Tous masqués ?

La ville de Saint Gratien annonce distribuer des masques à ses habitants. De nombreuses collectivités se sont lancées dans cette démarche à l’approche du dé confinement. Il est certain que cet équipement va être nécessaire dans bien des cas pour assurer notre sécurité sanitaire. Mais à quel coût pour les familles ?

La distribution gratiennoise pose certaines questions et nous inspire des suggestions. Les voici ci-dessous dans un courrier que nous adressons au maire.

Monsieur le maire,

La ville a annoncé vouloir distribuer des masques aux Gratiennois.e.s, à raison de deux masques par boîte aux lettres, ainsi que l’envoi en priorité aux personnes âgées de plus de 70 ans, par envoi postal nominatif. La mise sous pli est effectuée par des élus de la majorité et des personnels municipaux.

Plusieurs remarques et suggestions à ce sujet.

Qu’en est-il des personnes les « plus fragiles » ? Celles-ci ne sont pas forcément celles de plus de 70 ans, selon le Professeur Delfraissy, président du Conseil Scientifique.

Pourquoi alors ne pas s’appuyer pour une distribution efficace sur le réseau des professionnels de santé en ville pour distribuer les masques aux personnes les plus exposées ? Médecins, infirmiers, sages-femmes, kinésithérapeutes, dentistes… connaissent au mieux les besoins des Gratiennois-e-s et les urgences.

D’autre part, nous voyons en ville des masques vendus à des prix  exorbitants : des masques à 7,5 € !

Ou bien une pénurie de masques dans certaines pharmacies de la ville et de longues files d’attente ces derniers jours encore.

Nous savons également que des volontaires s’organisent pour fabriquer bénévolement des masques en tissu, avec leur propre matériel, sur leurs fonds propres.

D’autre part, nous remarquons que les salariés du syndicat Émeraude sont loin d’être tous masqués lors du ramassage des déchets. N’auraient-ils pas bénéficié de la dotation de masques de la Région ? Ils sont pourtant directement exposés à une contamination par le virus. 

Tout ceci nous amène à quelques suggestions en matière de distribution de masques :

– Une intervention de la ville auprès du syndicat Émeraude afin que tous les personnels bénéficient des protections indispensables à leur sécurité sanitaire.  

– Une distribution à tous les Gratiennois-e-s de kit de  masques gratuits – comme c’est le cas dans d’autres villes du 95 : la distribution de 3 masques « grand public » à chaque Gratiennois s’élèverait approximativement à 183 000 €, soit moins de 0,7 % du budget communal[1] ;

– Une diffusion priorisée par le réseau du corps médical installé en ville ;

– Un arrêté municipal interdisant la vente de masques grand public à plus de 5 € (prix conseillé par l’État pour cette catégorie de masques) ;

– Un arrêté municipal fixant le prix de vente de masques chirurgicaux en pharmacie à 0,95 € max (prix fixé par l’État pour cette catégorie de masques);

– La mise en réseau de tous les volontaires en ville qui fabriquent des masques et la prise en charge de leurs frais par la municipalité.

Nous réitérons notre disponibilité et celle de nos réseaux pour participer à cette opération de solidarité de distribution de masques en ville.

Avec nos sentiments respectueux,

Isabelle Volat et Stéphane Bauer, conseiller-e municipal-e du groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »

[1] Sur la base de notre recensement sur la base d’exemples sur le site du CIDEFE, et d’un prix moyen de 2,91 €

Écoles : rouvrir ou pas ?

Dans de nombreuses villes, parents, enseignants, élus et agents municipaux s’inquiètent de la réouverture annoncée des écoles à partir du 11 mai.

école 2020Faut-il rouvrir ou pas les écoles et les crèches, et dans quelles conditions ?

À Saint Gratien, deux jours à peine après l’annonce de la reprise des cours par Édouard Philippe, le maire a fait savoir au Préfet qu’il ne souhaitait pas rouvrir les écoles de la ville.

Renvoyer les enfants à l’école maternelle et élémentaire, ainsi que dans les crèches, dans des conditions optimales de sécurité sanitaire, apparaît effectivement comme un exercice particulièrement ardu, voire impossible. Dans notre courrier au maire du 28 avril, nous soulevions d’ailleurs nombre de questions. Les revoici pour mémoire, et la liste n’est pas exhaustive.

Comment organiser le lavage régulier des mains sous la surveillance d’un adulte, approvisionner les écoles en savon et gel, quand on connaît la configuration des toilettes scolaires des écoles de la ville ? Combien d’enfants seront accueillis, alors que le groupe de travail mis en place au Sénat pour examiner les modalités du retour en classe considère que le seuil de 15 élèves par classe est trop important ? Quid du temps périscolaire, de la réouverture du centre de loisirs le mercredi ? Comment éviter les rassemblements lors des entrées et sorties ? Quel personnel pourra gérer des horaires décalés ? Comment se déroulera le temps de cantine ? Quel personnel assurera la désinfection régulière des locaux ? Un « nettoyage minutieux » est en effet recommandé. Comment faire respecter les gestes barrières en maternelle ? Qui portera un masque ? Par qui ceux-ci  seront-ils fournis ? Faut-il envisager une formation des personnels aux gestes de sécurité en amont de la reprise ? Quel rôle de la médecine scolaire, des psychologues scolaires, quand on connaît le manque de ces personnels dans nos écoles ? école 2020-1

Assurer la sécurité sanitaire des enfants et des personnels dans de telles conditions ressemblait fort à une mission impossible. Le tout pour un bénéfice éducatif limité, au vu du nombre de semaines d’école restantes, et du fait que tous les élèves ne fréquenteront pas l’école tous les jours… Ne pas rouvrir écoles et crèches gratiennoises apparaît donc comme une décision compréhensible.

Ceci dit, l’histoire ne s’arrête pas à cette annonce.

école 2020-3Première interrogation : comment le maire s’est-il déterminé ? Nous avons été informés de l’avis de la ville au Préfet peu avant la parution d’un article dans un journal local. Autant dire que nous n’avons pas eu notre mot à dire dans cette affaire, bien que nous nous soyons manifestés auprès du maire dès le mardi 28 avril. Pourtant, si le maire « expédie les affaires courantes » en ces temps de pandémie qui empêchent toute réunion physique des élus, le fonctionnement démocratique de la commune n’est pas suspendu pour autant. C’est pourquoi nous avions proposé une réunion de la commission scolaire réunissant parents, directions d’écoles et élus pour envisager les conditions de la réouverture des écoles, ainsi qu’un Conseil municipal extraordinaire pour échanger sur l’ensemble des nombreuses questions posées par le confinement, et sa levée à venir. La consultation des conseils d’école aurait également été possible. Rien n’empêche, d’autres villes l’ont d’ailleurs fait, d’organiser des visioconférences ou rendez-vous téléphoniques pour  consulter l’ensemble des élus. À Saint Gratien, rien de tel, nous sommes informés a minima par quelques messages ponctuels du maire, lequel ne répond plus à nos courriers. Pour l’aider dans sa décision, a-t-il pris l’attache des fédérations de parents d’élèves, ou organisé un sondage parmi les parents, consulté les enseignants de la ville pour connaître leur opinion et éventuellement le nombre d’entre eux qui auraient été prêts à reprendre les cours dans les écoles ? A-t-il sondé les personnels, ATSEM, animateurs, agents des crèches ? Nous l’ignorons en ce qui concerne ces derniers, mais à notre connaissance, ni les parents ni les enseignants n’ont eu voix au chapitre. Le point de vue des premiers concernés n’aurait pourtant pu qu’éclairer la prise de décision. D’ailleurs la lettre du maire au Préfet date du lendemain de la déclaration du premier ministre présentant le dé confinement. Autant dire que le maire n’a pris le temps de consulter qui que ce soit. C’est pour nous une première question.école 2020-2

