Encore à l’Assemblée Nationale !

Nous avions déjà été invité·es pour une visite des prestigieux locaux du « Palais Bourbon » en juillet. C’est à présent à une rencontre avec les associations écologistes du Val d’Oise que Gabrielle Cathala, députée LFI-NFP de la 6è circonscription, nous a convié·es ce 25 octobre 2024.

On salue au passage l’engagement total de Gabrielle, évidemment à l’Assemblée en cette période pour le moins agitée de débat budgétaire, mais aussi sa présence régulière sur le terrain, au plus près des habitants des communes de sa circonscription. Les précédent·es député·es ne nous y avaient pas vraiment habitué·s.. à tel point que les habitant·es des Raguenets, croisé·es récemment lors d’une « permanence mobile », s’étonnaient de déjà nous revoir, certain·es y voyant même le signe d’élections en cours ! C’est dire si le fait qu’une élue soit accessible et présente est peu habituel aux yeux des citoyen·nes.

Il s’agissait ce vendredi d’échanger avec diverses associations locales engagées dans le domaine de l’écologie. Voici un bref aperçu, qui n’a pas la prétention de tout relater, de la rencontre en présence de Gabrielle Cathala et d’un de ses collègues LFI au Conseil régional, sur ces sujets régulièrement commentés sur notre blog.

Les photos des « ors de la République »ont été prises lors de la visite de l’Assemblée qui a suivi.

Vivre sans BIP

Un « grand projet » heureusement tout récemment abandonné ! Mais ne pas croire que tout s’arrête là. Il importe maintenant de construire un projet alternatif pour ces espaces qui échappent,  momentanément, peut-être…, au rouleau de bitume et à une circulation dense, porteuse de nuisances non négligeables dans une région très urbanisée. Développement des transports en commun, trames verte et bleue, liaison avec la forêt de Montmorency, préservation des activités agricoles, travail de développement durable avec les écoles, partenariat avec le Siare, contournement routier de la ville de Soisy… un nouveau projet regroupant toutes ces thématiques serait utile pour éviter tout retour d’un tracé routier destructeur de ces espaces naturels dans cette partie du Val d’Oise. Une proposition de loi visant à préserver l’environnement avait été déposée dès septembre par Gabrielle Cathala.

Mieux se déplacer à bicyclette-MDB

Les mobilités douces : un sujet qui nous tient à cœur et sur lequel nous intervenons régulièrement à Saint Gratien !  MDB rappelle tout d’abord la mort d’une « personne à vélo », qui avant d’être un « cycliste », est un individu ! Un contexte de violences routières assez inquiétant. MDB fait ensuite, en lien avec le sujet précédent, la proposition d’implanter sur l’ex-tracé du BIP, une piste cyclable qui pourrait relier les écoles et ainsi offrir la possibilité aux enfants de se rendre à l’école en vélo, limitant du même coup l’engorgement automobile qu’on connait aux entrées et sortie des établissements.

Le département investit chaque année entre 6 et 8 millions pour les infrastructures cyclistes, MDB regrette toutefois que cela soit surtout dans les zones peu denses. Si la pratique du cyclotourisme est intéressante, on ne doit pas oublier pour autant l’urgence de continuités cyclables dans nos villes, pour permettre une pratique quotidienne du vélo plus aisée et en toute sécurité. On souligne l’importance du stationnement des vélos dans les immeubles, qui pose bien souvent problème, et la question encore irrésolue de l’intermodalité… comment monter son vélo dans un bus, un train ou dans le RER ?  

Triangle de Gonesse

Le « CPTG » relate l’annulation de la ZAC de 300 hectares, mais craint une nouvelle ZAC et une nouvelle DUP. La question de l’accès routier à cette zone n’est pas anodine non plus.. et bien entendu, le CPTG continue de s’opposer à l’implantation d’une cité scolaire avec internat sur le Triangle, zone déclarée inhabitable pour cause de nuisances aériennes insupportables… et donc inapte à accueillir un établissement où le bruit environnant rendrait toute activité scolaire particulièrement pénible. Un projet alternatif à cette implantation est en réflexion, dans un lieu moins isolé et beaucoup plus propice à l’accueil d’étudiant·es. Quant à la gare prévue, le CPTG rappelle que les transports du quotidien manquent cruellement d’investissements et d’entretien, et que cette gare « en plein champ » ne sera utile à aucun·e habitant·e du Val d’Oise.

Nuisances aériennes

L’association « Advocnar » qu’on ne présente plus, agit depuis des années pour la réduction du trafic aérien afin de préserver la santé des riverains et de lutter contre le dérèglement climatique. Force est de constater que les avancées technologiques et les différentes techniques de manœuvre des avions se révèlent peu efficaces, ainsi que les arrêtés de restriction des avions les plus bruyants. Pour aboutir à une réduction du trafic, l’Advocnar se prononce pour une taxation du kérosène et une modulation du prix des billets : plus on voyage et plus on est taxé. Cela pénaliserait les grands voyageurs tout en permettant une utilisation raisonnée de l’avion. L’Advocnar préconise un couvre-feu de 23 h à 6 h du matin aux abords des aéroports, notamment Roissy qui en est dépourvu, et également le plafonnement du nombre de vols. Attention évidemment à l’importance des emplois qui dépendent directement de l’activité aéroportuaire, comme Fedex pour qui travaillent de nombreux Val d’Oisiens. L’Advocnar alerte aussi sur le projet des taxis volants qui permettraient, à prix d’or, de relier les aéroports entre eux, y compris au-dessus de Paris, dont le survol est jusqu’ici interdit.  

Alors que notre députée regagnait l’hémicycle pour l’examen de la partie recettes du budget (malgré la séance du samedi, le vote n’a finalement pas eu lieu), les participant·es à la réunion ont pu visiter une partie de l’Assemblée. Merci à Clément, notre guide !

Les vieux campeurs de Gonesse

Le « Triangle de Gonesse » n’a pas fini de faire parler de lui. Voilà un grand projet néfaste et largement contesté. Après l’abandon du mégalo « Europacity », on pouvait espérer que ces terres fertiles, parmi les dernières d’Île-de-France,  allaient enfin être sauvées de l’artificialisation. Le projet de transition écologique « Carma » apportait une solution durable pour répondre aux besoins, notamment en matière d’autonomie alimentaire, des populations locales. Hélas ! Le bétonnage de la zone n’est pas abandonné, avec projet de cité scolaire dans une zone pourtant déclarée inadaptée à l’habitat pour cause de nuisances aériennes insupportables, et une gare.. loin de toute habitation.

