Confinés mais pas démotivés !

La Fête du Travail et journée internationale des Travailleurs confinés mais pas démotivés

Un mot d’histoire

muguet 2020-11La Fête du Travail et journée internationale des Travailleurs telle qu’elle est célébrée de nos jours tire son origine des combats du mouvement ouvrier pour obtenir la journée de huit heures, à la fin du XIXe siècle.

Aux États-Unis, au cours de leur congrès de 1884, les syndicats américains se donnent deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils choisissent de lancer leur action le 1er mai, date du moving day parce que beaucoup d’entreprises américaines entament ce jour-là leur année comptable, et que les contrats ont leur terme ce jour-là, l’ouvrier devant déménager (d’où le terme de moving day) pour retrouver du travail. La grève générale du 1er mai 1886, impulsée par les anarchistes, est largement suivie. Ils sont environ 340 000 dans tout le pays.

À Chicago, la grève se prolonge dans certaines entreprises, et le 3 mai 1886, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester.

Le lendemain a lieu une marche de protestation et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers.muguet 2020-12

C’est alors qu’une bombe explose devant les forces de l’ordre. Elle fait un mort dans les rangs de la police. Sept autres policiers sont tués dans la bagarre qui s’ensuit. À la suite de cet attentat, cinq syndicalistes anarchistes sont condamnés à mort (Albert Parsons, Adolph Fischer, George Engel, August Spies et Louis Lingg) ; quatre seront pendus le vendredi 11 novembre 1887 (connu depuis comme Black Friday ou « vendredi noir ») malgré l’inexistence de preuves, le dernier (Louis Lingg) s’étant suicidé dans sa cellule. Trois autres sont condamnés à perpétuité. Lors du procès, le procureur Julius Grinnel déclare dans sa plaidoirie :

muguet 2020-13« Nous savons que ces huit hommes ne sont pas plus coupables que les milliers de personnes qui les suivaient, mais ils ont été choisis parce qu’ils sont des meneurs ; Messieurs du jury, faites d’eux un exemple, faites-les pendre, et vous sauverez nos institutions et notre société. »

En France :

En France, la loi no 46-828 du 26 avril 1946 fait du 1er mai 1946 un jour chômé et payé.

En avril 1947, sur proposition du député socialiste Daniel Mayer et avec le soutien du ministre communiste du Travail Ambroise Croizat, le 1er mai est réinstitué jour chômé et payé dans le code du travail, sans être une fête nationale (mais il n’est pas officiellement désigné comme fête du Travail). La loi no 48-746 du 29 avril 1948 fait du 1re mai un jour férié et chômé mais payé.

Ce n’est que le 29 avril 1948 qu’est officialisée la dénomination « fête du Travail » pour le 1er mai.

muguet 2020-14Aujourd’hui…

La déclaration du Président de la République a confirmé que nous serons toujours confinés le 1er mai.

L’activité traditionnelle du PCF lors du 1er mai est d’une grande importance politique et financière. L’enjeu politique est d’autant plus fort cette année que les droits des travailleurs.euses sont particulièrement attaqués par le pouvoir et le patronat dans cette période inédite de crise sanitaire et économique.

Pour rester dans des conditions les plus proches de ce que nous avions l’habitude de vivre, nous offrons ces quelques photos des ventes des années précédentes du muguet à Saint Gratien.

N’hésitez pas les relayer auprès de vos camarades et de vos ami-e-s pour que le plus grand nombre puisse avoir droit à son brin de bonheur en ces temps si particuliers et nécessitant solidarité, partage et humanité.muguet 2020-19

Une souscription est ouverte par voie postale au 9 rue d’Eaubonne (ou à déposer directement dans la boite aux lettres). L’argent collecté servira à financer les activités du PCF sur la commune (lettre des élu-e-s, photocopie, édition de matériel de communication, abonnement du blog sur sa plateforme, réservation de salles, etc.).

N’hésitez pas à partager à l’adresse de ce blog vos photos de brins de muguets, elles seront publiées.

S.B.

Un plan dangereux

Fabien Roussel est interrogé par franceinfo.

Dé confinement : « Nous estimons que ce plan est dangereux » dit Fabien Roussel, secrétaire général du PC

Fabien-Roussel-nouveau-secretaire-national-Parti-communiste-francais_0_1398_1062Le chef du Parti communiste estime que le plan dévoilé par le Premier ministre est précipité et qu’il répond « aux besoins de la machine économique » plutôt qu’à un souhait « de créer les conditions de la sécurité pour tous ».

« Nous estimons que ce plan de dé confinement est dangereux » dit Fabien Roussel, secrétaire général du Parti communiste et député du Nord sur franceinfo, mardi 28 avril, après l’allocution du Premier ministre Édouard Philippe.

franceinfo : Est-ce que vous votez pour ce plan finement présenté par Édouard Philippe?

Fabien Roussel : Non. L’exercice était difficile parce qu’on a découvert ce plan de dé confinement à 15 heures, comme tout le monde, on ne l’a même pas eu en amont pour pouvoir l’étudier. Nous avons donc déterminé notre vote à l’écoute de ce plan et nous estimons que ce plan est dangereux. Le mot est lourd, mais il y a tellement d’approximations, d’incertitudes, de flou, que face à un tel virus, aussi dangereux, nous ne pouvons plus laisser place à tant d’incertitudes et d’approximations. Organiser un dé confinement est certainement plus difficile que d’organiser le confinement et pour permettre à chacun de vivre avec le virus, tant qu’on n’a pas de vaccin, il faut garantir des sécurités sanitaires pour tous. Avec le même accès à la sécurité sanitaire pour tous, sur tout le territoire, en France comme dans les Outre-mer. Et pour cela, il y avait plusieurs choses à prendre comme décisions et que nous attendions.

Nous demandions à ce qu’il y ait des moyens humains qui soient mis dans les écoles pour pouvoir organiser la reprise.

Par exemple, nous demandons à ce que chacun de nos concitoyens ait accès à un, voire deux ou trois masques gratuits à usage multiple et aux normes, c’est le minimum. À ce sujet, le Premier ministre n’a pas fait d’annonces précises sur la manière dont ça allait être organisé, ni sur le fait que ça allait être gratuit. Il a dit que ce serait accessible dans les pharmacies et au prix que décideront les pharmaciens. Nous demandions à ce que ces prix soient encadrés. Nous n’avons pas de réponse non plus là-dessus. Nous voulons la reprise de l’école, mais pas à cette date du 11 mai qui est trop précipitée. C’est pour cela que nous demandons à ce que le temps soit pris et on peut prendre quelques jours de plus pour organiser la rentrée et y mettre les moyens humains nécessaires.

Comment aurait-il fallu procéder pour cette rentrée ?

Elle se fait de manière très inégalitaire. On est en République quand même, on doit tous avoir accès à la même école et partout dans tout le territoire. Or, ce ne sera pas le cas et c’est sur la base du volontariat en plus. Quelle est la part du volontariat pour un salarié qui est au chômage partiel, qui touche un salaire partiel et qui n’aura pas d’autre choix que de mettre ses enfants à l’école, parce qu’il est obligé d’aller travailler. Il aura peur que le virus rentre à la maison le soir ! Et à l’inverse, ceux qui ne veulent pas mettre leurs enfants à l’école, est-ce qu’ils ont la possibilité, l’autorisation de les garder chez eux et donc de ne pas reprendre le travail sans être menacé de licenciement ou de perte de salaire ? Ces questions sont sans réponse. Ce n’est pas prévu, ce n’est pas organisé. Nous avons le sentiment que cette reprise est précipitée et qu’elle est plus soumise à des injonctions économiques, aux besoins de la machine économique plutôt qu’une réponse pour nos enfants, pour la continuité pédagogique, plutôt que de créer les conditions de la sécurité pour tous.

