Fin de conflit chez Transdev

Rencontre ce matin avec des salarié.e.s du dépôt de Saint Gratien des bus Transdev, dans le but de leur apporter soutien et solidarité concrète.

Le conflit, qui durait depuis le 6 septembre, vient de se terminer hier soir après signature d’un accord avec la direction.

Ce fut une action longue et difficile, qui laisse les chauffeurs un peu amers, avec des feuilles de paie de 500€ suite aux jours de grève. Ils et elles ont certes obtenu des avancées, augmentations de salaires et prime de 5€ pour ceux et celles qui accepteront les nouvelles organisations de travail, aux pauses réduites. Ils et elles dénoncent leurs trop longues journées de 8 heures de conduite, les pauses trop courtes, le manque de toilettes, notamment pour les femmes, la fatigue, le mal de dos…. « Un jour j’ai failli démarrer en voyant le piéton vert… il était 16 heures et j’avais embauché à 8 heures du matin… » Les conditions de travail des chauffeurs de bus sont les conditions de transport des usagers !

Ils et elles mettent en cause Valérie Pécresse, qui permet à IDF-Mobilités de passer des appels d’offres où les clauses sociales n’entrent que pour 10%, et aussi leur entreprise qui soumissionne pour 30% moins cher que le contrat précédent… « Sur quoi vont-ils économiser ? Sur le carburant ? Non. Sur le matériel roulant ? Non plus. Donc c’est sur le personnel que vont se réaliser les coupes ! »

Quant au maire de Saint Gratien, plusieurs fois sollicité par courrier des syndicats, il n’a jamais daigné répondre..  

Nous restons en contact avec ces salarié.e.s  pour les aider très concrètement dans les semaines à venir. 

17 octobre 1961

Il y a 60 ans, le 17 octobre 1961, un massacre avait lieu en plein Paris.
Des centaines de manifestants algériens pacifiques étaient matraqués, piétinés, battus à mort, tués par balle ou jetés à la Seine par la police française aux ordres de Maurice Papon.
Il est grand temps que la France reconnaisse ce crime d’État.
Hommage demain dimanche 17 octobre au pont de Bezons à 11h.
Images et témoignages

Samuel

Hommage au professeur Samuel Paty ce 15 octobre 2021, un an après son assassinat par un terroriste islamiste. Nous exprimons toute notre émotion à sa famille, ses ami.es, ses collègues et ses élèves. 

Une cérémonie d’hommage a eu lieu ce vendredi au lycée Gustave Monod d’Enghien les Bains, où la salle polyvalente porte dorénavant le nom de Samuel Paty. Discours de M.Bonneville, proviseur du lycée,  et de Nathalie Elimas, secrétaire d’État à l’enseignement,  sur la laïcité et au-delà, sur les valeurs de la République et le respect d’autrui.

Auparavant avait été organisée une réunion regroupant direction, enseignants, élèves en présence de représentants de la Dasen 95.

Le rôle de Samuel Paty, comme de tout professeur, était d’accompagner chaque élève vers les progrès de la connaissance et de la conscience en confrontant les faits, les opinions, les analyses. C’est dans l’exercice même de cette mission essentielle qu’il a été assassiné.

Aujourd’hui, un an après, qu’y a-t-il de changé dans nos écoles ? Plutôt qu’une communication, parfois bien ambiguë, sur la laïcité, c’est d’un investissement majeur dans le service public dont nous avons besoin, pour défendre et faire vivre les valeurs d’une République laïque et sociale.

 

« La liberté commence là où l’ignorance finit« , disait Victor Hugo. Donnons à l’école les moyens d’en finir avec l’ignorance.

Photos S.B.

Debout les femmes !

François Ruffin, coréalisateur de « Debout les femmes ! » : « Ces travailleuses s’occupent de tout ce qu’on ne veut pas voir »

Le nouveau film du député FI François Ruffin et de Gilles Perret sort au cinéma le 13 octobre 2021. Ce documentaire sur les « métiers du lien » et les salariées « reléguées dans l’ombre » dresse une nouvelle critique sociale et politique et interpelle une gauche qui parle de reconquérir les classes populaires.

