Pour tout savoir…

Pour tout savoir sur la séance du Conseil municipal du 15 avril 2022, il fallait soit y assister, soit à présent lire ce blog… En effet, la ville refuse de diffuser la séance en ligne, comme le font pourtant de nombreuses villes alentour. J’y reviendrai, puisque ce point faisait l’objet d’une de nos questions orales.

De plus, le procès-verbal sera dorénavant réduit à sa plus simple expression, le maire prenant prétexte d’une nouvelle loi obligeant les communes à afficher le PV dans un délai de 8 jours après le Conseil. Le maire annonce donc que les PV seront « synthétisés« .  Aïe, aïe, aïe ! Bonne occasion de se débarrasser du seul document qui permettait d’avoir une idée des échanges entre élus avant le vote des décisions. Voilà donc encore un nouvel écueil pour l’information des Gratiennois.e.s, et un pas de plus dans l’opacité de la gestion municipale.

Lors de la séance de ce 15 avril 2022, nous faisions justement remarquer que le PV de la séance du 11 février dernier ne retranscrivait pas nos interventions correctement. Une fois de plus, car le problème est récurrent. Le PV, qui comporte cette fois 18 pages, reprend les rapports présentés aux élus pour environ 14 pages. Seules 4 pages sont consacrées aux débats.    

Mais surtout, nos interventions sont soigneusement expurgées ! Nous ne demandons pas que nos interventions soient reprises intégralement, mais que leurs principaux points apparaissent ! Or… mon intervention sur le contrat passé avec Sogérès est totalement ignorée : coût des denrées, réduction des grammages, externalisation du personnel… rien n’est repris. Mon intervention sur le Conseil municipal des enfants :  idem ! Rien sur ce que je détaillais sur les objectifs du CME et sur les financements qui à notre avis doivent y être associés, ne figurent au PV. RIEN sur mon intervention sur les séjours de vacances ! Disparues mes remarques sur l’intérêt éducatif de ces séjours pour les jeunes, et sur le faible investissement financier de la ville. En effet, le coût des séjours de vacances (20 000€) représente  pour la ville seulement 0,075 % du budget de son budget de fonctionnement. Un chiffre qui fait mal, et qui doit disparaître du PV ?  

À suivre…

Conseil d’avril

Le Conseil municipal de Saint Gratien se réunira le vendredi 15 avril 2022 à 20h30. La séance se déroulera à nouveau dans la salle des mariages de la mairie, et est ouverte au public. Parmi les points importants, le vote des taux d’imposition, et l’augmentation des tarifs périscolaires. À suivre nos questions orales. 

 

Pas elle !

Je partage cet éditorial de l’Humanité de ce lundi 11 avril 2022. N’oublions jamais ce qu’est le Rassemblement national.

C’est un choc, mais pas une surprise. Une majorité d’électeurs se réveillent ce matin déçus ou en colère, mais surtout inquiets. Le scénario dont 80 % des Français ne voulaient pas il y a encore quelques semaines s’est reproduit hier, à la faveur, entre autres, d’une faible participation pour une présidentielle – autour de 12 millions d’électeurs n’ont pas jugé utile de se déplacer.

Ce match retour ne ressemblera pas pour autant à 2017. Jamais l’extrême droite n’aura recueilli autant de suffrages (32,4 % à l’heure où nous bouclons cette édition). Et jamais Le Pen n’aura bénéficié d’un tel réservoir de voix. Bien sûr, le président sortant porte une immense responsabilité. D’abord parce que le Rassemblement national gagne du terrain sur les plaies causées par la désespérance sociale et les inégalités. Emmanuel Macron n’a cessé depuis le début de son quinquennat d’enfermer le débat public dans ce duel mortifère, persuadé qu’il le gagnerait haut la main. Cette fois, l’arrogant président des riches pourrait s’y casser les dents et faire plonger le pays dans l’abîme. Le score étriqué que lui prédisent les sondages au second tour doit nous alerter. La victoire de l’extrême droite le 24 avril n’est plus impossible. Les laboureurs du terreau dont se nourrit la bête immonde seront ceux qui l’affronteront au second tour. Et pourtant, il nous faudra voter, la tête haute, sans chèque en blanc au président sortant.

La gauche – toute la gauche – est face à la responsabilité historique de ne pas laisser notre pays aux mains de l’extrême droite. On entend déjà les « ni-ni », les « on ne m’y prendra plus », « on n’a jamais essayé » ou « ça ne peut pas être pire ». À mesure que le danger avance, la conscience de celui-ci recule. C’est ça, la banalisation. Nous parlons ici d’une famille politique qui abhorre le progrès et l’égalité, qui souhaite un ministère de la « remigration », qui s’attaquera à tous les droits conquis, les contre-pouvoirs, de la presse à la justice, mettra au pas la culture, représentera la France à l’ONU… Avant les luttes qui suivront contre la casse sociale de Macron, c’est ce combat qui nous attend ces deux prochaines semaines. Courage, barrage !

