Des transports gratuits

À Douai, des transports en commun bientôt gratuits

Article de Naïm Sakhi, dans l’Humanité du 27 mai 2021

La mesure a été adoptée à l’unanimité le mercredi 26 mai. Le syndicat mixte des transports en commun du Douaisis, dans les Hauts-de-France, deviendra donc le premier réseau totalement gratuit en termes de population en 2022.

Dunkerque donne des idées dans le Nord. En effet, les communautés d’agglomération Douaisis Agglo et Cœur d’Ostrevent, 220 000 habitants, qui partagent ensemble le même réseau de transport en bus, sont sur le point d’acter une gratuité totale des transports pour les habitants à l’horizon 2022.

Le long combat d’Alain Bruneel

La mesure a de quoi satisfaire Alain Bruneel. Il faut dire que le député PCF de la circonscription se bat depuis des années pour qu’une telle mesure puisse bénéficier à la population. « J’ai même été remercié en 2016 de ma vice-présidence du SMTD (le syndicat mixte des transports du Douaisis) pour avoir soutenu la mobilisation des lycéens et collégiens », se remémore-t-il.

Car si la mise en place de la gratuité des transports en commun dépasse aujourd’hui les clivages politiques, elle a longtemps fait débat dans le Douaisis. « Il faut saluer le combat des parents d’élèves, des étudiants, de la CGT et des élus communistes », souligne Alain Bruneel. Et pour cause, en 2014 une mobilisation est apparue à la « suite de la suppression de la gratuité pour les collégiens », se souvient le député PCF. Depuis, cette gratuité pour les jeunes, pour un aller-retour par jour, a été rétablie en 2019.

Des pertes compensées par les communautés d’agglomération

Mais il est bel et bien question dorénavant d’une gratuité totale à compter du 1er  janvier 2022. Il faut dire que le syndicat mixte devait investir plus de 3 millions d’euros dans la modernisation de sa billetterie. « Le choix a alors été fait de mettre la gratuité totale dès maintenant », se félicite Alain Bruneel, qui siège encore au conseil d’administration du syndicat de transport. Mais, pour ce faire, la mesure doit encore être validée par le SMTD ce mercredi 26 mai au soir.

Particularité locale, le réseau de bus concerne deux communautés d’agglomération indépendantes. Ce sont elles qui ont prévu de compenser les pertes liées à la billetterie. Ces dernières ne « concernent que 10 à 12 % des recettes, alors que les bénéfices sociaux et écologiques sont concrets pour les habitants », précise le député PCF.

« L’État doit subventionner de telles actions »

D’ailleurs, les élus locaux ne vont pas en rester là et pour faire face à la hausse de fréquentation que provoque une telle mesure, l’acquisition de onze nouveaux bus est prévue.

Alain Bruneel poursuit ce combat qui lui tient à cœur à l’Assemblée nationale. En 2018, avec ses collègues communistes, le député du Nord a en effet déposé une proposition de loi « visant à encourager la gratuité des transports collectifs urbains et périurbains ». Cette dernière a reçu une fin de non-recevoir. « La majorité LaRem nous explique qu’il faut laisser les régions faire car elles ont les compétences. Mais l’État doit coordonner et subventionner de telles actions », déplore-t-il.

Le muguet du 1er mai

Ce samedi 1er mai 2021, les communistes de Saint Gratien et leurs ami.es du Front de Gauche vous proposeront leurs brins de muguet !

Nous serons dès 8h30 rue Berthie Albrecht à hauteur du passage vers la place du Forum, et dès 9h au centre commercial des Raguenets. On vous attend !

En 2020, année exceptionnelle, la vente des brins n’avait pu avoir lieu. Nous étions alors en plein confinement. Le muguet du PCF avait été cependant distribué « virtuellement » via une vente en ligne de cartes postales réalisées par l’artiste Dugudus.

Pour notre plus grand bonheur, nous retrouvons cette année le chemin de la vente militante !

Comme chacune de nos actions financières, cette vente contribue à nous donner les moyens de notre activité politique.

Mais au-delà d’être une initiative financière importante, le muguet est un temps essentiel d’échange et de rencontre avec les citoyen.nes.

