Double langage

Les 14% de hausse de taxe foncière, le bouclier tarifaire et le double langage de Jacqueline Eustache- Brinio *

Acte 1 : Le Jeudi 21 novembre 2022, J. Eustache-Brinio vote « POUR » une motion au conseil municipal de Saint Gratien pour que les collectivités bénéficient du bouclier tarifaire et puissent revenir aux tarifs réglementés.

… et elle en profite pour faire la leçon en séance du conseil  « aux élus qui tiennent un double langage en ne tenant pas dans les instances nationales la même position qu’ils tiennent localement »…

Acte 2 : Le Jeudi 6 avril, au Sénat, J. Eustache-Brinio vote, comme le groupe LR, « CONTRE » l’extension aux collectivités du bénéfice du tarif réglementé (= bouclier tarifaire).

En effet, à l’occasion du vote de la proposition de loi du député Philippe Brun (PS) « visant à protéger le groupe Électricité de France d’un démembrement« , les sénateurs ont rejeté les dispositions de l’Assemblée visant à étendre le tarif règlementé de vente d’électricité (TRVE). Les sénateurs ont préservé uniquement  pour les petites communes et les TPE la possibilité de bénéficier de ce TRVE.

Lors de l’examen, le sénateur communiste Fabien Gay a tenté, en vain, de raccrocher les collectivités au wagon, quelle que soit leur taille (amendements 12 et 13) pour qu’elles bénéficient du tarif réglementé. Le groupe LR, dont J. Eustache-Brinio, a voté « CONTRE » ces amendements.

Pour mémoire, le groupe LR du Sénat, dont la sénatrice J. Eustache-Brinio, avaient déjà voté « CONTRE » une proposition de loi déposée en décembre 2022 par le groupe des sénateurs communistes, républicains, citoyens et écologistes, qui demandait une loi pour protéger les collectivités territoriales de la hausse des prix de l’énergie. C’est à lire ici .

Acte 3 : Réponse apportée en séance du Conseil municipal le 13 avril

« Je n’ai pas de compte à rendre à M. Bauer [qui vient de soulever les contradictions de Madame Eustache dans ses votes à St Gratien puis au Sénat]. Je ne répondrai pas à ses attaques personnelles. Les habitants comprennent le type de la politique menée ici à St Gratien et nos ambitions. La hausse de 14% de la taxe foncière, les habitants comprennent. Ils savent bien que la ville est bien gérée. Ils savent que les services ont bien travaillé pour redresser la situation. Merci Monsieur le maire. Continue Julien ! [Julien Bachard, maire LR de St Gratien, ndlr] »

Applaudissements en salle des mariages (mais bien moindres qu’au mois de novembre).

Notre commentaire :

J. Eustache-Brinio refuse de répondre à la question, elle le dit d’ailleurs clairement. Précisément prise en défaut sur la cohérence entre ses positions au Conseil municipal de Saint Gratien et ses votes au Sénat, elle tente de s’en sortir en évoquant des attaques « personnelles », alors qu’on l’interroge sur son activité d’élue. Puis elle fuit le débat en nous assénant comme vérité indiscutable son discours habituel sur la « bonne gestion » de la ville, qui serait comprise des habitants.

Mais quand Me Eustache rend-elle compte aux Gratiennois·e·s de ses votes au Sénat ? Quand explique-t-elle qu’elle vote différemment au Conseil municipal puis au Sénat sur les questions qui concernent la vie et le financement des collectivités locales ? Visiblement, elle n’assume pas son double langage.

Stéphane Bauer, conseiller municipal du Groupe SGSEC 2020

* Me Eustache a beaucoup aimé la banque Dexia, estimant avoir fait « une bonne affaire » en y souscrivant en 2007 des emprunts dits « structurés ». Ces prêts toxiques, indexés sur des monnaies étrangères, d’une durée de 25 ans, pèsent sur les finances de la commune jusqu’en 2032 et ont fait l’objet de deux renégociations très coûteuses pour la ville quand les taux n’étaient plus soutenables. (ndlr)

À suivre notre compte-rendu de la séance du 13 avril 2023 du Conseil municipal de Saint Gratien

Le compte à rebours du 14 avril

La « Une  » de l’Humanité de ce vendredi 14 avril 2023.

