Bonne humeur et solidarité

Belle affluence ce samedi 10 novembre devant l’ancienne poste annexe des Raguenets pour la désormais traditionnelle « vente solidaire » de fruits et légumes, initiative organisée par les communistes de Saint Gratien et leurs amis. Ce matin, on parlé circuits courts, agriculture raisonnée, prix des fruits et légumes, marges de la grande distribution, vie du quartier. Une  vente solidaire puisque les fruits et légumes étaient proposés à prix coûtant, donc abordables. Des prix fixés par les producteurs du Val d’Oise, maraîcher et arboriculteur, qui leur permettent de vivre de leur activité. Des produits de qualité et de première fraîcheur puisque cueillis ou ramassés il y a deux jours à peine à Auvers et à Viarmes : directement du producteur au consommateur ! Des consommateurs qui ont apprécié l’initiative et qui nous l’ont dit et même écrit :  » Merci pour votre bonne  humeur et votre engagement. Vous mettez la solidarité au premier plan et ça réchauffe le cœur. Vive la consommation locale. Merci et bon courage !  » ou bien encore : « Merci pour cette activité à renouveler avec beaucoup d’espoir. Ça nous change des guirlandes et pots de fleurs. Une habitante des Raguenets depuis 40 ans…  » et encore  » Très bonne idée avec des produits très appétissants » et  » Super initiative, bravo ! »  Des commentaires qui nous vont droit au cœur et nous confortent pour poursuivre dans ce genre d’initiative qui marie solidarité, échanges, rencontres et débats « politiques » au bon sens du terme : ce qui traite de la vie de la cité. Ce matin, il y avait bien de la vie dans ce quartier de notre ville ! Merci à tous ceux qui se sont investis pour cette réussite. À midi, nous avions écoulé 200 kg de marchandises et on nous réclamait encore des pommes de terre… et la promesse de revenir plus souvent !

 

La presse locale s’est fait l’écho de la vente : Le Parisien a dépêché un journaliste…reparti avec un kilo de pommes… : lire ici 

La Gazette avait annoncé l’initiative : lire ici

Comme VONews : lire ici

PLU, l’occasion ratée

Saint Gratien modifie son PLU. Sujet parfait pour un exercice de démocratie participative. Mais à Saint Gratien une occasion manquée. Rien de plus qu’une enquête publique réglementaire et très discrète.

Le plan local d’urbanisme (PLU) est le principal document de planification de l’urbanisme au niveau communal. Il remplace l’ancien plan d’occupation des sols (POS).

Saint-Gratien7À Saint Gratien, une enquête publique se déroule jusqu’au 16 novembre 2018. Les documents sont consultables sur le site de la ville (onglet « cadre de vie « puis « urbanisme » : https://www.ville-saintgratien.fr/le_plu.html) et peuvent également être consultés en mairie.

Chaque citoyen.ne peut formuler ses remarques et propositions.

La modification a été présentée très succinctement au Conseil municipal de septembre 2017. Les objectifs annoncés restaient assez  vagues. Nous avions alors suggéré un processus de concertation, au moins au sein du Conseil municipal, voire avec les habitants (une réunion publique ? des ateliers ? ce qui avait été fait pour l’agenda 21, et cela s’était montré particulièrement intéressant), avant l’enquête publique, ce qui éviterait peut-être de devoir refaire une modification tous les ans. Urbanisme et aménagements du territoire auraient été une excellente opportunité de consulter les comités de quartier et d’y engager un vrai débat sur ces questions ! Raté, il n’en sera rien. Le sujet sera présenté une fois le dossier bouclé. Nous croyons pourtant que les habitants qui sont « experts de leur quotidien » ont des choses à nous dire en la matière, qui les concerne au premier chef, et des propositions à avancer. On voit aussi qu’il y a parfois des réglementations très peu respectées, ce qui veut dire qu’elles ne correspondent pas à la réalité du terrain. Prendre largement l’avis des habitants nous semble pour cela indispensable aussi.run and bike 7

Nous n’avons pas été écoutés et depuis septembre 2017, plus informés de la suite de la réflexion. Aujourd’hui arrive une enquête publique réglementaire, avec le minimum de publicité. Pourtant, les questions d’urbanisme traitées via le PLU sont particulièrement importantes pour notre « cadre de vie ». Un exemple ? Le PLU actuel réglemente de façon assez précise les clôtures des propriétés en bordure de rue. Elles ne peuvent actuellement comporter de parties pleines sur plus d’un tiers de leur hauteur, limitée à 2 mètres. Force est de constater que cette règlementation n’est pas respectée (y compris par des élus qui ont pourtant voté ces dispositions…), et que les services municipaux ont laissé faire. La ville propose donc dans sa modification du PLU d’autoriser dorénavant les clôtures faites de « panneaux pleins », qu’on voit déjà depuis longtemps dans la plupart de nos rues. Une disposition anodine ? Certes non. Car il s’agit de la configuration de la ville de demain. Veut-on que les rues se transforment progressivement en « tunnels » bordés de hauts murs, sans végétation et vue sur les jardins ? Regrettable pour l’aspect « barricadé » de nos quartiers, dommageable pour le lien social… qui devient moins évident quand on n’aperçoit plus son voisin. Quant au sentiment de « sécurité » parce que notre barrière empêche toute vue sur notre propriété…  je le crois fort illusoire.

rag-2015-10Évidemment le PLU est aussi important pour l’urbanisation de notre ville, déjà la plus dense du Val d’Oise. Ces dernières années, on a vu fleurir en nombre des programmes immobiliers, pour la plupart « haut de gamme ». De nouvelles constructions sont à présent prévues près de la gare entre le parking et l’hôtel où sera implanté, une fois n’est pas coutume, un immeuble de logement social. On peut s’interroger sur la pertinence de cet emplacement. Pourquoi confiner le logement social toujours dans les mêmes quartiers ? On sait pourtant que la mixité sociale est essentielle dans une ville : elle passe par un mélange dans les quartiers de différents types d’habitat.

