Notre électricité est chère… Mais pourquoi ? (3)

C’est certes un peu ardu à lire… mais il est tellement essentiel de comprendre pourquoi il y a aujourd’hui une crise de l’énergie qui plonge de nombreux ménages dans des difficultés importantes et qui met les collectivités au bord du gouffre…. Cela vaut le coup de prendre cinq minutes pour découvrir cet article d’Alain Tournebise, paru dans le numéro de septembre/octobre 2022 de la revue économique du PCF, « Économie et Politique ».

La suite…

Qu’est-ce que ce marché de gros de l’électricité ?

En fait, de même qu’il existe plusieurs places de marché pour les actions, il existe plusieurs marchés de gros de l’électricité. On devrait donc parler non pas « du » mais « d’un » marché de gros de l’électricité. La plus grande plateforme de marché en Europe est EPEX Spot, de droit allemand, à laquelle ont accès les acteurs de 12 pays différents dont la France. Mais d’autres Bourses sont actives sur le territoire français, par exemple NordPool, marché de gros initialement centré sur les pays scandinaves.

Un marché de gros est une plateforme informatique (analogue à la Bourse des valeurs où sont négociées les actions) sur laquelle les participants déposent, chaque jour pour le jour suivant, des ordres d’achat ou de vente d’électricité. D’où son nom de marché Day ahead, encore appelé « marché spot ».

D’un côté, des demandeurs (le plus souvent des fournisseurs ou revendeurs qui en ont besoin pour alimenter leurs clients) expriment des besoins d’électricité en grande quantité soit heure par heure, soit sous forme de « blocs », c’est -à-dire une certaine puissance pendant un certain nombre d’heures, à un instant donné de la journée. Ces demandes sont faites à un prix d’achat reflétant principalement l’heure de la journée à laquelle ils s’appliquent.

De l’autre, des offreurs qui proposent eux aussi des blocs à des prix qui, in fine, reflètent la nature du combustible de production de l’électricité proposée : charbon, gaz, hydraulique…

 Les ordres sont enregistrés par les acteurs du marché avant la clôture du carnet d’ordres à 12h00. Sur la base des ordres d’achat, l’opérateur de Bourse lance un algorithme d’appairage qui établit une courbe de demande, basée sur les ordres de vente, et une courbe d’offre pour chaque heure du jour suivant. Le prix de compensation du marché (MCP), qui équilibre l’offre et la demande, se trouve à l’intersection des deux courbes et reflète le coût marginal de production.

Accessoirement, la place de marché assure également le règlement financier des échanges. Mais les échanges physiques du lendemain, eux, sont assurés par RTE qui veille ce qu’à chaque instant la consommation d’électricité soit bien assurée par une production suffisante.

Mais le marché de gros est très insuffisant pour fournir l’électricité nécessaire aux fournisseurs alternatifs pour se sourcer et satisfaire leurs clients. Les acteurs du marché de l’électricité préfèrent des échanges de gré à gré, plus sûrs et à des prix mieux maitrisés. C’est pour cette raison qu’en France, seul un tiers des échanges d’électricité se font sur le marché de gros. En outre, les quantités d’électricité qui s’y échangent viennent surtout des productions les plus chères : charbon et hydrocarbures et ne permettent donc pas aux commercialisateurs des marges suffisamment rémunératrices. C’est pourquoi on a considéré que cette limitation constituait un obstacle au développement de la concurrence et qu’il était nécessaire que les fournisseurs alternatifs aient dans leur portefeuille une offre d’électricité en base. C’est ce qui a conduit le gouvernement Fillon en 2010 à mettre en place le dispositif d’Accès Régulé à l’Énergie Nucléaire Historique (ARENH).

Ce dispositif permet aux fournisseurs alternatifs, depuis le 1er juillet 2011 et jusqu’au 31 décembre 2025, d’acheter à un prix particulièrement intéressant l’électricité produite par les centrales nucléaires historiques d’EDF situées sur le territoire national, en obligeant EDF à céder cette électricité à un prix fixé par décret. Depuis le 1er janvier 2012 et jusqu’à fin 2021, le volume total de ce cadeau a représenté 100TWh annuels, soit plus du quart de la production nucléaire, cédés à un prix de 42 € / MWh qui n’a pas évolué depuis 2012, malgré l’augmentation continue des coûts de production du nucléaire sur la période (+ 46 % entre 2011 et 2021.

L’enfer étant pavé de bonnes intentions, les fournisseurs alternatifs étaient supposés répercuter ces faibles coûts d’approvisionnement sur leur propre clientèle. Pour cette raison, la loi prévoyait que les fournisseurs éligibles à l’ARENH devaient faire la demande d’une quantité fonction de l’importance de leur portefeuille de clients. Si le total des demandes excédait le plafond (aujourd’hui 120 TWh) alors, les demandes étaient écrêtées pour redescendre à ce plafond. Ex post, la commission de régulation de l’énergie (CRE) est en charge de vérifier que la demande de chaque fournisseur est bien conforme à la quantité que lui permet l’importance de sa clientèle. Or, lors de son dernier rapport de contrôle, la CRE a constaté que plus de 60 % des demandes d’ARENH étaient excessives.

L’impact le plus important de l’ARENH est évidemment celui sur la santé financière d’EDF. Pour l’entreprise, l’ARENH, contrairement aux intentions affichées, ne couvre même pas ses coûts de production nucléaire. Pour sa part, la CRE estime que les coûts de production sont correctement couverts mais la Cour des comptes est moins affirmative, même si elle estime que les coûts de production d’EDF sont couverts par l’ARENH, au moins selon une appréciation strictement comptable, c’est-à-dire sans prendre en compte les coûts de développement

 Consciente de la difficulté du problème, la Cour reste toutefois prudente : «la rémunération de cette filière est toutefois dépendante de paramètres difficilement pilotables, y compris les effets de l’écrêtement, ce qui ne permet pas au dispositif de l’ARENH de garantir la couverture des coûts ».