Combien ils seront à Renault Douai demain ? Là où il y a 3 000 salariés. Ils vont diviser les effectifs par trois pour produire les voitures ou ils vont leur demander de continuer à travailler les uns sur les autres sur les chaînes de montage ?

Il ne fallait pas faire repartir la machine économique ?

Cette question économique, elle est entendable. Personne ne dit qu’il faut continuer à bloquer l’économie encore pendant des semaines, des mois, jusqu’à ce que nous trouvions le vaccin. Et ce n’est pas ce que nous disons, nous, communistes. Pour nous, le travail, c’est la conquête de la dignité humaine. C’est le propre de l’homme et nous avons tous besoin d’avoir une place dans la société à travers le travail. Mais pas dans ces conditions-là. Aujourd’hui, le Premier ministre renvoie aux chefs d’entreprise le soin d’organiser la sécurité sanitaire au travail, alors que c’est ce même gouvernement qui a supprimé les CHSCT, alors que les salariés et les syndicats ont moins de pouvoir au sein des entreprises. Qui va vérifier les conditions sanitaires au travail ? Comment ça va être organisé ? Aujourd’hui à l’Assemblée nationale, nous sommes 75 et nous n’avons pas le droit d’être plus que 75 députés dans l’hémicycle au lieu de 577. C’est ça la réalité : comment nous organisons le travail différemment, les horaires de travail, les conditions de travail pour faire en sorte que la machine économique reparte, mais pas au prix de la vie. Pas en allant au travail la peur au ventre. Nous devons faire fonctionner notre pays, mais en créant des conditions de sécurité sanitaire pour tous et nous pensons que c’est possible. Les syndicats font eux mêmes des propositions pour retrouver le travail, mais dans des conditions garanties pour tous.

Est-ce que les collectivités ont les moyens réellement de s’occuper de toutes les modalités au cas par cas du dé confinement dans leur territoire ?

Mais non. Et ils le disent depuis plusieurs semaines et depuis que le président de la République a annoncé cette date du 11 mai. Tout le monde appelle à la concertation avec les élus locaux. Le président de la République et le Premier ministre l’ont entendu et ils ont écouté les élus locaux. Mais les élus locaux ont bien dit qu’ils n’avaient pas la capacité eux-mêmes d’apporter du personnel supplémentaire dans les écoles pour garder les enfants, puisque c’est ce qui leur est demandé. Quand on met 15 élèves par classe sur une classe de 35, il y aura 15 élèves avec un instituteur ou institutrice et pour les 15 autres élèves on demande aux élus locaux de trouver du personnel municipal pour les garder. Faire de l’activité sportive, de l’éducation civique. Mais comment ? Il est où ce personnel municipal ? On a supprimé les contrats aidés. Ce gouvernement a supprimé les contrats aidés. On a baissé les budgets des collectivités. Il y a une directrice d’école qui a dit dans un de mes villages, on me demande de faire de la garderie sans moyens supplémentaires. L’école, ce n’est pas ça. Pour créer les conditions pour que les enfants sortent de chez eux, il faut que l’on mette les moyens en face.

Lucien Sève

Le philosophe communiste Lucien Sève est mort lundi 23 mars à l’âge de 93 ans, des suites du Covid-19.

Ce penseur prolifique – auteur notamment de Marxisme et théorie de la personnalité (1969, Éditions sociales) ; Communisme : quel second souffle ? (1990, Messidor/Éditions sociales) ; ou encore la somme, restée inachevée, en plusieurs volumes Penser avec Marx aujourd’hui (2004-2019, La Dispute) –, fin connaisseur de l’œuvre de Karl Marx, a marqué durablement l’histoire des idées de son courant de pensée qu’il a largement contribué à renouveler, surtout à partir des années 1980.

Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, lui a rendu hommage : « Lucien Sève, philosophe communiste, est décédé. Emporté par le coronavirus, celui qui a irrigué le PCF de ses réflexions jusqu’à la fin de sa vie, restera un intellectuel qui a fait vivre une pensée marxiste toujours d’actualité. »

En sa mémoire, cet article d’Yvon Quiniou, paru en mars 2019 sur le site de Mediapart.

lucien sèveUn film passionnant sur Lucien Sève

Un film passionnant sur le philosophe marxiste Lucien Sève vient d’être réalisé. Il évoque ses « trois vies », comme il dit, à savoir son enfance, sa présence à l’École de la rue d’Ulm, son passage de Sartre à Marx grâce à Althusser, puis les déboires que ses convictions communistes ont entraînés dans sa vie comme dans sa carrière. Mais il y a aussi une œuvre considérable, trop méconnue.

Voici une chose étonnante, à un double titre : un film sur un philosophe encore vivant et productif, Lucien Sève (seul Marcel Conche a bénéficié de cette faveur dans la dernière période), mais en plus sur un philosophe « marxiste » (= se réclamant de Marx) dont la particularité est d’être ignoré – j’entends : censuré – par la plupart des médias français tant ceux-ci sont au service de l’idéologie néo-libérale dominante, qu’il le sachent et le veuillent ou pas. Cet étonnement s’accroît encore plus quand on prend conscience de l’importance quantitative et qualitative de son œuvre, qui a commencé avec son livre Marxisme et théorie de la personnalité (1969), qui a connu une diffusion internationale considérable (il vient même d’être réédité en Argentine), qui s’est poursuivie avec une réflexion constante sur ce que pourrait être une philosophie disons s’inspirant de Marx, pour le prolonger, l’approfondir et témoigner de son actualité par-delà le  naufrage qu’a constitué l’expérience soviétique, en opposition directe avec les enseignements de l’auteur du Capital. Avec, pour la dernière période d’au moins dix ans, un renouvellement assez important de sa pensée dans une trilogie de trois ouvrages substantiels sous l’égide de Penser avec Marx aujourd’hui, comportant Marx et nous, « L’homme » ? et « La philosophie » ?, qui sera suivie d’un quatrième livre « Le communisme » ?, en préparation. Et l’on remarquera que ces titres mettent entre guillemets des termes connus et sont suivis d’un point d’interrogation, manière de suggérer d’emblée qu’il questionne, s’interroge et ne se contente pas d’affirmer dogmatiquement. Bref, il est en recherche et il faut suivre cette recherche iconoclaste par rapport à ce qui se publie aujourd’hui, même si l’on n’est pas d’accord avec toutes ses conclusions.

