Illusion démocratique

Les réunions de quartier sont pleines de surprises et d’enseignements. C’est pourquoi je m’efforce de ne pas les rater. J’étais donc ce lundi 30 juin 2025 au théâtre Jean Marais pour les quartiers du centre-ville et du Parc.

Était-ce une bonne idée que d’associer les deux ? De fait, les questions et doléances ont été assez nombreuses, mais le temps a certainement manqué pour aller au fond des sujets.

Sans exhaustivité, voici quelques-uns des thèmes évoqués.

Du côté municipal : interventions diverses de voirie et aménagement urbain suite à la traditionnelle « marche exploratoire »  qui précède la réunion (réalisée il y a six mois, celle de juin n’a pas eu lieu) ; présentation de la réhabilitation du centre culturel du Parc ; programme d’implantation de 70 nouvelles caméras, positivement dénommé « dispositif de vidéoprotection » ;  remplacement du mobilier urbain place François Truffaut et installation rue Berthie Albrecht et place des Cyclades de « bacs d’orangerie », comprenez des arbres en pots ; démarrage du projet de refuge « LPO » dans le jardin du petit lac ; aménagement de la cour de l’école Jean Jaurès.

Aucun de ces projets n’a suscité de questions particulières, sauf le dernier sur lequel je reviendrai en détail. Les habitants étaient visiblement venus avec leur propre stock de préoccupations.  Parmi celles-ci : l’état très dégradé des poteaux et fils électriques des avenues des Belles Feuilles et des Peupliers, réseaux dont l’enfouissement n’a pas été réalisé, de façon incompréhensible, lors des travaux de voirie de la rue Terré ; des problèmes de stationnement sur le parking de la résidence de l’allée des Commerces ; des rassemblements nocturnes entraînant certaines nuisances dans le même quartier ; l’action de la police municipale ; une demande d’info sur la réouverture de la librairie au Forum, qui apparaît plutôt être une maison de la presse ; les difficultés de traversée de la rue Berthie Albrecht notamment pour les écoliers et collégiens ; le mauvais état des allées du Forum ; la petitesse des poubelles de ville et le recyclage des mégots ; la circulation des vélos dans les rues à sens unique ; la température excessive dans les écoles de la ville, et les mesures prises par la ville pour tenter d’y rendre la situation supportable. Je reviendrai également sur ce dernier point dans un prochain billet.

Outre les questions liées à la canicule et ses effets dans les établissements scolaires et  l’aménagement de la cour de Jaurès, je suis intervenue sur la présence trop fréquente de véhicules place François Truffaut et le stationnement récurrent de voitures sur les places de livraison, voire sur le passage piéton, entre la place et la rue B. Albrecht. Suite à des plaintes  des riverains sur l’usage du parking du bowling, j’ai suggéré que la ville se rapproche de celui-ci pour envisager un aménagement végétal plus agréable de cet espace. Hélas, fin de non-recevoir du maire, alors qu’un échange en commission municipale avait laissé entrevoir un espoir…

Que penser de ces réunions de quartier ? Je reste dubitative sur leur intérêt pour plusieurs raisons.

Faute de permanence régulière du maire dans les quartiers, elles sont le lieu de demandes particulières, voire personnelles, qui n’intéressent pas forcément toute l’assistance. Le « groupe de quartier », censé animer la concertation, ne fait jamais état de son activité et n’est souvent représenté dans les réunions que par une ou deux personnes, alors qu’il est prévu pour en compter de 8 à 10. Aucun compte-rendu des réunions n’est plus établi. Les projets présentés ne peuvent faire l’objet d’aucune modification puisqu’ils sont déjà finalisés. D’ailleurs les images projetées des différents travaux sont invisibles au-delà du deuxième rang du public, et les commentaires qui en sont faits par les adjoints en charge du secteur concerné sont plus que succincts. Or, le diable comme on dit se cache souvent dans les détails et  il est impossible de se faire une idée précise de l’aménagement ou de la réhabilitation présenté avec si peu d’informations.