Ce sera à Saint Gratien l’occasion de nous retrouver après cette longue période de restriction de nos contacts sociaux, d’échanger sur la situation locale, la politique municipale, l’activité de nos élu.es, nos propositions, nos actions, les futures échéances électorales, les manifestations du jour…

À samedi !

 

Main basse sur le climat

Par André Chassaigne, président du groupe « Gauche Démocrate et Républicaine » à l’Assemblée nationale 

Intervention générale prononcée le 29 mars 2021 lors de la discussion du projet de loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets.

Au lendemain de la remise à l’exécutif du rapport de la Convention citoyenne, en juin dernier, j’avais interpellé ici même le Premier ministre sur la nécessité de prolonger l’élan démocratique engagé par la Convention citoyenne. Notre groupe avait alors proposé la création d’une commission chargée d’examiner les préconisations des citoyens et d’élaborer une proposition de loi. Nous pensions que les représentants du peuple étaient naturellement les mieux à même de prendre le relais de cet exercice inédit de démocratie participative ; nous souhaitions surtout éviter que l’exécutif ne passe au caviar ou à la moulinette les mesures les plus ambitieuses proposées par le collectif des citoyens.

 Nombre de ces propositions avaient en effet déjà été défendues sur ces bancs lors de l’examen des lois de finances, de la loi d’orientation des mobilités, de la loi sur l’économie circulaire ou encore de la loi énergie-climat, mais elles avaient systématiquement été rejetées par le Gouvernement et sa majorité.

 Notre crainte que le Gouvernement ne fasse rien, ou pas grand-chose, des propositions formulées par la Convention était donc légitime. En écartant d’entrée de jeu trois propositions, parmi lesquelles la mise en place d’une taxe sur les dividendes, le Président de la République avait donné le ton, privilégiant au souffle du vent d’en bas, le souffle du vent d’en haut, celui qui fait que les puissants peuvent se sentir rassurés. 

 Les ministres lui avaient rapidement emboîté le pas, enterrant au fil des déclarations la baisse de la TVA sur les billets de train, l’augmentation de l’éco-contribution sur les billets d’avion, l’obligation effective de rénovation des logements, la régulation de la publicité sur les produits très polluants, la prise en compte du poids du véhicule dans le malus automobile, la mise en place d’un moratoire sur la 5G, et bien d’autres propositions qu’il serait trop long d’énumérer.

 Nous ne pouvons donc aujourd’hui feindre d’être surpris de la vacuité du texte que vous nous présentez. Le constat est là : ce texte manque cruellement d’une trajectoire assumée, de perspectives publiques, d’ambition historique !

 Il vous aura fallu neuf mois, soit un temps équivalent à celui qu’il avait fallu à la Convention citoyenne pour bâtir son projet, pour le mettre en pièces, en escamotant ou en édulcorant, par leur report dans quatre, sept, voire trente ans, les mesures à même de permettre à notre pays de tenir ses engagements climatiques.

 Ce projet de loi n’est, en définitive, qu’un simple exercice d’habillage – de déshabillage devrais-je dire – ayant abouti à un objet politique non identifié, sur lequel le travail de sape a été poursuivi par la commission spéciale, qui a déclaré irrecevables 25 % des amendements, au premier rang desquels ceux qui visaient à donner au texte un peu de consistance, ou encore à rétablir des propositions de la Convention citoyenne.

 Ces amendements ont été déclarés sans lien avec le texte, un texte qui se trouve pourtant être lui-même sans lien avec le volontarisme que réclame l’urgence climatique. Sur les quelque 420 amendements adoptés par la commission, près de 380 émanaient des députés de la majorité gouvernementale : loin de moi l’idée d’y voir le signe que vous souhaitez verrouiller le débat et interdire aux parlementaires de prendre leurs responsabilités afin de prolonger l’élan démocratique enclenché par la Convention citoyenne !

 Félicitations, cependant. Vous avez réussi l’exploit de faire coup double dans le déni démocratique, ajoutant au mépris pour la démocratie participative et le travail de nos concitoyens le mépris pour la démocratie représentative !

 La vérité, c’est que vous voulez clore tout débat, dans l’espoir d’en finir au plus vite avec cette fichue Convention citoyenne, devenue pour vous trop encombrante. Et vous révélez au bout du compte le portrait d’une majorité tétanisée par la peur des conséquences économiques, et surtout financières, de ce travail pour les tenants du capital, une majorité tétanisée, ou plutôt « titanisée », comme les passagers du paquebot qui s’oubliaient dans l’ivresse, plutôt que de mettre toutes leurs forces en commun pour éviter la catastrophe !