Mais c’est compter sans la détermination de vieux mais robustes campeurs, récemment installés sur le site !

Un salut amical à Roland, infatigable militant présent dans toutes les mobilisations !

Un article de l’Humanité de ce jour raconte cette lutte.  À lire ci-dessous.

Des vieux campeurs en lutte contre l’artificialisation de Gonesse

Depuis dimanche 1er octobre, une quinzaine de militants retraités occupent un terrain de Villiers-le-Bel, dans le Val-d’Oise. Une action de désobéissance civile pour défendre les terres fertiles contre la bétonnisation et la construction d’une cité scolaire.

Le groupe de militants retraités se sont installés sur une petite parcelle d’un terrain municipal de Villiers-le-Bel.

Il est 10 h 15. Étienne, seul jeune du campement, se réveille tout juste, embarrassé d’avoir raté la réunion du matin. « Avec la planète qu’on va te laisser, tu méritais bien de dormir un peu plus », s’amuse Djissi, membre du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG).

Dans les tentes qui entourent le barnum, ils sont une quinzaine à camper, par relais, depuis le 1er octobre. Sur cette petite parcelle d’un terrain municipal de Villiers-le-Bel, dans le Val-d’Oise, le CPTG a décidé d’installer sa « Ziac », pour zone imaginative d’aménagement concerté : un « camping sauvage » censé visibiliser leur lutte contre la bétonnisation des centaines d’hectares du Triangle de Gonesse, en vue d’implanter une cité scolaire.

Cet établissement accueillerait quelque 2 400 élèves au sein d’un collège, d’un lycée général, d’un lycée agricole et d’un internat, à 6 kilomètres de la ville. Une aberration écologique et sociale aux yeux de Bernard Loup, président du CPTG : « On va se retrouver avec une cité scolaire et une ligne de métro au milieu de nulle part. Au-delà de l’artificialisation des terres agricoles, c’est une vraie prise d’otage de la jeunesse. Cette parcelle n’est pas censée accueillir des logements permanents, comme ceux prévus par l’internat. » En cause, sa proximité avec les aéroports du Bourget et de Roissy, synonyme d’une exposition au bruit dangereuse pour la santé.

La cité scolaire pour justifier la gare ?

Malgré le soutien de nombreux activistes de Seine-Saint-Denis, d’élus et militants des Verts, du PCF ou de la FI, le CPTG se confronte depuis des mois au silence de l’État. Par cette action de désobéissance civile, ils espèrent interpeller la première ministre : « C’est une affaire de démocratie. Il n’y a eu aucune concertation pour ce projet », déplore Bernard Loup.

Habitant de Villiers-le-Bel et membre du collectif, Roland Bauer estime que d’autres espaces seraient beaucoup plus appropriés pour accueillir la cité scolaire : « Nous avons décidé de camper ici, car nous sommes au milieu de deux sites plus cohérents. Notamment une friche hospitalière. Un endroit idéal où on trouve des équipements, un parc, des exploitations agricoles à proximité… »

En 2019, après des années de lutte, le CPTG l’avait emporté face au projet de mégacomplexe commercial EuropaCity. Mais alors que les jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 ont accéléré la construction du réseau du Grand Paris Express, les hostilités ont repris de plus belle. Au cœur du Triangle, la ligne 17 est en cours d’aménagement, et le chantier de la gare devrait suivre.

Pour Bernard Loup, la construction de la cité scolaire permet de justifier l’existence de cette gare, après l’abandon en 2019 du complexe de loisirs et de commerces qu’elle était censée rallier : « Le souci, c’est qu’un établissement scolaire est censé être desservi localement. Un collège, on y va à pied ou à vélo. La ligne 17 sera uniquement empruntée par les professeurs habitant à Paris. »

Aujourd’hui, les membres du collectif s’imaginent déjà occuper les lieux jusqu’au 24 octobre, date à laquelle un chantier pourrait les expulser. Mais pour Djissi, Pascale, Odette, Bernard ou Roland, la lutte ne s’arrêtera pas pour autant : « Il faut qu’ils aient conscience qu’il n’y a rien de plus robuste que des vieux campeurs comme nous ! »

Ces terres qui devraient nous nourrir

Mobilisation. Un escargot, ça troupe énormément

Article paru dans l’Humanité du lundi 11 Octobre 2021

Venues de toute l’Île-de-France avec à leur tête un gastéropode géant, des centaines de personnes ont exigé un moratoire sur les projets qui menacent les terres nourricières.

Il est midi et demi passé, ce dimanche, sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville de Paris, et l’on attend encore l’escargot du nord. Parti la veille du Triangle de Gonesse, dans le Val-d’Oise, il a bivouaqué à Pantin, en Seine-Saint-Denis, mais semble avoir traîné des pieds au réveil. Arrivé du plateau de Saclay, dans l’Essonne, celui du sud a passé la nuit à Malakoff et s’est montré plus véloce ce matin, lézardant à présent au soleil devant la mairie. Discrets, les escargots d’est et d’ouest n’ont pas limacé eux non plus pour venir de Thoiry, dans les Yvelines, et du Val Bréon, en Seine-et-Marne. La convergence des coques est bien en train de s’opérer au cœur de la capitale. Déboulant des quatre coins de la région, les gastéropodes colorés traînent chacun dans leur sillage un cortège en colère, qui exige la préservation des terres nues d’Île-de-France. Jeux Olympiques, perspectives industrielles ou Grand Paris : les projets d’aménagements se sont multipliés ces dernières années, prenant place sur ce qu’il reste des terres les plus fertiles d’Europe. Les escargots et leurs troupes demandent un moratoire, et l’opportunité de rediscuter les priorités.

Cathy, la quarantaine, vit près du plateau de Saclay et a passé une partie de l’été à occuper ce que beaucoup ont déjà baptisé la « Zaclay ». Une dizaine d’exploitations agricoles sont menacées par l’arrivée de la ligne 18 du métro, dernière à naître du réseau francilien. Depuis le 22 mai, elles sont squattées, avec la bénédiction des paysans, par leurs défenseurs. « On présente ce projet de métro comme une solution à la mobilité, explique la jeune femme. En réalité, il ne répond qu’aux intérêts du BTP. » Plus de 2 600 hectares de terres sont concernés. D’autres sont menacés par l’installation du cluster scientifique Paris-Saclay, lequel, ironie des planifications, doit accueillir les nouveaux locaux d’AgroParisTech et de l’Inrae, deux pôles majeurs de la recherche agronomique.

