Stade détruit : et maintenant ?

city stade 19Destruction du city stade à Saint Gratien

Et si nous revenions aux questions essentielles ? Certains tentent d’allumer un contre-feu en diversion pour tenter de faire oublier leur responsabilité dans ce triste épisode de la vie gratiennoise.

Ciblons le principal. Les questions fondamentales, ce n’est ni le prétendu « caillassage » de la mairie, (sans dégâts, que les « délinquants d’aujourd’hui sont maladroits !) ni le supposé « incendie » du centre culturel Camille Claudel dont aucune trace n’est visible, ni les incertaines attaques « d’une quarantaine d’individus » qui auraient été «  poussés par le Front de gauche » devant le domicile de madame Eustache.

Calomnie et diffamation.

La seule chose qui compte, c’est bel et bien la destruction par la ville d’un équipement récemment rénové qui sème la désolation et la colère dans Saint Gratien.

Le reste n’est qu’enfumage.

Et la seule question qui vaille est celle-ci : plus de quinze jours après l’arrachage du revêtement synthétique du city stade des Raguenets,  comment trouver une issue ?

Depuis le début de ce conflit, nous avons eu à cœur de proposer des solutions, particulièrement pour les trois mois à venir, durant lesquels de nombreuses familles vont être contraintes de rester à Saint Gratien.  Rappelons ici les quelques propositions que nous avons faites.

– Que fait-on en juin, juillet et août ? La situation sera par ailleurs différente à la rentrée avec la reprise pleine et entière des écoles, et l’occupation des stades de la ville par les scolaires …

– Convoquer des réunions de concertation pour engager un dialogue et trouver une solution pérenne alternative à la situation d’aujourd’hui 

– Avant de remettre en état le city stade qui ne pourra rester ravagé tout cet été, mettre à disposition l’un des trois stades de St Gratien : R. Lemoine, A. Delaune ou M. Hidalgo, avec le cas échéant, mise à disposition d’un car de la ville pour faire navette si le lieu est trop éloigné

– Laisser s’organiser dans le respect des contraintes de sécurité sanitaire le tournoi de street foot, sur l’un de ces terrains 

– Mettre en débat le remplacement du terrain synthétique par une aire de jeux pour les 6 à 12 ans, ou par autre chose, comme pourquoi pas par exemple un jardin partagé

– Notre maire a-t-il pris l’attache de Philippe Rio, maire de Grigny, puisque de Grigny il s’est agi selon le post sur le site Facebook de la ville de Saint Gratien ? Il serait temps, car Philippe Rio a participé avec l’association « Villes de Banlieues » à la rédaction du rapport Borloo. Des enseignements et des expériences à partager en matière de gestion constructive et ambitieuse des quartiers.

– Promouvoir les réussites des jeunes Gratiennois. Mettre l’accélérateur à St Gratien sur la politique de la ville. Revoir la politique du sport en ville, en lien avec le milieu associatif et les habitants.

Avec ces points qui restent sans réponse depuis quinze jours :

Quel est le support juridique de la démolition effectuée le 29 mai au matin ? Est-ce un arrêté du maire ? Une décision du maire ? Une décision du bureau municipal ? Et pourquoi la ville est-elle dans l’incapacité de fournir le moindre élément de réponse à ces interrogations ? Quand donc les travaux de remise en état vont-ils débuter ?

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Rendez-nous le synthé !

C’est inédit à Saint Gratien où les manifestations sont rarissimes. Il y avait ce matin devant la mairie des footballeurs et footballeuses privé.e.s de leur stade… et aussi des dizaines de Gratiennois.e.s de tous les âges et de tous les quartiers venu.e.s les soutenir. Tous et toutes étaient  là pour réclamer que le maire accepte enfin de les entendre et ouvre le dialogue sur cette affaire qui empoisonne le climat de notre commune depuis le 29 mai dernier.

Ce fut une « marche » bon enfant, venue tranquillement depuis la place Georgette Agutte qui s’est rassemblée devant la mairie. Loin de l’image de « délinquants », de « racaille », de « voyous » que s’échinent à nous décrire monsieur Bachard et madame Eustache, le défilé fut calme et organisé, dans le respect des règles de sécurité sanitaire en vigueur. Plusieurs médias étaient sur place et ont largement échangé avec les manifestant.e.s.     On a brandi l’avis de recherche du maire et de ses adjoints aux sport et à la jeunesse, tous trois disparus depuis la démolition du city stade. On a crié « rendez-nous le synthé » et « la racaille, c’est pas nous ! ». Assez inhabituel, on a remercié les forces de l’ordre, pour avoir assuré la sécurité sur le parcours. On n’a rien cassé, faut-il le dire, comme rien n’avait été cassé le 29 mai. Déterminé.e.s, mais pas casseurs.

