Vive la Commune !

La Ville de Paris va lancer une série d’événements pour marquer le 150e anniversaire de la Commune, à partir du 18 mars, date de début du soulèvement populaire de 1871.

Lu dans le JDD (mais il y a aussi un numéro spécial de l’Humanité sur la Commune !)

Les silhouettes de 50 communards comme Louise Michel et Gustave Courbet, dessinées par Dugudus, seront exposées dans Paris le 18 mars.

Cinquante communards tenus par 50 Parisiens d’aujourd’hui. Le 18 mars, date du premier jour de l’insurrection de 1871, des silhouettes grandeur nature de figures historiques comme Louise Michel ou de personnages inconnus comme la brancardière Hortense Machu seront dressées au pied du Sacré-Cœur. Une façon de marquer l’anniversaire du début de ce soulèvement populaire.

Près d’une cinquantaine d’événements sont prévus dans Paris, jusque fin mai, pour rappeler les neuf semaines de la Commune : lectures de textes, chansons, conférences… La plupart de ces temps forts auront lieu en plein air, en raison du contexte sanitaire, comme cette exposition élaborée par le comité d’histoire de la Ville de Paris. Des représentations de théâtre immersif seront organisées dans l’espace public. Le 2 avril, le procès de Louise Michel sera rejoué par des acteurs dans la mairie centrale, et filmé pour une retransmission en ligne.

La municipalité y consacre 70.000 euros, essentiellement en subventions à des associations. C’est justement l’octroi d’une aide aux Amies et Amis de la Commune de Paris 1871 qui a provoqué une passe d’armes entre droite et gauche lors du Conseil de Paris de février. Rudolph Granier, élu LR du 18e, s’était insurgé contre une subvention à cette association qui, selon lui, « glorifie les événements les plus violents de la Commune« , comme les incendies de l’Hôtel de Ville et des Tuileries.

Laurence Patrice, adjointe (PCF) d’Anne Hidalgo chargée de la mémoire et du monde combattant, précise au JDD qu’il ne s’agit pas d’une célébration ou d’une commémoration, « à la connotation un peu mortuaire« , dit-elle, mais « d’évoquer ce moment historique et de lui redonner son sens dans l’histoire de Paris« .

« Au-delà des violences dans les deux camps, mais qui ont fait des milliers de morts chez les communards [plus de 7.000 morts lors de l’écrasement de l’insurrection fin mai 1871], nous voulons montrer l’expérience de démocratie sociale qui a eu lieu pendant ces quelques semaines, explique l’adjointe. Les Parisiennes et Parisiens ont pris des décisions qui ont encore un écho aujourd’hui, comme l’égalité salariale entre femmes et hommes, la séparation de l’église et de l’État, la réquisition de logements libres. » Et d’ajouter : « Bien souvent, le grand public ne connaît que le nom de Louise Michel, nous voulons faire émerger d’autres personnalités.« 

Les 50 silhouettes, dessinées par l’affichiste Dugudus, joueront le rôle d’ambassadeurs itinérants dans Paris, puisqu’elles seront accrochées devant l’Hôtel de Ville, la gare de l’Est, etc. Des textes, écrits par l’historien Hugo Rousselle, présenteront ces communards célèbres – comme le peintre Gustave Courbet, l’écrivain Jules Vallès, le photographe Nadar – ou d’autres oubliés.

Dugudus, 33 ans, a respecté les détails historiques des costumes, notamment de gardes nationaux, en lien avec des conservateurs du musée de l’Armée, « jusqu’aux gâchettes des pistolets! » Pour les visages, il a cherché des photos, souvent un cliché unique, celui pris par les forces de l’ordre lors de l’arrestation des insurgés. Hugo Rousselle et lui ont ajouté le personnage anachronique de Gavroche et le poète Rimbaud (dont on ne sait s’il a participé à la Commune). « Tous sont représentés avec un cerne noir pour mieux ressortir, dit-il, et en couleur pour les rapprocher de nous.« 

Il y a cinquante ans, l’artiste Ernest Pignon-Ernest installait des pochoirs de gisants à Montmartre pour rappeler la Semaine sanglante. Dugudus veut plutôt mettre en avant « l’esprit festif du début de la Commune« .

Écouter ici un entretien avec Dugudus

La forêt, notre bien commun

La forêt de Montmorency fait face à une grave crise sanitaire, elle aussi. Le Covid forestier s’appelle la maladie de l’encre. Des élus locaux critiquent la gestion de l’ONF, qui a procédé à des coupes rases des parcelles malades. Que penser de cette querelle et comment assurer la sauvegarde de cette forêt qui nous est tellement essentielle ? Quel rôle pour l’ONF ?

La forêt domaniale de Montmorency est touchée par une grave crise sanitaire. Composée à 72% de châtaigniers, elle est durement attaquée par « la maladie de l’encre ». Il s’agit d’un champignon microscopique qui attaque les racines des arbres et finit par les faire tomber. Il n’y a pas de remède.

« La maladie de l’encre est un pathogène à mi-chemin entre le champignon et l’algue, explique Michel Béal, directeur Ile de France Ouest de l’Office National des Forêts. Il se déplace dans le sol et c’est vraiment le dérèglement climatique qui favorise son développement« . Hivers doux, printemps pluvieux puis étés de sécheresse sont dévastateurs pour les forêts, la maladie de l’encre n’est pas due au hasard.