Pourtant, l’intérêt de ce film ne se résume pas à l’évocation « abstraite », quoique dialoguée, de sa pensée. Il est en réalité passionnant parce qu’il évoque la vie d’un philosophe et, plus précisément ses trois « vies » successives, avec ses états psychologiques différents et des anecdotes, drôles ou éprouvantes. Il a eu une enfance heureuse, ce qui peut expliquer son équilibre et son dynamisme, avec des parents aimants et engagés politiquement à gauche, spécialement dans le combat laïc. Un détail amusant : enfant, ne pouvant aller à l’école et voyant que son frère aîné y allait, il se mit à hurler et à cogner sur la porte de son habitation, comme si la soif de savoir était déjà là en lui. On le retrouva endormi contre cette porte ! Ses succès scolaires l’entraînèrent jusqu’à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, mais la préparation du concours avait été tellement fatigante que ses deux premières années à l’École il les passa à voir des films et à tenter d’écrire dans divers registres, dont celui de la poésie. L’on retiendra ses impressions très négatives sur cette École : non à cause de son enseignement, de qualité, mais à cause de sa fréquentation par les enfants d’une bourgeoisie privilégiée dont les défauts humains et mondains l’irritèrent au plus haut point. Mais il y avait une cellule communiste, qui l’attirait bien qu’il la trouvât un peu « stalinienne », et surtout il y avait Louis Althusser, dont il suivit les cours et devint l’ami : c’est ce qui le fit basculer de Sartre à Marx, définitivement, comme il le dira. Comment se passa son agrégation, pour lui le brillant sujet ? Ce qu’il en raconte vaut, si j’ose dire, le détour de ce film… comme ce qu’il s’en suivit.

Reçu au petit oral qui conditionnait l’accès au grand oral, il dut traiter de la croyance. Et son exposé irréligieux suscita la colère du jury, alors qu’il n’était pas là pour juger une orientation mais la qualité philosophique de son argumentation, et Sève était donc destiné à être collé. Mais une aide extérieure intervint, qui convainquit ce même jury de l’entendre au grand oral avant de le coller. Or son exposé de qualité, sur un sujet spinoziste « neutre », lui permit d’être reçu : quelle époque ! En tout cas, son allure vestimentaire « mondaine » acceptable lui valut d’être nommé au consulat de Bruxelles… sur une base pour le moins curieuse ! Et dans ce cadre, un nouvel incident, mais pire, intervint : patatras ! On lui proposa un cycle de conférences qui déplut fortement à la bourgeoisie de la ville parce qu’il se fit  alors l’avocat de Marx contre Sartre. Conséquence qu’on a de la peine à imaginer aujourd’hui : il fut limogé de son poste, nommé dans une petite ville, Chaumont, et menacé à terme de radiation de l’enseignement (ce qui eût été parfaitement illégal). Du coup, il anticipa son service militaire pour échapper à cette conclusion, (on ne peut radier un professeur absent !) et partit en Algérie où on l’affectât à un poste très pénible et dangereux, puis dans un bataillon de combat tout aussi dangereux. Et tout cela en guise de représailles pour ses convictions communistes et son appartenance désormais au PC. Je laisse l’auditeur-spectateur de ce film découvrir ses conditions de vie désastreuses et comment il en réchappât au final. Tout cela est édifiant.

Comme fut édifiant sa nomination, ensuite, non à Bordeaux, mais dans un petit lycée de sa périphérie, à Talence. Il avait déjà dans son dossier un rapport d’inspection négatif de G. Canguilhem, excellent épistémologue mais inspecteur abominable, capable de casser une carrière par hostilité idéologique. Heureusement, il s’en sortit bien car il savait enseigner et ce malgré la réputation sulfureuse qu’il avait à l’extérieur : des élèves mal intentionnés rapportaient certains de ses propos en surdéterminant politiquement leur signification… ce qui m’est arrivé aussi à moi ! En tout cas les choses rentrèrent dans l’ordre quand une bonne inspection, honnête intellectuellement, annula la précédente. Il put alors se faire nommer à Marseille et c’est là que son militantisme s’affirma et qu’il se mit pourtant à écrire beaucoup. Il accepta  d’être élu au Comité central du PC, il prit la direction des Éditions sociales, ce qui était une tâche écrasante mais qui ne l’empêcha pas de collaborer à diverses revues comme la Nouvelle critique, d’approfondir sa conception de ce qu’il appelait encore à l’époque « La philosophie marxiste » (il renonça par la suite à cette expression, on l’a vu). Mais surtout, tout en étant d’une fidélité assumée à l’extérieur, il s’engagea de plus en plus dans un combat interne pour une « refondation » du communisme et de son parti, mais qu’il manifestait aussi dans des ouvrages politiques, fût-ce à mots couverts ou prudents, avec un forme de fascination pour Lénine qu’il opposait radicalement à Staline. La suite on la connaît davantage : ses rapports compliqués avec la hiérarchie du Parti, ses amitiés fortes dont celle pour Althusser alors qu’il s’éloignait pourtant de plus en plus de ses positions philosophiques, le travail de traductrice de sa femme grâce à qui il put faire traduire et éditer en France les œuvres de Vygotski, ce grand théoricien de la psychologie et de l’art, scandaleusement passé sous silence dans notre pays. Mais son intérêt pour lui atteste de l’importance qu’il a toujours accordé au problème de la personnalité individuelle et donc de la psychologie au sein du marxisme : l’homme est aussi un « je » actif, quels que soient les influences sociales qu’il subit et intériorise.

Je laisse de côté sa troisième « vie », philosophique essentiellement, puisque je l’ai évoquée d’emblée et qu’elle dure encore, avec cette idée qu’il défend avec pertinence : nous sommes à une époque où la retraite peut ne pas être un vieillissement précoce et ennuyeux, sans activité enrichissante. Ce peut être, au contraire, un véritable « vie », la troisième donc. Ce film réalisé par Marcel Rodriguez, vivant, voire drôle et même en chansons parfois, soutenu par la Fondation Gabriel Péri, en est un très beau témoignage. On aimerait donc que les médias en parlent et cessent d’occulter tout ce qui peut déranger leur confort idéologique et politique, ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle ! Mais, comme je l’ai indiqué ici même, confondant (comme les communistes de l’époque d’ailleurs) le « marxisme de Marx » et celui de ses continuateurs avec ce qui s’est fait en son nom dans les « pays de l’Est », qui n’en était qu’une trahison, on a l’impression que, pour eux, le marxisme n’existe pas ou est mort et que seules existent les pensées molles de notre temps. Ils risquent fort d’être surpris par le « réveil de la taupe » et ils feraient mieux de l’anticiper ! Ce serait un signe d’intelligence.

                                                                     Yvon Quiniou 

Les 3 vies de Lucien Sève, philosophe. Un film de Marcel Rodriguez. Avec l’appui de la Fondation Gabriel Péri.

Stop !

Contre le racisme, pour la République

Déclaration du PCF

Un climat pestilentiel et menaçant s’installe en France.

Des appels ignobles contre nos concitoyens de confession ou culture musulmanes, ou supposés tels, n’ont cessé de s’accumuler.

Le racisme est toujours un appel au meurtre. L’attentat commis le 28 octobre, par un militant d’extrême droite, contre la mosquée de Bayonne, est un signal d’alarme. Hier, des Juifs avaient eux-mêmes été les cibles de tueurs animés par la haine de l’Autre.

Peu avant, deux élus d’extrême droite de la région Bourgogne-Franche-Comté s’en étaient pris à une mère de famille portant le voile. Dans le même temps, les stigmatisations de mères musulmanes accompagnatrices de sorties scolaires se sont multipliées. Et les tags racistes maculent diverses mosquées.

Voilà même que l’on suggère, dans des discours publics, l’épuration ethnique de notre pays, et l’un des auteurs de cette haine s’exprime quotidiennement sur une chaîne d’information en continu.

