Face à la crise énergétique, des moyens pour les collectivités !

Les collectivités locales sont face à une hausse des prix de l’énergie insupportable pour leur budget.

Pour la ville de Saint Gratien, la facture de gaz et d’électricité a augmenté de + 35% en un an.

Et en 2023 ?

Faudra-t-il réduire les services aux habitants ? Augmenter lourdement le prix de ces services, les tarifs de cantine ? La taxe  foncière ? Reporter des travaux ?

Nous nous y refusons.

Les premiers concernés sont les habitants ! Adressez-vous avec nous au gouvernement !

Face à la crise énergétique, nous demandons pour nos collectivités :

  • L’instauration d’un bouclier tarifaire pour limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur les collectivités : fond de compensation et TVA réduite sur la facture énergétique
  • L’accès des collectivités aux tarifs réglementés du gaz et de l’électricité, au lieu d’être soumises aux prix du marché, et le blocage de ces prix
  • Le développement des aides aux communes pour la rénovation énergétique
  • L’indexation de la dotation de fonctionnement (DGF) sur l’inflation
  • Une contribution exceptionnelle sur les superprofits des multinationales de l’énergie

Signez ICI

Les signatures seront adressées au Préfet du Val d’Oise.

Campagne de pétition à l’initiative des élus du groupe municipal « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »  

 

Tribune de novembre

Notre tribune municipale de novembre 2022 alerte sur les difficultés des collectivités suite à la hausse explosive des coûts de l’énergie.

Qui va payer, quelles conséquences sur les politiques locales, sur les services aux habitant.e.s ? 

Notre texte est à lire ci-dessous, et une pétition sera à signer très prochainement pour demander à l’État les mesures indispensables à la survie des services publics locaux.

Tribune libre des élus « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »

Magazine municipal de novembre 2022

Les communes sont face à une hausse des prix de l’énergie insupportable pour leur budget.

La facture énergétique de la ville augmente de + 35% en 2022. Et en 2023 ?

Faut-il réduire les services aux habitants ? Augmenter lourdement les tarifs de ces services, le prix de la cantine ? La taxe foncière ?

Nous nous y refusons.

Cela a été le sens de notre démarche auprès des 2 autres groupes d’opposition pour faire voter au dernier Conseil municipal une motion au gouvernement demandant :

  • L’instauration d’un bouclier tarifaire pour limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur les collectivités : fond de compensation et TVA réduite sur la facture énergétique
  • L’accès des collectivités aux tarifs réglementés du gaz et de l’électricité, au lieu d’être soumises aux prix du marché ; blocage de ces prix
  • Le développement des aides aux communes pour la rénovation énergétique
  • L’indexation de la dotation de fonctionnement (DGF) sur l’inflation
  • Une contribution exceptionnelle sur les superprofits des multinationales de l’énergie

Les habitants sont les premiers concernés par la crise énergétique et les menaces qu’elle fait peser sur les services publics locaux. Nous vous proposons une carte pétition, à retrouver sur nos sites. 

I. Volat, S. Bauer

FB : saintgratiensolidaireecologiqueetcitoyen

Blog : isabellevolat.fr

Six minutes

La suite des échanges sur les orientations budgétaires au Conseil municipal du 17 novembre 2022 à Saint Gratien

Éclairage public

Nous nous interrogeons et interrogeons le maire depuis des mois sur une mesure d’extinction de l’éclairage public. De nombreuses communes y ont recours. L’éclairage n’est pas une dépense modeste ! Cela représente plus de 30% de la facture d’électricité : 220 000€ fin 2022 ! Combien en 2023 ? L’argument que nous oppose le maire est que l’obscurité dans nos rues entraînerait une hausse de la délinquance. Mais aucune étude ne le montre dans les villes qui ont éteint leurs lampadaires. Une ville dans le noir complet renforcerait le « sentiment » d’insécurité, selon le maire. Mais le sentiment n’est pas la réalité. Il n’y a quasiment personne dans nos rues gratiennoises entre 1h et 5h du matin. Tout est fermé, bars, restaurants, ciné, gare… Le maire annonce procéder à une baisse de l’intensité lumineuse, ce qui est bien la preuve qu’il y a là des économies à rechercher ! Pourquoi ne pas aller plus loin ? Surtout que très peu de LED sont installées puisqu’il y a aujourd’hui à Saint Gratien moins de 5% des lampadaires équipés. C’est une réflexion à engager, avec peut-être des mesures différentes selon les rues ? Une mesure aussi très écologique puisque l’éclairage est très nuisible à biodiversité. C’est un aspect à ne pas négliger.

Une estimation des économies générées par une extinction partielle a-t-elle été réalisée par la ville ?  Pas de réponse du maire sur ce point.  

Le document d’orientations budgétaires évoque les travaux  2023. Mais avec bien peu d’infos comme d’habitude. Travaux dans les écoles, lesquels ? Dans les équipements sportifs, lesquels ? En matière de développement durable, c’est quoi ? Acquisitions foncières, dans quel but ?

Nous alertons sur l’état du centre de loisirs Fossiez et du centre culturel du Parc. Ce sont deux équipements qui ont grand besoin de rénovation.

Quant aux rénovations de voirie, nous considérons que dans aucune rue, il n’y a d’urgence. La ville y a consacré un budget important ces dernières années, et peut faire une pause dans ce domaine.

Subventions : la ville se vante de leur «  maintien ». Mais  quand il y a plus de 6% d’inflation, c’est de la régression !

Nous soulignons en particulier que la subvention du CCAS est inchangée depuis tant d’années ! Cela signifie une action sociale au point mort. Or toutes les associations caritatives – le rapport 2022 du Secours catholique sur la pauvreté sortait le jour même du Conseil municipal-  tirent la sonnette d’alarme car de nombreuses familles vont être incapables de faire face à une inflation de +6% quand elles sont déjà à quelques euros près. 