« Debout les femmes ! » est le troisième film de François Ruffin après « Merci patron ! », sorti en 2016, et « J’veux du soleil », sa première collaboration avec Gilles Perret, en 2019.

À Saint Gratien, nous avions projeté « Merci patron » en avril 2017 dans un café de la ville. La projection avait été suivie d’un débat.

Entretien de l’insoumis avec Diego Chauvet pour l’Humanité

Pourquoi un film sur les « métiers du lien » ?

François Ruffin Avec Gilles Perret, nous voulions, depuis un moment déjà, faire un film à l’Assemblée nationale. Les décors y sont plutôt chouettes, on n’a pas à les payer, et on a les figurants. Le seul truc, c’est qu’il ne s’y passe rien. En tout cas, ce n’est pas là que se fait la loi. Elle est faite par l’Élysée, et l’Assemblée l’enregistre. Lorsqu’on m’a confié la mission parlementaire sur les métiers du lien, j’ai donc appelé Gilles en me disant qu’il y avait peut-être un coup à jouer, parce qu’on pourrait travailler à la fois le dehors et le dedans. Recueillir les visages, les vies et les voix de ces femmes, et les ramener à l’intérieur de l’Hémicycle, puis montrer comment c’est malaxé, digéré, et finalement rejeté par l’Assemblée nationale. Nous pouvions dès lors poser une double critique : une critique sociale, et une critique politique, démocratique. C’est pleinement une question de rapport de classe. Soit on est du côté des servants, soit du côté des servis. Les servis ne voient pas les gens qui les servent. Les fragilités se cumulent aussi : ce sont des métiers populaires, féminins, et occupés pour partie par des personnes d’origine étrangère. Elles sont reléguées dans l’ombre. C’est la clé du problème : comment les rendre visibles, et comment peuvent-elles s’organiser elles-mêmes ?

Malgré le soutien du député marcheur Bruno Bonnell, qui finit par défendre vos propositions pour majorer les salaires des femmes de ménage, elles sont toutes rejetées par ses collègues de la majorité…

François Ruffin Il faut que l’Élysée leur dise d’appuyer sur le bon bouton. Tant que l’ordre n’est pas donné d’en haut, l’humanité ne surgit pas spontanément dans le cœur de l’Assemblée nationale… C’est une explication institutionnelle, qui tient à la soumission du pouvoir législatif à l’exécutif. Ensuite, dans l’inconscient collectif, les femmes ont réalisé ces tâches gratuitement à domicile pendant des siècles : s’occuper des personnes âgées, des malades, des enfants… Maintenant on les paye un peu pour faire ça à l’extérieur, donc elles ne vont pas en plus nous embêter ! Ceux qui ont accès à la parole publique, qui tiennent les commandes, ne sont pas issus de cet univers-là. Enfin, ces femmes s’occupent de l’intime, du sale, de la vulnérabilité, c’est-à-dire de tout ce qu’on ne veut pas voir. Pour paraphraser Macron, tout le pays repose sur elles, comme sur une chaise. Et on ne veut pas voir sur quoi on est assis.

Les propos d’Emmanuel Macron en avril 2020 n’auraient pas pu inciter sa majorité à appuyer sur le bon bouton ?

François Ruffin C’est pour cette raison qu’on me voit piquer une colère, en commission. Je m’étais mis moi-même à y croire en fait. Lorsque le président de la République dit qu’il « faut se rappeler que notre pays tout entier repose sur ces femmes et ces hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal », quand il fait référence à la Déclaration des droits de l’homme, signifiant que « les distinctions sociales ne peuvent reposer que sur l’utilité commune », je me dis que l’on va réussir à arracher des trucs. Et lorsque ses députés rejettent tout ce que je propose, sans rien proposer à la place, ça me fait sortir de mes gonds.