Il est grand temps de prendre la mesure de la menace : plusieurs centaines de militants d’extrême droite sont actuellement fichés « s » et ils représentent un sérieux danger pour notre pays. Toutes les enquêtes démontrent qu’ils ont la volonté  de commettre des exactions contre des élus, des personnalités ou locaux politiques, des imams, des musulmans ou des juifs.

Le président de la République porte une lourde responsabilité dans cette dérive qui défigure la France héritière des Lumières, de la Révolution française, des combats pour la République de l’égalité et de la fraternité.

Pour détourner les Français de l’exaspération que suscite la politique de son gouvernement, il a ainsi désigné « l’immigration » comme le problème actuel des « classes populaires ». Reprenant les mots de l’extrême droite, il n’a pas hésité à assimiler « fait migratoire » et « fait religieux ». Sous prétexte de lutter contre le terrorisme intégriste, il est allé jusqu’à en appeler à une « société de vigilance », au risque de donner naissance à une société de la suspicion généralisée, voire de la délation.

En amalgamant, comme il le fait, immigration, droit d’asile, islam, intégrisme et terrorisme, Monsieur Macron contribue à une dérive porteuse d’affrontements communautaristes, de violence.

Il devient d’une extrême urgence de dire « Stop » !

Ce ne sont pas l’immigration ou les musulmans qui menacent notre pays dans sa cohésion. Ce sont l’austérité, le chômage et la précarité, les fins de mois difficiles d’une majorité de Français, les dévastations incessantes de l’environnement, la remise en cause du droit à la retraite et de la solidarité entre les générations, la casse des services publics, le creusement des inégalités territoriales, le déchirement de notre tissu industriel, les discriminations à l’encontre des jeunes et des habitants des quartiers populaires, les attaques contre les droits des femmes et des personnes LGBTI, le recul de la démocratie.

Ce qui ronge la France comme un cancer, c’est un capitalisme prédateur, qui menace l’avenir des humains autant que celui de la planète.

Hommes et femmes de gauche, démocrates et républicains, il nous appartient de nous lever pour le dire toutes et tous ensemble.

Des manifestations contre le racisme se préparent dans toute la France, et à Paris le 10 novembre « Le 10 novembre, à Paris, nous dirons STOP à l’islamophobie ! ». D’autres rassemblements sont appelés le 20 novembre « Pour la République, pour la laïcité, contre le racisme ».

Ils doivent être l’occasion de nous opposer massivement au racisme antimusulman, à l’antisémitisme, à toutes les manifestations de discrimination, à toutes les incitations à la haine religieuse. De réaffirmer les principes de la République, qui ne reconnaît que des citoyens égaux en droits, quelles que soient leurs origines, la couleur de leur peau, leurs croyances, leurs genres et leurs orientations sexuelles. De défendre la laïcité contre toutes les attaques dont elle fait l’objet, car loin d’opposer les citoyens et les citoyennes, elle est la condition de l’émancipation de chacune et chacun. De dire que c’est dans la conquête de la justice sociale et d’une citoyenneté profondément renouvelée que notre peuple renouera avec son histoire et refondera le vivre-ensemble.

C’est pour défendre ces objectifs, que le Parti communiste français appelle à manifester partout en France.

7 novembre 2019

PCF is back !

Ian Brossat : « Nous revendiquons d’être LA liste repère à gauche »

À une semaine du scrutin européen, Ian Brossat compte bien concrétiser dans les urnes une dynamique de campagne qui « signe le retour du PCF sur la scène nationale ». Dans la dernière ligne droite, la tête de liste communiste appelle à convaincre les abstentionnistes. Entretien.

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À dix jours du scrutin, le gouvernement, malgré les mobilisations sociales, continue de détricoter les droits en s’attaquant, cette fois, à la fonction publique. Comment « mettre un carton rouge à Macron », le 26 mai ? Est-il votre principal adversaire dans cette campagne ?

Ian Brossat Nous avons deux adversaires dans cette campagne. Les macronistes au pouvoir et leur concurrent favori, l’extrême droite. Emmanuel Macron et Marine Le Pen se livrent à une mise en scène ridicule où l’un prétend faire barrage à l’autre. Ils réduisent cette élection à ce faux duel entre fachos et libéraux dans le but commun d’évincer la gauche. Ce que nous proposons, c’est de faire émerger une gauche claire et offensive sur le devant de la scène, et pour cela d’utiliser notre bulletin rouge, le bulletin du Parti communiste et de la liste que je conduis.

Vous proposez une « clause de non-régression sociale ». Qu’y gagneraient concrètement les européen-nes ?

Ian Brossat La clause de non-régression, c’est une assurance-vie contre les réformes libérales imposées par Bruxelles. Les directives de libéralisation nous ont poussés à démanteler nos entreprises publiques, à instaurer la concurrence au détriment des usagers et des salariés. Dans le domaine de l’énergie, ils promettaient que la concurrence ferait baisser les prix, c’est le contraire qui est arrivé. Le prix de l’électricité va augmenter de 6 % la semaine qui suit les élections ! Nous assistons au même triste spectacle dans le domaine du ferroviaire, avec le démantèlement de la SNCF et les tarifs des billets de train qui s’envolent déjà. La clause de non-régression est un outil tout simple : les textes européens ne pourront qu’améliorer les droits des salarié.e.s. Les peuples auront un droit de veto automatique face à toute tentative de faire passer de nouvelles régressions, comme la directive Bolkestein et le travail détaché. Et tant pis pour les lobbyistes des multinationales.japy 21.jpg

Les traités budgétaires européens sont souvent invoqués pour tenter de discréditer toute alternative en Europe. Ce débat est-il pour vous dépassé ? Quelle méthode préconisez-vous pour s’affranchir des règles austéritaires ?

Ian Brossat Il faut rompre avec la logique des traités. Ils ont fait de l’Union européenne l’inverse de ce qu’elle devait être. Au lieu de la paix, de la croissance et de la justice, on a obtenu la concurrence, la crise et la précarité. On nous a vendu Flipper le dauphin et on se retrouve avec le requin des Dents de la mer… S’affranchir des traités, c’est possible. Dans la réalité, les gouvernements français ou allemand l’ont déjà fait à de nombreuses reprises, quand leurs dirigeants jugeaient que c’était utile… Parallèlement, nous pouvons écrire de nouveaux traités pour faire de l’Union européenne un outil de progrès social avec tous les pays membres qui le souhaitent. Aujourd’hui, la Commission européenne lance des procédures de sanction pour déficit excessif. Elle en a lancé 24 depuis 2011. À quand une procédure de sanction pour « pauvreté excessive » face aux gouvernements qui ne font rien pour réduire les inégalités ? Nous comptons 87 millions de pauvres au sein de l’Union européenne, 10 de plus qu’il y a 10 ans. C’est le système de valeur de cette Union européenne libérale qu’il faut revoir de fond en comble. La Commission peut bloquer un budget entier s’il ne correspond pas aux absurdes critères de Maastricht, mais elle ne fait rien quand un gouvernement d’extrême droite comme celui qui est au pouvoir en Italie instaure une amende de 5 500 euros contre les citoyens qui sauvent les migrants de la noyade !

Vous êtes l’une des surprises de cette élection. Vos performances médiatiques et le succès militant de votre campagne sont même salués dans la presse. Comment traduire cette dynamique en votes dans la dernière ligne droite ?