Depuis deux ans, l’Office National des Forêts (ONF) multiplie les « coupes sanitaires » des châtaigniers de Montmorency sur des dizaines d’hectares. « Nous faisons des coupes en hiver et nous replantons à l’automne, poursuit Michel Béal, mais nous remettons d’autres essences qui ne craignent pas cette maladie, comme le chêne, le cormier ou le merisier« . Environ 80 hectares de châtaigniers ont dû être coupés en forêt de Montmorency, qui pourrait perdre encore 200 à 300 hectares de châtaigniers d’ici 5 ans, soit en tout 20% de sa superficie.  

Pour l’instant, « la forêt de Montmorency est la seule d’Ile-de-France à être classée en crise sanitaire par l’ONF depuis 2018« , explique Michel Bréal. Le plan de gestion habituel n’y est donc plus applicable, et les forestiers sont « débordés« , ajoute-t-il. Depuis que la maladie a pris de l’ampleur, les forestiers ont dû augmenter la surface des parcelles d’arbres à abattre.

En attendant de meilleures solutions, l’ONF travaille sur le sujet avec le ministère de l’Agriculture et des scientifiques de l’INRAE (Institut national de recherche en agriculture, alimentation et environnement). Une chercheuse a été spécialement dédiée pour la première fois à cette maladie.

La gestion de l’ONF est très critiquée par des élus d’Île-de-France qui contestent les coupes effectuées en forêt de Montmorency et demandent dans une tribune parue dans la presse locale un « moratoire » sans qu’on comprenne bien leurs propositions alternatives. La cause des coupes rases serait selon eux les difficultés financières de l’ONF et l’injonction faite aux agents de « rentabiliser » la forêt en vendant du bois. Le maire de Saint Gratien est signataire de la tribune.

Étonnant de voir que ces élus -tous de droite- découvrent soudain les méfaits de la course au profit ! Pourtant dans leurs communes respectives ils confient au privé à tour de bras la gestion des services publics locaux.

Il est vrai que l’ONF est un service public gravement menacé. Sur les 15.000 emplois que comptait l’ONF en 1985, il en reste moins de 9.000 en 2018, dont seulement 4994 fonctionnaires. La réduction des postes se poursuit. On sait qu’il y a à l’ONF un climat social délétère, apportant nombre de suicides, dépressions, démissions.. « Nous, agents de l’ONF, avons besoin du soutien des citoyens car aujourd’hui nous faisons face à une perte de sens de notre métier », alerte le personnel de l’ONF. Lors d’une récente manifestation, un épouvantail habillé en agent et pendu à un arbre rappelait la grande détresse dans laquelle se trouve la profession.

Il est impératif de pérenniser l’existence de l’ONF et d’en augmenter ses effectifs. Il faut bien évidemment que cet organisme reste public pour garantir une gestion nationale et indépendante de tout intérêt financier privé. Il faut valoriser les compétences de l´ONF et réaffirmer le rôle et les missions de service public forestier au service de l´intérêt général et de la biodiversité. La forêt est un bien commun et non une marchandise.

Le rôle de l’ONF est d’autant plus primordial aujourd’hui, dans le contexte du dérèglement  climatique. La préservation et le développement des surfaces boisées constitue un enjeu essentiel. Les forêts étant indispensables pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre et pour la sauvegarde de notre biodiversité, leur entretien et leur surveillance sont primordiales.

Or, le gouvernement promeut le productivisme, la surexploitation du bien public, une sur-mécanisation, la quête de rentabilité, et la filialisation des activités concurrentielles de l’ONF. C’est cette vision du rôle de l’ONF qui est problématique.

Les agents ONF des différents syndicats s’inquiètent également du fait que le texte de la loi Climat fasse l’impasse sur la question des forêts, alors que la convention citoyenne avait reconnu l’importance de « valoriser les compétences de l’ONF et réaffirmer le rôle et les missions de service public forestier au service de l’intérêt général et de la biodiversité ».

Pour sauver la forêt de Montmorency, et toutes les forêts de France, pas d’autre solution que de réinvestir dans le service public de l’ONF.  

L’Office National des Forêts est un établissement public créé en 1964 mais héritier de 700 ans de foresterie française, placé sous la tutelle du ministère de l’agriculture et de l’alimentation ainsi que du ministère de la transition écologique et solidaire.

Un vaccin pour toutes et tous

Les vaccins contre la COVID-19 sont encore largement inaccessibles à une grande partie de la population, que ce soit dans le monde, en France ou en Europe.

Cette inégalité d’accès aux vaccins favorise l’apparition et la propagation de nouveaux variants du virus. Cela rend non seulement la pandémie plus longue, mais fait aussi de nombreuses victimes.

Pourtant, une solution existe pour assurer le libre accès à un vaccin pour toutes et tous.

Les droits sur les brevets doivent être levés et les vaccins doivent être accessibles à toutes et tous.

Ainsi nous pourrions mettre fin à cette pandémie bien plus rapidement.