À la fin du film, vous listez tout de même quelques petites victoires…

François Ruffin Sur certains métiers rien n’a changé. On a gratté le 13e mois pour les femmes de ménage de l’Assemblée nationale, mais c’est très circonscrit. Ce n’est pas une conquête pour toutes les femmes de ménage du pays. Pour les animateurs périscolaires, les assistantes maternelles, les accompagnants d’enfants en situation de handicap, on n’a rien gagné. Les auxiliaires de vie sociale ont eu la prime Covid. On a obtenu entre 2 et 15 % selon l’ancienneté de leurs salaires. Tout ça, je prends, du moment que ça remplit un frigo. Mais ces métiers du lien sont des emplois féminins, à temps partiel, c’est-à-dire à salaire partiel. Ce qu’il faut c’est du temps plein à salaire plein. Ça doit devenir la norme. Pour les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap – NDLR), on pourrait avancer rapidement. En associant les accompagnantes elles-mêmes, les enseignants et leurs syndicats, et les parents d’élèves en situation de handicap, il est possible de structurer cette profession et de lui obtenir un vrai statut.

L’absence de réponses politiques à leurs revendications nourrit la défiance de ces salariés. Comment la gauche peut-elle y répondre ?

François Ruffin C’est un enjeu pour la gauche. Je viens du mouvement ouvrier traditionnel. Ça veut dire subir des défaites permanentes, avec des délocalisations en série. Tant qu’on n’aura pas mis en place du protectionnisme avec des taxes douanières, on sera condamné à aller de défaite en défaite sur le terrain de l’industrie. Je veux dire à la gauche que, dans les classes populaires, il faut considérer ces métiers du lien comme un deuxième réacteur. Il y a un intérêt électoral, mais aussi syndical à le faire. Ce sont des professions qui vont grimper sur le plan démographique. Elles connaîtront quelques petites conquêtes avec ici ou là un 13e mois, l’amélioration d’une convention collective… Autant peser là-dessus et y être associés. Ce n’est pas simple parce que c’est un milieu qui n’a pas l’habitude de la lutte. La CGT cherche à faire bouger les auxiliaires de vie dans pas mal d’endroits. Il faudrait que des responsables politiques portent ces luttes au premier plan. L’élection présidentielle est une occasion de le faire en portant la question sociale. Comme l’a souligné le sondage de l’Humanité qui la place au cœur des préoccupations, les gens en sont déjà convaincus. Mais si le débat présidentiel périphérise ces questions, on est cuit.

Tout le monde à gauche veut reconquérir le vote populaire, mais ça ne semble pas gagné…

François Ruffin Le divorce entre la gauche et les classes populaires ne date pas d’aujourd’hui, ni même du quinquennat de François Hollande. Il faut remonter aux années 1980, qui marquent une déchirure entre les éduqués du supérieur, qui s’en sortent correctement, et les classes populaires, dont le taux de chômage est multiplié par trois en une décennie. On accepte que des usines ferment pour s’installer en Roumanie ou au Bangladesh parce que ce sont des ouvriers qui se retrouvent au chômage, et qu’il n’y en a pas à l’Assemblée. Si des députés étaient concernés, en quinze jours, on aurait une loi pour empêcher les délocalisations. Si on veut regagner demain, il faut qu’on retrouve le vote populaire en résolvant un double divorce : la petite bourgeoisie intellectuelle et les classes populaires, mais aussi entre les classes populaires de couleur dans les quartiers et celles, blanches, des zones rurales. Si on laisse Macron et Zemmour mener le débat de la campagne présidentielle, on laissera passer une frontière entre elles. Notre objectif doit être de les faire travailler ensemble pour le mieux-être de la société.

Voir la bande annonce du film

Ces terres qui devraient nous nourrir

Mobilisation. Un escargot, ça troupe énormément

Article paru dans l’Humanité du lundi 11 Octobre 2021

Venues de toute l’Île-de-France avec à leur tête un gastéropode géant, des centaines de personnes ont exigé un moratoire sur les projets qui menacent les terres nourricières.

Il est midi et demi passé, ce dimanche, sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville de Paris, et l’on attend encore l’escargot du nord. Parti la veille du Triangle de Gonesse, dans le Val-d’Oise, il a bivouaqué à Pantin, en Seine-Saint-Denis, mais semble avoir traîné des pieds au réveil. Arrivé du plateau de Saclay, dans l’Essonne, celui du sud a passé la nuit à Malakoff et s’est montré plus véloce ce matin, lézardant à présent au soleil devant la mairie. Discrets, les escargots d’est et d’ouest n’ont pas limacé eux non plus pour venir de Thoiry, dans les Yvelines, et du Val Bréon, en Seine-et-Marne. La convergence des coques est bien en train de s’opérer au cœur de la capitale. Déboulant des quatre coins de la région, les gastéropodes colorés traînent chacun dans leur sillage un cortège en colère, qui exige la préservation des terres nues d’Île-de-France. Jeux Olympiques, perspectives industrielles ou Grand Paris : les projets d’aménagements se sont multipliés ces dernières années, prenant place sur ce qu’il reste des terres les plus fertiles d’Europe. Les escargots et leurs troupes demandent un moratoire, et l’opportunité de rediscuter les priorités.

