Appréciation très défavorable des cyclistes gratiennois

Tous les deux ans, la Fédération des usagers de la bicyclette (Fub) mène une grande enquête participative nationale pour mesurer la satisfaction des cyclistes sur les équipements cyclables de leur commune. C’est le « baromètre vélo« .

Avec cette année 277 000 contributions et un million de points cartographiés, 1 625 communes classées, l’enquête de la FUB est une photographie instantanée précise des besoins et attentes des usagers.

Au « baromètre des villes cyclables », Saint Gratien reçoit l’appréciation la plus mauvaise parmi les 8 possibles : très défavorable.

Sur 312 villes étudiées en Île-de-France, Saint Gratien se classe au 288è rang.

288è sur 312, le score est plus que médiocre et reflète malheureusement les efforts de la municipalité pour rendre la ville davantage « cyclable »… 

Avec un total de 2,14 points, Saint Gratien occupe l’avant-dernière place en ce qui concerne les communes du Val d’Oise, juste devant Soisy-sous-Montmorency(1,82), lanterne rouge. Rien de glorieux là non plus…

Aménagements cyclables, double sens cyclable, concertation avec les cyclistes, parcs à vélos dans les écoles, arceaux à vélo abrités, sécurité des cyclistes, formation des enfants… tous ces sujets méritent d’être abordés. Notre ville semble entièrement dédiée à la voiture, et de plus en plus d’espaces sont réservés à la circulation et au stationnement. Les entrées et sorties de certaines écoles sont des lieux d’embouteillages quotidiens, accompagnés d’une pollution non négligeable, à hauteur d’enfants. Saint Gratien est engorgée de véhicules, et on peut s’interroger sur les années à venir compte-tenu de cette saturation.  

Faciliter les déplacements à vélo, c’est améliorer notre santé et notre pouvoir d’achat, c’est favoriser le commerce de proximité et le lien social, c’est limiter la pollution , c’est retrouver de l’espace en ville. Nous avons tout à y gagner ! Bien des villes ont enclenché une réflexion pour donner une place aux transports dits « alternatifs ». Il est grand temps que notre commune, en concertation avec les usagers, envisage la manière de développer harmonieusement les différents moyens de transport, qu’ils soient de loisirs ou professionnels.      

Les résultats du « baromètre vélo » en images ci-dessous, concernant Saint Gratien. Les points noirs et demandes fortes de la part des cyclistes montrent une attente d’itinéraires vélo rapides, sécurisés et sans coupures, et de stationnements adaptés. Les efforts de la ville en la matière sont sévèrement jugés. Sans surprise, les points à améliorer en priorité se situent sur les axes les plus importants : rue Berthie Albrecht, boulevard Foch/Pasteur, rue d’Ermont.

Les résultats et enseignements généraux de l’enquête de la Fub sont à retrouver ici.

Il y a 60 ans, Charonne

Il y a 60 ans, neuf personnes trouvaient la mort au métro Charonne, dans la répression policière sanglante d’une manifestation pacifique pour la paix en Algérie. Le climat était alors à la répression féroce des opposants, aux « ratonnades », aux rafles et à la torture. Le terrorisme d’extrême-droite de l’OAS sévissait et ciblait les militants progressistes. Le 17 octobre précédent avait vu des dizaines de manifestants algériens jetés dans la Seine par la police…   

Le 8 février 1962, alors que les manifestants se dispersaient, les forces de police du préfet Maurice Papon (qui sera ensuite condamné pour sa responsabilité dans la déportation de juifs sous l’occupation) les chargent violemment, les frappent, les pourchassent et les acculent à la bouche de métro Charonne pour finir par écraser la foule sous les grilles des arbres, jetées dans les escaliers de la station.

Les neuf manifestant.e.s tué.e.s étaient tou.te.s membres de la CGT et huit étaient adhérent.e.s du PCF.

Les obsèques des victimes rassemblent des centaines de milliers de gens, et les accords d’Évian mettent ensuite rapidement fin à la guerre coloniale en Algérie, le 19 mars 1962.  

Depuis 60 ans est attendue la reconnaissance de ce crime d’État. Mais cette année encore le président de la République s’est contenté d’un communiqué succinct d’hommage aux victimes.

Ce 8 février 2022, un important rassemblement s’est tenu au métro Charonne sur les lieux mêmes du drame, à l’appel notamment de la CGT et du PCF. Dépôts de gerbes et prises de parole ont rappelé les faits et la nécessité que l’État reconnaisse sa responsabilité. Philippe Martinez, Fabien Roussel, Henri Cukierman pour le comité « Justice et Vérité pour Charonne », le maire PS du 11è arrondissement, ainsi que Delphine Renard, gravement blessée dans un attentat de l’OAS dans les jours précédents la manifestation de 1962, se sont succédé.e.s au micro.  

En ces temps où ressurgissent les discours d’extrême-droite, n’oublions jamais de quoi sont capables les nostalgiques de Vichy.  

Un crime d’État

Tuée en manifestant pour la paix

 

Ciné démocratique

Et si nous allions au cinéma ?

Deux belles occasions cette semaine de retrouver notre cinéma local, « Les Toiles » à Saint Gratien !

