À l’université…

La suite de nos impressions sur l’Université d’été du PCF, édition 2018…

L’Université d’été du PCF, vue par une participante

Angers – 24 au 26 août 2018

Après deux participations à l’université d’été du PCF en 2014 et 2015 aux Karellis en Savoie, j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver cette année les ateliers de l’université, mais cette fois-ci à Angers.

Je tiens à remercier la fédération du Val-d’Oise qui m’a permis de partager ces journées de réflexion et de formation politique avec des camarades de la section de Saint-Gratien et de sections voisines.

Nous avons été accueillis par la fédération du Val-de-Loire, qui a tout mis en œuvre pour rendre ces journées de rencontres politiques très fraternelles.

Je tiens à saluer la haute performance des organisateurs de l’université d’été quant à la prise en charge de l’hébergement et de la restauration sur le site.

La soirée du samedi 25 août, après la grande marche des services publics, a ravi l’ensemble des camarades !

La manifestation des communistes présents, de la fac à l’hôpital d’Angers, a suscité la curiosité de nos amis angevins en ce dernier week-end d’août ! Il s’agissait de soutenir les salariés de l’hôpital affectés par la perte d’une centaine d’emplois. Un meeting a clôturé cette marche, avec Cathy Apourceau-Poly (sénatrice PCF du Pas-de-Calais) et Ian Brossat (chef de file PCF pour les élections européennes de 2019).

Un choix considérable d’ateliers était proposé du vendredi midi au dimanche midi. Les intervenants comptaient parmi eux des élus, des militants associatifs, des syndicalistes, des philosophes ou des professeurs.

La librairie Diderot militante et engagée, basée à Nîmes, et les Éditions Rue du Monde, animaient les temps informels de l’université.

Pour ma part, j’ai concentré toute mon attention sur des ateliers qui traitaient de l’Europe et de l’antiracisme. Ces deux sujets me paraissent majeurs pour envisager la paix dans le monde.

La diversité des thèmes adoptés ainsi que l’analyse de l’actualité nationale et internationale constituent une véritable formation intellectuelle et politique pour les participants.

Dans un premier atelier le vendredi après-midi, Francis Wurtz, député européen honoraire (PCF), a dressé un état des lieux de la crise existentielle qui menace l’existence même de l’Union Européenne.

Nous traversons une crise de confiance des citoyens vis à vis des institutions européennes. Le Brexit représente pour l’U.E. un grave échec politique sans précédent.

D’autre part, la politique migratoire a conduit l’U.E. à un naufrage moral. Il s’agit d’un déni de droit moral ; en témoignent les camps et la protection militarisée des frontières.

En Italie, l’alliance de Salvini avec la Ligue – parti fasciste, raciste et xénophobe – illustre bien le manque de confiance des citoyens italiens, pourtant très européistes au moment de la construction de l’U.E.

La Grèce, bien que sortie des griffes de la Troïka, subit toujours la crise et reste sous surveillance rapprochée, puisque 5 milliards d’euros d’économies lui seront demandées sur les deux années à venir.

La tare rédhibitoire de l’U.E. réside dans la priorité donnée au marché, c’est à dire dans la soumission aux investisseurs sur les marchés financiers.

Le Conseil des ministres européen exerce une coercition sur chaque pays membre.

Rappelons que le PCF a été le seul parti politique à combattre les traités européens en disant non à l’Europe libérale et oui à l’Europe sociale.

Est-ce que sortir de l’U.E. règlerait le problème des politiques néolibérales au vu des interdépendances considérables dans la zone euro ? Le chacun pour soi progresse et la solidarité recule. La nécessité absolue de rassembler s’impose pour construire sur le plan national, européen et international.

L’U.E. doit protéger contre les effets pervers de la mondialisation, afin de la réguler, de l’humaniser pour en changer les règles.

La bataille se mènera au jour le jour.

Un peu en marge des deux thèmes de l’Europe et de l’antiracisme, j’ai assisté à l’atelier animé par Bernard Thibault qui présentait son livre : « La troisième guerre sera mondiale ». Pendant plusieurs décennies, le « progrès social » s’est illustré par une avancée des droits, des libertés et des conditions matérielles pour les travailleurs ; ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Dans un autre atelier, Pierre Barbencey, grand reporter à « L’Humanité », a présenté un exposé sur ce qu’il nomme la loi d’apartheid en Israël. Il dénonce la politique de Benyamin Netanyahou qui consiste à renforcer la colonisation du peuple palestinien.

Dans une autre conférence, Maryse Tripier, sociologue et professeur émérite à l’université Paris 7, défend le droit à la mobilité et souligne l’inégalité du droit de bouger à cause de l’obligation de visa.

Plus concrètement, Maryse Poulain, syndicaliste à la CGT, et Élie Jousselin, secrétaire de la section PCF du Xème arrondissement de Paris, ont décrit la lutte victorieuse des coiffeuses sans-papiers du boulevard de Strasbourg.

Deux camarades du Val-d’Oise, Isabelle Volat et Stéphane Bauer, à la fois élus et co-secrétaires de la section de Saint-Gratien, ont tenu un atelier sur le coût du capital et sur les conséquences désastreuses des « emprunts toxiques ». Nous les remercions pour leur exposé richement documenté.

En conclusion, chaque année, l’université d’été du PCF constitue un temps de réflexion et de formation continue pour les communistes.

Tous ces moments d’échanges entre élus, syndicalistes, militants associatifs, professeurs et citoyens engagés encouragent et justifient notre action politique.

F. L. ; Saint-Gratien, 23 septembre 2018

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