De nouveaux programmes immobiliers vont aussi surgir boulevard Pasteur à l’entrée de ville côté Sannois. Nouvelle densification ? Nouveaux programmes de standing ?

rag 2015 19Que penser aussi de la densification « rampante » qui se déroule dans les quartiers pavillonnaires via les divisions de terrains et nouvelles constructions ? Loin de nous l’idée que ces quartiers doivent être préservés de l’urbanisation. La demande de logement est forte dans notre région, les villes doivent certes construire. Mais Saint Gratien a déjà la palme de la commune la plus bâtie du département. Et davantage de logements, c’est aussi davantage de véhicules dans nos rues déjà bien encombrées et de nouveaux habitants qui vont demander de nouveaux services. Parfois, les infrastructures ne suivent pas : on voit que les cantines scolaires de certaines écoles sont surchargées à tel point que la ville y refuse des enfants, ce qui n’est pas une solution acceptable ! Et d’autre part, Saint Gratien manque cruellement d’espaces verts, notamment d’espaces verts publics, à une époque où l’on sait que la bétonisation excessive des sols est une aberration écologique, et que ces « poumons » sont importants pour le lien social d’une ville. 

Quant aux indispensables aménagements pour favoriser l’usage des déplacements « doux », le PLU les a oubliés… Rien pour les pistes cyclables et autres parcs à vélos…  Les restrictions à l’installation de panneaux solaires sont également incompréhensibles en ces temps où l’urgence écologique saute aux yeux.

À suivre..

La gratuité pour changer la vie

L’humain d’abord contre les logiques de profit. La gratuité des transports, une mesure bonne pour le climat et qui change la vie

La gratuité des transports est un débat qui prend de l’ampleur en France et en Europe. C’est un sujet qui mérite d’être à l’ordre du jour, notamment à la suite du dépôt par les députés communistes d’une proposition de loi visant à encourager la gratuité des transports collectifs urbains. Deux conceptions de la gratuité coexistent : une gratuité d’accompagnement pour les pauvres, qui vise à compenser des inégalités de ressources, et une gratuité d’émancipation, qui permet de se libérer de la loi de l’argent, de s’affranchir du marché, qui donne tout son sens à « l’Humain d’abord ». La gratuité des transports permet de changer la vie concrètement, ici et maintenant. C’est, bien entendu, une mesure sociale qui permet de redistribuer du pouvoir d’achat aux ménages, notamment aux classes populaires avec de probables conséquences favorables pour l’économie locale et les commerces de proximité.

C’est aussi une mesure profondément écologique, en ce sens qu’elle permet très concrètement de réduire la pollution de l’air et les émissions de gaz à effet de serre en diminuant le nombre de voitures et en fluidifiant le trafic automobile. Les exemples de mise en œuvre, même à petite échelle, sont, à ce titre, très ­démonstratifs : à Châteauroux (Indre), où la gratuité existe depuis quinze ans, c’est plus de 200 % d’augmentation de fréquentation ; à Aubagne (Bouches-du-Rhône), en quatre ans, c’est plus de 170 % d’augmentation de fréquentation et 10 % de baisse du trafic routier. Dunkerque (Nord) a constaté les mêmes effets lors de la phase expérimentale de gratuité le week-end, et cela se confirme avec la gratuité totale du réseau depuis le 1er septembre 2018. « Les automobilistes devraient remercier chaque jour les usagers des transports en commun pour toute la place qu’ils libèrent dans les rues et qui leur permet de ne pas être bloqués en permanence dans les embouteillages. » La célèbre formule d’Albert Jacquard est tout aussi éclairante quant à l’utilité sociale de la gratuité. Les libéraux considèrent que les transports ne servent qu’à l’usager et qu’il est donc légitime qu’il paye pour leur usage. Les progressistes, au contraire, estiment que le transport collectif est utile à l’ensemble de la collectivité, qu’il est d’intérêt général. En abandonnant la voiture au profit des transports en commun, on fait diminuer la pollution sonore comme celle de l’air, on améliore la qualité de la vie urbaine. Les transports en commun sont donc utiles à toutes et tous, à celles et ceux qui les prennent comme à celles et ceux qui ne les prennent pas.

gratuité 4Ainsi, la gratuité des transports réunit le droit (au transport) et l’effectivité du droit (à se déplacer). C’est aussi un nouveau droit à la ville qui la rend accessible à toutes et tous. C’est également un nouveau fait urbain qui permet de penser la transformation de la ville sur le plus long terme. Avec une alternative pertinente à l’utilisation de la voiture, avec un réseau de transports efficace et gratuit, on peut commencer à repenser la ville, à imaginer qu’une partie de la place occupée par la voiture soit ­redonnée aux piétons, aux cyclistes ou transformée pour créer de nouveaux espaces publics, de nouvelles places… de nouveaux usages socialement utiles.