« On parle de déchets d’origines multiples, pollués ou amiantés » 

« Cet aménagement prépare le terrain à un étalement urbain à l’heure où l’enjeu serait de lutter contre », déplore Cathy. Ce n’est pas le seul souci. Les remblais issus des excavations nécessaires à la réalisation du métro soulèvent également des questions. « Personne ne sait vraiment quoi faire de ces déchets, et des communes censées en hériter se battent aujourd’hui contre cette perspective. » Dans le même temps, les lignes ­historiques B et D du RER se délitent faute d’investissements, estiment les manifestants.

Saclay n’est pas seule à s’embourber dans les déchets. Thoiry a elle aussi son lot. De ce côté ouest de l’Île-de-France, aucun projet d’infrastructure n’est en cours, si ce n’est la réalisation d’une pâture à bisons. Elle sera installée sur des buttes, elles-mêmes érigées grâce à 400 000 m3 de déchets. « On parle de déchets d’origines multiples, potentiellement pollués ou amiantés », précise Philippe Heurtevent, responsable de Sauvons les Yvelines. Ces 700 000 tonnes de détritus seront étendues sur 5 hectares de terres aujourd’hui cultivées. Ils ne seront pas les premiers : depuis 2006, 15 hectares de terres arables ont déjà été recouverts par 1,2 million de déchets.

La planification d’une gare au beau milieu des champs demeure

De l’autre côté de Paris, complètement à l’est, le Val Bréon se bat contre une extension urbaine. « Elle avait été programmée dans le cadre de l’extension d’une ligne RER, explique Jane Buisson, secrétaire générale de FNE-Seine-et-Marne. La gare a disparu des plans, mais le projet urbain est maintenu. » S’il se réalise, 150 hectares de terres nourricières disparaîtront, déplore la militante.

L’histoire ressemble comme deux gouttes d’eau à qui se passe côté nord, sur le Triangle de Gonesse. Longtemps, le projet de mégacomplexe commercial EuropaCity a été la principale menace. La mobilisation a fini par l’écarter, mais la planification d’une gare au beau milieu des champs demeure.

Jardins ouvriers à Aubervilliers, ou Aire des vents à Dugny : au nord, toujours, d’autres morceaux de verdure sont sous le joug d’infrastructures prévues dans le cadre des JO 2024. Moins de 10 hectares au total, pas grand-chose comparé à tout le reste. « Mais pour les habitants, ce sont des lieux où se ressourcer et où se retrouver », insiste Jean-Marie Baty, responsable au Mouvement national de lutte pour l’environnement (MNLE) Île-de-France, qui crie presque pour se faire entendre. Sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville, l’escargot porte-drapeau de ces batailles a fini par débarquer en musique.

Chaque année, 1 500 hectares de terres agricoles disparaissent d’Île-de-France.

Inutiles, coûteux et destructeurs

Malgré les discours du gouvernement et de la Région sur la nécessité de lutter contre l’artificialisation des sols, les projets aberrants se multiplient en Île-de-France : gares inutiles du Grand Paris Express, infrastructures olympiques surdimensionnées, entrepôts de logistique, data centers, stockage de déchets inertes …

A Gonesse, dans le Val-d’Oise, depuis l’abandon du mégacentre commercial Europacity en novembre 2019, le Premier ministre a annoncé le maintien de la construction d’une gare de métro automatique sur la ligne 17 nord, au milieu des champs et l’urbanisation d’une partie du Triangle agricole, pourtant interdite à l’habitat en raison du bruit des aéroports du Bourget et de Roissy-Charles-de-Gaulle. Le gouvernement y a annoncé la construction d’une cité scolaire, d’un internat et d’une administration de l’État. Le terminus de la ligne 17, prévu au Mesnil-Amelot, viendrait urbaniser des terres fertiles autour d’un village actuellement peuplé de 1100 habitants, accélérant ainsi l’étalement urbain.

Il est urgent de stopper ces projets inutiles, coûteux, destructeurs de la biodiversité et du climat. Il est encore temps de protéger les terres agricoles. La transition écologique peut créer de nombreux emplois, et ces  terres peuvent contribuer à l’autosuffisance alimentaire de l’Île-de-France, alimenter nos cantines scolaires.. C’est pourquoi nous avons déposé une motion au Conseil municipal de Saint Gratien. Le maire a refusé de la soumettre au vote.

Le samedi 9 octobre, quatre marches sont parties, du Triangle de Gonesse (95), de Val Bréon (77), du Plateau de Saclay (91) et de Thoiry (78) et sont arrivées à proximité d’une porte de Paris. Dimanche 10 octobre au matin, les marches ont convergé pour arriver à midi place de l’Hôtel de Ville à Paris puis devaient se rendre en manifestation commune à Matignon.

Des élus étaient présents, dont Céline Malaisé, présidente du groupe « Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne (GCEC) » au Conseil régional d’Île-de-France.  

Ci-dessous l’article paru sur le site de Franceinfo sur cette mobilisation.  

Val-d’Oise : « Notre marche a pour but d’aller à Matignon et ça nous est refusé », s’indigne le président du Collectif Pour le Triangle de Gonesse

La justice a rejeté jeudi le recours de dix associations de défense de l’environnement, dont le Collectif Pour le Triangle de Gonesse (CPTG) qui s’oppose à l’urbanisation de la zone. Son président accuse Gabriel Attal d’avoir fait pression sur la justice.

Après l’abandon du projet Europacity (dans le Val-d’Oise) en 2019, la justice a rejeté jeudi 7 octobre 2021 le recours de dix associations de défense de l’environnement, dont le Collectif Pour le Triangle de Gonesse (CPTG), qui luttent contre la création d’une gare du Grand Paris Express et d’une zone d’activité dans le Triangle de Gonesse, en Île-de-France. Une marche à leur initiative pour continuer la mobilisation devrait arriver à Paris dimanche en milieu de journée. « Notre marche a pour but d’aller à Matignon et ça nous est refusé », s’indigne Bernard Loup, le président du CPTG, dimanche 10 octobre sur franceinfo. « Il y a une atteinte au droit de manifester parce qu’on nous bloque alors qu’on avait demandé à aller le plus près possible ». 