Seul but des participant.e.s : être entendu et respecté. Ce ne fut pas possible cette fois encore, puisqu’aucun élu de la majorité n’est venu à leur rencontre. Samedi prochain peut-être, car un nouveau rendez-vous a été donné place Gambetta, pour une initiative festive et conviviale. Pas casseurs, mais déterminé.e.s.

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Assez !

Demain nous marcherons pacifiquement pour demander qu’un dialogue s’ouvre enfin entre la ville et les jeunes du quartier des Raguenets.

La destruction du city stade, sans concertation, sans information, sans qu’on sache par qui a été prise cette décision, met à mal le climat social de Saint Gratien. À la veille d’un été déjà difficile pour nombre de familles touchées économiquement après la crise sanitaire, nous n’acceptons pas que les Raguenets soient privés d’un espace de jeu implanté depuis des dizaines d’années et récemment rénové. C’est une décision incompréhensible qui sème la confusion dans notre commune, d’autant que certains s’ingénient à envenimer la situation en usant de qualificatifs inadmissibles envers les jeunes.

Nous n’acceptons pas non plus d’être désignés publiquement comme des fauteurs de trouble, alors que nous ne faisons que notre travail d’élu.e.s.

Rendez-vous samedi 13 juin, à 10 heures, place Georgette Agutte, pour une marche calme et respectueuse, dans le respect des règles sanitaires.  

Vous pouvez aussi signer ici la pétition qui réclame dans le même esprit que le maire accepte de recevoir les jeunes et d’échanger avec eux.

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Une séance presque normale…

St Gratien GBConseil municipal sous haute surveillance de la police ce mardi 9 juin 2020. C’est à la salle Georges Brassens qu’a eu lieu la séance, « presque normale » selon le maire, à ceci près que le public n’y était admis qu’à raison d’une seule personne par groupe. Il y avait donc à l’entrée de la salle bien davantage de forces de l’ordre que de Gratiennois.e.s. Un signal bien étrange pour un début de mandat.

Après avoir rendu un bref hommage au personnel communal pour son action durant la période de confinement, le maire lit une déclaration sur ce qu’il appelle pudiquement « le réaménagement du city stade », évoquant les « travaux » qui ont démarré le 29 mai dernier, pour que « les habitants du quartier retrouvent leur tranquillité ». Il confirme la transformation de l’espace en aire de jeux pour enfants de 6 à 12 ans. Allusion aux élus de l’opposition qui « ont fait semblant de ne pas être associés » à cette « transformation », de ne pas avoir été informés, mais le maire s’en justifie en évoquant des « raisons » qui l’ont poussé à garder cette information « confidentielle ».

CM 9 juin 6Il fustige ensuite longuement le « comportement de certains », le « détournement par des voyous » de l’usage du terrain. « Depuis plusieurs années, des centaines d’adultes, venus des quatre coins de l’Île-de-France, se le sont approprié pour y faire des matches clandestins ». Y compris à le croire, en bravant les règles sanitaires pendant la période de pandémie. Grandiose envolée sur le rôle du maire, chargé d’assurer la sécurité des habitants pour que chacun se sente bien dans sa ville. La décision, dont le maire assure qu’elle a été prise avec tous les élus de la majorité, vise à assurer aux Gratiennois une « qualité de vie, avant tout ». Le maire relate ensuite les événements que nous aurions eu « à subir « suite à sa décision et qui prouveraient que « nous avons bien en face de nous non pas des sportifs, mais bien des délinquants »: des faits inadmissibles, indignes dans un état de droit, intolérables, qu’il nous reproche au passage à demi-mot « d’encourager » : obstruction des « travaux » en cours, obstruction de la circulation, attroupement hurlant devant la mairie, ensuite « caillassée », « terrorisant  le personnel communal et amenant l’exfiltration du maire et des « charges de police à plusieurs reprises » pour disperser les manifestants. La nuit suivante, un incendie aurait été déclaré au centre culturel des Raguenets. Inadmissible attroupement devant le domicile de la sénatrice. « Toute cette agitation ne changera rien », « le terrain ne sera jamais rouvert ». Remerciements enfin pour sa majorité qui a soutenu le maire « sans faille », particulièrement l’adjoint au sport et sans surprise la sénatrice qui étaient « en première ligne ». Les « règles de la République doivent s’appliquer partout ».  Envolée lyrique pour finir sur la devise de la République, avec quand même un petit mot sur le quartier des Raguenets, « priorité » pour la politique de la ville. Occasion d’opposer la grande majorité de ses habitants qui « y vivent paisiblement » et la « poignée de délinquants » qui essaie d’en faire un quartier « à part ». De magnifiques jeux pour les enfants de 6 à 12 ans seront installés avant la fin de l’année. Les adolescents pourront toujours jouer sur les cinq terrains de foot et les quatre city stades de la ville. Applaudissements de la majorité. city stade Rag 2