En revanche, la Cour des comptes a estimé clairement « qu’en l’absence d’ARENH, les revenus du nucléaire, sur l’ensemble de la période 2011-2021, auraient excédé les coûts comptables d’environ 7 milliards d’euros sur la période. L’ARENH a ainsi limité les revenus du producteur nucléaire ». On imagine assez bien l’impact négatif que cette disposition a pu avoir sur la capacité d’investissement d’EDF et donc sur le renouvellement du parc nucléaire.

La situation s’est compliquée fin 2021 avec la hausse brutale des prix de gros qui ont entraîné un approvisionnement plus coûteux pour les fournisseurs alternatifs. Le gouvernement s’est donc empressé de voler à leur secours au détriment d’EDF en relevant à partir de 2022 à 120 TWh la quantité d’électricité cédée dans le cadre de l’ARENH, avec, il est vrai, une petite compensation en relevant le prix de vente obligé à 46 € /MWh (depuis, l’Assemblée nationale a porté ce prix à 49,5 euros contre l’avis du gouvernement). Cette augmentation a eu un effet encore plus pervers que les années précédentes, puisqu’elle coïncide avec une baisse historique de la production nucléaire française (fin juillet, 30 sur les 56 réacteurs français étaient à l’arrêt, 18 pour maintenance programmée et 12 pour des problèmes de corrosion). EDF a donc dû avoir un recours accru au marché de gros. Dans ses comptes semestriels publiés en juillet, EDF évalue à 10 milliards d’euros les conséquences financières de ces nouvelles mesures.

À suivre…

Notre électricité est chère… Mais pourquoi ? (2)

C’est certes un peu ardu à lire… mais il est tellement essentiel de comprendre pourquoi il y a aujourd’hui une crise de l’énergie qui plonge de nombreux ménages dans des difficultés importantes et qui met les collectivités au bord du gouffre…. Cela vaut le coup de prendre cinq minutes pour découvrir cet article d’Alain Tournebise, paru dans le numéro de septembre/octobre 2022 de la revue économique du PCF, « Économie et Politique ».

La suite….

Un peu d’histoire

Naguère, à peu près partout dans le monde, le système électrique était exploité par un monopole, monstruosité absolue pour tout économiste libéral. Qui plus est, ce monopole était intégré, c’est-à-dire en charge de la production d’électricité, de son transport à grande distance et de sa distribution aux clients finals. Pas supplémentaire dans l’horreur économique, ce monopole était le plus souvent public, comme en France avec EDF.

Il n’en reste pas moins que pour des multinationales en recherche permanente de nouvelles sources de profit, cette appropriation publique d’un secteur porteur constituait un gâchis terrible. Dès les années 80, sous l’impulsion politique de Reagan et Thatcher, une brochette d’économistes s’est attelée à théoriser l’inefficacité du monopole public, les bienfaits du marché et – déjà – du ruissellement des profits pour le bien être des consommateurs.

S’en est suivie une vague de privatisation et de mercantilisation de l’industrie électrique qui, très rapidement – les mêmes causes produisant les même effets – a renvoyé le secteur électrique à ses démons d’avant-guerre : prix élevés, sous-investissements, fiabilité déficiente.

Pour libéraliser le secteur on a d’abord dissocié les trois principales fonctions : production, acheminement par les réseaux et commercialisation.

On a abrogé le monopole de production en permettant à tout un chacun de produire de l’électricité. On a séparé les réseaux d’acheminement des autres fonctions de production et de commercialisation, Parallèlement, on a permis aux gros clients et aux commercialisateurs d’acheter ou de vendre directement de l’électricité en utilisant les réseaux moyennant redevance. C’est l’accès des tiers au réseau ou ATR.

 Ainsi, là où il y avait un seul opérateur, on a multiplié les producteurs (en France EDF, Engie, Total et plusieurs dizaines de petits producteurs d’électricité renouvelable mais aussi des producteurs produisant dans des pays voisins et exportant en France). On a créé des gestionnaires de réseau (RTE pour le transport en haute tension et Enedis pour la distribution en basse tension).  Ces réseaux constituant des monopoles naturels, ils doivent, dans la doxa libérale, être régulés, c’est-à-dire que leurs prix doivent être contrôlés, voire fixés, par une entité pour éviter tout abus de position dominante. Dans la plupart des pays, cette mission a été confiée à un régulateur extérieur « indépendant », en France, la CRE (Commission de Régulation de l’Énergie.)

 Enfin, des « commercialisateurs ou fournisseurs » (grossistes ou épiciers) qui vendent au consommateur final de l’électricité qu’ils produisent ou qu’ils achètent en gros à d’autres. Tous ces braves gens ne travaillant pas pour rien, cette pandémie a considérablement alourdi les coûts de l’électricité pour le consommateur final.

Comment se déroulent les échanges d’électricité en France dans ce schéma désormais ?

Depuis 2007, le consommateur final d’électricité est « libre » de choisir à qui acheter son électricité : c’est son « fournisseur ». Ce fournisseur peut être un producteur qui vend ainsi son électricité directement à son client (de gré à gré). En France, aujourd’hui la grande majorité des échanges ont lieu ainsi. Mais il peut aussi choisir d’acheter son électricité à un revendeur qui ne produit pas son électricité, mais qui l’achète en gros sur le marché et la revend au détail. C’est ainsi qu’on a vu se multiplier les fournisseurs dits « alternatifs » et se développer des offres exotiques telles que celles de Leclerc qui ristourne 20 % du tarif EDF en… bons d’achats !