Maud Vergnol

L’école, service public essentiel (4)

Une autre école est possible ! Le SNUipp, premier syndicat du primaire, a interrogé Fabien Roussel sur les mesures qu’il prendrait concernant l’école. 

Le SNUipp-FSU interpelle Fabien Roussel

1) La baisse des effectifs au sein de toutes les classes est plébiscitée comme efficace à 99% pour améliorer les apprentissages des élèves et l’inclusion au sein de l’école.
Quel plan de recrutement et de construction de bâti scolaire allez-vous mettre en place au cours du prochain quinquennat pour permettre cette baisse ?

Dans mon programme, je porte la volonté de limiter le nombre d’élèves par classe à 15 en petite section, 20 dans les autres classes de maternelle et en élémentaire.
Concernant les recrutements, je chiffre à 90 000 les besoins immédiats. Je défends l’idée d’un pré-recrutement aux niveaux bac et bac +2, sous statut de la fonction publique, pour une entrée progressive et sereine dans le métier. Les formations initiales et continue seront reconstruites et revalorisées.
Pour ce qui est du bâti scolaire, mon programme comprend un grand plan national de construction, de rénovation et d’équipement des locaux scolaires.

2) La hausse des salaires est la mesure prioritaire pour améliorer la situation professionnelle des personnels, en plus de la titularisation comme fonctionnaire pour les AESH.
Quels moyens budgétaires allez-vous y consacrer et sur quelles perspectives de revalorisation des grilles salariales vous engagez-vous ?

Il est indispensable de rattraper les retards accumulés en terme de salaire : je prévois de les augmenter immédiatement de 30% et de dégeler le point d’indice. Je souhaite qu’il n’y ait plus aucun enseignant avec moins de 2200 euros nets dans les écoles.
Pour ce qui est des AESH, ils seront désormais sous statut de la fonction publique.

3) Le fonctionnement de l’école primaire est promis à un fort bouleversement, débuté avec la loi dite de « l’école de de la confiance » et poursuivi avec la loi Rilhac. Pourtant les enseignant·es rejettent la mise en place d’un directeur·trice d’école comme « supérieur·e hiérarchique » à 85% et plébiscitent au contraire l’organisation actuelle de l’école avec le conseil des maître·sses animé par leur collègue directeur·trice « pair parmi ses pairs ».
Quelle organisation et fonctionnement de l’école promouvez-vous ?

Ma vision de l’école repose sur les professionnels de l’éducation qui y travaillent au
quotidien. Je suis pour que les programmes soient élaborés démocratiquement avec tous les acteurs de terrain, par exemple.
Je ne suis pas favorable à une direction d’école sous forme hiérarchique. Notre école a besoin de directeurs dont les tâches administratives sont allégées par l’octroi d’un temps de décharge et d’une aide suffisante, afin qu’ils puissent se recentrer sur la coordination et l’animation des équipes pédagogiques. Leur engagement doit par
ailleurs être reconnu à sa juste valeur au niveau de leur salaire. Je suis attaché à l’école républicaine de proximité comme je suis attaché à la commune. Et, selon moi, il n’y a ni trop d’écoles ni trop de communes. Je suis également opposé à une école à la carte.
Je porte l’idée d’une augmentation du temps scolaire, porté à 27 heures hebdomadaires pour les élèves sans augmenter le temps de service et de travail des enseignants, déjà surchargés. Cela nécessitera plus de maîtres que de classe. Par ailleurs, le temps de concertation et de travail en équipe sera inclus dans le service de l’ensemble des personnels d’éducation.

4) L’inclusion est jugée comme mal prise en compte par l’institution scolaire (96% des enseignant·es, 73% des AESH et 53% des français·es). Plusieurs mesures sont plébiscitées par les personnels pour y remédier : allègement des effectifs mais aussi maintien des structures d’accueil spécialisées, recrutement d’enseignant·es spécialisé·es, véritable statut pour les personnels AESH, formation, matériel pédagogique adapté…
Comment allez-vous améliorer l’inclusion scolaire pour que l’école publique puisse permettre à tous les élèves, dans un cadre collectif, d’avoir les outils d’accès aux savoirs et à la culture commune ?