Les échanges se réduisent donc au jeu des questions au maire qui doit invariablement avoir la bonne et unique réponse.. Maire qui est entouré d’une bonne dizaine d’élus de sa majorité, qui peuvent soit manifester leur mécontentement si un opposant s’exprime, soit lancer des applaudissements si il y a besoin de le soutenir. Le maire, qui clame que ces rencontres ne sont pas politiques, profite toutefois des questions des élus minoritaires pour déformer leur position. C’est ainsi qu’il peut tranquillement nous accuser de ne pas voter des travaux de réhabilitation… certes, puisque nous ne votons pas le budget qui inclut des mesures que nous jugeons néfastes ! Trop tard pour répondre, le micro est parti plus loin…

C’est donc un exercice bien encadré, au mieux de l’information mais certainement pas un espace de « démocratie participative » comme nous le vante la majorité municipale. C’est pourquoi les groupes de quartier peinent à trouver des participants actifs, et que les réunions n’attirent finalement que peu de monde. La pratique démocratique est illusoire. Il nous faudra inventer autre chose.     

Pas de politique

Nous étions hier soir à la réunion de quartier du Parc, et on vous en raconte quelques moments. Même si cela peut paraître dérisoire au vu de l’actualité nationale, et même si nous en connaissons toutes les limites, nous sommes toujours attentifs à ces rencontres avec les habitants.

Le système est bien rodé, et immuable. Le maire siège à la tribune, entouré de la police municipale et parfois nationale, des agents de la ville chargés de la politique dite de proximité, de sa cheffe de cabinet, du directeur général des services, du directeur des services techniques, et d’élus de la majorité… Ce qui représente un aéropage relativement impressionnant pour le citoyen de base, autorisé à poser des questions, jusqu’au moment où le maire décide que c’est la dernière.

Il est moins acceptable d’émettre un avis ou une opinion. Cela peut entraîner à votre égard une accusation de « faire de la politique », ce qui curieusement n’est pas admis dans une assemblée pourtant conviée à venir débattre de la gestion de la ville… Les élus de la minorité que nous sommes sont tolérés, mais immédiatement désignés comme trouble-fête s’ils se risquent à évoquer un sujet considéré comme politique, voir plus haut. Éventuellement, le maire leur demande de bien vouloir « laisser la parole aux habitants », montrant ainsi qu’il ne les considère pas tout à fait comme des citoyens ordinaires.

Une fois ces règles connues à défaut d’être admises, on peut se risquer à intervenir en réunion de quartier.  

Réunion d’information et non de concertation, la soirée commence comme d’habitude ce 12 décembre 2024, par une présentation de projets municipaux déjà finalisés. La réhabilitation du centre culturel du Parc, structure vétuste où se tient la réunion, est ainsi dévoilée : travaux d’isolation et d’amélioration acoustique, rénovation des espaces intérieurs. Tout cela est indispensable au vu de l’état actuel des locaux, et permettra une économie substantielle de chauffage. On regrette que l’occasion n’ait pas été saisie d’agrandir le centre, ni que l’association de la MJC n’ait guère été entendue sur ses demandes de sas d’entrée et de salles dédiées aux différentes activités. Les travaux débuteront en juin 2025 pour une durée de six mois et un coût estimé de 1,2M€.

Le centre culturel Camille Claudel connaîtra lui une reconstruction de ses locaux incendiés à 80% en juillet 2023. Il faudra attendre septembre 2025 pour le début des travaux qui devraient s’achever au printemps 2026. L’occasion pour le maire d’une diatribe sur les jeunes à l’origine du sinistre, sur les habitants qui d’après lui, les connaissent sans toutefois les dénoncer, sur le coût des travaux pour la ville (2,8M€), omettant de dire que la facture ne sera pas à sa charge, affichant aussi sa volonté de laisser à la vue de tous la façade calcinée pour encore des mois durant… « Pour ne pas oublier il faut le voir tous les jours ».. une quasi punition pour le quartier entier alors que l’incendie, bien évidement condamnable, n’est le fait que de quelques individus, dont d’ailleurs les caméras n’ont pas pu révéler l’identité à ce jour. Cette volonté nous semble aberrante pour l’image du quartier qui ne mérite pas cela et pour les habitants qui sont les premiers pénalisés par la fermeture du centre. Cela fait même fuir de possibles candidats médecins pour la maison de santé toute proche… avons-nous appris de source sûre.