Des citoyennes, des citoyens et des organisations de gauche européennes se mobilisent pour que la Commission européenne s’engage à faire des vaccins et des traitements anti-pandémiques un bien public mondial, gratuit pour toutes et tous : c’est l’initiative citoyenne européenne « Right to Cure« , soutenue par plus de 200 organisations dans 13 pays européens. Une initiative citoyenne européenne est un moyen de proposer une proposition de loi concrète à la Commission européenne. Il faut un million de signatures dans toute l’Union européenne.

Signez afin que la Commission européenne prenne des mesures pour faire des vaccins et des traitements anti-pandémiques un bien public mondial, librement accessible à tous.

Signez ici

 

 

8 mars 2021

Faut-il le répéter, le 8 mars n’est pas la « journée de la femme » (il est donc inutile voire stupide de nous faire un cadeau !) mais la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

Partout dans le monde le 8 mars, des mobilisations ont lieu pour gagner l’égalité entre les femmes et les hommes. En France, la dernière manifestation dans la rue le 8 mars 2020 a réuni 150 000 manifestant.es.

La crise sanitaire n’a fait qu’aggraver la situation des droits des femmes :  augmentation des violences sexistes et sexuelles, des charges domestiques et familiales, de la précarité, un droit à l’avortement fragilisé et les questions d’égalité professionnelle oubliées.

Pendant cette crise, l’utilité sociale de nombreuses professions très féminisées a été mise en lumière et l’urgence de leur revalorisation est encore plus criante. Que ferait-on sans les femmes enseignantes, caissières, infirmières, aides-soignantes, femmes de ménage … ?

La question des droits des femmes est toujours d’actualité dans notre pays. Des exemples ? La France ne compte que 4 % de femmes cheffes d’orchestre, elles sont plus de 30 % à être à temps partiel, contre 7% chez les hommes, et l’écart de salaires entre les hommes et les femmes est toujours de 25 %. Chaque jour à partir de 15h40, les femmes travaillent gratuitement. Cette heure symbolise le « quart en moins » de salaire.

Les discriminations, les violences sexistes et sexuelles sont légion. 94 00 femmes victimes de viols ou tentatives en France par an !

Et si les femmes représentent 47% des député.es, elles ne sont que 20% des maires et 12% des président.es d’intercommunalités.

Selon l’ONU, dans le monde 47 millions de femmes et de filles dans le monde passeront sous le seuil de pauvreté en 2021 à cause de la pandémie de coronavirus, annulant ainsi des décennies de progrès.

Enfin, les femmes restent les grandes oubliées de l’histoire. À Saint Gratien, seules 9 rues portent des noms de femmes… contre 85 des noms d’hommes.  

Une fois n’est pas coutume, la télé met à l’honneur ce 8 mars 2021 une femme oubliée et pourtant exceptionnelle, Martha Desrumeaux, ouvrière communiste.. et féministe !

Lire ici 

Un peu d’histoire…

La journée internationale de lutte pour les droits des femmes du 8 mars est une journée internationale mettant en avant la lutte pour les droits des femmes et notamment pour la réduction des inégalités par rapport aux hommes.

Elle est issue de l’histoire des luttes féministes. À la suite d’une proposition de Clara Zetkin en août 1910, l’Internationale socialiste des femmes célèbre le 19 mars 1911 la première « Journée internationale des femmes » et revendique le droit de vote des femmes, le droit au travail et la fin des discriminations au travail. Depuis, des rassemblements et manifestations ont lieu tous les ans.

Clara Zetkin

C’est la Russie soviétique qui est le premier pays à l’officialiser en 1921 en en faisant un jour férié. C’est finalement en 1977 que l’ONU officialise la journée, invitant tous les pays de la planète à célébrer une journée en faveur des droits des femmes. C’est une journée de manifestations à travers le monde et l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes dans la société et de revendiquer plus d’égalité en droits.

Ci-dessous, l’éditorial de l’Humanité en ce 8 mars 2021, qui bien qu’écrit par un homme… est un beau texte féministe !

Éditorial. Universalité

Lundi 8 Mars 2021, Christophe Deroubaix dans l’Humanité

Dans un monde idéal, le 8 mars n’existerait pas. Ou alors à titre commémoratif, afin de célébrer la pleine égalité enfin atteinte. Mais on sait que, dans un monde réel qui tend vers l’idéal, cette quête demeurera permanente. Avec la même ligne d’horizon en vue, chaque avancée ouvrira une nouvelle perspective qui elle-même permettra d’autres percées. Un cap a incontestablement été franchi ces dernières années avec ce qu’il est convenu d’appeler la « libération de la parole », lointaine cousine de la « libération sexuelle », toutes deux ayant la fonction d’un coup de masse fissurant un édifice séculaire : le patriarcat.

On mesure sans doute la puissance de cette vague que nous décrivons, dans notre une du jour, comme « irrésistible » à la pauvreté des arguments des syndics de l’ordre établi. Ici, ils tentent d’assimiler la partie au tout, en instrumentalisant des formes d’actions marginales afin de discréditer ce puissant mouvement. Là, ils entendent jouer de la déstabilisation d’hommes qui se sentent sincèrement perdus ou stigmatisés au milieu de ce réagencement historique dans l’ordre des genres.