« [Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement] est venu faire pression sur la justice, alors il nous reste la mobilisation », a déclaré Bernard Loup, « et on ne cible pas la mairie de Paris mais le gouvernement, le Premier ministre ». Pour lui, l’objectif principal est la sauvegarde des terres.

« On a tous besoin de préserver les sols et d’ailleurs les politiques le disent eux-mêmes, ils parlent de zéro artificialisation mais continuent de bétonner les terres agricoles. » déclare Bernard Loup, le président du Collectif Pour le Triangle de Gonesse à Franceinfo.

« On veut gaspiller de l’argent public pour faire trois lignes de train CDG express pour les riches qui arrivent à Roissy, la ligne 17 nord qui ne dessert que des zones d’activités, aucune zone d’habitat… Les habitants de Gonesse sont à 6 kilomètres de la gare du triangle de Gonesse », a-t-il précisé. Il n’y a rien qui justifie cette gare, elle est dans les champs, mais on s’entête à la faire. » Pour le président du CPTG, c’est un combat « symbolique l’idée, c’est de faire un projet de dimension régionale, d’autonomie alimentaire de l’Île-de-France. Cette occasion, certains veulent passer à côté alors qu’il n’y a rien qui justifie cette urbanisation. »

D’autres articles à lire ici et .

Merci à S.B. pour ses photos de la marche au départ de Gonesse

Motion pour un Conseil

Au Conseil municipal du jeudi 30 septembre 2021, notre groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen » demandera au maire de soumettre au vote le texte de la motion ci-dessous, qui concerne le devenir du Triangle de Gonesse.

Souhait de Motion pour le Conseil municipal de St-Gratien contre tout projet d’artificialisation des sols sur le triangle de Gonesse 

Les élus du groupe Saint-Gratien-solidaire-écologique&citoyen-2020 proposent aux membres du conseil municipal de Saint-Gratien réunis le 30 sept 2021, d’adopter cette motion pour encourager le développement d’un projet alternatif sur les terres agricoles du Triangle de Gonesse et appeler à la Marche Pour la Préservation des Terres Fertiles d’ile De France, qui partira le 9 octobre 2021  notamment du Triangle de Gonesse.

« Le 4 décembre 2020, le Président de la République a annoncé l’abandon du projet « EuropaCity » sur les terres agricoles du triangle de Gonesse. Malheureusement, la reprise des travaux de construction d’une gare au milieu des champs de Gonesse, préalable à l’artificialisation d’au moins 110 hectares, a été annoncée début janvier 2021 et malheureusement déjà engagée.

Alors que les experts du climat lancent des cris d’alarme contre les conséquences catastrophiques de l’artificialisation des sols, nous, élus du conseil municipal de St Gratien, commune du Val d’Oise (95210), nous opposons à ce projet inutile et dispendieux, qui annonce la destruction des terres nourricières du Triangle de Gonesse.

Par la même, nous condamnons le recours à la force demandé par le gouvernement et la Présidente de la région à l’encontre des citoyennes et des citoyens décidés à empêcher la construction de cette gare le 23 février dernier.

L’État français a aujourd’hui la possibilité de prendre une décision historique concernant le devenir de ces terres puisque l’établissement public foncier d’Ile de France, qui contrôle aujourd’hui 110 hectares après l’expropriation des agriculteurs, peut s’il le décide y mener un véritable projet d’intérêt général. Il pourrait permettre à la jeunesse francilienne et aux milliers de salarié.es touché.es par la pandémie un accès à des emplois dans les filières d’avenir comme celles de l’alimentation, du recyclage, de la mobilité durable, des énergies renouvelables, de l’écoconstruction et de la rénovation thermique des bâtiments.

Désormais, il appartient au Président de la République et à son gouvernement de faire clairement le bon choix sur ce dossier, de décider d’un acte fort en parfait adéquation avec les accords de Paris signés dans le cadre de la COP21, en prenant les décisions qui s’imposent pour que tout projet d’urbanisation du Triangle de Gonesse soit définitivement abandonné. Une fois cet abandon définitivement acquis, il deviendra alors possible d’imaginer un autre projet alternatif ambitieux pour le Triangle de Gonesse, plus en rapport avec la lutte contre les changements climatiques et pour une agriculture responsable. L’association « COLLECTIF POUR LE TRIANGLE DE GONESSE (CPTG) » (http://carmagonesse.com) œuvre pour la mise en place du projet CARMA (Coopération pour une Ambition agricole, Rurale et Métropolitaine d’Avenir), qui s’appuie sur les perspectives prometteuses de l’agriculture péri-urbaine et de la création d’activités liées à la transition écologique.

Nous, élus du conseil municipal de St-Gratien, souscrivons pleinement à ce projet résolument tourné vers l’avenir et conforme aux nouvelles orientations de la région Ile de France quant au développement de la production agricole de proximité. Nous  appelons à participer à la Marche Pour la Préservation des Terres Fertiles d’ile De France, qui partira le 9 octobre 2021 notamment du Triangle de Gonesse ».

Recul à Gonesse

Triangle de Gonesse : Castex ouvre la voie à l’artificialisation des terres

Article paru dans l’Humanité du vendredi 7 mai 2021, par Marie-Noëlle Bertrand

Le Premier ministre envisage l’extension du marché de Rungis et la réalisation d’une gare du Grand Paris sur les parcelles agricoles anciennement menacées par Europacity. Un recul monumental, dénoncent ceux qui les défendent.

Détruire des terres agricoles périurbaines pour créer un marché des circuits courts ? Absurde, et surtout hypocrite quand la vraie visée n’est pas dans les cageots mais dans les rails, réagissent de nombreux acteurs après la validation par Jean Castex des projets d’aménagement du Triangle de Gonesse, dans le Val d’Oise.

Le Premier ministre a présenté ce vendredi 7 mai son plan d’action économique pour le département. Dix-sept propositions sont posées sur la table, dont trois s’avèrent déterminantes pour l’avenir de la zone anciennement dédiée à accueillir le méga complexe Europacity. Le gouvernement entend désormais y réaliser une partie de l’extension du Marché d’intérêt national (MIN) de Rungis, ainsi qu’une cité scolaire internationale. Il maintient, surtout, son ambition d’y bâtir une gare, perspective qui, depuis plusieurs mois, attise la controverse.