Notre commentaire

Bien évidemment, il est difficile de justifier la destruction d’un équipement public largement utilisé par les jeunes  du quartier depuis des dizaines d’années. Aussi, le maire tombe dans la caricature et joue l’opposition entre les « voyous » et la population qui demande à vivre dans le calme. La réalité est bien différente. C’est ce que nous avons essayé de montrer lorsque le maire nous a généreusement octroyé la parole pour faire la déclaration que nous aurions prononcée lors du Conseil d’installation, si nous avions pu nous exprimer le 23 mai. Je rappelle que cela n’a pas été le cas. J’ai donc débordé du cadre étroit fixé par le maire.

Ce n’est certes pas le virus qui a empêché notre expression lors du Conseil d’installation, puisqu’en octobre 2017, le virus ne circulait pas mais le micro non plus ne circulait pas jusqu’aux élus de l’opposition. S’il est de bon ton de féliciter le maire pour son élection, c’est donc un exercice auquel je peux difficilement me plier. J’ai donc fait plutôt un vœu : que notre Conseil municipal soit réellement un espace de débat, d’échange, d’écoute.

CM 9 juin 2J’ai ensuite rappelé brièvement les trois priorités portées par notre liste pendant la campagne des municipales 2020.

D’abord ce qui nous a tant manqué depuis le 15 mars : transparence et concertation.

Ce que pendant la campagne nous avons appelé « envie de citoyenneté ». Écouter les habitants, les parents, les élus, les enseignants… ce n’est pas dessaisir le maire et sa majorité de leur rôle, mais au contraire leur permettre de prendre de meilleures décisions. La période que nous venons de vivre en est un parfait exemple, à l’instar du cafouillage sur la réouverture des écoles, et bien sûr sur la crise ouverte par la destruction du city stade. .

« Urgence écologique » : pour des bénéfices en matière de santé, mais aussi de vivre ensemble, de commerces de proximité et de pouvoir d’achat, il est indispensable que la ville participe à son niveau à la baisse des émissions de CO2. Là encore, la crise sanitaire nous rappelle l’importance de ces enjeux et la nécessité de prendre des mesures comme par ex le développement de pistes cyclables permettant de se déplacer en toute sécurité quand l’accès aux transports en commun reste difficile.

CM 9 juin 4Enfin, un « besoin de solidarité », encore plus fort dans cette période de crise sanitaire qui a montré la place centrale des services publics de santé, et qui seront essentiels pour surmonter la crise sociale et économique sui va suivre : centre municipal de santé, dispositif municipal de soutien scolaire, tarifs de cantine abordables… autant d’éléments incontournables.

J’ai évoqué ensuite la crise sanitaire que nous venons de vivre. Une période douloureuse qui aurait mérité un échange au sein du Conseil, car la ville a pris des décisions sans grande information à notre encontre. Nous pensons aux Gratiennois.e.s touchés par ce virus, pour certains douloureusement,  regrettant que le maire, à qui nous avions fait savoir notre disponibilité et notre envie d’engagement dans des actions de solidarité, ne nous ait jamais sollicités.CM 9 juin 3

Nous reviendrons sur la réouverture des écoles, sur laquelle quelques précisions ont été apportées par l’adjointe aux affaires scolaires. C’est une décision très précipitée qui avait été prise par la ville début mai, en annonçant que rien ne rouvrirait avant septembre, ni les écoles, ni les centres de loisirs, ni la cantine… une ville morte jusqu’en septembre…   La réalité a donné tort au maire, puisqu’il a dû sous la pression des parents faire machine arrière. Nous estimons que c’est une bonne chose surtout pour les enfants que de reprendre contact avec l’école car pour certains les conséquences d’en être restés éloignés si longtemps auraient été catastrophiques. Nous nous félicitons de cette réouverture, même si nous savons qu’elle se fait dans des conditions particulières, difficiles mais elle doit se faire pour préparer la rentrée de septembre. Il faut associer à ce travail les parents d’élèves et la commission scolaire doit aussi prendre toute sa place. Nous nous interrogeons aussi sur les initiatives que peut mettre en place la ville durant cet été puisque de nombreuses familles n’auront pas la possibilité de partir et beaucoup d’enfants resteront sur Saint Gratien. Leur sera-t-il proposé par la ville des activités sportives, culturelles, artistiques ? STG 5    

Enfin, sur le city stade, j’estime « surréaliste » que le Conseil n’ait pas un échange sur cette question sur laquelle nous avons un avis radicalement opposé à celui du maire. C’est une lourde responsabilité que le maire a prise par cette décision de destruction qui n’était vraiment pas souhaitable après cette période de confinement difficile que nous venons de vivre. Cela sème le trouble et met à mal le climat social à St Gratien.