Cathy, la quarantaine, vit près du plateau de Saclay et a passé une partie de l’été à occuper ce que beaucoup ont déjà baptisé la « Zaclay ». Une dizaine d’exploitations agricoles sont menacées par l’arrivée de la ligne 18 du métro, dernière à naître du réseau francilien. Depuis le 22 mai, elles sont squattées, avec la bénédiction des paysans, par leurs défenseurs. « On présente ce projet de métro comme une solution à la mobilité, explique la jeune femme. En réalité, il ne répond qu’aux intérêts du BTP. » Plus de 2 600 hectares de terres sont concernés. D’autres sont menacés par l’installation du cluster scientifique Paris-Saclay, lequel, ironie des planifications, doit accueillir les nouveaux locaux d’AgroParisTech et de l’Inrae, deux pôles majeurs de la recherche agronomique.

« On parle de déchets d’origines multiples, pollués ou amiantés » 

« Cet aménagement prépare le terrain à un étalement urbain à l’heure où l’enjeu serait de lutter contre », déplore Cathy. Ce n’est pas le seul souci. Les remblais issus des excavations nécessaires à la réalisation du métro soulèvent également des questions. « Personne ne sait vraiment quoi faire de ces déchets, et des communes censées en hériter se battent aujourd’hui contre cette perspective. » Dans le même temps, les lignes ­historiques B et D du RER se délitent faute d’investissements, estiment les manifestants.

Saclay n’est pas seule à s’embourber dans les déchets. Thoiry a elle aussi son lot. De ce côté ouest de l’Île-de-France, aucun projet d’infrastructure n’est en cours, si ce n’est la réalisation d’une pâture à bisons. Elle sera installée sur des buttes, elles-mêmes érigées grâce à 400 000 m3 de déchets. « On parle de déchets d’origines multiples, potentiellement pollués ou amiantés », précise Philippe Heurtevent, responsable de Sauvons les Yvelines. Ces 700 000 tonnes de détritus seront étendues sur 5 hectares de terres aujourd’hui cultivées. Ils ne seront pas les premiers : depuis 2006, 15 hectares de terres arables ont déjà été recouverts par 1,2 million de déchets.

La planification d’une gare au beau milieu des champs demeure

De l’autre côté de Paris, complètement à l’est, le Val Bréon se bat contre une extension urbaine. « Elle avait été programmée dans le cadre de l’extension d’une ligne RER, explique Jane Buisson, secrétaire générale de FNE-Seine-et-Marne. La gare a disparu des plans, mais le projet urbain est maintenu. » S’il se réalise, 150 hectares de terres nourricières disparaîtront, déplore la militante.

L’histoire ressemble comme deux gouttes d’eau à qui se passe côté nord, sur le Triangle de Gonesse. Longtemps, le projet de mégacomplexe commercial EuropaCity a été la principale menace. La mobilisation a fini par l’écarter, mais la planification d’une gare au beau milieu des champs demeure.

Jardins ouvriers à Aubervilliers, ou Aire des vents à Dugny : au nord, toujours, d’autres morceaux de verdure sont sous le joug d’infrastructures prévues dans le cadre des JO 2024. Moins de 10 hectares au total, pas grand-chose comparé à tout le reste. « Mais pour les habitants, ce sont des lieux où se ressourcer et où se retrouver », insiste Jean-Marie Baty, responsable au Mouvement national de lutte pour l’environnement (MNLE) Île-de-France, qui crie presque pour se faire entendre. Sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville, l’escargot porte-drapeau de ces batailles a fini par débarquer en musique.

Chaque année, 1 500 hectares de terres agricoles disparaissent d’Île-de-France.