Pour permettre ce développement du mercantilisme électrique, on a instauré deux dispositifs : le marché de gros et l’ARENH.

À suivre…

Notre électricité est chère….  Mais pourquoi ? (1)

C’est certes un peu ardu à lire… mais il est tellement essentiel de comprendre pourquoi il y a aujourd’hui une crise de l’énergie qui plonge de nombreux ménages dans des difficultés importantes et qui met les collectivités au bord du gouffre…. Cela vaut le coup de prendre cinq minutes pour découvrir cet article d’Alain Tournebise, paru dans le numéro de septembre/octobre 2022 de la revue économique du PCF, « Économie et Politique ».

Flambée des prix de l’électricité : le marché, mais pas que

Depuis plusieurs mois, les prix de l’électricité ont crû de manière quasi incontrôlable, au point que même Bruno Le Maire s’en est ému en mettant cette flambée sur le compte du marché unique européen, jugé « aberrant » et « obsolète ». Car l’augmentation des prix de l’électricité ne date pas de 2021, et, plus qu’au seul marché européen de l’électricité, elle est due à la déstructuration du secteur, à sa privatisation et à un certain nombre de dispositifs bien franco-français instaurés par la loi NOME sur la nouvelle organisation du marché de l’électricité. Une loi adoptée en 2010, proposée par le gouvernement Fillon dont faisait partie un certain… Bruno Le Maire.

Depuis plusieurs mois, les prix de l’électricité ont crû de manière quasi incontrôlable. Mais si le phénomène a été brutal au cours du dernier semestre, il est tout sauf nouveau. Les prix de l’électricité n’ont cessé de croître depuis maintenant plus de dix ans, c’est-à-dire depuis la libéralisation du secteur électrique en France. L’évolution de la facture moyenne d’un petit consommateur résidentiel en témoigne

Mais de quels prix parle-t-on ? En fait, il existe trois systèmes de prix.

 Les prix de gros qui concernent les fournisseurs d’électricité ou certains très gros consommateurs et sont établis par l’offre et la demande sur le marché de gros. Les prix de gros ont littéralement explosé au cours du dernier semestre. Alors que depuis 2010, ils oscillaient autour de 50 €/MWh, avec des points bas à moins de 30 euros de 2016 à 2018, ils atteignent aujourd’hui régulièrement les 500 euros.

Évolution des prix de gros de l’électricité depuis 2008

Évolution des prix de gros depuis un an

Les prix de détail qui concernent le consommateur final, industriel, tertiaire ou résidentiel et qui sont de deux natures :

  • les prix librement fixés et proposés par les fournisseurs d’électricité en fonction de la nature de l’électricité qu’ils vendent, de leurs coûts et de leur stratégie concurrentielle (électricité « verte », coopératives, à prix fixes, à prix variables etc.). Ce sont les offres dites « de marché » ;
  • les tarifs règlementés de vente d’électricité (TRVE) proposés seulement par EDF (et quelques anciennes régies), qui, à l’origine, étaient censés refléter les coûts de production d’EDF, donc essentiellement nucléaire, et faire ainsi bénéficier le consommateur français des prix particulièrement bas du mix français. Avec la première loi libéralisant le secteur électrique, adoptée en février 2000 et transposant la directive de 1996, les producteurs et les plus gros consommateurs (les clients « éligibles ») ont obtenu le droit de négocier en direct les prix de l’électricité qu’ils s’échangeaient. Pour les autres consommateurs, les tarifs proposés par EDF ont été maintenus (tarifs « bleus, jaunes et verts », tarifs dit règlementés puisqu’ils étaient élaborés par EDF mais arrêtés par le ministre en charge de l’énergie. Au cours des années qui suivirent, au fur et à mesure de « l’ouverture » du marché, de plus en plus de clients (petite industrie, tertiaire, et même résidentiels) se virent ouvrir le droit à accéder à des offres « de marché » et de moins en moins pouvaient bénéficier des tarifs règlementés. L’objectif étant naturellement de supprimer à termes ces tarifs règlementés. En 2021, environ 22,5 millions de sites résidentiels et 1,55 million de sites « petits professionnels » (environ 70 % des ménages et des « petits professionnels), bénéficiaient de tarifs règlementés.

Les prix de l’électricité au tarif règlementé, qui croissaient lentement jusqu’à 2018 se sont ensuite emballés pour exploser en 2022, ont quasiment cessé d’augmenter depuis. Pourquoi ? Parce que leur mode de calcul a changé. Mais un petit retour en arrière est nécessaire.

Évolution des TRVE depuis 2010 (en €/ MWh). Source CRE

À suivre…

Le maire nous écrit…

Comme tou.tes les Gratiennois.e.s, je reçois dans ma boîte une lettre du maire nous alertant sur la situation de la commune, confrontée comme toutes les autres, à une explosion des prix de l’énergie. Les conséquences risquent d’ être douloureuses pour les habitant.e.s.

Quelques remarques sur ce courrier.

Les décisions gouvernementales imposées aux collectivités territoriales ont déjà beaucoup affecté leurs budgets, souligne tout d’abord notre édile. On est d’accord ! Les gouvernements successifs, que ce soient ceux de N. Sarkozy, de F. Hollande ou d’E. Macron ont tous fortement mis à mal les recettes des collectivités. Baisse drastique des subventions et notamment de la DGF, mais aussi suppression de la taxe d’habitation après celle de la taxe professionnelle, ont quasi anéanti l’autonomie budgétaire des collectivités, à présent dépendantes des compensations d’État, fort aléatoires comme on le sait. Le contraire de la décentralisation, en somme. Cela va continuer avec la disparition annoncée de la CVAE, contribution des entreprises, dernière taxe reliée au territoire. Seule subsiste maintenant la taxe foncière.