Les AESH sont incontournables pour progresser vers une inclusion plus ambitieuse, pour une école qui s’adapte et accompagne chaque élève vers son meilleur développement, vers son meilleur épanouissement.. Ils doivent pouvoir exercer leur mission dans des conditions dignes et respectueuses des enfants. Ils ont besoin d’un véritable statut dans la fonction publique, avec des formations qualifiantes, de vrais salaires et des recrutements en nombre suffisant. Ce serait le signe fort d’une société solidaire, d’une République mobilisée pour l’égalité.
Je pense que notre École doit apporter le meilleur d’elle-même pour les enfants les plus fragiles qui lui sont confiés. Il est urgent de reconstruire la médecine scolaire et les RASED.

5) La loi de « transformation de la Fonction publique » a profondément modifié la façon dont les personnels sont affectés ou promus en en rendant opaques et illisibles les modalités. Pourtant les enseignant·es démontrent à 96% leur attachement à des règles équitables et transparentes de gestion des personnels (mouvement, promotion…) étudiées en commission paritaire avec leurs représentant·es élu·es.
Allez-vous abroger cette loi de « transformation de la Fonction publique » et revenir à une gestion équitable et transparente des carrières des personnels ?

Face à la crise que nous traversons, écologique, économique, démocratique, nous
voulons renforcer le service public d’éducation, pour qu’il puisse donner à tous les
jeunes les moyens d’inventer des réponses nouvelles aux défis de l’avenir. Le budget de l’Éducation Nationale sera augmenté de 45%.
Pour ce qui est de cette loi, précisons que c’est parce que le fonctionnaire n’est pas
soumis à un contrat, mais à la loi, qu’il œuvre à l’intérêt général et en rend compte
devant la société tout entière ! C’est aussi parce que son statut est protecteur qu’il
garantit la neutralité du service public. Enfin, c’est parce qu’il est recruté sur concours qu’il se met au service du bien commun dans l’impartialité et l’égalité.
Je porte l’idée que les salariés ont leur mot à dire concernant leurs conditions de travail et leur outil de travail et le paritarisme en fait partie. Les CHS-CT, laminés par ce texte, constituent par exemple le moyen pour les agents et leurs représentants de jouer pleinement leur rôle dans la protection, la santé et la sécurité des personnels.
Ce texte vise l’extinction progressive du statut de la fonction publique, il est l’un des plus réactionnaires de l’histoire de notre République et nous reviendrons dessus.

L’école, service public essentiel (3)

Covid, un révélateur

La crise du Covid a aggravé les difficultés de l’école. Sans mesures concrètes pour traiter des conséquences scolaires de la crise sanitaire, on peut craindre des effets durables dans la scolarité des élèves, particulièrement ceux issus des classes populaires. Difficulté accrue des apprentissages, perturbation du rythme de travail en classe depuis le début de la crise sanitaire… le tout sur fond de manque criant de psychologues de l’Éducation Nationale.

Lors de la fermeture des écoles en 2020, les apprentissages à distance ont été fortement perturbés, notamment à cause de la « fracture numérique » par manque d’équipement et/ou mauvaise connexion des écoles et des familles.

D’un point de vue sanitaire, le manque d’équipement en matériels, masques, capteurs de CO2 … a exposé les enseignants et les élèves. Pas de campagne de dépistage et de vaccination pour les personnels. On a connu une communication aberrante du ministère, annonçant dans la presse des protocoles sanitaires sans cesse modifiés. Combien de fois les personnels ont appris la veille, voire après la rentrée, les nouvelles préconisations sanitaires ? En janvier 2022, il y a eu quatre protocoles en moins de 10 jours ! La réalité de la circulation du virus dans les écoles a été sous-estimée, voire niée par le ministère qui s’est aligné sur la thèse de la non contamination des enfants.

S’il était important de laisser les écoles ouvertes, cela ne devait pas se faire au détriment d’une école sécure du point de vue sanitaire.

Le Covid a surtout révélé l’existence d’écoles vétustes, manquant de sanitaires, de points d’eau, à l’aération parfois très difficile. Le ministère a renvoyé aux collectivités la responsabilité des capteurs de CO2 ou purificateurs d’air. Comme c’est facile !

