Conseil municipal houleux à Saint Gratien ce jeudi 4 avril 2019. Il devient difficile de nous y faire entendre, entre les désapprobations très bruyantes des conseillers de la majorité pendant nos interventions, ou les injonctions du maire voulant nous restreindre à de simples questions, ou ses interruptions quand il estime que nous ne devons pas faire de propositions en Conseil municipal ! Le tout avec un micro défectueux. Une vraie bataille, donc, pour faire entendre une voix alternative. Heureusement, nous sommes tenaces.
Ci-dessous les principaux échanges, quoique le terme n’est pas très approprié pour ce qui est des débats du Conseil.
Vote des taux d’imposition de la commune. Nous votons contre pour les raisons suivantes.
Il y a différentes façons d’augmenter les impôts : on peut supprimer les divers abattements, fixer au maximum la taxe sur l’électricité, augmenter les taux de la communauté d’agglomération (CA Plaine Vallée : +5% en 2018), ou ceux du département (+30% en 2016), ou bien encore augmenter fortement les taux en milieu de mandat pour se féliciter ensuite de ne pas le faire les années suivantes… Ce sont tous ces leviers que la majorité a bien utilisés ces dernières années. Notamment en 2017, les taux ont grimpé de +6% à St G. Les bases aussi sont élevées : tout ceci fait qu’à St Gratien, les impôts locaux sont très lourds pour de nombreux Gratiennois, nous le savons.
Nous nous doutions bien qu’en cette dernière année avant élections… il aurait été étonnant que les taux augmentent.
L’impôt, ce n’est pas diabolique. « Le prix à payer pour une société civilisée »… Encore faut-il que l’impôt soit juste et que les contribuables sachent à quoi il est employé. Et tout le monde reconnait que la taxe d’habitation est un impôt très injuste.
Dans ces temps de disette budgétaire, à cause notamment de la baisse des dotations d’État, comment faire aussi bien avec beaucoup moins de recettes ? Si, de plus, la recette essentielle pour la commune que sont les impôts reste stable, on sait bien que cela signifie moins d’argent pour les travaux et les services publics locaux, pour les investissements (300€/habitant à St Gratien contre 488€ pour les communes de la strate ; chiffres 2017). Cela entraînera aussi la recherche d’autres financements : l’augmentation annuelle immuable des tarifs des prestations périscolaires, votée dans ce même Conseil. Pas de pitié pour l’usager des services, lourdement taxé, nous le verrons par la suite dans ce Conseil.
Nous votons contre puisque bien évidemment cette fixation des taux est dépendante du vote du budget, que nous n’avons pas approuvé. D’ailleurs, on devrait voter les taux en même temps que le budget.
Si à terme, tout le monde est exonéré de taxe d’habitation, combien de temps encore allons-nous voter des taux ? Combien de foyers paient encore la taxe d’habitation ? Comment se fait la compensation ? Autant de questions qui restent pour le moment en suspens. La ville attend une réponse des services fiscaux.
Le débat sur cette question est rapidement expédié, le maire-adjoint aux finances se contentant de se féliciter de n’avoir augmenté les taux que deux fois en 25 ans, sans répondre à la première partie de notre intervention sur les moyens plus discrets de le faire tout en se vantant d’épargner le contribuable. Un impôt juste, ce serait rétablir des abattements pour une réelle progressivité. La ville a clairement fait un autre choix. Elle a dû il y a deux ans augmenter les taux pour éponger le surcoût des emprunts toxiques. Tollé dans l’assemblée quand nous le rappelons ! Mais c’est bien la Chambre régionale des comptes elle-même, qui dans son rapport pointait le fait que ce coût » pèserait durablement sur les finances de la ville », et que la « décision d’augmenter les taux de +6% en 2017 faisait partie des actions susceptibles de lui permettre de retrouver des marges de manœuvres en matière financière ». De dangereux gauchistes, eux aussi, les conseillers de la CRC ?
Le maire, selon sa formule favorite « je ne peux pas vous laisser dire ça » nous affirme avoir prouvé le contraire à maintes reprises. C’est faux, aucun Conseil n’ayant jamais entendu de bilan précis du coût de ces emprunts toxiques.
Quant à la principale responsable du fiasco toxique, à savoir la maire de l‘époque qui a contracté ces prêts sans avis de son Conseil municipal, elle restera muette. Comme on la comprend.
