Le centre municipal de santé, une idée moderne (2)

À l’heure où nos villes connaissent une certaine pénurie de médecins, et donc une difficulté d’accès aux soins pour de nombreuses personnes, revient en force l’idée des centres municipaux de santé. Il existe dans notre département plusieurs centres de santé. Lors de la dernière fête de l’Humanité, nous avons réuni pour un débat des professionnels de santé et des élus, impliqués directement dans ces structures. Voici les échanges qui ont eu lieu à cette occasion.

Débat sur les centres de santé municipaux – Fête de l’humanité 

Espace coopératif 95 – samedi 14 septembre 2019

Intervenants

-Pierre Barros, maire de Fosses, où vient de s’ouvrir récemment un centre de santé

-Florelle Prio, maire-adjointe de Bezons, où une telle structure existe depuis longtemps

-Jean-Pierre Deschamps, prothésiste dentaire dans un centre de santé d’Argenteuil

-Docteur Guirec Loyer, Directeur des Services de Santé et de Prévention, Médecin Directeur des Centres Municipaux de Santé à Gennevilliers

-Alain Feuchot, responsable du PCF 95

Animation du débat : Isabelle Volat

débat fête 2I.V. : Vous venez déjà de répondre tous à ma question suivante qui était celle de la collaboration avec les médecins libéraux et vous avez bien montré qu’un centre de santé n’est pas l’affrontement avec la médecine libérale mais au contraire c’est un projet global. Je voudrais qu’on revienne un peu plus précisément sur les financements des centres de santé. C’est un argument qu’on nous oppose à chaque fois, les communes voyant en ce moment leurs finances drastiquement réduites, n’auraient plus les moyens de construire un centre de santé (mais une piscine, oui !). Quels financements existent ? On a entendu tout à l’heure qu’un centre de santé avec des généralistes pouvait être à l’équilibre. Comment peut-on contrer cet argument selon lequel un centre de santé c’est très bien mais c’est trop cher pour les communes actuellement ?

débat fête 11P.B. : Le centre de santé situé à Fosses a une aire de compétence sur les deux villes, mais nous acceptons des gens de partout. Et heureusement ! C’est un projet tout neuf qui a à peine six mois, donc c’est d’actualité par rapport aux financements de l’ARS notamment. C’est à peu près 350 mètres carrés, en centre-ville, sur une place, une pharmacie en face. La localisation est importante, un centre de santé à l’extérieur de la ville ce serait compliqué. En investissement, cela doit coûter à peu près 1,6 million. Au fur et à mesure on travaillait avec la fédération des centres de santé, que je remercie parce que c’est un super point d’appui qui nous aide, nous explique, nous accompagne. C’est une vraie boîte à outils pour la mise en réseau des expériences, pour aller voir comment ça se passe dans d’autres centres en terme de fonctionnement, la fédération nous a beaucoup aidés. Et puis au fur et à mesure qu’on avançait, on s’est aperçu qu’on n’était pas les seuls à travailler sur ce sujet-là, et on a bien vu que l’ARS a changé le curseur assez fortement et ce qui était une participation pas très importante au début a été en fait une vraie bonne surprise à la fin. Grosso modo, les deux villes ont mis au pot dans le cadre d’un syndicat intercommunal qu’on a en commun, et on a réussi à rentrer un peu plus de la moitié de financements extérieurs. C’est comme tout, c’est du boulot, il faut aller chercher le fric, il faut rentrer dans les cases, il faut aller voir les bonnes personnes, il faut s’entourer, rentrer dans un projet qui résonne de manière un peu plus globale que le sujet communal, et à partir de là, on arrive à récupérer des ronds. Ensuite, l’ARS, ce sont des emprunts et aujourd’hui, les emprunts sont intéressants et donc on a un reste à charge qui est tout à fait acceptable même dans le contexte qu’on connaît au niveau des finances locales. Après, se posent les questions de fonctionnement, et c’est un vrai sujet. En fonction du centre, si on y met des dentistes, des spécialistes, ce n’est pas tout à fait la même facture à la fin. Il y a des sujets qui sont rémunérateurs, d’autres moins et c’est un travail d’essayer de construire l’équipe. Nous, on est sur une opération où il y a trois médecins généralistes, une infirmière, une sage-femme, un médecin pédiatre, il y a encore un peu de place, mais jamais on ne mettra en place des dentistes, parce qu‘en terme d’investissement, c’est trop lourd. On est sur une formule qui tend à l’équilibre en terme de fonctionnement. C’est du travail mais on devrait pouvoir y arriver. Ce qui veut dire que pour les collectivités où aujourd’hui, la complexité, c’est de fonctionner, si on se débrouille bien, on arrive à avoir un fonctionnement assez en équilibre. Il faut la charge d’investissement et tout dépend de la capacité de la ville à pouvoir emprunter, ou à disposer, éventuellement, d’un local et de pouvoir le réaménager. Donc, ce n’est pas une question de fric, c’est certainement une question de volonté. Cela ne se fait pas tout seul, on est poussé par des partenaires, par des gens, et parce qu’on a  la préoccupation globale de ces sujets-là. Ce n’est pas une question de pognon, mais par contre, il faut être sacrément affûté et aller chercher les expériences ailleurs pour ne pas faire d’erreurs.