Ce vendredi, la projection du film « Les promesses » sera suivie d’un débat avec le réalisateur, Thomas Kruithof, qui s’est beaucoup inspiré du combat du maire Philippe Rio contre les marchands de sommeil dans sa ville de Grigny.

Peut-on, en politique, être fidèle à ses valeurs et ses engagements ? Un sujet d’actualité en cette période pré-électorale !

Voir ici la bande-annonce

« Les promesses » : rendez-vous vendredi 28 janvier à 21h

Après l’échange autour du film « Les promesses », une autre rencontre se tiendra aux Toiles sur le  documentaire » Municipale », qui questionne notre système de représentativité, la démocratie, l’autogestion et la citoyenneté.

Voir la bande-annonce

Deux débats qui se font écho, à ne pas manquer !

« Municipale » : rendez-vous dimanche 30 janvier à 16h

Retrouvons-nous pour ces deux événements !

Gastronomie

Tempête sur le steak : anatomie d’une polémique

Tribune de Ian Brossat, ce 13 janvier 2022

Le directeur de campagne du candidat PCF, Ian Brossat, revient sur les propos de Fabien Roussel au sujet de l’alimentation. Des propos qui déchaînent les passions depuis quatre jours.

« Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française… mais pour y avoir accès, il faut avoir des moyens, et donc le meilleur moyen de défendre le bon vin, la bonne gastronomie, c’est de permettre aux Français d’y avoir accès. Et je dis que le bon, le beau, tout le monde doit y avoir accès. » Voici les mots de Fabien Roussel prononcés dimanche 9 janvier sur France 3. Des propos qui déchaînent les passions depuis quatre jours. Une polémique que l’on pourrait juger anecdotique ou futile à première vue : pourtant, elle mérite que l’on s’y attarde car elle dit beaucoup de notre époque.

Rendre le beau et le bon accessibles aux classes populaires

Pourquoi cette défense de l’alimentation pour toutes et tous au moment où tant de Français peinent à boucler les fins de mois, se privent de tout, fait-elle polémique ? Car elle touche au cœur de notre mode de vie et aux aspirations de celles et ceux qui n’ont rien, ou si peu. Par les mots qui sont utilisés, incontestablement, il est question de défendre le pouvoir d’achat des plus modestes mais aussi un certain art de vivre à la française. Celui-ci ne se limite pas à la gastronomie – le bon –, et nous formulons également des propositions ambitieuses en matière d’accès à la culture – le beau. Il est néanmoins évident que le vin, la viande, le fromage nous définissent. Cela fait partie de notre patrimoine, qu’on le veuille ou non, et il suffit de se rendre sur un marché pour s’en convaincre. Il n’y a rien de mal à cela, et il s’agit ici de n’exclure personne. Bien au contraire, il s’agit précisément de rendre le beau et le bon accessibles aux classes populaires.

Mais voilà que certains préfèrent culpabiliser les Français sur ce qu’ils sont. Alors que les temps sont rudes, que les crises s’accumulent, il est devenu courant de vouloir faire porter tous les malheurs du monde aux classes populaires. La pollution ? Ce sont les pauvres et leurs bagnoles qui en sont responsables. La crise climatique ? La consommation de viande des Français qui se serrent la ceinture toute la semaine. Inlassablement, les mêmes débats se rejouent. Sans surprise, celles et ceux qui professent à longueur de journée des leçons de morale, eux, n’ont jamais eu à se priver de rien.

La gauche souffre de sa déconnexion

Or, qui pollue le plus ? Les plus riches et les grandes entreprises. Tous les chiffres le montrent. Un exemple issu d’une étude d’Oxfam : BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et Total, ces quatre entreprises du CAC 40, ont une empreinte carbone supérieure à celle de tous les Français réunis. Que pèse le steak de l’ouvrier, de la caissière, du manutentionnaire, de l’infirmière, du livreur Deliveroo face à cela ? Des cacahuètes.

Ce dont souffre la gauche, ce n’est pas de la division. La gauche souffre de sa déconnexion, d’avoir tourné le dos au réel et aux classes populaires depuis des années, d’avoir oublié qui sont nos vrais adversaires. Avec Fabien Roussel, nous avons un candidat qui a les deux pieds dans le réel, et cela fait du bien. 

Le virus est à l’école

Écoles : une rentrée de janvier chargée de bien des inquiétudes !

Maintenir les écoles ouvertes, certes ! Non pas seulement pour permettre aux parents d’aller travailler, car l’école n’est pas qu’une garderie… mais pour assurer un enseignement « présentiel » qui s’avère indispensable pour la majorité des enfants.

On est pour, mais dans quelles conditions ?

Cela ne fait plus de doutes pour personne, le virus du Covid circule activement dans nos écoles. Les enfants scolarisés en école primaire constituent la population dans laquelle le virus circule le plus, selon les ARS. Le mois de janvier pourrait voir la contamination d’un tiers des enseignants selon le Conseil scientifique !

Mais plusieurs raisons font qu’il est difficile de respecter les fameux « gestes barrière » dans les établissement scolaires, particulièrement dans les écoles primaires.