Outre l’argument récurrent du coût ­financier, les ­tenants du libéralisme nous opposent un autre argument fallacieux : ce qui serait gratuit serait moins respecté et, par conséquent, la gratuité serait « dangereuse ». Or, là aussi, les expériences montrent que cette « peur du gratuit » des libéraux est bien plus idéologique que pragmatique. Par exemple, à Dunkerque, les incivilités ont diminué de 92 % entre les week-ends où le transport est payant et les week-ends où il est gratuit. Dans un contexte où les libéraux de droite et de gauche font de la baisse de la dépense publique l’alpha et l’oméga de leur pensée politique, il y a besoin de réaffirmer, à l’aide de propositions concrètes comme dans le domaine des transports collectifs, l’utilité du partage des richesses pour répondre aux besoins sociaux et à l’égalité citoyenne. En ce sens, toute mise en œuvre de la gratuité de certains usages et de certains services est bien évidemment une gratuité socialement construite, sur la base de ressources budgétaires, financières, voire de cotisations sociales qui lui seraient ­directement affectées. La gratuité des premiers mètres cubes d’eau, de la cantine ou des transports devrait être le grand combat des communistes. La gratuité, c’est l’antithèse du capitalisme où tout peut s’acheter et se vendre. Elle permet de s’attaquer frontalement à la domination de l’argent. L’Humain d’abord, c’est faire passer la réponse aux besoins des populations avant les logiques de profit, c’est faire passer l’intérêt général, l’intérêt des femmes et des hommes et celui de l’environnement avant celui de la finance. L’Humain d’abord, c’est aussi la gratuité.

Premiers signataires : Cyril Cineux, maire adjoint PCF de Clermont-Ferrand, vice-président de Clermont Auvergne Métropole ; Jacques Baudrier, conseiller PCF de Paris, administrateur d’Île-de-France Mobilités ; Alain Pagano, conseiller municipal PCF d’Angers ; Patrice Voir, conseiller municipal PCF de Grenoble, conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes ; André Chassaigne, député PCF du Puy- de-Dôme, président du groupe GDR ; Pierre Garzon, vice-président PCF du conseil départemental du Val-de-Marne, administrateur d’Île-de-France Mobilités ; Pierre Chéret, maire adjoint PCF d’Avion, conseiller communautaire de l’agglomération Lens-Liévin ; Françoise Fiter, vice-présidente PCF du conseil départemental des Pyrénées-Orientales ; Jean Vila, maire PCF de Cabestany, conseiller communautaire ; Bernard Czerwinski, maire PCF de Drocourt, vice-président de l’agglomération Hénin-Carvin, président du groupe communiste ; Delphine Castelli, conseillère municipale PCF de Dunkerque ; Antoine Splet, conseiller communautaire PCF à l’Eurométropole de Strasbourg ; Alain Bruneel, député PCF du Nord ; Max Guichard, président du groupe communiste et apparentés à Bordeaux Métropole ; Jean-Paul Lecoq, député PCF de Seine-Maritime.

Mercredi 7 Novembre 2018 ; tribune parue dans l’Humanité

Dans quelle société voulons-nous vivre ?

Transports, habitat, justice sociale et environnement. Droit à la ville et droit à la mobilité : dans quelle société voulons-nous vivre ?

Tribune de Jacques Baudrier Conseiller de Paris, animateur du collectif PCF sur les mobilités, parue dans l’Humanité du 31 octobre 2018

Jacques Baudrier était notre invité à la fête de l’Humanité, où il a participé à un débat sur « transports et écologie », organisé dans le stand « Pot rouge-espace fédéral du Val d’Oise ». 

Des droits essentiels pour la vie en ville

Le droit à la mobilité est un droit essentiel du droit à la ville. Sans mobilité, pas de droit aux loisirs, au travail, au logement, à la santé, à l’éducation…

Au XXIe siècle, il doit être un droit à une mobilité très peu polluante. C’est vital : 48 000 personnes meurent chaque année de la pollution atmosphérique, due pour une bonne part aux transports. Il nous faut généraliser un accès simple aux déplacements à pied, à vélo, en transports collectifs.

Pour cela, un développement massif des infrastructures est indispensable. De transports collectifs d’abord, où notre pays a pris des décennies de retard. C’est possible : en Île-de-France, avec le Grand Paris Express et ses 200 kilomètres de métro en construction, le niveau d’investissements a été multiplié par 20 en dix ans.

