Végétaliser les cours d’école

Je reviens sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur : l’adaptation des écoles au réchauffement climatique.

L’aménagement de la cour de Jean Jaurès, projet qui n’en est plus un, puisque aujourd’hui finalisé et impossible à modifier, a été présenté en réunion de quartier le 30 juin.

Parents et enseignants se sont inquiétés ce soir-là des conditions de travail des élèves et des personnels des écoles durant les fortes chaleurs de juin. Le sujet a fait l’objet d’un échange entre le maire et des parents et enseignants présents. La ville a installé des dispositifs de « tuyaux « percés » dans les cours afin de rafraîchir les élèves, et a mis à disposition des classes la salle Georges Brassens et le théâtre, qui sont tous deux équipés d’un système de rafraîchissement. Sans grand succès, on comprend les enseignants qui voient difficilement quelles activités pédagogiques organiser au pied levé dans des lieux qui ne sont pas prévus pour l’accueil de groupes d’enfants. Des ventilateurs ont également été fournis aux classes, mais ces dispositifs ne sont pas suffisamment efficaces pour permettre la continuité des apprentissages dans les locaux.

Nul doute, il faisait tellement chaud dans nos écoles gratiennoises qu’il y était impossible d’y travailler ces jours de canicule. Saint Gratien a donc été confrontée comme de nombreuses communes à la difficulté d’assurer l’usage de bâtiments scolaires inadaptés aux fortes chaleurs.

La ville minimise la question. On a entendu les arguments de l’adjointe chargée du secteur scolaire, selon lesquels il s’agirait d’une période de chaleur exceptionnelle, que ce sont les derniers jours d’école. Donc les enfants pourraient rester chez eux ou se contenter de jouer à l’eau dans la cour. La responsabilité de la commune est quand même d’assurer des conditions d’apprentissage correctes à nos écoliers, et ceci même durant la dernière semaine de l’année scolaire. Pas seulement de leur permettre de se rafraîchir dans la cour. Malheureusement chacun sait que ces périodes de forte chaleur risquent fort de se reproduire, et pas seulement au mois de juin. Il importe donc de s’y préparer sans attendre, voire de façon plus ambitieuse, de lutter contre.

La plupart de nos cours sont bétonnées et peu arborées, à l’exception de Jaurès et Grusse Dagneaux où les platanes sont très anciens. La végétation est parfois présente sur le pourtour de la surface goudronnée des cours, et non accessible aux élèves. Pour notre part, dès 2020, et régulièrement depuis, nous avons alerté sur l’indispensable végétalisation des cours d’école et nous avons questionné la ville sur la possibilité de transformer les cours d’école, véritables « ilots de chaleur » en espaces désimperméabilisés et végétalisés. Nous avons été peu écoutés, le maire affirmant encore en 2022, alors que nous l’interrogions sur les aménagements possibles des cours pour lutter contre la chaleur, que nos cours étaient correctement aménagées puisque elles étaient pourvues de haies végétales, de suffisamment d’arbres, de sols souples, de préaux et même de… composts et poulaillers pédagogiques ! Ce qui n’était évidemment pas la question… La ville s’est depuis contentée de peu, bien peu. À Raymond Logeais maternelle, il a été planté 3 ou 4 arbres (il n’y en avait plus aucun) et installé un auvent qui protège de la pluie mais certainement pas de la chaleur. C’est la seule cour qui ait récemment fait l’objet d’un quelconque aménagement.

Que penser de l’aménagement de la cour de Jaurès, la plus grande de toutes les cours des écoles gratiennoises ? Nous avons découvert le projet, enfin tenté de le découvrir car les images projetées en réunion de quartier sont difficilement visibles de loin. Ce dossier n’a pas été présenté en Conseil municipal, ni en commission scolaire, ce qui nous apparaît déjà comme très problématique ! Il s’agit principalement de désimperméabiliser 400m2 sur les 3500 que compte l’espace, au moyen de copeaux de bois ou de gazon « hybride ». La végétalisation espérée des clôtures est devenue un « festonnage » des grilles, à savoir l’opacification par la pose de plaques métalliques, enfermant ainsi la cour à l’abri de tout regard. Comme on le regrette ! Encore un endroit qui se transforme en « tunnel » uniforme, à l’instar des rues pavillonnaires où le même procédé nous prive de toute vue sur les jardins pour une déambulation entre des clôtures opaques et monotones. Visuellement cette opacification des grilles risque d’être catastrophique, et on doute de l’intérêt de la chose quant au verdissement de la cour, et même pour une prétendue « sécurité » apportée aux enfants. Pour un meilleur bien-être des élèves de Jaurès, on aurait pu plutôt s’engager dans la rénovation des toilettes, réparer les fenêtres qui ouvrent et ferment difficilement, aménager le préau extérieur, améliorer l’accessibilité aux élèves en situation de handicap, installer des points d’eau à l’étage.. N’aurait-ce pas été plus utile ?

D’autres villes val d’oisiennes ont été autrement plus ambitieuses dans cette indispensable adaptation des locaux scolaires, notamment en matière de réaménagement des cours d’école, pour sortir du modèle obsolète du terrain de foot bétonné et en plein soleil.  Isolation des bâtiments, pose de stores réellement occultants, installation de ventilateurs au plafond… sont aussi des opérations à prévoir. La ville nous annonce une expérimentation d’un dispositif de rafraîchissement inédit à Raymond Logeais, ainsi qu’un « audit » thermique des différents écoles, afin d’envisager ensuite un plan de travaux pour les situations les plus critiques. Mais comme à l’accoutumée, les élus minoritaires n’en sont pas informés, et encore moins consultés ! Affaire à suivre dès la rentrée…

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