D’autre part, si les écoles gratiennoises ne rouvrent pas avant septembre, d’autres problèmes vont rester en suspens. Certains parents qui vont devoir reprendre le travail vont se trouver confrontés à des difficultés immédiates. Mais nous pensons aussi, et surtout, aux enfants qui pour des raisons diverses, suivent difficilement l’école depuis la maison : manque de matériel informatique, non-disponibilité ou impossibilité des parents pour les aider. Nombre de ces situations difficiles existent dans notre ville. Qu’a prévu le maire pour leur venir en aide, et ne pas les laisser perdre pied après six mois passés sans contact direct et régulier avec l’école et leurs enseignants ? Certaines villes procèdent à des distributions de tablettes en direction des familles mal ou pas équipées en ordinateurs. Une opération similaire est-elle envisagée dans notre ville ? La question posée au maire reste sans réponse. De même, nous nous inquiétons de la situation économique de familles aux revenus modestes, dont les enfants ne bénéficient plus d’un repas quotidien de cantine à prix relativement modéré (nous alertons régulièrement sur les tarifs trop élevés de la restauration scolaire). Là encore, des solutions existent et des communes adressent des chèques alimentaires aux familles en difficulté. Saint Gratien a-t-elle envisagé cette possibilité, d’autant que la ville ne dépense pas actuellement les sommes habituellement dédiées à l’achat des repas ? école 2020-4 En outre, se reposera à la rentrée, voire pendant l’été, la question de la mise en place d’un dispositif de soutien scolaire municipal. Une proposition que nous avions déjà faite à la municipalité, et qui peut voir le jour avec l’appui éventuel de bénévoles.

Enfin, à plus long terme, mais il n’est pas interdit de voir plus loin que le bout du dé confinement, de quelle école aurons-nous besoin demain ? Des classes à 15 élèves : qui n’en n’a pas rêvé ? Des sanitaires agréables, avec savon toujours disponible ? Du personnel de service, des ATSEM, pour accompagner les enfants se laver les mains et leur apprendre les gestes sanitaires élémentaires ? Des médecins et des infirmières scolaires en nombre suffisant, pour des visites médicales régulières de dépistage et de prévention ? Des animateurs à demeure, pour prendre en charge de petits groupes, dans d’autres locaux que la classe, pour des activités sportives, culturelles ou artistiques ? Des enseignants bien formés, y compris à l’enseignement à distance et à l’utilisation des techniques modernes de communication ? D’un système éducatif équipé en matériels informatiques, qui forme ses élèves à leur usage ?

école 2020-5Si nos écoles n’avaient pas été dans un tel état de sous-équipement matériel et humain, nul doute que leur réouverture en aurait été grandement facilitée. Comme l’hôpital, comme tous les services publics, celui de l’éducation a un urgent besoin de refondation. Ce que la crise a mis en lumière, ne l’oublions pas quand elle aura pris fin.  

        

Le maire dit « non » à la réouverture des écoles

mairie 2019Le maire de Saint Gratien a annoncé de pas vouloir rouvrir écoles et crèches de la commune.

La Gazette se fait l’écho de cet événement. Nous n’avons pas été interrogés par les journalistes, qui se sont appuyés sur des écrits de notre part pour rédiger leur article. Nous nous exprimerons plus longuement sur cette décision. À suivre donc… 

D’autre part, l’étiquette politique qui m’est attribuée dans cet article n’est pas exacte. J’ai de très bons amis et camarades chez LFI, mais je ne suis pas adhérente de ce mouvement.

Vous pouvez lire l’article ci-dessous ou via ce lien

Val-d’Oise. Saint-Gratien : le maire ne veut pas rouvrir les écoles et les crèches le 11 mai

Le maire (Lr) de Saint-Gratien (Val-d’Oise), Julien Bachard, vient d’écrire au Préfet pour lui signifier qu’il n’était pas favorable à la réouverture des écoles dans sa commune.

Julien Bachard est maire de Saint-Gratien depuis le 20 octobre 2017.

Son courrier date du mercredi 29 avril 2020. Julien Bachard, maire (Lr) de Saint-Gratien (Val-d’Oise) a écrit au préfet du Val-d’Oise Amaury de Saint-Quentin.

Objet de ce courrier : signifier au représentant de l’État qu’il ne souhaitait pas la réouverture des écoles et des crèches dans sa commune le lundi 11 mai 2020.

« Manque d’informations »

Le maire de Saint-Gratien a pris cette décision suite au discours du Premier ministre Édouard Philippe à l’Assemblée nationale, mardi 28 avril 2020, afin de présenter la stratégie de dé confinement du gouvernement.

« Je regrette de ne pas disposer, aujourd’hui, d’assez d’éléments concrets me permettant de rouvrir, en toute sécurité pour les enfants, les enseignants et le personnel communal, nos écoles et nos crèches communales », explique le maire de Saint-Gratien.

Et d’ajouter à l’adresse du préfet du Val-d’Oise : « Je ne peux, en l’état actuel des renseignements que je possède, et en toute conscience, prendre la décision d’ouvrir les écoles, la restauration scolaire, les accueils périscolaires, les accueils de loisirs et les crèches notamment compte tenu des risques sanitaires, des recommandations du comité scientifique et de l’Agence régionale de santé et des informations provenant de l’hôpital Necker (ndlr : concernant les pathologies de la maladie de Kawasaki qui touche les enfants ».

Toujours dans le même esprit, le maire de Saint-Gratien regrette « qu’au regard de l’absence totale d’indications de la part de l’État », il ne puisse communiquer aucune information précise aux parents, aux fédérations de parents d’élèves et au différents personnels.

Il serait irresponsable, en ma qualité de maire, de prendre toute autre décision. »

Dans ce contexte, Julien Bachard a reçu le soutien franc et massif de la sénatrice (Lr) Jacqueline Eustache-Brinio, à qui il avait succédé à la mairie le 20 octobre 2017.

« Il aurait été préférable d’effectuer une réouverture progressive et tenter une expérience avant. Nous ne connaissons pas le nombre d’agents et enseignants qui seront disposés à reprendre le travail », commente Julien Bachard.

« Le protocole sanitaire est flou, mais c’est bien plus que de prendre la température des élèves et passer un coup de serpillière pour désinfecter », ajoute le maire, qui est conscient que sa décision va compliquer l’organisation des parents qui devront reprendre leur activité professionnelle.

L’opposition réagit

« Il aurait fallu étendre l’accueil réservé, aux parents prioritaires selon leur implication dans la crise sanitaire et le besoin économique », pense-t-il.

« Qu’en sera-t-il de l’organisation des parents dont les enfants ne seront pas à l’école, si les classes n’accueillent que quinze élèves ? », s’interroge le maire.

Une décision qui tombe alors que des élus de l’opposition municipale avaient suggéré au maire de tenir un conseil municipal exceptionnel par visioconférence, pour débattre du sujet.

« Il nous paraît indispensable d’associer les parents d’élèves et les enseignants », a propos de la réouverture des écoles, ont déjà réclamé les élus du groupe conduit par la conseillère municipale (Pc/Lfi) Isabelle Volat, qui souhaitait une réunion de la commission scolaire sur l’organisation d’un retour des enfants et enseignants dans les établissements de la ville.

Égalité des chances

Candidat au poste de maire et désormais conseiller municipal (MoDem), Emmanuel Mickael « salue la décision du maire », tout en regrettant « le timing » de son courrier.