On attend toujours les mêmes investissements massifs à Marseille, Toulouse, Bordeaux… Il faut des moyens. Les communistes ont des solutions : augmentation de la taxe locale sur les bureaux, création d’une taxe sur les parkings des hypermarchés. Ces propositions, nous les avons imposées en Île-de-France. Utilisons-les pour toutes les villes de France.

gratuité 1Plusieurs dizaines de villes françaises ont réussi l’expérience des transports publics gratuits. Pour démultiplier l’utilisation des transports publics, ils doivent être partout gratuits, financés par l’augmentation du versement transport des entreprises. Tout de suite dans toutes les villes petites et moyennes, comme le propose le projet de loi déposé à l’Assemblée nationale par les députés communistes. À moyen terme pour toutes les grandes agglomérations, où il faut d’abord construire des infrastructures pour accueillir toute la demande.

vélo 2018-2Il faut aussi investir massivement pour la pratique du vélo en ville. À part Strasbourg, Grenoble et Bordeaux, les villes de France sont « vélo sous-développées ». C’est un drame de santé publique. Le développement de la pratique du vélo peut faire reculer très fortement la mobilité automobile en ville. Et est extrêmement efficace pour lutter contre l’épidémie de sédentarité, contre le surpoids, l’obésité. Aménager des pistes cyclables, du stationnement vélo de façon massive, c’est possible, rapide, ultra-efficace, d’un coût limité – 500 millions d’euros par an de crédit d’État (dix fois plus que ce que prévoit le gouvernement).

Pour une mobilité peu polluante, l’urbanisme commercial joue un rôle clé : l’hypermarché génère le déplacement et « l’urbanisme automobile », comme le capitalisme la guerre. Il faut augmenter et généraliser la taxe sur les parkings d’hypermarché que nous avons créée en Île-de-France pour favoriser des commerces accessibles à pied, à vélo ou en transports publics : petits commerces, petits et moyens supermarchés.

Enfin, il ne faut pas oublier ceux qui ont le plus de difficultés. Sept millions de personnes ont du mal à avoir accès à l’emploi du fait d’un problème de mobilité. Il faut pour elles des plateformes de mobilité leur permettant l’accès à des voitures ou des vélos partagés, à des taxis parfois, à des services personnalisés.

Le droit universel à la mobilité

Avec la gratuité des transports, en route vers un droit universel à la mobilité

gratuité 1Une petite minorité de villes pionnières l’a d’ores et déjà adoptée : la gratuité des transports urbains fait son chemin. Avec, pour l’y aider, une proposition de loi déposée en septembre par le député (PCF) André Chassaigne.

La gratuité des transports publics fait son coming out. Dans quelque 38 villes et agglomérations françaises, le plus souvent de taille moyenne – seules Aubagne, Niort et Dunkerque dépassent 100 000 habitants – on se déplace aujourd’hui sans payer. Mais certains poids lourds, comme Paris et Clermont-Ferrand, ont mis la chose à l’étude et pourraient bientôt basculer. C’est dans ce contexte que se sont tenues les premières Rencontres des villes du transport gratuit, les 3 et 4 septembre à Dunkerque – elle-même passée à la gratuité totale le 1er de ce mois, après trois ans d’expérimentation sur les week-ends.gratuité 2

C’est aussi ce moment qu’a choisi le groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée nationale pour déposer une proposition de loi « visant à encourager la gratuité des transports collectifs urbains et périurbains ». André Chassaigne, lui-même député du Puy-de-Dôme, porte ce texte : « Il y a une extrême urgence climatique, explique-t-il. Le transport est responsable de 29 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Or, les expériences de gratuité des transports collectifs montrent que cela fait baisser les déplacements en voiture. » Mais le président du groupe GDR voit plus loin : « L’enjeu est de sortir le transport collectif de l’approche marchande, de la recherche de profits. » La gratuité « permet de l’inscrire comme un droit universel ».

Un droit qui, là où il est d’ores et déjà effectif, fait litière des doutes et des oppositions. « Quand la gratuité est là, ne comptez pas revenir dessus ! » avertissait ainsi, à Dunkerque, Gil Avérous, l’actuel maire (LR) de Châteauroux, ville pionnière de la gratuité depuis 2001. De fait, la gratuité entraîne logiquement une hausse de la fréquentation : elle a triplé à Châteauroux comme à Aubagne… Dans cette dernière agglomération, il s’agit à 35 % de report modal, soit 5 000 autos et motos de moins par jour. La baisse du trafic réduit la pollution, mais aussi les coûts de voirie. Surtout, elle permet de commencer à repenser la place de la voiture dans la ville : élargissement des trottoirs, réduction des places de stationnement, pistes cyclables, verdissement…

« Cela entraîne une nouvelle culture des transports et de l’espace public en général », explique Cyril Cineux, adjoint (PCF) au maire de Clermont, chargé des transports. Ce grand promoteur de la gratuité, qui a beaucoup travaillé sur la proposition de loi, combat l’idée selon laquelle elle entraînerait une hausse des incivilités : « C’est le contraire ! La hausse de la fréquentation accroît le contrôle social dans les véhicules, et la gratuité permet à tout le monde de s’approprier les transports en commun. Et on n’a pas envie d’abîmer ce qui nous appartient. » Pour les habitants des périphéries, la gratuité devient synonyme de droit à la ville, de recul de l’isolement et de la relégation. Ce qui contribue à redynamiser les centres villes, où les familles peuvent plus facilement venir dépenser l’argent économisé dans les transports : un vrai cercle vertueux.