Pas de bonne réunion de quartier sans un point sécuritaire sur les différents dispositifs qui nous protègent, police municipale, caméras (42 actuellement et bientôt 70 supplémentaires) et bien sûr Voisins Vigilants, à l’efficacité redoutable puisque le maire nous annonce que cette plate-forme entre voisins aux yeux grands ouverts a fait baisser de 50% les cambriolages dans le quartier ! Hélas, je crains que le problème ne soit un peu plus complexe..

Vient ensuite le moment des questions au maire, lequel a invariablement la bonne réponse. Quand la question est jugée pernicieuse, le maire peut soit « faire de l’humour »  en conseillant de déménager au perturbateur qui émet une critique ou un souhait, soit le désigner comme un dangereux gauchiste (effroi garanti dans la salle, composée majoritairement d’électeurs de droite plutôt âgés..), lui attribuant même une appartenance dont il sait pertinemment qu’elle est erronée : non, nous ne sommes pas adhérents de LFI…  Le maire s’exonère ainsi de la règle pourtant connue de tous : pas de politique en réunion de quartier, voir plus haut. À moins qu’il ne soit traumatisé par les résultats des dernières législatives dans ce qui n’est plus « son fief » ?

Parmi les questions de ce soir, plusieurs sur le changement climatique et ses dangers potentiels, les solutions possibles pour lutter contre les inondations, le risque de voir assouplir les dispositions de la loi « zéro artificialisation nette », le PLU.  L’occasion pour le maire de regretter que Saint Gratien soit la ville la plus dense du Val d’Oise, sans toutefois aller jusqu’à en citer les responsables. Selon lui, il est donc compliqué de désimperméabiliser, mais il importe surtout de ne plus construire, malgré que la région et le département nous y poussent.

Pour mémoire, dès les années 1990, nous avions alerté sur la densification excessive de notre ville, sans alors beaucoup d’échos, puisque l’objectif affiché était pour la majorité d’arriver à 23 000 habitants, et que la demande d’espaces verts était jugée irréalisable. Heureusement que les habitants des Marais ont su à cette époque se battre pour la couverture arborée du BIP, et que nous avons poussé pour la création du parc urbain, que la ville veut à présent agrandir !

Les transports ont fait l’objet d’échanges assez tendus, notamment comme à chaque fois sur les mobilités douces. Il n’y aura pas de parc à vélos couverts devant les centres culturels, les cyclistes sont présentés comme non respectueux des règles, et le maire profite aisément du désintérêt de son public, peu concerné par l’usage du vélo, pour évacuer la question. Pas surprenante non plus sa réponse sur les nuisances aériennes. Les avions modernes seront moins bruyants, et le trafic va baisser, donc inutile de se mobiliser pour un couvre-feu à Roissy ! Un avis contraire pourtant à toutes les prévisions qui annoncent une explosion du nombre de vols. Mais pour notre maire, la circulation automobile n’est pas non plus un problème, puisque bientôt les voitures seront électriques et donc non polluantes, sans qu’on voie bien quelles répercussions positives cela pourrait avoir sur la circulation et le stationnement… Curieusement, le maire regrette un manque selon lui de transports en commun, alors que Saint Gratien est tout de même desservi par trois gares importantes. Mais nous n’avons ni métro ni tramway, nous dit-il. Alléluia ! Il y a plus de 10 ans, la majorité et madame Eustache nous riaient au nez lorsque nous évoquions le prolongement du tramway entre Épinay et Saint Gratien !

À 21h30, le maire décide que ma question est la dernière, et je reste avec mon interrogation sur les possibilités d’améliorer la démocratie de proximité, en associant les habitants via un budget participatif, ou un conseil municipal des jeunes. Ouf, le maire a échappé à une question très politique.