« Il n’était pas à deux jours près et il aurait pu attendre que les choses se précisent. C’est un peu cavalier d’annoncer que l’on ne rouvrira pas les écoles sans proposer de solution », estime l’élu centriste qui a aussi alerté Julien Bachard sur les dispositions qu’il faudrait prendre à destination des enfants en rupture de continuité pédagogique et dont les parents sont dans l’impossibilité d’aider leur enfant dans leur scolarité pendant le confinement.

« Je me refuse à penser que le virus s’attaque aussi à l’égalité des chances. Il faudrait maintenir un soutien scolaire sur la ville à destination des populations fragiles », suggère l’élu.

F.C. avec J.D.

Confinés mais pas démotivés !

La Fête du Travail et journée internationale des Travailleurs confinés mais pas démotivés

Un mot d’histoire

muguet 2020-11La Fête du Travail et journée internationale des Travailleurs telle qu’elle est célébrée de nos jours tire son origine des combats du mouvement ouvrier pour obtenir la journée de huit heures, à la fin du XIXe siècle.

Aux États-Unis, au cours de leur congrès de 1884, les syndicats américains se donnent deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils choisissent de lancer leur action le 1er mai, date du moving day parce que beaucoup d’entreprises américaines entament ce jour-là leur année comptable, et que les contrats ont leur terme ce jour-là, l’ouvrier devant déménager (d’où le terme de moving day) pour retrouver du travail. La grève générale du 1er mai 1886, impulsée par les anarchistes, est largement suivie. Ils sont environ 340 000 dans tout le pays.

À Chicago, la grève se prolonge dans certaines entreprises, et le 3 mai 1886, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester.

Le lendemain a lieu une marche de protestation et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers.muguet 2020-12

C’est alors qu’une bombe explose devant les forces de l’ordre. Elle fait un mort dans les rangs de la police. Sept autres policiers sont tués dans la bagarre qui s’ensuit. À la suite de cet attentat, cinq syndicalistes anarchistes sont condamnés à mort (Albert Parsons, Adolph Fischer, George Engel, August Spies et Louis Lingg) ; quatre seront pendus le vendredi 11 novembre 1887 (connu depuis comme Black Friday ou « vendredi noir ») malgré l’inexistence de preuves, le dernier (Louis Lingg) s’étant suicidé dans sa cellule. Trois autres sont condamnés à perpétuité. Lors du procès, le procureur Julius Grinnel déclare dans sa plaidoirie :

muguet 2020-13« Nous savons que ces huit hommes ne sont pas plus coupables que les milliers de personnes qui les suivaient, mais ils ont été choisis parce qu’ils sont des meneurs ; Messieurs du jury, faites d’eux un exemple, faites-les pendre, et vous sauverez nos institutions et notre société. »

En France :

En France, la loi no 46-828 du 26 avril 1946 fait du 1er mai 1946 un jour chômé et payé.

En avril 1947, sur proposition du député socialiste Daniel Mayer et avec le soutien du ministre communiste du Travail Ambroise Croizat, le 1er mai est réinstitué jour chômé et payé dans le code du travail, sans être une fête nationale (mais il n’est pas officiellement désigné comme fête du Travail). La loi no 48-746 du 29 avril 1948 fait du 1re mai un jour férié et chômé mais payé.

Ce n’est que le 29 avril 1948 qu’est officialisée la dénomination « fête du Travail » pour le 1er mai.

muguet 2020-14Aujourd’hui…

La déclaration du Président de la République a confirmé que nous serons toujours confinés le 1er mai.

L’activité traditionnelle du PCF lors du 1er mai est d’une grande importance politique et financière. L’enjeu politique est d’autant plus fort cette année que les droits des travailleurs.euses sont particulièrement attaqués par le pouvoir et le patronat dans cette période inédite de crise sanitaire et économique.

Pour rester dans des conditions les plus proches de ce que nous avions l’habitude de vivre, nous offrons ces quelques photos des ventes des années précédentes du muguet à Saint Gratien.

N’hésitez pas les relayer auprès de vos camarades et de vos ami-e-s pour que le plus grand nombre puisse avoir droit à son brin de bonheur en ces temps si particuliers et nécessitant solidarité, partage et humanité.muguet 2020-19

Une souscription est ouverte par voie postale au 9 rue d’Eaubonne (ou à déposer directement dans la boite aux lettres). L’argent collecté servira à financer les activités du PCF sur la commune (lettre des élu-e-s, photocopie, édition de matériel de communication, abonnement du blog sur sa plateforme, réservation de salles, etc.).

N’hésitez pas à partager à l’adresse de ce blog vos photos de brins de muguets, elles seront publiées.

S.B.

Plus que jamais le 1er mai

Déclaration commune de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de la FIDL, de l’UNEF, du MNL, et de l’ULN

Plus que jamais le 1er Mai

Alors que le monde entier fait face à la pandémie, ce premier mai sera plus que jamais la journée internationale de luttes des travailleuses et travailleurs.

Depuis le début de la crise sanitaire, des millions de personnes sont confinées. De nombreux pays vivent grâce aux oublié-es, aux invisibles de nos sociétés, qui continuent à travailler, le plus souvent au risque de leur propre vie.

Évidemment ce sont d’abord l’ensemble des personnels de santé qui n’ont pas compté leurs heures, leur dévouement. Ensuite il y a tous les salarié-es, souvent des femmes, du commerce, de l’agro-alimentaire, du paramédical du social, du nettoiement…, ainsi que tous-tes ces agent-es de la fonction publique qui ont continué d’assurer leurs missions de service public, et plus largement ceux et celles qui travaillent au service de la population.

Les paroles de reconnaissance des gouvernements n’ont pas été suivies d’actes forts. Les mots sont évidemment insuffisants pour exprimer notre colère, et notre détermination à faire changer les choses.Nous porterons ce 1er mai 2020, bien que confiné-es, les revendications qui sont plus que jamais d’actualité.

Car sacrifier la santé des travailleurs.ses n’est pas admissible :
Si la « reprise » de la vie sociale, dont le travail fait partie, est une espérance, une nécessité pour beaucoup d’entre nous, (et pour d’autres plus pour remettre leur profit à l’ordre du jour), cela ne peut se faire sans la garantie la plus absolue de la sécurité de chacun, chacune, ainsi que celle de ses enfants. La santé, la sécurité, le droit de retrait, de grève, le droit syndical doivent être respectés !!

Car sacrifier les droits des travailleurs.ses sur l’autel de l’économie n’est pas tolérable et ne pourra continuer quelle que soit la situation :
Des semaines à 60 heures de travail, la perte des congés, des jours de repos, le travail dominical étendu, les abus sur le télétravail ne sont pas légitimes et ne peuvent durer ! Ce n’est pas une prime donnée au bon vouloir du patron, ou de l’employeur public, une aide ponctuelle aux plus modestes qui suffiront aux travailleurs.euses : ce sont de vraies revalorisations salariales du SMIC et des salaires en particulier dans les conventions collectives où ils sont les plus bas, tout comme dans la fonction publique !

Sacrifier les plus précaires d’entre nous n’est pas admissible dans une société d’égalité et de solidarité :
Vacataires, intérimaires, intermittent-es, services civiques, la précarisation des travailleur.euses s’est multipliée ces dernières années, et la situation des chômeur.euses et étudiant-es a été dégradée, tout comme celle des sans-papiers aujourd’hui ignoré-es sur le plan sanitaire comme social.
Elles et ils payent le prix fort de la situation, et les inégalités sociales explosent. Le manque d’investissement au niveau de la santé, la réforme de l’assurance chômage, le projet de réforme de la retraite par points, mettent à mal la protection sociale, laquelle est un socle protecteur.