CM 9 juin 5Le maire continue d’exacerber les tensions en traitant une partie des jeunes de « racaille », de « voyous », de « délinquants »,  qui auraient caillassé la mairie. Or, nous étions présents avec plusieurs élus devant la mairie et il n’y a pas eu de vitres cassées, pas d’interpellations, alors que la police était sur place. Ce n’est pas le rôle d’un maire d’exacerber les tensions. Il doit au contraire rapprocher les habitants et favoriser le dialogue.

Revenons aux questions essentielles. Comment a été prise cette décision ? Quelle urgence alors que le terrain était condamné par des dizaines de blocs de béton et donc impraticable pour un quelconque match de foot ? Y a –t-il un arrêté du maire ? Ou une décision du maire ? Comment a été décidé le projet d’espace de jeux 6/12 ans alors que le quartier compte déjà 11 aires de jeux ? Par quelle instance ? Comment expliquer les 60K€ de travaux en 2017 pour la pose du revêtement synthétique et la destruction du stade en 2020, ce qu’aucune collectivité n’a jamais fait ? 

city stade 14Nous avons été accusés « d’allumer le feu » ! Mais c’est bien le rôle des élus d’être sur place quand les habitants nous appellent et d’essayer de calmer les esprits. Le 29 mai, nous avons fait les casques bleus et tenté d’établir un dialogue avec le maire. C’était aussi le rôle du maire d’être là et les choses n’auraient pas dégénéré s’il avait été présent au lieu d’être aux abonnés absents durant dix jours.  

Et maintenant ? Comment s’en sortir avant un été potentiellement lourd de dangers ? L’urgence est de mettre à disposition des jeunes du quartier un équipement sportif et d’engager une concertation de fond sur l’utilisation de l’espace du city stade. 

À suivre d’autres échos de cette séance

 

Recherche interlocuteur responsable à la mairie de Saint Gratien

Huit jours après, y a-t-il un pilote à la tête de Saint Gratien ?…

…Because Raguenets people lives matter  !

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Dans l’émission matinale d’une chaîne de télé, cnews, madame Eustache-Brinio est interrogée sur les menaces qui la viseraient après la « suppression » d’un terrain de foot à Saint Gratien. Qu’en termes élégants… La « suppression » est en fait une destruction qu’on pourrait qualifier de « sauvage ». Suite à cette décision, prise par on ne sait qui, mais le journaliste ne pose pas plus de questions, madame la sénatrice raconte qu’une bande de « jeunes » (elle hésite sur le vocabulaire et renonce-pour une fois- au qualificatif de « racaille ») sont venus deux jours de suite devant son domicile, ont dans la rue chanté la Marseillaise, joué au foot et pour finir l’auraient menacée. On ne sait pas à combien d’interpellations la police a procédé à cette occasion. La sénatrice se répand ensuite contre ces individus qui ne respectent aucune règle et que la République doit mettre au pas, selon un discours qui ressemble de plus en plus à celui d’une certaine dame blonde, qui d’ailleurs, l’a bien reconnue comme proche et s’est empressée le jour-même de lui apporter son soutien.

Au détour d’une phrase, nous sommes cités, nous les élus « Front de Gauche » de la ville. Les mots que madame Eustache-Brinio prononce alors à notre encontre sont diffamatoires. Nous pousserions et manipulerions les jeunes, ce qui est assez méprisant pour eux, puisque c’est penser qu’ils ne sont pas assez intelligents pour décider par eux-mêmes et ont besoin de mentors. Nous sommes accusés d’être « avec eux quand ils caillassent la mairie » ou d’attendre les voyous devant la mairie pour les accompagner ensuite une nouvelle fois devant sa maison. « Ils allument le feu, ces élus, et sont incapables de l’éteindre, ils sont irresponsables dans le cautionnement de ces actes », voilà ses propos exacts. Elle poursuit ensuite sa diatribe sur les associations militantes qui défendent ces voyous qui cassent et qui caillassent. On vous épargne la suite.