Un temps record

J’essaie  ne pas les rater, car même si j’ai les plus grandes réserves sur la pratique de « démocratie de proximité » que nous vante la ville, les réunions de quartier (dites parfois « réunions du maire ») sont toujours l’occasion d’entendre les habitants. Ce n’est pas si fréquent dans notre ville.

J’étais donc ce mardi 15 octobre 2024, dans le préau de l’école élémentaire Jean Moulin, pour la réunion du « quartier 4 ». L’exposé commence inévitablement avec le rapport de la « marche exploratoire », un vocabulaire bien audacieux pour ce qui n’est finalement qu’une simple visite du quartier afin de repérer les éventuels problèmes de voirie, dépôts d’ordures, besoin de peinture sur le mobilier urbain ou réinstallation de la nouvelle boîte à livres.

« Il y a plus de gens de la mairie que d’habitants des Marais », me souffle mon voisin de chaise. C’est presque vrai ! Après rapide comptage, il y a effectivement 22 habitants dans la salle, et 16 personnes de la ville, entre maire et élus majoritaires, cabinet du maire, personnel administratif et police municipale… Est-ce la météo maussade, le peu de pub qui est faite pour ces rencontres… ou les Gratiennois ont-ils fini par se lasser de ces soirées où leur sont présentés des projets déjà actés ?

Ce soir, le maire évoque rapidement l’implantation de nouvelles caméras et rappelle que la ville est déjà surveillée, oups ! « vidéoprotégée » par 45 de ces engins. Nous disposons également de 16 policiers municipaux, beaucoup plus nombreux et disponibles selon lui que la police nationale. J’y vois un problème, puisque la sécurité, domaine de la compétence de l’État, a été ainsi transférée aux communes, qui disposent d’autant moins de forces nationales au fur et à mesure qu’elles investissent en matériel et en effectifs de police municipale. Une charge financière supplémentaire pour du personnel qui n’a pas les mêmes prérogatives que les forces de l’ordre nationales.       

Ensuite, comme dans ce quartier des Marais, la ville n’a implanté aucun équipement municipal, la présentation des actions est réduite à sa plus simple expression : dispositif « Voisins Vigilants » qui ici ne rencontre qu’un succès modéré et collecte des bio-déchets, thème déjà abordé lors de la précédente réunion de quartier…

C’est bien peu pour lancer les échanges, et je m’interroge sur le faible investissement dans cette partie de la ville. Difficile de tirer un quelconque enseignement sur l’efficacité de « Voisins Vigilants et Solidaires». Les « alertes » émises ont-elles permis d’empêcher le passage à l’acte ? À quoi ont pu servir les « échanges entre foyers VVS » ou les « échanges entre les VVS et la mairie » ?  Impossible de tirer une conclusion sur la pertinence de ce dispositif, sur lequel j’ai émis un avis dubitatif dès sa mise en œuvre.

Dans le quartier des Marais, je remarque qu’une activité suspecte de « porte à porte » a fait l’objet d’une alerte, ce qui n’est pas sans m’inquiéter puisqu’en juin dernier lors de la campagne électorale des législatives, j’ai moi-même pratiqué l’exercice…

Rien de neuf sur la collecte des bio-déchets qui semble bien fonctionner. Des habitants du centre-ville regrettent même de ne pas avoir des bacs de collecte et sont obligés pour trier leurs déchets ménagers, de venir les déposer aux Marais. Le système expérimental ne semble pas devoir être étendu dans l’immédiat. Personne n’est revenu sur « l’anomalie » écologique qui consiste à envoyer le contenu de ces bacs de collecte gratiennois à l’autre bout de l’Île-de-France afin de les traiter.

Une fois ces deux sujets majeurs évoqués… parole à la salle. Les traditionnelles remarques et plaintes concernant les dépôts sauvages ou l’état des trottoirs étant abordées, (y a-t-il vraiment besoin d’une réunion de quartier pour ces problèmes, qui pourraient se traiter directement et plus rapidement auprès des services techniques ? ), les échanges semblent devoir s’arrêter là.