Ian Brossat Comme nous n’avons pas eu de candidat à l’élection présidentielle, les sondages ont du mal à nous estimer. Il y a une vraie dynamique de terrain, mais aussi dans les soutiens que nous recevons et qui viennent de toute la gauche. Je suis convaincu que nous pouvons réaliser une belle percée et faire élire des députés européens communistes le 26 mai. Mais beaucoup hésitent encore. Il faut aller chercher les voix une à une. Pour cela, nous avons un outil redoutable : notre téléphone ! Je le demande à celles et ceux qui nous lisent : aidez-nous. Donnez-nous ce petit coup de pouce qui nous permettra de faire événement le 26 mai au soir. Faites l’expérience en appelant vos amis, vos connaissances : nombreux sont ceux qui oublient qu’on vote le dimanche 26 mai. Pour convaincre, nous pouvons revendiquer d’être LA liste repère à gauche. Le PCF est le seul parti de gauche à avoir toujours rejeté les traités européens libéraux. Nous sommes également la seule liste à être composée à 50 % d’ouvrier.e.s et d’employé.e.s. Avec notre bulletin de vote rouge, nous pouvons faire l’Histoire : faire élire Marie-Hélène Bourlard, la première ouvrière au Parlement européen depuis 30 ans. Imaginez une seconde : Marie-Hélène faisant son entrée au Parlement pour porter la voix de ceux qui, si souvent, ne sont pas entendus dans cette instance dominée par les lobbies et les banques. Cela vaut la peine de se battre pour y arriver !

Pensez-vous d’ores et déjà avoir marqué des points en donnant une nouvelle image de votre parti ?

Ian Brossat Le Parti communiste change et, comme le dit Fabien Roussel, il est de retour sur la scène nationale. C’est un acquis de notre campagne, mais c’est surtout un jalon pour la suite. Car la gauche a besoin d’un PCF visible, clair, offensif et rassembleur. La gauche est en crise, il lui faut des repères ! Les Français doivent savoir qu’ils ont une force sur laquelle compter pour reconstruire la gauche de demain, dans la clarté et l’unité. J’ajoute un élément : nous traversons une période où beaucoup de gens doutent de la politique. La confusion généralisée y est pour beaucoup. Rendez-vous compte : 20 % des eurodéputés qui se représentent ont changé de parti depuis la dernière élection. Comment voulez-vous que nos concitoyens s’y retrouvent ? Au moins, quand on envoie des communistes au Parlement, on envoie des gens constants, cohérents, qui ne changent pas d’avis comme de chemise.

Vous avez déjà appelé la gauche – dont les scores additionnés risquent de ne pas dépasser les 30 % – à « retrouver le chemin du rassemblement » après les européennes. Pourquoi ce qui serait possible demain ne l’est pas aujourd’hui ?

Ian Brossat Les élections européennes sont particulières : à un seul tour, à la proportionnelle. Elles poussent à l’émiettement. Il en sera tout autrement pour les élections municipales de 2020. C’est pourquoi je crois fermement à l’émergence d’une volonté bien plus puissante de rassemblement. Je compte y prendre toute ma place, avec mes camarades.

L’abstention s’annonce à nouveau très élevée, en particulier dans l’électorat de gauche, laissant les mains libres au pouvoir macroniste et à l’extrême droite. Quels sont vos arguments pour les convaincre de se rendre aux urnes et d’y glisser un bulletin PCF ?

Ian Brossat Mon argument est simple : 100 % des banquiers, des grands patrons, des actionnaires, des financiers iront voter. Les grands supporters de la droite et de l’extrême droite ne se priveront pas de mettre un bulletin dans l’urne ! Si le peuple de gauche, si les habitants des campagnes et des quartiers populaires restent chez eux, ils laissent la victoire à ceux qui nous écrasent. Et si certains estiment que les enjeux européens ne valent pas la peine de se déplacer dimanche 26 mai, qu’ils réfléchissent : cette fois-ci, ils ont l’opportunité d’envoyer à Bruxelles la première députée ouvrière depuis trois décennies !

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui, paru dans l’Humanité du 17 mai 2019

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Merci à S.B. pour ses photos du meeting de la salle Japy à Paris  le 16 mai !

Merci !

Merci à toutes celles et tous ceux qui sont venus nous soutenir ce matin, en nous achetant un brin de muguet, en nous souhaitant bon courage, en discutant quelques instants avec nous à l’un de nos trois points de vente dans Saint Gratien.

Merci à celles et ceux qui se sont levés tôt et ont donné de leur temps pour organiser au mieux ce moment important pour notre parti. Nous y trouvons un intérêt certes financier, car notre activité tout au long de l’année dépend beaucoup de ces initiatives. Mais l’essentiel pour nous est d’être présents, actifs et visibles, utiles par nos propositions et nos actions issues de nos échanges avec nos concitoyens.

À noter : notre muguet est transporté tout à fait écologiquement en ville, sans aucune émission de particules ! Le vélo à carriole, transport d’avenir !

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Bon 1er mai à toutes et tous !

 

 

 

 

 

 L’Europe, soit elle change, soit elle crève

Interview de Ian Brossat, tête de liste du PCF pour les élections européennes, paru dans l’hebdomadaire « Politis » du 11 avril 2019

Ian-Brossat-Il-faut-se-battre-pour-l-encadrement-des-loyers-a-ParisIan Brossat : « L’Europe, soit elle change, soit elle crève »

Traités européens, services publics, lutte contre le capitalisme, souverainisme… La tête de liste du PCF aux élections européennes, Ian Brossat, détaille le programme de son parti.

Désigné le 3 juin 2018 pour porter la liste du Parti communiste français, l’adjoint à la mairie de Paris sait que l’élection est loin d’être gagnée. Sa liste étant créditée, au mieux, de 3 % des intentions de vote, il lui reste six semaines pour remonter la pente et atteindre les 5 % nécessaires pour obtenir des élus.

Ni fédéraliste ni souverainiste, le PCF plaide pour une « union de nations et de peuples souverains » en Europe. C’est-à-dire ?

Ian Brossat : De plus en plus de peuples sont exaspérés par le cours actuel de l’Union européenne, qui, depuis des années, leur impose un modèle économique libéral. En France, elle remet même en cause un certain nombre d’éléments acquis depuis des décennies. Je prendrai un exemple concret : notre pays avait mis en place des services publics, adossés à des entreprises publiques dotées d’un monopole dans un certain nombre de secteurs (énergie, transports, télécoms). L’Union européenne, à coups de directives de libéralisation, nous a contraints à sacrifier tout cela. Les logiques d’intérêt général ont été terrassées par des logiques de business. Le seul moyen de sauver l’Europe, c’est qu’elle permette à des modèles économiques différents de cohabiter, qu’elle ne puisse pas entraîner un peuple, un État, vers un chemin qu’il n’a pas choisi. Nous plaidons pour la création d’une « clause de non-régression sociale », une sorte de veto social : lorsqu’un État est confronté à une disposition qui ne correspond pas à sa tradition, à ses valeurs, il peut faire valoir le droit de ne pas l’appliquer.

Comment cette clause fonctionnerait-elle ?