Quoique décident les « sages » aujourd’hui, la crise de régime est bel et bien là.

À lire également dans ce numéro : le débat organisé à Marseille entre Patrick Artus, Jézabel Couppey-Soubeyran et Denis Durand, sur la crise financière des banques.

Denis Durand, économiste et membre de la commission économique du PCF y plaide pour une politique monétaire en faveur de l’emploi, de la qualification des salariés, de la refonte écologique des productions. Il faut une autre utilisation du pouvoir de création monétaire et une nouvelle sélectivité des crédits bancaires pour réorienter les choix économiques, avec un nouveau mode de décision décentralisé, qui donne les moyens à la société tout entière de participer à ces choix.

18 heures

Retraites : les trois scénarios envisagés par le Conseil constitutionnel

Les Sages rendront vendredi 14 avril à 18 heures leur verdict sur l’avenir de la réforme des retraites du gouvernement. Trois options sont sur la table.

Tous les yeux seront rivés sur lui. Le Conseil constitutionnel rendra vendredi 14 avril ses décisions sur la réforme des retraites. Trois scénarios sont sur la table, du probable rejet de certaines mesures à la censure complète, en passant par un premier pas vers un référendum. Tour d’horizon.

La probable censure partielle

Pro-réforme et opposants s’attendent tous à ce que certaines mesures du projet de loi passent à la trappe. Parmi les propositions en danger figure l’index séniors, qui doit obliger les grandes entreprises à déclarer les salariés de plus de 55 ans, mais pourrait constituer un cavalier législatif. L’index devrait cependant être repêché dans un futur projet de loi. L’expérimentation d’un nouveau CDI en fin de carrière est également menacée.

Une censure partielle serait un moindre mal pour l’exécutif, qui pourrait arguer que le cœur du réacteur – le report de l’âge légal à 64 ans – est validé. « Le Conseil irait dans le sens où il a toujours été », à savoir « ne pas contrer les grandes réformes sociales ou sociétales », estime Lauréline Fontaine, professeure de droit constitutionnel et autrice de La Constitution maltraitée (Amsterdam).

« S’il y a censure de points […], mais pas des 64 ans, alors ça ne répondra en rien à la conflictualité sociale », a prévenu le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger. Des élus de gauche ont déjà annoncé qu’ils continueraient à exiger le retrait de la réforme. Sur le papier, une validation complète du projet de loi, sans la moindre censure, est également possible, mais improbable, d’après plusieurs constitutionnalistes interrogés.

Le vertige de la censure totale

Les opposants au texte la réclament, et invoquent notamment un détournement de l’esprit de la Constitution par l’exécutif. Pour faire passer la réforme, celui-ci a utilisé un budget rectificatif de la Sécu, ce qui a restreint la durée des débats parlementaires. Un choix « motivé par aucun autre motif que celui de l’opportunité », a tancé le député PS Jérôme Guedj, qui a aussi évoqué des débats « insincères », notamment sur la revalorisation des petites pensions.

Élina Lemaire, professeure de droit public à l’Université de Bourgogne, souscrit à certains arguments, mais reste circonspecte quant à un rejet pour « détournement » de procédure : « Il faudrait en quelque sorte que le Conseil aille scruter la conscience du gouvernement, ce qu’il s’est toujours refusé à faire. »

« Ce n’est pas parce que la procédure est inhabituelle qu’il faudrait la censurer », estime le constitutionnaliste Didier Maus. Il soulève pour sa part de potentiels « pièges constitutionnels » : si les Sages estimaient que la réforme aggrave la situation des femmes ou de certaines carrières longues, et qu’il y a « rupture d’égalité ».

Cela pourrait conduire à un gros coup de ciseau dans les articles du projet de loi. Reste l’hypothèse d’un acte fort des Sages. En 1971, ils avaient élargi spectaculairement leur champ d’action en se plaçant en garants des libertés fondamentales. Mais un demi-siècle plus tard, ils sont toujours accusés par certains juristes de docilité envers l’exécutif. « Il pourrait y avoir à nouveau l’occasion d’un coup institutionnel, en se plaçant en gardiens de la Constitution face à l’exécutif », avance prudemment Élina Lemaire.

