Recherche interlocuteur responsable à la mairie de Saint Gratien

Huit jours après, y a-t-il un pilote à la tête de Saint Gratien ?…

…Because Raguenets people lives matter  !

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Dans l’émission matinale d’une chaîne de télé, cnews, madame Eustache-Brinio est interrogée sur les menaces qui la viseraient après la « suppression » d’un terrain de foot à Saint Gratien. Qu’en termes élégants… La « suppression » est en fait une destruction qu’on pourrait qualifier de « sauvage ». Suite à cette décision, prise par on ne sait qui, mais le journaliste ne pose pas plus de questions, madame la sénatrice raconte qu’une bande de « jeunes » (elle hésite sur le vocabulaire et renonce-pour une fois- au qualificatif de « racaille ») sont venus deux jours de suite devant son domicile, ont dans la rue chanté la Marseillaise, joué au foot et pour finir l’auraient menacée. On ne sait pas à combien d’interpellations la police a procédé à cette occasion. La sénatrice se répand ensuite contre ces individus qui ne respectent aucune règle et que la République doit mettre au pas, selon un discours qui ressemble de plus en plus à celui d’une certaine dame blonde, qui d’ailleurs, l’a bien reconnue comme proche et s’est empressée le jour-même de lui apporter son soutien.

Au détour d’une phrase, nous sommes cités, nous les élus « Front de Gauche » de la ville. Les mots que madame Eustache-Brinio prononce alors à notre encontre sont diffamatoires. Nous pousserions et manipulerions les jeunes, ce qui est assez méprisant pour eux, puisque c’est penser qu’ils ne sont pas assez intelligents pour décider par eux-mêmes et ont besoin de mentors. Nous sommes accusés d’être « avec eux quand ils caillassent la mairie » ou d’attendre les voyous devant la mairie pour les accompagner ensuite une nouvelle fois devant sa maison. « Ils allument le feu, ces élus, et sont incapables de l’éteindre, ils sont irresponsables dans le cautionnement de ces actes », voilà ses propos exacts. Elle poursuit ensuite sa diatribe sur les associations militantes qui défendent ces voyous qui cassent et qui caillassent. On vous épargne la suite.

Serions-nous complices du « caillassage » de la mairie ? En plus d’être ignoble, cette accusation est mensongère. Le « caillassage » n’a pas eu lieu. Aucune vitre de la façade n’a été cassée, aucun dégât même minime constaté. Ou bien la ville peut-elle fournir une facture des réparations ? Les forces de police présentes en nombre à ce moment, n’ont procédé à aucune interpellation. Complices, elles aussi ?city stade 21

Que madame Eustache-Brinio voie partout la main du Front de Gauche, dont elle annonce pourtant régulièrement la mort, c’est pitoyable et finalement peu intéressant. Mais que par des actes inconsidérés, elle risque de provoquer des incidents dans notre ville, cela est grave et cela nous interroge. N’oublions pas les vraies questions. Qui a décidé la destruction du city stade ? Qui laisse faire se détériorer la situation ? Alors, non, nous n’allumons pas le feu. Les « casseurs », les « irresponsables », les « pyromanes », sont ailleurs. Détruire un équipement public, construit et récemment rénové avec l’argent des contribuables gratiennois, à l’heure où ceux qui l’utilisent sont privés d’école, de vacances, de toute sortie culturelle et sportive, est un acte porteur de dangers. Ceux qui ont « allumé l’incendie qui couve dans notre ville » n’osent plus sortir pour éteindre la mèche.

Le reportage de cnews est illustré par des images de jeunes sur un terrain de foot, et le présentateur précise ensuite qu’il ne s’agit pas là de Saint Gratien, mais de Grigny. Grigny ! Grigny, pour la sénatrice, c’est l’archétype de ce qu’elle n’a pas envie de voir « chez nous ». « Ça, c’est juste pas possible ! Quand on voit les images de Grigny, je ne suis pas sûre que tout le monde ait envie d’avoir ÇA en bas de son immeuble ». « ÇA » étant des jeunes de banlieue sur un terrain de foot. Total irrespect de la part d’une élue de la République. La question d’un match contre Grigny ne se posait pas, le terrain de Saint Gratien étant condamné par des une dizaine de blocs de béton depuis quinze jours.

city stade 20Le discours de madame Eustache est ravageur et provocateur. Quel est son problème ? « On ne maîtrisait plus la gestion de ce stade…  on a des organisations un peu sauvages qui s’approprient des terrains sans l’aval de quiconque ». C’est bien cela que ne supporte pas madame Eustache : que les jeunes organisent eux-mêmes de façon autonome, comme ce fut le cas l’an dernier, des tournois de foot dont la ville n’est pas à l’origine, et que ce soit un succès. 

city stade 14Au passage, un grand mensonge : « il y a des endroits pour parler ». Non, il n’y en a aucun, puisque le maire est aux abonnés absents depuis vendredi. C’est justement le problème : aucune concertation, aucun échange. C’est ce que cherchent ces jeunes en vain : un interlocuteur. D’ailleurs on peut aussi s’interroger sur la place qui leur est allouée dans les différentes « instances de gouvernance » de la ville, que ce soit les réunions de quartier, les  permanences du maire, le Conseil municipal… aucun de ces lieux censés favoriser le dialogue  n’est adapté à ce public particulier que sont les jeunes.