De plus, le développement des services publics est nécessaire et indispensable pour assurer l’égalité et répondre aux besoins de la population. De nombreuses aides sont prévues pour les entreprises, alors que pour ceux et celles qui sont dans les situations difficiles, elles restent mineures. Il faut permettre la suspension des loyers et des dépenses de toute l’énergie, une aide pour l’accès à Internet et aux transports, car nous savons que si la crise sanitaire peut régresser, la situation économique et sociale va continuer à faire des dégâts.

Cette situation inédite, qui peut malheureusement perdurer et/ou continuer, a remis en lumière l’essentiel : Un hôpital et un système de santé publique avec de vrais moyens humains, matériels, financiers, un système de protection sociale large tout au long de la vie, des services publics qui ne sont pas sacrifiés par des politiques de restructurations, suppressions au bénéfice des appétits de ceux qui prospèrent dans ce système   capitaliste !

Le 1er mai doit permettre à chacun et chacune de s’emparer de ces revendications, et par tous les moyens de les rendre visibles.

Même confiné-es, manifestons toutes et tous le 1er mai, avec des pancartes, banderoles ou en envahissant les réseaux sociaux(…) et donnons à cette journée une véritable force collective !

Le 1er mai, soyons visibles, solidaires, déterminées. Nous ne paierons pas la crise générée par des choix politiques d’un système capitaliste mortifère.

Transformons le monde de demain en un monde vivable, de justice sociale, écologiste et féministe !

Montreuil, le 20 avril 2020

mai 2020

 

1er mai 2020

En fin de billet, notre concours « masqué.e.s pas muselé.e.s » continue !

Merci de vos photos !

muguet 2020

1er mai : ce n’est pas la fête du travail, mais la fête des droits des travailleurs ! Depuis 1890, cette date donne lieu à des manifestations pour les droits des salariés et marque la solidarité internationale aux quatre coins du monde. Et depuis des dizaines d’années, les communistes de Saint Gratien vous proposent leur muguet !

Cette année, rien ne sera comme d’habitude..muguet 2018 3

En 2020, c’est un 1er mai confiné, sans manifs ni vente militante de muguet ! Et pourtant, rarement le rôle des travailleurs et leur place dans notre société auront été autant visibles. Que ferions-nous, que serions-nous sans les vendeuses et caissières, sans les agriculteurs, sans les éboueurs, sans les livreurs, postiers, policiers… et bien sûr sans les travailleurs de la santé, médecins, infirmières, aides-soignantes ? Ce 1er Mai 2020 est sous le sceau de la crise sanitaire qui frappe le monde. Il révèle avec beaucoup de violence les inégalités, l’exploitation, la spoliation des droits des salariés… dans notre pays et à travers toute la planète.  

Certes, nous ne pouvons pas nous retrouver dans la rue, sur les trottoirs, au porte-à-porte,  pour manifester, mais nous pouvons continuer à utiliser les réseaux sociaux, les balcons… pour le faire.

Et plus que jamais, même virtuel, le brin de muguet, symbole de lutte, d’espoir, de bonheur, est d’actualité. Vous pouvez contribuer à la souscription exceptionnelle du 1er mai, pour permettre au PCF de mener ses actions, d’avancer ses propositions, tout au long de l’année.  

muguet 2017-1

Voici le programme du PCF pour ce 1er mai 2020. Avec le slogan «  MASQUÉ.E.S PAS MUSELÉ.E.S ! », dans les conditions spéciales du confinement et de la lutte contre le COVID-19, le PCF se mobilise pour défendre les droits des travailleurs et faire entendre la voix des salariés dans le pays. 

À cet effet, le PCF organise une série d’initiatives :

Jeudi 30 avril

17h30 : Table ronde en direct sur la page facebook du PCF : 1er mai, masqué.e.s mais pas muselé.e.s !

Avec Fabien Roussel, secrétaire national du PCF ; Delphine Bithorel, ouvrière – représentante CGT ; Christophe Prudhommme, médecin, porte-parole de l’association des médecins urgentistes de France

Vendredi 1er mai 

Campagne de vente du muguet virtuel du PCF 

– Livraison de muguet aux personnels soignants

– Lancement de la mobilisation #MasquésPasMuselés 

Nous invitons l’ensemble des citoyen.ne.s à exprimer leurs revendications en utilisant le hashtag #MasquésPasMuselés et en affichant celles-ci sur les réseaux sociaux (Facebook, twitter, instagram…)

Banderoles à vos fenêtres, manifestations chez vous, slogans sous forme de selfies. On compte sur votre inventivité ! 

– Prise de parole de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, à 18 heures, à retrouver sur la page Facebook et le compte Youtube du PCF

Pour notre part, nous participons au concours « MASQUÉ.E.S PAS MUSELÉ.E.S » ! Nos premières productions ci-dessous ! Envoyez-nous les vôtres !

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Concerter pour mieux lutter contre le virus

Nous nous sommes adressés hier au maire de Saint Gratien, concernant notamment l’éventuelle réouverture des écoles maternelles et élémentaires de la ville, prévue à partir du 11 mai prochain.

Nous apprenons ce soir 29 avril que le maire a indiqué au Préfet du Val d’Oise qu’il ne rouvrirait pas les écoles et crèches de la ville, ne pouvant avoir les éléments concrets permettant de le faire en toute sécurité pour les enfants, les enseignants, les personnels. 

Notre courrier soulève d’autres questions, qui devraient à notre sens faire l’objet de larges concertations. Le voici ci-dessous. 

Monsieur le maire,

Nous vous remercions pour les informations transmises ces derniers jours, les 20 et 24/04.

Néanmoins, nous souhaitons revenir sur différents points qui nous semblent essentiels, et sur lesquels une large concertation devrait, selon nous, être engagée.

S’il est du ressort du maire d’assurer la gestion courante de la collectivité durant ces temps de confinement qui rendent les réunions physiques impossibles, le fonctionnement démocratique des communes n’est pas pour autant suspendu. Il est nécessaire d’organiser par visio-conférences ou audioconférences, la réunion de tous les élu.e.s pour non seulement les informer mais également entendre leurs avis et propositions. C’est ce que font actuellement beaucoup de maires du 95. L’objectif du dé confinement le 11 mai pose en effet de nombreuses questions dans différents domaines.

Nous vous demandons donc d’organiser un Conseil municipal exceptionnel – par téléconférence, skype, zoom… – avant le 11 mai prochain. C’est une suggestion que nous avions déjà faite lors d’un précédent courrier.

Voici les questions qui à notre sens restent en suspens, et qui demandent à être débattues par l’ensemble des élu.e.s.

Rentrée scolaire le 11 mai

Il nous paraît indispensable d’associer l’ensemble des élu.e.s, les parents d’élèves et les enseignant.e.s dans le cadre de la  préparation de la reprise des cours. La réouverture des écoles à partir du 11 mai sera un exercice très difficile qui ne peut se traiter en comité restreint.  Nous vous demandons donc d’organiser une réunion de la commission scolaire avec les représentant.e.s des parents d’élèves, les directions d’école et les instances locales de l’Éducation nationale. Concerter l’ensemble de la communauté éducative est pour nous, comme pour l’Association des Maires de France, le Comité Scientifique auprès du Président de la République ou encore les Fédérations de Parents d’élèves et les syndicats enseignants, la seule manière de planifier une réouverture des écoles dans des conditions satisfaisantes de sécurité sanitaire.