 Au lendemain de l’exercice, Emmanuel Macron, s’était engagé, rappelons-le, à soumettre sans filtre les propositions formulées par les 150 citoyens tirés au sort. Mais ceux-ci ont tellement pris à cœur leur travail qu’ils vous ont placés au pied du mur et ce qui devait n’être au départ qu’un faire-valoir, un instrument au service de votre communication, s’est mué en un socle programmatique sur lequel vous n’êtes aucunement prêts à construire quoi que ce soit, car cela impliquerait que l’État prenne enfin ses responsabilités, toutes ses responsabilités, en matière d’investissement, de conditionnement des aides aux entreprises, en définissant des obligations et en proclamant des interdits.

 Le texte que vous nous proposez porte d’ailleurs les stigmates de ce refus. Partout, la Convention citoyenne prévoyait des obligations et des interdits. Or, en matière de publicité ou encore de rénovation énergétique, vous y substituez le volontariat et des taux de régulation sectoriels, quand vous n’usez pas du faux-fuyant des expérimentations.

 Partout où nous pourrions nous attendre à ce que l’État réglemente, vous renvoyez tantôt aux communes, tantôt aux régions, en proclamant œuvrer ainsi à la décentralisation – elle a bon dos ! – et à la territorialisation des politiques publiques, fût-ce au mépris de l’égalité territoriale et de la solidarité nationale.

 Vous confiez en somme la responsabilité de la réussite de la transition écologique à nos concitoyens appréhendés comme des consommateurs, aux entreprises, aux collectivités. L’État, lui, est aux abonnés absents. Il n’apparaît que comme le metteur en scène chargé de distribuer les rôles sans en assumer aucun, ni assumer non plus la moindre responsabilité, et surtout pas de responsabilité financière.

 La maîtrise de la dépense publique passe avant l’investissement dans la transition écologique ! Les grands investissements publics attendront, que ce soit dans la rénovation énergétique des logements, dans la formation, dans la recherche ou dans les infrastructures de transport.

 Rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous. Rien de nouveau, sinon que la température continue à augmenter.

 Vous tombez, une nouvelle fois avec ce texte dans les travers que nous vous connaissons : l’organisation méthodique de l’impuissance publique, et l’abondant étalage de mesures cosmétiques. À moins que vous ne soyez frappés par le syndrome de l’armoire normande : elle est pleine à craquer, mais vous craignez de la bouger.

 Le constat est d’autant plus navrant que la crise sanitaire et sociale que nous traversons fait plus que jamais éprouver à nos concitoyens la soif d’une transformation profonde de notre modèle économique et social, le désir d’une réponse résolue aux défis écologiques, dans la justice et la solidarité.

 Ce projet collectif et mobilisateur n’est toujours pas au rendez-vous. Ce n’est guère étonnant car, comme aimait le dire Lacan, on ne trouve jamais dans le chapeau du prestidigitateur que le lapin qu’il y a mis. Et vous conviendrez que ce lapin est petit, tout petit, vraiment petit.

Écouter l’intervention d’André Chassaigne

Transition écologique en Île-de-France

Céline Malaisé : Pour le climat, marchons et planifions !

La crise Covid-19 comme répétition générale de la crise climatique entend-t-on. Cette pandémie, si elle a permis une prise de conscience de la vulnérabilité de l’humanité à des phénomènes dont elle est la cause, a-t-elle réellement transformé les somnambules du réchauffement en activistes pour le climat ?! Rien n’est moins sûr quand on voit que notre société est incapable, après un an, de faire face à un risque à venir mis en évidence par des données scientifiques. Ou quand la gestion d’une crise collective se fait de manière solitaire et autoritaire en faisant toujours et encore primer les intérêts particuliers sur l’intérêt général qui est, aujourd’hui et demain, de protéger nos vies et notre planète et rejetant hors des politiques de solidarité nationale la lutte contre les inégalités sociales pourtant accrues par les crises.