Inutiles, coûteux et destructeurs

Malgré les discours du gouvernement et de la Région sur la nécessité de lutter contre l’artificialisation des sols, les projets aberrants se multiplient en Île-de-France : gares inutiles du Grand Paris Express, infrastructures olympiques surdimensionnées, entrepôts de logistique, data centers, stockage de déchets inertes …

A Gonesse, dans le Val-d’Oise, depuis l’abandon du mégacentre commercial Europacity en novembre 2019, le Premier ministre a annoncé le maintien de la construction d’une gare de métro automatique sur la ligne 17 nord, au milieu des champs et l’urbanisation d’une partie du Triangle agricole, pourtant interdite à l’habitat en raison du bruit des aéroports du Bourget et de Roissy-Charles-de-Gaulle. Le gouvernement y a annoncé la construction d’une cité scolaire, d’un internat et d’une administration de l’État. Le terminus de la ligne 17, prévu au Mesnil-Amelot, viendrait urbaniser des terres fertiles autour d’un village actuellement peuplé de 1100 habitants, accélérant ainsi l’étalement urbain.

Il est urgent de stopper ces projets inutiles, coûteux, destructeurs de la biodiversité et du climat. Il est encore temps de protéger les terres agricoles. La transition écologique peut créer de nombreux emplois, et ces  terres peuvent contribuer à l’autosuffisance alimentaire de l’Île-de-France, alimenter nos cantines scolaires.. C’est pourquoi nous avons déposé une motion au Conseil municipal de Saint Gratien. Le maire a refusé de la soumettre au vote.

Le samedi 9 octobre, quatre marches sont parties, du Triangle de Gonesse (95), de Val Bréon (77), du Plateau de Saclay (91) et de Thoiry (78) et sont arrivées à proximité d’une porte de Paris. Dimanche 10 octobre au matin, les marches ont convergé pour arriver à midi place de l’Hôtel de Ville à Paris puis devaient se rendre en manifestation commune à Matignon.

Des élus étaient présents, dont Céline Malaisé, présidente du groupe « Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne (GCEC) » au Conseil régional d’Île-de-France.  

Ci-dessous l’article paru sur le site de Franceinfo sur cette mobilisation.  

Val-d’Oise : « Notre marche a pour but d’aller à Matignon et ça nous est refusé », s’indigne le président du Collectif Pour le Triangle de Gonesse

La justice a rejeté jeudi le recours de dix associations de défense de l’environnement, dont le Collectif Pour le Triangle de Gonesse (CPTG) qui s’oppose à l’urbanisation de la zone. Son président accuse Gabriel Attal d’avoir fait pression sur la justice.

Après l’abandon du projet Europacity (dans le Val-d’Oise) en 2019, la justice a rejeté jeudi 7 octobre 2021 le recours de dix associations de défense de l’environnement, dont le Collectif Pour le Triangle de Gonesse (CPTG), qui luttent contre la création d’une gare du Grand Paris Express et d’une zone d’activité dans le Triangle de Gonesse, en Île-de-France. Une marche à leur initiative pour continuer la mobilisation devrait arriver à Paris dimanche en milieu de journée. « Notre marche a pour but d’aller à Matignon et ça nous est refusé », s’indigne Bernard Loup, le président du CPTG, dimanche 10 octobre sur franceinfo. « Il y a une atteinte au droit de manifester parce qu’on nous bloque alors qu’on avait demandé à aller le plus près possible ». 

« [Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement] est venu faire pression sur la justice, alors il nous reste la mobilisation », a déclaré Bernard Loup, « et on ne cible pas la mairie de Paris mais le gouvernement, le Premier ministre ». Pour lui, l’objectif principal est la sauvegarde des terres.

« On a tous besoin de préserver les sols et d’ailleurs les politiques le disent eux-mêmes, ils parlent de zéro artificialisation mais continuent de bétonner les terres agricoles. » déclare Bernard Loup, le président du Collectif Pour le Triangle de Gonesse à Franceinfo.

