Une autre réforme

Une fois n’est pas coutume, notre « tribune libre » parue dans le magazine de Saint Gratien dépasse le seul cadre municipal… mais concerne bien évidemment tou·tes les Gratiennois·e·s : elle  est principalement consacrée à la si controversée réforme des retraites.

En très peu d’espace, nous tenions à souligner que d’autres voies que le report de l’âge de départ sont possibles pour pérenniser le système par répartition. Lequel a été mis en place au sortir de la guerre, et alors que la productivité des actifs et actives était bien moindre qu’aujourd’hui. Notre billet revient donc sur les diverses solutions pour prendre l’argent… là où il se trouve ! Il importe aussi que les Gratiennois·e·s connaissent le positionnement de leurs élu·e·s. 

C’est à lire ci-dessous.

Tribune libre des élus « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen » ; Magazine municipal de mars/avril 2023

Le Conseil municipal a entériné une hausse de 13% de la taxe foncière. À venir aussi une augmentation importante des prestations périscolaires, donc de la cantine, déjà la plus chère du secteur : 400 000 € de recettes supplémentaires attendues par la ville !

Après y avoir acquiescé, Me Eustache-Brinio, ex-maire, ne s’est pas non plus distinguée au Sénat sur la réforme des retraites. Elle n’a prononcé qu’un seul mot : « défendu » pour présenter un amendement. Bien peu au regard des enjeux ! Elle a voté « Pour » cette réforme néfaste, quand des élus de son groupe, eux, votaient Contre.

Une autre réforme est possible ! Comment faire rentrer des cotisations supplémentaires pour la retraite à 60 ans ?

  • Augmenter les salariés du privé de 5 % : + 9 milliards € (M€)
  • Augmenter de 5% le point d’indice dans le public : + 1,25 M€
  • Intégrer les primes dans le calcul des retraites de la fonction publique : + 6 M€
  • Créer 100.000 emplois à l’hôpital : + 1,5 M€
  • Réaliser l’égalité salariale femmes-hommes : + 5,5 M€
  • Supprimer les exonérations de cotisations patronales : 20 M€
  • Lutter contre les fraudes aux cotisations sociales des entreprises : + 1 à 2 M€

Sans « jeunes » retraités, comment vivent les associations ? Qui garde les petits-enfants ?

Isabelle Volat, Stéphane Bauer

L’heure est grave

Première réunion de quartier en ce printemps 2023, sous le préau de l’école Raymond Logeais.

Quelques nouveautés : il n’y a ni chaises (elles finiront par arriver du réfectoire), ni micro (ce qui ne facilite pas les échanges…) mais surtout il y a la présence notoire de l’adjoint aux finances, qui en principe ne se déplace guère pour entendre parler des sujets les plus souvent évoqués dans ces réunions, stationnement et nuisances de voisinage diverses par exemple. L’heure doit être grave.

L’ordre du jour est totalement inédit, lui aussi. Alors que d’habitude les projets et investissements sont présentés, avant le traditionnel exercice de questions au maire, rien de tel ce lundi. Les mauvais esprits diront que les travaux sont réduits à leur plus simple expression et qu’il devient délicat d’en faire l’exposé…

Aujourd’hui, on parlera sécurité et finances communales !

Je passe rapidement sur le bilan de la « marche exploratoire » que réalisent les services de la ville avec les membres du groupe de quartier en amont de la réunion, puisque cette visite ne débouche que sur des constatations extraordinaires, tels que le manque de poubelles ou les massifs à tailler. Mais marche exploratoire, ça impressionne !

La partie « sécurité », c’est simple, et on s’en doutait un peu, consiste essentiellement à une page de publicité pour le dispositif « Voisins Vigilants et Solidaires », qui rappelons-le, est totalement axé sur la vigilance et pas du tout sur la solidarité. Ce qui est plus étonnant, c’est d’entendre le représentant de la police nationale lui-même vanter les mérites de cette plate-forme privée, dont aucune étude n’a constaté l’efficacité ! Car la délinquance et ses variations dépendent de multiples facteurs et il serait bien illusoire d’attribuer une baisse des cambriolages de 20à 30%, comme affirmé ce soir, à la seule mise en réseau de voisins qui se surveillent mutuellement. Étonnant aussi de voir les services municipaux se faire les relais zélés de « VVS » en incitant les habitants présents à rejoindre ce réseau.