F.P. : Un point important, c’est la volonté. La volonté politique, pour monter un centre de santé. Effectivement, le reste à charge…  On a un tiers-payant quasiment total, c’est-à-dire non seulement la part Sécu mais on conventionne avec énormément de mutuelles, pour éviter aux usagers des centres de faire la moindre avance de frais, ce qui veut dire que derrière, il y a tout un travail administratif lourd à faire, et ce travail-là n’est pas rémunéré à la hauteur où ça coûte à la collectivité. C’est déjà un point essentiel. C’est un choix politique de porter cet axe-là. Il y a également des aspects essentiels et qui ne sont que peu, ou pas, financés : la prévention, par exemple. Quand on a un axe de prévention santé, qu’on développe notre centre de santé avec une chargée de mission, quand on demande aux médecins sur des demi-journées, de ne pas faire leurs consultations, donc pas de recettes, mais de faire des interventions dans le lycée ou les collèges de la ville, forcément, comme il y a moins de recettes, il y a un reste à charge pour la collectivité. Et on peut développer la même chose pour les infirmières, pour les dentistes, qui participent aux actions de prévention sur la ville. Il y a également le fait qu’on a fait le choix d’avoir des paramédicaux, on l’a évoqué, grosso modo, la médecine générale s’équilibre, mais pour les paramédicaux, c’est beaucoup moins le cas. Les actes infirmiers rapportent tellement peu dans la cotation qu’une infirmière qui va prendre le temps d’accompagner son patient, d’expliquer, de voir le contexte social, forcément ce n’est pas rémunéré par les actes à la hauteur du temps passé. Il y a forcément un reste à charge pour la collectivité. Quand on fait le choix d’avoir un kiné à domicile, ça a aussi un coût pour la collectivité parce que pareillement, les actes ne sont pas reconnus à la hauteur du temps passé. Ce sont des choix qu’on fait sur notre ville. Des choix politiques. Est-ce qu’un service public de santé doit forcément être à l’équilibre ? La question est là. La collectivité porte aussi d’autres secteurs qui ne sont pas à l’équilibre et coûtent à la collectivité mais c’est le sens même du service public. Tout dépend donc de ce qu’on met dans la coquille du centre de santé. Pour ce qui est de Bezons, on défend que le centre a aussi un axe de prévention important, qu’il y a aussi des soins à domicile. Tout cela, forcément il y a un coût derrière. Depuis le dernier accord national, il y a eu des efforts de faits au niveau des financements et on a des soutiens de l’ARS, des rémunérations, des aides au fonctionnement qu’on n’avait pas il y a quatre ou cinq ans. Cela a quand même aidé à améliorer les choses. Il y a encore un long chemin à parcourir, il y a aussi à former les professionnels sur la cotation des actes, c’est un grand champ de travail. Car selon comment l’acte est coté, en faisant la même chose cela ne rapporte pas du tout la même somme à la ville. On en vient à parler de l’ONDAM (objectif national des dépenses de l‘assurance-maladie). C’est une enveloppe fermée, en discussion chaque année début octobre. Si on ne veut pas mettre des sommes du budget de l’État à la hauteur des besoins de santé de la population… Si chacun cote mieux, à la fin de l’année, il y a des baisses de tarifs, pas de miracle là-dessus. La santé, ne l’oublions pas, c’est aussi une bataille sur les questions de fond, des choix de société.débat fête 10.jpg

G.L. : Sans basculer dans un optimisme béat, j’ai été appelé par l’ANAP, agence nationale d’appui à la performance, ces gens-là s’intéressent aux centres de santé de près et sont mandatés par le ministère de la santé et par l’ARS Île-de-France. Autrefois, il fallait forcer leurs portes, aujourd’hui on nous invite, voire même pour participer à une enquête de l’ANAP. Pourquoi ? Parce qu’ils sont en train d’essayer de voir quel est le modèle idéal d’un centre de santé et quelles sont les missions qu’il s’agirait de financer. Effectivement, le financement de la prévention est une vraie question. J’ai la chance d’avoir un adjoint qui est spécialiste de la chasse aux subventions, et on arrive à peu près à équilibrer le  service prévention, ce qui pour moi est une grande première, jamais arrivé. On a un président de la République et une ministre de la santé qui nous disent «c’est génial ce que vous faites au niveau des collectivités locales pour la santé et on pense de plus en plus vous déléguer ce gente de tâches» et en même temps le camarade Macron nous colle la contractualisation, ce qui veut dire qu’il gèle le budget de fonctionnement des villes, sinon on paye une amende ! Il faut qu’on m’explique la cohérence. Il n’empêche que le ministère de la santé aujourd’hui et l’ARS IDF veulent dégager un modèle économique viable pour les centres de santé. Il faut le faire savoir, c’est plutôt une bonne nouvelle.

I.V. : Vous venez d’insister sur tout ce qui concerne la prévention. C’est un domaine dans lequel la médecine libérale n’intervient pas, on voit donc bien le plus que peut apporter un centre de santé dans ce domaine. Si l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance comme disait quelqu’un. Peut-on dire la prévention, cela coûte cher, essayez la maladie ?

À suivre…

Le centre municipal de santé, une idée moderne (1)

À l’heure où nos villes connaissent une certaine pénurie de médecins, et donc une difficulté d’accès aux soins pour de nombreuses personnes, revient en force l’idée des centres municipaux de santé. Il existe dans notre département plusieurs centres de santé. Lors de la dernière fête de l’Humanité, nous avons réuni pour un débat des professionnels de santé et des élus, impliqués directement dans ces structures. Voici les échanges qui ont eu lieu à cette occasion.

débat fête 1

Débat sur les centres de santé municipaux – Fête de l’humanité 

Espace coopératif 95 – samedi 14 septembre 2019

Intervenants

-Pierre Barros, maire de Fosses, où vient de s’ouvrir récemment un centre de santé

-Florelle Prio, maire-adjointe de Bezons, où une telle structure existe depuis longtemps

-Jean-Pierre Deschamps, prothésiste dentaire dans un centre de santé d’Argenteuil

-Docteur Guirec Loyer, Directeur des Services de Santé et de Prévention, Médecin Directeur des Centres Municipaux de Santé à Gennevilliers

-Alain Feuchot, responsable du PCF 95

Animation du débat : Isabelle Volat

Pourquoi ce débat ? Trois raisons

Tout d’abord, parce que dans nos villes, nous connaissons des déserts médicaux, car la pénurie généralisée de médecins se fait sentir sur tout le territoire, et pas seulement dans les campagnes. La population est confrontée à des difficultés toujours plus importantes pour consulter généralistes et spécialistes. L’accès aux soins devient une préoccupation majeure pour de nombreuses personnes. Face à cela, les citoyens ont tendance à se tourner vers leur maire, même si celui-ci n’a ni prérogatives, ni ressources spécifiques pour répondre à ces besoins. Mais grâce au principe de compétence générale, les collectivités peuvent intervenir. Pour toutes ces raisons, la santé sera sans nul doute un élément important des prochaines élections municipales de mars 2020.

Deuxième raison : les centres de santé sont une solution originale et efficace, avec des médecins salariés, qui pratiquent le tiers-payant, sans dépassements d’honoraires, qui travaillent en collaboration. Les centres de santé sont des structures publiques, contrairement aux maisons médicales privées. Donc les centres de santé peuvent apporter une réponse plus cohérente et plus originale aux problèmes de santé.