« On veut gaspiller de l’argent public pour faire trois lignes de train CDG express pour les riches qui arrivent à Roissy, la ligne 17 nord qui ne dessert que des zones d’activités, aucune zone d’habitat… Les habitants de Gonesse sont à 6 kilomètres de la gare du triangle de Gonesse », a-t-il précisé. Il n’y a rien qui justifie cette gare, elle est dans les champs, mais on s’entête à la faire. » Pour le président du CPTG, c’est un combat « symbolique l’idée, c’est de faire un projet de dimension régionale, d’autonomie alimentaire de l’Île-de-France. Cette occasion, certains veulent passer à côté alors qu’il n’y a rien qui justifie cette urbanisation. »

D’autres articles à lire ici et .

Merci à S.B. pour ses photos de la marche au départ de Gonesse

Petit déchet, grosse pollution

L’association « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen » est dans la presse locale pour son action de lutte contre la pollution due aux mégots !

À lire ci-dessous un article de Fabrice Cahen, paru ce 30 septembre 2021 dans la Gazette du Val d’Oise.

Val d’Oise : le jet de mégot au Conseil municipal de Saint Gratien

L’association Saint-Gratien solidaire écologique et citoyen a arpenté le centre-ville de Saint-Gratien (Val-d’Oise) afin de sensibiliser les commerçants sur le jet de mégots. L’association propose que la Ville « agisse » pour limiter le jet de mégots sur les voies publiques. 

« Un an après notre première action toujours autant de mégots dans les rues », constate l’association, dont des membres sont des élus d’opposition au conseil municipal de Saint-Gratien.

Ils comptent intervenir lors de la prochaine assemblée municipale le 30 septembre 2021.

« Le but est de montrer la pollution énorme de ce « petit », déchet et d’envisager des solutions locales.

Le mégot est une source majeure de pollution puisqu’il contient du plastique et des milliers de substances chimiques. Un mégot met plus de douze ans à se dégrader. Jeté, il se retrouve ensuite le plus souvent dans les océans ».

L’association propose que la Ville « agisse » pour limiter le jet de mégots sur les voies publiques avec : installation de cendriers dans le mobilier urbain ; campagnes d’information et de sensibilisation ; travail en collaboration avec les bars-tabacs et cafés de la ville ; rappel de la contravention (68 €) qui sanctionne le geste de jeter un mégot sur la voie publique.

Grève à Transdev

Au dépôt Transdev de Saint Gratien, les salariés sont en grève depuis le 6 septembre pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail.

Suite à un changement de direction, quatre postes ont été supprimés dans les bureaux. Un seul employé ferait le travail des 4 autres, partis selon le projet de la direction. La pause serait réduite de 20 minutes à … 5 minutes pour les chauffeurs par demi-journée. La pause repas de une heure serait supprimée  pour aboutir à une journée continue de 8 heures. Il n’y aurait plus de week-end « libres » pour les nouveaux embauchés dorénavant.
Cette grève est très suivie. Du jamais vu en … 30 ans.
Les bus tournent dans le secteur partiellement grâce à emploi d’intérimaires ces derniers jours… et  les forces de l’ordre sont sur site.

Transdev est une filiale de la Caisse des dépôts et Consignations.

Des mauvaises conditions de travail des salariés de cette entreprise de transport ont des répercussions négatives sur la qualité du service rendu aux usagers. Leur lutte légitime, que nous soutenons, nous concerne donc tous.  

Source : salariés Transdev à élu SGSEC.
Image Actu.fr

 

Rentrée scolaire sous Covid-19

Il faut être abonné au Journal du Dimanche pour connaitre le protocole qui sera appliqué dans les écoles le 2 septembre prochain ! C’est en effet dans ce journal que J.M. Blanquer a choisi d’annoncer les dispositions sanitaires qui s’appliqueront à la rentrée. Un mode de communication assez étonnant, mais habituel chez le ministre, et qui est critiqué à juste titre par les enseignants.

Mais le principal est que ces règles destinées à lutter contre la propagation du virus suscitent bien des interrogations.

-Elles sont uniformes quel que soit les taux d’incidence, pourtant bien différents d’une région à l’autre.

-Pas de mesure spécifique pour les enfants de moins de 12 ans, qui ne peuvent être vaccinés, notamment rien pour empêcher le brassage des élèves à la cantine.. Or on sait à présent que le virus circule intensément chez les enfants et les adolescents.