Prenons l’exemple du quatrième paquet ferroviaire, qui nous impose la mise en concurrence du transport de voyageurs. On a bien vu que, dans le domaine du fret, ça a été catastrophique : la mise en concurrence a conduit à diviser par 2,5 le fret ferroviaire en France. Il en sera de même pour le transport de voyageurs. Nous, Français, pourrions dire que nous ne souhaitons pas mettre en concurrence notre transport de voyageurs dans le domaine ferroviaire. Concernant l’énergie, les prix ont augmenté de plus de 70 % depuis la directive de libéralisation de 1996. Si l’UE n’accepte pas que cohabitent en son sein des modèles économiques différents, elle explosera.

Cette clause ne constituerait-elle pas une entrave au principe de concurrence libre et non faussée ?

Non, puisqu’avec ce système nous ne privons personne de rien ! Mais cela suppose que nos entreprises publiques se concentrent sur leurs missions en France, que la SNCF, plutôt que d’aller investir dans tous les pays du monde, assume son cœur de mission. Ces services publics, hérités de 1945, fonctionnaient relativement bien, à la satisfaction des usagers – à l’époque on ne disait pas « clients ». Il faut avoir une drôle de conception du monde pour vouloir casser un système qui apportait une certaine satisfaction. C’est pourtant ce qu’on a fait ! Aujourd’hui, l’Union veut imposer par la force et partout son modèle économique, qui repose sur deux dogmes : l’austérité – la règle des 3 % – et la mise en concurrence de tout. On nous a présenté la construction européenne comme un moyen de se serrer les coudes, et on a aujourd’hui une Union dans laquelle on passe son temps à se tirer dans les pattes.

Faudra-t-il s’allier avec d’autres États pour permettre cet assouplissement des règles ?

Il faut accepter l’idée d’une Europe à géométrie choisie. Évidemment, je suis favorable à une harmonisation fiscale, à ce qu’il n’y ait plus, au sein de l’UE, de taux d’imposition sur les sociétés inférieurs à 25 %. Simplement, si on attend d’être 27 pour la mettre en place, on ne le fera jamais. Ceux qui disent « il faut être 27 » sont ceux qui, en fait, ne veulent rien, et ils savent pertinemment qu’on n’y arrivera pas. C’est pareil pour l’harmonisation sociale : on n’arrivera pas du jour au lendemain à un Smic identique dans l’ensemble des pays.

Y aura-t-il des lignes rouges à cette désobéissance ?

Tout est modulable dans le domaine économique et social. Sur la question des réfugiés, c’est différent. C’est peut-être impopulaire en France mais, si on ne fait rien, nous aurons honte. L’UE doit être unie sur l’accueil des réfugiés, et des sanctions doivent être appliquées aux pays qui s’y refusent, telles la Hongrie et la Pologne. La Pologne touche 12 milliards d’euros par an de l’Union européenne. Elle ne peut pas toucher l’argent d’une part et laisser les pays du Sud gérer seuls la question des réfugiés d’autre part. La solidarité, ça marche dans les deux sens.

Vous plaidez donc pour un retour en grâce des services publics, mais en proposez aussi un nouveau, dévolu à la rénovation énergétique et financé par la Banque centrale européenne.

En France, il y a chaque année 50 000 personnes qui meurent de la pollution ; en Europe, c’est 600 000 ! C’est un crime, mais un crime sans coupable. Dans l’Union européenne, quand on parle des pollueurs, on parle du salarié qui utilise son diesel pour aller au travail, mais pas des grands groupes, des grosses multinationales, ni des ménages les plus fortunés, qui polluent 40 % de plus que les plus pauvres. Et c’est aux plus pauvres qu’on explique qu’ils doivent changer de mode de vie !

Nous, communistes, proposons une fiscalité complètement revue qui favoriserait les modes de transport non polluants et pénaliserait lourdement les autres. Il n’est pas normal que le taux de TVA sur le train soit le même que sur l’avion. Et nous sommes favorables à un vaste plan d’investissement en faveur du ferroviaire et de la rénovation énergétique des bâtiments, financé par la BCE. Celle-ci, en dix ans, a versé 3 000 milliards d’euros aux banques privées en leur accordant des prêts avec un taux d’intérêt quasiment nul. C’est honteux !

Faut-il désobéir aux traités ?

Il faut s’affranchir de tous les traités qui renvoient à la politique économique européenne – pas ceux qui consacrent les droits de l’homme. Même Emmanuel Macron a fini par s’affranchir des 3 % à la suite du mouvement des gilets jaunes. Et ce n’est pas la première fois que ça arrive. Ni Sarkozy, ni Hollande, ni Macron n’ont véritablement joué le bras de fer avec l’Union européenne pour imposer d’autres logiques. François Hollande, qui avait promis de renégocier les traités budgétaires, s’est écrasé au bout de dix jours devant Angela Merkel. Si la France s’affranchissait des traités, je suis persuadé que personne n’irait la soumettre à quelque sanction économique que ce soit – nous sommes quand même la deuxième puissance économique de l’UE…

Il faut donc s’affranchir des traités, mais, ensuite, il faut mener un combat politique pour de nouveaux traités. D’abord, fixer le principe qu’aucun peuple ne doit être entraîné vers un chemin qu’il n’a pas choisi et permettre que des modèles économiques différents cohabitent – c’est mon mécanisme de veto social ; ensuite, fixer pour l’ensemble des pays des politiques sociales qui nous tirent vers le haut.

N’est-ce pas comparable à la stratégie « plan A-plan B » défendue par La France insoumise ?

Je ne suis pas favorable à une sortie de l’Union européenne. Les liens, les échanges entre pays de l’UE sont tellement forts qu’on n’en sort pas sans dégâts. L’expérience britannique le montre : les promesses des partisans du Brexit se heurtent aujourd’hui à la réalité. Quand on pense à la débauche de démagogie qu’on avait entendue à l’époque… Sortir de l’UE pose plus de problèmes que ça n’en règle. D’autant que l’expérience prouve que, quand on sort de l’UE, on ne sort pas du capitalisme. Mais le Brexit est un signal d’alarme : soit l’Europe change, soit l’Europe crève. Au-delà même du Royaume-Uni, les nationalismes montent partout : en Europe de l’Est d’abord, mais dans les pays fondateurs aussi.

L’abstention risque d’atteindre des sommets le 26 mai. Comment remobiliser les citoyens ?

Ça n’est pas évident. La parole des Français, comme celle des Européens, a été foulée aux pieds à de très nombreuses reprises. L’expérience de 2005 – et du « non » français au référendum européen – l’a prouvé. Les libéraux s’accommodent très bien d’une abstention élevée. Lorsque surviennent les élections européennes, les partisans de l’UE actuelle votent massivement, et ceux qui n’y sont pas favorables considèrent que ça n’est pas leur élection et restent chez eux. Le résultat, c’est que la grande majorité des eurodéputés défendent les orientations actuelles de l’UE.

Cependant, par endroits, les mobilisations sociales ont eu raison du dogme libéral de la Commission. Il en va ainsi de la directive sur les travailleurs de la route. La Commission avait élaboré, il y a un an, une directive très néfaste pour les conditions de travail des routiers. Il y a eu une mobilisation très forte des organisations syndicales et des euro-députés de notre groupe, la Gauche unitaire européenne (GUE). En dépit de ce rapport de force qui ne nous était pas favorable au départ, nous avons obtenu à deux reprises que la directive soit repoussée par le Parlement européen. Et, en fin de compte, le principe « à travail égal, salaire égal » a été retenu dans la directive adoptée au Parlement européen le 4 avril.

Comment s’extraire du duel imposé entre libéraux et extrême droite ?