Le maire, qui d’habitude apprécie moyennement nos interventions, cette fois m’incite à prendre la parole, tant il craint que la réunion ne se termine en un temps un peu trop record…

J’en profite pour évoquer la circulation rue d’Ermont, devenue véritable et très fréquentée entrée de ville , où les automobilistes sur l’élan de leur vitesse en sortant du BIP, ignorent parfois la limitation à 30km/h. Des pictogrammes au sol rappelant le 30, voire même un dessin de vélo (soyons fous !) pourrait les inciter à ralentir. Et décidément la soirée est inédite, puisque mon souhait est directement approuvé par le maire, qui vient d’avoir la même illumination en se rendant ce soir aux Marais.

Hélas, je ne rencontre pas le même succès pour mon deuxième thème, celui des commerces. Je pose à chaque réunion aux Marais la question du commerce de proximité qui pourrait revenir en haut de la résidence dans les locaux appartenant au bailleur. La ville pourrait peser quand notamment des volontaires se présentent pour reprendre la boulangerie. Mais elle se contente de renvoyer vers le bailleur, qui depuis des années laisse ces locaux vides à l’abandon. Dommage pour le quartier, qui en plus des 600 logements de la résidence des Marais, a vu ces dernières années la constructions de plusieurs programmes immobiliers le long de la rue d’Ermont. Autant de clients potentiels, en plus des habitants des pavillons autour du cimetière.

La question est posée du manque de médecins dans notre ville, même si cela dépasse les compétences communales. L’occasion d’annoncer l’arrivée prochaine de 3 médecins. Comme Saint Thomas, j’attends de voir, d’autant que le centre Casanova où la ville a investi pour un nouveau cabinet, n’a pour le moment aucun nouveau praticien en vue. Quant aux cabines de « téléconsultation » qui sont à la mode pour pallier le manque de médecins… je pense que, comme pour les  caméras, une machine remplace difficilement un humain !  

Seule une dernière question donnera au maire l’occasion de faire un peu durer le plaisir.  Comment les villes, et les collectivités locales en général, vont-elles supporter la cure d’austérité qui s’annonce pour elles ? En effet le nouveau gouvernement, dont le premier ministre est de la même famille politique que le maire, a annoncé une ponction de 5 milliards sur leurs budgets. Une vraie préoccupation, la communauté d’agglomération verra son budget amputé de 2 millions, celui du département le sera de 20 millions. Le maire est inquiet, mais en bon politique, il épargne le gouvernement en soulignant la nécessité de « faire des économies ». On sera curieux de voir lesquelles, car il était très critique envers les majorités qui ont ces dernières années baisser les dotations, mettant ainsi à mal les services publics locaux. Un débat que nous reprendrons  très prochainement, puisqu’en novembre, le Conseil municipal débattra des orientations budgétaires de Saint Gratien pour 2025.

La réunion se termine moins d’une heure après avoir commencé. En traversant la cour de l’école, ouverte pour la circonstance au stationnement, je compte 12 voitures. C’est beaucoup quand on sait que les habitants du quartier viennent tous à pied à la réunion, étant donné la proximité immédiate de leurs immeubles. Finalement, j’aurais dû reparler de pistes cyclables.     

Qui a cru à l’ilot de fraicheur ?

Réunion de quartier ce mardi 6 février 2024 à l’école Raymond Logeais. Une occasion que je ne rate jamais d’entendre les avis et préoccupations des habitants !

Ce soir, une assemblée assez fournie, rajeunie, ce qui se ressentira dans les questions au maire. Les sempiternelles remarques sur le stationnement et la circulation laisseront cette fois place à des sujets habituellement peu traités lors de ces rencontres.

