientifiques et de l’expérience.

S’agissant des progrès scientifiques et techniques, comme dans le domaine de la santé, le combat est également à mener contre l’appropriation capitaliste des connaissances. Les questions de l’énergie et du climat sont si cruciales qu’on ne peut accepter un tel frein à la mise en œuvre des technologies qui permettent et permettront à l’avenir une énergie plus propre pour le bien de tous.

Cette initiative en appelle d’autres, et nous sommes ouverts à toutes les propositions que vous pourrez faire en ce sens. 

Nous pourrons ainsi, comme le président du Brésil, Lula, nous y invitait lors de la COP 27, « nous dépasser et aller au-delà de nos intérêts nationaux immédiats afin de pouvoir tisser collectivement un nouvel ordre international qui reflète les besoins du présent et nos aspirations pour l’avenir ». Bref, nous pourrons contribuer à construire une politique de l’humanité. »

Valérie Gonçalvès, cadre chez un grand fournisseur d’électricité,  membre du Conseil national du PCF, syndicaliste dans le secteur de l’énergie, responsable de la commission énergie du Parti communiste français, co-autrice de Énergie et communisme (Éd. Manifeste, 2021)

On est là !

Avant le vote de la motion de censure à l’Assemblée et les manifestations prévues jeudi 23 mars à l’appel des syndicats, la mobilisation est toujours forte, y compris dans le Val d’Oise !

En images, les rassemblements et défilés de ce week-end à Sarcelles, Deuil et Cergy, en plein centre commercial.

Assez inhabituel dans ces villes, et c’est bien le signe que le mécontentement face à la « réforme » des retraites ne faiblit pas.

L’énergie, bien commun de l’humanité

L’énergie, bien commun de l’humanité ?

Colloque international
Vendredi 17 et samedi 18 mars 2023

Salle Médicis, Palais du Luxembourg

Introduction, d’Éliane Assassi, présidente du groupe Communiste républicain citoyen et écologiste, sénatrice de Seine-Saint-Denis, marraine du colloque

« L’Union européenne et ses États membres ont fait le choix de soumettre l’énergie à la logique du marché et de la concurrence. Au vu des contradictions et impasses actuelles, est-ce la réponse adéquate pour décarboner l’économie et répondre aux besoins ? Comment ces enjeux se posent-ils ailleurs dans le monde ?

La phase 1 de la réforme du marché de l’électricité voulait intégrer de façon générale la concurrence dans le marché de l’énergie, en vue de baisser les prix. Cela n’a pas réussi.

La phase 2 qui se précise dans les dernières discussions européennes, n’a plus ce but général, puisqu’il s’agit de permettre l’accès à au marché à de nouveaux entrants.

Il s’agit là maintenant d’une « réforme ciblée » du marché…

La libéralisation poursuit son cours alors que le secteur de l’énergie a démontré son importance ces derniers mois. D’où la question de la maitrise économique et sociale de ce secteur. Il est indispensable de demander une démocratisation – territoriale et sociale – de ce secteur clé.

L’attaque en règle du statut des personnels du gaz, de l’électricité et de l’énergie nous interroge. Jusqu’où ira la privatisation de ce secteur ?

La concurrence qui existe interroge sur l’avenir, le partage, la connaissance et le rôle de la recherche privée et publique.

Il y a la nécessité de remettre l’humain au cœur du débat et faire de l’énergie un bien commun de l’humanité.

Le point d’interrogation est important dans l’intitulé de ce colloque. Bon colloque ».

S.B.

À suivre…

Interpellez votre parlementaire !

Article actualisé en fin de page avec les photos du rassemblement devant l’Assemblée ce 16 avril à midi

Après l’accord trouvé en commission mixte paritaire, le Sénat doit se prononcer dans la matinée de ce jeudi sur le texte final. L’Assemblée l’examinera à 15 heures. Le recours au 49-3n’est pas exclu.

Il nous reste quelques heures avant 16h ce jeudi pour interpeller nos élu-e-s nationaux qui sont convoqués pour le vote de la réforme des retraites.

Voici un court message, à personnaliser si vous le souhaitez (signature, situation personnelle par rapport au seuil des 64 ans, etc.), que vous pouvez envoyer à partir du lien suivant

https://pasdemajorite.fr/

Voici les adresses des six député·e·s « En Marche » ! et des deux sénateur·trice « LR » du Val d’Oise.

à :
emilie.chandler@assemblee-nationale.fr, Dominique.DaSilva@assemblee-nationale.fr, Guillaume.Vuilletet@assemblee-nationale.fr, Naima.Moutchou@assemblee-nationale.fr, estelle.folest@assemblee-nationale.fr, Cecile.Rilhac@assemblee-nationale.fr, j.eustache-brinio@senat.fr‌, a.bazin@senat.fr

Objet : allez-vous voter la réforme des retraites ?

Madame la députée, monsieur le député du Val d’Oise,
Madame la Sénatrice du Val d’Oise, monsieur le sénateur du Val d’Oise

Jeudi 16 mars, vous allez probablement être appelé à voter sur la réforme des retraites. Ce texte unit contre lui l’ensemble des syndicats et 7 Français·es sur 10. Il revient à nous voler deux ans de vie. Pourtant, d’autres solutions de financement existent pour garantir des retraites de haut niveau que le gouvernement a refusé d’examiner.

Depuis 2 mois, une mobilisation sociale d’une ampleur inédite, pacifique et responsable a lieu partout, notamment dans les villes petites et moyennes. Je sais que les pressions du gouvernement sont fortes pour que vous votiez la réforme mais votre rôle de parlementaire est de nous représenter. Je vous demande de respecter votre mandat et de voter contre cette réforme.

Allez-vous voter contre ? Merci d’avance pour votre réponse.

La délégation syndicale est ce midi devant l’Assemblée qui doit voter la réforme des retraites, sauf si le 49.3 est activé. Rassemblement bien encadré par les forces de l’ordre !