On s’étonne donc un peu de cette critique, venant d’un élu de la même sensibilité politique qu’un Président de la République qui a contribué à l’affaiblissement budgétaire de notre commune.

« Nous cherchons toutes les pistes d’économies possibles » sans faire « peser trop fortement toutes ces augmentations sur le taux d’imposition des habitants». C’est dit avec beaucoup de délicatesse, mais on a tous compris que notre taxe foncière allait augmenter en 2023. La seule question est : de combien ?

Ce que ne nous dit pas le maire, c’est que vont augmenter aussi, et assez fortement sans doute, les tarifs des services publics locaux, notamment les tarifs des prestations périscolaires. En effet, les entreprises de restauration collective demandent à cor et à cri la révision des prix. Sogérès, à laquelle la ville a confié la gestion des cantines scolaires, ne manquera pas de demander une augmentation des tarifs puisqu’elle subit également les hausses de l’énergie et des matières premières. La seule question est : de combien ? Les négociations s’engagent la semaine prochaine. Rappelons que Saint Gratien a déjà les prix de repas parmi les plus chers, voire les plus chers du département. Une nouvelle augmentation, après celles récurrentes de + 3 % connues ces dernières années, ne manqueront pas de mettre en difficulté nombre de familles. + 3% chaque année, y compris celles où l’inflation était quasi nulle ! Pour mémoire, nous nous sommes exprimés sur ce sujet à de nombreuses reprises, voir ici par exemple.

Le maire vante ensuite sa politique dans le domaine environnemental. La ville aurait investi dans les énergies renouvelables, panneaux photovoltaïques, installation d’ampoules LED pour l’éclairage public et le parking P1. On apprend au passage que si le stationnement payant a été délégué à la société Effia, l’éclairage du P1 reste à la charge de la ville…

Petite précision : les panneaux photovoltaïques seront, futur, installés sur la toiture de la salle d’armes au cours des travaux de rénovation. Et seulement sur cet équipement… Nous suggérons depuis de nombreuses années l’implantation de ces dispositifs sur les toits des bâtiments communaux, voire sur les immeubles d’habitation comme cela se fait dans des villes voisines. Tout arrive donc. Mais au compte-gouttes.

Quant aux LED, si elles sont déjà installées dans les bâtiments communaux, elles le sont bien peu en ce qui concerne l’éclairage public : 150 LED sur 3 300 points lumineux… soit 4,5%. Un bémol sur ces nouvelles lampes : si elles sont effectivement très économiques par rapport aux lampes à sodium, des études montrent qu’elles sont aussi beaucoup plus nuisibles pour la biodiversité, importante y compris en zone urbaine dense… on reviendra sur ce sujet.

Concernant l’éclairage public, le maire nous annonce qu’il connaîtra une nouvelle baisse d’intensité de 20% entre 23h et 6h30. Tiens ! Pourtant il nous affirmait il y a peu que l’éclairage public ne coûtait pas grand-chose et qu’il était inutile d’y chercher des économies… Je reste convaincue qu’une extinction totale entre 1h et 5h du matin comme le pratiquent des villes voisines serait préférable. Cela apporterait davantage d’économies qu’une simple diminution de l’intensité, et cela serait couplé à une mesure écologique importante, puisqu’on sait que l’éclairage public est responsable de la disparition massive des insectes et perturbe en profondeur la faune, la flore… et le sommeil des humains.

L’extinction serait synonyme d’augmentation de la délinquance ? Et bien non, cela ne se constate pas dans les 40% de communes de France qui ont choisi d’éteindre leurs lampadaires une partie de la nuit. Au contraire, de la même manière que les routes obscures ne sont pas plus accidentogènes que les autres mais moins, les rues non éclairées connaîtraient moins de rassemblements et pas davantage de délits. Voire moins…  c’est à lire ici.

Ce qui augmente avec l’extinction de l’éclairage, c’est le sentiment d’insécurité, une peur ancestrale du noir peut-être ? Le fait est que la plupart de nos rues sont désertes bien avant minuit, plus de cafés, de restaurants, de cinéma, ni de trains… et qu’on y éclaire donc pour rien. Un sujet sur lequel nous reviendrons aussi.  

Ouf, nous sommes rassurés par le paragraphe suivant de la lettre du maire : marché et illuminations de Noël sont saufs !

Par contre, inquiétude pour les sportif.ves qui devront supporter 15° dans les gymnases… il faudra pratiquer intensivement !

Le maire conclut en espérant que tous ces gestes sauveront le budget municipal.

Hélas.

Les solutions sont autres.  Bien sûr qu’une politique d’économie d’énergie et de développement des énergies renouvelables est indispensable. Nous pensons d’ailleurs que la ville doit aller bien plus loin dans cette démarche.

Mais pour protéger les collectivités territoriales de la hausse des prix de l’énergie, c’est au gouvernement qu’il faut s’adresser pour limiter l’impact de cette hausse par des mesures immédiates.