Mais la gratuité a un coût, puisqu’elle élimine une partie des ressources (les titres de transport) d’un service qui doit être maintenu – et même développé, avec la hausse de la fréquentation qui s’ensuit. Mais ce coût n’est pas si élevé : dans la plupart des « villes gratuites », la billetterie ne couvrait qu’une part assez faible (entre 10 % et 20 %) du coût du service. À Clermont, Cyril Cineux a fait ses comptes : « Cela nous coûterait 15 millions d’euros, soit 15 % du budget. En évitant le changement prévu du système de billettique, on rattrape déjà 8 millions. En montant le versement transport des entreprises au maximum autorisé, soit 2 % pour une ville comme la nôtre (contre 1,8 % aujourd’hui), on gagne entre 7 et 8 millions. Mais la gratuité entraînerait un besoin d’investissement supplémentaire de 5 à 6 millions. Même avec l’aide de la région et du département, le compte n’y est donc pas. C’est qu’il y a un absent dans ces possibilités de financement : l’État. » C’est ici qu’intervient la proposition de loi : « Nous avons voulu appuyer le volontarisme des collectivités face au premier des blocages : le financement », explique André Chassaigne. Le texte avance quatre mesures principales : un taux bonifié du versement transport pour les collectivités passant à la gratuité, qui monterait à 1 % en deçà de 100 000 habitants et à 2,15 % au-delà. Cette mesure serait assortie d’un retour au seuil de 9 salariés pour les entreprises assujetties, au lieu de 11 salariés depuis 2016. Troisième mesure : devenue sans objet avec la gratuité, la prise en charge par les employeurs de 50 % des frais de transport de leurs salariés verrait son montant bénéficier directement aux collectivités. Enfin, outre des dispositions favorisant l’investissement, le texte envisage une taxe spécifique sur les surfaces de stationnement. Quel que soit l’avenir de ce texte, dont le député espère qu’il bénéficiera d’une prochaine « niche » parlementaire, pour Cyril Cineux, une chose est certaine : « La gratuité des transports sera un des enjeux principaux des municipales de 2020.   La gauche ne doit plus tarder à s’en emparer. »

Article paru dans l’Humanité, Olivier Chartrain avec J. H.

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En Île-de-France aussi, l’idée de gratuité fait son chemin…
Lors de la séance du Conseil régional du 20 septembre 2018, les élu.e.s du groupe Front de Gauche ont présenté un vœu pour la mise en place de la gratuité des transports en commun en Ile-de-France.

Pour Fabien Guillaud-Bataille, conseiller régional, « la question de la gratuité des transports en commun est posée dans de nombreuses villes. Il faut aujourd’hui élargir l’usage des transports collectifs et réduire la circulation automobile. Cela répond à un enjeu climatique, qui implique de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cela répond à un enjeu sanitaire, qui implique de stopper les émissions de particules liées à la circulation automobile. Cela répond à un enjeu social, et à celui de l’extension du droit à la mobilité pour toutes et tous. Il faut d’autant plus défendre ce droit que les services publics sont affectés par les logiques de privatisations et de marchandisation, qui restreignent l’accès des citoyens à ces biens communs. Nous devons imposer d’autres logiques, et la gratuité peut y contribuer ! »

Pour Céline Malaisé, présidente du groupe Front de gauche, « les expériences de gratuité des transports dans plusieurs grandes villes se multiplient et donnent des résultats positifs. La ville de Paris a mis récemment cette question en débat. De son côté, dès 2004, la Région Ile-de-France a commencé à mettre en place des dispositifs de gratuité pour les plus démunis. Il faut poursuivre dans cette direction. Il est d’abord urgent de financer les rénovations et le développement du réseau régional, mais ces investissements n’auront de sens que s’ils sont réellement profitables à tous les Francilien.ne.s. Nous avons donc la volonté d’avancer progressivement, avec la mobilisation de l’État, vers cet horizon. Seul le groupe Alternative Écologiste et Sociale (AES) a voté en faveur de ce vœu. Le groupe socialiste (Ensemble) s’est abstenu, et toute la droite s’y est opposée, alors que le Rassemblement national avait déserté la séance. Nous continuerons à porter la gratuité, qui sera dans un avenir très proche incontournable ».

Paris, le 20 septembre 2018

Accueillons les migrants !

Accueil des migrants : le Serment du 104

Pour appeler les responsables politiques à faire le serment d’accueillir les migrants, cette déclaration a été lue, le 25 octobre lors de la soirée de Solidarité au Centquatre à Paris, par Politis, Mediapart, Regards, Bastamag, L’Humanité, Alternatives économiques, le Bondy Blog, Là-bas si j’y suis, La Marseillaise, Siné Mensuel et Le Courrier des Balkans.

  • Considérant que l’humanité n’est pas assignée à résidence et qu’il n’y a pas de crise migratoire mais une crise de l’accueil ;
  • Considérant que toute concession aux idéologies de rejet des étrangers et aux politiques de préférence nationale nourrit les peurs et fait le lit de la haine, au lieu de faire reculer les ombres qui menacent ;
  • Considérant que, de même qu’hier, un peuple qui en opprimait un autre ne pouvait être libre, aujourd’hui un peuple ne sachant pas être au rendez-vous des solidarités avec l’humanité ne saura plus les défendre pour lui-même ;
  • Considérant que toute dérobade au devoir d’hospitalité ouvre la voie à la remise en cause de l’égalité des droits, fondement premier d’une politique démocratique, au plus grand bénéfice de l’autoritarisme et du fascisme qui grandissent.

Les médias initiateurs du manifeste « Pour l’accueil des migrants » demandent aux élus locaux, nationaux et européens, à tous les responsables politiques qui entendent solliciter les soutiens et les suffrages des citoyennes et citoyens pour pouvoir agir et gouverner, de faire le serment d’accueillir les migrants.