Serions-nous complices du « caillassage » de la mairie ? En plus d’être ignoble, cette accusation est mensongère. Le « caillassage » n’a pas eu lieu. Aucune vitre de la façade n’a été cassée, aucun dégât même minime constaté. Ou bien la ville peut-elle fournir une facture des réparations ? Les forces de police présentes en nombre à ce moment, n’ont procédé à aucune interpellation. Complices, elles aussi ?city stade 21

Que madame Eustache-Brinio voie partout la main du Front de Gauche, dont elle annonce pourtant régulièrement la mort, c’est pitoyable et finalement peu intéressant. Mais que par des actes inconsidérés, elle risque de provoquer des incidents dans notre ville, cela est grave et cela nous interroge. N’oublions pas les vraies questions. Qui a décidé la destruction du city stade ? Qui laisse faire se détériorer la situation ? Alors, non, nous n’allumons pas le feu. Les « casseurs », les « irresponsables », les « pyromanes », sont ailleurs. Détruire un équipement public, construit et récemment rénové avec l’argent des contribuables gratiennois, à l’heure où ceux qui l’utilisent sont privés d’école, de vacances, de toute sortie culturelle et sportive, est un acte porteur de dangers. Ceux qui ont « allumé l’incendie qui couve dans notre ville » n’osent plus sortir pour éteindre la mèche.

Le reportage de cnews est illustré par des images de jeunes sur un terrain de foot, et le présentateur précise ensuite qu’il ne s’agit pas là de Saint Gratien, mais de Grigny. Grigny ! Grigny, pour la sénatrice, c’est l’archétype de ce qu’elle n’a pas envie de voir « chez nous ». « Ça, c’est juste pas possible ! Quand on voit les images de Grigny, je ne suis pas sûre que tout le monde ait envie d’avoir ÇA en bas de son immeuble ». « ÇA » étant des jeunes de banlieue sur un terrain de foot. Total irrespect de la part d’une élue de la République. La question d’un match contre Grigny ne se posait pas, le terrain de Saint Gratien étant condamné par des une dizaine de blocs de béton depuis quinze jours.

city stade 20Le discours de madame Eustache est ravageur et provocateur. Quel est son problème ? « On ne maîtrisait plus la gestion de ce stade…  on a des organisations un peu sauvages qui s’approprient des terrains sans l’aval de quiconque ». C’est bien cela que ne supporte pas madame Eustache : que les jeunes organisent eux-mêmes de façon autonome, comme ce fut le cas l’an dernier, des tournois de foot dont la ville n’est pas à l’origine, et que ce soit un succès. 

city stade 14Au passage, un grand mensonge : « il y a des endroits pour parler ». Non, il n’y en a aucun, puisque le maire est aux abonnés absents depuis vendredi. C’est justement le problème : aucune concertation, aucun échange. C’est ce que cherchent ces jeunes en vain : un interlocuteur. D’ailleurs on peut aussi s’interroger sur la place qui leur est allouée dans les différentes « instances de gouvernance » de la ville, que ce soit les réunions de quartier, les  permanences du maire, le Conseil municipal… aucun de ces lieux censés favoriser le dialogue  n’est adapté à ce public particulier que sont les jeunes.

city stade 23Alors, oui, nous étions le vendredi 29 mai aux Raguenets. Oui, nous sommes allés sur place au city stade constater la destruction de l’équipement, et échanger avec les habitants qui nous avaient alertés. Parce que c’est notre rôle d’élus d’être sur le terrain, d’écouter, de dialoguer. C’est que ce matin-là, il y avait un grand besoin de dialogue ! L’incompréhension, la stupéfaction, la colère pouvaient facilement dégénérer. Avec des adultes du quartier, des parents d’élèves, des mères de famille, des grands frères, nous avons passé la journée avec les jeunes, dialoguant aussi avec les forces de l’ordre, pour calmer les esprits, essayant de dénouer la crise en tentant d’amorcer un échange avec la mairie. Sans succès, puisque le maire, injoignable, nous fait dire par sa cheffe de cabinet qu’il recevra une délégation mais sans jeunes, puis qu’il ne recevra que des élus mais sans habitants, avant finalement de couper court en déclarant qu’il ne recevrait personne. Avec un autre élu municipal, Emmanuel Mikaël, et deux mères, nous nous sommes alors déplacés en mairie pour insister sur l’urgence et l’importance d’ouvrir le dialogue. En vain. Le lundi, alors que les jeunes revenaient place Gambetta pour chanter et jouer au foot sur la musique de Brel ou Ferrat, et discuter avec les boulistes, d’autres Gratiennois sont venus avec nous à leur rencontre, pour connaître leur version des faits et envisager une issue. Nous étions à nouveau jeudi matin  sur le city stade pour un nouvel échange avec une quinzaine d’habitants, footballeurs, footballeuses, pères et mères, riverains du terrain, autour d’un journaliste de la presse locale contacté par nos soins. Nous continuerons aussi souvent que nécessaire de discuter avec les habitants et de travailler en échangeant à la recherche d’une solution. Qui pourrait nous le reprocher ? Madame Eustache reconnaît que nous sommes sur le terrain ? Nous le revendiquons, c’est notre pratique ! Nous y avons rencontré des jeunes et des habitants réfléchis, qui font un constat amer de la vie dans leur quartier et espèrent un changement, refusant d’être catalogués comme « racaille ou « voyous » parce qu’ils sont attachés à un lieu symbolique où se sont déroulés depuis des dizaines d’années bien des événements positifs pour les Raguenets. Nous disons à madame la sénatrice et à monsieur le maire que tous deux devraient aussi se trouver sur place, et les habitants le disent aussi. Parce que poster à 10h30 un message sur Facebook annonçant la destruction du stade qui a commencé à 6h et ensuite refuser tout dialogue en direct, c’est prendre le risque de dérapages en laissant s’envenimer les choses. On ne gère pas une ville par des posts sur Facebook. Parce que le coup de force et le silence de l’un, les invectives de l’autre, devront un jour céder la place au dialogue et à la concertation et que le plus vite sera le mieux. Grandement dommage de ne pas avoir commencé par cela le 29 mai.  