600 hectares de terres arables

Pour rappel, le Triangle de Gonesse couvre une zone de plus de 600 hectares de terres arables. Situées dans le Val d’Oise et en limite de Seine Saint Denis, celles-ci comptent parmi les plus riches de France, agronomiquement parlant, et même d’Europe. En 2006, était néanmoins lancé un vaste projet d’aménagement visant à en urbaniser près de 280 hectares. C’est là que les promoteurs du méga complexe de commerces et de loisirs Europacity prévoyaient de l’enraciner. Afin de le desservir, une gare avait été prévue dans le cadre du Grand Paris Express. L’opposition que les perspectives ont suscitée en a décidé autrement.

En 2019, face à la fronde, Emmanuel Macron avait annoncé l’abandon d’Europacity. Reste à savoir quoi faire de ces terres. La question, désormais, ne concerne plus que les 110 hectares contrôlés par l’État et la région île de France, mais elle n’en reste pas moins électrique. Elle oppose plusieurs mouvements écologistes et partis de gauche, dont la FI et le PCF, à de nombreux élus locaux de la majorité ou du PS. Les premiers revendiquent de saisir l’opportunité que représentent ces terres pour y installer une agriculture biologique, à destination des marchés l’île de France, et continuent de réfuter tout projet d’artificialisation des terres, inclus celui de la gare. Les seconds voient dans la parcelle une opportunité de développer de nouvelles infrastructures pour soutenir la vie économique du département. Inclue la nouvelle gare, donc.

Extension du marché de Rungis

En juillet 2020, le haut fonctionnaire Francis Rol-Tanguy rendait un rapport faisant la part belle au projet agricole. Il est, pour l’heure mis de côté au profit d’un autre rapport, réalisé quant à lui par le préfet du Val-d’Oise, Amaury de Saint-Quentin. Remis au Premier ministre en décembre 2020 celui-ci évoquait le principe d’installer une extension du marché de Rungis. C’est cette option qu’a donc retenue le gouvernement.

Un non-sens, dénonce aujourd’hui le Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG) qui rassemble les défenseurs de la zone. « On voit bien que détruire des terres agricoles pour vendre des produits bio et en circuit court, c’est une idée totalement aberrante », souligne, dans un communiqué, Bernard Loup, son président. L’annonce de Jean Castex ne sert qu’à légitimer la construction de la gare, devenue injustifiable depuis l’abandon d’Europacity, insiste le collectif. Véritable cheval de Troie de l’urbanisation de la zone, sa réalisation offrirait à son tour une justification à de nouveaux projets, alerte le CPTG. « Avec un tel projet, le gouvernement retombe dans les errements du passé », souligne Bernard Loup. « Il perd tout le crédit gagné lors de l’annonce de l’abandon d’EuropaCity en novembre 2019. »

Terres de Gonesse, la ferme maraîchère de la région parisienne

ZAD de Gonesse : soutien et solidarité avec les opposants à la gare de plein champs de la ligne 17

Déclaration du PCF

Ce mardi 23 février les occupants de la ZAD de Gonesse ont été expulsés par les forces de l’ordre.

La vingtaine de personnes présentes sur place, pour la plupart jeunes, a été conduite au commissariat de Pontoise.

Une délégation du PCF, composée de Fabien Gay, sénateur, Didier Mignot, conseiller régional d’Île-de-France et Hervé Bramy, membre de la commission Écologie du PCF, s’était rendue sur la ZAD la veille pour renouveler le soutien du PCF au CPTG (collectif pour le Triangle de Gonesse), à ses membres dont les associations environnementales et, surtout, à Bernard Loup, son président qui a fait l’objet d’une condamnation du tribunal à la demande de Valérie Pécresse, présidente de la Région IDF.

Nous renouvelons également notre soutien et notre solidarité aux occupants pacifiques de la ZAD et nous demandons leur libération.

Décidément, pour la majorité de droite de l’Île-de-France comme pour le gouvernement, le chemin est difficile à parcourir pour affirmer que ces terres doivent entièrement être consacrées à l’activité agricole.

Les terres du Triangle de Gonesse doivent devenir, avec la contribution du projet Carma, la ferme maraîchère de la région parisienne.

Si nous continuons de penser que la ligne 17 doit, plus que jamais, relier Saint-Denis-Pleyel au Mesnil-Amelot, en passant par l’Aéroport Charles de Gaulle nous considérons, cependant, avec détermination, que la construction d’une gare de plein champs est un projet obsolète. En effet, nous refusons toute nouvelle et éventuelle opportunité qui pourrait conduire à une artificialisation et au bétonnage des très riches terres agricoles de cette partie de la région parisienne.

Suite à l’annulation d’Europacity à laquelle le PCF a contribué, nous  appelons toutes celles et tous ceux qui agissent pour une « société d’après » à poursuivre leur mobilisation pour un développement des terres de Gonesse qui fasse utilement et respectueusement le lien entre la nature et les êtres humains.

Deux prochains rendez-vous sont fixés. Vendredi 26 février à 12h30 devant le Tribunal de Pontoise et samedi 27 février à 11h00 au Trocadéro, les communistes franciliens seront présents !

Parti communiste français

La ZAD de Gonesse dans la presse

La ZAD du Triangle de Gonesse n’aura pas duré très longtemps, mais elle laissera assurément des traces.

Ci-dessous, les articles de « Politis » et « l’Humanité » sur son évacuation, et la suite de la bataille des « Terres de Gonesse ».    

 La ZAD de Gonesse expulsée

Vanina Delmas dans Politis

Mardi, au petit matin, les forces de l’ordre ont encerclé le site où les militants s’opposaient à la construction d’une gare en plein champ.

Le week-end avait été festif sur la ZAD du Triangle de Gonesse : 17 jours après l’installation des premières cabanes, les soutiens étaient encore venus écouter le concert improvisé d’une fanfare, participer aux chantiers de construction ou juste discuter. Une jovialité et une ténacité (dont témoignent les photos d’Adrien Chacon ci-dessus) à peine ébranlées par la décision d’expulsion, prononcée par le tribunal de Pontoise (Val-d’Oise). La justice avait été saisie par l’Établissement public foncier d’Île-de-France, propriétaire du terrain occupé.