-Rien sur le déroulement des sorties scolaires, dont ont déjà été privés les élèves depuis mars 2020. Le passe sanitaire est en effet exigé dans les lieux culturels : comment procéder avec des enfants de moins de 12 ans ?

-Rien n’avance pour les dispositifs permettant de lutter contre la propagation du virus dans les écoles, tels que purificateurs d’air et capteurs de CO2. À la charge des collectivités locales ? 

Tests salivaires vantés par le ministre : le même cafouillage que l’année scolaire dernière ?

La crise sanitaire a mis en lumière les faiblesses structurelles de l’école : locaux parfois difficilement aérables, manque de sanitaires en nombre suffisant, effectifs lourds dans les classes, manque de personnel d’encadrement lors de la restauration ou pour la désinfection des surfaces… Difficile dans ces conditions d’appliquer efficacement les consignes sanitaires propres à ralentir la propagation du virus. Or le lavage des mains, l’aération des salles et la désinfection des surfaces sont des mesures essentielles pour les écoliers comme pour le personnel d’encadrement.

Le tout sans oublier le problème récurrent et primordial des difficultés de l’enseignement à distance en cas de fermeture de classe, que ce soit en terme de formation des personnels ou d’équipement informatique des familles.

La vaccination des enseignants reste aussi un point noir, les syndicats dénonçant des mesures coercitives au lieu d’une véritable campagne d’information sur la vaccination, et des mesures la facilitant, comme par exemple la vaccination sur le temps de travail.               

À Saint Gratien, bien que nous soyons membres de la commission scolaire, aucune information à ce jour ne nous est parvenue sur les conditions de la rentrée. On ne peut que regretter que la seule instance qui réunissait parents, enseignants et élus, et permettait donc des échanges si ce n’est une concertation, ait été supprimée dès mars 2020 : la commission scolaire élargie n’existe en effet plus. Quel dommage ! En ces temps compliqués, nous avons besoin des remarques et idées de tous. Les décisions efficaces ne peuvent se prendre en petit comité de manière opaque.

La cerise sur le gâteau ? Nous apprenons le remplacement de l’adjointe aux affaires scolaires, à quelques jours de la rentrée. Une décision inédite et révélatrice des difficultés de la municipalité.

Une République démocratique, sociale et universelle

Commune de Paris. Roger Martelli : « Une montée au mur festive et populaire »

Roger Martelli, historien, coprésident de l’association des Amis de la Commune est interrogé par Diego Chauvet pour l’Humanité. Il vient de publier « Commune 1871. La Révolution impromptue » aux éditions Arcanes 17.

Pour le 150e anniversaire de la Commune de Paris, plus de cent organisations ont appelé à un rassemblement et un défilé depuis la place de la République, samedi.

Cette année, la montée au mur des Fédérés commencera par un rassemblement à 10 heures, samedi 29 mai, sur la place de la République, où auront lieu des prises de parole, des animations et un pique-nique. Le cortège s’élancera ensuite à 14 heures en direction du Père-Lachaise. Un rendez-vous pour affirmer que, cent cinquante ans après, « la Commune n’est pas morte », détaille le coprésident de l’association des Amis de la Commune Roger Martelli.

Chaque année a lieu la montée au mur des Fédérés. Quel est le sens de cette initiative ?

Roger Martelli L’habitude a été prise en 1880 de se retrouver au cimetière du Père-Lachaise devant le mur des Fédérés, où 147 combattants de la Commune ont été fusillés et enterrés le 27 mai 1871, vers la fin de la « semaine sanglante » (21-28 mai 1871). C’est le parti de Jules Guesde, un des premiers partis ouvriers français, qui décide de faire de ce moment et de ce lieu une occasion de se retrouver pour exalter la force du combat socialiste et ouvrier. À partir de là, chaque année à la fin du mois de mai, les héritiers affirmés de la Commune ont pris l’habitude de « monter au mur » pour exalter sa mémoire et celle de ses combattants massacrés.