Si cela va sans dire, cela va sans doute mieux en l’écrivant : il ne s’agit pas d’un combat des femmes contre les hommes, d’une bataille de la moitié de l’humanité pour elle-même contre l’autre moitié, de retourner les armes, mais de désarmer. Fidèles à un « esprit Mandela », plus moderne que jamais, assumons que la fin du patriarcat émancipera les femmes ET les hommes, libérant les unes et les autres du poids – à la hauteur de ce qu’il leur a fait vivre – d’un système d’assignation et de domination. C’est donc un combat de l’humanité tout entière pour sa propre réalisation. Échappant, année après année, à une sorte de piège de « saint-valentinisation » (dessécher une belle idée en la confinant), le 8 mars se hisse, peu à peu, au calendrier de l’émancipation, à la hauteur de l’universalité d’un 14 Juillet.

Vive la pub ?

Petit retour sur les principaux points du Conseil municipal du 11 février 2021, et nos appréciations sur les différents dossiers.

Nous avons voté contre le contrat de concession pour la disposition, l’installation et l’entretien du mobilier urbain. Voici pourquoi.

Par « mobilier urbain », il faut entendre principalement les panneaux publicitaires,  d’affichage municipal, d’affichage libre et les abris-bus. Ni les bancs, ni les poubelles, ni les arceaux à vélos… ne sont ici concernés. La ville s’engage sur 15 ans, l’affaire n’est donc pas anodine et mérite un débat approfondi. Le contrat a été préparé par la commission d’appel d’offres, mais c’est le maire lui-même qui a poursuivi les négociations avec la société Decaux pour aboutir à la proposition présentée au Conseil municipal. Le contrat concerne donc l’installation du nouveau mobilier, son entretien et le versement d’une redevance à la ville (45K€ annuels et une part variable très aléatoire). Il s’agit de mobilier « rénové » qui pourrait être changé à mi-contrat pour faire évoluer les panneaux digitaux ou numériques.

Nous regrettons depuis le début l’absence de toilettes publiques dans ce contrat alors que la demande s’est fortement exprimée en ville, notamment lors de grands événements comme le festival, le marché de Noël (les commerçant.es sont alors autorisé.es à utiliser les toilettes de l’école Grusse Dagneaux !), mais aussi pour la vie quotidienne.. C’est une demande que nous avons portée en Conseil municipal dès septembre 2019 et ensuite à chaque commission. Les  seuls sanitaires de la ville sont implantés au parc Barrachin et au jardin du petit lac, mais les deux sont laissés à l’abandon sans entretien. Le maire argue de trop « fortes contraintes techniques » (évacuation d’eau et électricité) qui empêcheraient cette installation. On reste pantois devant l’argumentation… Comment font donc les communes voisines ?

Decaux est aussi le leader mondial de mobilier urbain concernant les transports alternatifs. C’est donc une belle occasion manquée pour équiper la ville de matériels performants dans ce domaine. Existent notamment des bancs appelés « 3 en 1 » avec abris à vélos intégrés et prise pour recharge téléphonique. Selon le maire, puisque c’est la collectivité qui entretient ce mobilier, cela n’avait pas à rentrer dans le contrat avec Decaux. (Nous reviendrons sur ce sujet car on ne peut se satisfaire des équipements gratiennois dans ce domaine !)

Oubliée aussi la demande d’abris à poussettes au pied de l’aile des affaires scolaires…

Quid de l’information municipale ou culturelle dans les différents quartiers de la ville ? Les habitant.es des Raguenets notamment se plaignent d’un manque d’information culturelle. Il faut être particulièrement attentif à l’emplacement des supports informatifs.

Y a-t-il vraiment nécessité d’une colonne culturelle ? Elel était initialement prévue devant la mairie. Nous pensons qu’il faut revoir cet emplacement, pour un endroit plus central et plus passant, à la gare ou en centre-ville. C’est ce qui sera finalement retenu, la colonne sera implantée rue Berthie Albrecht.

On ne peut que s’étonner du fait qu’il n’y ait pas eu de redevance annuelle versée par Decaux dans le précédent contrat qui courait sur 12 ans. Étonnant pour une ville qui se pique régulièrement d’une « gestion rigoureuse »…

Nous nous interrogeons sur le pourcentage requis pour obtenir le versement de la part variable de la redevance. La ville peut-elle vraiment espérer une redevance de 65K€ ? Le seuil nécessaire pour déclencher la part variable sera-t-il jamais atteint ? Ce n’est pas le cas par exemple dans le contrat qui nous lie avec Indigo pour le stationnement payant.  On peut se demander si Decaux encaissera sur Saint Gratien les 400K€ de recettes publicitaires nécessaires pour déclencher cette part de redevance. Difficile à dire, puisqu’il est impossible de savoir quel chiffre d’affaires Decaux a réalisé ces dernières années à Saint Gratien.