L’évacuation a eu lieu mardi, au petit matin. Les forces de l’ordre ont encerclé le site sur lequel une trentaine de militant·es s’opposait à la construction d’une gare en plein champ dans le projet plus global de Grand Paris express : des membres du Comité pour le triangle de Gonesse (CPTG), des militants d’Extinction Rebellion et d’autres plus autonomes. À midi ce mardi, 25 personnes étaient en garde à vue.

Si la bataille contre Europacity semble gagnée, cette résistance citoyenne reste vitale pour éviter la bétonisation des dernières terres fertiles de la région, alors que des alternatives existent pour mettre en avant l’agroécologie et l’économie circulaire. L’exemple le plus abouti est le projet Carma (Coopération pour une ambition agricole, rurale et métropolitaine d’avenir). Pour le CPTG, le gouvernement a le choix : « Soit il s’entête à maintenir un projet daté et dépassé, en totale contradiction avec les discours sur la nécessité de stopper l’artificialisation des sols, soit il engage résolument des actions de sauvegarde des terres et de créations d’emplois utiles et non délocalisables. »

Cet article est en accès libre :

http://www.politis.fr/articles/2021/02/la-zad-de-gonesse-expulsee-42858/

Triangle de Gonesse. La lutte contre la gare continue malgré l’évacuation de la ZAD

Lucas Martin-Brodzicki dans l’Humanité

Une vingtaine d’opposants ont été interpellés mardi matin, mettant fin à l’occupation d’un terrain entamée le 7 février. Élus et militants veulent maintenir la pression pour sauver ces terres fertiles du Val-d’Oise.

L’aventure de la « première zone à défendre d’Île-de-France » aura donc duré dix-sept jours. Ce mardi, au petit matin, un important dispositif policier mettait fin à l’occupation d’une friche à proximité des terres agricoles du Triangle de Gonesse, dans le Val-d’Oise. Une évacuation sans heurts ou presque. « J’ai pris quelques coups de bouclier, il y a aussi eu du gaz lacrymogène, mais c’était assez calme », raconte un militant ayant passé la nuit sur place. Lui a pu échapper à l’arrestation, contrairement aux 25 personnes interpellées et emmenées, en bus, au commissariat de Cergy-Pontoise. Bernard Loup, le porte-parole du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG), qui milite depuis des années pour la préservation de ces centaines d’hectares de champs à 15 kilomètres de Paris, a assisté, impuissant, à l’évacuation. « J’ignore quelle sera la prochaine étape. Mais la lutte va continuer, tant que ce projet de gare au milieu des champs ne sera pas enterré », assène-t-il.

Malgré l’abandon, en novembre 2019, du mégacomplexe de centre commercial et de loisirs EuropaCity, la création d’une gare de métro du Grand Paris Express sur le tracé de la ligne 17 est toujours d’actualité. Sa construction entraînerait de fait la bétonnisation des terres agricoles alentours, les premières habitations étant à plus de 1,7 km. Redoutant le début des travaux, des militants environnementaux avaient décidé d’occuper un terrain appartenant à l’établissement public foncier d’Île-de-France. Le tribunal de Pontoise avait ordonné leur évacuation vendredi 19 février.

« Cette question politique n’a pas à se traiter au commissariat »

« Nous rappelons au gouvernement qu’un projet alternatif existe : celui de l’association Carma. Un projet agricole de transition écologique qui permet de sanctuariser ces ter res fertiles et d’amorcer la relocalisation de la production alimentaire », rembraie Bernard Loup. Après de multiples recours juridiques, des manifestations, une ZAD qu’il a accueillie d’un bon œil sans en être à l’origine, lui et ses camarades du CPTG savent que le dénouement ne pourra venir que de l’exécutif. L’opposition de gauche ne s’y est pas trompée, en témoigne la vague de soutien à la suite de l’expulsion.

Éric Piolle, le maire écologiste de Grenoble, l’a exprimé sur place. Invité par le CPTG ce mardi matin sur les lieux, il n’a pu qu’assister à leur évacuation. « L’enjeu est national. Ce projet de gare au milieu des champs n’a pas de sens et symbolise un modèle de développement désuet. Face à cela, une alternative existe pour une alimentation pas importée, pas industrielle. Ce combat a du sens », explique l’édile. La veille, la ZAD avait reçu la visite des communistes, dont le conseiller régional Didier Mignot et le sénateur Fabien Gay. Ce dernier, joint par téléphone, « partage le combat du CPTG contre EuropaCity depuis des années », rappelle-t-il. « Cette gare ne servira à rien. Nous sommes pour la ligne 17, mais avec un autre tracé. Il faut désenclaver ce territoire avec un projet qui réponde réellement aux besoins des populations locales. » Le sénateur réclame un débat apaisé et démocratique sur l’avenir des terres agricoles du Triangle de Gonesse. « Au lieu de cela, on envoie les forces de l’ordre », regrette-t-il. Dans la journée, certains sympathisants se sont rendus au commissariat de Cergy-Pontoise afin de montrer leur solidarité avec les gardés à vue. Entre autres Clémentine Autain (la France insoumise), qui en a profité pour installer, à quelques mois des élections régionales, son duel avec l’actuelle présidente d’Île-de-France, Valérie Pécresse (Libres !) : « (Elle) a saisi les tribunaux au lieu d’assumer le débat démocratique nécessaire sur le Triangle de Gonesse. C’est une question politique qui n’a pas à se traiter au commissariat. Je demande un débat public. » Le CPTG appelle à un nouveau rassemblement ce vendredi 26 février devant la préfecture du Val-d’Oise. Une autre manifestation pourrait se tenir le lendemain, au Trocadéro.

https://www.humanite.fr/triangle-de-gonesse-la-lutte-contre-la-gare-continue-malgre-levacuation-de-la-zad-700490

Triangle de Gonesse, le défi environnemental

Déclaration de soutien aux militantes et militants occupant le site de la future gare du Triangle de Gonesse

Le 19 février dernier, le tribunal de grande instance de Pontoise s’est prononcé en faveur de l’expulsion des militantes et militants occupant le site de la future gare du Triangle de Gonesse sur la Ligne 17 du Grand Paris Express. Le tribunal a assorti sa condamnation d’une astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la signification du jugement. (évacuation de la ZAD ce 23 février par la police, ndlr)

Bien que je prenne acte de ce verdict, le projet de la gare de Gonesse constitue un recul inquiétant pour la cause environnementale. Ce recours en justice, initié par la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, est le révélateur du manque d’ambition de l’exécutif régional face aux défis environnementaux.