On embraye ensuite sur un autre dispositif censé réduire l’insécurité mais dont aucun bilan n’est jamais communiqué non plus : nos très chères caméras ! Le maire nous annonce l’implantation de quelques engins supplémentaires, sans en dévoiler l’emplacement, vous comprenez bien pourquoi, nous dit-il !  (Non. Pense-t-il que nous allons renseigner les voyous, voire en profiter nous-mêmes ? De plus, il faut être aveugle pour ne pas repérer le gros globe perché au bout d’un mât, qui nous surveille !)

Une fois les habitants rassurés sur leur sécurité, on passe à la deuxième partie de la soirée… qui risque d’être beaucoup plus inquiétante ! Les finances de la ville sont au plus mal, on risque l’effet ciseau, c’est-à-dire les dépenses supérieures aux recettes. Évidemment, la ville souffre, comme toutes les autres, de la conjoncture et est soumise aux fortes augmentations des fluides et des denrées alimentaires, à la revalorisation du SMIC, le tout avec des dotations en berne, une taxe d’habitation disparue et pas de bouclier tarifaire : deux millions de dépenses supplémentaires entre 2021 et 2023… Vous voyez la suite ?

Bien que la ville serre notre ceinture, ne recrute plus voire dégraisse, baisse le chauffage et engage quelques travaux de rénovation énergétique… il va falloir se résoudre à augmenter le taux communal de la taxe foncière ! Un secret de polichinelle puisque le vote du budget 2023 en décembre denier avait déjà acté cette hausse. Mais elle va être assez conséquente pour que la majorité municipale ait jugé utile de déminer le terrain avec une présentation « pédagogique »  de la chose.. En effet, si les taux de la ville vont augmenter de + 14%, les bases et autres parts du département, de la région… vont, elles aussi, connaître des hausses importantes.

Au final, la TF 2023 risque d’être assez salée. Mais, nous dit l’adjoint aux finances, par chance, pour les dernier·ères Gratiennois·e·s à être exonéré·e·s de la TH cette année, la hausse sera plus indolore puisque ils/elles gagneront du côté de la TH ce qu’ils/elles perdront du côté de la TF… On reste moyennement convaincus car comment se satisfaire de voir le bénéfice financier de la disparition d’une taxe entièrement avalé par la hausse de l’autre…

Nous reviendrons sur cette question de l’augmentation des taux prochainement, puisqu’elle sera débattue au Conseil municipal d’avril. Saint Gratien est confrontée à une situation délicate comme toutes les collectivités, mais il y a aussi des raisons spécifiques à ses difficultés, notamment une mauvaise gestion de sa dette avec la contraction d’emprunts structurés qui ont handicapé sa capacité d’investissement, et par exemple la rénovation énergétique de ses bâtiments.

J’interroge sur le deuxième versant évoqué par l’adjoint pour équilibrer son budget, à savoir la prévisible et annoncée augmentation des tarifs des prestations périscolaires. Hélas ! Il est à craindre qu’elle soit importante, puisque le maire n’a pas osé donner de chiffre, se contentant de rappeler la hausse de 2022, à savoir +3%… ce qui n’était pas l’objet de ma question.   

La réunion de quartier reprend enfin un cours habituel, avec les traditionnelles doléances sur le manque de places de stationnement. Interrogé sur le développement des infrastructures cyclables, pour que les différents modes de déplacement puissent cohabiter dans notre ville, le maire vante, comme à son habitude, les arceaux à vélos et autres ateliers de réparation. Oui, mais pour rouler en toute sécurité ? On entendra quand même parler de plan vélo au niveau de l’agglomération, et de double sens cyclable qui pourrait voir le jour dans certaines rues… à suivre !

Enfin, est venue sur le tapis la question, ô combien cruciale, de la gestion de l’eau en ces périodes de sécheresse prolongée qui font craindre un été compliqué. La ville pourrait favoriser la récupération de l’eau de pluie dans les quartiers pavillonnaires, voire les copropriétés, en organisant des achats groupés de récupérateurs d’eau de pluie… Une bonne idée, nous dit le maire… Merci à Sabine, notre ancienne  colistière au Conseil municipal, de nous avoir fait échapper au sempiternel sujet des difficultés de stationnement !

En vélo à Saint Grat !