C’est-à-dire :

  • Le serment de s’engager à respecter les droits fondamentaux de tout être humain à quitter tout pays, y compris le sien, à y revenir et à circuler librement à l’intérieur d’un État, tels qu’ils sont énoncés par l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
  • Le serment de promouvoir un accueil digne de tous les nouveaux arrivants, de leur assurer les droits civils, sociaux et politiques qui leur sont dus, avec des dispositifs publics assurant la prise en charge des personnes les plus vulnérables et l’information complète de tous les migrants sur leurs droits.
  • Le serment de garantir le respect effectif du droit d’asile des personnes menacées de persécution, avec l’élargissement des critères ouvrant droit au statut de réfugiés afin de prendre en compte les causes variées de l’exil forcé.
  • Le serment de refuser toute discrimination liée à l’origine, à la culture, à l’apparence ou à la croyance, tout comme au sexe et au genre.
  • Le serment de faire en sorte que le pays où furent proclamés sans frontières les droits de l’homme et du citoyen ne soit pas celui de sa seule déclaration, mais celui qui leur donne vie et réalité, par une politique volontaire et exemplaire.

Paris, le 25 octobre 2018

 

Angers, université 2018 du PCF (3)

Suite et fin de notre série d’articles sur l’université d’été du PCF

Angers 2018, Université d’été 2018, aperçus :

– Éclectisme des formes des ateliers ou formats d’interventions :

Seul :

Ou bien à deux, en binôme :

UE 2018-24

Seul, mais occupant tout l’espace comme trois :

Richard Lopez, médecin, ex-président de la Fédération Nationale des CDS

UE 2018-25

Parfois entourée d’une brochette de députés :

UE 2018-26

Dans le cadre de speed datings :

UE 2018-27

– Éclectisme des fonctions du président de l’université, Guillaume Roubaud-Quaschie :

Conducteur d’intervenant :

UE 2018-29

Chauffeur de salle :

UE 2018-30

Mais aussi conducteur de navettes, goûteur de plats, discourant lors de l’ouverture de l’Université d’été, etc., etc. …

– Éclectisme dans l’expression de la concentration des esprits lors des ateliers : 

Patrick Coulon, animateur de débat et intervenant…

UE 2018-35UE 2018-36UE 2018-37UE 2018-38

Pas d’université sans livres :

UE 2018-39

Pas d’université sans restaurant universitaire :

UE 2018-40

S.B.

Angers, université 2018 du PCF (2)

Suite de notre série d’articles consacrés à l’université d’été du PCF

Angers, Université d’été 2018, aperçus :

La bataille parlementaire des communistes un an après, avec 6 des 11 députés du groupe à l’Assemblée Nationale.

Question clé : malgré le dense travail du groupe des élus, pourquoi une si faible exposition médiatique ? Quelle est la nature des difficultés en matière de communication des initiatives du groupe ?

Pierre Dharréville revient sur les points de presse hebdomadaires du groupe, menés par les 3 portes parole : Elsa Faucillon ; Sébastien Jumel et Lui-même, qui ont permis petit à petit à mieux identifier le travail du groupe au niveau des médias. Il revient aussi sur le travail de fond du groupe, condition a un traitement dans les médias. « Nous aussi on sait faire des sketches. Mais on a fait le choix de travailler le fond des dossiers ».

Elsa Faucillon souligne un problème culturel à dépasser. Souvent, par légitimité, dans les agendas des dirigeants du PCF étaient privilégiés des réunions de travail ou des réunions points vignettes plutôt que des interviews avec les médias, dont la portée était sous-estimée. On a appris à se faire remplacer et nouer des relations de confiance avec des médias.

Il est fait état des « fulgurances » médiatiques de Fabien Roussel, comme son intervention sur l’évasion fiscale à la tribune de l’AN, où il a pointé la montée au paradis de Johnny Hallyday et la mise au vert de son patrimoine en Uruguay, autre paradis… fiscal.

Faire l’événement et faire l’actualité. Un bon moyen pour passer dans les médias.   

 Comment faire reculer les déserts médicaux ? Une solution : les centres de santé, avec Philippe Lopez, ancien président de la Fédération nationale des centres de santé.

UE 2018-17

Les problématiques de santé et de prévention deviennent un objet consubstantiel des réflexions et pratiques des élus locaux faute d’une politique nationale de santé qui a conduit à la désertification médicale. L’opposition farouche de la médecine libérale par rapport aux médecins salariés et à la création de CDS, fait que des élus de toute tendance poussent maintenant à la création de CDS. Je dis bien de CDS.

Car beaucoup de collectivités locales se sont dits : on va faire une « maison médicale » et on va faire venir des médecins, voire on va faire venir des médecins de l’étranger, pour contourner le numérus clausus en France. Ceux-ci quittent leur pays pensant gagner de l’argent. Or, dans les 2 cas, quand un projet se développe sur un projet « immobilier » pour ne pas dire financier, cela court à l’échec. Statistiquement la greffe ne prend pas.

A contrario, les CDS eux n’ont pas de problème pour recruter des professionnels. Je prends le cas de la Saône et Loire : l’objectif des élus était de mailler tout leur territoire. Toutes les mesures jusque-là essayées n’ont pas permis d’installer des médecins libéraux. En l’espace de 9 mois, 25 médecins  ont dit oui à des projets de CDS.