On n’échappe pas en préambule au traditionnel exposé sur la « marche exploratoire » qui précède de quelques jours la réunion. Un intitulé bien ambitieux ! Cela se résume finalement à une visite du quartier par le maire et ses services, accompagnés des membres du groupe de quartier, pour relever les problèmes de voirie, propreté et espaces verts. Rien de fondamental n’émerge jamais de cette « exploration », qui se réduit à un état des lieux de l’espace public.

On remarque vite que contrairement aux années précédentes, il n’y a plus de présentation de projets municipaux. On se contentera cette année de courtes informations sur la mutuelle communale, le projet de « ressourcerie sportive », et le passage de la flamme olympique…  sujets qui d’ailleurs n’appellent pas de commentaires ni de questions du public.

Seule la très succincte présentation des travaux concernant l’école maternelle Raymond Logeais provoque un échange avec la salle. 80 000€ sont prévus pour ce qui nous avait été annoncé comme la réalisation d’un ilot de fraicheur. Attardons-nous un peu sur ce point. Depuis longtemps, nous avons alerté sur le sujet des cours d’école, véritables « ilots de chaleur » car très bétonnés, avec insuffisamment d’arbres et de verdure. Le dérèglement climatique fait que les périodes de forte chaleur y sont difficilement supportables. D’autre part, les aménagements classiques donnant une large part au terrain de foot au détriment de toute autre activité des élèves, sont aujourd’hui dépassés. Cela a fait l’objet de notre part de questions diverses au Conseil municipal notamment, et nous avons soulevé le problème lors des débats budgétaires. L‘ensemble des cours de nos 14 écoles devrait à notre sens, faire l’objet d’un réaménagement important : dés-imperméabilisation des sols et plantations pour des espaces rafraichis, plus agréables au quotidien et mieux partagés. Cela pourrait faire l’objet d’une concertation approfondie de la communauté éducative. Le projet municipal concernant l’école maternelle Raymond Logeais est aux antipodes : il s’agit finalement, nous l’apprenons en réunion de quartier, de l’implantation d’un auvent du type de celui existant dans la cour de l’école élémentaire, sur quatre piliers, destiné à protéger des intempéries, mais peu de la chaleur. Quant à « l’ilot de fraicheur » vanté par la ville, il semble ne s’agir que de la plantation de trois arbres… Regrettons ici le manque total de concertation et même d’information, puisqu’aucune réunion de la commission scolaire n’a eu lieu depuis septembre, sur ce sujet comme sur quoi que ce soit d’autre concernant le domaine scolaire.

Le débat étant lancé sur les écoles, des parents d’élèves présents soulèvent alors le problème des toilettes scolaires ! Toilettes trop peu nombreuses car le groupe scolaire a vu ces dernières années ses effectifs s’alourdir considérablement, et relativement vétustes. De plus, les parents y constatent, ici comme dans l’ensemble des écoles gratiennoises, un problème de nettoyage insuffisant. Une question sur laquelle nous sommes également intervenus à plusieurs reprises au Conseil municipal. Notre proposition : un état des lieux dans les 14 écoles, et un plan de rénovation en fonction des urgences. Dans l’immédiat, il faudrait un nettoyage en cours de journée. Ces toilettes sont fréquentées par de nombreux enfants (220 élèves par exemple à Raymond Logeais élémentaire) et on comprend bien la nécessité d’un coup de serpillière sur le temps de midi.. Sauf que la ville vient de repasser un marché avec une société de nettoyage pour les écoles (mais curieusement, pas pour la mairie, où continue d’œuvrer du personnel communal..) Dans ce contrat, rien ne prévoit un deuxième nettoyage des locaux en cours de journée. Le maire nous assure d’ailleurs qu’il n’en est pas question, puisqu’il chiffre le montant de cette éventuelle prestation supplémentaire à une augmentation de 5 ou 6% des impôts locaux ! Nous ne manquerons pas de le réinterroger sur cette évaluation, qui parait bien étonnante.  