J’ai signé la pétition ci-dessous, à l’initiative de « Saint Gratien à vélo », antenne de l’association «  Mieux se déplacer à bicyclette », et proposée par Josiane Albert.

Ce texte est adressé au maire de Saint Gratien, ville où les déplacements à vélo peinent à trouver leur place, faute d’infrastructures adéquates. Il est largement temps d’aménager les espaces pour que les différents modes de déplacement puissent cohabiter. Nous le réclamons depuis des années ! Le vélo, c’est bon pour l’environnement, la santé, le pouvoir d’achat, le commerce local, le lien social !

C’est à signer ici !  

OUI au développement des infrastructures cyclables à Saint Gratien

Destinataire : Maire de Saint Gratien

Nous, soussignés, sommes conscient.es des bénéfices que la pratique du vélo peut apporter à notre société, nous demandons que des mesures soient prises pour encourager, promouvoir et rendre plus sûre l’utilisation du vélo dans la ville de Saint-Gratien.

Nous reconnaissons les impacts positifs du vélo sur la santé publique, l’environnement et le pouvoir d’achat. Le vélo est un moyen sûr et efficace de se déplacer, qui permet de réduire la pollution, de promouvoir la santé physique et mentale, et de réduire les coûts de transport. Il est bénéfique pour le commerce local.

Par conséquent, nous demandons que des mesures soient prises pour promouvoir et encourager l’utilisation du vélo dans notre communauté, notamment :

  1. Des plans de développement des infrastructures cyclables, y compris des voies cyclables sécurisées et des aires de stationnement pour vélos couverts et de qualité, à proximité des commerces, des lieux culturels, des établissements scolaires et des gares
  2. Des programmes de sensibilisation et de formation pour promouvoir l’utilisation du vélo dans les écoles primaires Des programmes de soutien pour aider les personnes à acheter et à entretenir des vélos.
  3. Des doubles sens cyclables dans les rues à sens unique et à 30 km/h avec les signalétiques correspondantes, doublée d’une large campagne d’information
  4. Des sas vélo, des signalétiques cédez- le- passage, des ronds-points sécurisés…

Facebook : https://www.facebook.com/StGratienaVelo

Adhésion : https://mdb-idf.org/adhesion/

Auteur : Josiane Albert

Quelque chose d’inhabituel

Suite du compte-rendu du Conseil municipal du 16 février 2023 à Saint Gratien

Dossier le plus important de ce Conseil à l’ordre du jour léger : nous votons contre l’adhésion de la ville au dispositif « Voisins Vigilants et Solidaires », car nous sommes opposés à ce système.

Le principe a été initié par Sarkozy en 2011 sous couvert de « participation citoyenne ». La méthode a été reprise par « Voisins Vigilants et Solidaires » qui est un dispositif payant et privé. L’entreprise est un acteur privé du marché de la sécurité et elle fait de la surveillance une source de profit. En fait, on instaure une surveillance privatisée.

Pour transformer les citoyens en informateurs, « VVS » propose une plateforme de mise en lien par SMS, mail entre citoyens, mairie et services de police ou de gendarmerie via une application, ainsi qu’une signalétique. La ville va acheter des panneaux estampillés « voisins vigilants » pour 85€ pièce, et il existe des autocollants à 5 euros. Vous savez, un gros œil noir sur fond jaune, censé fait fuir les cambrioleurs à sa simple vue…

Le rapport présenté au Conseil fait aussi allusion à la « participation citoyenne »… De quoi entretenir le flou entre les dispositifs, l’un public et un minimum encadré, l’autre porté par une société privée, avec son site « voisinsvigilants.org »… 

Voisins vigilants : on a ajouté « solidaires » pour être plus attractif et adoucir l’image mais finalement, on se surveille ou on s’entraide ? Rien à voir entre les deux volets. L’un joue sur la confiance entre les individus et l’autre sur la méfiance. Le mélange de deux notions antagonistes a peu de chance de fonctionner. 

À notre connaissance (et personne ne nous démentira ce 16 février), aucun bilan national n’a été dressé de ce dispositif, de son efficacité et des éventuels problèmes qu’il pourrait poser. Difficile de tirer des conclusions, faute d’une évaluation systématique et rigoureuse.