Dans nos écoles de banlieue, les effectifs des classes sont souvent chargés. Compliqué de respecter les distances quand 30 élèves, un professeur et parfois une Atsem et un AESH partagent un local qui de plus, est trop souvent difficilement aérable. On connaît hélas trop bien dans les écoles les fenêtres condamnées ou mal aisées à manipuler. Difficile aussi de faire laver correctement les mains quand les sanitaires sont trop peu nombreux pour le nombre d’élèves, et qu’il ne coule que de l’eau froide aux robinets ! Ardu aussi de faire respecter le port du masque toute la journée, y compris pendant la récréation, à des jeunes enfants. Rappelons que les masques sont fournis par les familles, et qu’on est censé en changer toutes les quatre heures, et ne pas trop le manipuler pendant le port…

Les écoles souffrent aussi d’un manque structurel de personnel. Personnel enseignant lorsqu’il faudra accueillir les enfants de soignants, comme l’a annoncé le ministre, ou remplaçants quand la maîtresse sera malade. Les remplaçants sont une espèce en voie de disparition depuis ces dernières années. Mais en cette période de pandémie, il est impossible en principe d’accueillir dans les autres classes de l’école les enfants sans maître. Personnel de service également  en nombre très insuffisant pour assurer un nettoyage régulier, accompagner les enfants aux toilettes, surveiller le lavage des mains…

Un protocole allégé… et annoncé comme à l’habitude (mais on ne s’y habitue pas !) dans un article de presse payant, la veille de la rentrée ! Protocole ou usine à gaz, les directeurs, qui sont souvent des directrices,  devant contrôler les multiples tests que subiront les élèves. La règle de fermeture au premier cas Covid n’étant plus d’actualité, on teste dorénavant sans trop se soucier de la période d’incubation… puis à J+2 et J+4… Ce sera sans compter les difficultés d’accès aux tests, prévisibles quand on voit la longueur des files d’attente devant les pharmacies… ou encore la saturation de la plate-forme qui communique les résultats des tests.

Ingérable aussi le « jonglage » entre enseignement à distance pour les élèves positifs et présentiel pour ceux qui ne le sont pas… Bon courage à la maîtresse pour ce double travail ! Tous les enseignants s’accordent pour dire que cela est impossible, notamment quand les élèves sont jeunes et/ou peu autonomes, ou les familles peu équipées de matériel informatique.

Enfin, casse-tête également à la cantine, où on est censé éviter le brassage. Mais comment faire déjeuner 200 enfants en deux heures sans accueillir plusieurs classes en même temps dans le réfectoire ? Quand de surcroît il manque aussi des animateurs de cantine (14 à Saint Gratien malgré l’appel à la bonne volonté de retraités..) on voit l’impossibilité de la tâche.

Des solutions pour tenter de limiter la contagion ? Oui, et bien évidemment cela passe par des moyens supplémentaires, tant en matériel qu’en ressources humaines.

Équipons les classes de détecteurs de CO2. Pour un coût relativement modique, ces  dispositifs permettent d’alerter si la qualité de l’air est mauvaise et donc qu’il y a nécessité d’aération. Ces appareils sont subventionnés par l’État, qui devrait d’ailleurs les prendre en charge au lieu de faire supporter le coût aux collectivités. À notre question en Conseil municipal de décembre, la ville répond que des commandes sont en cours. Il est temps…

L’Éducation nationale doit d’urgence faire appel aux listes complémentaires des concours pour recruter des remplaçants, indispensables pour assurer un encadrement suffisant des élèves. Le recrutement de contractuels ou de retraités n’est pas une solution. Ce type de recrutement n’a d’ailleurs pas trouvé suffisamment de candidats l’année dernière.

En terme d’équipement, les syndicats enseignants réclament la fourniture de masques pour les personnels comme les élèves. Le premier ministre vient d’annoncer la fourniture de masques chirurgicaux aux enseignants d’ici la fin janvier. Il est temps…

Localement, la concertation entre enseignants, élus et parents reste toujours indispensable. Dans cette période difficile où on tant besoin d’échanger et de communiquer, quelle erreur d’avoir supprimé à Saint Gratien la commission scolaire « élargie » qui réunissait les différents acteurs de la communauté éducative !

Libre administration

La loi de transformation de la fonction publique doit s’appliquer dans les collectivités locales à partir du 1er janvier 2022. Des élus expriment leur opposition. Ci-dessous, un article de l’Humanité, paru le 18 Décembre 2021. Naïm Sakhi interroge Denis Öztorun, maire de Bonneuil-sur-Marne.

Denis Öztorun : « La libre administration des collectivités est garantie par la constitution »

Au front du combat dans le Val-de-Marne contre la loi de transformation de la fonction publique, le maire de Bonneuil entend, s’il le faut, le poursuivre auprès des plus hautes juridictions.

Dans le Val-de-Marne, sept maires PCF, un EELV ainsi que l’EPT (établissement public territorial) Grand-Orly Seine Bièvre, présidé par Michel Leprêtre (PCF), refusent l’application des 1 607 heures annuelles à leurs agents territoriaux. Denis Öztorun revient sur les raisons de ce conflit.

Pour quelle raison vous opposez-vous à cette loi de transformation de la fonction publique ?