Troisième raison : dans notre département existent des expériences originales mais même nous, nous les connaissons assez mal. Il y a des villes, à direction communiste ou apparentée, qui ont implanté de longue date comme Bezons, un centre de santé. D’autres l’ont fait plus récemment, d’autres sont en train de finaliser leur projet comme à Cergy.  Pourtant, même parmi notre réseau proche, ces réalisations restent mal connues. Il nous a semblé indispensable de faire connaître et de partager ces expériences  diverses.  Et pourquoi pas, à l’approche des municipales 2020, de susciter de nouveaux projets ?

I.V. : Pouvez-vous chacun, présenter dans ses grandes lignes, votre centre de santé particulier ?

Florelle Prio : Le centre de santé de Bezons est bientôt centenaire ! Les centres de santé, c’est un marqueur important des villes de gauche, une tradition dans les villes communistes. À présent, on voit que de tout horizon, on s’intéresse aux centres de santé. À Bezons, il y avait au départ un dispensaire et  même avant, un centre d’hygiène. Ce sont les lois sociales de 1928 qui ont permis le dispensaire qui plus tard a évolué vers un centre de santé. C’est un centre polyvalent : médecine générale, qui est le cœur de l’offre de soins, et des spécialités par le biais de vacations, un pôle dentaire et un pôle paramédical avec infirmières, kinés, kinés à domicile, donc une offre assez large et variée. Si on voit que les centres de santé sont aujourd’hui incontournables dans le paysage de l’offre de soins, et que c’est souvent un des rares accès aux soins pour la population, c’est aussi hérité de la politique nationale et des différentes politiques de santé qui se sont succédé depuis des décennies. Le blocage du numérus clausus et les modes d’exercice font que les jeunes médecins maintenant n’ont pas forcément envie de s’installer en cabinet libéral. Ils s’adressent plus facilement vers une offre et une pratique pluri-professionnelle, sur des regroupements de professionnels. Dans un centre de santé, ils peuvent vraiment se consacrer à leur pratique professionnelle puisque déchargés de tout ce qui est tâches administratives. C’est particulièrement important et ils ont un cadre de travail qui est règlementé, qui leur permet d’avoir à côté une vie personnelle, sociale, culturelle… ce que tout le monde est en droit d’attendre : on est bien loin du sacerdoce de la médecine d’il y a quarante ou cinquante ans. L’image doit évoluer. Tout cela fait que nos centres de santé sont attractifs. Avoir un centre de santé, c’est aussi permettre à tous les gens bénéficiaires de CMU, retour aux droits, d’avoir une offre de soins et d’être accueillis dans des consultations, ce qui est souvent difficile dans les cabinets en médecine libérale. On le constate très souvent.

Pierre Barros : La réalisation d’un parcours de santé c’est presque un parcours du combattant, au moins une démarche partenariale. Cela démarre souvent par quelque chose d’assez douloureux : des médecins de 60 ou 70 ans viennent voir le maire en disant qu’ils partent en retraite et demandent à la ville de racheter leur cabinet médical. Cela démarre donc par une offre de santé portée par des professionnels libéraux qui n’ont pas forcément assuré le renouvellement. C’est déjà un problème qu’on vienne voir les élus quand le système ne marche plus ! Il y a un dysfonctionnement du côté du privé : c’est le public local qui récupère le problème. Face à ça, à Fosses, avec les élus de Marly la Ville, on a décidé d’agir et de racheter le cabinet médical pour conserver une offre de soins car en quelques années, on passait de dix médecins à deux, et à la fin à plus personne car le report de patientèle sur deux médecins est tel que cela n’est pas tenable. La première étape a été de racheter le cabinet médical via l’intercommunalité et on a réuni ensemble les professionnels de santé, médecins, spécialistes, infirmières, en posant le problème, en invitant l’ARS, les syndicats de professionnels, le Conseil de l’ordre, pour faire un état des lieux et de la situation, du paysage médical, de l’offre de soins sur le territoire. On s’est aperçu qu’il fallait travailler avec tout le monde. La décision du centre municipal de santé est venue au fur et à mesure, toujours avec Marly-la-Ville puisqu’il existe une proximité importante. Le centre de santé était le chaînon manquant du parcours de santé sur le territoire, complémentaire à l’exercice libéral de la médecine. En travaillant comme cela, on a réussi à embarquer avec  nous un ensemble de médecins qui continuent aujourd’hui à exercer sur la ville de Fosses. C’était important parce qu’on avait aussi besoin d’eux pour éviter de se retrouver dans un fonctionnement en concurrence et de permettre aux médecins libéraux qui étaient prêts à partir de rester et de construire leur propre projet. On a donc construit une solution municipale intercommunale d’un service public de santé. L’impulsion portée par un travail à l’échelle publique tire aussi des initiatives privées et cela permet de répondre ensemble par une solution globale d’offre de santé sur le territoire. C’est une belle expérience même si c’est compliqué avec les intérêts des médecins, des médecins parfois en burn-out. C’est parfois douloureux de gérer cela. Maintenant cela se passe bien avec les médecins généralistes, moins avec les spécialistes parce que le centre de santé « déstabilise un peu  le marché ». Bref, une belle expérience de « co-construction » entre public et privé  pour un objet de santé publique.