Les cambriolages auraient baissé de 40 % après l’installation de tels dispositifs, nous dit le document du Conseil. Problème : c’est aussi l’argument de vente massue de « VVS ». Pourtant « VVS » reconnaît aussi : « Il ne peut pas y avoir de retour statistique sur notre activité. La délinquance peut baisser, mais ça ne serait pas honnête d’imputer directement ces résultats aux Voisins Vigilants. » Ce qui ne les empêche pas d’inscrire en page d’accueil du site la promesse ambitieuse : « -40% de cambriolages ». Chiffre curieusement repris dans notre rapport municipal « une baisse de 20 à 40% » ! Où ? Quelles études ? Quelles statistiques ? On sait que les cambriolages par exemple ont lieu par vague quand les cambrioleurs écument un quartier. Ensuite, ils se font arrêter ou vont ailleurs : la délinquance baisse ici et va monter ailleurs. Comment attribuer ce phénomène à « VVS » ? 

On nous dit encore que le « sentiment d’insécurité » des habitants aurait baissé et le lien social aurait progressé dans les villes avec « VVS ». Or, mesurer la perception du sentiment d’insécurité est particulièrement complexe, même pour des chercheurs et chercheuses spécialisées dans ce domaine. Sans enquête rigoureuse, il apparaît impossible de donner une information fiable sur le sentiment d’insécurité.

Quant au lien social que générerait les communautés numériques de voisins vigilants, il nous laisse perplexe. Le site de « VVS » est d’ailleurs quasi muet sur l’entraide entre voisins. Oui à une plate-forme d’échanges de services (mais pas besoin de « VVS » pour ça, on l’avait proposé en 2020) mais non à un dispositif qui génère de l’anxiété et contribue à faire monter le « sentiment » d’insécurité. Voir partout afficher le gros œil noir est déjà en soi anxiogène !   

Pour nous, la sécurité doit rester de la responsabilité des forces de police publiques, seules à même d’exercer les missions de prévention, répression, enquêtes… c’est à elles que l’État doit donner les moyens d’assurer une protection efficace des citoyens. La surveillance n’est pas un acte banal et doit être assuré par des professionnels de la sécurité.

Nous demandons des précisions sur certains points. Malheureusement peu de réponses ou peu convaincantes.  

Pour que le voisin devienne « vigilant », son profil doit être validé. Par qui ? Selon quels critères ? Y a-t-il constitution d’un fichier ? Les données sont-elles gardées pendant 5 ans ?

Que sont les services « partagés » promis dans le rapport, du type : covoiturage, entraide… ?

Nous lisons sur le site de « VVS » ce qui suit :

Être voisin vigilant :

Chaque voisin s’inscrit gratuitement et de façon sécurisée sur le site dédié à ce dispositif, son profil est validé, il agit sous sa propre identité. Il est alors en lien avec ses voisins et la mairie et peut envoyer un SMS depuis un numéro centralisé s’il remarque quelque chose d’inhabituel. Il peut aussi partager des services conviviaux (covoiturage, entraide…).

Mais un clic sur ce lien « entraide »

renvoie sur l’intitulé « réduisez efficacement l’insécurité »,

soit les mêmes services que l’onglet « sécurité »… L’onglet « convivialité » renvoie à la même chose..

Quant à savoir ce qu’est « quelque chose d’inhabituel »…

Nul doute que la ville fera une communication importante sur l’implantation de « VVS ». Certain·e·s auront peut-être l’impression que la ville agit pour lutter contre « l’insécurité ». Quelle illusion !

Pour notre part, nous pensons qu’instaurer un dispositif de soutien scolaire (voir billet précédent) aurait été autrement utile aux Gratiennois·e·s.  

Un soutien scolaire municipal

Suite de notre compte-rendu du Conseil municipal du 16 février 2023

À l’occasion du vote de la convention entre l’APS, association de prévention spécialisée, la commune et le département, nous demandons de rappeler ce qui est fait en matière de décrochage scolaire par l’APS.

Il existe en effet dans notre ville une forte demande de soutien scolaire, a fortiori depuis le Covid, tant pour le 1er que le second degré. Quelle est l’offre en ville ? Où un·e Gratiennois·e lambda peut-il/elle s’adresser s’il/elle en a besoin ? Quelqu’un·e qui peut mettre à disposition des compétences pédagogiques peut offrir ses services à qui ?

À Ermont, un service « d’accompagnement scolaire » est encadré par la ville et est hébergé dans des locaux municipaux. Quelque chose à réfléchir ici ? Des subventions de la CAF sont possibles pour ces dispositifs.

