8 mars 2021

Faut-il le répéter, le 8 mars n’est pas la « journée de la femme » (il est donc inutile voire stupide de nous faire un cadeau !) mais la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

Partout dans le monde le 8 mars, des mobilisations ont lieu pour gagner l’égalité entre les femmes et les hommes. En France, la dernière manifestation dans la rue le 8 mars 2020 a réuni 150 000 manifestant.es.

La crise sanitaire n’a fait qu’aggraver la situation des droits des femmes :  augmentation des violences sexistes et sexuelles, des charges domestiques et familiales, de la précarité, un droit à l’avortement fragilisé et les questions d’égalité professionnelle oubliées.

Pendant cette crise, l’utilité sociale de nombreuses professions très féminisées a été mise en lumière et l’urgence de leur revalorisation est encore plus criante. Que ferait-on sans les femmes enseignantes, caissières, infirmières, aides-soignantes, femmes de ménage … ?

La question des droits des femmes est toujours d’actualité dans notre pays. Des exemples ? La France ne compte que 4 % de femmes cheffes d’orchestre, elles sont plus de 30 % à être à temps partiel, contre 7% chez les hommes, et l’écart de salaires entre les hommes et les femmes est toujours de 25 %. Chaque jour à partir de 15h40, les femmes travaillent gratuitement. Cette heure symbolise le « quart en moins » de salaire.

Les discriminations, les violences sexistes et sexuelles sont légion. 94 00 femmes victimes de viols ou tentatives en France par an !

Et si les femmes représentent 47% des député.es, elles ne sont que 20% des maires et 12% des président.es d’intercommunalités.

Selon l’ONU, dans le monde 47 millions de femmes et de filles dans le monde passeront sous le seuil de pauvreté en 2021 à cause de la pandémie de coronavirus, annulant ainsi des décennies de progrès.

Enfin, les femmes restent les grandes oubliées de l’histoire. À Saint Gratien, seules 9 rues portent des noms de femmes… contre 85 des noms d’hommes.  

Une fois n’est pas coutume, la télé met à l’honneur ce 8 mars 2021 une femme oubliée et pourtant exceptionnelle, Martha Desrumeaux, ouvrière communiste.. et féministe !

Lire ici 

Un peu d’histoire…

La journée internationale de lutte pour les droits des femmes du 8 mars est une journée internationale mettant en avant la lutte pour les droits des femmes et notamment pour la réduction des inégalités par rapport aux hommes.

Elle est issue de l’histoire des luttes féministes. À la suite d’une proposition de Clara Zetkin en août 1910, l’Internationale socialiste des femmes célèbre le 19 mars 1911 la première « Journée internationale des femmes » et revendique le droit de vote des femmes, le droit au travail et la fin des discriminations au travail. Depuis, des rassemblements et manifestations ont lieu tous les ans.

Clara Zetkin

C’est la Russie soviétique qui est le premier pays à l’officialiser en 1921 en en faisant un jour férié. C’est finalement en 1977 que l’ONU officialise la journée, invitant tous les pays de la planète à célébrer une journée en faveur des droits des femmes. C’est une journée de manifestations à travers le monde et l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes dans la société et de revendiquer plus d’égalité en droits.

Ci-dessous, l’éditorial de l’Humanité en ce 8 mars 2021, qui bien qu’écrit par un homme… est un beau texte féministe !

Éditorial. Universalité

Lundi 8 Mars 2021, Christophe Deroubaix dans l’Humanité

Dans un monde idéal, le 8 mars n’existerait pas. Ou alors à titre commémoratif, afin de célébrer la pleine égalité enfin atteinte. Mais on sait que, dans un monde réel qui tend vers l’idéal, cette quête demeurera permanente. Avec la même ligne d’horizon en vue, chaque avancée ouvrira une nouvelle perspective qui elle-même permettra d’autres percées. Un cap a incontestablement été franchi ces dernières années avec ce qu’il est convenu d’appeler la « libération de la parole », lointaine cousine de la « libération sexuelle », toutes deux ayant la fonction d’un coup de masse fissurant un édifice séculaire : le patriarcat.

On mesure sans doute la puissance de cette vague que nous décrivons, dans notre une du jour, comme « irrésistible » à la pauvreté des arguments des syndics de l’ordre établi. Ici, ils tentent d’assimiler la partie au tout, en instrumentalisant des formes d’actions marginales afin de discréditer ce puissant mouvement. Là, ils entendent jouer de la déstabilisation d’hommes qui se sentent sincèrement perdus ou stigmatisés au milieu de ce réagencement historique dans l’ordre des genres.

Si cela va sans dire, cela va sans doute mieux en l’écrivant : il ne s’agit pas d’un combat des femmes contre les hommes, d’une bataille de la moitié de l’humanité pour elle-même contre l’autre moitié, de retourner les armes, mais de désarmer. Fidèles à un « esprit Mandela », plus moderne que jamais, assumons que la fin du patriarcat émancipera les femmes ET les hommes, libérant les unes et les autres du poids – à la hauteur de ce qu’il leur a fait vivre – d’un système d’assignation et de domination. C’est donc un combat de l’humanité tout entière pour sa propre réalisation. Échappant, année après année, à une sorte de piège de « saint-valentinisation » (dessécher une belle idée en la confinant), le 8 mars se hisse, peu à peu, au calendrier de l’émancipation, à la hauteur de l’universalité d’un 14 Juillet.

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