Denis Öztorun C’est une attaque directe et frontale contre la souveraineté des collectivités. Déjà, durant le quinquennat de François Hollande, j’avais très mal vécu la suppression de notre dotation globale de fonctionnement. Rendez-vous compte, entre 2013 et 2022, une ville comme Bonneuil-sur-Marne a perdu les 8 millions d’euros qui lui étaient alloués. Juste après, ont été mises en place la contractualisation avec l’État sur les dépenses locales, la loi d’incitation à la fusion des communes et enfin la suppression de la taxe d’habitation. Avec cette dernière réforme, l’État est en train d’imposer aux maires et aux collectivités territoriales la façon dont ils doivent gérer le temps de travail et les congés de leurs agents, quand bien même la Constitution garantit la libre administration des collectivités. Si nous l’acceptons, nous serons obligés à l’avenir d’accepter et de subir les ordres donnés par les gouvernements.

Subissez-vous des pressions de l’exécutif pour vous obliger à appliquer ces dispositions ?

Denis Öztorun On nous demande de nous conformer à la législation avant le 1er janvier 2022. Dès son adoption, en août 2019, je m’y étais opposé ; avec la crise sanitaire, la mobilisation n’a pas fait trop de bruit, dans un premier temps. Fin 2020, la préfecture m’a demandé par courrier de délibérer pour faire passer mon administration à 1 607 heures annuelles. Une fois l’Association nationale des élus communistes et républicains (Anecr) consultée, j’ai répondu que je ne ferai pas adopter par mon conseil municipal une telle délibération. L’application de cette loi reviendrait à supprimer sept jours de congé aux agents de ma commune qui sont le fruit des conquêtes sociales construites localement au cours des dernières décennies.

Jusqu’où êtes-vous prêt à vous mobiliser ?

Denis Öztorun Si je suis condamné par le tribunal administratif et que le Conseil constitutionnel trouve ma demande recevable, j’irai devant les sages. Pour autant, nous serons sans doute contraints d’appliquer la loi, atteignant ainsi les limites de la gestion progressiste de nos communes. Mais il faut être à l’offensive, ne pas accepter la défaite telle qu’elle se présente. Si je suis obligé d’appliquer cette réforme, comme communiste, j’irai chercher de nouveaux droits pour les employés de ma commune. Cette augmentation du temps de travail, je la transformerai en des ateliers artistiques, culturels, sportifs pour mes agents territoriaux. C’est une nouvelle bataille à lancer, car le lieu de travail est avant tout un lieu de vie, et nous devons mettre en place les conditions de l’épanouissement des travailleurs. 

Pour aller plus loin… découvrir ici le site de la ville de Bonneuil-sur-Marne : mutuelle communale, tarifs de la cantine en baisse, syndicat intercommunal pour la restauration scolaire, et.. la géothermie qui chauffe 80% des logements de la commune !

1 607 heures… c’est non !

« Les agents à 1607 heures, c’est non ! » : la fronde des maires du Val-de-Marne

Article paru dans l’Humanité-Dimanche de cette semaine, Naïm Sakhi

Sommés par l’exécutif d’appliquer un nouveau régime de temps de travail annuel dans la fonction publique avant la fin de l’année, des élus résistent. Malgré la pression très forte des sanctions de toute nature pour les contraindre à rentrer dans le rang.

Cette réforme, c’est la goutte d’eau ! Elle vient ponctuer douze années du gel du point d’indice », rappelle Cédric Quintin, secrétaire de l’UD CGT du Val-de-Marne devant la préfecture de Créteil. Ils étaient plus de 400 agents et élus locaux, ce mardi 7 décembre, à se rassembler devant la préfecture de ce département de l’Île-de-France, malgré un froid glacial, pour signifier leur opposition à la loi de transformation de la fonction publique. Cette nouvelle législation oblige, entre autres, les collectivités territoriales à imposer à leurs agents un temps de travail annuel de 1 607 heures, sans augmentation de salaire.

« Travailler plus pour gagner autant, c’est du jamais-vu », enrage Florian Carol, secrétaire général de la CGT territoriale d’Ivry-sur-Seine. L’édile de sa commune, Philippe Bouyssou (PCF), comme sept autres maires du département, majoritairement communistes, ainsi que l’EPT (établissement public territorial) Grand-Orly Seine Bièvre, présidé par Michel Leprêtre (PCF), mènent la fronde. « On n’appliquera pas la loi tant qu’on n’y sera pas contraints », affirme son premier adjoint, Romain Marchand. À Ivry-sur-Seine, les agents sont actuellement annualisés à 1 530 heures. « Dix jours de congé par an seraient perdus si on appliquait bêtement la loi sans aucun aménagement », déplore l’élu. « On fait front avec notre maire », se félicite Florian Carol, d’autant que les jours de congé supprimés « sont issus de longues conquêtes locales, comme la journée du maire ou des jours offerts en cas de décès d’un proche ».

Paris contourne « pour limiter l’impact »

La fronde val-de-marnaise semble une exception. « Nous sommes globalement peu », déplore Olivier Corzani. Le maire communiste de Fleury-Mérogis (Essonne) regrette une « mobilisation pas assez forte pour revenir sur la loi ». « Amélie de Montchalin, la ministre chargée du dossier, assurait que 20 % des agents ne sont pas aux 1 607 heures », relate Natacha Pommet, secrétaire nationale de la fédération CGT des services publics. Mais depuis, une circulaire demande aux préfets de contrôler l’ensemble des accords locaux sur le temps de travail.