Au cours des échanges sur ce sujet, il apparaît que l’APS assure un soutien scolaire gratuit, exclusivement en math et français pour les collégiens qui viennent s’inscrire. Un lien est fait avec le collège. Les professeurs sont évidemment rémunérés, et on peut éventuellement envoyer sa candidature à l’APS. L’équipe est renouvelée tous les ans. L’action de l’APS est ciblée sur les collégiens. Nous regrettons évidemment que les pouvoirs publics ne financent pas ces structures à la hauteur nécessaire.

Rien n’existe donc en terme de soutien scolaire dans la commune pour les lycéens, ni pour les écoliers des établissements élémentaires. L’adjointe aux affaires scolaires confirme d’ailleurs que dans les écoles, les études après la classe sont « surveillées » et non pas « dirigées », comme semblait le croire le maire quand il l’a sollicitée pour qu’elle intervienne sur le sujet… Nous avons soulevé depuis longtemps cette question de l’instauration d’un dispositif municipal de soutien scolaire, qui nous paraît indispensable, y compris en centre-ville. Les besoins sont importants. Nous avions même engagé des démarches pour que la ville sollicite par exemple de jeunes retraité·e·s de l’Éducation nationale pour enclencher une dynamique. Hélas sans succès puisque le maire nous avait alors répondu qu’il ne souhaitait pas que des associations interviennent au sein des écoles…    

Tous les élu·e·s reconnaissent que les difficultés scolaires sont de plus en plus nombreuses, et que si le soutien de l’État est crucial dans ce domaine, les différents partenaires doivent également s’y impliquer. Enfin, la position de la ville semble évoluer sur certains aspects puisque le maire annonce regretter de ne pas bénéficier du dispositif de REP pour le quartier des Raguenets. Cela permettrait effectivement de disposer de moyens supplémentaires non négligeables de la part de l’Éducation nationale pour lutter contre l’échec scolaire. Jusqu’ici la ville n’avait pas souhaité que le quartier soit classé « REP ». Tant mieux si elle réclame à présent qu’une aide particulière soit apportée par l’État.

À suivre… l’instauration votée au Conseil d’un dispositif « vigilant » dans notre ville… ouvrons l’œil ! 

Pas d’étoiles dans le ciel gratiennois

Assez courte séance du Conseil municipal ce 16 février 2023. Seulement 9 points à l’ordre du jour, dont des décisions techniques mineures. Cela nous change du mois de décembre, où nous avions étudié 20 points, dont le budget 2023 !

En début de séance, nous demandons des corrections au procès-verbal. Des interventions d’autres élus nous sont en effet attribuées, et le PV nous fait dire l’inverse de ce que nous avons déclaré en séance ! Des éléments importants sont oubliés, comme la partie de l’intervention de Stéphane Bauer consacrée à la cuisine centrale du lycée d’Enghien, dont pourrait bien s’inspirer Saint Gratien…

Cette fois-ci, nous obtenons satisfaction et le PV sera donc modifié.  

Le document du PV fait certes 58 pages mais l’essentiel est consacré à la reprise des rapports, et très peu aux échanges. Pour éviter de lire dans les PV l’inverse des  propos que nous avons tenus, deux solutions : ou la diffusion de la séance en ligne, ce qui aurait l’avantage de mieux et plus facilement informer les Gratiennois·e·s, ou le PV « intégral » qui reprend les échanges en totalité. D’autres communes ont adopté ces pratiques. Nous insistons parce que le PV est la seule trace des débats au Conseil municipal.  

Nous questionnons ensuite sur les décisions du maire, et notamment celles qui portent sur le  remplacement des lampes de l’éclairage public par des LED. 222 points lumineux sont concernés et deux zones seront tout d’abord équipées : limite Épinay et côté Marais.  

Nous demandons s’il existe une estimation des économies générées par rapport à la dépense engagée. Le montant de 831 462 € n’est pas le coût total du passage en LED, mais seulement de la première phase. La totalité du coût s’élèverait selon le maire à « des millions d’euros ». Quel coût pour la ville après subventions ? Trois subventions ont été sollicitées, mais encore aucune réponse, notamment du « fonds vert » de l’État, qui annonce une enveloppe mais ne garantit pas que tous les projets seront subventionnés. Nous manquons donc d’informations financières sur ce dossier.