Si les confinements ont fait baisser drastiquement les émissions mondiales, cela n’a été que tout juste suffisant pour suivre la trajectoire du +1,5°C. Ont été réinterrogés la hiérarchie des métiers en fonction de l’utilité sociale, les modes de consommation, l’usage des transports polluants, l’organisation du travail ou l’aménagement d’un territoire de plus en plus urbanisé et métropolisé. Et pourtant, une période de crise n’a jamais été propice aux politiques environnementales. Les plans de relance européens, national ou régional en sont l’illustration avec une absence ne serait-ce que de conditionnalité écologique.

Lutter contre le dérèglement climatique nécessite pourtant une bifurcation complète même si l’urgence apparaît comme plus diffuse et, surtout, moins imminente.

Le rôle d’une région comme l’Île-de-France est essentiel. Rompre avec la communication et le greenwashing est un préalable mais il faudra surtout poser les grandes étapes d’une transition écologique en mobilisant des moyens conséquents pour développer des énergies renouvelables et réduire la consommation d’énergies et les émissions de GES. Cela doit passer par un engagement régional pour la rénovation thermique des bâtiments publics, les logements sociaux et les copropriétés dégradées, par une mobilité verte avec un investissement dans les transports en commun et les modes doux, par une politique d’aménagement du territoire luttant contre l’artificialisation des sols et développant les espaces verts et en favorisant le passage de l’agriculture vers un modèle durable.

Une planification à échéance 2040 doit être mise en œuvre pour prévenir mais aussi adapter le territoire à l’urgence climatique. De telles mesures doivent être guidées et accompagnées par un comité pluridisciplinaire, scientifique et citoyen pour établir des préconisations qui intégreront les documents directeurs de l’aménagement francilien et toutes les politiques régionales.

Pour le climat, nous marchons et nous planifierons !

Céline Malaisé, présidente du groupe Front de Gauche au Conseil régional d’Ile-de-France, cheffe de file des communistes aux élections régionales sur la liste de Clémentine Autain

Ci-dessous, des images de la marche pour une vraie loi climat, le 28 mars 2021 à Paris

 

Révolution verte

La révolution écologique est possible ! Pour concilier justice sociale et écologie, relocalisons les productions, disons non aux traités de libre-échange qui transportent les marchandises sur de longues distances, reconstruisons un grand service public de l’énergie pour sortir des énergies carbonées.

Ces mutations auront des répercussions immenses dans le domaine de l’emploi. Cela ne peut se faire qu’avec les salarié.es. Écouter leurs propositions alternatives, leur donner la possibilité d’accéder à des formations pour des emplois plus écologiques : c’est le sens de la proposition du PCF pour une loi de « sécurité emploi-formation ». L’évolution de nos modes de production ne peut réussir qu’avec les salarié.es.

Ci-dessous un article d’Alain Pagano, responsable de la commission  »             Écologie » du PCF, et son portrait à l’occasion des élections régionales de 2015.

Elections Régionales 2015 : le portrait d’Alain Pagano [Parti Communiste] – YouTube

 

Terres de Gonesse, la ferme maraîchère de la région parisienne

ZAD de Gonesse : soutien et solidarité avec les opposants à la gare de plein champs de la ligne 17

Déclaration du PCF

Ce mardi 23 février les occupants de la ZAD de Gonesse ont été expulsés par les forces de l’ordre.

La vingtaine de personnes présentes sur place, pour la plupart jeunes, a été conduite au commissariat de Pontoise.

Une délégation du PCF, composée de Fabien Gay, sénateur, Didier Mignot, conseiller régional d’Île-de-France et Hervé Bramy, membre de la commission Écologie du PCF, s’était rendue sur la ZAD la veille pour renouveler le soutien du PCF au CPTG (collectif pour le Triangle de Gonesse), à ses membres dont les associations environnementales et, surtout, à Bernard Loup, son président qui a fait l’objet d’une condamnation du tribunal à la demande de Valérie Pécresse, présidente de la Région IDF.

Nous renouvelons également notre soutien et notre solidarité aux occupants pacifiques de la ZAD et nous demandons leur libération.

Décidément, pour la majorité de droite de l’Île-de-France comme pour le gouvernement, le chemin est difficile à parcourir pour affirmer que ces terres doivent entièrement être consacrées à l’activité agricole.

Les terres du Triangle de Gonesse doivent devenir, avec la contribution du projet Carma, la ferme maraîchère de la région parisienne.