Guirec Loyer : Je ne suis plus dans le 95 en tant que praticien depuis deux ans. Je suis directeur de la santé de la ville de Gennevilliers. J’ai la chance d’être dans une ville qui a eu les moyens de tout temps de porter un programme de santé très ambitieux. Depuis le Front populaire, il y a un énorme centre de santé et aujourd’hui on doit avoir la plus grosse structure municipale d’Île-de-France. Quelque chose de très important pour aller dans le sens de Florelle Prio et Pierre Barros, s’il y a un déficit de l’offre libérale, historiquement quand on discute avec l’ordre ou l’union régionale des praticiens de santé, qui sont des instances libérales, ils sont représentés par de vieux médecins qui sont complètement hors-sol et qui n’ont plus rien compris à ce qu’est la médecine actuelle, à savoir que les jeunes veulent bosser ensemble et être salariés. Cela explique le non-remplacement des médecins libéraux. Les quelques-uns qui veulent encore travailler sur le secteur, voire monter une maison de santé, ce n’est pas possible s’ils sentent que la charge de travail va être trop énorme. Gennevilliers a une spécificité, c’est qu’on a signé une convention avec l’assistance publique des hôpitaux de Paris et qu’on est la seule offre de spécialités en secteur 1 sur tout le territoire. Ce qui fait qu’on est une ressource pour les médecins libéraux avec lesquels on a signé une charte d’exercice de la médecine sur Gennevilliers, ce qui fait que même les libéraux à Gennevilliers pratiquent le tiers-payant, sont au tarif opposable de la Sécu et le centre de santé est le lieu où les médecins libéraux ont leur recours pour tous les avis spécialisés. On travaille en bonne intelligence. Aujourd’hui on se fait un peu tordre le bras par l’agence régionale de santé qui veut qu’on monte «des communautés professionnelles territoriales de santé».  Ça veut dire que pour mieux organiser les parcours de soins des patients, coordonner la ville, l’hôpital, le médico-social… on va être obligés de bosser avec les médecins libéraux, et cela va être partout le cas. Dans des villes comme la nôtre où ça se passe bien, ça va être assez simple, visiblement sur Fosses, ça ne devrait pas poser trop de difficultés mais j’ai connu des villes, dans de précédents postes, quand j’avais été reçu par le représentant local de l’ordre, il m’avait expliqué que je n’étais pas le bienvenu, parce qu’on était des concurrents à la médecine libérale.  À Bezons, la médecine libérale a perdu 70% de ses effectifs durant les six ans où j’étais sur place, et la seule offre qui soit organisée sur Bezons est le centre de santé. Il faut vraiment qu’on travaille sur ces structures-là. Par ailleurs, j’ai été secrétaire général-adjoint de la fédération nationale des centres de santé et j’étais chargé d’accompagner les porteurs de projets. Dans toutes les villes où il y a eu des tentatives de maisons de santé, où la ville a racheté les murs des libéraux pour essayer de sauver la mise, les équipes sont parties en retraite quand même, personne n’est venu parce qu’une maison de santé, ça ne se décrète pas, c’est une « démarche entrepreneuriale », ce sont des gars qui décident de bosser ensemble et le pouvoir politique local n’aura jamais aucun pouvoir pour déclencher des politiques de santé publique chez des médecins libéraux. Le centre de santé est la solution. Dans toutes ces villes où je suis allé, de la Sarthe à la Haute Normandie, cela s’est toujours terminé par un projet de centre de santé ensuite, mais en ayant perdu cinq ou six ans. Quant à l’équilibre économique des centres de santé, on est porteurs de structures très anciennes comme à Bezons ou Gennevilliers, où il y a eu des choix politiques forts, qui étaient de mettre des spécialités en sachant très bien qu’on allait perdre de l’argent. Une infirmière en centre de santé ne rapporte pas. Un kiné non plus, surtout quand il fait du domicile. Donc effectivement, c’est un vrai choix politique que de porter un centre de santé. Mais comme on porte une piscine ! Mais aujourd’hui on sait construire des centres de santé avec de la médecine générale qui seraient à l’équilibre économique. Il faut promouvoir ce genre de structures, il faut en faire parler, parce qu’elles sont encore beaucoup trop méconnues.

Jean-Pierre Deschamps : Je rejoins ce qui s’est dit. Les centres de santé sont le fruit d’un choix politique. En Île-de-France, j’étais secrétaire du syndicat des personnels dentaires, prothésistes et assistantes. Dans le Val de Marne, la Seine-Saint-Denis, les Hauts de Seine et le Val d’Oise, là où il y a des élus communistes et de gauche, se créent et se maintiennent les centres de santé. Je suis à présent retraité mais je travaillais il y a dix ans au centre de santé d’Argenteuil. Dans les années 70 quand j’ai démarré au labo de prothèse, on était 17 et aujourd’hui c’est divisé par cinq. C’est vraiment un choix politique parce qu’à Argenteuil est venu à un moment donné un certain Manuel Valls, qui était élu à la santé. Il y a deux centres de santé à Argenteuil, en centre-ville et une annexe au Val nord. Et quand il passait dans le centre, il disait qu’on était beaucoup trop nombreux, qu’il fallait faire des coupes, des réductions de budgets mais n’a jamais été capable de nous dire quels services il voulait supprimer. On savait que c’était les kinés et le labo de prothèse. Donc c’est un combat et une volonté politique.

Alain Feuchot : Je vais citer un exemple qui est un peu différent de tout ce qui vient d’être exprimé par les élus et professionnels de santé. C’est celui de Franconville. Lorsque la municipalité a été gagnée par une liste de rassemblement d’union autour d’Annie Brunet, communiste, a été mis en place un projet et réalisé un centre de santé. Malheureusement, la municipalité a été battue à la fin du premier mandat et celui qui est devenu maire, très longtemps, député, sénateur, monsieur Delattre, a tout fait pour essayer de se débarrasser de ce centre de santé, il l’a dévitalisé. Les habitants de Montigny-lès Cormeilles, qui jouxte Franconville, et qui fréquentaient le centre de santé, et bien il a décidé que le centre de santé était municipal et que donc les non-résidents à Franconville n’y avaient plus accès, ce qui est totalement illégal. Et puis s’est créée au début des années 2000 une communauté de communes, puis une communauté d’agglomération. Monsieur Delattre a voulu se débarrasser de la gestion du centre de santé, et en proposant à l’ensemble des collègues de l’interco d’avoir une compétence supplémentaire pour gérer le seul centre de santé qu’il y avait sur l’interco. Donc ce centre est dévitalisé, avec une toute petite voilure et il perd complètement de sa vitalité et de son essence. Et donc on peut aussi, par choix politique, tuer un outil de proximité. C’est un contre-exemple, un autre choix politique. C’est un projet qui doit s’inscrire dans une démarche pour la justice et le droit à la santé pour tous. C’est un petit clin d’œil à nos collègues de Cergy, qui portaient, dans la campagne des municipales de 2014, ce projet phare de la liste qu’ils conduisaient au premier tour, liste de rassemblement, avec celui qui est devenu le maire : ce projet va voir le jour, concrètement, en 2020, un projet municipal. Peut-être n’a-t-on pas été assez audacieux pour en faire un projet de l’agglo ? Et donc à Cergy, avec le maire socialiste, avec son adjointe communiste, va se réaliser un centre de santé municipal. On peut aussi, même quand on n’est pas à la direction directe des affaires, mais dans une majorité, porter des projets de ce type.