Nous relançons la question de l’extinction de l’éclairage public, au vu des montants excessivement importants de l’équipement en LED.

Pourquoi ne pas aller plus loin comme Ézanville, Domont… 7 villes de la CAPV, qui ont opté pour une extinction entre 1h et 5h ? N’oublions pas l’intérêt écologique de l’extinction, y compris avec LED.

« En France, le nombre de points lumineux liés à l’éclairage public est passé de 7,2 millions en 1990 à 9,5 millions en 2015, pour s’établir à 11 millions aujourd’hui, soit une augmentation de +53 % depuis 1990 ». C’est une note rédigée au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques du 26 janvier, par une sénatrice du Doubs, Annick Jacquemet qui dit : « la pollution lumineuse est un phénomène massif et en pleine extension au niveau mondial, notamment en raison du développement des LED. »

Le maire ne souhaite pas poursuivre le débat sur cette question, arguant de problèmes de sécurité qui pourraient selon lui se développer dans « la ville la plus dense du département. » Il y aurait donc de nombreuses personnes qui se déplaceraient la nuit dans nos rues. Pour notre part, après avoir circulé volontairement dans Saint Gratien à des heures avancées, nous n’avons pas du tout constaté ce phénomène. Il rappelle que la ville baisse l’intensité de l’éclairage au cours de la nuit, et que c’est le chauffage qui est le poste le plus coûteux en terme d’énergie. Le maire pense aussi que l’extinction gênerait la vidéosurveillance. Ce n’est pourtant pas le cas, les caméras fonctionnant en pleine obscurité. Et la délinquance a-t-elle explosé dans les communes avoisinantes qui éteignent leur éclairage une partie de la nuit ?

Nous soulignons que des dispositifs existent pour éclairer une rue « à la demande » comme à St Prix. Pourquoi Saint Gratien ne s’est pas lancé dans l’étude de l’adoption d’une application permettant aux habitants de gérer l’éclairage public ? Quelques infos ici.

L’application « J’allume ma rue » permet par exemple d’allumer les lampadaires de sa ville grâce à son téléphone. Une manière de réduire la pollution lumineuse et faire quelques économies la nuit. Une prise de conscience écologique visiblement absente dans la majorité municipale gratiennoise. « Nous conservons l’éclairage, la chose est dite », nous coupe le maire.. Les enfants gratiennois continueront donc d’ignorer que le ciel est peuplé d’étoiles..

Enfin, nous nous interrogeons sur le « nouvel » aménagement de la promenade au-dessus du BIP, déjà utilisée par vélos depuis sa création. Seuls les panneaux sont nouveaux ! Il n’y a donc pas de « développement «  des infrastructures, 12 000€ devant être le coût des panneaux. Le maire indique que les subventions demandés n’ont d’ailleurs pas été obtenues.

À suivre… un échange sur le soutien scolaire et l’activité de l’APS, association de prévention

Un bref moment

Sept minutes du Conseil municipal du 16 février ont été consacrées à nos questions orales. Les réponses du maire sont donc forcément succinctes, et comme d’habitude très évasives, bien que nous envoyions nos questions 48 heures avant la séance.

Voici ce qu’il faut retenir de ce bref moment.  

Compostage – Stéphane Bauer 

À compter du 1er janvier 2024, il sera obligatoire de disposer d’un bac à compost chez soi et plus possible de jeter ses biodéchets dans une poubelle verte, destinée aux déchets classiques et non recyclables.

Quand et comment le compostage va devenir obligatoire ? – UPCYCLE

Chaque foyer devra avoir un bac à compost, sans quoi il enfreindrait la loi du 10 février 2020 relative à la lutte anti-gaspillage pour une économie circulaire.

Il est prévu que si on ne dispose pas d’un bac chez soi, « il sera possible de se débarrasser de ses déchets dans ceux mis à disposition dans votre commune ». 

Accélérer la distribution des bacs à compost dans les foyers gratiennois avec campagne de communication, à défaut installation de bacs collectifs où il sera possible de se débarrasser de nos déchets à compost : qu’est-il prévu à St-Gratien, à partir de quand ?