Organisation de l’école

À l’heure actuelle, les écoles primaires sont organisées sur la base d’un collectif d’enseignants, dont l’un (ou plus souvent une !) est chargé du travail de direction. Les enseignants ont de tout temps refusé qu’un rôle hiérarchique soit confié aux directeurs d’écoles. Depuis cinq ans, l’objectif du ministère est de leur conférer une « autorité », leur déléguer des compétences auparavant détenues par la hiérarchie. La mobilisation contre la loi dite de « l’école de la confiance » a permis l’abandon des EPLESF (établissements publics des savoirs fondamentaux). Le ministre a tenté depuis de contourner cette opposition avec l’aide de la loi Rihlac (encore une députée du Val d’Oise !) Promulguée en décembre 2021, cette loi reconnaît la spécificité de la fonction de directeur d’école. Elle donne à ce poste une autorité fonctionnelle et le dote d’un véritable pouvoir de décision pour le bon fonctionnement de son école. Cela s’est accompagné d’une expérimentation marseillaise de ce dispositif controversé de la direction d’école. Une expérimentation très opaque et une rupture d’égalité dénoncée par les syndicats : pouvoir de recrutement annoncé pour les directeurs, autonomisation des écoles sur les contenus pédagogiques et les rythmes, attribution contractuelle des moyens. Ces dispositions remettent en cause le principe de l’égalité du service public sur le territoire.

Un budget de l’Éducation nationale en berne

Investir dans l’éducation, une question de choix…

L’éducation devait être une priorité du quinquennat. Mais sans accroissement des dépenses ? La part dans le PIB de ces dépenses baisse depuis 1996, alors que le PIB augmente régulièrement. C’est-à-dire que la France consacre une part de moins en moins importante de ses richesses à investir dans l’éducation de sa jeunesse.

La part de la DIE (dépense intérieure d’éducation) est passée de 7,7% en 1996 à 7% en 2020. Elle est estimée à 160,6 milliards d’euros. Si la France consacrait la même part de son PIB à la DIE qu’en 1996, le budget consacré à l’éducation serait plus élevé de 25 milliards d’euros.

Quant à la promesse de recruter 4 000 à 5 000 nouveaux enseignants, elle est tombée aux oubliettes. Bien pire, on note une baisse de 10 200 enseignants par rapport à l’année scolaire 2017/2018…

Des annonces inquiétantes

Et après ? Le programme présenté par E. Macron s’annonce dans la suite logique du quinquennat écoulé : libéralisation totale avec une mise en concurrence des écoles, l’effacement du service public d’éducation au profit d’un « marché scolaire ».

-Compétition entre les écoles  

Liberté pédagogique et « managériale » pour les directeurs des écoles et établissements,  recrutements sur profil, et au nom de la transparence, publication des résultats des évaluations permettant de comparer écoles et établissements entre eux… Bref, la compétition entre les écoles ! Totalement inefficace pour réduire les inégalités car chacun sait que c’est plus facile d’avoir de bons résultats dans une école où il y a peu d’élèves en difficulté que dans une autre. Cette mesure va renforcer la ségrégation, en favorisant le  bachotage » généralisé et favorise le privé – qui, lui, choisit ses élèves.

 -Travailler plus…

Les enseignants sont prévenus : ils vont connaître le fameux « travailler plus pour gagner plus » ! Complètement délirant quand on sait que le temps de travail des enseignants est déjà supérieur à 42 heures par semaine selon les propres chiffres du ministère de l’Éducation. Parmi les « nouvelles missions » : le remplacement obligatoire des absents ou le suivi individualisé des élèves. Pour faire croire aux parents qu’on va résoudre le problème des remplacements ? D’après la FCPE, 55 000 heures de cours ont été perdues depuis la rentrée. À Saint Gratien, des enseignantes en congé de maternité ne sont pas remplacées.. Troisième semaine sans maîtresse pour des CE1 du centre-ville ! Pour les AESH aussi, on promet des contrats de 35 heures par semaine, mais conditionnés à l’acceptation de tâches supplémentaires, notamment dans le périscolaire. Sauf que leur métier, c’est l’accompagnement des élèves en situation de handicap…

À suivre…. Une autre école est possible !

L’école, service public essentiel (2)

La politique menée par JM Blanquer a aggravé les inégalités scolaires, elle a aussi eu de fortes répercussions négatives sur la situation des personnels.. et tout est lié !

Des enseignants débordés

Le temps de travail des enseignants est de 42/44h par semaine. Actuellement, le travail pédagogique est entravé par de multiples « commandes » de l’institution qui entraînent des heures de travail sans forcément avoir des répercussions positives sur les élèves (projets pédagogiques ou médicaux personnalisés, livrets universels, protocoles divers, évaluations nationales…). Plus de 60 % des enseignants se disent débordés et stressés. Les stagiaires se sentent majoritairement insuffisamment préparés à prendre la responsabilité d’une classe, avec des difficultés dans la gestion de la difficulté scolaire et la prise en compte de l’hétérogénéité des niveaux des élèves.

Des salaires loin d’être attractifs

C’est connu, les enseignants français sont moins bien payés que la plupart de leurs homologues de l’Union européenne comme le montrent les comparaisons internationales. À titre d’exemple, un enseignant allemand en début de carrière gagne 4638 euros bruts contre 2253 pour un enseignant français, soit une différence de 2385 euros bruts mensuels ! En fin de carrière, les enseignants allemands touchent en moyenne 2137 euros bruts mensuels de plus que les français.