Investissements en matière de développement durable   

Il faut passer à la vitesse supérieure ! Panneaux photovoltaïques, isolation des bâtiments, géothermie… il faut développer toutes ces mesures qui apporteront des économies dans la consommation d’énergie et sont bonnes pour notre environnement. Avec un peu d’audace…

Le maire considère à cet instant que mon intervention a assez duré et que les six minutes que nous accorde le règlement intérieur du Conseil sont dépassées. Outre qu’aucun sablier ne décompte le temps en salle des mariages, cette limitation du temps de parole d’un élu a toujours été reconnue comme contraire à la loi par la jurisprudence. D’ailleurs, lorsque nous avions soulevé ce point lors du vote du règlement en juin 2020, la réponse -étonnante- du maire avait été que jamais il n’appliquait cette mesure et ne nous coupait la parole…

Voilà ce que j’aurais déclaré ensuite si mon micro n’avait pas été coupé…

Comment faire face à cette augmentation de l’énergie qui entraîne +11,8% des charges générales ? Sauf à peser lourdement sur les habitants : hausses de tarifs, d’impôts, services revus à la baisse…travaux reportés.  

Comment faire face sans demander des mesures à l’État ?

L’État qui est responsable de la catastrophe en ayant « libéralisé » le marché de l’énergie avec le succès que l’on voit ! L’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie a apporté une hausse continue des prix tant pour les particuliers que pour les collectivités. Aussi, nous devons réclamer un bouclier tarifaire avec un fond de compensation pour faire face à l’urgence de la crise énergétique ; une TVA réduite sur l’énergie ; le bénéfice pour les collectivités des tarifs réglementés et leur blocage ; des aides aux communes pour la rénovation énergétique ; une DGF indexée sur l’inflation ; une contribution exceptionnelle sur les profits des multinationales de l‘énergie. C’est le sens de la motion que nous souhaitions proposer au vote des élus gratiennois. Le maire refusera de la présenter, comme expliqué dans un précédent article.

Différentes associations d’élus de tous bords avancent ces demandes.

« L’État ne peut s’exonérer de toute responsabilité. Certes, quelques avancées ont été proposées, comme le fameux « filet de sécurité », d’une rare complexité, et qui ne concernera qu’un nombre limité de communes.

La demande légitime et unanime des maires, à savoir l’indexation de la dotation globale de fonctionnement sur l’inflation, a été ignorée, alors même que les recettes fiscales de l’État progressent fortement grâce à cette même inflation (produit de la TVA) et à l’impôt sur les sociétés lié aux profits record des grandes entreprises. » Ces propos sont de Philippe Laurent, vice-président de l’AMF et maire de Sceaux, qui n’est pas un dangereux gauchiste…

Autre point de crispation : le contrôle des dépenses des collectivités par l’exécutif. Ce sont les fameux « contrats de confiance » qui limiteraient les dépenses des collectivités. C’est une atteinte à la libre administration, une recentralisation autoritaire.

À suivre… la suite de nos interventions budgétaires, car heureusement, nous sommes deux élus !    

Au Conseil de novembre….

La suite de notre compte-rendu du Conseil municipal de Saint Gratien, séance du 17 novembre 2022

Le Conseil vote le procès-verbal de la séance de septembre. Éternel débat : nos  interventions sont soigneusement expurgées des PV. Aujourd’hui le dossier« Indigo », hier les chiffres de la cantine.

Nous ne remettons nullement en cause le travail de rédaction des services, comme nous en accuse le maire, mais la relecture politique qui en est ensuite faite.

Seule solution : le PV « intégral » comme le pratiquent certaines communes, où les débats sont retranscrits dans leur intégralité, ou la retransmission en ligne des séances. La plupart des communes y ont aujourd’hui recours, c’est bon pour l’information des habitant.e.s, premier.ère.s intéressé.e.s par les décisions prises par les élu.e.s !  En septembre, nous avions relevé le fiasco du contrat liant la ville à la société « Indigo » pour le stationnement payant : pas de rapports techniques et financiers d’activité remis à la ville dans les six dernières années comme le stipulait le contrat, pas de mise en demeure de la ville suite à ces manquements, pas de pénalités financières de la part de la ville comme cela aurait dû être le cas. Nous l’avons rappelé en septembre, mais cela n’apparaît pas au PV… Il vaut mieux que les Gratiennois.e.s ignorent ces cafouillages, et la mauvaise gestion de ce dossier !

Le point principal de cette séance est, comme traditionnellement en ce mois de novembre, le débat sur les orientations budgétaires. Un exercice évidemment très compliqué cette année par la situation des collectivités, confrontées à une envolée sans précédent des prix, notamment de l’énergie. Depuis septembre, nous interrogeons la ville sur les éventuelles mesures qu’elle sera amenée à prendre dans ce contexte, et nous avançons propositions et réflexions. Or, étonnamment, le rapport sur les orientations budgétaires 2023 ressemble fort à celui de 2022… pourtant, la situation est bien différente.

Voici l’essentiel de nos interventions sur ce sujet, ou du moins ce que le maire, dans sa grande bonté, a bien voulu nous laisser dire ! Car il argue à chaque fois d’une prétendue limitation de notre temps de parole qui serait inscrite dans le règlement intérieur du Conseil.

Personnel : bien que la ville nous vante une « stabilité des effectifs » nous constatons quand même une diminution de 12 postes de titulaires. Ce n’est pas anodin, d’ailleurs l’adjoint aux finances reconnaîtra au cours du débat qu’il n’est pas impossible que la commune soit contrainte de diminuer le nombre de ses employés.

Cantine : nous sommes prévenus, il est à prévoir une « revalorisation des tarifs des repas scolaires due à une forte augmentation des matières premières du marché »

Nous avons déjà alerté à plusieurs reprises sur le niveau des prix de la cantine à St Gratien. Les tarifs sont déjà très hauts suite aux augmentations récurrentes et supérieures à l’inflation que nous avons connues ces dernières années. Ces tarifs sont parmi les plus chers du 95, voire les plus chers. Nous avons comparé les tarifs de St Gratien à ceux de 40 autres villes du Val d’Oise : Saint Gratien est plus cher de 11% sur le tarif le plus bas et de 57% sur le tarif le plus haut, et ceci avant les augmentations de septembre 2022. Cette étude a été publiée sur ce blog. Une famille au tarif minimum paie 75€ mensuels pour deux enfants à la cantine tous les jours, et une famille au tarif maximum paie 265€ mensuels. Cela seulement pour la cantine sans parler des accueils pré et post scolaires, du centre de loisirs…On imagine difficilement encore des augmentations importantes, sauf à mettre nombre de familles en grande difficulté. Je souligne souhaiter que les chiffres cités soient repris au PV, la dernière fois ils en avaient opportunément disparu !