À suivre…

Vive le marché !

« Vive le marché ! »

Expression à prendre à prendre au pied de la lettre…  Il est temps de prendre des mesures pour que notre marché municipal « vive ». Il y a urgence. Nous avons, en tant qu’élus, rencontré et écouté les commerçants, et avancé des propositions pour une redynamisation de ce commerce essentiel à la vie locale. Nous nous sommes adressés au maire : voici notre courrier, accompagné d’une « lettre ouverte« .

Monsieur le maire,

À la veille d’une nouvelle réunion entre la ville, les représentants des commerçants du marché et le concessionnaire, nous souhaitons vous redire notre inquiétude sur l’avenir de notre marché municipal, et vous rappeler nos propositions, déjà avancées à plusieurs reprises dans différentes instances municipales. Nous jugeons qu’elles sont susceptibles d’assurer une redynamisation de ce lieu commercial essentiel à la vie de notre commune. Elles sont détaillées dans la lettre ci-jointe.

Nous publierons ensuite ce courrier sous forme de lettre ouverte.

Cordialement,

Stéphane Bauer, Isabelle Volat

lettre ouverte marché 1

lettre ouverte marché 2

Utiles !

fruits et légumes.jpg 2.jpgCe matin 19 octobre 2019, les communistes gratiennois (et quelques-uns de leurs amis qui partagent avec eux certaines idées…) organisaient pour la troisième année une vente solidaire de fruits et légumes.

Non, nous ne nous transformons pas en marchands de primeurs ! Il s’agit d’une action militante ponctuelle, visant à montrer qu’il est possible de soutenir une agriculture locale, tout en assurant aux consommateurs une alimentation saine au prix juste.

Au centre commercial des Raguenets ont donc été vendus 240kg de pommes, pommes de terre, carottes, oignons… issues des cultures d’un maraîcher et d’un arboriculteur du Val d’Oise pratiquant une agriculture raisonnée. Légumes récoltés le jeudi, vendus à prix coûtant le samedi : qui dit mieux ? Tout au long de la matinée, les Gratiennois sont venus profiter de cette occasion de se nourrir sainement, localement, à prix modéré. Ils apprécient et nous l’ont dit. Une bonne occasion aussi pour échanger sur la vie locale en cette période pré-électorale. Logement, commerce, circulation, coupure entre les quartiers, vie culturelle, démocratie locale… autant de sujets qui souvent interrogent, préoccupent ou mécontentent. Les discussions ont porté aussi sur des thèmes plus généraux, comme le référendum sur la privatisation d’ADP. On y revient prochainement ici. Deux journalistes de la presse locale avaient aussi fait le déplacement.

fruits et légumes 2019-11

Un mot sur le centre commercial des Raguenets. La rénovation réalisée ces dernières années n’a visiblement pas servi à la revitalisation des commerces. La plupart des locaux sont fermés et en ce début de week-end, l’endroit est assez désert. Seules quelques rares boutiques voient arriver un peu de clientèle. Maison des services publics, espace jeunes sont évidemment fermés en fin de semaine, les locaux de l’ancienne poste sont restés inutilisés : tout ceci ne concourt pas à dynamiser le centre commercial, et à le rendre attractif.

Précisons enfin que nous ne sommes pour rien dans la fermeture définitive du magasin de primeurs ! Il n’y a que le maire pour nous attribuer des pouvoirs exceptionnels dans le domaine du commerce. Il croit en effet que notre vente solidaire, annuelle rappelons-le, nuit au commerce local en apportant une concurrence déloyale puisque nous vendons à prix coûtant. Il nous a refusé, pour la troisième fois, l’autorisation municipale que nous avions sollicitée, au motif que notre initiative risquerait de nuire à la revitalisation du marché municipal !

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Il est vrai que nous sommes attachés à notre marché : on revient ici prochainement sur nos propositions à ce sujet. Mais quant à croire que notre modeste vente ait une quelconque influence sur l’activité du marché Hémonnot… c’est bien mal connaître la sociologie de la ville ! Actuellement bien peu d’habitants des Raguenets fréquentent le marché de Saint Gratien, tant pour des questions d’éloignement géographique que de pouvoir d’achat…. Ils se dirigent plus volontiers vers le marché voisin du quartier argenteuillais de Joliot-Curie. Notre vente n’avait pas pour but de concurrencer le commerce local, nos « clients » d’un jour l’ont bien compris. Même si certains nous sollicitent pour une vente hebdomadaire !

Un marché aux Raguenets, offrant des produits locaux à un prix abordable ? Voilà une idée constructive, que nous soumettons à la municipalité !  

Enfin, non seulement nous n’avons « concurrencé » aucun commerce, mais nous avons à notre modeste échelle, contribué à l’animation du centre commercial, et même apporté une clientèle nouvelle aux magasins voisins, puisque certains de nos acheteurs, venus spécialement via notre invitation, une fois fait le plein de fruits et légumes, ont poursuivi leurs achats à la boulangerie toute proche, ou encore à la maison de la presse…  

Un peu d’activité, fût-elle politique, ne nuit pas au commerce… bien au contraire ! 

Une initiative qui monte, qui monte…

En 2017, nous avions vendu 150 kg de fruits et légumes. En 2018, 200 kg et cette année 242kg…  La solidarité plaît, qu’on se le dise ! 

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Vente solidaire

Pour la troisième année consécutive, les communistes de Saint Gratien organisent  une vente solidaire dans le quartier des Raguenets.

Fruits et légumes, produits en « agriculture raisonnée » par un maraîcher et un arboriculteur du Val d’Oise, seront vendus à prix coûtant : pommes de terre, carottes, oignons, pommes, potimarrons, poireaux, butternut, choux-fleurs…

Consommer des produits locaux, de qualité, à prix abordables, c’est possible !

Cela se passe samedi 19 octobre 2019 à partir de 10 heures, devant les locaux de l’ancienne poste annexe.

Sollicitée pour une autorisation municipale, la mairie ne nous a pas répondu à ce jour.

flyer fruits et légumes 2019

 

Différents des autres

Ian Brossat : « Les élus communistes sont des élus différents des autres. »

L’Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR) tenait son congrès les 4 et 5 octobre. À l’heure de la mise à mal de l’échelon communal et à six mois des élections municipales, ces milliers d’élus locaux ont débattu des meilleurs moyens d’améliorer la vie au quotidien.