La recette, s’il y en a une : les habitants doivent participer à la réflexion du projet de santé sur le territoire. Au final, l’offre de service que va apporter le CDS doit correspondre aux besoins de la population du bassin. Un territoire jeune, avec beaucoup d’enfants n’a pas les même besoins qu’un territoire vieillissant. On ne met pas les mêmes compétences.

Il y a besoin du rôle de la population et des collectifs citoyens : ils vont guider et accompagner le montage d’un CDS. Aujourd’hui, les CDS qui ouvrent sont le résultat d’histoires portées par des équipes en vue des municipales 2013/2014. Cela arrive à maturation.

UE 2018-18

Urgence biodiversité, avec Alain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et Alain Pagano Commission Écologie du PCF

UE 2018-19

Alain Pagano : on est aujourd’hui, depuis l’histoire de la vie sur terre, à la 6ième crise d’extinction de la biodiversité. Celle-ci est à 100% en grande partie liée à l’action de l’homme. 

On peut être très inquiet. C’est du réseau alimentaire dont il s’agit. Il y a des ruptures dans la chaine alimentaire. Il y a problème parce que l’espèce qui a disparu nourrissait une autre espèce…. Quand une brique est enlevée, c’est tout le mur et l’humanité qui est menacée.

Pourquoi préserver la biodiversité ?

Alain Bougrain-Dubourg :

Quelques chiffres, sur terre, il a été calculé que 67% du tonnage des mammifères vivant sur terre c’est du bétail. 30%, c’est des humains. Et 3% du tonnage des mammifères, c’est le reste des animaux.

Voilà ce qu’on a fait de la planète. Il ne s’agit pas de rééquilibrer. Mais de prendre conscience des dangers qui nous guettent.

Prenons la chasse : j’ai moi-même chassé quand j’étais jeune. L’homme, dans l’histoire a chassé pour manger. Aujourd’hui, la chasse, c’est un loisir. On tue des animaux pour tuer. A ce jour, une soixantaines d’espèces d’oiseaux sont chassables en France. Contre en moyenne 14 espèces en Europe. Or, sur cette liste de 60 oiseaux chassables en France, il y a 20 espèces comme le courlis cendré, qui sont inscrites sur la liste rouge des espèces menacées de disparition et qui sont sur la liste rouge de l’Union internationale de conservation de la nature.

A titre d’exemple, la tourterelle des bois a perdu 80 % de sa population.

Par rapport au projet de gouvernement sur la chasse*, qui contient comme aberration par rapport à ces enjeux, une baisse du prix du permis de chasse, et la prolongation de la chasse de l’oie sauvage, le courlis cendré, au-delà du mois de janvier, sur février donc, alors que l’animal débute sa phase de reproduction, je demande avec la LPO l’arrêt de tirer les espèces à l’agonie.

UE 2018-20

Alain Pagano : Comment se fait-il que le changement climatique ait réveillé les consciences et que l’appauvrissement de la biodiversité, non ?

Alain Bougrain-Dubourg : On ressent le changement climatique. On voit les effets du changement dans les carottages… etc.

On a des réponses potentielles avec : covoiturage, isolation thermique, etc. chacun peut trouver des solutions potentielles changement climatique.

Concernant la biodiversité,  on ne perçoit même pas le déclin. Quel est l’impact de la suppression de telles espèces… on n’est même pas au courant ! On est dans une société où tout ce qui n’est pas utile est inintéressant…. Voire est nuisible…

Il y a une non identification du déclin de la diversité. Et quand cela est malgré tout perçu, dans le cas des abeilles par exemple, on se retourne auprès de l’état. Car il existe peu de moyens individuels pour faire reculer ce fléau. Or, on peut être inquiet pour l’avenir du vivant. Et face à cette indifférence vis-à-vis du déclin du vivant. On ne pourra s’en exonérer.

Il y a un très grand retard sur cette question.

Si le PCF s’affiche sur les questions de biodiversité, il peut surprendre : 1) c’est une question qui traverse la société. 2) Cela va étonner, car c’est un thème qu’il n’a pas abordé comme tel jusque-là.

Remarque de la salle : C’est comme avec Notre Dame des Landes. On a beaucoup à apprendre, nous communistes par rapport à ces types de mouvements. Il ne faut négliger aucune forme d’actions, pour apporter notre propre soutien mais aussi nos propres réflexions à ces mouvements sur ces questions-là. On a une place importante à reconquérir et à investir. Il faut l’affirmer au plus haut niveau de la direction du PCF.

* E. Macron a donné son accord pour que le prix du permis national de chasse soit divisé par deux.

UE 2018-21

À suivre…

S.B.

Angers, université 2018 du PCF

Suite de notre série d’articles sur l’édition 2018 de l’université d’été du PCF

Angers, Université d’été 2018, aperçus :

Un moment intense pour s’informer, se former, échanger, rencontrer.

UE 2018-14

En un mot de l’éclectisme :

– Éclectisme des thèmes des ateliers

Nous concernant, nous avons plus particulièrement suivi :

Antisémitisme : de la Pologne du XX ième siècle à l’Europe contemporaine avec Valère Staraselski, écrivain

Dans le prolongement de son livre « Le parlement des cigognes », il fait écho au devoir de mémoire concernant le sort des juifs de Pologne sous la botte nazie.