Comment organiser le lavage régulier des mains sous la surveillance d’un adulte, approvisionner les écoles en savon et gel, quand on connaît la configuration des toilettes scolaires des écoles de la ville ? Combien d’enfants seront accueillis, alors que le groupe de travail mis en place au Sénat pour examiner les modalités du retour en classe considère que le seuil de 15 élèves par classe est trop important ? Quid du temps périscolaire, de la réouverture du centre de loisirs le mercredi ? Comment éviter les rassemblements lors des entrées et sorties ? Quel personnel pourra gérer des horaires décalés ? Comment se déroulera le temps de cantine ? Quel personnel assurera la désinfection régulière des locaux ? Un « nettoyage minutieux » est en effet recommandé. Comment faire respecter les gestes barrières en maternelle ? Qui portera un masque ? Par qui ceux-ci  seront-ils fournis ? Faut-il envisager une formation des personnels aux gestes de sécurité en amont de la reprise ? Quel rôle de la médecine scolaire, des psychologues scolaires, quand on connaît le manque de ces personnels dans nos écoles ? Cette liste est  non exhaustive.

On voit bien que toutes ces interrogations ne pourront être traitées sans une large concertation. 

Cantine scolaire

Suite à la fermeture des établissements scolaires, la ville a dû cesser son approvisionnement de repas auprès de la société Sogérès. Certaines villes (Toulouse, Brest..) ont « réinvesti » les sommes non dépensées dans la distribution de chèques alimentaires, en direction des familles aux quotients familiaux les plus bas et qui sont actuellement privées de restauration scolaire. Saint Gratien a-t-elle envisagé cette possibilité ?

Aide aux personnes sans domicile

Nos questionnements sur ce sujet sont restés sans réponse – depuis plus d’un mois. Qu’en est-il de l’hébergement des personnes sans abri dans des hôtels de la ville ? Qu’en est-il de l’aide de 7€ par jour allouée par le ministère de la ville et du logement ? Dans cette période de confinement, il importe d’assurer une attention particulière aux personnes les plus fragiles, et les plus exposés à la contamination.  Nous souhaitons savoir comment ces dispositions sont mises en œuvre dans notre ville.  

Marché municipal

Dans certaines villes, bien que le marché soit fermé, un système de commandes et de livraisons (ou de drive) a été mis en place, ce qui permet aux habitant.e.s de se fournir en produits frais, et aux commerçant.e.s de continuer à avoir une certaine activité. Saint Gratien pourrait faire connaître à ses habitant.e.s que ce système fonctionne à Enghien et qu’ils peuvent y retrouver les commerçant.e.s de notre marché. Ce n’est pas indiqué clairement sur le site de la ville.

Suite au dé confinement du 11 mai prochain, la réouverture du marché devrait intervenir (sauf contre ordre de la Préfecture) le mercredi 13 mai. Dans sa contribution à la préparation du dé confinement, l’AMF insiste sur l’importance de la réouverture des marchés alimentaires avec une organisation au niveau local. Dans quelles conditions notre marché pourra-t-il rouvrir ?

Rénovation énergétique et usage du vélo

L’AMF suggère également dans sa note de faciliter, par l’intermédiaire des collectivités locales, les travaux de rénovation énergétique, afin de développer l’emploi local et de venir en aide aux foyers qui connaîtront des difficultés financières suite à la crise du Covid-19. L’AMF évoque aussi l’organisation des déplacements, en préconisant de veiller aux flux piétons, et de favoriser l’usage du vélo. La ville a-t-elle engagé une réflexion en ce sens ?

DAB des Raguenets

Le distributeur bancaire appartenant à La Poste aux Raguenets est une nouvelle fois vide. La ville pourrait-elle agir auprès de la direction de La Poste afin que les habitant.e.s du quartier et les commerçant.e.s ne soient pas pénalisés par ce dysfonctionnement récurrent ? La Poste s’est engagée à démultiplier ses points de contacts. Ce point-là dysfonctionne trop régulièrement.

Communication municipale

Nous regrettons que le site web de la ville soit assez avare d’informations, au profit de la page Facebook. Tous les Gratiennois.e.s n’ont pas accès à FB. D’autre part, il est étonnant de découvrir sur des pages FB privées de commerçant.e.s, que la ville a procédé à une distribution de masques auprès d’eux, voire à d’autres initiatives… . Nous aimerions que les élu.e.s soient informé.e.s en priorité des actions de la ville.

Distribution de masques

Avons-nous bien compris ? La ville a distribué des masques en provenance de la Région, aux pharmacies, au personnel communal et aux commerçant.e.s. Elle procède à présent à un envoi ciblé d’un masque aux Gratiennois.e.s de plus de 70 ans. Est-ce toujours sur le quota alloué par la Région ?

D’autre part, nous nous interrogeons sur la pertinence de cet envoi. N’aurait-il pas fallu se rapprocher des professionnels de santé (pharmaciens, médecins, etc.) afin de mieux identifier les personnes à protéger en priorité ? On sait qu’une personne diabétique même jeune, peut être plus fragile et plus exposée au Covid-19 qu’une personne âgée en bonne santé (cas que cite régulièrement le Pr Delfraissy dans les médias).

Enfin, nous voyons dans les photos de la communication municipale que des élu.e.s et des agents de la ville participent à des initiatives de la ville. Nous vous en félicitons. Mais pourquoi n’avons-nous pas été sollicité.e.s ? Notre tout premier courrier du 30 mars mentionnait notre disponibilité en la matière. Et ce pour renforcer l’efficacité de l’effort de la ville auprès des habitant.e.s.

            Dans l’attente de vous lire, nous vous prions de croire Monsieur le Maire, à l’expression de nos sentiments respectueux.

                                              

                                           Isabelle Volat                               Stéphane Bauer

          Conseiller-e municipal-e du groupe « St Gratien solidaire écologique et citoyen »

Un plan dangereux

Fabien Roussel est interrogé par franceinfo.

Dé confinement : « Nous estimons que ce plan est dangereux » dit Fabien Roussel, secrétaire général du PC

Fabien-Roussel-nouveau-secretaire-national-Parti-communiste-francais_0_1398_1062Le chef du Parti communiste estime que le plan dévoilé par le Premier ministre est précipité et qu’il répond « aux besoins de la machine économique » plutôt qu’à un souhait « de créer les conditions de la sécurité pour tous ».

« Nous estimons que ce plan de dé confinement est dangereux » dit Fabien Roussel, secrétaire général du Parti communiste et député du Nord sur franceinfo, mardi 28 avril, après l’allocution du Premier ministre Édouard Philippe.

franceinfo : Est-ce que vous votez pour ce plan finement présenté par Édouard Philippe?

Fabien Roussel : Non. L’exercice était difficile parce qu’on a découvert ce plan de dé confinement à 15 heures, comme tout le monde, on ne l’a même pas eu en amont pour pouvoir l’étudier. Nous avons donc déterminé notre vote à l’écoute de ce plan et nous estimons que ce plan est dangereux. Le mot est lourd, mais il y a tellement d’approximations, d’incertitudes, de flou, que face à un tel virus, aussi dangereux, nous ne pouvons plus laisser place à tant d’incertitudes et d’approximations. Organiser un dé confinement est certainement plus difficile que d’organiser le confinement et pour permettre à chacun de vivre avec le virus, tant qu’on n’a pas de vaccin, il faut garantir des sécurités sanitaires pour tous. Avec le même accès à la sécurité sanitaire pour tous, sur tout le territoire, en France comme dans les Outre-mer. Et pour cela, il y avait plusieurs choses à prendre comme décisions et que nous attendions.

Nous demandions à ce qu’il y ait des moyens humains qui soient mis dans les écoles pour pouvoir organiser la reprise.