Fonctionnaires de catégorie A, les enseignants, qui ont un niveau Bac +5, ont également une rémunération inférieure de 35% à celle des autres cadres de la Fonction publique.

D’autre part, le choix des  gouvernements successifs de ne pas augmenter la valeur du point d’indice depuis 2010 a réduit considérablement le pouvoir d’achat des fonctionnaires en général, et des enseignants en particulier. Les professeurs des écoles ont ainsi perdu l’équivalent de plus d’un mois de salaire en 2022 par rapport à l’année 2010.  Le métier d’enseignant n’est plus attractif.

Une formation continue des enseignants réduite à portion congrue

L’absence de formation continue, en particulier sur la question de l’inclusion ou des élèves à besoin éducatifs particuliers, fait cruellement défaut. Ces temps de formation et d’échanges entre enseignants ont été remplacés par des formations imposées, à publics désignés, sur des temps inférieurs à 4 jours, contre des stages auparavant  de trois semaines de formation continue de qualité, en lien avec les travaux de toute la recherche et avec les apports des mouvements pédagogiques. Pourtant la formation continue est indispensable pour un métier en constante évolution.

Un statut attaqué

Durant le quinquennat Macron, les écoles ont vu augmenter le nombre de personnels enseignants sous divers contrats : étudiants alternants, contractuels covid, contractuels 100 %…Ces personnels font de leur mieux mais leur situation reste très précaire : contrats courts, bas salaires, manque de formation… Et, faut-il le rappeler, le métier enseignant ne s’improvise pas et s’acquiert par une formation !

La loi de Transformation de la Fonction Publique a aussi eu des conséquences très négatives pour le personnel enseignant. Les instances paritaires, où les représentants du personnel siègent à égalité avec l’administration, sont ainsi dessaisies de nombreuses questions laissées entièrement à la discrétion de l’administration : mouvement (changement d’affectation), promotions, temps partiels, disponibilité, listes d’aptitudes, départs en formation continue… C’est le « new management public » dans l’Éducation nationale !  Enfin le ministre a voulu inscrire dans la loi intitulée « Pour l’école de la confiance » un devoir de réserve. C’est, selon les syndicats, la transformation du « fonctionnaire-citoyen », issu du Conseil National de la Résistance et renforcé par les lois de 1983, en « fonctionnaire-exécutant », conception héritée du 19ème siècle et instituée sous le régime de Vichy.

Des enseignants non soutenus

Les enseignants font régulièrement part du sentiment d’un manque de soutien de leur hiérarchie. Pendant 5 ans, JM Blanquer a orienté l’opinion publique contre les enseignants : désinformation, mensonges, participation du ministre à une campagne de « prof-bashing » laissant entendre qu’ils « auraient décroché » pendant le confinement ou qu’ils seraient coupables « d’absentéisme », fausses annonces sur la revalorisation des enseignants… les exemples sont légion. Les enseignants ne pouvaient-ils par exemple pas participer aux travaux agricoles au printemps 2020, puisque les écoles étaient fermées ? Il faut donc croire que leur travail en « distanciel » n’en était pas vraiment un… alors même que les enseignants bataillaient pour maintenir le lien avec leurs élèves malgré toute l’impréparation et les difficultés auxquelles ils étaient confrontés.
 
Une vision pédagogique rétrograde, la liberté pédagogique mise à mal

Aucune preuve ne vient étayer l’idée que le resserrement sur les « fondamentaux », vanté par le ministre, permet de lutter contre les inégalités. C’est même le contraire. Le resserrement sur les « fondamentaux » génère une aggravation des inégalités scolaires.

La liberté pédagogique est également bien mise à mal par le ministre. Alors que seuls les textes officiels qui s’imposent à tous sont les programmes, avec Jean-Michel Blanquer, jamais les professeurs des écoles n’auront connu autant de guides, vadémécum, prescriptions et formations imposées. Avec des auteurs anonymes, ces guides donnent non pas à réfléchir sur la pratique de classe mais indiquent « des bonnes pratiques ». Cela a pour effet de dessaisir les enseignants de leur métier.

À suivre… l’école sous Covid

L’école, service public essentiel

Qu’ont fait Jean-Michel Blanquer et Emmanuel Macron de notre école ? Lorsqu’on tire le bilan de la politique éducative conduite pendant le quinquennat, tout montre la cohérence d’un projet libéral, et ses effets ravageurs sur notre système scolaire.