Si l’arrivée de la Ligne 17 représente une avancée majeure pour la Seine-Saint-Denis et le Val d’Oise en désenclavant certains territoires, cela ne doit pas se faire au détriment de terres agricoles, ni d’espaces verts si importants pour notre région. De fait, l’abandon du projet du méga complexe « EuropaCity » en 2019 aurait dû entrainer l’arrêt de sa gare attenante. En effet, la création de cette gare, en lieu et place de parcelles nourricières, a été validée alors qu’aucun nouveau projet n’a été arrêté. Ce choix démontre la volonté de l’exécutif régional de faire de ces parcelles agricoles un énième lieu de spéculation foncière.

La bétonisation de ces espaces fertiles n’est pas acceptable ! Ce projet va à l’encontre de la ville durable que nous appelons de nos vœux. Parce que le changement climatique n’est plus à démontrer, les villes doivent s’inscrire dans des stratégies d’aménagement durables tout en préservant l’environnement.

En ce sens, j’apporte tout mon soutien aux militantes et aux militants qui luttent pour la préservation des terres agricoles et pour l’abandon de la gare du Triangle de Gonesse.

Marie Georges Buffet, Députée de Seine Saint Denis

Triangle de Gonesse, pourquoi s’entêter ?

Les zadistes de Gonesse ont-ils raison de s’opposer à une gare en plein champ ?

Oui, répond l’urbaniste Jacqueline Lorthiois : au moment où le trafic aérien et l’immobilier de bureau s’effondrent, il est absurde de s’entêter à urbaniser le Triangle de Gonesse (Val-d’Oise), en détruisant au passage d’excellentes terres agricoles.

Par Jacqueline Lorthiois, urbaniste, socioéconomiste et cofondatrice du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG). Tribune parue dans l’Obs.

Dimanche, une ZAD (zone à défendre) a été créée sur le Triangle de Gonesse, vaste zone agricole située à l’ouest de Roissy, dans le Val-d’Oise. Les zadistes s’opposent à la construction d’une gare en plein champ, ne desservant aucune habitation et dont la seule utilité sera d’amorcer l’urbanisation de ces terres pourtant connues pour être particulièrement fertiles.

Devant l’entêtement des élus locaux et de la Société du Grand Paris (SGP), face aux atermoiements de la justice et au silence du gouvernement, un certain nombre de militants ont décidé d’occuper le site. Et voici pourquoi, selon nous, ils ont raison de vouloir stopper la stratégie d’aménagement à l’œuvre sur ce territoire.

  1. L’obsession des grands aménagements

Le bassin de Roissy est un cas d’école. Depuis les années 1970, les acteurs locaux poursuivent l’objectif obsessionnel d’y attirer force activités et équipements, promettant des retombées d’emplois et de richesses économiques mirifiques. Encore aujourd’hui, sont projetés deux « grands projets inutiles ». D’une part, sur le Triangle de Gonesse, la création d’une zone d’aménagement concertée (ZAC) de 280 hectares couplée à une gare de la ligne 17 Nord, prévue par le Grand Paris. Et d’autre part, un nouveau terminal T4 de l’aéroport de Roissy, censé passer de 70 à 120 millions de passagers par an.

La fièvre bâtisseuse dont le Triangle de Gonesse est l’objet est d’autant plus paradoxale que le site – coincé entre les aéroports du Bourget et de Roissy – est interdit à l’habitat. Cet obstacle majeur n’a pas découragé les élus, en vingt ans, de postuler pour les candidatures les plus extravagantes : Stade de France, Roland-Garros, circuit de Formule 1, technopôle, EuropaCity, gare et ligne du Grand Paris Express, Exposition universelle… Et dernière lubie : démarrer une zone d’activités de 100 hectares agrémentée d’une gare de métro en plein champ, alors que le pôle de Roissy est à l’arrêt à 75 % et que la demande de l’immobilier d’entreprises s’est effondrée.

  1. Des grands projets inutiles aux habitants

A chaque fois, élus, aménageurs et promoteurs font miroiter de juteuses retombées économiques, reposant sur des estimations hasardeuses. Dès 1974 à l’ouverture de l’aéroport, les communes du Val-d’Oise se sont lancées dans une course éperdue à la bétonisation, pour bénéficier de la prétendue « manne des emplois » engendrés par le dynamisme présumé du pôle. Mais les promesses n’ont jamais été tenues. Roissy en 1975 comptabilisait 18 000 emplois, au lieu des 70 000 escomptés ; en 2013, le centre commercial Aéroville situé sur la plateforme n’a créé que 1 600 postes contre 2 700 annoncés. Et lors du débat public de 2016, la direction d’EuropaCity a dû réviser de moitié les effectifs prétendus : parti de 24 400, le nombre des créations d’emplois a peu à peu fondu et, en intégrant les postes supprimés ailleurs, le solde net oscillait dans une fourchette allant de 500 à 8 100 emplois.

Mais l’essentiel est ailleurs : même si les activités implantées créent en effet un certain nombre de postes, ceux-ci bénéficient très faiblement à la main-d’œuvre locale. L’exemple de l’aéroport de Roissy en apporte la preuve flagrante : seuls 6,2 % des actifs de son bassin y travaillent. En revanche, le site recrute sur une aire gigantesque, qui comprend toute l’Ile-de-France, mais aussi l’Oise et l’Aisne. En réalité, le pôle de Roissy ne sera jamais attractif pour son bassin de proximité : l’ultra-spécialisation de ses activités ne génère qu’une palette très étroite de professions et métiers (300 à 500 sur la plateforme, contre 10 000 répertoriés en France). Les habitants des environs de Roissy ne peuvent pas devenir tous contrôleurs du ciel. De plus, ces filières (transport aérien, commerce international, tourisme) sont très dépendantes de la conjoncture extérieure, dont on découvre la fragilité avec la pandémie.