C’est pourquoi nous demanderons que les élus de Saint Gratien réclament par le biais d’une motion votée en Conseil municipal l’instauration des mesures suivantes :  

  • Qu’un bouclier tarifaire soit mis en place pour limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie pour les collectivités territoriales, par des solutions immédiates comme :

– la mise en place d’un fond d’urgence de compensation,

– l’application d’un taux de TVA réduit sur les factures énergétiques des collectivités et leurs groupements,

  • Que toutes les collectivités qui le souhaitent puissent bénéficier des tarifs réglementés du gaz et de l’électricité, au lieu d’être soumises aux prix du marché,
  • Que ces tarifs réglementés soient bloqués, comme le permet l’article L 410-2 du code de commerce,
  • Que l’on renonce à l’extinction des tarifs réglementés de vente de gaz naturel (TRVG) en 2023,
  • Que soient développées des politiques d’aides aux collectivités territoriales pour la rénovation énergétique,
  • Que la DGF soit indexée sur l’inflation,
  • Qu’une contribution exceptionnelle soit instaurée sur les profits spéculatifs des multinationales de l’énergie.

D’autre part, il nous apparaît essentiel que les habitant.e.s de notre commune, premiers concerné.e.s par la crise énergétique et les menaces qu’elle fait peser sur les services publics locaux, soient associé.e.s à cette démarche, par l’intermédiaire d’une carte-pétition reprenant les demandes du Conseil municipal et adressée au Président de la République.

Le maire nous écrit… et si nous écrivions, nous aussi ?

La Coopérative et le meilleur maire du monde

Retour du Congrès national de l’ANECR, 4, 5, 6 novembre 2022, Montreuil

Brève Allocution de Philippe Rio au Congrès de l’ANECR, devenu la « Coopérative des élue-e-s communistes, républicain.e.s et citoyen.ne.s », samedi 5 novembre 2022 à 18h.

Après 3h30 d’échanges cette après-midi avec les élu-e-s PCF et leurs partenaires, autour du thème « Pourquoi une association d’élu-e-s ? », Philippe Rio[1], maire de Grigny et à l’origine de « l’appel de Grigny » issu des premiers états généraux de la politique de la ville, que notre blog avait déjà rencontré et interrogé à l’été 2018 à Angers dans le cadre de l’Université d’été du PCF et avec qui on avait débriefé sur l’apport des élu-e-s communistes au rapport Borloo sur Le plan pour les banlieues, a déclaré ceci :

« Qu’est-ce que cela fait du bien de se retrouver en congrès national en présentiel !

Nous sommes véritablement une force politique, rassemblée ici en association d’élu-e-s – à organiser encore -, et présente sur tout le territoire, ce qui est une des richesses de notre association.

D’intéressant dans ce qui a émergé dans le débat de cette après-midi, c’est la question de la dynamique de notre association. Il y a eu des témoignages sur la conquête, ou la reconquête de territoires par des élu-e-s PCF, je pense à aux départements et nos jeunes représentantes dans la Mayenne et dans le Doubs. Seules élues départementales dans ces départements, qui y sont arrivées avec volonté, ambition et abnégation. Comme quoi c’est possible, elles ont pu y arriver !

J’ai bien aimé aussi les témoignages de nos maires de Bobigny et de Fleury. Ils nous ont narré les ressorts de leur reconquête, ou conquête au regard des débats étymologiques que nous avons eus tout à l’heure.

Un grand coup de chapeau à nos élu-es des régions, sur les questions de la ruralité, qui nous ont dit qu’ils-elles étaient disponibles.

On a travaillé sur des statuts, quelque chose qui est statique a priori, mais on a eu plein  de témoignages qui se sont révélés du ressort de la dynamique. C’est de bonne augure pour la suite du calendrier de notre nouvelle coopérative.

Je vous donne déjà rendez-vous le 23 novembre au congrès des maires de France, où il nous faudra être massivement présents. Ce sera une première urgence dans nos mobilisations. Auprès des maires des communes de France pour faire connaître, avec entre autres notre revue INITIATIVES de nos sénateurs, nos singulières propositions pour faire face à la crise énergétique : qui va payer les factures ? cela ne doit pas être les collectivités, ni leurs habitants. Je vous invite à ce que nous soyons massivement présents. 

Rendez-vous également le 7 décembre, dans le cadre de la niche parlementaire qu’auront nos député-es à l’Assemblée Nationale, et où Fabien Gay aura la charge de défendre une proposition de Loi visant à protéger les collectivités territoriales de la hausse des prix de l’énergie.

L’un de nos premiers travaux portera aussi sur la stratégie d’information et de communication de notre association. Il nous faut développer des outils pour être plus lisibles ; pour être plus visibles. Pour créer du lien entre nous. Pour pouvoir s’inspirer de nos expériences respectives. Je veux que l’on se dote d’outils d’information, de communication, digitaux mais aussi papiers. On en reparle.

À bientôt ! »

Philippe Rio

Prise de note au fil de l’eau et photos : Stéphane BAUER

[1] En 2021, il est présélectionné par la World Mayor Award en vue d’une série de prix récompensant l’action de maires à travers le monde7. Le 14 septembre 2021, il est finalement élu « meilleur maire du monde » par la fondation à but non lucratif. Ce choix est motivé par le fait que le maire de Grigny « a développé une vision positive mais pragmatique dans son combat contre la pauvreté et l’exclusion sociale »

Philippe Rio , maire de Grigny

Prises de parole devant le parvis de la mairie de Montreuil, contre l’augmentation des prix de l’énergie, des denrées pour les cantines, la baisse des moyens et d’autonomie des collectivités…

De dos : Jacqueline Belhomme, Maire de Malakhoff, Fabien Roussel, conseiller municipal de St Amand les Eaux – Secrétaire National du PCF, Ian Brossat, Adjoint au maire de Paris, Olivier Sarrabeyrouse, maire de Noisy-le-Sec

Au centre : Patrice Leclerc, Maire de Gennevilliers

Patrice Bessac, Maire de Montreuil – Cécile Cukierman, conseillère régionale, Pays de Loire

Gilles Leproust, Maire d’Allonnes

Cécile Dumas, FD-PCF 95, dont l’écharpe de conseillère régionale d’IDF a rendu jalouses ses collègues de Bretagne, sans écharpe..