Le quinquennat d’Emmanuel Macron avec Jean-Michel Blanquer à la tête du ministère de l’Éducation nationale a très fortement abîmé l’école publique. Le métier devient de moins en moins attractif. Les inégalités se creusent. Alors que le système éducatif français est l’un des plus inégalitaires des pays de l’OCDE, on constate un nouveau creusement de ces inégalités, fortement corrélées à l’origine sociale des élèves. Sans surprise, ce sont d’abord les élèves issus des milieux populaires qui souffrent de cette politique.

La dégradation des conditions de travail des personnels des écoles, et donc des conditions d’apprentissage des élèves, s’est accélérée au cours des cinq dernières années. La crise sanitaire est venue percuter une école qui était déjà sous-investie et déjà très abîmée.

Illustrations dans le premier degré. On aurait pu aussi traiter de ParcoursSup, de la réforme du lycée et du bac, de la situation des étudiants… On se contentera ici de regarder la situation des écoles maternelles et élémentaires, le terrain que je connais le mieux. Les chiffres sont extraits d’une étude du syndicat SNUipp.  

Des effectifs toujours très lourds, trop lourds.

Les chiffres indiquent 24 élèves par classe en ville (hors quartiers classés en éducation prioritaire) et 21,5 élèves par classe en milieu rural, mais il s’agit souvent là de classes à plusieurs niveaux.

À Saint Gratien, bien des classes maternelles ou élémentaires dépassent les 25 élèves, y compris pour des classes qui regroupent plusieurs niveaux.

Les classes françaises restent bien plus chargées que celles des pays voisins. La mesure de dédoublement des classes de CP et CE1 en éducation prioritaire n’a de fait concerné qu’une minorité de classes. Le dernier rapport de l’OCDE montre que la taille moyenne des classes du primaire n’a pas évolué entre 2017 et 2021. Aujourd’hui en France, dans les écoles publiques, près de 88 000 classes ont des effectifs supérieurs à 25 et même, plus de 5 100 classes dépassent 30 élèves ! Si on s’intéresse au « taux d’encadrement », qui correspond au nombre d’élèves par enseignant, celui-ci est nettement supérieur au taux d’encadrement moyen dans l’Union Européenne : 19 élèves par enseignant en France contre seulement 13 en moyenne en Europe.

Certes, en éducation prioritaire, les moyennes ont baissé sous l’effet du dédoublement des CP et CE1. Mais à quel prix ? En déshabillant Pierre pour habiller Paul, car cela s’est fait au détriment des autres niveaux en éducation prioritaire, des autres écoles et des moyens de remplacement. D’autre part, le bilan du dédoublement des classes de CP et CE1 en éducation prioritaire est plus que mitigé. L’effet estimé est près de deux fois moindre que celui escompté au vu des autres expériences de réduction des effectifs menées dans d’autres pays.

La remise en cause de l’éducation prioritaire

Qu’en est-il de la politique en matière d’éducation prioritaire ? Elle est destinée à corriger l’impact des inégalités sociales et économiques sur la réussite scolaire en renforçant l’action pédagogique et éducative dans les écoles et établissements des territoires qui rencontrent les plus grandes difficultés sociales. La labellisation « REP », réseaux d’éducation prioritaire, apportait jusqu’ici l’obligation de moyens attribués aux établissements selon des critères nationaux pour compenser des difficultés reconnues. À présent, les contrats locaux d’accompagnement, « CLA », visent à remplacer ces dispositifs. Ils conduisent à la mise en concurrence des établissements, tout en réintégrant l’enseignement privé dans les bénéficiaires. C’est à ce travail que s’est attelée Nathalie Elimas, secrétaire à l’éducation prioritaire, ex-députée de la 6è circonscription du Val d’Oise. 

Des dispositifs d’aide amoindris

Les RASED, réseaux d’enseignants spécialisés qui aident les élèves en difficulté, ont été fortement réduits. Ils ont été éloignés des écoles, ce qui empêche tout travail en partenariat avec les enseignants chargés de classe. Faute de postes en nombre suffisants, leur aide est devenue trop souvent ponctuelle, et donc inefficace.

Le dispositif du « plus de maîtres que de classes » (PDMQDC) qui permettait une dynamique pédagogique collective a été supprimé, ce qui entraîne la prise en charge des élèves par le seul maître de la classe. Pourtant tous les enseignants insistent sur l’intérêt du travail pédagogique partagé.

Manque de personnels

Le manque est criant d’AESH, d’infirmières scolaires, de médecins scolaires, de psychologues… On le constate bien évidemment dans les écoles de Saint Gratien. Pourtant, leur rôle est essentiel dans la lutte contre la difficulté scolaire.