Le contrat passé avec la société Sogérès comprend bien évidemment une clause d’ajustement des prix en fonction de l’inflation. À quoi faut-il donc s’attendre ? + 3 ou +12% ? Nous n’aurons pas de réponse sur cette question, la ville nous renvoyant à une négociation à venir avec le prestataire.  

Nous soutenons l’idée d’une cuisine centrale comme elle existait à St Gratien avant d’être supprimée par la majorité et comme elle existe encore dans de nombreuses communes qui ont décidé de se passer des entreprises de restauration collective. Nous suggérons l’idée d’engager une réflexion au niveau de Plaine Vallée.

Taxe foncière : on a tous compris qu’elle allait augmenter, la seule question est de combien, et certainement la majorité le sait, à un mois du vote du budget et alors que les recettes fiscales représentent 57% des recettes de fonctionnement.  

À suivre…

Photos : les fresques de la salle des mariages, réalisées en 1943 sous la direction d’Ivan Bottiau et récemment rénovées

Deux motions pour un Conseil   

Événement dans la vie politique locale à Saint Gratien.

C’est la première fois qu’une proposition de motion commune est déposée  conjointement au Conseil municipal par les trois groupes de la minorité.

« Vivons Saint Gratien » (Modem), « Saint Gratien Cap 20-26 » (PS) et « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen », notre liste citoyenne, ont proposé au vote des élus un texte alertant le gouvernement sur les difficultés des communes face à la crise énergétique.

Bouclier tarifaire, DGF indexée sur l’inflation, accès aux tarifs réglementés du gaz et de l’électricité, blocage de ces prix, aides aux communes pour leur rénovation énergétique, taxe sur les superprofits des multinationales de l’énergie : voici les principales demandes des groupes de l’opposition municipale. (texte complet en fin d’article)

Le maire allait-il mettre cette motion aux voix lors du Conseil ?

Surprise : à l’arrivée en salle des mariages, nous apercevons notre texte déposé devant chaque élu.e. Il est accompagné d’un deuxième texte de motion, qui nous est soumis par la majorité municipale.

Les deux textes vont-ils être tous les deux mis au vote ? Un compromis sera-t-il possible puisque les revendications des deux motions sont proches ?

Le suspense ne dure pas. Lors de l’annonce de l’ordre du jour, le maire n’évoque que la motion de la majorité, présentée comme étant celle de l’Association des Maires de France, l’AMF (votée d’après lui dans toutes les communes de France, ce qui est bien sûr inexact) et il réaffirme sa prérogative d’inscrire les motions à l’ordre du jour de la séance. Il précise que les élus auraient pu co-signer un texte ensemble et avoir une unanimité. D’après lui, nous ne l’aurions pas souhaité puisque nous avons déposé un texte au nom de nos trois groupes ! Nous rappelons alors que nous avons fait une proposition de motion, déposée 48 h avant la séance, afin justement de débattre et éventuellement de voter unanimement. « Vous vous êtes associés sans la majorité », nous reproche le maire. C’est faux, nous demandions justement que ce texte soit discuté et adopté en Conseil, et nous étions prêts à le modifier. Le maire regrette ensuite que nous n’ayons pas repris « stricto sensu » le texte de l’AMF.. tout en reconnaissant que nos propositions sont « les mêmes à 95% »… Comprenne qui pourra.

En fin de Conseil, au moment du vote de la motion, nous demandons une suspension de séance de quelques minutes pour comparer les deux versions et plus précisément les demandes avancées par l’une ou l’autre. Il apparaît rapidement que manque dans le texte issu de la majorité les points suivants, qui nous semblent importants :

– l’application d’un taux de TVA réduit sur les factures énergétiques des collectivités

– le blocage des tarifs réglementés du gaz et de l’électricité, comme le permet l’article L 410-2 du code de commerce dans un contexte de crise

– la pérennisation des tarifs réglementés de vente de l’électricité par la remise en cause du principe de leur « contestabilité »,

– la renonciation à l’extinction des tarifs réglementés de vente de gaz naturel (TRVG) en 2023,

– le développement des politiques d’aides aux collectivités territoriales pour la rénovation énergétique et leur accès simplifiés pour les communes,

– une contribution sur les superprofits des multinationales de l’énergie, pérennisée au niveau de l’Union Européenne afin de garantir une plus grande efficacité

Enfin, toute allusion à une action des habitants pour soutenir et accompagner la démarche des élu.e.s a disparu.

Incontestablement, notre texte est plus complet, d’autant plus qu’il détaille en préambule la situation difficile de la commune.

Dans un souci de conciliation, et parce que nous partageons les demandes reprises dans la motion majoritaire telles que le bouclier énergétique, ou encore l’indexation de la dotation globale de fonctionnement (DGF), nous décidons de voter pour la motion majoritaire, après avoir expliqué pourquoi. Hélas ! De retour en séance, le maire nous refuse la parole, même pour explication de vote. C’est pourquoi finalement les trois groupes minoritaires ne prendront pas part au vote, car il nous apparaît difficile de voter sans nous exprimer ! Le maire affirme qu’il n’y a jamais de débat autour d’une motion. C’est faux ! De précédentes motions présentées par le maire ont déjà fait l’objet d’explications de vote des groupes minoritaires. 

Conclusion : le dépôt d’une motion partagée par nos trois groupes a incité le maire à inscrire sa propre motion à l’ordre du jour. C’est une bonne chose que la commune exprime son mécontentement et ses inquiétudes face à la situation budgétaire des collectivités confrontées à une crise énergétique majeure. Dommage que le maire n’ait pas permis, par pur désir de censurer toute expression de la minorité, qu’un débat se déroule au sein de l’assemblée communale, et qu’un vote unanime en découle.

Pour notre part, nous engageons une campagne de signature d’une carte-pétition, afin que les habitante.s de notre ville expriment leur souhait de ne pas subir des augmentations de tarifs des services municipaux, des diminutions e ceux-ci, des reports d’investissements.

L’État, qui a fortement dégradé la situation financière des communes par des réformes successives de la fiscalité locale, doit aujourd’hui prendre les mesures nécessaires afin de limiter l’impact de la crise énergétique sur les politiques municipales. On en reparle très prochainement.