Les manifestations commémoratives de la Commune ont connu des affluences massives dans le passé, et notamment à l’époque du Front populaire. Elles se sont maintenues au fil des ans, même de façon plus modeste. Cette année, nous avons pensé qu’il convenait de donner un relief particulier à cette montée au mur. Ce sont donc plus de cent organisations qui se sont associées et réunies à plusieurs reprises pour envisager une matinée festive sur la place de la République, puis une manifestation en cortège vers le Père-Lachaise jusqu’au mur emblématique. Une manière de dire, avec plus de relief encore que d’habitude, que « la Commune n’est pas morte ».

Cette année, vous avez appelé à en faire l’occasion d’« un élan populaire et festif ». Pourquoi ce choix ?

Roger Martelli Nous l’avons voulu parce que c’est une année marquante – un cent cinquantenaire. Nous l’avons voulu aussi parce que les adversaires traditionnels de la Commune ont décidé de retrouver une hargne et un élan anticommunards que l’histoire avait semblé éloigner de nous. Alors que l’Assemblée nationale avait décidé heureusement, en 2016, de réhabiliter rétrospectivement les communard-e-s condamné-e-s et de réintégrer positivement la Commune dans l’histoire nationale, les adversaires historiques de la Commune, les versaillais d’aujourd’hui, retrouvent de la voix pour déverser sur elle des tombereaux de boue.

Nous avons voulu donner à notre propre voix une force suffisante pour couvrir celle des descendants assumés des bourreaux. Mais nous avons voulu lui donner une forme dans l’esprit émancipateur qui fut celui des communard-e-s : un moment de lutte achevé dans le plus grand bain de sang de l’histoire civile française contemporaine, mais aussi un moment de liberté et de fête, où les humbles accédaient enfin à la reconnaissance et à la dignité. La Commune fut un combat sans merci, mais ce fut aussi un moment de fierté et de joie. Alors que tant d’ombres planent sur nos sociétés plongées dans l’incertitude et parfois l’angoisse, c’est cette confiance dans le peuple que nous redirons dans la rue en cheminant vers le Père-Lachaise.

Bien sûr, la pandémie aura marqué de son empreinte l’événement et limité l’ampleur de la fête dont nous rêvions au départ. Mais l’anniversaire de l’événement n’aura pas été réduit au silence. Beaucoup d’activités collectives ont eu lieu déjà et d’autres auront lieu encore. Samedi devrait être un temps fort de cette affirmation joyeuse, une fois de plus lancée à tous les vents.

Parmi toutes les commémorations auxquelles il s’est joint, Emmanuel Macron a refusé celle de la Commune de Paris. Pourquoi selon vous ?

Roger Martelli Emmanuel Macron aurait pu, en saluant la Commune, réintégrer une pièce de l’histoire populaire dans le grand mémorial de la République et de la nation. Il ne l’a pas fait. Tant pis. La Ville de Paris le fait. Tant mieux…

Une belle occasion a été manquée. Que voulaient les actrices et acteurs de la Commune au printemps de 1871 ? Que la République ne soit pas fermée aux plus modestes, mais qu’elle soit enfin universelle et que, ce faisant, elle soit pleinement égalitaire, démocratique et solidaire, comme l’y incite sa devise, adoptée en 1848, de « liberté, égalité, fraternité ». Ces femmes et ces hommes qui avaient pris les armes pour défendre Paris avaient pour seul crime d’avoir voulu d’une « République démocratique, sociale et universelle ».

L’anniversaire aurait permis de mettre fin à l’exclusion officielle de la mémoire de ces dizaines de milliers d’individus, le plus souvent d’origine modeste, qui s’engagèrent pour que la devise de la République ne soit pas que des mots. Ils le payèrent cher. La République officielle aurait pu les réintégrer dans la grande histoire républicaine. Celle d’Emmanuel Macron a préféré suivre ceux qui préféraient l’homme du coup d’État de brumaire à la Commune. On ne demandait pas au président de célébrer, mais à tout le moins de commémorer. Il a préféré le silence. Mais du coup, il a laissé le terrain aux aboyeurs du camp d’en face. Double injustice par laquelle la République officielle d’aujourd’hui entérine par son silence la mitraille de la République conservatrice d’hier. Elle a tort : les munichois finissent toujours par payer les additions.

Illustrations de Dugudus, dans son ouvrage « Nous la commune » et de la BD « le cri du peuple »