UE 2018-15

Après un rappel historique de la naissance de l’antisémitisme, dans des références aux textes religieux chrétiens, est abordée l’histoire contemporaine.

Aux Juifs, les nazis disaient ne rien vouloir prendre : seulement la vie. Et ils déployèrent des trésors d’horreur imaginative pour massacrer des dizaines de milliers de civils parfaitement innocents. Avec la participation, résignée ou enthousiaste de nombreux Polonais catholiques.

Le devoir de mémoire est d’autant plus difficile à accomplir que les assassins ont fait disparaître toutes les traces de leurs crimes : les cimetières juifs avec leurs pierres tombales qui leur servirent à construire des routes, les ultimes témoins de 1945. Les Polonais « de souche » leur prêtèrent main forte par peur des représailles : il fallait tuer les Juifs pour ne pas être tués par eux après la victoire des alliés. Tous ces Polonais se connaissaient : un habitant de Cracovie sur quatre était juif. Un Juif dénoncé rapportait un kilo de sucre.

Il est rappelé, que dans l’époque la plus récente, des historiens polonais ont écrit que chasser les juifs s’expliquait aussi parce que les bolchéviques russes comme les communistes polonais comprenaient beaucoup de juifs, et que finalement l’antisémitisme avait été le reflet d’un combat contre les communistes. Ce qui est faux historiquement puisque, l’antisémitisme s’est poursuivi en Pologne ensuite, sous d’autres formes, sous le régime communiste…

Il est aussi question dans le débat avec Valère Staraselski du récent projet de loi en Pologne – révisé depuis, puisque une peine de prison n’est plus prévue -, motivé par la volonté de lutter contre l’emploi – abusif et erroné – de l’expression « camps de la mort polonais » pour désigner les camps d’extermination construits par les nazis pendant la deuxième guerre mondiale sur le territoire de la Pologne occupée.

UE 2018-16

Après le plan Borloo sur les banlieues, quelle égalité des territoires dans la République ? Avec Philippe Rio, maire de Grigny.

Philippe Rio est revenu sur l’appel de Grigny. Sur la genèse du plan Borloo et la fin de non-recevoir que le plan Borloo a reçu de la part d’Emmanuel Macron.

Il a rappelé « l’été meurtrier » de 2017 et sa triple peine : 5% de baisse pour les APL, la suppression des contrats aidés qui ont provoqué la mort d’associations : « le plus grand plan social qu’a connu la France, a été celui du monde associatif. Et la baisse des crédits à la politique de la ville.

A partir de cela il y a eu une convergence du monde associatif et du monde politique et il y a eu l’appel de Grigny, qui est arrivé comme cela, un peu par hasard. Grigny a accueilli plus de 1000 personnes pour réfléchir sur les moyens de s’en sortir, et pas que pleurer sur notre sort. 1000 personnes drainés par des mouvements comme Bleu, blanc, zep, Villes et banlieues, Villes moyennes de France.

Dax, Aurillac, Périgueux ont aussi des quartiers populaires. On était tous sur le même diagnostic : la fracture urbaine s’enkyste aussi en province. Il s’est agi d’un mouvement transpartisan, trans géographique, pour dire que dans ces territoires : il y a des solutions !. Malgré ces inégalités, il y a des parcours extraordinaires, des solidarités, des choses magiques.

Malgré la fraîcheur par laquelle  le plan Borloo a été reçu par l’Élysée, on a marqué des points :

1) D’abord dans les têtes : Comment rétablir l’égalité ? Pas avec un petit ministère avec ses 1% de budget. Même diagnostic pour la politique du logement en France.

2) Pour la première fois, sous l’égide de Jean Louis Borloo, qui a mis à notre disposition sa légitimité d’ancien élu municipal (être maire de Valenciennes n’est pas une partie de plaisir) et son carnet d’adresses d’ancien ministre, on a pu prendre la température « pour de vrai » de ce qui se noue :  le phénomène de décrochage social et communautaire qui se met à l’œuvre.

3) Nous avons été beaucoup été médiatisés. Les quartiers populaires ont été souvent invités sur les plateaux TV… non pas parce qu’il y avait des émeutes… non pas pas pour dire « il est où le Molenbeck à la Française ».

À partir du moment où l’on dépasse les identités des partis, cela interpelle, à la fois la classe politique d’en haut, et les médias. BFM TV, par exemple, n’avait pas de relais sur le terrain pour expliquer le fonctionnement des banlieues et les bons fonctionnements à l’œuvre dans une équipe municipale de banlieue. Ils sont venus nous voir. Il y a eu une remise en cause des médias. Nous avons été fièrement et dignement respectés dans la presse et les médias. Pour une fois on a eu des débats justes sur nos banlieues. Cela n’avait jamais existé auparavant.

Alors malgré une partie conclusive décevante dans ses prises de décisions, j’aime à rappeler comme l’a écrit Jean Ziegler que « les murs les plus puissants tombent par leur fissures ». Tous ensemble nous avons commencé à faire des trous dans le mur pour que se fissure l’idée que beaucoup de choses ont été essayées et que rien n’est possible en banlieue.

S.B.

À suivre…