city stade 23Alors, oui, nous étions le vendredi 29 mai aux Raguenets. Oui, nous sommes allés sur place au city stade constater la destruction de l’équipement, et échanger avec les habitants qui nous avaient alertés. Parce que c’est notre rôle d’élus d’être sur le terrain, d’écouter, de dialoguer. C’est que ce matin-là, il y avait un grand besoin de dialogue ! L’incompréhension, la stupéfaction, la colère pouvaient facilement dégénérer. Avec des adultes du quartier, des parents d’élèves, des mères de famille, des grands frères, nous avons passé la journée avec les jeunes, dialoguant aussi avec les forces de l’ordre, pour calmer les esprits, essayant de dénouer la crise en tentant d’amorcer un échange avec la mairie. Sans succès, puisque le maire, injoignable, nous fait dire par sa cheffe de cabinet qu’il recevra une délégation mais sans jeunes, puis qu’il ne recevra que des élus mais sans habitants, avant finalement de couper court en déclarant qu’il ne recevrait personne. Avec un autre élu municipal, Emmanuel Mikaël, et deux mères, nous nous sommes alors déplacés en mairie pour insister sur l’urgence et l’importance d’ouvrir le dialogue. En vain. Le lundi, alors que les jeunes revenaient place Gambetta pour chanter et jouer au foot sur la musique de Brel ou Ferrat, et discuter avec les boulistes, d’autres Gratiennois sont venus avec nous à leur rencontre, pour connaître leur version des faits et envisager une issue. Nous étions à nouveau jeudi matin  sur le city stade pour un nouvel échange avec une quinzaine d’habitants, footballeurs, footballeuses, pères et mères, riverains du terrain, autour d’un journaliste de la presse locale contacté par nos soins. Nous continuerons aussi souvent que nécessaire de discuter avec les habitants et de travailler en échangeant à la recherche d’une solution. Qui pourrait nous le reprocher ? Madame Eustache reconnaît que nous sommes sur le terrain ? Nous le revendiquons, c’est notre pratique ! Nous y avons rencontré des jeunes et des habitants réfléchis, qui font un constat amer de la vie dans leur quartier et espèrent un changement, refusant d’être catalogués comme « racaille ou « voyous » parce qu’ils sont attachés à un lieu symbolique où se sont déroulés depuis des dizaines d’années bien des événements positifs pour les Raguenets. Nous disons à madame la sénatrice et à monsieur le maire que tous deux devraient aussi se trouver sur place, et les habitants le disent aussi. Parce que poster à 10h30 un message sur Facebook annonçant la destruction du stade qui a commencé à 6h et ensuite refuser tout dialogue en direct, c’est prendre le risque de dérapages en laissant s’envenimer les choses. On ne gère pas une ville par des posts sur Facebook. Parce que le coup de force et le silence de l’un, les invectives de l’autre, devront un jour céder la place au dialogue et à la concertation et que le plus vite sera le mieux. Grandement dommage de ne pas avoir commencé par cela le 29 mai.  

City stade 16Car il va falloir rapidement apporter des solutions.

Comment sortir de cette crise par le haut ? Quelques propositions :

Notre maire a-t-il pris l’attache de Philippe Rio, maire de Grigny, puisque de Grigny il s’est agi selon le post sur le site Facebook de la ville de Saint Gratien ? Il serait temps, car Philippe Rio a participé avec l’association « Villes de Banlieues » à la rédaction du rapport Borloo. Des enseignements et des expériences à partager en matière de gestion constructive et ambitieuse des quartiers.

– Avant de remettre en état le city stade qui ne pourra rester ravagé tout cet été, mettre à disposition l’un des trois terrains de St Gratien : R. Lemoine, A. Delaune ou M. Hidalgo, avec le cas échéant, mise à disposition d’un car de la ville pour faire navette si le lieu est trop éloigné ?

– Laisser s’organiser dans le respect des contraintes de sécurité sanitaire le tournoi de street foot, sur l’un de ces terrains ?city stade mai 2020-1

– Convocation de réunions de concertation pour engager un dialogue et trouver une solution pérenne alternative à la situation d’aujourd’hui ?

– Mise au débat du remplacement du terrain synthétique par une aire de jeux pour les 6 à 12 ans, ou par autre chose, comme pourquoi pas par exemple un jardin potager partagé, etc. ?

city stade 9– Promouvoir les réussites des jeunes Gratiennois. Faire levier en ville sur leurs succès. Mettre l’accélérateur à St Gratien sur la politique de la ville. Et revoir la politique du sport en ville. En lien avec le milieu associatif et les habitants ?

Et surtout, très rapidement : faire preuve d’audace et d’imagination.

Pour cela, il faut un pilote dans le cockpit de notre commune.

Because Raguenets people lives matter !

Isabelle Volat – Stéphane Bauer    

En savoir plus sur l’histoire du city stade

 

 

 

6 réflexions sur “Recherche interlocuteur responsable à la mairie de Saint Gratien

  1. Juju & « quartiers d'été »

    Le plan de l’exécutif pour soulager les quartiers défavorisés après la crise du coronavirus
    Le ministre de la Ville et du Logement a annoncé ce lundi le lancement d’un plan « quartiers d’été » à 110 millions d’euros à destination des populations…

    Peut être que notre maire Madame Eustache et son fils Juju vont aller chercher des sous à Bercy pour nous refaire un bel espace de jeux à l’ouest de notre commune ?

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      1. Journaliste

        Lire l’article en page 31 de la gazette sortie le 10 juin. Pleine page. L’écho régional du 95 est introuvable… en ville !
        Rupture de stock ?

        J'aime

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