Si nous continuons de penser que la ligne 17 doit, plus que jamais, relier Saint-Denis-Pleyel au Mesnil-Amelot, en passant par l’Aéroport Charles de Gaulle nous considérons, cependant, avec détermination, que la construction d’une gare de plein champs est un projet obsolète. En effet, nous refusons toute nouvelle et éventuelle opportunité qui pourrait conduire à une artificialisation et au bétonnage des très riches terres agricoles de cette partie de la région parisienne.

Suite à l’annulation d’Europacity à laquelle le PCF a contribué, nous  appelons toutes celles et tous ceux qui agissent pour une « société d’après » à poursuivre leur mobilisation pour un développement des terres de Gonesse qui fasse utilement et respectueusement le lien entre la nature et les êtres humains.

Deux prochains rendez-vous sont fixés. Vendredi 26 février à 12h30 devant le Tribunal de Pontoise et samedi 27 février à 11h00 au Trocadéro, les communistes franciliens seront présents !

Parti communiste français

Des vaccins accessibles à tous les peuples du monde

Levée des brevets/vaccins : Fabien Roussel écrit à Emmanuel Macron

Monsieur le Président de la République,

La situation sanitaire actuelle est critique et risque de perdurer, si nous ne trouvons pas une solution collective à cette crise.

Il devient de plus en plus difficile de contrôler la pandémie depuis l’arrivée de variants, qu’ils viennent de Grande-Bretagne, de Californie, d’Afrique du Sud ou du Brésil. Outre le maintien des gestes barrières, la politique de tests et d’accompagnement des personnes contaminées et cas contacts, tout le monde s’accorde à dire qu’une campagne de vaccination massive à l’échelle mondiale nous permettra d’entrevoir la sortie de cette crise sanitaire.

Aujourd’hui, plusieurs vaccins existent contre ce virus. C’est la bonne nouvelle de cette année. Il s’agit d’une prouesse scientifique, largement soutenue par les plus de 8 milliards d’euros investissements publics des États et, au sein de l’Union européenne, par la Commission européenne qui a investi 2,3 milliards d’euros pour le développement des capacités de production de l’industrie pharmaceutique. La découverte de ces vaccins a été aussi facilitée par le partage de la séquence complète du génome du coronavirus par les autorités chinoises, dès le 11 janvier 2020.

Il est désormais urgent que ces vaccins puissent être produits massivement et soient accessibles à tous les peuples du monde, le plus rapidement possible.

Malheureusement, ce n’est pas ce chemin qui est emprunté. Déjà aujourd’hui, plusieurs grands laboratoires sont incapables de respecter les engagements pris pour la livraison de leurs doses.

De plus, des inégalités apparaissent entre les pays à faibles revenus et les pays riches : ces derniers ont acheté suffisamment de doses pour vacciner deux à trois fois leur population quand les pays pauvres n’ont, à ce jour, qu’une dose pour trois habitants. La plateforme Covax est loin de répondre à cette situation.

Il y a donc urgence à ce que les États prennent le contrôle de cette campagne vaccinale et organisent la production et la diffusion de ces vaccins, comme le demandent l’Inde et l’Afrique du Sud.

Pour gagner cette guerre contre le virus, nous vous appelons à saisir l’Organisation mondiale de la santé afin de coordonner les efforts des États et faire du vaccin un bien public mondial. Ne laissons pas la campagne vaccinale dans les mains du secteur privé !

En France, de nombreuses voix s’élèvent ainsi pour appeler à une plus grande coopération à l’échelle de la planète. Les Académies des sciences, de médecine et de pharmacie relaient cet appel. Des scientifiques de plusieurs pays appellent à faire du vaccin un bien public permettant aux pays qui en font la demande de pouvoir le produire rapidement.

Comme vous le savez, l’OMC, l’Union européenne ou des États, comme la France, disposent des moyens juridiques pour suspendre les brevets en temps d’urgence sanitaire et obtenir les licences nécessaires permettant les transferts de technologie vers tous les laboratoires industriels compétents. Cela peut se mettre en place rapidement, sans spolier les industriels.

En effet, l’article 311 de l’Organisation mondiale du commerce stipule que l’on peut procéder à une levée des brevets « dans des situations d’urgence nationale ou d’autres circonstances d’extrême urgence ou en cas d’utilisation publique à des fins non commerciales ». Nous y sommes !