Salle du conseil de Montreuil, lieu du congrès

La plus jeune élue lors du Congrès

Carte pétition à dupliquer pour mobiliser les habitants de nos villes pour un retour au tarif réglementé de l’énergie pour les habitants et les collectivités

 

Comment devenir une ville cyclable (1)

Münster, retours d’expériences importables à St-Gratien ?

1 – Comment Münster est devenue une ville cyclable

Ce que les moutons sont à la Nouvelle-Zélande, les bicyclettes le sont à Münster. Aujourd’hui, il y a plus de vélos que d’habitants dans la ville de Rhénanie du Nord-Westphalie. Ce n’est pas un hasard si Münster est devenue la capitale du vélo : les pères de la ville ont pris une décision remarquable.

Münster et les vélos, c’est comme Duisburg avec le commissaire Schimanski (Cf. Les enquêtes policières de Horst Schimanski dans la ville de Duisbourg), ou Munich et la fête de la bière. Le « Leeze », comme on appelle ici le deux-roues, contribue en grande partie au charme pour lequel Münster est si populaire. Incidemment, les déplacements en vélos améliorent énormément la qualité de vie : moins de gaz d’échappement, de taux de CO² et de bruits de voiture. Pas étonnant que Münster ait reçu le titre de « capitale fédérale de la protection du climat » en 1997 et 2006 et de capitale allemande du vélo en 2016.

Münster : plus de vélos que d’habitants

Non seulement les nombreux étudiants (plus de 50 000) parcourent en vélo le centre-ville historique, mais aussi la patrouille de police, les couples de mariés et le maire (ci-dessous photo du maire extraite de « Impulse Das QuartiersMagazin »)

Un vélo n’est généralement pas suffisant pour les habitants de Münster. En moyenne, il y a 1,67 bicyclette par habitant.93% des Munstérois ont un vélo. Un sur deux en a au moins deux… Cela représente environ plus d’un demi-million de vélos dans les rues de Münster.

Avec autant de roues, des tournevis et des clés à molette sont également nécessaires : dans plus d’une centaine de magasins et d’ateliers de vélos, les chaînes sont huilées, les chambres à air réparées et les freins resserrés.

Il y a 200 ans : Anton Knubel ouvre un magasin de vélos

Le premier magasin de vélos de la ville a ouvert ses portes il y a plus de 200 ans.     « Vélocipède tous systèmes, aux prix les moins chers » était indiqué en avril 1886 dans une annonce du journal local. C’est ainsi qu’Anton Knubel a promu l’ouverture de son nouveau magasin. Il n’y avait pas seulement des vélos, mais également une école de conduite associée, où les clients pouvaient apprendre à faire du vélo.

Décorations des lampadaires sous les arcades de la Prinzipalmarkt

Plus tard, son frère Bernard s’est lancé aussi dans le commerce de vélos. Bernard avait déjà participé aux Jeux olympiques d’été de 1896 à Athènes. Les frères et sœurs Knubel ont plus tard organisé les premières courses cyclistes à Münster.

D’autres entrepreneurs leur ont rapidement emboîté le pas et le deux-roues a progressivement gagné en popularité. Cependant, la véritable percée de la bicyclette n’a eu lieu qu’après la Seconde Guerre mondiale.

Reconstruction d’après-guerre : Münster reste fidèle à ses racines

Après la Seconde Guerre mondiale, Münster a été plus détruite (à 92%) que toutes les autres villes allemandes. La vieille ville a dû être presque entièrement reconstruite.

À ce moment-là, la voiture avait déjà commencé sa marche triomphale. Ce qui a été pris en compte ailleurs avec des itinéraires de circulation généreux. Mais à Münster, une autre voie a été choisie : il a été décidé de reconstruire le cœur de la ville tel qu’il existait avant la guerre.

Münster fait tourner une grande roue

Les cyclistes ont bénéficié avant tout de la reconstruction dans le style architectural traditionnel, avec des aménagements modernes très prudents. Alors que les voitures s’entassaient dans les rues étroites du tracé médiéval, les vélos passaient sans encombre. Autre avantage : Münster est plat et aménageable. Une condition préalable importante pour les déplacements à vélos.

Au fil des ans, la pratique du vélo à Münster a été spécifiquement promue. Dès les années 1960, il est apparu évident que Münster ne serait pas en mesure de faire face au trafic automobile à venir. Le vélo offrait un moyen de sortir de l’ornière où l’avait mises les destructions de la guerre. Par conséquent, le conseil municipal a pris de nombreuses mesures qui ont favorisé le cyclisme avec entre-autre l’extension d’un vaste réseau de pistes cyclables. Au total, aujourd’hui, vous pédalez sur environ 300 km de pistes cyclables à travers Münster.

Münster a-t-elle besoin de nouvelles impulsions ?

En plus des vols de vélos, le risque accru d’accidents constitue le bémol dans la success story de la capitale du vélo. La police de Münster a dénombré (en 2015) 9 735 accidents de vélos.

Le réseau de pistes cyclables tant vanté a été critiqué pour plusieurs raisons : Comme dans de nombreuses villes, des bordures de séparation entre la voie réservée aux voitures et celles réservée aux vélos ont été construites. Bien que les cyclistes se sentent plus en sécurité, ils peuvent avoir des accidents : les automobilistes négligent les cyclistes sur les pistes cyclables en bordure de trottoir. Vous pouvez vous retrouver dans l’angle mort des voitures : une portière de voiture ouverte négligemment et cela peut mal finir pour un cycliste.