Enfin, une remarque plus générale, qui n’a pas été abordée en Conseil municipal où nous aurions vite été coupé.es pour « hors sujet » ! Nous sommes très critiques sur la politique de la ville en matière de concessions. Celle du marché rapporte certes environ 45K€ par an à la ville mais la gestion commerciale laisse grandement à désirer. Indigo gère le stationnement payant (194 places au P1 et 594 places en voirie, contre une redevance de 6000€ à la ville) mais son rapport d’exploitation n’a pas été présenté au Conseil municipal. Pas de débat donc sur cette question. La ville pratique également depuis des années une politique d’externalisation des services : la restauration scolaire est confiée à la société Sogérès (tarifs élevés et qualité médiocre des repas), l’entretien des bâtiments communaux est assuré par la société Saturne (qualité du service remise en cause, notamment par les utilisateurs des locaux scolaires). La liste n’est pas exhaustive. Pour quels services rendus à la population ?

À suivre…

Terres de Gonesse, la ferme maraîchère de la région parisienne

ZAD de Gonesse : soutien et solidarité avec les opposants à la gare de plein champs de la ligne 17

Déclaration du PCF

Ce mardi 23 février les occupants de la ZAD de Gonesse ont été expulsés par les forces de l’ordre.

La vingtaine de personnes présentes sur place, pour la plupart jeunes, a été conduite au commissariat de Pontoise.

Une délégation du PCF, composée de Fabien Gay, sénateur, Didier Mignot, conseiller régional d’Île-de-France et Hervé Bramy, membre de la commission Écologie du PCF, s’était rendue sur la ZAD la veille pour renouveler le soutien du PCF au CPTG (collectif pour le Triangle de Gonesse), à ses membres dont les associations environnementales et, surtout, à Bernard Loup, son président qui a fait l’objet d’une condamnation du tribunal à la demande de Valérie Pécresse, présidente de la Région IDF.

Nous renouvelons également notre soutien et notre solidarité aux occupants pacifiques de la ZAD et nous demandons leur libération.

Décidément, pour la majorité de droite de l’Île-de-France comme pour le gouvernement, le chemin est difficile à parcourir pour affirmer que ces terres doivent entièrement être consacrées à l’activité agricole.

Les terres du Triangle de Gonesse doivent devenir, avec la contribution du projet Carma, la ferme maraîchère de la région parisienne.

Si nous continuons de penser que la ligne 17 doit, plus que jamais, relier Saint-Denis-Pleyel au Mesnil-Amelot, en passant par l’Aéroport Charles de Gaulle nous considérons, cependant, avec détermination, que la construction d’une gare de plein champs est un projet obsolète. En effet, nous refusons toute nouvelle et éventuelle opportunité qui pourrait conduire à une artificialisation et au bétonnage des très riches terres agricoles de cette partie de la région parisienne.

Suite à l’annulation d’Europacity à laquelle le PCF a contribué, nous  appelons toutes celles et tous ceux qui agissent pour une « société d’après » à poursuivre leur mobilisation pour un développement des terres de Gonesse qui fasse utilement et respectueusement le lien entre la nature et les êtres humains.

Deux prochains rendez-vous sont fixés. Vendredi 26 février à 12h30 devant le Tribunal de Pontoise et samedi 27 février à 11h00 au Trocadéro, les communistes franciliens seront présents !

Parti communiste français

En garde !

Petit retour sur les principaux points du Conseil municipal du 11 février 2021, et nos appréciations sur les différents dossiers.

Réhabilitation de la salle d’armes

Nous sommes pour cette opération bien entendu ! L’état de cet équipement fait qu’une réhabilitation est nécessaire depuis plusieurs années déjà. La toiture notamment n’assure plus une étanchéité satisfaisante et  les jours de pluie, les pistes prennent l’eau. Des infiltrations d’eau par le sol ont aussi entraîné des détériorations des pistes métalliques.

Pour autant, nous avons des questions sur cette réfection.

Une constatation regrettable : le « Mag » de la ville nous en apprend autant que le rapport présenté au Conseil municipal. Très dommageable pour le rôle des élu.es qui débattent et votent les travaux. Le maire bafouille que les délais d’impression ont accéléré la parution… il aurait suffi d’attendre le numéro suivant. Assez révélateur de la place peu importante que donne la majorité à une assemblée pourtant décisionnaire.   

Nous nous interrogeons sur la disparition des subventions (État via l’agence nationale du sport, région, département) qui n’apparaissent plus alors qu’elles étaient dans les dossiers des commissions. Seront-elles de 500 ou 600K€, pour un total de travaux qui s’élève à 2,2 millions ? Rien d’assuré à ce stade. D’autant plus que le dit montant a doublé depuis septembre..

Pourquoi des panneaux photovoltaïques, assurément fabriqués en Chine, et non des panneaux solaires pour alimenter en eau chaude les douches de la salle d’armes ? Problème de toiture pas assez solide ? Clairement oui ! L’adjoint aux sports botte en touche en affirmant qu’il n’y a pas nécessité d’une quantité régulière d’eau chaude, son utilisation restant ponctuelle.   

Le problème de l’infiltration d’eau provenant du collège et imbibant les murs par capillarité est -il résolu par le système de la cuve ? Comment sera évacué l’eau de celle-ci ? Le « Mag »… encore lui.. précise que « les eaux pluviales seront valorisées » alors que le rapport du Conseil indique seulement qu’elles seront évacuées. « Vous devancez le débat » nous répond le maire, puisque nous n’en sommes qu’aux premières étapes. Espérons que nos questions seront prises en compte avant que le projet ne soit finalisé.. il sera alors trop tard.  