City stade 16Car il va falloir rapidement apporter des solutions.

Comment sortir de cette crise par le haut ? Quelques propositions :

Notre maire a-t-il pris l’attache de Philippe Rio, maire de Grigny, puisque de Grigny il s’est agi selon le post sur le site Facebook de la ville de Saint Gratien ? Il serait temps, car Philippe Rio a participé avec l’association « Villes de Banlieues » à la rédaction du rapport Borloo. Des enseignements et des expériences à partager en matière de gestion constructive et ambitieuse des quartiers.

– Avant de remettre en état le city stade qui ne pourra rester ravagé tout cet été, mettre à disposition l’un des trois terrains de St Gratien : R. Lemoine, A. Delaune ou M. Hidalgo, avec le cas échéant, mise à disposition d’un car de la ville pour faire navette si le lieu est trop éloigné ?

– Laisser s’organiser dans le respect des contraintes de sécurité sanitaire le tournoi de street foot, sur l’un de ces terrains ?city stade mai 2020-1

– Convocation de réunions de concertation pour engager un dialogue et trouver une solution pérenne alternative à la situation d’aujourd’hui ?

– Mise au débat du remplacement du terrain synthétique par une aire de jeux pour les 6 à 12 ans, ou par autre chose, comme pourquoi pas par exemple un jardin potager partagé, etc. ?

city stade 9– Promouvoir les réussites des jeunes Gratiennois. Faire levier en ville sur leurs succès. Mettre l’accélérateur à St Gratien sur la politique de la ville. Et revoir la politique du sport en ville. En lien avec le milieu associatif et les habitants ?

Et surtout, très rapidement : faire preuve d’audace et d’imagination.

Pour cela, il faut un pilote dans le cockpit de notre commune.

Because Raguenets people lives matter !

Isabelle Volat – Stéphane Bauer    

En savoir plus sur l’histoire du city stade

 

 

 

City stade : propositions pour sortir par le haut

Saint Gratien -2 juin – Terrains de proximité dans le quartier des Raguenets :

Retour en arrière et propositions pour aujourd’hui

1995-2004 : mise en service des terrains de proximité dans le quartier des Raguenets

Nom de l’équipement : Terrain De Football

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2017 : rénovation avec pose d’une pelouse synthétique pour un budget de 59 631,00 €

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Rénovation avec pose d’une pelouse synthétique pour 59 631 € (suite)

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Juin 2019 : Premier bétonnage du terrain par la ville suite à l’organisation d’un tournoi de street foot

 

29 mai 2020 : du City stade au perron de la mairie de St Gratien, triste vendredi

Destruction du terrain synthétique par la ville de St Gratien – après une première pose de blocs de béton il y a 8 j -, suite à l’annonce faite sur le site FB de la mairie vendredi matin[1] :

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Sit-in sur le perron de la mairie avant l’intervention des forces de l’ordre : un bataillon de CRS casqués et dotés de boucliers aura l’ordre de « dégager » le perron.

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À noter que le maire déclarera, dans un organe de presse, qui n’était pas sur place et qu’il avait au téléphone en fin d’après-midi du 29 mai : « ils ont caillassé les vitres (…) » et que « le bâtiment (…) n’est pas habitué à recevoir des pierres ». Ce qui doit amener les questions suivantes : Quelles ont été les vitres cassées ? À combien se chiffrent les dégâts ? À combien d’interpellations ont procédé les forces de l’ordre suite à cela, puisqu’elles étaient sur place toute l’après-midi ?