« Les maires sont maintenant effrayés à l’idée d’aller devant le tribunal administratif », poursuit la syndicaliste. D’autant que, au-delà des 1 607 heures, la loi de transformation de la fonction publique est « une machine de destruction massive des services publics », selon François Livartowski, chargé du suivi des luttes au sein de la fédération CGT. Facilités pour recourir à des embauches contractuelles ; transfert vers le privé des agents sous statut à la faveur de l’externalisation d’un service ; service minimum et généralisation d’un 1/30 de retenue de salaire en cas de grève… pour Natacha Pommet, « l’objectif est clair : c’est la privatisation ». « Emmanuel Macron avait promis de supprimer 50 000 postes de fonctionnaires. Avec cette réforme, c’est 57 000 équivalents-temps plein et 1,2 milliard d’euros d’économisés sur le dos des collectivités », insiste François Livartowski.

D’ailleurs, Amélie de Montchalin n’en démord pas : « Les employeurs doivent prendre leurs responsabilités. » La ministre de la Transformation de la fonction publique l’assure, les maires ont jusqu’au 1er janvier pour se conformer. Mais, d’ores et déjà, les foudres de l’exécutif se sont abattues sur la ville de Paris. « Nous cherchons à résister à cette loi en utilisant notre compréhension des textes législatifs », explique Antoine Guillou, l’adjoint PS chargé du dossier. 

Dans la capitale, avec l’application des 1 607 heures, les agents risquent de perdre neuf jours de congé. Afin de limiter « l’impact de cette loi » sur les employés municipaux, la majorité entend rendre sept jours de congé grâce à des tours de passe-passe administratifs. D’abord deux jours de fractionnement, prévus par la réglementation et qui consistent en des jours de congé supplémentaires aux agents lorsqu’ils en posent pendant la période hivernale. Ensuite, deux jours de RTT, en allongeant de quelques minutes le temps de travail journalier. Et enfin, trois jours de RTT dit de « sujétion », ouverts à l’ensemble des agents.

C’est ce dernier point, qui permet à une collectivité d’attribuer des jours de congé supplémentaires en fonction de la pénibilité des métiers, qui était contesté par la ministre. « Les textes n’interdisent pas aux collectivités de mettre en place ce type de sujétion », se défend l’élu parisien. Saisi par le préfet de région, un jugement en référé a donné raison à la ministre. Pourtant, la Ville de Paris persiste et attend le délibéré du tribunal administratif, début 2022, au point qu’Amélie de Montchalin qualifie cette ligne de conduite de « pas républicaine ».

Menaces et chantage

L’exécutif dispose d’ailleurs de moyens de pression importants : les édiles, faute d’appliquer les 1 607 heures, encourent notamment le risque qu’une délégation spéciale de la préfecture ne s’en charge. « Face à cette contrainte, des élus commencent à céder. Si l’État applique lui-même la loi, cela pourrait être extrêmement violent pour les agents, qui risquent de tout perdre », observe Olivier Corzani. D’ailleurs, dans l’Yonne, la ville de Sens et son agglomération ont compensé la suppression de RTT et de cinq jours de congé par une hausse du régime indemnitaire. « Bien qu’appliquant la loi, beaucoup d’élus ont une vraie conception du service public et cette volonté de préserver le bien-être de leurs agents », note François Livartowski.

À Ivry-sur-Seine, la piste d’un plan B est aussi évoquée. Le recours aux jours de sujétion « est une piste que l’on explore », précise Romain Marchand. Pour autant, « le gouvernement reste très flou sur les menaces contre les collectivités », note l’adjoint ivryen. Car, en l’état, la législation ne prévoit pas de sanction spécifique. « Les élus qui n’entendent pas appliquer la loi risquent l’annulation devant le tribunal administratif et ça s’arrête là pour l’instant », explique Jean-Louis Peru, avocat en droit public. Sur le cas parisien, « le tribunal appréciera de manière souveraine si les exemptions prévues par la délibération sont raisonnables et justifiées », précise-t-il.

Mais, à partir du 1er janvier 2022, le préfet pourra toutefois mettre en demeure les communes concernées « et le comptable public peut décider de ne pas livrer les payes dès lors qu’elles reposeraient sur un régime juridique irrégulier, insiste Jean-Louis Peru. C’est une arme redoutable ».

Reportage photo : Guillaume Clément

Matinée démocratique

Article mis à jour ; voir ci-dessous la « question 5 » 

Dans notre casier d’élus, nous recevons ce vendredi la brochure du député de la 6è circonscription, David Corceiro. Suppléant de Nathalie Elimas, élue en 2017, il a remplacé celle-ci à l’Assemblée lorsqu’elle a été nommée secrétaire d’État chargée de l’éducation prioritaire en 2020.

Le député nous propose de le rencontrer lors de ses « matinées démocratiques pour les citoyens ». Coup de chance, la dernière de ces rencontres a lieu à Saint-Gratien. Échanger avec un député, cela ne se refuse pas !

Malgré un léger cafouillage sur la date (c’est dimanche 5 décembre, et non le dimanche 7 comme l’écrit le député) et sur le lieu (cela se tient au café « Le Catinat » et non au « Clos du château », fermé le dimanche), nous sommes ce dimanche matin quatre Gratiennois.e.s à nous présenter à la permanence ou réunion, la chose n’est pas très claire, de notre député.