Que sera-t-il proposé aux scolaires et au club d’escrime pendant les travaux ? On y réfléchit, nous déclare le maire, sans en dire davantage.

Comment les utilisateurs et utilisatrices de la salle, maîtres d’armes et club sont-ils associé.es ? Selon l’adjoint aux sports, aucun problème de ce côté-là. Nous restons un peu dubitatifs.. L’avis des escrimeurs et escrimeuses utilisant la salle est primordial, notamment celui des maîtres d’armes qui connaissent parfaitement leur lieu de travail et d’entraînement, même si le dossier concerne des points techniques qui touchent la structure de l’équipement, comme nous le dit l’adjoint. Ils et elles doivent être associé.es tout au long de la procédure et des avancements du dossier et pas seulement informé.es quand le projet est définitivement fixé.  

Enfin, les honoraires de maîtrise d’œuvre nous paraissent exorbitants : 17,5% des travaux ! Pas de réponse sur ce point.

Quant aux retombées positives que la ville peut espérer après cette rénovation, le devenir des champion.nes formé.es à Saint Gratien, ou encore le rayonnement de l’escrime auprès des jeunes Gratiennois.es… la question est « hors sujet » pour le maire.. Le Conseil n’en débattra donc pas.

À suivre..

La ZAD de Gonesse dans la presse

La ZAD du Triangle de Gonesse n’aura pas duré très longtemps, mais elle laissera assurément des traces.

Ci-dessous, les articles de « Politis » et « l’Humanité » sur son évacuation, et la suite de la bataille des « Terres de Gonesse ».    

 La ZAD de Gonesse expulsée

Vanina Delmas dans Politis

Mardi, au petit matin, les forces de l’ordre ont encerclé le site où les militants s’opposaient à la construction d’une gare en plein champ.

Le week-end avait été festif sur la ZAD du Triangle de Gonesse : 17 jours après l’installation des premières cabanes, les soutiens étaient encore venus écouter le concert improvisé d’une fanfare, participer aux chantiers de construction ou juste discuter. Une jovialité et une ténacité (dont témoignent les photos d’Adrien Chacon ci-dessus) à peine ébranlées par la décision d’expulsion, prononcée par le tribunal de Pontoise (Val-d’Oise). La justice avait été saisie par l’Établissement public foncier d’Île-de-France, propriétaire du terrain occupé.

L’évacuation a eu lieu mardi, au petit matin. Les forces de l’ordre ont encerclé le site sur lequel une trentaine de militant·es s’opposait à la construction d’une gare en plein champ dans le projet plus global de Grand Paris express : des membres du Comité pour le triangle de Gonesse (CPTG), des militants d’Extinction Rebellion et d’autres plus autonomes. À midi ce mardi, 25 personnes étaient en garde à vue.

Si la bataille contre Europacity semble gagnée, cette résistance citoyenne reste vitale pour éviter la bétonisation des dernières terres fertiles de la région, alors que des alternatives existent pour mettre en avant l’agroécologie et l’économie circulaire. L’exemple le plus abouti est le projet Carma (Coopération pour une ambition agricole, rurale et métropolitaine d’avenir). Pour le CPTG, le gouvernement a le choix : « Soit il s’entête à maintenir un projet daté et dépassé, en totale contradiction avec les discours sur la nécessité de stopper l’artificialisation des sols, soit il engage résolument des actions de sauvegarde des terres et de créations d’emplois utiles et non délocalisables. »

Cet article est en accès libre :

http://www.politis.fr/articles/2021/02/la-zad-de-gonesse-expulsee-42858/

Triangle de Gonesse. La lutte contre la gare continue malgré l’évacuation de la ZAD

Lucas Martin-Brodzicki dans l’Humanité

Une vingtaine d’opposants ont été interpellés mardi matin, mettant fin à l’occupation d’un terrain entamée le 7 février. Élus et militants veulent maintenir la pression pour sauver ces terres fertiles du Val-d’Oise.

L’aventure de la « première zone à défendre d’Île-de-France » aura donc duré dix-sept jours. Ce mardi, au petit matin, un important dispositif policier mettait fin à l’occupation d’une friche à proximité des terres agricoles du Triangle de Gonesse, dans le Val-d’Oise. Une évacuation sans heurts ou presque. « J’ai pris quelques coups de bouclier, il y a aussi eu du gaz lacrymogène, mais c’était assez calme », raconte un militant ayant passé la nuit sur place. Lui a pu échapper à l’arrestation, contrairement aux 25 personnes interpellées et emmenées, en bus, au commissariat de Cergy-Pontoise. Bernard Loup, le porte-parole du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG), qui milite depuis des années pour la préservation de ces centaines d’hectares de champs à 15 kilomètres de Paris, a assisté, impuissant, à l’évacuation. « J’ignore quelle sera la prochaine étape. Mais la lutte va continuer, tant que ce projet de gare au milieu des champs ne sera pas enterré », assène-t-il.

