L’école, service public essentiel (2)

La politique menée par JM Blanquer a aggravé les inégalités scolaires, elle a aussi eu de fortes répercussions négatives sur la situation des personnels.. et tout est lié !

Des enseignants débordés

Le temps de travail des enseignants est de 42/44h par semaine. Actuellement, le travail pédagogique est entravé par de multiples « commandes » de l’institution qui entraînent des heures de travail sans forcément avoir des répercussions positives sur les élèves (projets pédagogiques ou médicaux personnalisés, livrets universels, protocoles divers, évaluations nationales…). Plus de 60 % des enseignants se disent débordés et stressés. Les stagiaires se sentent majoritairement insuffisamment préparés à prendre la responsabilité d’une classe, avec des difficultés dans la gestion de la difficulté scolaire et la prise en compte de l’hétérogénéité des niveaux des élèves.

Des salaires loin d’être attractifs

C’est connu, les enseignants français sont moins bien payés que la plupart de leurs homologues de l’Union européenne comme le montrent les comparaisons internationales. À titre d’exemple, un enseignant allemand en début de carrière gagne 4638 euros bruts contre 2253 pour un enseignant français, soit une différence de 2385 euros bruts mensuels ! En fin de carrière, les enseignants allemands touchent en moyenne 2137 euros bruts mensuels de plus que les français.

Fonctionnaires de catégorie A, les enseignants, qui ont un niveau Bac +5, ont également une rémunération inférieure de 35% à celle des autres cadres de la Fonction publique.

D’autre part, le choix des  gouvernements successifs de ne pas augmenter la valeur du point d’indice depuis 2010 a réduit considérablement le pouvoir d’achat des fonctionnaires en général, et des enseignants en particulier. Les professeurs des écoles ont ainsi perdu l’équivalent de plus d’un mois de salaire en 2022 par rapport à l’année 2010.  Le métier d’enseignant n’est plus attractif.

Une formation continue des enseignants réduite à portion congrue

L’absence de formation continue, en particulier sur la question de l’inclusion ou des élèves à besoin éducatifs particuliers, fait cruellement défaut. Ces temps de formation et d’échanges entre enseignants ont été remplacés par des formations imposées, à publics désignés, sur des temps inférieurs à 4 jours, contre des stages auparavant  de trois semaines de formation continue de qualité, en lien avec les travaux de toute la recherche et avec les apports des mouvements pédagogiques. Pourtant la formation continue est indispensable pour un métier en constante évolution.

Un statut attaqué

Durant le quinquennat Macron, les écoles ont vu augmenter le nombre de personnels enseignants sous divers contrats : étudiants alternants, contractuels covid, contractuels 100 %…Ces personnels font de leur mieux mais leur situation reste très précaire : contrats courts, bas salaires, manque de formation… Et, faut-il le rappeler, le métier enseignant ne s’improvise pas et s’acquiert par une formation !

La loi de Transformation de la Fonction Publique a aussi eu des conséquences très négatives pour le personnel enseignant. Les instances paritaires, où les représentants du personnel siègent à égalité avec l’administration, sont ainsi dessaisies de nombreuses questions laissées entièrement à la discrétion de l’administration : mouvement (changement d’affectation), promotions, temps partiels, disponibilité, listes d’aptitudes, départs en formation continue… C’est le « new management public » dans l’Éducation nationale !  Enfin le ministre a voulu inscrire dans la loi intitulée « Pour l’école de la confiance » un devoir de réserve. C’est, selon les syndicats, la transformation du « fonctionnaire-citoyen », issu du Conseil National de la Résistance et renforcé par les lois de 1983, en « fonctionnaire-exécutant », conception héritée du 19ème siècle et instituée sous le régime de Vichy.

Des enseignants non soutenus

Les enseignants font régulièrement part du sentiment d’un manque de soutien de leur hiérarchie. Pendant 5 ans, JM Blanquer a orienté l’opinion publique contre les enseignants : désinformation, mensonges, participation du ministre à une campagne de « prof-bashing » laissant entendre qu’ils « auraient décroché » pendant le confinement ou qu’ils seraient coupables « d’absentéisme », fausses annonces sur la revalorisation des enseignants… les exemples sont légion. Les enseignants ne pouvaient-ils par exemple pas participer aux travaux agricoles au printemps 2020, puisque les écoles étaient fermées ? Il faut donc croire que leur travail en « distanciel » n’en était pas vraiment un… alors même que les enseignants bataillaient pour maintenir le lien avec leurs élèves malgré toute l’impréparation et les difficultés auxquelles ils étaient confrontés.
 
Une vision pédagogique rétrograde, la liberté pédagogique mise à mal

Aucune preuve ne vient étayer l’idée que le resserrement sur les « fondamentaux », vanté par le ministre, permet de lutter contre les inégalités. C’est même le contraire. Le resserrement sur les « fondamentaux » génère une aggravation des inégalités scolaires.

La liberté pédagogique est également bien mise à mal par le ministre. Alors que seuls les textes officiels qui s’imposent à tous sont les programmes, avec Jean-Michel Blanquer, jamais les professeurs des écoles n’auront connu autant de guides, vadémécum, prescriptions et formations imposées. Avec des auteurs anonymes, ces guides donnent non pas à réfléchir sur la pratique de classe mais indiquent « des bonnes pratiques ». Cela a pour effet de dessaisir les enseignants de leur métier.

À suivre… l’école sous Covid

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