Il est dans l’intérêt d’Emmanuel Macron de résumer le débat européen à un affrontement entre libéraux et « fachos ». « Les libéraux ou le chaos », prévient-il, et il se présente en sauveur. L’annonce de la candidature de Nathalie Loiseau à la tête de liste au moment où elle est assise en face de Marine Le Pen est très révélatrice de leur stratégie. Tout cela est à la fois périlleux et mensonger. Périlleux, parce que c’est une machine à fabriquer des « fachos » : les libéraux jettent dans les bras de l’extrême droite tous ceux qui ne sont pas d’accord avec le libéralisme, avec la loi de l’argent.

Par ailleurs, cette opposition est factice. Sur la question des réfugiés, Macron est-il le rempart à l’extrême droite ? Qui a refusé d’accueillir les rescapés de l’Aquarius, d’accorder à ce bateau un pavillon français ? Qui mène actuellement une politique de chasse aux migrants particulièrement féroce ? Il n’est pas vrai non plus que l’extrême droite est antilibérale ou porteuse d’un progrès social quelconque : elle n’est favorable ni à l’augmentation du Smic ni au rétablissement de l’impôt sur la fortune. Au Parlement européen, le groupe de Marine Le Pen a voté pour la directive sur le secret des affaires, qui protège les multinationales contre les investigations des journalistes.

Marteler que le gouvernement est libéral et que l’extrême droite n’est pas sociale suffira-t-il à requinquer la gauche ?

Non. Il faut dire les choses franchement : une élection européenne ne suffira pas. La gauche ne s’est pas remise de la défaite de 2017. Et l’Europe n’est pas le sujet le plus facile pour lui permettre de se rassembler, parce que c’est un sujet qui nous divise depuis très longtemps. Le défi principal de la gauche, c’est de s’adresser à nouveau à ceux qui souffrent le plus des politiques libérales : les catégories populaires. Nous ne pouvons pas les laisser à l’extrême droite.

Dans quel groupe siégerez-vous si vous êtes élu ?

Le nôtre ! J’insiste sur ce point. Il n’y en aura pas d’autres. Et si certains pensent qu’on vit mieux divisés qu’unis, c’est leur problème. Dans notre cas, il y a un groupe qui s’appelle la GUE (1). C’est un très bel outil qui nous permet de porter des combats communs, le seul groupe qui s’est opposé à l’ensemble des traités européens, qui est aux avant-postes pour refuser les politiques d’austérité. Il faut donc le préserver comme la prunelle de nos yeux.

(1) Sur les 52 membres du groupe Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, cinq sont français, dont deux membres du PCF. C’est aussi le groupe de Die Linke (Allemagne), Podemos (Espagne), Syriza (Grèce), Sinn Féin (Irlande), etc. Le Parlement européen compte 750 députés.

IB 2017

En septembre 2017, Ian Brossat était notre invité à la fête de l’Huma, pour un échange autour de son livre « L’espion et l’enfant ».

Ian Brossat : le communiste qui voulait être utile

Article paru dans l’hebdomadaire « Politis » du 11 avril 2019

Le Parisien Ian Brossat est doué pour les médias, où son style modernise l’image du PCF. S’il est apprécié des socialistes, il est en revanche honni par les insoumis…

Ian BrossatTu le connaissais, toi, le candidat des communistes ? » Au lendemain du débat sur France 2, qui a vu le 4 avril s’opposer pas moins de 12 candidats aux européennes, la tête de liste du PCF a fait sensation. « Si ne pas avoir accueilli l’Aquarius, c’est un modèle de fierté pour vous, nous ne devons pas avoir les mêmes valeurs », a-t-il lâché à la candidate macroniste, Nathalie Loiseau.

Si beaucoup de Français l’ont découvert ce soir-là, Ian Brossat, 38 ans, n’en est pas à son coup d’essai. Et à Paris comme dans l’appareil du parti, il n’est pas un inconnu. Élu de la capitale depuis 2008, ce fils d’une sociologue et d’un professeur de philosophie l’assume : il est résolument parisien. Il a grandi entre les XIXe et XIVe arrondissements et a fait ses classes au prestigieux lycée Henri-IV – aux côtés d’un autre candidat, celui du PS et de Place publique, Raphaël Glucksmann. « Nous n’étions pas proches », précise-t-il cependant.

Alors que ses parents militent tous deux à la Ligue communiste révolutionnaire, Ian Brossat fait un autre choix. « En entrant au Parti communiste, j’ai fait un petit pas à droite de leur point de vue. Je partage les mêmes valeurs et la même révolte qu’eux, mais, à leur différence, j’assumais le fait d’être dans les institutions, car j’avais envie d’être utile », confiait-il au Journal du Grand Paris en 2015. Cette envie d’être « dans les institutions » le poussera, une fois agrégé de lettres modernes, à siéger au Conseil de Paris, en plus de ses trajets pour Sarcelles (Seine-Saint-Denis), où il enseigne le français et la littérature à des lycéens.

Aujourd’hui retiré de l’Éducation nationale, il a été nommé en 2014 par la maire de Paris au poste stratégique d’adjoint chargé du logement, de l’habitat durable et de l’hébergement d’urgence, où il a fait de la lutte contre Airbnb son cheval de bataille. « Il a senti très tôt que cette économie du partage, salutaire un temps, devenait néfaste pour la ville, confie un proche de la maire de Paris. Il a en quelque sorte été un lanceur d’alerte. » Doué pour les émissions de radio, les plateaux de télévision et les réseaux sociaux, Ian Brossat sait y exprimer ses colères et mettre en lumière ses combats, et ne s’en prive pas. « Il sait dire simplement les choses compliquées sans éluder la complexité », vante Fabien Guillaud-Bataille, chef de la fédération PCF du Val-de-Marne. Nouvelle génération, nouveau genre, même militants… chez qui il suscite l’engouement. « Il est énergique, combatif et fait preuve d’une grande cohérence politique », renchérit Olivier Dartigolles, porte-parole du parti, qui confie : « Nous avons des retours très positifs. »

De son passage à l’émission de France 2, Ian Brossat n’a pourtant pas récolté que des éloges. Alors qu’il dénonçait l’impact des trajets en avion sur l’environnement et la trop faible taxation sur le kérosène, des photos postées sur son compte Instagram le montrait en vacances à Cuba, à New York… Paradoxe que des internautes n’ont pas manqué de relever – dans le jargon, on appelle ça un « bad buzz ». « Cette polémique, c’est la rançon de la gloire », sourit Olivier Dartigolles.

Mais d’autres polémiques guettent, et le fait d’être l’adjoint de la maire socialiste-mais-pas-si-de-gauche-que-ça Anne Hidalgo vaut à Ian Brossat des procès plus politiques. Attentiste ? Carriériste ? « Partout où l’on peut se rendre utiles et améliorer la vie des citoyens, on le fait », défend Fabien Guillaud-Bataille. Homme d’appareil, Ian Brossat a su faire plus que se rendre utile – « Il n’est pas dogmatique, pas sectaire, il travaille très bien », vante-t-on dans l’entourage d’Anne Hidalgo. Apprécié… mais pas de tous. Pourtant pas si éloignée des communistes sur le plan des idées politiques, l’élue insoumise de Paris Danielle Simonnet ne retient pas ses coups. « J’ai du mal à croire que quelqu’un qui a voté la contractualisation [droit de regard de l’État sur les finances des collectivités locales] de la ville de Paris puisse s’opposer à l’austérité européenne et à la règle d’or », explique-t-elle. Face à la Commission européenne, il faudra bien montrer les muscles. En cas d’échec ? Il restera toujours Paris…

Au mur des Fédérés, l’adieu à Roland

Hommage.