Malgré tout, les habitants de Münster continuent de grimper leur « Leeze » tous les jours. Près de 40% des trajets quotidiens sont couverts en vélo. Selon le maire, ce chiffre devrait même atteindre 50% à l’avenir. Après tout, le vélo reste le moyen de transport le moins encombrant, le plus silencieux et le plus respectueux de l’environnement. En outre, les rayons des segments des pistes cyclables à partir du centre-ville doivent être augmentés de huit à quinze ou vingt kilomètres.

L’avenir avec le vélo

Afin d’atteindre ces objectifs ambitieux, Münster, en collaboration avec des citoyens et des experts, a lancé le « Münster 2025 Cycling Concept ». Il se penche également sur d’autres capitales du cyclisme, tels que Copenhague où il existe des pistes cyclables beaucoup plus larges et donc plus sûres. Des autoroutes cyclables telles que celles de Londres et de Madrid, où les cyclistes roulent au milieu de la route principale, sont également envisageables pour Münster. Une offre de services avec des parkings à vélos protégés contre les intempéries, des stations de pompage d’air et des « stations-service pour vélos électriques » dans le centre-ville sont également prévues.

Dans Münster, la capitale du vélo, les gens continueront à faire de la bicyclette avec diligence à l’avenir. Pour les touristes qui voudraient pédaler un peu plus tranquillement, les excursions à vélo dans la campagne westphalienne sont idéales : dans le Münsterland, vous pouvez explorer les paysages variés de rivières et de prairies de Warendorf à Borken sur 4 500 km de pistes cyclables.

À suivre…

Article traduit de l’allemand, à lire ici

Photos : Stéphane Bauer

Éteignez la lumière !

Les factures d’énergie pèsent toujours davantage sur les collectivités. Comme les particuliers, celles-ci cherchent à réduire leurs dépenses, en faisant le choix d’une certaine « sobriété ». De nombreuses communes en France éteignent leur éclairage public une partie de la nuit. Cette pratique, répandue dans les petites communes et en province, se répand aujourd’hui dans notre région.  

De plus en plus de communes franciliennes coupent l’éclairage public la nuit pour préserver leurs finances, comme le rapporte un article de France 3 Paris-Île-de-France, à lire ici. 

Tout près de chez nous, c’est la communauté d’agglomération de Val Parisis où 13 communes sur 15 procèdent à l’extinction de leurs lampadaires une partie de la nuit. L’objectif est évidemment de faire des économies, mais également de préserver la biodiversité.

La collectivité territoriale attend jusqu’à 26% de consommation d’énergie en moins, avec trois heures et demie sans lumière. Dans le même temps, il s’agit aussi pour ces communes d’aller vers la « réduction de l’impact de son parc lumineux sur la biodiversité nocturne« . 

Comme ces communes du Val-d’Oise, d’autres villes françaises se mettent progressivement à réduire ou à couper l’éclairage public la nuit. « Près de 40% des communes de métropole éteignent leur parc d’éclairage public une partie de la nuit », selon un dernier rapport publié par l’agence de la transition écologique (ADEME). 

Et à Saint Gratien ? Nous avons posé cette question de l’extinction de l’éclairage depuis longtemps. Nos rues sont pour la plupart désertes dès 23h. L’argument de la sécurité invoqué par le maire ne tient pas, d’autant plus qu’aucune hausse de la délinquance n’a été constatée dans les villes qui éteignent leurs réverbères. L’argument du remplacement des lampes classiques par des LED, moins énergivores, n’est pas non plus convaincant. Car l’extinction de l’éclairage vise aussi à préserver notre environnement. Or les LED seraient encore plus nuisibles aux insectes que les lampes à sodium…  à lire ici.

Nous insisterons donc encore… notamment lors de la réunion de quartier qui se tient le mercredi 8 novembre à 20h, au centre culturel du Parc. Rejoignez-nous !

Ci-dessous quelques images de Saint Gratien « by night », prises non pas à 2h du matin mais à 22h30… Un reportage plus complet à suivre très prochainement !

 

Stop galère !

Stop galère dans les transports d’Île-de-France !

Rien ne va plus dans les transports en Île-de-France.

Les Gratiennois.e.s connaissent la même galère que tous les usager.ères des trains, bus, métros en Île-de-France.

Sur le RER C notamment mais aussi sur la ligne H, ce sont retards récurrents, pannes à répétition, incidents divers, gares et guichets fermés, baisse de l’offre avec des dizaines de trains supprimés chaque jour, trains bondés… et augmentation du pass Navigo annoncée !

Cela décourage de prendre les transports en commun, pourtant essentiels pour préserver l’environnement.

La privatisation de la RATP en préparation aggrave la situation.

Pour des transports publics de qualité, les élu.e.s du groupe « Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne » et les communistes d’Ile-de-France engagent une campagne régionale d’information et de mobilisation des usagers.

Témoignez et signez sur : stopgalere.fr

17 octobre 1961

Il y a 61 ans, plusieurs dizaines de « Français musulmans d’Algérie » périrent sous les coups et les balles des policiers parisiens, sous l’autorité du tristement célèbre préfet Maurice Papon.
Le bilan humain de ce massacre colonial, qui eut lieu à Paris, mais aussi dans les villes de la banlieue ouest, Asnières, Argenteuil, Bezons, Nanterre… reste incertain.
Au pont de Bezons, que les Algériens empruntèrent pour  aller protester pacifiquement à Paris contre le couvre-feu qui leur était imposé, la répression fut très violente. Des tirs se sont produits à cet endroit et des corps ont été repêchés dans la Seine.
N’oublions jamais.
Ci-dessous l’œuvre d’Ernest Pignon-Ernest, réalisée pour le 60è anniversaire du 17 octobre

Le marché, on y tient !