Malgré l’abandon, en novembre 2019, du mégacomplexe de centre commercial et de loisirs EuropaCity, la création d’une gare de métro du Grand Paris Express sur le tracé de la ligne 17 est toujours d’actualité. Sa construction entraînerait de fait la bétonnisation des terres agricoles alentours, les premières habitations étant à plus de 1,7 km. Redoutant le début des travaux, des militants environnementaux avaient décidé d’occuper un terrain appartenant à l’établissement public foncier d’Île-de-France. Le tribunal de Pontoise avait ordonné leur évacuation vendredi 19 février.

« Cette question politique n’a pas à se traiter au commissariat »

« Nous rappelons au gouvernement qu’un projet alternatif existe : celui de l’association Carma. Un projet agricole de transition écologique qui permet de sanctuariser ces ter res fertiles et d’amorcer la relocalisation de la production alimentaire », rembraie Bernard Loup. Après de multiples recours juridiques, des manifestations, une ZAD qu’il a accueillie d’un bon œil sans en être à l’origine, lui et ses camarades du CPTG savent que le dénouement ne pourra venir que de l’exécutif. L’opposition de gauche ne s’y est pas trompée, en témoigne la vague de soutien à la suite de l’expulsion.

Éric Piolle, le maire écologiste de Grenoble, l’a exprimé sur place. Invité par le CPTG ce mardi matin sur les lieux, il n’a pu qu’assister à leur évacuation. « L’enjeu est national. Ce projet de gare au milieu des champs n’a pas de sens et symbolise un modèle de développement désuet. Face à cela, une alternative existe pour une alimentation pas importée, pas industrielle. Ce combat a du sens », explique l’édile. La veille, la ZAD avait reçu la visite des communistes, dont le conseiller régional Didier Mignot et le sénateur Fabien Gay. Ce dernier, joint par téléphone, « partage le combat du CPTG contre EuropaCity depuis des années », rappelle-t-il. « Cette gare ne servira à rien. Nous sommes pour la ligne 17, mais avec un autre tracé. Il faut désenclaver ce territoire avec un projet qui réponde réellement aux besoins des populations locales. » Le sénateur réclame un débat apaisé et démocratique sur l’avenir des terres agricoles du Triangle de Gonesse. « Au lieu de cela, on envoie les forces de l’ordre », regrette-t-il. Dans la journée, certains sympathisants se sont rendus au commissariat de Cergy-Pontoise afin de montrer leur solidarité avec les gardés à vue. Entre autres Clémentine Autain (la France insoumise), qui en a profité pour installer, à quelques mois des élections régionales, son duel avec l’actuelle présidente d’Île-de-France, Valérie Pécresse (Libres !) : « (Elle) a saisi les tribunaux au lieu d’assumer le débat démocratique nécessaire sur le Triangle de Gonesse. C’est une question politique qui n’a pas à se traiter au commissariat. Je demande un débat public. » Le CPTG appelle à un nouveau rassemblement ce vendredi 26 février devant la préfecture du Val-d’Oise. Une autre manifestation pourrait se tenir le lendemain, au Trocadéro.

https://www.humanite.fr/triangle-de-gonesse-la-lutte-contre-la-gare-continue-malgre-levacuation-de-la-zad-700490

La mairesse et la grutière

Nous utilisons régulièrement l’écriture dite « inclusive » dans nos différents écrits, au grand dam de certains (plutôt masculins..), et malgré le fait que cela nous handicape dans le comptage des signes de notre tribune municipale…  Notre langue évolue pour rendre davantage visibles les femmes. Tant mieux !

Brigitte Grésy, présidente du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes réagit à la proposition de loi visant à interdire l’usage de l’écriture inclusive dans l’administration et les services publics.

Une soixantaine de parlementaires, majoritairement issus des rangs macronistes et de LR, ont déposé mardi soir à l’Assemblée nationale une proposition de loi « portant interdiction de l’usage de l’écriture inclusive pour les personnes morales en charge d’une mission de service public ».

Brigitte Grésy, la présidente du HCE, également agrégée de grammaire, estime que « l’écriture égalitaire » est déjà d’usage et qu’il est « très important de rendre visible les femmes dans la langue car elle cimente notre corps social ».

Comment réagissez-vous à la proposition de loi LaREM visant à interdire l’écriture inclusive dans les documents administratifs ?

Brigitte Grésy Cette proposition de loi estime que la forme masculine est une forme générique, soit l’équivalent du neutre. Or tous les psycholinguistes en constatent l’échec parce que c’est en fait toujours le masculin spécifique que l’on entend, c’est-à-dire un homme et non pas une femme. Beaucoup d’enquêtes montrent que lorsqu’une femme lit une offre d’emploi, elle candidate moins à la lecture d’un masculin générique, même accompagner du H/F, que si on met par exemple « cherche mécanicien ou mécanicienne ». Le seul fait que les femmes se sentent destinataires du message implique qu’elles y adhèrent beaucoup plus. Il est très important de rendre visible les femmes dans la langue car elle cimente notre corps social, elle donne à voir sa composition. C’est pour cela que, nous, nous appelons cette écriture, l’écriture égalitaire.