En ce qui concerne les accompagnants d’élèves en situation de handicap, l’organisation en PIAL (Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisé) afin de « rationaliser » les personnels, a eu des effets très néfastes. Les AESH interviennent à présent sur plusieurs établissements. Ils sont affectés parfois du jour au lendemain sur une mission, avec parfois plusieurs élèves différents sur la journée. Ces personnels sont sous-payés et ne bénéficient d’aucune  formation. Il subissent des temps partiels imposés et des rémunérations au quasi minimum de la Fonction publique, ce qui rend leur fonction très précaire. Un statut particulier devrait leur être reconnu, car ils exercent un métier particulièrement essentiel et difficile. Si l’on veut réellement réussir l’intégration scolaire des élèves en situation de handicap, il faut y mettre les moyens humains. Or, on compte actuellement seulement 125 000 AESH pour 400 000 élèves en situation de handicap.  

Des heures d’enseignement perdues  

Les enseignants sont de moins en moins remplacés. S’absenter de la classe devient de plus en plus stressant et culpabilisant car on sait que l’absence va très souvent entraîner une « désorganisation » de l’école, surchargeant les autres classes et réduisant les temps d’apprentissage des élèves, et de plus favorisant la circulation du virus en temps de Covid.

Aujourd’hui 8,8% des enseignants titulaires sont remplaçants, c’est insuffisant.
La réponse qui consiste à faire appel à des enseignants contractuels pour pallier les problèmes de remplacement, à l’année ou de façon temporaire, n’est pas acceptable.
Les syndicats réclament que davantage de moyens soient consacrés au remplacement et que le taux de remplacement soit porté à 10% du nombre total d’emplois dans le 1er degré. Indispensable pour assurer la continuité des apprentissages.

À suivre…

1 334 caractères

Notre « tribune libre » au nom des élus « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen », est à lire dans le magazine municipal de mars/avril 2022, distribué en ville ce week-end.

Ce texte est limité à 1 334 caractères, signature comprise, ce qui est bien peu pour développer une quelconque argumentation. La majorité municipale, quant à elle, dispose du « Mag » pour vanter ses projets et réalisations, sans écho contradictoire ou avis différent. Dommage également que la publication ne fasse pas davantage de place aux associations de la ville. 

La situation internationale effroyable nous a conduits cette fois-ci à dépasser le cadre de la ville. 

Ci-dessous notre texte.

Paix en Ukraine !

Condamnation totale de l’agression militaire de la Russie

Pour un cessez-le-feu, le retrait des troupes russes, une conférence européenne pour la paix et la sécurité

Nous exprimons notre solidarité avec la population ukrainienne. L’aide à tous les réfugiés est un devoir d’humanité.

Au Conseil…

Ville cyclable

Au « baromètre vélo », (https://barometre.parlons-velo.fr/2021/palmares/), enquête nationale qui mesure la satisfaction des cyclistes sur les équipements de leur ville, St Gratien reçoit un avis très défavorable. Il faut faciliter les déplacements à vélo, bénéfiques pour la santé, le pouvoir d’achat, le commerce local, le lien social, la limitation de la pollution

Pollution due aux mégots

Dès 2020, nous proposions une campagne d’info, un travail avec les commerçants, l’installation de cendriers. En 2022, la ville va contacter une entreprise de recyclage. Nous avons été utiles !

Transports

RER C et ligne H : la ville doit réclamer les mesures nécessaires à leur bon fonctionnement

Cantine

Contrat renégocié avec Sogérès en toute opacité. Externalisation de personnel, réduction des grammages, prix consacré aux denrées en baisse, portion « enfant » pour les enseignants, tarifs très lourds qui augmenteront encore !

I. Volat, S. Bauer

FB : saintgratiensolidaireecologiqueetcitoyen

Blog : isabellevolat.fr

Ukraine, rompre l’engrenage militaire

Ukraine : pour Francis Wurtz, « la priorité des priorités est de rompre l’engrenage militaire »

Alors que les blindés russes encerclent Kiev et que l’Union européenne répond par des sanctions, il faut tout faire pour ouvrir une brèche à un règlement pacifique. Les explications de Francis Wurtz. (1)

Article publié le 25 Février 2022 dans l’Humanité par Latifa Madani

En quoi la décision de Vladimir Poutine est-elle dangereuse et crée-t-elle un précédent du point de vue du droit international ?

Le droit international, c’est le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de chaque pays, c’est le non-recours à la force, la reconnaissance de l’inviolabilité des frontières, l’égalité des droits des peuples et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Le pouvoir russe commet – et banalise – une violation flagrante de toutes ces règles, qui sont à la base d’une communauté internationale civilisée. C’est en cela que cette agression est stupéfiante et irresponsable !