Ian Brossat, adjoint au maire de Paris, vient d’être élu président de l’ANECR. Il revient sur le rôle que les élus communistes entendent jouer face à la crise sociale et démocratique.

Entretien paru dans l’« Humanité Dimanche » (Les passages en gras sont soulignés par le blog.)

ian brossat 2019.jpgPouvez-vous nous présenter l’ANECR ?

C’est une association d’élus qui regroupe l’ensemble des élus communistes et partenaires, membres du PCF ou partageant avec lui des valeurs communes, qui œuvrent au quotidien dans les territoires. C’est une organisation d’élus importante qui en rassemble 6 700, dont 700 maires. L’ANECR a un double rôle : d’abord, celui d’aider les élus de la famille communiste à élaborer et défendre des positions communes sur les sujets d’actualité. Ensuite, l’ANECR a un rôle à jouer en menant un certain nombre de combats pour obtenir des avancées concrètes. Les élus communistes se sont, par exemple, illustrés récemment en adoptant dans un grand nombre de collectivités des arrêtés contre le glyphosate et l’utilisation des pesticides. Je suis convaincu que nous devons amplifier ces combats communs et donner plus de visibilité aux actions que nous menons parfois chacun dans notre territoire.

Y a-t-il encore une spécificité des élus communistes ?

Bien sûr ! D’abord, par leurs actions, la nature des politiques qu’ils mènent, les élus communistes sont des fabricants de progrès social au quotidien. Ils sont reconnus pour leur combativité à développer le logement social, les vacances pour tous et les dispositifs solidaires… Je note d’ailleurs qu’un certain nombre d’équipements publics que nous avions mis en place il y a des dizaines d’années, vus comme ringards, sont aujourd’hui à nouveau considérés comme des solutions d’avenir. Je pense par exemple aux centres de santé avec des médecins salariés. C’est une solution qui s’impose dans un nombre croissant de communes confrontées à la désertification de médecins.

Il y a aussi nos pratiques qui font que les élus communistes sont des élus différents des autres. Un élu communiste ne s’enrichit pas au travers de son mandat et, dans un contexte où il y a une très grande défiance vis-à-vis des élus, c’est un point très important. En termes de démarche citoyenne, les premières pratiques de démocratie participative, de budget participatif, ce sont les villes à direction communiste qui les ont menées. Enfin, les élus communistes transmettent aussi un certain nombre de valeurs. On ne vit pas de la même manière dans une ville dirigée par un maire communiste, progressiste, que dans une ville dirigée par un maire de droite. À Levallois-Perret, on a été frappé de voir beaucoup d’habitants soutenir Patrick Balkany. C’est le cas parce qu’un maire qui promeut des pratiques clientélistes finit par provoquer des réflexes clientélistes. Les élus communistes, eux, transmettent des valeurs qui sont à l’opposé de ça.

On assiste à une défiance de plus en plus marquée vis-à-vis des élus, comme l’a encore montré le mouvement des gilets jaunes, comment y faire face ?

Cette défiance existe, elle est forte et elle est à l’évidence liée aux pratiques du pouvoir à l’échelle nationale. Ces dernières ont déçu au cours des dernières décennies. Cette défiance est aussi liée à la multiplication de scandales engendrés par un usage illégal de l’argent public. Cette défiance est là. Pour autant, elle concerne moins les élus locaux que les autres. Je ne dis pas que les élus locaux y échappent totalement. Mais, dans un paysage politique dévasté, quand on interroge les Français, les élus locaux restent un recours. D’abord, parce que, malgré les nombreuses contraintes qui pèsent sur eux, ce sont eux qui développent les services publics de proximité. Leur mandat fait également qu’ils demeurent à portée de « baffes », qu’ils sont les plus accessibles pour les populations. C’est la raison pour laquelle nous, élus communistes, sommes très attachés à l’échelon communal qui est l’échelon de base dans lequel s’exerce la démocratie.

Après les différentes réformes et politiques budgétaires, les élus à l’échelon local ont-ils encore des marges de manœuvre ?

L’échelon communal est aujourd’hui doublement attaqué. Sur le plan institutionnel avec le développement des intercommunalités et des logiques de plus en plus bureaucratiques. Et sur le plan budgétaire avec des dotations aux collectivités territoriales qui ont été sabrées par les gouvernements successifs (moins 13 milliards sous Hollande et moins 13 milliards sous Macron). Ce qui est frappant, c’est de voir que, malgré toutes ces contraintes, les collectivités locales continuent à innover, continuent, grâce à leur créativité, à mettre en place de nouveaux services publics, et les maires communistes, les élus communistes de manière générale, en apportent la démonstration tous les jours. En travaillant sur des circuits courts pour les cantines scolaires, en menant des politiques de l’enfance qui sont particulièrement ambitieuses ou en se battant pour la gratuité des transports en commun, parfois avec succès. Et c’est ce qui fait à mon sens que les élus locaux continuent à bénéficier d’une confiance plus importante de la part des populations que les élus nationaux

Quelles sont vos ambitions pour les municipales de mars 2020 ?

D’abord, renforcer notre rang, renforcer nos positions, notre influence, non pas parce qu’il s’agirait de se battre pour des places – comme je l’entends parfois –, mais parce que nous sommes convaincus que les élus locaux jouent un rôle indispensable dans le contexte de crise économique, sociale et politique que nous traversons aujourd’hui. Il faut voir ce qu’ambitionne le pouvoir macroniste au travers des élections municipales : au moment du mouvement des gilets jaunes, celui-ci a subitement redécouvert les maires, mais avec l’ambition d’en faire les relais de sa politique dans les communes, celle de les transformer en perroquets du pouvoir.

Donc, toute la question est de savoir si, demain, nous aurons des maires ou des préfets. Est-ce qu’on aura des maires qui se battront et qui mettront en place des politiques solidaires, ou est-ce qu’on aura des maires qui auront le doigt sur la couture du pantalon, prêts à appliquer les consignes du pouvoir national ? Il est très important que nous disposions, demain, d’élus en nombre dans les conseils municipaux et aussi, bien sûr, des élus en situation de diriger des conseils municipaux. Nous y défendrons le cadre communal, le développement du service public de santé ou du logement, ou encore la gratuité des transports, qui s’inscrit dans notre double ambition sociale et écologique en conjuguant fin du monde et fin du mois.