Par exemple, nous demandons à ce que chacun de nos concitoyens ait accès à un, voire deux ou trois masques gratuits à usage multiple et aux normes, c’est le minimum. À ce sujet, le Premier ministre n’a pas fait d’annonces précises sur la manière dont ça allait être organisé, ni sur le fait que ça allait être gratuit. Il a dit que ce serait accessible dans les pharmacies et au prix que décideront les pharmaciens. Nous demandions à ce que ces prix soient encadrés. Nous n’avons pas de réponse non plus là-dessus. Nous voulons la reprise de l’école, mais pas à cette date du 11 mai qui est trop précipitée. C’est pour cela que nous demandons à ce que le temps soit pris et on peut prendre quelques jours de plus pour organiser la rentrée et y mettre les moyens humains nécessaires.

Comment aurait-il fallu procéder pour cette rentrée ?

Elle se fait de manière très inégalitaire. On est en République quand même, on doit tous avoir accès à la même école et partout dans tout le territoire. Or, ce ne sera pas le cas et c’est sur la base du volontariat en plus. Quelle est la part du volontariat pour un salarié qui est au chômage partiel, qui touche un salaire partiel et qui n’aura pas d’autre choix que de mettre ses enfants à l’école, parce qu’il est obligé d’aller travailler. Il aura peur que le virus rentre à la maison le soir ! Et à l’inverse, ceux qui ne veulent pas mettre leurs enfants à l’école, est-ce qu’ils ont la possibilité, l’autorisation de les garder chez eux et donc de ne pas reprendre le travail sans être menacé de licenciement ou de perte de salaire ? Ces questions sont sans réponse. Ce n’est pas prévu, ce n’est pas organisé. Nous avons le sentiment que cette reprise est précipitée et qu’elle est plus soumise à des injonctions économiques, aux besoins de la machine économique plutôt qu’une réponse pour nos enfants, pour la continuité pédagogique, plutôt que de créer les conditions de la sécurité pour tous.

Combien ils seront à Renault Douai demain ? Là où il y a 3 000 salariés. Ils vont diviser les effectifs par trois pour produire les voitures ou ils vont leur demander de continuer à travailler les uns sur les autres sur les chaînes de montage ?

Il ne fallait pas faire repartir la machine économique ?

Cette question économique, elle est entendable. Personne ne dit qu’il faut continuer à bloquer l’économie encore pendant des semaines, des mois, jusqu’à ce que nous trouvions le vaccin. Et ce n’est pas ce que nous disons, nous, communistes. Pour nous, le travail, c’est la conquête de la dignité humaine. C’est le propre de l’homme et nous avons tous besoin d’avoir une place dans la société à travers le travail. Mais pas dans ces conditions-là. Aujourd’hui, le Premier ministre renvoie aux chefs d’entreprise le soin d’organiser la sécurité sanitaire au travail, alors que c’est ce même gouvernement qui a supprimé les CHSCT, alors que les salariés et les syndicats ont moins de pouvoir au sein des entreprises. Qui va vérifier les conditions sanitaires au travail ? Comment ça va être organisé ? Aujourd’hui à l’Assemblée nationale, nous sommes 75 et nous n’avons pas le droit d’être plus que 75 députés dans l’hémicycle au lieu de 577. C’est ça la réalité : comment nous organisons le travail différemment, les horaires de travail, les conditions de travail pour faire en sorte que la machine économique reparte, mais pas au prix de la vie. Pas en allant au travail la peur au ventre. Nous devons faire fonctionner notre pays, mais en créant des conditions de sécurité sanitaire pour tous et nous pensons que c’est possible. Les syndicats font eux mêmes des propositions pour retrouver le travail, mais dans des conditions garanties pour tous.

Est-ce que les collectivités ont les moyens réellement de s’occuper de toutes les modalités au cas par cas du dé confinement dans leur territoire ?

Mais non. Et ils le disent depuis plusieurs semaines et depuis que le président de la République a annoncé cette date du 11 mai. Tout le monde appelle à la concertation avec les élus locaux. Le président de la République et le Premier ministre l’ont entendu et ils ont écouté les élus locaux. Mais les élus locaux ont bien dit qu’ils n’avaient pas la capacité eux-mêmes d’apporter du personnel supplémentaire dans les écoles pour garder les enfants, puisque c’est ce qui leur est demandé. Quand on met 15 élèves par classe sur une classe de 35, il y aura 15 élèves avec un instituteur ou institutrice et pour les 15 autres élèves on demande aux élus locaux de trouver du personnel municipal pour les garder. Faire de l’activité sportive, de l’éducation civique. Mais comment ? Il est où ce personnel municipal ? On a supprimé les contrats aidés. Ce gouvernement a supprimé les contrats aidés. On a baissé les budgets des collectivités. Il y a une directrice d’école qui a dit dans un de mes villages, on me demande de faire de la garderie sans moyens supplémentaires. L’école, ce n’est pas ça. Pour créer les conditions pour que les enfants sortent de chez eux, il faut que l’on mette les moyens en face.

Ne confinons pas la démocratie

Depuis le début du confinement le 17 mars dernier, nous nous sommes inquiétés à plusieurs reprises de l’action de la ville dans différents domaines. Dans cette situation de crise sanitaire inédite, qui entraîne de graves difficultés de vie pour nombre d’entre nous, les initiatives prises à l’échelon municipal revêtent une grande importance.

Nous savons que certains agents de la ville ont été atteints du virus. Nous leur adressons tous nos souhaits de rétablissement. À tous les employés communaux nous souhaitons bon courage car ils exercent leurs tâches dans des conditions difficiles. Le maire nous a également indiqué que comme au niveau national, nous déplorons un nombre de décès plus important que les autres années dans les EHPAD situés sur la commune dont la cause est le COVID 19 et notamment à la résidence des Magnolias. Nous nous associons à la douleur des familles.

Des courriers ont été échangés avec le maire, qui nous adresse ponctuellement quelques informations. Plusieurs questions restent pourtant en suspens après ces échanges.

Marché municipal

Concernant la fermeture du marché municipal tout d’abord, que nous avons regrettée. De nombreux Gratiennois, dont nombre de personnes âgées s’y approvisionnent en temps ordinaire, et se voient à présent contraintes de fréquenter les autres commerces de la ville. C’est donc pour ces derniers une affluence supplémentaire, ce qui en ce moment n’est pas forcément souhaitable. Pourquoi fermer les marchés alors que ce sont des endroits où les mesures de précaution peuvent aussi bien être appliquées qu’ailleurs, et qui ont l’avantage contrairement aux grandes surfaces, de proposer des produits à l’abri des manipulations des uns et des autres ? Des marchés du val d’Oise ont pu récemment rouvrir, suite à une demande de dérogation émanant de la ville. Apparemment, Saint Gratien n’a pas souhaité faire cette démarche. Dans d’autres villes, bien que le marché soit fermé, un système de commandes et de livraisons a été mis en place, ce qui permet aux habitants de se fournir en produits frais, et aux commerçants de continuer à avoir une certaine activité. C’est le cas à Enghien, où ce système fonctionne bien, sous la surveillance de la police municipale. Une bonne publicité a été faite. Selon les commerçants, qui ont contacté les services de la mairie, cela n’a pas pu être instauré à Saint Gratien, faute de policiers municipaux en nombre suffisant. Néanmoins, la ville aurait au moins pu faire connaître largement le fonctionnement du marché d’Enghien, où il est possible de retrouver les commerçants de notre marché. Non seulement c’est une possibilité offerte aux consommateurs de s’approvisionner en produits frais, mais c’est aussi un soutien essentiel aux commerçants. Notre marché était déjà dans une situation difficile, il ne faudrait pas que deux mois de fermeture lui donnent le coup fatal. Or, si le site web de la ville donne la liste des commerces ouverts, pour trouver les commerçants du marché, il faut aller à la dernière page du document, avec l’indication « livraison seulement », sans mention de la possibilité du retrait des marchandises au marché d’Enghien.