Réponse du maire : le maire se félicite d’être « plutôt en avance » sur le compostage : compostage dans les écoles, dans les crèches. Il y a déjà de nombreux points d’apport collectif dans certaines copropriétés qui ont fait le choix de l’apport volontaire. Appréhender cette loi n’est pas la compétence du Conseil municipal, la ville l’a déléguée au syndicat Émeraude. La ville va rencontrer le syndicat très bientôt avec l’adjoint au développement durable. Plusieurs scenarii sont possibles et le Conseil sera informé de la forme que cela pourra prendre. Celle préconisée par l’État n’apparaît pas comme la plus pertinente : recréer une collecte supplémentaire de biodéchets, ce qui entraîne un passage de camion et un bac supplémentaire. Le maire doute que ce soit la meilleure solution. Il ne connaît pas aujourd’hui les points où pourraient être apportés les biodéchets. Ne faut-il pas d’abord réfléchir à implanter un centre local de méthanisation, avant de commencer à collecter… ou de cacher ces déchets un peu plus loin comme pratiquent malheureusement certains..

Notre commentaire : en bref, rien n’est encore vraiment réfléchi pour cette nouvelle collecte… il reste 10 mois..        

 Aménagement du bassin des Cressonnières – Isabelle Volat

Ce projet est annoncé depuis des années et semble à l’arrêt. On évoque des difficultés liées à la géologie du terrain.

Quand peut-on espérer l’achèvement de ces travaux ?

Réponse du maire : les investigations géotechniques supplémentaires réalisées en 2022 ont montré la nécessité de réaliser des travaux complémentaires, permettant de rendre étanche la cuve du futur bassin de décantation par la réalisation d’un fond injecté. Ces travaux ont duré six mois environ et ont été achevés en septembre 2022. À ce jour, la fin des travaux est prévue pour juillet 2023.

Nos commentaires : même non-spécialistes de la question technique, on a quand même des difficultés à comprendre que les entreprises n’aient pas anticipé les problèmes d’étanchéité alors que les travaux en question se déroulent sur le cours du petit ru.. Une façon de remporter un appel d’offres avec des prix modérés, pour ensuite les gonfler au fur et à mesure des travaux, en arguant de problèmes techniques prétendument imprévisibles ?      

Géothermie – Stéphane Bauer

La ministre de la Transition énergétique a présenté ce 2 février 2023 un plan d’actions pour « accélérer le déploiement de la géothermie ».

https://www.banquedesterritoires.fr/energies-renouvelables-le-gouvernement-presente-un-plan-pour-accelerer-le-deploiement-de-la

Quel impact ce plan peut-il avoir sur le développement du projet commun aux villes de St Gratien, Soisy et Montmorency dont il a été fait état deux fois lors des derniers conseils municipaux ?

Réponse du maire : le maire se félicite d’avoir lancé ce projet d’étude avant que le gouvernement comprenne la nécessité de déployer la géothermie. Le plan gouvernemental peut permettre de conforter le travail déjà mené par la ville et peut contribuer à l’obtention de financements accrus si le projet devait se concrétiser. Des nouvelles du projet seront bientôt données. Il existe déjà des idées de terrains pour la réalisation d’un premier forage.

Nos commentaires : nous serons « vigilants » pour relancer la ville régulièrement sur ce sujet afin qu’effectivement le projet voie le jour !  À Gonesse et Villiers-le-Bel, le système de géothermie mis en place en 1984 permet de chauffer des milliers de logements et sera fonctionnel pendant plusieurs dizaines d’années. Un procédé écologique et renouvelable à développer particulièrement en ces périodes de crise énergétique.

Séisme en Turquie et Syrie – Isabelle Volat

Le séisme et sa réplique, qui ont dévasté le sud-est de la Turquie et le Nord-Ouest syrien, ont déjà fait plus de 35 000 morts, des milliers de blessés, de sans-abri et de très importants dégâts (un bilan qui hélas s’alourdit au fil des jours). L’OMS déplore le « pire désastre naturel en un siècle » en Europe. Les besoins sont énormes. De nombreuses associations se sont mobilisées ce week-end dans les villes de notre département pour des collectes de solidarité.

Comment la ville peut-elle s’impliquer dans l’aide aux victimes : liste d’associations auxquelles les Gratiennois·e·s peuvent s’adresser, versement d’un fonds exceptionnel d’aide ?

Réponse du maire : en début de séance du Conseil, le maire a fait observer une minute de silence en hommage aux victimes du séisme.  