Cela fait des années que la Russie demande que ses frontières soient garanties…

Soyons clairs, rien ne peut justifier cette aventure de la part des dirigeants russes – ou du moins, de la part de Poutine – car je ne suis pas sûr que cette attaque aux conséquences incalculables fasse l’unanimité au sommet de l’appareil d’État russe.

Ce qui est vrai, c’est qu’il faut que le monde se pose la question : comment a-t-on pu en arriver là ? Il faut effectivement s’interroger sur toutes les décisions prises depuis la fin de l’Union soviétique qui ont contribué à ce que certains appellent aujourd’hui la « paranoïa » de Poutine. Je rappelle que dès l’an 2000, un homme comme George Kennan, jadis théoricien américain de la guerre froide, pronostiqua que « l’élargissement de l’OTAN vers l’Est peut devenir la plus fatale erreur de la politique américaine depuis la guerre ».

En avril 2008, au lendemain du Sommet de l’OTAN à Bucarest, y compris un journal comme  Le Monde avertissait : « Plus que jamais, la Russie s’inquiète de l’élargissement de l’Alliance atlantique, perçue comme une tentative d’encerclement : «  l’apparition à nos frontières d’un bloc militaire puissant dont les actions sont régies par l’article 5 du traité de Washington (l’aide à un État membre en situation de légitime défense) est vécue comme une menace à notre sécurité » a rappelé Vladimir Poutine. »

Le mois dernier encore, George Beebe, ex-directeur d’analyse de la Russie à la CIA qualifiait, dans Le Figaro, la stratégie des États-Unis vis-à-vis de la Russie, d’« erreur d’analyse fondamentale » et invitait à prendre en considération, au sujet de la Russie, « l’obsession de sa sécurité » héritée de son histoire. Ce n’était donc un secret pour aucun dirigeant occidental.

C’est la raison pour laquelle, vous demandez, depuis des années, que se tienne une Conférence paneuropéenne sur la sécurité du continent. En quoi, celle-ci pourrait-elle être bénéfique tant aux Russes qu’aux Européens ?

Je milite effectivement depuis longtemps pour le lancement d’un processus de négociations ouvert à tous les États du continent européen, une sorte de nouvelle « Conférence d’Helsinki » de 1975, en vue d’aboutir à un « traité paneuropéen de sécurité » dont le principe fondamental serait qu’aucun pays signataire ne prenne, pour sa propre sécurité, une mesure affectant la sécurité d’un autre pays signataire de ce traité. L’OTAN n’a jamais voulu entendre parler d’un tel projet, précisément parce qu’elle serait bridée dans sa stratégie de domination militaire en Europe, particulièrement à l’Est.

Une telle Conférence est-elle toujours envisageable ?

Difficile d’imaginer aujourd’hui les États européens et l’Ukraine se réunir avec Poutine pour parler « droit international » et « coopération ». Même si on en a, plus que jamais, besoin. Dans un communiqué du 24 février le PCF demande à la France de porter fermement l’offre d’une telle conférence européenne de coopération et de sécurité collective pour un règlement politique du conflit. Il appelle à « une initiative paneuropéenne extraordinaire, en toute indépendance de l’OTAN et des États-Unis, pour remettre toutes les parties autour de la table de négociations ».

Emmanuel Macron est l’un des principaux promoteurs d’une « Europe de la défense ». Celle-ci est-elle à même de répondre aux questions que pose l’intervention russe ?

Bien sûr que non. D’une façon générale, la priorité des priorités, aujourd’hui, est de rompre l’engrenage militaire : les ripostes militaires suivies de ripostes aux ripostes, etc. Quand on entend le chef de la diplomatie française, Le Drian, souligner à l’adresse de Moscou que « l’OTAN est une alliance nucléaire », cela fait froid dans le dos. Le risque d’un engrenage de la folie meurtrière : voilà l’immense menace à conjurer. « Cessez-le-feu, retrait des troupes, retour à la diplomatie ! », voilà l’urgence, et non pas rajouter des armes aux armes, au risque de la provocation ou de la contre-provocation de trop.

L’OTAN sort-elle affaiblie de cette séquence ?

Je ne m’aventurerai pas sur ce terrain. Ne faisons rien qui risque de nourrir des sursauts d’orgueil dans ces blocs militaires chauffés à blanc, quels qu’ils soient.

(1) Francis Wurtz, membre du PCF, député européen de 1979 à 2009, est également Président de l’Institut d’études européennes de l’Université Paris 8. Il fut président du groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique au Parlement européen. Sa parole sur les questions européennes porte bien au-delà des rangs du PCF. Il avait été notre invité à Saint Gratien lors de la campagne des élections européennes de 2014.