Ci-dessous le texte déposé par les groupes municipaux : « Vivons Saint Gratien » ; « Saint Gratien Cap 20-26 » ; « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen » pour la séance du 17 novembre 2022 du Conseil municipal

Proposition de motion pour le Conseil municipal de Saint Gratien

Les collectivités locales sont face à une hausse des prix de l’énergie insupportable pour leur budget. La première ministre elle-même reconnaît que « les prix sont anormalement élevés ». La facture pourrait s’élever à 11 milliards d’euros pour les communes, selon la fédération des communes concédantes et régies (FNCCR).

Cette motion a pour objectif d’alerter le gouvernement afin qu’il prenne la mesure des difficultés. 

Notre commune, comme toutes les autres, est confrontée à une envolée inédite des prix de l’électricité et du gaz. Le rapport d’orientation budgétaire évalue l’impact de la facture de l’énergie sur budget de la commune, ainsi que l’inflation des matières premières, alimentation, produits d’entretien à + 1 M€ sur le poste Charges à caractère général en 2022 et + 11,8 % de ce poste en 2023.

A l’intérieur des 1 M€ d’accroissement des charges à caractère général, 0,3 M€ (qui n’étaient bien entendu pas anticipés) sont liés à l’accroissement de la « facture énergie » de la ville. Elle était de 0,8 M€ fin 2021. Elle sera d’environ 1,1 M€ fin 2022, soit + 35 %. La ville pâtit en 2022 davantage de la progression du prix du gaz que de celui de l’électricité.

La facture énergétique de St Gratien ne se limite pas aux factures directement payées par la commune à ses fournisseurs d’énergie. Il faut ajouter la quote-part « énergie « dans le coût de revient du recours à des sous-traitants.

Or, St Gratien sous traite beaucoup de prestations de services : nettoyage des locaux, y compris les écoles, concession de la gestion du marché, concession de la gestion d’une partie de la voirie, cantines…

Les sous-traitants se retournent vis-à-vis de la ville pour lui répercuter leurs propres augmentations de coûts, et notamment leurs propres coûts liés à l’énergie. Par rapport aux montants convenus dans les conventions signées avec la ville, ils ont droit de le faire, en raison de « clauses de revoyure »

Ces augmentations pèsent lourdement sur le budget de la ville. Pour y faire face, faut-il réduire les services rendus aux habitants ? Augmenter de façon importante les participations des usagers de ces services ? La taxe foncière ? Nous nous y refusons.

Nous sommes soucieux de la nécessité des économies d’énergie et de celle de limiter l’émission des gaz à effet de serre : isolation des bâtiments, développement des LED sont nécessaires, comme la recherche de nouvelles pratiques, géothermie, pompes à chaleur, panneaux solaires…

Mais comment poursuivre ces investissements aujourd’hui, alors que l’explosion du prix de l’énergie menace notre équilibre financier ?

Afin de protéger les collectivités territoriales de la hausse des prix de l’énergie, le Conseil municipal de Saint Gratien invite le gouvernement à limiter l’impact de cette hausse par des mesures immédiates. Le Conseil municipal de Saint Gratien demande :

  • Qu’un bouclier tarifaire soit mis en place pour limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie pour les collectivités territoriales, par des solutions immédiates comme :

– la mise en place d’un fonds d’urgence de compensation pour répondre à l’urgence du contexte énergétique

– l’application d’un taux de TVA réduit sur les factures énergétiques des collectivités et leurs groupements,

  • Que toutes les collectivités qui le souhaitent puissent bénéficier des tarifs réglementés du gaz et de l’électricité, au lieu d’être soumises aux prix du marché,
  • Que ces tarifs réglementés soient bloqués, comme le permet l’article L 410-2 du code de commerce dans un contexte de crise et que cette proposition soit soumise également au niveau européen afin de solidifier l’indépendance de l’Union sur le plan énergétique,
  • Que soient pérennisés les tarifs réglementés de vente de l’électricité par la remise en cause du principe de leur « contestabilité »,
  • Que l’on renonce à l’extinction des tarifs réglementés de vente de gaz naturel (TRVG) en 2023,
  • Que soient développées des politiques d’aides aux collectivités territoriales pour la rénovation énergétique et qu’en soit simplifié l’accès pour les communes,
  • Que la DGF soit indexée sur l’inflation,
  • Qu’une contribution sur les superprofits des multinationales de l’énergie soit pérennisée au niveau de l’Union Européenne afin de garantir une plus grande efficacité

Les habitants de notre commune, premiers concernés par la crise énergétique et les menaces qu’elle fait peser sur les services publics locaux, seront associés à cette démarche, par l’intermédiaire d’une carte-pétition reprenant les demandes du Conseil municipal et adressée au Président de la République.

Réponses express

Conseil municipal très dense ce jeudi 17 novembre 2022, avec de nombreuses questions qui auront des répercussions sur la vie quotidienne des Gratiennois.e.s à court terme.

La majorité a beau jeu de sembler regretter l’absence de public aux séances… pourquoi donc ne pratique-t-elle pas la diffusion en ligne des débats ?

Nous nous efforcerons ici de retranscrire l’essentiel des échanges, en commençant par la fin : l’exercice si convenu des questions au maire.

Des questions, certes, mais des réponses ? Pas toujours ! Réponses express en six minutes, lecture incluse des questions par nous-mêmes ….

Parking vélos, ex-Parc Veligo   (présentée par Stéphane Bauer, brouhaha dans la salle, la question devant être appréciée par les élus majoritaires, tous portant visiblement un intérêt majeur aux mobilités douces )

Plus de la moitié des questions posées lors des dernières réunions de quartier étaient relatives à la circulation ou au stationnement automobile en ville. Une part des solutions réside, selon nous, dans l’accélération du développement des mobilités douces.

Le parking vélo de la gare RER ne fonctionne toujours pas. Impossible d’y accéder avec un pass Navigo. La faute incombant maintenant, selon l’adjoint au développement durable, à Île-de-France Mobilités.

Pour quelle date peut-on espérer une mise en service de cet équipement tant attendu ?

Réponse du maire : il constate que nous serions les seuls à poser des questions sur le vélo en réunion de quartier. En ce qui concerne le parc à vélo de la gare, il renvoie à Île-de-France Mobilités.

Nos commentaires : même si les réunions de quartier le reflètent peu, le maire devrait savoir que l’usage du vélo dans notre ville, comme partout, est en constante progression. Il devrait porter attention à cette évolution. Sur le sujet précis du parc vélo de la gare, aucune envie visiblement chez lui d’intervenir auprès de ses amis politiques d’IDF-Mobilités pour accélérer la mise en service de cet équipement, dont l’implantation a déjà tellement traîné ! Il semble inconcevable de le voir aujourd’hui installé… mais inaccessible !