J’ajoute qu’à mon sens, le meilleur antidote contre l’extrême droite, ce sont les politiques que nous menons à l’échelle locale et c’est la confiance que nous réussissons à tisser avec les populations, notamment les plus modestes qui subissent le plus les politiques libérales désastreuses menées à l’échelle nationale.

Entretien réalisé par Cédric Clérin

Solidarité avec le peuple kurde

kurdes 2Le PCF appelle l’ensemble de ses militant-e-s, et l’ensemble des forces démocratiques de notre pays à participer massivement aux manifestations de solidarité et de soutien aux Kurdes et à la population du Rojava, ce samedi 12 octobre

En violation du droit international, le régime d’Erdogan, accompagné de mercenaires djihadistes, a lancé l’assaut contre les forces démocratiques syriennes dans la province du Rojava, Kurdistan syrien, mercredi soir. Cet acte de guerre a déjà commencé à provoquer la mort de civils ; des dizaines de milliers d’habitant-e-s des villes pilonnées doivent fuir leur foyer pour échapper à la mort.

L’islamo-conservateur et ultranationaliste Recep Tayyip Erdogan avec l’aval de Donald Trump justifie aujourd’hui la guerre d’anéantissement, le véritable nettoyage ethnique visant les Kurdes. Erdogan entend aussi remettre en selle l’organisation de l’État islamique et les groupes djihadistes qu’il soutient depuis longtemps.

Cette offensive militaire turque viole la souveraineté et l’intégrité du territoire syrien déjà compromises ; elle conforte aussi le dictateur Bachar El-Assad.

Les Kurdes et les contingents YPG et l’armée démocratique syrienne qu’ils forment avec des groupes de résistants syriens sont les artisans de la lutte contre l’État Islamique, ils sont les vainqueurs de la bataille de Kobané, ils ont sauvé la vie à des dizaines de milliers de Syriens, de kurdes Yézidis martyrisés en Irak. Les femmes et les hommes kurdes du Rojava constituent un rempart à la barbarie et l’obscurantisme.

Le monde entier leur en est à jamais redevable. Le Conseil de Sécurité de l’ONU doit placer les Kurdes, la population du Rojava, sous protection internationale.

L’action de la France et des pays européens pour une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, si elle est la bienvenue, n’efface pas pour autant pas les mois d’attentisme et de silence complice alors que la menace de l’invasion turque était connue, et nombreux, kurdes, Syriens ou Français, à alerter sur l’imminence de l’opération militaire d’Erdogan.

La Turquie étant, après les États-Unis l’armée la plus importante en hommes et matériels de l’OTAN, c’est sans doute la raison pour laquelle les dirigeants européens des pays membres de l’OTAN se sont distingués ces dernières années par leur manque de courage et leur hypocrisie face aux visées expansionnistes et destructrices du sanguinaire Erdogan.

Les troupes de l’armée d’Erdogan doivent quitter le Rojava.

Le PCF appelle la France et l’Union européenne à prendre des sanctions contre la Turquie pour contraindre Erdogan à stopper son invasion.

Immédiatement, le PKK de Turquie doit être retiré de la liste des organisations terroristes.

Rassemblement prévu samedi 12 octobre à Paris, 14h, place de la République

Écouter l’appel de Ian Brossat, Président de l’Association Nationale des Élu·e·s Communistes et Républicains, à soutenir le peuple kurde.

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Saint Gratien en 2030

Dans à peine six mois, se dérouleront les élections municipales. Une étape cruciale dans la vie locale.  Le mandat 2020-2026 construira la ville de 2030.

Et si vous donniez votre avis ?

Services publics, politique de santé, transition écologique, offre culturelle, démocratie participative, solidarité, commerces, tarifs des services…. sur toutes ces questions qui font notre vie quotidienne à Saint Gratien, qui mieux que les habitant.e.s ont leur mot à dire ?

Élus en 2014 sur la liste « Saint Gratien solidaire et citoyen », nous vous faisons partager nos premières propositions et nous attendons votre opinion. Contactez-nous via ce blog ou venez nous rencontrer sur le marché municipal tous les dimanches matins ! 

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D’autres propositions ? Exprimez-les !

Trésors de banlieue !

À partir du 4 octobre et jusqu’au 30 novembre, la ville de Gennevilliers accueille les Trésors de Banlieues, une exposition d’envergure nationale rassemblant 260 œuvres.

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L’art en banlieue existe, nous l’avons rencontré ! Les villes de banlieue ont toujours eu à cœur d’imaginer et de construire des relations fructueuses entre artistes et habitants à travers des résidences, des expositions et des acquisitions. Au fil des années se sont ainsi constitués de véritables trésors de banlieues. Jamais les habitants n’ont pu mesurer dans son ensemble l’importance de ces trésors, admirer l’extrême diversité et la qualité incroyable es œuvres et collections acquises depuis des décennies par chacune des communes.

Une collection exceptionnelle ouverte à tous

De Chagall à Miss.Tic, de Caillebotte à César, de Léger à Di Rosa…
Le principe de ce grand événement est totalement inédit puisqu’il rassemble les œuvres des fonds d’art, très souvent méconnues, constitués, au fil des années par les communes d’Ile-de-France et même au-delà. Plus de 50 collectivités ont ainsi répondu avec enthousiasme à ce projet et ont accepté de prêter leurs « trésors » pour les faire découvrir et partager en premier lieu aux Franciliens et plus largement aux amateurs et aux experts de la France entière.

L’art sous toutes ses formes

Exposition hors du commun, elle se déroulera dans un écrin exceptionnel puisque ce sont les 3 000 m2 de la Halle des Grésillons à Gennevilliers, réhabilitée dans son usage par l’architecte Patrick Bouchain, qui révèleront au grand public dessins, peintures, photographies, sculptures, céramiques, tapisseries et livres d’artistes – un parti-pris de programmation pluridisciplinaire impulsé par Noël Coret, Commissaire général de l’exposition pour lequel la Fraternité des Arts implique la mise à l’honneur de toutes les pratiques artistiques -. La scénographie de l’exposition est réalisée par Guillaume Lanneau et Bruno Charzat, du collectif Au Fond à Gauche.