À suivre…
Photo : parc urbain




« Dans notre commune, nous avons mis à disposition des formulaires de doléances et proposé un débat », nous rappelle-t-il. Double erreur. Au Conseil municipal de décembre, interrogé par nos soins sur la forme que pourraient prendre dans notre ville les « cahiers de doléances », le maire répondait que rien de plus que les « feuillets en accès libre aux horaires d’ouverture de la mairie », déjà existants, ne serait mis en place. Il indiquait également n’avoir reçu aucun courrier du gouvernement pour organiser une « consultation citoyenne ». On sentait déjà une furieuse envie d’y participer. Fin janvier, nous avons fait savoir au maire que nous organiserions une soirée-débat si la ville ne prévoyait pas de le faire. Trois semaines ont passé pour qu’enfin le maire nous informe que ce « grand débat » aurait bien lieu, sous la houlette d’un animateur indépendant. C’est donc bel et bien poussé par son opposition que le maire s’est engagé dans la tenue d’un débat. Au passage, peut-être que l’ « animation » en question, c’est-à-dire le rappel de quelques règles élémentaires de débat en début de réunion, et la circulation du micro pendant la séance, aurait pu être à la portée d’un maire. Mais visiblement le nôtre n’avait pas du tout envie de se mouiller dans cette histoire. Alors que les villes voisines se prêtaient à l’exercice avec davantage de conviction et tenaient plusieurs séances d’échanges, ou des séances thématiques en direction d’un public ciblé (les jeunes, par exemple !), à Saint Gratien le « grand débat national » a été réduit à sa plus simple expression. Comment faire en sorte qu’une initiative que vous ne souhaitez pas, fasse « flop » ? C’est assez simple. Faites le minimum de publicité. Un onglet confidentiel sur le site de la ville, qui a déjà servi pour annoncer que les « feuillets en accès libre » à l’accueil de la mairie se sont miraculeusement transformés en « cahiers de doléances ». Peu probable donc que les personnes qui ont déjà cliqué là, le refassent pour voir si quelque chose a évolué… Faites placer, sur à peine un quart des panneaux de la ville, quelques affichettes au format le plus réduit possible. Choisissez la date la moins propice possible à la participation, par exemple un lundi soir de retour de vacances scolaires, et un horaire qui empêche tout salarié d’être présent, par exemple 19h30, terminez par une amplitude horaire minimale, c’est-à-dire deux heures. Lancez une consigne de boycott de la réunion parmi vos amis, ce qui fait qu’aucun élu de la majorité sur les 31 n’assistera à la séance, sauf un courageux qui a passé outre. Faites toutefois vous-même une courte apparition en début de séance pour qu’on ne vous reproche pas de vous être totalement désintéressé de l’affaire.
Voici la tribune de notre groupe municipal « Saint Gratien solidaire et citoyen », à paraître dans le magazine de la ville de mars/avril 2019.
Hélas ! C’est surtout le bouche à oreilles qui a fonctionné en ville pour faire connaître cette initiative car force est de constater que la communication municipale a été fort insuffisante : une affichette confidentielle sur quelques panneaux d’information en ville, deux lignes cachées derrière un modeste onglet sur le site de la ville, pas d’annonce sur la page Facebook de Saint Gratien. Est-ce là une réticence à s’engager dans le débat ? Hésitation à entrer dans un dispositif trop audacieux et trop éloigné des traditionnels jeux de questions/réponses des réunions de quartier ? La même frilosité, pour ne pas dire plus, qu’en Conseil municipal où les débats sont rapidement évacués ? Volonté affirmée de ne pas contribuer à un processus initié par la majorité présidentielle ? Le fait est que si les quatre élus minoritaires du Conseil étaient tous présents, un seul, sur les 31 élus de la majorité, a participé au débat… Une telle absence massive ne peut être que délibérée. Pour ma part, je le regrette : les occasions d’échanger ne sont pas si fréquentes dans notre ville, pour ne pas dire inexistantes. Et les participants à la réunion des Raguenets sont sortis plutôt satisfaits de leur soirée. Sans nous faire trop d’illusions sur les retombées nationales du grand débat, les possibilités de rencontres entre citoyens ne sont jamais à négliger. Notre participation visait à écouter, plus qu’à avancer nos propositions, car nous ne confondons pas grand débat et réunion du Front de Gauche. Cela ne nous a pas empêché d’intervenir, comme tout citoyen présent ce soir-là.