Terrain synthétique derrière Camille Claudel, des questions et des propositions :

-Quel est l’intérêt de détruire le city stade dans l’anticipation d’un supposé tournoi de street-foot alors que le terrain est déjà rendu impraticable par les blocs de béton ?

-Peut-on décemment annoncer installer à la place un terrain de jeux pour les 6 à 12 ans, non budgété, sans avoir par ailleurs réglé le problème de rats dans le quartier ?

                « Mettre des jeux pour enfant en bas âge, à la place du terrain de foot sans avoir réglé le problème d’hygiène de l’invasion des rats, je reste sans voix. Pour les 13ans et plus il faut ouvrir les stades de la ville. Les enfants en bas âge font du vélo dans les parkings ou sur les routes de la résidence des Raguenets, c’est bien la Mairie qui cautionne le rodéo de motos des cités, si dès tout petit ils avaient un endroit où faire du vélo, du moto cross, du tennis, rollers. Il y a tellement de retard dans cette ville, et encore plus dans ce quartier. » Une habitante du quartier.

-Peut- on mettre tout un quartier en « liberté surveillée » ? Plus de City stade… plus d’endroits au pied des immeubles pour se défouler…quelle est l’alternative ? « Mettre l’art à la portée de tous » avait déclaré l’adjointe à la culture lors de l’inauguration en 2018 du fronton « à la Villeglé » de la mairie. Et le sport ? Pourtant le maire en sait l’importance : réécoutez son discours en salle des mariages en l’honneur des escrimeurs-es gratiennois-e-s, mi-juin 2019 ! Déjà, nous pointions, la difficulté de la ville à fixer en ville ses sportifs de haut niveau ; un faible « essaimage » de ceux-ci auprès de la population et particulièrement des plus jeunes des Gratiennois.

Dans le football, c’est pareil. L’Entente Sannois/Saint Gratien accueille peu de jeunes de nos quartiers. Pourquoi ? Pourtant il y a là des talents. Des jeunes de St Gratien détonnent dans le street foot. On n’a pas rêvé, dans un milieu très machiste des filles jouent sur le terrain des Raguenets ! Pas 15, certes. Mais un début de mixité. Les talents gratiennois qui eux jouent pour l’Entente sont absorbés par d’autres clubs (cf. Chartres récemment) qui profitent, eux, de leur formation initiale, ici.

Pertes des liens avec les quartiers de la commune et de la proximité des « étoiles » avec le quartier… Héritage d’une urbanisation des années 70. Un effort en équipements sportifs réalisé plutôt à l’est de la commune, côté parc… À l’ouest ?

-Une politique sportive peu valorisée en ville. On s’en sortirait en surveillant la liberté des jeunes des Raguenets ?

Nous sommes – au-delà de la question de l’utilisation d’un espace public encastré entre des immeubles, imaginé dans les années 60, 70 et début 80 -, confrontés à un problème de représentativité démocratique.

De non représentation d’un pan important de la population gratiennoise dans les instances participative de la commune.

Notamment de la jeunesse gratiennoise qui ne se retrouve pas dans le conseil municipal ni dans les conseils de quartier, etc.

Comment sortir de cette crise par le haut ? Quelques propositions :

– Mettre à disposition d’un des 3 terrains de St-Gratien R. Lemoine, A. Delaune ou M. Hidalgo, avec le cas échéant, mise à disposition d’un car de la ville pour faire navette si le lieu est trop éloigné ;

– Laisser s’organiser dans le respect des contraintes de sécurité sanitaire le tournoi de street foot, sur l’un de ces terrains ;

– Convocation de réunions de concertation pour engager un dialogue et trouver une solution pérenne alternative à la situation d’aujourd’hui ;

– Mise au débat du remplacement de terrain synthétique par une aire de jeux pour les 6 à 12 ans, ou par autre chose, comme pourquoi pas par exemple un jardin potager partagé, etc. ;

– Promouvoir les réussites des jeunes Gratiennois. Faire levier en ville sur leurs succès. Mettre l’accélérateur à St Gratien sur la politique de la ville. Et revoir la politique du sport en ville. En lien avec le milieu associatif et les habitants.

Et surtout : faire preuve d’audace et d’imagination.

Saint Gratien, le 2 juin 202                                                                                                        Isabelle Volat, Stéphane Bauer

Conseiller-e municipal-e du groupe StGratien Solidaire-Écologique-et-Citoyen-ne

[1] La publication du démarrage du réaménagement du terrain synthétique des Raguenets a été postée à 10h33 vendredi 29 mai

Ce texte a été communiqué à la presse locale.

Gâchis

Comment sortir de la crise déclenchée par la destruction par la ville du city stade des Raguenets ?