Parc à vélos  (présentée par Stéphane Bauer, nouveau soutien exprimé bruyamment dans la salle par les élus majoritaires, accros à ces questions)

Eaubonne, Saint-Leu… installent des abris à vélos pourvus de nombreux arceaux et d’un toit qui protège les vélos des intempéries, notamment à proximité des écoles et/ou des commerces.

De telles installations sont-elles envisagées dans notre ville ?

Réponse du maire : ces abris sont particulièrement inesthétiques ! Leur usage peut être détourné et ces endroits peuvent se transformer en lieux de trafic.

Nos commentaires : il faudrait donc démonter les abris bus qui peuvent être l’objet des mêmes remarques. On mesure ici le total aveuglement d’un élu qui méconnaît l’enjeu essentiel du développement des mobilités alternatives à la voiture. C’est affligeant.

Budget participatif  (question présentée par Isabelle Volat)

Les villes recourent de plus en plus souvent au principe du budget participatif. Parmi les communes de 20 000 à 50 000 habitant.e.s, une sur cinq mène un budget participatif. Le principe du budget participatif est de soumettre aux voix des habitant.e.s une partie des dépenses d’investissement de leur commune, 5% en moyenne.

Cela permet que les habitant.e.s appréhendent mieux les règles du budget communal, et cela apporte une démocratie plus participative, plus directe et plus concrète.

À l’heure où les réunions de quartier ont tendance à ne faire émerger que des doléances individuelles, le budget participatif pourrait revitaliser la vie démocratique locale.

Quel est votre avis à ce sujet ?   

Réponse du maire : à Saint Gratien, le budget est 100% participatif ! Tout notre budget est préparé en liaison avec les usagers : tennis, salle d’armes, espaces publics en collaboration avec les groupes de quartier, les travaux dans les écoles s’appuient sur les besoin exprimés par les enseignants. Bref, tout est fait en fonction des attentes des habitants !    

Nos commentaires : sans surprise, le maire ne peut que botter en touche et vanter une démocratie locale idéalisée, mais hélas très éloignée de la réalité. Les groupes de quartier n’ont aucune marge de manœuvre, et j’ai assez connu la vie dans les écoles pour savoir que les enseignants ne sont pas partie prenante dans les décisions de travaux. Des pratiques démocratiques réduites à peau de chagrin, d’ailleurs le maire se vante assez d’avoir été élu pour décider pendant six ans. Le reste n’est qu’enfumage.

Maison de santé  (question présentée par  Isabelle Volat)

Le médecin généraliste de la maison de santé ne prend plus de nouveaux patients.

Sachant que ce médecin avait déjà son cabinet aux Raguenets, en quoi la maison de santé apporte-t-elle une offre supplémentaire, alors que notre ville souffre d’un déficit de praticiens généralistes ?

Réponse du maire : la maison de santé a été implantée pour conserver ce médecin dans le quartier, qui voulait travailler avec d’autres collègues pour davantage de sécurité. Des internes travaillent autour d’elle et elle les forme. La situation ne va pas s’améliore dans les années à venir, il y a de plus en plus une pénurie de médecins, notamment généralistes, suite au numerus clausus. La ville va travailler avec un « groupement local » qui ne règlera pas tout mais peut apporter des solutions ponctuelles. C’est une vraie problématique pour les gens qui n’ont pas déjà un médecin traitant.    

Nos commentaires : un peu gêné aux entournures… d’habitude, le maire nous vante cet équipement qui, comme il l’affirmait encore récemment, réunirait divers professionnels. Hélas…  La maison de santé, projet phare sorti du chapeau à quelques semaines des municipales 2020, n’a visiblement pas apporté d’amélioration à la désertification médicale du quartier et de la ville. Aucun bonus par rapport à un cabinet individuel privé, qui peut aussi accueillir et participer à la formation des internes. De nombreuses villes se retrouvent d’ailleurs avec des maisons de santé… vides de tout praticien. Le constat est sans surprise pour nous, qui avons avancé depuis longtemps la proposition d’un centre municipal de santé. C’est la seule structure, publique, qui peut attirer les praticiens recherchant un travail d’équipe, tout en étant déchargés des activités annexes chronophages de gestion et de secrétariat. C’est autrement ambitieux, évidemment plus coûteux, mais c’est le seul dispositif qui puisse réellement aider à lutter contre les déserts médicaux.

Économies réalisées et espérées sur la facture énergétique de la ville                      (question présentée par Stéphane Bauer)

Lors des dernières réunions de quartier, ont été présentées des diapositives avec les réalisations de la ville en matière de rénovations récentes ou constructions de bâtiments municipaux intégrant des énergies renouvelables. De même, la lettre du maire aux Gratiennois-e-s datée du 28 octobre, présente une panoplie d’actions engagées, ou plutôt à engager, par la ville en faveur des économies d’énergie :

Mais dans aucun de chacun de ces deux supports ne figuraient de chiffrage en euros des économies réalisées ou attendues sur la facture énergétique de la ville.

Aussi, au regard de chacune des présentations faites (diapositives en réunion de quartier / lettre du maire) les économies réalisées et celles espérées ainsi que leur pourcentage au regard de la facture énergétique de la ville peuvent-elles être chiffrées ?

Réponse du maire : impossible car on ne peut prévoir l’évolution des prix de l’énergie, ni les températures hivernales. On vous donnera les chiffres a posteriori.

Nos commentaires : au cours de la séance, le maire avait déjà annoncé ne pas pouvoir chiffrer ces éventuelles économies. Nous restons donc dans le flou le plus complet. Espérons que l’ensemble des mesures vantées par la ville soient réellement efficaces. Il faudra nous le démontrer. 

Nos questions au maire

Voici les « questions orales » qui seront posées au maire lors du Conseil municipal du 17 novembre 2022, au nom de notre groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen ».

Un exercice peu spontané puisque nous devons faire parvenir ces questions à la ville 48 heures avant la séance, et ne pas nous écarter de la rédaction lors de la présentation en séance. Le maire, quant à lui, a toute latitude pour nous répondre car il n’y a ensuite pas de débat. Le nombre de nos questions est limité à cinq. 