Au Père-Lachaise une cérémonie sobre et émouvante devant quelques centaines de personnes a évoqué la personnalité et l’action de l’ancien directeur de l’Humanité, disparu la semaine passée.

Roland Leroy 2

L’étrange février qui vient de finir a hâté la venue du printemps. On entend des timides chants d’oiseaux dans les escaliers menant au mur des Fédérés, les fusillés de la Commune de Paris montée à « l’assaut du ciel », comme le disait Jacques Duclos, qui repose ici. Le Parti communiste, il y a longtemps, avait acheté un carré. Les noms de ceux qui y reposent furent des acteurs de ce siècle dont parlait Aragon, « Siècle martyr, siècle blessé, c’est de sang que sa bouche est peinte. » Roland Leroy en fut, entré dès l’âge de 15 ans dans la Résistance. La mort de l’ancien directeur de l’Humanité et dirigeant du PCF ne pouvait être une surprise. On l’avait découvert affaibli les dernières fois qu’on l’avait entrevu, quand bien même il avait ce même regard pétillant de malice et d’ironie avec son sourire en coin. Il y avait du dandysme et de l’élégance chez lui. Une belle photo est affichée derrière la petite estrade, à côté d’un drapeau tricolore et d’un drapeau rouge.

Sous les grands arbres encore nus, la voix de Jean Ferrat s’élève

Devant quelques centaines de personnes, après quelques mots de présentation de la sénatrice communiste Céline Brulin, c’est en saluant l’épouse de Roland Leroy et en reprenant un titre de Stefan Zweig qu’Ivan Levaï évoquait « le monde d’hier » « où nous faisions face au temps comme il vient et comme il change » : « Le communiste Roland Leroy sut, d’une guerre l’autre, faire face à toutes les crises, tous les temps difficiles. » Après avoir animé, des années durant, les joutes à la radio entre le directeur de l’Humanité et Jean d’Ormesson, il rappelait avec humour les éditoriaux du journal ferraillant « avec la presse bourgeoise et qui l’est encore ». Avec Roland Leroy, « l’Humanité était humaine, engagée, élégante. »

Dans le silence qui suit, sous les grands arbres encore nus, s’élève la voix de Jean Ferrat avec les vers d’Aragon : « Un jour viendra couleur d’orange, un jour d’épaule nue et de palme ». Les mots que toutes et tous connaissent se remettent à vivre. Lucien Marest, qui fut proche de Roland Leroy dans ses rapports avec les artistes et intellectuels, évoque tout ce qu’il entreprit, s’appuyant sur ses liens étroits avec Aragon et tant d’autres intellectuels et artistes des décennies 1960 et 1970, pour dégager la pensée communiste de l’étroitesse du réalisme socialiste, penser la création, la philosophie en liberté. « Il a contribué grandement à l’élaboration d’une nouvelle politique culturelle de la France. »

À sa suite, Patrick Apel-Muller, le directeur de la rédaction de l’Humanité, se souvient : « À l’Humanité, il était “Roland”, et le prénom disait tout, l’admiration pour son brio, pour sa rigueur, pour son invraisemblable capacité de travail, la reconnaissance parfois agacée de son habileté à vous conduire là où il voulait. Son charme, auquel chacun, même prévenu, avait succombé, alimentait une légende. Une critique de sa part était redoutée : précise, pointue, argumentée. Il aurait fait sienne la proclamation de Guillaume Apollinaire : “Nous avons des droits sur les paroles qui forment et défont l’Univers”. » Patrick Apel-Muller évoquait ensuite les acquis de la direction de Roland Leroy. « En un temps où des financiers prennent la direction des journaux, il faut souligner que Roland fut un véritable homme de presse (…). Roland a su également faire profiter l’Humanité de son formidable appétit de culture, de découvertes et de rencontres (…), il ouvrit le journal à d’autres courants de pensée de la gauche sociale, intellectuelle et politique, institua des pages idées, et mit le journal au service de grandes causes. » Et puis, dit-il, « comme élève, puis ami, au nom des équipes d’hier et d’aujourd’hui de l’Humanité, de Patrick Le Hyaric qui a salué dans ses colonnes « un beau et fort directeur de l’Humanité », je dis, chapeau bas, pour Roland ! ».

« Roland disait ensuite Fabien Roussel le secrétaire national du PCF, nous rassemble aujourd’hui une dernière fois, ici, devant ce mur des fédérés qui fait écho à sa propre vie de combattant (…). Toute sa vie, Roland est resté un homme debout, dressé face à l’injustice sous toutes ses formes.

Dans son métier d’homme de presse disait-il, comme dans sa tâche d’élu, « jamais il ne cédait à l’à-peu-près. Il n’était pas journaliste à la base mais il avait une très haute idée de la liberté de la presse ». Il était aussi « un homme d’action, une des plus grandes figures de notre parti » et, « Malgré les inévitables revers, les doutes, les atteintes mêmes à la belle idée du communisme, il est resté jusqu’au bout tel qu’en lui-même : fidèle à son idéal qu’il décrivait ainsi voici quelques années : « Je ne parle pas d’illusions, je parle d’aspirations, qui sont toujours les miennes ».

Parmi les personnalités présentes : Fabrice Cazadeberg, représentant le ministre de la Culture, Pierre Laurent, président du conseil national du PCF, Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, Martine Bulard, rédactrice en chef du Monde diplomatique, Michel Dufour ancien sénateur et secrétaire d’État, Isabelle Aubret. Les députés et anciens députés Sébastien Jumel, Hubert Wulfranc, François Assensi, Jean-Claude Lefort, Antoine Rufenacht…

Maurice Ulrich, dans l’Humanité du 6 mars 2019

Ndlr : nous avons très modestement aidé à la rédaction de cet article, en prêtant notre stylo à Maurice Ulrich pour sa prise de notes… et pu mesurer, à cette occasion, toute son émotion…

Roland Leroy

 

Angers, université 2018 du PCF (3)

Suite et fin de notre série d’articles sur l’université d’été du PCF

Angers 2018, Université d’été 2018, aperçus :

– Éclectisme des formes des ateliers ou formats d’interventions :

Seul :

Ou bien à deux, en binôme :

UE 2018-24

Seul, mais occupant tout l’espace comme trois :

Richard Lopez, médecin, ex-président de la Fédération Nationale des CDS

UE 2018-25

Parfois entourée d’une brochette de députés :

UE 2018-26

Dans le cadre de speed datings :

UE 2018-27

– Éclectisme des fonctions du président de l’université, Guillaume Roubaud-Quaschie :

Conducteur d’intervenant :

UE 2018-29

Chauffeur de salle :

UE 2018-30

Mais aussi conducteur de navettes, goûteur de plats, discourant lors de l’ouverture de l’Université d’été, etc., etc. …

– Éclectisme dans l’expression de la concentration des esprits lors des ateliers : 

Patrick Coulon, animateur de débat et intervenant…

UE 2018-35UE 2018-36UE 2018-37UE 2018-38

Pas d’université sans livres :

UE 2018-39

Pas d’université sans restaurant universitaire :

UE 2018-40

S.B.