Notre objectif ? Échanger avec lui et de l’interroger sur des sujets locaux et (inter)nationaux. N’est-ce pas à cela que nous invite à plusieurs reprises notre élu, lorsqu’il se targue d’être à « l’écoute de toutes celles et ceux qui souhaitent échanger autour d’une question, d’un projet, d’une problématique » ? Ou bien encore quand il se félicite des « formidables rencontres vécues avec les habitants, (…) les élus » ?

Hélas, notre rendez-vous de ce matin nous a… surpris, déçus, chagrinés, et pour tout dire, un peu choqués.

La discussion a tourné court sur chacune de nos questions. Ce ne fut pas une « formidable rencontre », et nous n’avons pas le sentiment d’avoir été très « écouté.e.s ». 

Bref tour d’horizon des thèmes abordés, entre désinvolture, soupçon d’agressivité et langue de bois. 

Question 1

Emmanuel Macron, ces jours-ci, en Arabie Saoudite, est le premier dirigeant occidental à rencontrer de manière officielle le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, largement boycotté depuis l’affaire Jamal Khashoggi. Les États-Unis ont publié un rapport de leurs services secrets qui affirment la responsabilité du prince héritier saoudien dans l’élimination du journaliste dissident Quel message la présidence de la République envoie-t-elle ?

Réponse de D. Corceiro                                                                                              

Je ne me prononce jamais sur les questions de politique extérieure. Mais personnellement, il a quand même un avis le député ? Bah « il est personnel ». Et on n’en saura rien. Rien du tout.

Notre avis                                                                                                                     

Très étonnant pour un député ! L’Assemblée nationale ne vote-t-elle pas les lois autorisant la ratification des traités, n’adopte-t-elle pas les crédits relatifs à la politique étrangère de l’État et ne contrôle-t-elle pas l’action du pouvoir exécutif en matière internationale ? Que vote alors le député Corceiro ?

Question 2 

« Cette semaine, l’Assemblée nationale a examiné la proposition de résolution déposé par M. Fabien Roussel. Cette proposition invitait le garde des Sceaux  à demander aux juridictions compétentes d’examiner la possibilité, pour les personnes reconnues coupables d’incitation à la haine raciale de façon particulièrement odieuse et répétée, de retenir la peine complémentaire d’inéligibilité prévue par la loi. Avec votre groupe parlementaire et la quasi-totalité des députés présents du groupe LREM, vous avez voté contre cette proposition, qui n’a pas été adoptée. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ? »

Réponse de D. Corceiro 

Le député axe sa « réponse » sur le fait qu’il n’est pas membre de… LREM. Soit ! Il est en effet Modem, ce qui ne change rien au fond de la question. Poussé dans ses retranchements,  il finit par déclarer qu’il partage l’avis du garde des sceaux, qui aurait estimé que cette proposition est « anticonstitutionnelle ».

Notre avis

David Corceiro a tout faux, puisqu’à l’Assemblée Éric Dupont-Moretti a répondu redouter une « instrumentalisation en particulier par ceux qu’elle viserait » dans un « contexte de campagne électorale ». Il n’a jamais évoqué l’anti constitutionnalité de la mesure. D’ailleurs celle-ci est prévue par la loi.  « La loi prévoit déjà des peines d’inéligibilité pour différents délits tels que la corruption, le blanchiment d’argent, le détournement de fonds… C’est aussi le cas pour les auteurs de propos racistes, antisémites, discriminants en fonction du sexe. Sauf que c’est très peu appliqué. Ma résolution demande d’appliquer la loi, toute la loi, rien que la loi », résume le secrétaire national du PCF.

Question 3

6-10 ans : c’est la tranche d’âge la plus affectée par le Covid 19. L’école est un lieu où le virus circule… et pour cause ! Les mesures de prévention restent insuffisantes : masques non fournis, pas de capteurs de CO2, aération des locaux difficile, tests insuffisants.. non brassage des élèves quasi impossible, pas de remplaçants…. Pourquoi donc avoir allégé le protocole sanitaire dans les écoles ?

Réponse de D. Corceiro

Le député nous explique que le fonctionnement des écoles élémentaires est du ressort de la commune (ce que nous savons pertinemment) et que la ville peut demander des subventions d’État pour s’équiper en détecteurs de CO2. Il estime que la circulation du virus chez les enfants est source de débats chez les experts. Il prend note des absences d’enseignants, non remplacés et parfois pour de longues périodes, par exemple, au lycée d’Enghien. 

Notre avis 

Nous restons sur notre faim. Que les écoles soient aujourd’hui au cœur des contaminations fait peu de doutes. Alors que la pandémie repart à la hausse, il reste surprenant que le protocole sanitaire dans les établissements scolaires soit allégé. Nous insistons au cours de la discussion sur le fait que les tests salivaires pourtant tant vantés par J.M. Blanquer ont été un grand flop. Il y a des auto-tests en stock un peu partout dans le secondaire, parce que peu promus. Le manque de remplaçants chez les enseignants est une question qui reste entière.