Réforme + RIP : fausse égalité

Les Sages pourraient faire coup double : ne pas censurer l’essentiel de la réforme, et valider la procédure de référendum d’initiative partagée (RIP) de la gauche. Ses initiateurs veulent soumettre à une consultation nationale une proposition de loi afin que l’âge de départ à la retraite ne puisse pas dépasser 62 ans. Les conditions requises semblent réunies (signatures de parlementaires, champ de la proposition…), et le feu vert au RIP est « probable », considère Lauréline Fontaine.

Jean-Éric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, et Jean-Pierre Camby, professeur associé à l’université Paris-Saclay, alertent toutefois dans Le Figaro : l’injonction d’un âge de départ qui « ne peut pas être fixé au-delà de 62 ans » pourrait « contraindre la loi future » et faire tiquer les Sages.

Même en cas de validation, la route reste longue. Il faudrait que la proposition recueille 4,8 millions de signatures citoyennes en neuf mois, et qu’elle ne soit pas examinée durant les six mois suivants par l’Assemblée nationale et le Sénat, pour qu’elle soit soumise à référendum. Reste à savoir ce que déciderait Emmanuel Macron si cette perspective se dessinait au soir du 14 avril. Certains à gauche l’appellent à imiter l’ancien président de la République Jacques Chirac, qui avait promulgué mais jamais appliqué le CPE (contrat première embauche), combattu par la rue.

Quentin Marchal pour Le Point (avec AFP)

Photos de la manifestation parisienne du 13 avril 2023, S.B.

Marseille

Article actualisé avec de nouvelles photos

Les communistes tiennent à Marseille leur 39è Congrès durant ce long week-end.

Au menu des échanges des 700 délégué·e·s et des amendements des textes d’orientation, l’analyse de cette crise sociale et démocratique inédite que connaît le pays, la crise écologique, la stratégie d’alliances du PCF et ses relations avec les autres forces de gauche, le désordre mondial et ses conflits multiples…

De nombreux·ses invité·e·s sont aussi attendu·e·s car pas question de rester entre soi, particulièrement quand on prône un nouveau « Front populaire » pour ouvrir la voie à des « jours heureux » !

Photos de nos envoyé·e·s spéciaux·ales en presque direct du Palais du Pharo, et d’autres échanges à lire dans les commentaires, au fur et à mesure de ces trois jours

Interventions du représentant de « Die Linke », du maire de Marseille, de l’ambassadeur de Cuba, de l’ambassadrice de Palestine, de Marie-Noëlle Lienemann à retrouver en images ci-dessous

Suivre ici le déroulement du Congrès

Merci à S.B. de ses envois !

Grève aux « Jardins d’Iroise »

Leur publicité en donne une version idyllique mais apparemment la vérité est tout autre ! L’EHPAD « les Jardins d’Iroise » de Saint Gratien fait la une du « Parisien ».

Les salarié·e·s y dénoncent leurs conditions de travail et reçoivent le soutien de résident·e·s. Au vu des tarifs pratiqués par cet établissement, on aurait pu penser qu’il rendait correctement service aux personnes hébergées. Hélas, un nouvel exemple des dérives de ces structures privées et de la course à la rentabilité.

Plein soutien aux salarié·e·s en lutte et un coup de chapeau aux résident·e·s solidaires !

 

Pour un marché gratiennois vivant

Nombre de Gratiennois·e·s sont attaché·e·s au marché municipal car c’est un lieu de commerce convivial. Mais nul n’ignore ses difficultés, suite au départ de commerçant·e·s ces derniers mois. Et voilà qu’à présent nous perdrions la buvette ? Impensable.

Des propositions pour revitaliser le marché, nous en avons. Pour mémoire, revoici notre expression de septembre 2019, et nos propositions d’alors, toujours actuelles !

Pour tout savoir sur notre marché, lecture ci-dessous !