Deux siècles de création

En plus de la présence exceptionnelle de deux peintures d’église du XVIIe siècle italien et flamand, les visiteurs pourront parcourir les étapes qui ont marqué l’évolution de l’art moderne, de la fin du XIXe siècle à nos jours. De Caillebotte à Chagall, de Valtat à Léger, de Kijno aux bijoux d’Elsa Triolet, de Doisneau à Ronis, de Picabia à Di Rosa, les courants artistiques du siècle dernier défilent sous nos yeux : impressionnisme, fauvisme, cubisme, courant réaliste témoignant des paysages de la banlieue et de ses habitants, abstraction, jusqu’aux différents courants de l’art contemporain, de la figuration narrative au street art. L’art contemporain ne sera pas isolé et c’est là l’une des originalités de l’exposition : il prendra sa place tout naturellement parmi toutes les œuvres dans la chronologie de l’histoire de l’Art, l’avant-garde devenant nécessairement… le patrimoine de demain !

Entrée libre

Du 4 octobre au 30 novembre Halle des Grésillons

Ouvert les mardi, mercredi, jeudi et vendredi de 9h à 19h, le samedi et le dimanche de 9h à 18h. L’exposition est ouverte au public tous les jours pendant les vacances de la Toussaint. Fermeture les 1er et 11 novembre. Visite guidée pour les individuels et les familles, les week-ends à 15h et 17h sur réservation au 06 16 56 98 52.

ADP doit rester public !

Privatiser les Aéroports de Paris ? Au peuple de décider !

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Le gouvernement voudrait privatiser sans aucun débat les aéroports de Paris. ADP gère les aéroports de Roissy, Orly, Le Bourget (à eux trois, ces aéroports voient passer plus de 105 millions de voyageurs chaque année), un héliport (Issy-les-Moulineaux) et dix aérodromes civils d’Île-de-France.

Cela concerne plus de 600 000 emplois directs et indirects, dont plusieurs dizaines de milliers dans le Val d’Oise : 2,2% de l’emploi en France. En Île-de-France, ADP joue également un rôle considérable. Il représente 5 % du PIB régional et 8 % de l’emploi régional.

ADP est notre bien commun comme tous les services publics et c’est aux Français et aux Françaises de décider de son avenir.

Pourquoi nous opposons-nous à la privatisation des aéroports de Paris ?

La privatisation d’ADP pose tout d’abord une question de souveraineté. ADP est notre première frontière avec l’étranger. Ses aéroports parisiens voient passer chaque année 105,3 millions de passagers. Comment imaginer privatiser une frontière ? Même aux États-Unis, le contrôle des grandes plateformes aéroportuaires reste public en raison de leur caractéristique d’infrastructure d’intérêt général au service de l’aménagement du territoire.

La privatisation serait aussi un non-sens économique. Selon Dominique Plihon, économiste membre d’Attac : « Budgétairement, cela n’a pas de sens ; c’est une rentrée d’argent à court terme lors de la vente mais une perte de finances à long terme pour l’État qui ne disposera plus des bénéfices d’ADP. » ADP rapportera 185 millions d’euros de dividendes à l’État en 2019, sur  600 millions de  bénéfices réalisés. L’État va de plus, devoir indemniser les actuels actionnaires d’ADP à hauteur de 1 milliard pour pouvoir privatiser.

Privatiser ADP serait une aberration écologique. ADP, c’est près de 7 000 hectares de bâtiments, de terrains, de pistes et d’infrastructures, l’équivalent des deux tiers du territoire de la ville de Paris. « Si Aéroports de Paris est privatisé, ça va probablement devenir la plus grande propriété privée de France sur laquelle on pourra bétonner et kéroséniser », craint l’historien et politologue Patrick Weil. L’écologie n’est pas compatible avec la finance ! Il est certain que privatiser ADP privera l’État de marges de manœuvre en matière de régulation du transport aérien très polluant. Les aéroports privatisés privilégient les gros-porteurs longs courriers, plus rémunérateurs pour les boutiques et services des aéroports, au détriment des petits et moyens courriers, lignes intérieures ou intra-européennes.

ADP représente un enjeu majeur pour l’aménagement du territoire. Fort de ses « 411 hectares de réserves foncières dédiées aux futurs développements immobiliers », le groupe juge possible de doubler sa surface de bureaux de 1,5 million de mètres carrés, déjà exploitée.  

La privatisation serait également une aberration constitutionnelle. L’écrivain et professeur de droit Paul Cassia a rappelé que notre constitution depuis 1946 interdit la privatisation d’un monopole de fait et d’un service public national. Or, c’est bien le cas d’ADP.

Enfin, c’est une décision anti-démocratique avec une concession de 70 ans au privé, assortie de conditions empêchant de fait un retour dans le giron public.

N’oublions pas non plus qu’il n’existe pas de cas de privatisation qui n’ait entraîné de suppressions d’emplois

Les privatisations, ce n’est jamais bon, ni pour nous, ni pour le pays. Ce sont les actionnaires qui en profitent, en rachetant à bas prix les biens publics et en réalisant un maximum de profit sur notre dos.

On le voit bien avec les autoroutes et les tarifs de l’électricité (+50 % en 10 ans). Les privatisations en France, ce sont aussi des dizaines de milliers de suppression d’emplois. Tout le monde a en tête le fiasco de la privatisation des autoroutes : +20% d’augmentation des tarifs, 6 000 emplois supprimés, une manne de plus de 2 milliards qui tombe chaque année dans les poches des actionnaires. A ce rythme-là, les 15 milliards payés en 2006 lors de la privatisation seront remboursés dans trois ans !

Un succès du référendum gênerait par contre le gouvernement pour concrétiser les autres projets de privatisation qu’il a sous le coude comme les barrages et les ports, ou encore la Française des Jeux. Ce pourrait être un coup d’arrêt aux privatisations.

C’est inédit en France : le peuple peut se donner les moyens de se prononcer sur une privatisation. En effet, la procédure du Référendum d’Initiative Partagée (RIP) a été lancée pour la première fois sous la Vè République, par le vote de 248 parlementaires de tous les courants politiques.

À nous de nous mobiliser pour obtenir que la décision  revienne au peuple et qu’un référendum soit organisé ! Faisons décoller le référendum contre la privatisation des aéroports de Paris !  

À Saint Gratien, tous les dimanches de 10h à 12h, nous recueillons les signatures en ligne sur le marché municipal. Il suffit de venir avec votre carte d’identité.  

Vous pouvez aussi signer la pétition sur le site officiel :

https://www.referendum.interieur.gouv.fr