L’école, service public essentiel (3)

Covid, un révélateur

La crise du Covid a aggravé les difficultés de l’école. Sans mesures concrètes pour traiter des conséquences scolaires de la crise sanitaire, on peut craindre des effets durables dans la scolarité des élèves, particulièrement ceux issus des classes populaires. Difficulté accrue des apprentissages, perturbation du rythme de travail en classe depuis le début de la crise sanitaire… le tout sur fond de manque criant de psychologues de l’Éducation Nationale.

Lors de la fermeture des écoles en 2020, les apprentissages à distance ont été fortement perturbés, notamment à cause de la « fracture numérique » par manque d’équipement et/ou mauvaise connexion des écoles et des familles.

D’un point de vue sanitaire, le manque d’équipement en matériels, masques, capteurs de CO2 … a exposé les enseignants et les élèves. Pas de campagne de dépistage et de vaccination pour les personnels. On a connu une communication aberrante du ministère, annonçant dans la presse des protocoles sanitaires sans cesse modifiés. Combien de fois les personnels ont appris la veille, voire après la rentrée, les nouvelles préconisations sanitaires ? En janvier 2022, il y a eu quatre protocoles en moins de 10 jours ! La réalité de la circulation du virus dans les écoles a été sous-estimée, voire niée par le ministère qui s’est aligné sur la thèse de la non contamination des enfants.

S’il était important de laisser les écoles ouvertes, cela ne devait pas se faire au détriment d’une école sécure du point de vue sanitaire.

Le Covid a surtout révélé l’existence d’écoles vétustes, manquant de sanitaires, de points d’eau, à l’aération parfois très difficile. Le ministère a renvoyé aux collectivités la responsabilité des capteurs de CO2 ou purificateurs d’air. Comme c’est facile !

Organisation de l’école

À l’heure actuelle, les écoles primaires sont organisées sur la base d’un collectif d’enseignants, dont l’un (ou plus souvent une !) est chargé du travail de direction. Les enseignants ont de tout temps refusé qu’un rôle hiérarchique soit confié aux directeurs d’écoles. Depuis cinq ans, l’objectif du ministère est de leur conférer une « autorité », leur déléguer des compétences auparavant détenues par la hiérarchie. La mobilisation contre la loi dite de « l’école de la confiance » a permis l’abandon des EPLESF (établissements publics des savoirs fondamentaux). Le ministre a tenté depuis de contourner cette opposition avec l’aide de la loi Rihlac (encore une députée du Val d’Oise !) Promulguée en décembre 2021, cette loi reconnaît la spécificité de la fonction de directeur d’école. Elle donne à ce poste une autorité fonctionnelle et le dote d’un véritable pouvoir de décision pour le bon fonctionnement de son école. Cela s’est accompagné d’une expérimentation marseillaise de ce dispositif controversé de la direction d’école. Une expérimentation très opaque et une rupture d’égalité dénoncée par les syndicats : pouvoir de recrutement annoncé pour les directeurs, autonomisation des écoles sur les contenus pédagogiques et les rythmes, attribution contractuelle des moyens. Ces dispositions remettent en cause le principe de l’égalité du service public sur le territoire.

Un budget de l’Éducation nationale en berne

Investir dans l’éducation, une question de choix…

L’éducation devait être une priorité du quinquennat. Mais sans accroissement des dépenses ? La part dans le PIB de ces dépenses baisse depuis 1996, alors que le PIB augmente régulièrement. C’est-à-dire que la France consacre une part de moins en moins importante de ses richesses à investir dans l’éducation de sa jeunesse.

La part de la DIE (dépense intérieure d’éducation) est passée de 7,7% en 1996 à 7% en 2020. Elle est estimée à 160,6 milliards d’euros. Si la France consacrait la même part de son PIB à la DIE qu’en 1996, le budget consacré à l’éducation serait plus élevé de 25 milliards d’euros.

Quant à la promesse de recruter 4 000 à 5 000 nouveaux enseignants, elle est tombée aux oubliettes. Bien pire, on note une baisse de 10 200 enseignants par rapport à l’année scolaire 2017/2018…

Des annonces inquiétantes

Et après ? Le programme présenté par E. Macron s’annonce dans la suite logique du quinquennat écoulé : libéralisation totale avec une mise en concurrence des écoles, l’effacement du service public d’éducation au profit d’un « marché scolaire ».

-Compétition entre les écoles  

Liberté pédagogique et « managériale » pour les directeurs des écoles et établissements,  recrutements sur profil, et au nom de la transparence, publication des résultats des évaluations permettant de comparer écoles et établissements entre eux… Bref, la compétition entre les écoles ! Totalement inefficace pour réduire les inégalités car chacun sait que c’est plus facile d’avoir de bons résultats dans une école où il y a peu d’élèves en difficulté que dans une autre. Cette mesure va renforcer la ségrégation, en favorisant le  bachotage » généralisé et favorise le privé – qui, lui, choisit ses élèves.

 -Travailler plus…

Les enseignants sont prévenus : ils vont connaître le fameux « travailler plus pour gagner plus » ! Complètement délirant quand on sait que le temps de travail des enseignants est déjà supérieur à 42 heures par semaine selon les propres chiffres du ministère de l’Éducation. Parmi les « nouvelles missions » : le remplacement obligatoire des absents ou le suivi individualisé des élèves. Pour faire croire aux parents qu’on va résoudre le problème des remplacements ? D’après la FCPE, 55 000 heures de cours ont été perdues depuis la rentrée. À Saint Gratien, des enseignantes en congé de maternité ne sont pas remplacées.. Troisième semaine sans maîtresse pour des CE1 du centre-ville ! Pour les AESH aussi, on promet des contrats de 35 heures par semaine, mais conditionnés à l’acceptation de tâches supplémentaires, notamment dans le périscolaire. Sauf que leur métier, c’est l’accompagnement des élèves en situation de handicap…

À suivre…. Une autre école est possible !

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