 

Gardons notre buvette !

Article mis à jour en fin de page

Belle affluence ces derniers temps à la buvette du marché ! C’est un lieu convivial où commerçant·e·s et client·e·s aiment se retrouver, discuter autour d’un café, particulièrement quand le printemps est maussade et qu’on traîne peu rue Hémonnot !

Et la voilà brutalement menacée de disparition !

Depuis quelques mois, les tables de la buvette sont bien occupées et cela contribue à redonner vie à ce marché si fragile. Même la ville, d’habitude assez peu soucieuse du développement du marché, avait pour une fois mis du sien en prenant en charge les droits de place exigés par la société Mandon-Somarep, à qui elle a malheureusement confié la gestion du marché pour 13 ans. Des droits de place qui sont bien trop élevés pour permettre le développement de l’activité.

Hélas ! Nous apprenons ce matin que tout pourrait être remis en question par le concessionnaire. Bien que ne disposant d’aucun compteur, ni d’eau ni d’électricité, la buvette se voit brutalement réclamer, sans justificatif aucun, des sommes astronomiques pour la consommation de ces fluides. Déjà très anormal de voir arriver des « factures » au bout de 18 mois… Mais mieux encore ! Bien qu’ayant réglé, à contrecœur, les sommes demandées, la commerçante se voit à présent signifier son congé pur et simple par le concessionnaire, au prétexte qu’elle serait mauvais payeur !

Un oukase totalement incompréhensible, surtout quand on connaît la situation du marché, mis en grande difficulté par le départ de nombreux commerçant·e·s, et qui peine à garder à garder la tête hors de l’eau. La buvette semblait pouvoir redonner un petit souffle, avec l’espoir d’accueillir bientôt une petite restauration utilisant les produits du marché. Tout serait remis en cause par ce concessionnaire à la gestion… peu rigoureuse, déjà constatée à de nombreuses reprises, notamment avec des factures de fluides adressées aux commerçant·e·s sans justificatifs.

Nous apprenons qu’en fin de marché, Somarep-Mandon est intervenu pour couper l’eau et l’électricité à la buvette, lui interdisant ainsi de poursuivre son activité dès cette semaine. Des méthodes scandaleuses.

Dans l’immédiat, nous nous opposerons à cette décision abracadabrante et interviendrons rapidement auprès de la ville.

Pour voir perdurer l’activité de la buvette, manifestez votre soutien par un commentaire à ce billet.

Nous ferons signer dès mercredi prochain 5 avril devant le marché une pétition demandant le maintien de ce commerce, qui participe activement à l’activité du marché.

Le marché a besoin de sa buvette, faites-le savoir !          

Jacqueline revient !

Scoop ce 1er avril 2023 : Jacqueline revient !

Jacqueline Eustache-Brinio, siégeant au Sénat à l’extrême droite de l’hémicycle n’en peut plus… du Sénat…

Elle a donné le meilleur d’elle-même lors des débats sur le texte sur la réforme des retraites, s’est-elle « défendue » :

Les futurs textes à débattre au Sénat sur l’immigration, elle qui a jugé au dernier Conseil municipal que  » la délinquance était en forte hausse en Île-de-France, agressions, violences  » avec une fine allusion aux  » Albanais qui lui explosaient sa porte » [sic !], lui apparaissent mous…

Ou encore, elle doute de la possible suppression de l’AME (aide médicale d’État) aux étrangers, ce qui a brisé son abnégation.

Jacqueline revient donc dans le bureau de maire de St-Gratien à la rentrée !

Le 13 avril, en guise de tour de chauffe, elle défendra d‘ailleurs elle-même au conseil municipal l’augmentation de 14% de la taxe foncière…

Jacqueline revient… mais elle n’était pas vraiment partie ! En octobre 2017, elle nous écrivait en annonçant son départ du fauteuil de maire : « Je reste là !  »

Stéphane Bauer, le 1er avril 2023

En complément bonus et ce n’est pas un poisson d’avril , un article de Street press à lire ici :

La sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio en croisade contre les musulmans et les quartiers populaires | StreetPress