Nous apprenons aujourd’hui même que le marché d’Enghien rouvrira le jeudi 30 avril, avec des dispositions permettant d’y faire ses courses en toute sécurité.

Contamination du 15 mars

Nous regrettons l’absence totale de réponse sur notre demande d’information auprès des élu-e-s et des assesseur-e-s qui ont tenu les bureaux de vote le 15 mars lors des élections municipales, à propos de l’infection d’agents de la ville. Plusieurs d’entre nous ont en effet été en contact le dimanche 15 mars tout au long des opérations de vote avec des agents de la ville qui ont par la suite été détectés covid-19. Prévenus rapidement et de façon officielle, nous aurions pu informer largement autour de nous, limiter nos déplacements et nos contacts et ceux des autres personnes. Nous avons saisi les services de l’ARS du 95 à ce sujet.

Personnes sans domicile

Dès le 30 mars, nous nous inquiétions de la situation des personnes sans domicile fixe et proposions, comme l’ont fait de nombreuses villes, de réquisitionner des chambres dans les hôtels de la ville, afin de mettre ces personnes à l’abri et leur permettre d’accéder à des mesures d’hygiène élémentaire. Aucune réponse sur ce point, sauf l’allusion du maire à un éventuel accueil à la base de loisirs de Cergy-Pontoise pour les personnes sans domicile.  Sans autre information depuis début avril, nous nous inquiétons toujours de la situation des personnes à la rue dans notre commune. 

Dispositif d’aide aux sans-abri

Le ministère en charge de la Ville et du Logement a annoncé la création d’un dispositif « chèque-services » pour les sans-abri. Il s’agit d’une aide financière de 7 € par jour et par personne. Les associations caritatives en organisent la distribution, bien qu’elles aient été contraintes de réduire leurs interventions en raison du confinement. Comment les services de la ville relaient-ils  cette initiative ministérielle sur notre territoire ? Nous n’avons aucune information sur ce point malgré nos relances.

Sans réponse du maire sur ces deux derniers points, nous avons saisi les services de  la Préfecture.

D’autre part, certaines villes ont basculé les économies faites à cause de la fermeture des cantines, sur la distribution de chèques alimentaires aux familles les plus modestes. Une suggestion que nous avons faite à Saint Gratien, tant il est évident que le confinement entraîne des difficultés de vie accrues pour de nombreuses familles.   

Informations municipales

Le site de la ville est bien pauvre en informations. Priorité semble donnée à la page Facebook de Saint Gratien. Mais tous les habitants ne sont pas sur ce réseau. Il nous semble indispensable de relayer les informations municipales sur le site officiel.  

Initiatives prises par la ville 

-La ville a instauré la gratuité des loyers pour les commerces et les entreprises dont la ville et la SAIEM sont propriétaires et ce pour toute la durée du confinement. Un geste certainement bienvenu, bien que la situation ne soit certainement pas la même pour toutes les entreprises de la ville sans distinction.

-La tonte des pelouses et de l’entretien du fleurissement  a repris. Bien que cela ne soit pas fondamental, l’entretien des espaces verts reste important, à condition que cela s’effectue dans des conditions de sécurité sanitaire totale pour les agents.

-La désinfection du mobilier urbain dans les espaces les plus fréquentés sera effectuée deux fois par semaine. Le nettoyage de la voirie est quant à lui inutile, selon l’avis du Haut conseil de santé publique. Celui-ci  «recommande de ne pas mettre en œuvre une politique de nettoyage spécifique ou de désinfection de la voirie, du fait de l’absence d’argument scientifique de l’efficacité d’une telle mesure sur la prévention de la transmission du SARS-CoV-2. Il préconise aussi de continuer d’assurer le nettoyage habituel des voiries et d’assurer le nettoyage et la désinfection à une fréquence plus régulière du mobilier urbain, avec les équipements de protection habituels des professionnels ».

-Par ailleurs, en partenariat avec l’imprimerie gratiennoise RPS, la ville a pu remettre 60 visières de protection aux 2 EHPAD de la ville et à la résidence séniors « La Fontaine », et équiper la police municipale et les aides à domicile. Ce type d’initiative locale pertinente pourrait se multiplier, impliquant aussi des particuliers, si la ville faisait un large appel aux bonnes volontés. Le maire avait indiqué vouloir faire connaître la plate-forme « Ensembl’ » qui pourrait mettre en contact les Gratiennois voulant participer ou proposer des actions de solidarité, mais nous n’avons ensuite pas eu d’autre informations sur ce point.

Distributions de masques

Une distribution de masques par la ville a eu lieu, suite à une dotation de la Région, bien popularisée par Valérie Pécresse. Ces masques ont bénéficié au personnel communal qui devait en être équipé et ont été distribués dans les pharmacies, pour l’usage exclusif des soignants et personnes malades, munies d’une ordonnance. Une distribution bienvenue en ces temps de pénurie, bien que nous ne soyons pas naïfs au point de ne pas voir le bénéfice politique que certains voudront tirer de cette opération, très médiatisée. 

D’autre part, il apparaît que le maire a distribué des masques dans les commerces. Nous n’avons pas été informés de cette action.  

Enfin, la ville a commandé des masques lavables pour distribution aux Gratiennois, à raison de deux masques par foyer. Une partie de la livraison a été envoyée en priorité aux  personnes âgées de 70 ans et plus, par envoi postal nominatif. C’est certes une initiative qui sera appréciée par les habitants en ces temps d’incurie gouvernementale. On pourra s’interroger sur le fait de savoir si c’est bien aux villes de pallier aux défaillances de l’État.  Les critères selon lesquels se fait cette distribution peuvent aussi interroger. Pourquoi deux masques par foyer ? Pourquoi aux personnes de plus de 70 ans ? Pourquoi à une personne de 70 ans en parfaite santé et non à un diabétique de 65 ans ?  La ville est-elle à même de déterminer les publics prioritaires ? N’est-ce pas plutôt aux pharmacies ou aux médecins de procéder à des distributions ciblées en fonction des cas particuliers ? Cette annonce a été fortement médiatisée sur la page Facebook de la ville avec une photo qui met en scène des élus et des agents masqués devant la mairie.

Réouverture des établissements scolaires  

Pour les jours à venir, une des questions essentielles sera celle de la réouverture des écoles. Aucune information ne nous été communiquée. Une foule de questions va se poser. Rouvrir toutes les écoles ? Pour tous les enfants ? Comment seront déterminés les 15 élèves par classe ? Avec ou sans cantine ? Qui assurera la désinfection régulière des locaux ? Comment mettre en place une distance assurant une sécurité entre les élèves ? Comment éviter les rassemblements à la sortie ? Comment surveiller le lavage régulier des mains ? Il faut associer à cette réflexion complexe les enseignants, les parents, les personnels et les élus. Cette crise met en lumière les faiblesses de notre système éducatif, et particulièrement le manque de personnel : classes trop chargées, pas assez d’Atsem, plus de médecine scolaire… Le manque d’encadrement est déjà criant en temps « ordinaire », on voit qu’il empêche toute reprise des cours dans des conditions optimales de sécurité sanitaire.    

Fonctionnement de la collectivité

Pour notre part, nous regrettons de ne pas être davantage informés des actions de la ville, et nullement concertés. Les messages du maire à notre égard se terminent par l’immuable conseil « restez à la maison ! », alors que les élus de la majorité sont visiblement sollicités pour diverses interventions.