Les réponses du maire et nos commentaires éventuels seront à lire sur ce blog peu après la séance du Conseil. Ce qui ne vous empêche pas d’assister à la séance…  

Parking vélos (ex Parc Veligo) Stéphane Bauer 

Plus de la moitié des questions posées lors des dernières réunions de quartier étaient relatives à la circulation ou au stationnement automobile en ville. Une part des solutions réside, selon nous, dans l’accélération du développement des mobilités douces.

Le parking vélo de la gare RER ne fonctionne toujours pas. Impossible d’y accéder avec un pass Navigo. La faute incombant maintenant, selon l’adjoint au développement durable, à Île-de-France Mobilités.

Pour quelle date peut-on espérer une mise en service de cet équipement tant attendu ?

Parc à vélos    Stéphane Bauer

Eaubonne, Saint-Leu… installent des abris à vélos pourvus de nombreux arceaux et d’un toit qui protège les vélos des intempéries, notamment à proximité des écoles et/ou des commerces. (En photo, celui installé à proximité de la gare du Champ de Courses par la ville d’Eaubonne. )

De telles installations sont-elles envisagées dans notre ville ?

Budget participatif      Isabelle Volat

Les villes recourent de plus en plus souvent au principe du budget participatif. Parmi les communes de 20 000 à 50 000 habitant.e.s, un sur cinq mène un budget participatif. Le principe du budget participatif est de soumettre aux voix des habitant.e.s une partie des dépenses d’investissement de leur commune, 5% en moyenne.

Cela permet que les habitant.e.s appréhendent mieux les règles du budget communal, et cela apporte une démocratie plus participative, plus directe et plus concrète.

À l’heure où les réunions de quartier ont tendance à ne faire émerger que des doléances individuelles, le budget participatif pourrait revitaliser la vie démocratique locale.

Quel est votre avis à ce sujet ?   

Maison de santé Isabelle Volat

La médecin généraliste de la maison de santé ne prend plus de nouveaux.elles patient.e.s.

Sachant que cette médecin avait déjà son cabinet aux Raguenets, en quoi la maison de santé apporte-t-elle une offre supplémentaire, alors que notre ville souffre d’un déficit de praticien.n.es généralistes ? 

 

Économies réalisées et espérées sur la facture énergétique de la ville           Stéphane Bauer

Lors des dernières réunions de quartier, ont été présentées des diapositives avec les réalisations de la ville en matière de rénovations récentes ou constructions de bâtiments municipaux intégrant des énergies renouvelables. De même, la lettre du maire aux Gratiennois-e-s datée du 28 octobre, présente une panoplie d’actions engagées, ou plutôt à engager, par la ville en faveur des économies d’énergie :

Extrait de la lettre du maire aux Gratiennois.e.s

Mais dans aucun de chacun de ces deux supports ne figuraient de chiffrage en euros des économies réalisées ou attendues sur la facture énergétique de la ville.

Aussi, au regard de chacune des présentations faites (diapositives en réunion de quartier / lettre du maire) les économies réalisées et celles espérées ainsi que leur pourcentage au regard de la facture énergétique de la ville peuvent-elles être chiffrées ?

Un bouclier pour Saint Gratien !

Le Conseil municipal de novembre est traditionnellement consacré aux orientations budgétaires.

Cette année, les prévisions 2023 seront lourdement complexifiées par la situation des collectivités locales, confrontées à une explosion sans précédent des prix de l’énergie.

À Saint Gratien, la facture énergétique de la ville connaît une hausse de +35% en 2022. Grandes incertitudes sur 2023. Il faut s’attendre non seulement à une augmentation de la facture énergétique de la commune, mais aussi aux répercussions des différents contrats passés. Les concessionnaires à qui Saint Gratien confie la gestion de la cantine, l’entretien des bâtiments, une partie de la voirie… ne vont pas manquer de demander une révision des prix de leurs services.

Faut-il donc s’attendre à payer plus cher les prestations municipales, comme la cantine ? Voir des travaux reportés, des services publics locaux supprimés ou réduits ? Voir s’alourdir la taxe foncière ?

Pour notre part, nous jugeons que ce n’est pas aux habitants de payer la note.

C’est pourquoi nous proposerons au Conseil municipal le vote d’une motion adressée au gouvernement, afin d’obtenir des mesures pour limiter l’impact sur la ville de la hausse des tarifs de l’énergie : bouclier tarifaire, TVA réduite sur l‘énergie, dotations indexées sur l’inflation, aides d’État pour la rénovation énergétique, taxe sur les superprofits des multinationales du secteur, l’accès à des tarifs réglementés  et bloqués…

Affaire à suivre ! La séance du Conseil se déroule jeudi 17 novembre 2022, à 20h30 en salle des mariages de la mairie. D’ici là, davantage d’infos sur notre blog !

Le maire nous écrit…

Comme tou.tes les Gratiennois.e.s, je reçois dans ma boîte une lettre du maire nous alertant sur la situation de la commune, confrontée comme toutes les autres, à une explosion des prix de l’énergie. Les conséquences risquent d’ être douloureuses pour les habitant.e.s.

Quelques remarques sur ce courrier.

Les décisions gouvernementales imposées aux collectivités territoriales ont déjà beaucoup affecté leurs budgets, souligne tout d’abord notre édile. On est d’accord ! Les gouvernements successifs, que ce soient ceux de N. Sarkozy, de F. Hollande ou d’E. Macron ont tous fortement mis à mal les recettes des collectivités. Baisse drastique des subventions et notamment de la DGF, mais aussi suppression de la taxe d’habitation après celle de la taxe professionnelle, ont quasi anéanti l’autonomie budgétaire des collectivités, à présent dépendantes des compensations d’État, fort aléatoires comme on le sait. Le contraire de la décentralisation, en somme. Cela va continuer avec la disparition annoncée de la CVAE, contribution des entreprises, dernière taxe reliée au territoire. Seule subsiste maintenant la taxe foncière.

On s’étonne donc un peu de cette critique, venant d’un élu de la même sensibilité politique qu’un Président de la République qui a contribué à l’affaiblissement budgétaire de notre commune.

« Nous cherchons toutes les pistes d’économies possibles » sans faire « peser trop fortement toutes ces augmentations sur le taux d’imposition des habitants». C’est dit avec beaucoup de délicatesse, mais on a tous compris que notre taxe foncière allait augmenter en 2023. La seule question est : de combien ?