Conseil municipal du 29 septembre 2022 à Saint Gratien, la suite…

Le Conseil vote le principe d’une Convention Territoriale Globale (CTG) avec la Caisse d’Allocations Familiales du Val d’Oise, et le renouvellement du Projet Éducatif Territorial 2022-2025, dans le but d’obtenir des subventions.      

J’ai consulté ces deux documents en mairie et je regrette qu’ils ne nous soient pas communiqués. Ils regroupent les différentes actions dans les domaines de la petite enfance, de l’enfance et de la jeunesse. La CTG concerne aussi le domaine du logement, de l’accès aux droits.

Tout cela recoupe des initiatives municipales diverses, de la mise en place du conseil municipal des enfants à la lutte contre le gaspillage alimentaire, les actions de prévention, la laïcité, l’accès au sport…      

Je ne doute pas de l’intérêt de la démarche pour percevoir de meilleures subventions mais… les rapports ne nous disent quasi rien sauf à énumérer des objectifs très vagues auxquels on ne peut que souscrire : « promotion du vivre ensemble, soutien à la jeunesse, une offre riche et diversifiée de services… » Bien sûr ! Mais comment est-ce mis en œuvre ? Même si la présentation en commission a été un peu plus précise, sans trace écrite toutefois, nous regrettons qu’on se contente de nous donner si peu d’infos, et toujours lorsque le dossier est finalisé, trop tard pour donner un avis qui puisse être pris en compte. Tout cela est très formel.

Difficile aussi, les documents reprenant globalement toutes les actions, de voir celles qui sont nouvelles et celles qui perdurent.

Nous interrogeons également sur la méthode : comment ont été élaborés ces documents ? Quelle concertation avec les parents, les enseignants, les personnels ? Quelle évaluation ? Comment serons-nous informés, RV dans 3 ou 5 ans ? Réponses très vagues du maire et de l’adjointe aux affaires scolaires, peut-être un bilan sera-t-il effectué, sans autres précisions. 

Dernier sujet d’importance, le traditionnel rapport d’activité 2021 du marché municipal, communiqué par le concessionnaire Somarep.

Très difficile d’intervenir sur cette question, le maire nous coupant sans cesse la parole sous prétexte qu’il nous faudrait rester dans le cadre exclusif du rapport, sans évoquer la situation du marché ! Le maire ne souhaite pas revenir sur les délégations de service public (DSP) conclues il y a cinq ans… comme on le comprend ! Le bilan n’est pas très bon pour ces contrats signés par la ville sous son mandat. Il serait évidemment plus confortable pour lui que les élus se contentent de « prendre acte » du rapport sans le commenter.

Le débat s’engage sur le devenir et l’attractivité des marchés, la majorité croyant finalement peu en cette forme de commerce. Au contraire, nous remarquons que de nombreuses villes créent leur marché, se battent pour le conserver, et que des marchés des environs se portent bien. Ce n’est donc pas une forme commerciale dépassée, bien au contraire ! Produits locaux et circuits courts, ça marche !  Notre marché, nous y tenons !

Le marché gratiennois va mal, la commission commerce en fait le constat régulièrement. Le marché serait cher ? Mais un chiffre manque dans le rapport : la Somarep perçoit 100 000€ de droits de place sur les commerçants du marché de Saint Gratien ! En 2017, cette charge était répartie sur 33 commerçants. Or, ils ne sont plus que 17 aujourd’hui (voire 15 depuis la rentrée)… Nous citons l’exemple du fromager récemment parti au marché de Pontoise où il paie 125€ de droit de place pour trois marchés par semaine contre 240€ à Saint Gratien pour seulement deux marchés par semaine… Le fait que le nombre de commerçants baisse entraîne aussi une baisse de la fréquentation. Notre marché survivra-t-il à ces conditions pendant encore les huit ans qui restent avant la fin de la concession ?

Un nombre de commerçants qui s’érode peu à peu, mettant en péril la survie même du marché. Mais on se contente de prendre acte du rapport d’activité du concessionnaire. Les problèmes demeurent : factures douteuses d’eau et d’électricité, travaux pharaoniques mais mal pensés et mal réalisés, qui nécessitent des reprises (pas très heureuses pour le moment) ; toujours pas de calicots signalant les commerces ; des animations qui restent confidentielles, avec peu de produits locaux et peu de produits bio ; pas de parc à vélos sous la halle, alors que la place existe ! ; des projets qui peinent à se concrétiser : regroupement des commerçants et/ou habillage des allées vides, buvette avec petite restauration, quid du restaurant annoncé sous la halle ? Pas d’animations municipales (même si nous savons bien que cela ne suffirait pas à relancer l’activité, cela pourrait aider) : permanences des élus, prestations d’associations ?

La ville prélève 50 000€ sur les droits de place des commerçants. (+ ou – 5000€ car elle prend en charge les droits de place de la buvette). Ne pourrait-elle pas en reverser une partie pour aider à l’activité commerciale de cet endroit qui est tout de même, aussi, un lieu convivial de lien social, un des rares de notre ville où les Gratiennois.es peuvent se rencontrer ?

« Laissez-nous un peu de temps ! » lance le maire tout en ajoutant « mais ce n’est pas demain qu’on trouvera des solutions pour ce marché qui n’est pas attractif ». Avec un tel soutien municipal, on craint le pire…

Prochain Conseil municipal en novembre pour les orientations budgétaires