En France, la loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19 du 23 mars dernier a prévu « de prendre toute mesure permettant la mise à la disposition des patients de médicaments appropriés pour l’éradication de la catastrophe sanitaire ».

Le 30 novembre dernier, une initiative européenne citoyenne a été lancée demandant un changement législatif notamment pour « veiller à ce que les droits de propriété intellectuelle, brevets compris, n’entravent pas l’accessibilité ou la disponibilité de tout vaccin ou traitement futur contre la Covid-19 ».

Cette revendication recueille aujourd’hui l’adhésion d’un large panel d’organisations et bénéficie du soutien de nombreux experts de la santé.

Il y a urgence. C’est pourquoi, nous souhaiterions être reçus afin de vous faire part de nos propositions pour augmenter la capacité de production des vaccins à l’échelle européenne et à l’échelle mondiale.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’assurance de notre haute considération. »

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,

Paris, le 9 février 2021.

 

Le ministre des travailleurs

Il y a 120 ans naissait Ambroise Croizat, père de la Sécu.

À cette occasion, nous avons lu l’article suivant sur le site du Front de Gauche de Pierrre-Bénite. La photo est issue également du même site.

120e anniversaire de la naissance d’Ambroise Croizat, le ministre des travailleurs

Aujourd’hui 28 janvier, nous célébrons le 120ème anniversaire de la naissance d’Ambroise Croizat, syndicaliste, communiste, député et ministre des travailleurs à la libération de la France, créateur de la Sécurité Sociale.

120 ans après sa naissance, plus que jamais La France a besoin d’un projet nourri de l’ambition du « ministre des travailleurs »

« Jamais nous ne tolérerons que ne soit renié un seul des avantages de la Sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie, cette loi humaine et de progrès ».

C’est cet engagement d’Ambroise Croizat que les communistes, avec de nombreux syndicalistes, font vivre dans toutes les luttes des salarié·e·s et des retraité·e·s face aux attaques portées contre notre modèle social, par les puissances de l’argent et les gouvernements successifs.

Mises en cause des droit des salarié·e·s, des droits de leurs représentants syndicaux, contre-réformes des retraites… les gouvernements successifs, soucieux de nourrir les appétits de la finance, n’ont eu de cesse de s’attaquer à l’édifice bâti par le ministre communiste.

Et alors que la campagne de vaccination contre le coronavirus balbutie et n’offre encore aucune perspective de sortie de la pandémie, l’exécutif et sa majorité parlementaire dessinent déjà les projets de régression qu’ils comptent imposer au monde du travail et de la création, comme pour préparer les consciences au pire. 
 
« Il faudra payer », tel est désormais le credo de ceux qui ont fait de la pandémie une crise sanitaire, parce qu’ils ont, depuis des années, affaibli l’hôpital public et perverti le financement de la Sécurité sociale par l’austérité budgétaire, au profit du grand patronat.

Ils veulent désormais profiter de la crise économique pour reprendre au plus vite leur entreprise de démolition des fondements de notre modèle social. Avec des conséquences lourdes pour le monde du travail : moins de protection sociale, une retraite précaire et plus tardive, un allongement de la durée du temps de travail, la précarité des contrats. 

Il faut aujourd’hui choisir : soit continuer à préserver le capital, les marchés financiers et les grandes fortunes, qui nous ont mené à cette crise inédite, soit s’engager résolument dans la réponse aux besoins de sécurisation de la santé, de l’emploi, de la formation, du système des retraites pour chacune et chacun.

Ce choix, Ambroise Croizat l’a fait au sortir de la tragédie de la Seconde Guerre mondiale en construisant un édifice jusqu’à lors inconnu et a ainsi permis à notre pays de prospérer.

Aujourd’hui, pour sortir d’une crise inédite depuis 1945, le PCF appelle à être à la hauteur de cet héritage.

Il propose d’engager notre pays dans la voie d’un nouvel âge de la Sécurité sociale et de poursuivre ainsi l’œuvre du Conseil national de la Résistance et d’Ambroise Croizat.

Ce sera le sens de toute son action dans les prochains mois, dans les luttes avec les salarié·e·s comme dans les institutions et notamment lors des campagnes électorales régionales et présidentielle.