Ce que ne nous dit pas le maire, c’est que vont augmenter aussi, et assez fortement sans doute, les tarifs des services publics locaux, notamment les tarifs des prestations périscolaires. En effet, les entreprises de restauration collective demandent à cor et à cri la révision des prix. Sogérès, à laquelle la ville a confié la gestion des cantines scolaires, ne manquera pas de demander une augmentation des tarifs puisqu’elle subit également les hausses de l’énergie et des matières premières. La seule question est : de combien ? Les négociations s’engagent la semaine prochaine. Rappelons que Saint Gratien a déjà les prix de repas parmi les plus chers, voire les plus chers du département. Une nouvelle augmentation, après celles récurrentes de + 3 % connues ces dernières années, ne manqueront pas de mettre en difficulté nombre de familles. + 3% chaque année, y compris celles où l’inflation était quasi nulle ! Pour mémoire, nous nous sommes exprimés sur ce sujet à de nombreuses reprises, voir ici par exemple.

Le maire vante ensuite sa politique dans le domaine environnemental. La ville aurait investi dans les énergies renouvelables, panneaux photovoltaïques, installation d’ampoules LED pour l’éclairage public et le parking P1. On apprend au passage que si le stationnement payant a été délégué à la société Effia, l’éclairage du P1 reste à la charge de la ville…

Petite précision : les panneaux photovoltaïques seront, futur, installés sur la toiture de la salle d’armes au cours des travaux de rénovation. Et seulement sur cet équipement… Nous suggérons depuis de nombreuses années l’implantation de ces dispositifs sur les toits des bâtiments communaux, voire sur les immeubles d’habitation comme cela se fait dans des villes voisines. Tout arrive donc. Mais au compte-gouttes.

Quant aux LED, si elles sont déjà installées dans les bâtiments communaux, elles le sont bien peu en ce qui concerne l’éclairage public : 150 LED sur 3 300 points lumineux… soit 4,5%. Un bémol sur ces nouvelles lampes : si elles sont effectivement très économiques par rapport aux lampes à sodium, des études montrent qu’elles sont aussi beaucoup plus nuisibles pour la biodiversité, importante y compris en zone urbaine dense… on reviendra sur ce sujet.

Concernant l’éclairage public, le maire nous annonce qu’il connaîtra une nouvelle baisse d’intensité de 20% entre 23h et 6h30. Tiens ! Pourtant il nous affirmait il y a peu que l’éclairage public ne coûtait pas grand-chose et qu’il était inutile d’y chercher des économies… Je reste convaincue qu’une extinction totale entre 1h et 5h du matin comme le pratiquent des villes voisines serait préférable. Cela apporterait davantage d’économies qu’une simple diminution de l’intensité, et cela serait couplé à une mesure écologique importante, puisqu’on sait que l’éclairage public est responsable de la disparition massive des insectes et perturbe en profondeur la faune, la flore… et le sommeil des humains.

L’extinction serait synonyme d’augmentation de la délinquance ? Et bien non, cela ne se constate pas dans les 40% de communes de France qui ont choisi d’éteindre leurs lampadaires une partie de la nuit. Au contraire, de la même manière que les routes obscures ne sont pas plus accidentogènes que les autres mais moins, les rues non éclairées connaîtraient moins de rassemblements et pas davantage de délits. Voire moins…  c’est à lire ici.

Ce qui augmente avec l’extinction de l’éclairage, c’est le sentiment d’insécurité, une peur ancestrale du noir peut-être ? Le fait est que la plupart de nos rues sont désertes bien avant minuit, plus de cafés, de restaurants, de cinéma, ni de trains… et qu’on y éclaire donc pour rien. Un sujet sur lequel nous reviendrons aussi.  

Ouf, nous sommes rassurés par le paragraphe suivant de la lettre du maire : marché et illuminations de Noël sont saufs !

Par contre, inquiétude pour les sportif.ves qui devront supporter 15° dans les gymnases… il faudra pratiquer intensivement !

Le maire conclut en espérant que tous ces gestes sauveront le budget municipal.

Hélas.

Les solutions sont autres.  Bien sûr qu’une politique d’économie d’énergie et de développement des énergies renouvelables est indispensable. Nous pensons d’ailleurs que la ville doit aller bien plus loin dans cette démarche.

Mais pour protéger les collectivités territoriales de la hausse des prix de l’énergie, c’est au gouvernement qu’il faut s’adresser pour limiter l’impact de cette hausse par des mesures immédiates.

C’est pourquoi nous demanderons que les élus de Saint Gratien réclament par le biais d’une motion votée en Conseil municipal l’instauration des mesures suivantes :  

  • Qu’un bouclier tarifaire soit mis en place pour limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie pour les collectivités territoriales, par des solutions immédiates comme :

– la mise en place d’un fond d’urgence de compensation,

– l’application d’un taux de TVA réduit sur les factures énergétiques des collectivités et leurs groupements,

  • Que toutes les collectivités qui le souhaitent puissent bénéficier des tarifs réglementés du gaz et de l’électricité, au lieu d’être soumises aux prix du marché,
  • Que ces tarifs réglementés soient bloqués, comme le permet l’article L 410-2 du code de commerce,
  • Que l’on renonce à l’extinction des tarifs réglementés de vente de gaz naturel (TRVG) en 2023,
  • Que soient développées des politiques d’aides aux collectivités territoriales pour la rénovation énergétique,
  • Que la DGF soit indexée sur l’inflation,
  • Qu’une contribution exceptionnelle soit instaurée sur les profits spéculatifs des multinationales de l’énergie.

D’autre part, il nous apparaît essentiel que les habitant.e.s de notre commune, premiers concerné.e.s par la crise énergétique et les menaces qu’elle fait peser sur les services publics locaux, soient associé.e.s à cette démarche, par l’intermédiaire d’une carte-pétition reprenant les demandes du Conseil municipal et adressée au Président de la République.

Le maire nous écrit… et si nous écrivions, nous aussi ?

Comment devenir une ville cyclable (1)

Münster, retours d’expériences importables à St-Gratien ?

1 – Comment Münster est devenue une ville cyclable

Ce que les moutons sont à la Nouvelle-Zélande, les bicyclettes le sont à Münster. Aujourd’hui, il y a plus de vélos que d’habitants dans la ville de Rhénanie du Nord-Westphalie. Ce n’est pas un hasard si Münster est devenue la capitale du vélo : les pères de la ville ont pris une décision remarquable.