Question 4

Il y a 6 mois, le 1er ministre est venu à Gonesse (15 km d’ici). Discours sur le développement de l’est du 95. Avec l’implantation d’un Lycée international et d’une annexe de Rungis. Pour conforter la décision d’implanter une gare de la future ligne 17 en plein champ, de fait à près de 4 kms des habitations… Est-ce raisonnable d’implanter un lycée-internat sous des lignes à hautes tensions et sous un couloir aérien (8 km des pistes de Roissy) ? Quid de l’annexe du MIN ? Les commerçants du marché qui fréquente Rungis disent qu’en cela fait servira de base logistique pour les importations de produits alimentaires qui arrivent à Roissy. Plus besoins de les transférer à Rungis. Donc nécessité de créer des méga-entrepôts et des parkings au Triangle de Gonesse. Dans le cadre de la transition écologique, n’est-ce pas des projets inutiles ? Des terres très fertiles. Humides. Zone qui permet l’été grâce aux vents de rafraichir Paris. Zones où CARMA (Coopération pour une Ambition agricole, Rurale et Métropolitaine d’Avenir) promeut un projet au service des habitants, qui s’appuie sur les perspectives prometteuses de l’agriculture péri-urbaine et urbaine et de la création d’activités liées à la transition écologique. CARMA s’inscrit dans le cadre de l’Économie Sociale et Solidaire (porté au gouvernement par Olivia Grégoire) : un projet-phare de transition écologique pour le Triangle de Gonesse et les communes environnantes, dans le bassin du Grand Roissy. Le projet CARMA est de développer sur les 670 hectares de terres fertiles du Triangle de Gonesse, les terres agricoles les plus proches de Paris, à seulement 15 kilomètres de son centre, la mise en place d’une démarche exemplaire au bénéfice du territoire, pour un cycle alimentaire sain et durable. La priorité est de répondre aux besoins des habitants du territoire. En circuits courts. Est-ce que ce projet au regard des enjeux climatiques ne mérite pas une attention particulière, plutôt que continuer à bétonner ? Des investissements dans les transports du quotidien, plutôt qu’une gare en plein champs ? Pas plus judicieux de mettre le paquet dans la rénovation et la modernisation du RER D, notamment l’interconnexion Gare du Nord vers Châtelet ? Revoir le positionnement de la gare en plein champs, afin qu’elle soit réellement utile aux habitants de cette zone géographique de notre
département ?

Réponse de D. Corceiro 

Le député reconnaît à demi-mot que l’emplacement de la gare n’est pas judicieux, ni choisi dans l’intérêt des habitants, … mieux aurait-il valu dit-il que celle-ci fut implantée, par exemple, près du nouvel l’hôpital de Gonesse… mais se défausse immédiatement sur la région Île-de-France. Si l’État soutient le projet de cette gare, c’est selon lui parce que la région finance, l’État complète automatiquement par une subvention. Il propose de se renseigner sur la superficie restant destinée à l’agriculture et au projet Carma sur le Triangle de Gonesse. Tout en reconnaissant s’être investi dans le dossier qu’à partir seulement de juin… 2021… 

Notre avis 

À question très argumentée… réponse bien peu étayée. Le député visiblement n’est pas très au fait de ce dossier pourtant emblématique du 95.

Enfin, les questions que nous aurions posé si… le député ne nous avait pas abandonné.e.s prématurément pour assister à une commémoration.

Question 5

Vous êtes venu récemment au lycée Gustave Monod. Reçu par les élèves du Conseil de la Vie Lycéenne (CVL). Post Conseil d’administration, mardi dernier, nous a été rapporté un de vos échanges.

Monsieur Corceiro affirme n’avoir pas tenu les propos qui nous ont été relatés. Dont acte. Nous supprimons donc le paragraphe qui suivait, à sa demande.

Question 6

Les finances des collectivités locales ont été drastiquement réduites durant les mandats de N. Sarkozy, F. Hollande, E.Macron : autonomie fiscale réduite, dotations diminuées de moitié.. pourtant les collectivités sont les premiers investisseurs de France. Votre avis ?

En résumé, David Corceiro conclut son édito dans sa lettre aux Val d’Oisiens par : « Faire pour et avec les citoyens (…). Cette année a été belle et riche, la prochaine le sera tout autant ».

Bah, on ne peut pas en dire autant de notre rencontre de ce matin, tant le député est apparu sur la défensive et a surtout esquivé nos questions de citoyen.nes en renvoyant la responsabilité aux échelons local, départemental et régional. Quant à l’international… lui « y sait pas ».

10 ans d’attente

150 élus d’Île-de-France se mobilisent contre la crise du logement. Ils appellent à un rassemblement le 10 novembre devant le ministère du logement. (Info « Actu.fr »)

70% des Francilien.nes sont éligibles au logement social. En Île-de-France, il faut en moyenne 10 ans pour obtenir un logement social. Une vraie crise du logement, avec des milliers de mal-logés, et de sans logement. 

Ils dénoncent une « situation catastrophique ». Jeudi 21 octobre, des élus issus du Front de Gauche de la Métropole du Grand Paris (MGP) se sont réunis pour alerter sur la crise du logement qui touche la région et proposer des solutions.