Les signataires de la proposition de loi évoquent la Constitution qui dispose que « la langue de la République est le français », cela est-il incompatible à vos yeux avec une évolution de la langue ?

Brigitte Grésy Au contraire. De toute façon, la langue a d’ores et déjà évolué. Ils ne pourront pas revenir en arrière, ils pourront juste essayer d’empêcher l’usage du point milieu ou final, parce que ce n’est effectivement pas immédiat. Mais l’écriture inclusive va au-delà de ce point. Mettre la marque du féminin pour les noms de métiers et de fonction pour les documents officiels est inscrit dans une circulaire de 2017 du premier ministre, cela est acté. L’écriture inclusive de fait est là déjà. De même, lors d’un discours, le président de la République lui-même dit « citoyens et citoyennes », « tous et toutes ». Il ne vient plus à l’esprit de quiconque de dire seulement « messieurs » devant une assemblée. Dans ces adresses on redouble toujours, même au plus au niveau de l’État.

Selon ses détracteurs, cette écriture exclurait les plus en difficultés avec la lecture ou encore pour les aveugles…

Brigitte Grésy On apprend à des générations d’enfants l’imparfait du subjonctif, l’accord avec les verbes pronominaux, des orthographes hallucinants comme le – x au pluriel pour certains mots en – ou. Comment osent-ils dire que cela gênera davantage les dyslexiques ? La langue française est merveilleusement difficile. Elle mérite que l’on se coule en elle pour retrouver toutes ces subtilités qui donnaient aux hommes et aux femmes la même chance d’y vivre côte à côte. Et cela ne passe pas seulement par le point milieu dont certains disent qu’il est compliqué pour la lecture du braille par les malvoyants, bien qu’il suffirait d’une manipulation dans les logiciels pour régler ce problème.

Le HCE est l’auteur d’un guide pratique « pour une communication publique sans stéréotype de sexe » publié pour la première fois en 2015. Que préconisez-vous en matière « d’écriture égalitaire » ?

Brigitte Grésy Courant mars, une actualisation de notre guide sortira. Elle vise à plus de simplification de cette écriture. Par exemple : « messieurs et mesdames les député.es », et non plus « député.e.s ». Au passage, on peut très bien utiliser un point final au lieu du point milieu qui implique une manipulation un peu compliquée des claviers. Cela fonctionne pour tous les noms qui ont pratiquement le même radical. Pour les autres, il nous faut redoubler, comme pour « auteur et autrice », comme le font les Québécois, sans se poser de questions. On peut également utiliser le langage épicène, par exemple « tous les membres de cette congrégation ». Au-delà, nous voulons encourager la réappropriation de la langue de nos ancêtres. Avant les oukases de grammairiens du XVIIe siècle – cela a commencé avec Vaugelas -, tout était féminisé. On disait la mairesse, la grutière… Et on accordait comme on voulait, en général avec le mot le plus proche. « Que les hommes et les femmes sont belles », écrivait Racine. Nous invitons à écouter l’usage, les femmes, cette langue qui est en train de bouger à toutes allures et à accepter que les hommes et les femmes soient côte à côte dans la langue. Le français évolue dans le sens de cette reconnaissance. Aller contre ce mouvement est problématique.

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui, paru dans l’Humanité du 25 février 2021

 

Triangle de Gonesse, le défi environnemental

Déclaration de soutien aux militantes et militants occupant le site de la future gare du Triangle de Gonesse

Le 19 février dernier, le tribunal de grande instance de Pontoise s’est prononcé en faveur de l’expulsion des militantes et militants occupant le site de la future gare du Triangle de Gonesse sur la Ligne 17 du Grand Paris Express. Le tribunal a assorti sa condamnation d’une astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la signification du jugement. (évacuation de la ZAD ce 23 février par la police, ndlr)

Bien que je prenne acte de ce verdict, le projet de la gare de Gonesse constitue un recul inquiétant pour la cause environnementale. Ce recours en justice, initié par la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, est le révélateur du manque d’ambition de l’exécutif régional face aux défis environnementaux.

Si l’arrivée de la Ligne 17 représente une avancée majeure pour la Seine-Saint-Denis et le Val d’Oise en désenclavant certains territoires, cela ne doit pas se faire au détriment de terres agricoles, ni d’espaces verts si importants pour notre région. De fait, l’abandon du projet du méga complexe « EuropaCity » en 2019 aurait dû entrainer l’arrêt de sa gare attenante. En effet, la création de cette gare, en lieu et place de parcelles nourricières, a été validée alors qu’aucun nouveau projet n’a été arrêté. Ce choix démontre la volonté de l’exécutif régional de faire de ces parcelles agricoles un énième lieu de spéculation foncière.

La bétonisation de ces espaces fertiles n’est pas acceptable ! Ce projet va à l’encontre de la ville durable que nous appelons de nos vœux. Parce que le changement climatique n’est plus à démontrer, les villes doivent s’inscrire dans des stratégies d’aménagement durables tout en préservant l’environnement.

En ce sens, j’apporte tout mon soutien aux militantes et aux militants qui luttent pour la préservation des terres agricoles et pour l’abandon de la gare du Triangle de Gonesse.

Marie Georges Buffet, Députée de Seine Saint Denis