Münster et les vélos, c’est comme Duisburg avec le commissaire Schimanski (Cf. Les enquêtes policières de Horst Schimanski dans la ville de Duisbourg), ou Munich et la fête de la bière. Le « Leeze », comme on appelle ici le deux-roues, contribue en grande partie au charme pour lequel Münster est si populaire. Incidemment, les déplacements en vélos améliorent énormément la qualité de vie : moins de gaz d’échappement, de taux de CO² et de bruits de voiture. Pas étonnant que Münster ait reçu le titre de « capitale fédérale de la protection du climat » en 1997 et 2006 et de capitale allemande du vélo en 2016.

Münster : plus de vélos que d’habitants

Non seulement les nombreux étudiants (plus de 50 000) parcourent en vélo le centre-ville historique, mais aussi la patrouille de police, les couples de mariés et le maire (ci-dessous photo du maire extraite de « Impulse Das QuartiersMagazin »)

Un vélo n’est généralement pas suffisant pour les habitants de Münster. En moyenne, il y a 1,67 bicyclette par habitant.93% des Munstérois ont un vélo. Un sur deux en a au moins deux… Cela représente environ plus d’un demi-million de vélos dans les rues de Münster.

Avec autant de roues, des tournevis et des clés à molette sont également nécessaires : dans plus d’une centaine de magasins et d’ateliers de vélos, les chaînes sont huilées, les chambres à air réparées et les freins resserrés.

Il y a 200 ans : Anton Knubel ouvre un magasin de vélos

Le premier magasin de vélos de la ville a ouvert ses portes il y a plus de 200 ans.     « Vélocipède tous systèmes, aux prix les moins chers » était indiqué en avril 1886 dans une annonce du journal local. C’est ainsi qu’Anton Knubel a promu l’ouverture de son nouveau magasin. Il n’y avait pas seulement des vélos, mais également une école de conduite associée, où les clients pouvaient apprendre à faire du vélo.

Décorations des lampadaires sous les arcades de la Prinzipalmarkt

Plus tard, son frère Bernard s’est lancé aussi dans le commerce de vélos. Bernard avait déjà participé aux Jeux olympiques d’été de 1896 à Athènes. Les frères et sœurs Knubel ont plus tard organisé les premières courses cyclistes à Münster.

D’autres entrepreneurs leur ont rapidement emboîté le pas et le deux-roues a progressivement gagné en popularité. Cependant, la véritable percée de la bicyclette n’a eu lieu qu’après la Seconde Guerre mondiale.

Reconstruction d’après-guerre : Münster reste fidèle à ses racines

Après la Seconde Guerre mondiale, Münster a été plus détruite (à 92%) que toutes les autres villes allemandes. La vieille ville a dû être presque entièrement reconstruite.

À ce moment-là, la voiture avait déjà commencé sa marche triomphale. Ce qui a été pris en compte ailleurs avec des itinéraires de circulation généreux. Mais à Münster, une autre voie a été choisie : il a été décidé de reconstruire le cœur de la ville tel qu’il existait avant la guerre.

Münster fait tourner une grande roue

Les cyclistes ont bénéficié avant tout de la reconstruction dans le style architectural traditionnel, avec des aménagements modernes très prudents. Alors que les voitures s’entassaient dans les rues étroites du tracé médiéval, les vélos passaient sans encombre. Autre avantage : Münster est plat et aménageable. Une condition préalable importante pour les déplacements à vélos.

Au fil des ans, la pratique du vélo à Münster a été spécifiquement promue. Dès les années 1960, il est apparu évident que Münster ne serait pas en mesure de faire face au trafic automobile à venir. Le vélo offrait un moyen de sortir de l’ornière où l’avait mises les destructions de la guerre. Par conséquent, le conseil municipal a pris de nombreuses mesures qui ont favorisé le cyclisme avec entre-autre l’extension d’un vaste réseau de pistes cyclables. Au total, aujourd’hui, vous pédalez sur environ 300 km de pistes cyclables à travers Münster.

Münster a-t-elle besoin de nouvelles impulsions ?

En plus des vols de vélos, le risque accru d’accidents constitue le bémol dans la success story de la capitale du vélo. La police de Münster a dénombré (en 2015) 9 735 accidents de vélos.

Le réseau de pistes cyclables tant vanté a été critiqué pour plusieurs raisons : Comme dans de nombreuses villes, des bordures de séparation entre la voie réservée aux voitures et celles réservée aux vélos ont été construites. Bien que les cyclistes se sentent plus en sécurité, ils peuvent avoir des accidents : les automobilistes négligent les cyclistes sur les pistes cyclables en bordure de trottoir. Vous pouvez vous retrouver dans l’angle mort des voitures : une portière de voiture ouverte négligemment et cela peut mal finir pour un cycliste.

Malgré tout, les habitants de Münster continuent de grimper leur « Leeze » tous les jours. Près de 40% des trajets quotidiens sont couverts en vélo. Selon le maire, ce chiffre devrait même atteindre 50% à l’avenir. Après tout, le vélo reste le moyen de transport le moins encombrant, le plus silencieux et le plus respectueux de l’environnement. En outre, les rayons des segments des pistes cyclables à partir du centre-ville doivent être augmentés de huit à quinze ou vingt kilomètres.

L’avenir avec le vélo

Afin d’atteindre ces objectifs ambitieux, Münster, en collaboration avec des citoyens et des experts, a lancé le « Münster 2025 Cycling Concept ». Il se penche également sur d’autres capitales du cyclisme, tels que Copenhague où il existe des pistes cyclables beaucoup plus larges et donc plus sûres. Des autoroutes cyclables telles que celles de Londres et de Madrid, où les cyclistes roulent au milieu de la route principale, sont également envisageables pour Münster. Une offre de services avec des parkings à vélos protégés contre les intempéries, des stations de pompage d’air et des « stations-service pour vélos électriques » dans le centre-ville sont également prévues.

Dans Münster, la capitale du vélo, les gens continueront à faire de la bicyclette avec diligence à l’avenir. Pour les touristes qui voudraient pédaler un peu plus tranquillement, les excursions à vélo dans la campagne westphalienne sont idéales : dans le Münsterland, vous pouvez explorer les paysages variés de rivières et de prairies de Warendorf à Borken sur 4 500 km de pistes cyclables.

À suivre…

Article traduit de l’allemand, à lire ici

Photos : Stéphane Bauer