S’il est du ressort du maire d’assurer la gestion courante de la collectivité durant ces temps de confinement qui rendent les réunions physiques impossibles, le fonctionnement démocratique n’est pas pour autant suspendu. Il serait possible, et souhaitable, d’organiser par visio ou audioconférences, la réunion de tous les élus pour entendre leurs avis et propositions. C’est aussi une suggestion que nous avons faite au maire, qui n’y a pas répondu pour le moment.

Élus de la ville, réélus le 15 mars dernier, nous souhaitons être non seulement informés de l’action de la ville dans la gestion de la crise sanitaire, mais aussi être associés aux réflexions dans les différents domaines. Nous avons également dit, et redit, notre disponibilité pour participer aux éventuelles actions de solidarité menées par la ville.

 

 

 

Halte à l’improvisation

Dé confinement de l’Ile-de-France : halte à l’improvisation

Dans l’édition du « Journal Du Dimanche » du 26 avril 2020, des élus locaux  du Parti communiste français alertent sur les enjeux spécifiques du dé confinement de la région Ile-de-France.

Les signataires de cette tribune sont Céline Malaisé, Présidente du groupe Front de Gauche à la Région Ile-de-France, Christian Favier, Président du Conseil départemental du Val-de-Marne (94), Ian Brossat, conseiller de Paris PCF (75), Jacqueline Belhomme, maire de Malakoff (92), Patrice Bessac, maire de Montreuil (93), Marjolaine Rauze, maire de Morsang-sur-Orge (91), Charlotte Blandiot Farid, maire de Mitry-Mory (77), Pierre Barros, maire de Fosses (95), Nelly Dutu, maire de La Verrière (78).

Alors que la France doit entamer un dé confinement progressif et « territorialisé » à partir du 11 mai, des élus locaux de gauche en Île-de-France alertent sur les enjeux spécifiques de la région, premier foyer épidémique français de coronavirus, notamment celui des transports en commun ou des écoles. Et proposent des solutions pour une meilleure sortie du confinement.

Voici leur tribune.

L’Ile-de-France est le premier foyer épidémique français, avec près de 40% des malades du pays. Le nombre de décès y a augmenté de 72% par rapport à l’an passé.

Tous les départements franciliens connaissent une surmortalité de plus de 50%. De nombreuses familles sont endeuillées, la peine et les inquiétudes voilent l’avenir. La situation de nos aînés dans les EHPAD nous effraye. Nos communes, nos départements et la Région ont fait et font face aux urgences. Si le confinement a réduit la propagation du virus et le nombre de malades, la perspective d’un dé confinement posée par le Président de la République sans plan détaillé nous inquiète fortement.

L’étude de l’Inserm sur les conditions de la levée du confinement en Ile-de-France étudie divers scénarii et est tout aussi inquiétante. Sans mesures spéciales, elle indique que les besoins en lits de réanimation franciliens seraient 40 fois supérieurs à ceux existants. Ce serait une catastrophe sanitaire et humaine. Nous, élu.e.s locaux, avons à cœur de protéger les populations, de garantir leur sécurité sanitaire et sociale.
Il est donc indispensable que la sortie du confinement soit accompagnée du maximum de protections pour sauver des dizaines de milliers de vies et non guidée par des seuls impératifs économiques et financiers. L’étude de l’Inserm rappelle que la levée du confinement ne peut être possible qu’avec une politique de tests très active couplée à un isolement des cas positifs pour briser les chaînes de contamination.
C’est indispensable, mais en Île-de-France il faut aller plus loin. Instruits par la pénurie de moyens de protection pour les soignants, aucunement rassurés par les déclarations présidentielles et gouvernementales, dubitatifs sur la capacité de l’État à fournir des masques, non renseignés sur la stratégie sanitaire réelle de l’État, nous, élu.e.s régionaux, départementaux et municipaux franciliens, nous formulons des propositions pour l’action commune.
Il nous faut limiter au maximum les risques de transmission, en particulier dans les transports publics utilisés auparavant tous les jours par 5 millions d’usagers. Il faut tout faire pour que les usagers soient, dans un premier temps, beaucoup moins nombreux pour respecter la distanciation physique, soit moins de 1 million par jour. Il faut aussi qu’ils soient protégés, et que l’État leur fournisse des masques de qualité, quotidiennement dans les gares de Transilien, RER et les stations de métro.

Le télétravail, après le 11 mai et jusqu’à l’été, devra être maintenu à un niveau très élevé. Pour éviter que l’Île-de-France ne devienne un embouteillage géant, il faut donner en urgence les moyens d’augmenter massivement le nombre de déplacements à vélo et à pied. Il faut créer très vite des pistes cyclables temporaires dans toute la Région et augmenter l’espace réservé aux piétons dans les espaces très urbanisés.
Le 11 mai, les opérateurs de transport public ne pourront fournir qu’une offre de transport réduite de moitié par rapport à la normale. Est-il raisonnable de ne pas attendre qu’ils aient pu l’augmenter de façon plus importante ? Nous ne le pensons pas.

Concernant la réouverture des crèches, écoles, collèges et lycées, la condition sine qua non est la sécurité physique et morale des enfants et des personnels qui doivent disposer de moyens de protection notamment de masques fournis par l’État. Le flou gouvernemental et la délégation de la responsabilité à nos collectivités inquiètent. Nous entendons et partageons les craintes des parents et de leurs fédérations, celles des enseignants, des agents territoriaux et de leurs syndicats.
Les établissements ne peuvent pas devenir des foyers épidémiques et les enfants des vecteurs de transmission du virus dans les familles. Aucune étude n’avait envisagé un retour à l’école avant septembre encore moins dans le cluster francilien. Ce que nous exigeons est un plan d’action intégrant des garanties sur l’entretien des locaux et l’approvisionnement en masques, blouses, gants et tests car l’ouverture d’une école engage la puissance publique. C’est seulement à ces conditions qu’il est envisageable d’ouvrir les écoles.
D’autre part, les lycéens sont nombreux à emprunter les transports publics. Peut-on envisager rouvrir rapidement les lycées sans qu’ils puissent les rejoindre via d’autres modes de transport, comme le vélo ? Cela ne nous paraît pas non plus raisonnable.

Le dé confinement en Ile-de-France ne pourra être que très progressif, et plus tardif que dans le reste du pays. Nous appelons à la plus grande prudence et à prendre le temps d’une large concertation entre l’État et les collectivités. Il nous faut définir ensemble les conditions du dé confinement. Pour nous, cela ne nous apparaît pas possible sans une offre de transport public très conséquente, sans une campagne massive de tests, sans des distributions très larges de masques, sans la création d’un réseau très important de voies cyclables temporaires et sans une transparence entière de l’ État.
La levée du confinement, conformément aux conseils des scientifiques, doit s’accompagner d’une politique massive de dépistage couplée à un isolement des personnes positives. Plusieurs de nos collectivités ont déjà proposé des lieux d’isolement hors domicile, d’autres des centrales d’achat ou une mobilisation du tissu local de TPE ou PME pour produire des moyens de protection.

Ensemble, nous devons, dès à présent, anticiper et mettre en commun nos moyens pour acheter des tests, organiser la logistique humaine et matérielle d’un dépistage massif, définir les cohortes, suivre humainement les chaines de transmission pour les interrompre… A l’instar de ce que la région Grand Est met en place, nous proposons la création d’une société d’économie mixte (SEM) qui regrouperait la Région, les départements et les communes franciliennes ainsi que des acteurs publics et privés pour déployer un dépistage massif indispensable à la levée du confinement.

IDF