Un peu d’historique pour mieux comprendre.

city stade 9Implantés de tout temps au pied des immeubles, rénovés et aménagés au cours des années, ce terrain a connu sa dernière rénovation en 2017. La ville y a consacré 60 000€ pour notamment le revêtement synthétique. Il apparaissait donc possible à cette époque d’investir de l’argent public dans un équipement de proximité. Au-delà de l’argent gâché- en ces temps où il ne coule pas à flots pour les communes-, on peut donc s’interroger sur la vision de la politique municipale qui rénove un équipement pour le détruire trois ans plus tard.

C’est surtout un énorme gâchis social, car cela suscite un climat d’affrontement et d’opposition, lourd de dangers. La destruction sans annonce préalable, sans recherche d’alternative, a été ressentie comme une grande violence. D’abord parce plus qu’un simple stade, cet espace est un symbole. La « bombonera » est un lieu de vie depuis des générations.  Ensuite parce que le moment  est particulier. Nous sortons de mois de confinement et d’angoisse, particulièrement pour les familles des quartiers qui vont subir une crise économique majeure. Les enfants et les jeunes connaîtront pour certains plusieurs mois sans contact direct avec l’école. Les collèges et lycées sont fermés, peu d’élèves ont repris le chemin des écoles élémentaires et maternelles. Les vacances d’été se dérouleront sur place, au pied des immeubles, pour beaucoup d’habitants des quartiers. C’est ce moment que choisit la ville pour engager un bras de fer. Y avait-il urgence, alors que le stade était condamné par des blocs de béton ? city stade 3Une lourde responsabilité que de choisir la manière forte, sans aucune concertation, une semaine à peine après l’élection du « plus jeune maire du Val d’Oise » ! Plus que triste, c’est désolant, parce que cela marque la coupure immense entre la mairie et le quartier. C’est désolant parce que ce n’est pas le rôle d’un maire d’opposer les habitants entre eux. Il n’y a qu’à lire les commentaires sur certains sites pour s’apercevoir que la tension monte et que certains ont vite fait de désigner la « racaille ».  Pour le moment, les choses n’ont pas dégénéré, les manifestations des jeunes sont pacifiques, à l’image de leur chant de La Marseillaise place du Forum. Mais tout est inflammable. Il faut trouver une issue, rapidement. Elle ne peut passer que par le dialogue, qui a tant manqué jusqu’ici.

city stade juin 2019Voici des propositions à mettre sur la table. Pour l’été tout d’abord. Parce que personne n’envisage que les choses restent en l’état. Au passage, le lieu dévasté reste ouvert à tous vents et demande à être sécurisé. Mais surtout quelle alternative proposer ? L’accès à un autre équipement sportif est indispensable. On ne peut imaginer que l’on reste trois mois sans offrir une autre possibilité. L’équipement le  plus proche du quartier est le stade Robert Lemoine, au terrain synthétique lui aussi. La difficulté est la traversée de la rue d’Argenteuil, et bien sûr il faut l’avis des principaux intéressés sur cette question. Y laisser s’organiser dans le respect des contraintes de sécurité sanitaire des tournois de foot. Vite, des propositions de rencontre qui doivent émaner de la ville pour se mettre autour d’une table.

À plus long terme, une réflexion doit être menée avec l’ensemble des partenaires, jeunes, habitants, élus… sur le devenir de l’emplacement du city stade. La ville sort de son chapeau un projet d’espace de jeux pour les 6/12 ans qui n’a jamais été débattu ni même présenté à qui que ce soit. Si la destination de ce terrain devait être reconsidérée, c’est aux habitants qu’il revient en tout premier lieu de se prononcer. Cela pourrait être un excellent exercice de démocratie locale, elle nous manque tant à Saint Gratien ! À nous d’apporter alors des propositions, espace de jeu, espace vert, jardin partagé ? Mais qu’en sera-t-il alors de la nouvelle implantation du stade, car on n’imagine pas sa disparition.city stade Rag 2

Plus largement, cette crise suscite bien des questions. C’est toute une politique locale qu’il faut revoir. Concerter, au lieu de décider en petit comité. Rapprocher les quartiers, comme nous l’avons proposé lors de la campagne des municipales, et non les opposer entre eux. S’interroger sur l’emplacement des équipements sportifs, pour beaucoup d’entre eux situés loin du quartier des Raguenets. C’est en effet le « pôle sportif » des Cressonnières qui a bénéficié de toutes les rénovations récentes. S’interroger sur la politique sportive à mener, valoriser les réussites de tous…. S’interroger aussi sur l’absence de jeunes au sein des instances de décision de la ville, et notamment du Conseil municipal. Les jeunes sont absents également des réunions de quartier. On les comprend. La parole y est aussi « entravée ». Et si le problème était là ?