  1. La surenchère misérabiliste des élus et acteurs économiques

Depuis des décennies, les décideurs locaux dramatisent la situation sociale du territoire pour justifier leur volonté aveugle d’urbaniser, allant jusqu’à gonfler les statistiques du chômage. En témoigne un communiqué de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) Paris Ile-de-France paru cet automne : « Le taux de chômage du Grand Roissy monte jusqu’à 30 %. » C’est faux ! L’Insee indique un taux de chômage de 17,8 % (moyenne nationale : 13,6 %). Même constat dans une tribune des acteurs économiques du Val-d’Oise : « Un taux de chômage chez les jeunes avoisinant les 40 % dans certains quartiers. » Faux encore : l’Insee comptabilise pour l’agglomération Roissy-Pays de France 48 144 habitants de 15 à 24 ans, dont 5 960 chômeurs, soit 12,3 % de la population jeune. Taux à peine supérieur dans un quartier très sensible de Villiers-le-Bel : 899 habitants de 15-24 ans, dont 122 chômeurs, soit 13,5 % de la population jeune.

  1. Prendre ses distances avec les pompiers pyromanes

Dans le bassin de Roissy, la perte de qualité urbaine agit comme un repoussoir des classes moyennes. BruitParif a démontré que la pollution sonore faisait perdre 28 mois de vie en bonne santé à un million de riverains. L’accumulation désordonnée de zones d’activités, les réseaux de transports saturés, les nuisances des deux aéroports… ont segmenté le territoire et accéléré la disparition d’espaces de nature. Avec un tel cadre de vie, seules les populations modestes restent là, par défaut. Dès qu’elles grimpent dans l’échelle sociale, elles fuient l’hostilité du site, aussitôt remplacées par de nouveaux arrivants en galère.

Sacrifier les populations locales, au nom d’une attractivité illusoire du territoire est une impasse écologique, socio-économique et bien entendu politique. On voudrait nous faire croire que la pauvreté du bassin justifie l’urbanisation, alors que c’est elle qui a engendré l’appauvrissement dont le territoire ne parvient plus à sortir. Quelle légitimité possèdent les bétonneurs, pleurant misère auprès des pouvoirs publics et réclamant les « milliards » d’investissements et les milliers d’emplois auxquels le Bassin aurait droit ? Comment confier l’avenir des populations locales à de tels pompiers pyromanes ?

  1. S’affranchir des stratégies territoriales « dépassées »

En annonçant l’abandon d’EuropaCity, Emmanuel Macron avait parlé d’un projet « daté » et « dépassé » : il parlait d’or ! De plus en plus s’exprime dans la société civile le rejet grandissant d’une politique territoriale descendante, remplissant progressivement tous les espaces de respiration d’une agglomération tentaculaire. La crise brutale que nous traversons a ringardisé les recettes quantitatives de « la vie d’avant » et leurs porteurs. A Roissy, la zone aéroportuaire est frappée de léthargie, les chantiers des centres d’affaires (International Center, Roissy Tech, Aérolians) sont en suspens et les avions cloués au sol. Il est urgent de mettre à profit ce temps d’arrêt pour inventer les alternatives de « la vie d’après ». Les activités riches en emplois doivent être au cœur des villes, là où sont les habitants. Il faut y reconstituer un tissu vivant d’artisanat et petits commerces, de services aux populations et d’emplois publics et associatifs. Seule la restauration du cadre de vie peut générer chez les résidents un sentiment d’appartenance à une « communauté de destin », qui permette de recréer des liens sociaux et de rebâtir une économie locale prospère.

Quant à la galère des transports, à quoi bon rajouter une offre supplémentaire ? Un nouveau métro ne peut servir d’alibi à une stratégie régionale inégalitaire qui concentre les richesses économiques sur quelques pôles et déplace les « premiers de corvée ». Qu’est-ce qui justifie qu’un actif de Villiers-le-Bel passe l’équivalent de sept ans de travail supplémentaire en temps perdu dans les bus et RER ? Vivre, travailler, se détendre « au pays », dans son bassin de proximité n’est pas un slogan réservé aux paysans du Larzac. Le meilleur transport est celui qu’on évite.

  1. Recoudre le beau « Pays de France »

Il s’agit d’une région naturelle constituée de terres d’une richesse agricole exceptionnelle. Historiquement, c’est la fonction nourricière de ce territoire qui a permis au modeste roi de France d’étendre sa puissance. C’est ainsi que le petit Pays de France a donné son nom à la nation : un tel patrimoine national doit être préservé. Aujourd’hui, le constat est sévère : l’Ile-de-France ne produit que quelques pourcents de son alimentation. Je propose d’inverser la question habituelle des aménageurs. Au lieu de « Quel projet d’urbanisation pour le Triangle de Gonesse ? », mieux vaudrait « Où localiser la fonction alimentaire de l’Ile-de-France ? » Réponse sans appel : « Evidemment sur les meilleures terres » ! Malheureusement, l’organisation de l’espace dépend de schémas d’urbanisme et autres PLU… orchestrés par des organismes – le plus souvent publics, censés porter l’intérêt général – dont les budgets reposent sur la spéculation foncière, dans un contexte où l’hectare d’un limon millénaire vaut moins cher que l’hectare de friche industrielle.

Faire de l’aéroport de Roissy – l’équipement le plus nuisant d’Ile-de-France après le boulevard périphérique – le moteur du développement du Pays de France est un non-sens. Quelle signification du concept de « Grand Roissy », qui rattache 711 000 habitants à Roissy-en-France (2 900 âmes) ? Il faut saisir l’occasion de la crise du transport aérien pour reconstituer un projet interdépartemental, recousant les trois morceaux artificiellement segmentés de l’Est-95, de l’agglomération de Terres d’envol (93) et du nord-ouest seine-et-marnais.

  1. Valoriser les terres agricoles

Au sein d’un « bassin du Pays de France » reconfiguré, il existe un site privilégié – le Triangle de Gonesse – qui doit à son enclavement d’avoir été préservé. Peu propice à l’occupation humaine, il est au contraire très habité par des milliers d’espèces végétales et animales, qui ne demandent qu’à y prospérer. Le projet agri-urbain Carma est candidat pour valoriser ces terres agricoles, réduire notre dépendance alimentaire, piéger le carbone, préserver la biodiversité et protéger nos paysages. Son démarrage rapide sur le Triangle pourrait constituer un levier pour repenser les pratiques agricoles d’Ile-de-France. Mais il faut que l’Etat, après l’abandon d’EuropaCity, prenne la décision qui s’impose, assurant les conditions d’éclosion d’un Grand Projet Utile de Territoire, qui réconcilie petite et grande couronne, ville et campagne, emploi et habitat.