Il faut en moyenne 10 ans pour obtenir un logement social au sein de la métropole du Grand Paris. « Ce sont 743 000 familles qui ont renouvelé leur demande de logement au 31 décembre 2020 pour 60 000 logements attribués », interpelle Patrick Jarry, maire de Nanterre lors de la conférence de presse des élus Front de Gauche de la MGP  avant de rappeler qu’en 2010, « seulement » 400 000 demandes de logements sociaux avaient été faites.

Face à ce constat amer, plus de 150 élus de gauche lancent un appel et exigent une obligation de 30% de logements sociaux et l’encadrement des loyers dans tout le Grand Paris.

« Maires et élu.e.s municipaux.les dans la Métropole du Grand Paris nous alertons sur l’aggravation prévisible de cette crise du logement si des mesures correctives ne sont pas prises », détaille l’appel qui a vocation à toucher au-delà des élus de gauche. 

« Le nombre de demandeurs de logements sociaux atteint des records tout comme celui des mal-logés. Nous avons besoin de solutions rapides et concrètes », martèlent les élus qui appellent à un rassemblement devant le ministère du logement le mercredi 10 novembre 2021 à 18 heures, en lien avec les organisations de locataires et des bailleurs. 

Dix mesures concrètes exigées

Les 150 signataires de l’appel exigent notamment face à cette crise, l’obligation de construction d’un minimum de 30% de logements sociaux dans toutes les nouvelles opérations immobilières,  l’encadrement des loyers du privé « pour freiner la flambée des prix des loyers qui précarise et exclut une partie de la population »,  le relèvement des plafonds d’accès au logement social, la réquisition des bureaux et logements vides ou encore l’augmentation des taxes sur les logements vacants et sur les résidences secondaires en zone dense. 

Un dispositif officiel pourrait prochainement  encadrer la construction de logements sociaux dans les villes qui comptent déjà 40% de HLM, afin de « diversifier l’offre de logements » et de « réintroduire de la mixité sociale » et de ne pas créer de ghettos.

Cette proposition sera débattue à l’assemblée début décembre. 42 villes seraient concernées. Valérie Pécresse propose encore plus : un dispositif « anti-ghetto » pour les 95 villes au-dessus de 30% de logement social.  

Irresponsable pour Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, qui déclare au « Parisien« : «  ils sont complètement dingues. La pénurie de logement social est le plus grave problème que connaît l’IDF et eux ne pensent qu’à une chose : limiter leur construction. Il y a des personnes qui souffrent, soit parce qu’elles sont trop nombreuses dans un appartement ou parce qu’elles divorcent et doivent cohabiter par manque de solution d’habitation. Il y a des hausses de prix de loyers dans le privé parce qu’il n’y a pas assez de logements sociaux. Ce qu’il faut, c’est pousser les villes qui n’en construisent pas assez à en faire ! 70% de la population de la région est éligible au logement social. S’ils limitent à 40% de HLM, ça veut dire qu’il y aura toujours une différence entre le nombre de personnes  qui peuvent y avoir accès et l’offre. Donc ces gens organisent la pénurie, c’est irresponsable. Quand on parle de mixité, c’est quoi le problème ? Derrière cette notion, c’est l’idée que le logement social est synonyme de problèmes sociaux. Est-ce que les 70% des habitants de la région qui peuvent y prétendre sont des gens qui amènent des problèmes sociaux ? Ce sont des infirmières, des étudiants, des employés de préfecture… On m’empêche de répondre aux besoins de la population  et en même temps les villes carencées ne construisent rien.. »    

Au lieu de vouloir stopper la construction de HLM dans les villes qui en comptent déjà plus de 40%, l’urgence est de construire dans les villes qui ne respectent pas la loi SRU. Le problème n’est pas Sarcelles ou Villiers-le-Bel, mais Enghien et ses… 10% de logement social !

À Saint Gratien, qui compte 32% de logement social (un chiffre d’ailleurs curieusement immuable alors que des constructions de standing ont fleuri un peu partout depuis ces dernières années…), il importe pour assurer une véritable mixité sociale que des logements sociaux soient intégrés à tout nouveau programme immobilier. Nous le réclamons à chaque fois, et encore dernièrement lors de la modification du PLU qui intègre l’opération immobilière du boulevard Pasteur.

Quelques chiffres pour l’Île-de-France

70% des habitants sont éligibles au logement social. 90 communes concentrent 66% du logement social, sur 1300 communes franciliennes. 736 000 demandes de logement sont en attente chaque année. Il faut 10 ans pour obtenir un logement social.

 

Vente solidaire

Pour la quatrième fois, nous organisons à Saint Gratien une vente solidaire de fruits et légumes.

Nous ne nous transformons pas en commerçants !

Il s’agit là d’une initiative citoyenne, politique, visant à démontrer concrètement que nous pouvons bénéficier d’une alimentation saine, locale, à des prix abordables, tout en rémunérant correctement les producteurs. Nous vendrons donc à prix coûtant pommes de terre, carottes, poireaux, pommes.. cultivés par un maraîcher et un arboriculteur du Val d’Oise, pratiquant une agriculture raisonnée.

Cette année, l’initiative est organisée conjointement par les communistes de Saint Gratien, les amis du Front de Gauche, Générations.s du Val d’Oise, et l’association « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen ».

Rendez-vous samedi 6 novembre 2021, à partir de 10 heures, au centre commercial des Raguenets.