La ville par contre ne verse jamais d’aide en cas de catastrophe, quelle qu’elle soit. Il ne souhaite pas le faire à cette occasion pour ne pas devoir le faire à chaque sinistre. Le maire considère qu’elle serait trop minime et symbolique au vu des finances communales. Par contre, il rappelle que le Conseil départemental verse à la fondation de France (100 000 €) et a envoyé une équipe de secours de sapeurs-pompiers.

Notre commentaire : le site de la ville fait depuis le 17 février un appel aux dons via l’Unicef et le Secours populaire : https://www.ville-saintgratien.fr/actualites/appel-aux-dons-seisme-turquie-syrie/

Cantine et produits bio – Stéphane Bauer

La réglementation impose aux cantines publiques de servir au moins 50 % de produits dits durables ou de qualité, dont 20 % de bio, depuis le 1er janvier 2022.

La cantine du lycée G. Monod y est parvenue en travaillant à son niveau en régie avec une cantine sur place et en développant les circuits courts.

Qu’en est-il à Saint Gratien dans les restaurants scolaires ? 

Réponse du maire : la ville respecte évidemment la règle imposée. 20% des produits servis sont bio : le pain, les œufs, 50% des fruits. 31% sont labellisés. 100% des poissons sont issus de la pêche durable. Les viandes sont de provenance française, charolaise pour le bœuf et label rouge pour le veau, le jambon, l’agneau et la volaille.

Nos questions au maire

Traditionnel exercice des questions orales au Conseil municipal.  Réponses à lire ici-même dès vendredi. Ou à écouter en salle des mariages, jeudi 16 février, en fin de séance du Conseil !

Les questions du groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »

 1. Compostage –  Stéphane Bauer 

À compter du 1er janvier 2024, il sera obligatoire de disposer d’un bac à compost chez soi et plus possible de jeter ses biodéchets dans une poubelle verte, destinée aux déchets classiques et non recyclables.

Quand et comment le compostage va devenir obligatoire ? – UPCYCLE

Chaque foyer devra avoir un bac à compost, sans quoi il enfreindrait la loi du 10 février 2020 relative à la lutte anti-gaspillage pour une économie circulaire.

Il est prévu que si on ne dispose pas d’un bac chez soi, « il sera possible de se débarrasser de ses déchets dans ceux mis à disposition dans votre commune ». 

Accélérer la distribution des bacs à compost dans les foyers gratiennois avec campagne de communication, à défaut installation de bacs collectifs où il sera possible de se débarrasser de nos déchets à compost : qu’est-il prévu à St-Gratien, à partir de quand ?

 2. Aménagement du bassin des Cressonnières – Isabelle Volat

Ce projet est annoncé depuis des années et semble à l’arrêt. On évoque des difficultés liées à la géologie du terrain.

Quand peut-on espérer l’achèvement de ces travaux ?      

3. Géothermie – Stéphane Bauer

La ministre de la Transition énergétique a présenté ce 2 février 2023 un plan d’actions pour « accélérer le déploiement de la géothermie ».

https://www.banquedesterritoires.fr/energies-renouvelables-le-gouvernement-presente-un-plan-pour-accelerer-le-deploiement-de-la

Quel impact ce plan peut-il avoir sur le développement du projet commun aux villes de St Gratien, Soisy et Montmorency dont il a été fait état deux fois lors des derniers conseils municipaux ?

4. Séisme en Turquie et Syrie – Isabelle Volat

Le séisme et sa réplique, qui ont dévasté le sud-est de la Turquie et le Nord-Ouest syrien, ont déjà fait plus de 35 000 morts, des milliers de blessés, de sans-abri et de très importants dégâts. L’OMS déplore le « pire désastre naturel en un siècle » en Europe. Les besoins sont énormes. De nombreuses associations se sont mobilisées ce week-end dans les villes de notre département pour des collectes de solidarité.

Comment la ville peut-elle s’impliquer dans l’aide aux victimes : liste d’associations auxquelles les Gratiennois·e·s peuvent s’adresser, versement d’un fonds exceptionnel d’aide ?

5. Cantine et produits bio – Stéphane Bauer

La réglementation impose aux cantines publiques de servir au moins 50 % de produits dits durables ou de qualité, dont 20 % de bio, depuis le 1er janvier 2022.

La cantine du lycée G. Monod y est parvenue en travaillant à son niveau en régie et en développant les circuits courts.

Qu’en est-il à Saint Gratien dans les restaurants scolaires ?