Le sujet des encombrements automobiles et de la vitesse excessive constatée aux heures d’entrée et de sortie des élèves de l’école revient également dans la discussion. Problème hélas présent devant la plupart des écoles. Là aussi, c’est un sujet sur lequel nous avons plusieurs fois interpellé la ville : relance des dispositifs de pédibus, rues scolaires, c’est-à-dire fermées à la circulation aux heures où les élèves entrent et sortent des locaux.. ces solutions ont été mises en place dans des villes voisines. C’est possible, à condition de prendre cette question au sérieux. Elle n’est pas anecdotique. En dehors des soucis de pollution et des risques d’accidents, il y a aussi le fait que des enfants qui viennent à vélo ou à pied sont plus à même de commencer leur journée d’école dans de bonnes conditions que ceux qui sont véhiculés. L’exercice physique a des répercussions positives sur les apprentissages !

Je pose la question de l’évolution des effectifs de l’école Logeais, qui compte à présent 9 classes élémentaires. Or, les locaux n’ont pas été prévus pour une telle fréquentation. Ni les salles de classe (une supplémentaire a dû être aménagée dans les anciens locaux de la gardienne), ni la cour, ni le préau ne sont extensibles et tous ces espaces sont actuellement bien (trop ?) occupés. Peut-être aurait-il mieux fallu que les enfants habitant les nouveaux immeubles côté gare, soient affectés dans les écoles des Raguenets qui pouvaient les accueillir sans difficulté, au lieu de leur faire traverser la D14 pour se rendre à Logeais ? La mixité sociale y aurait aussi gagné. D’autre part, les élèves de ces immeubles étant dirigés ensuite vers le collège Jean Zay, il aurait été cohérent qu’ils fassent leur scolarité primaire dans les écoles du secteur de ce collège.

On apprend avec plaisir que la grève du 1er février des personnels de l’éducation nationale, enseignants, animateurs, Atsem..  a été tellement bien suivie que la ville s’est trouvée dans l’incapacité de mettre en place le service minimum d’accueil pour toutes les écoles… après l’avoir pourtant annoncé aux parents.

Autre sujet abordé , celui de la collecte des « bio-déchets ». Ce n’est pas sans poser de nombreuses questions. Le maire rappelle le dispositif de collecteurs mis en place aux Raguenets et Marais, mais estime plutôt négatif cette obligation pour les collectivités. En effet, le ramassage de ces déchets organiques suppose un nouveau passage de camions roulant au diesel. Les déchets sont acheminés dans une usine de méthanisation éloignée de notre territoire, et cette technique laisse un substrat très pollué, dont nous nous débarrassons… à l’étranger ! On aurait effectivement pensé que cette nouvelle collecte de déchets aurait été mieux réfléchie avant d’être imposée aux collectivités.

Autre pollution dont se préoccupe l’assemblée : celle des mégots jetés dans l’espace public, en quantité impressionnante. Sujet, là encore, que nous avons largement contribué à mettre en lumière ! Deux années de suite, nous avons collecté et apporté au Conseil municipal des quantités importants de mégots ramassés devant les commerces du centre-ville. Depuis 2020, nous rappelons régulièrement ce problème à la majorité municipale. L’affaire semble enfin avancer, puisqu’un partenariat se met en place avec la société « Tchao mégot » pour une collecte et un recyclage de ce déchet, petit mais extrêmement polluant.

Un habitant s’inquiète de savoir si la taxe foncière augmentera encore, après la hausse de +14% du taux communal en 2023. Le maire invoque bien évidemment les difficultés budgétaires des communes, l’augmentation du Smic, et l’absence de bouclier tarifaire des collectivités face à l’envolée des tarifs de l’énergie. Bouclier réclamé au niveau local, mais que les élus LR, dont une certaine sénatrice, refuseront de voter quand les communistes en présenteront le principe au Sénat.. ce dernier point n’étant évidemment pas évoqué par notre édile.  

Le maire est ensuite interrogé sur les travaux de la passerelle au-dessus des voies du RER C, ouvrage communal actuellement condamné et tellement délabré qu’il devra être démonté. Cette opération pourrait se réaliser en avril à l‘occasion d’arrêts de circulation des trains pour travaux fixés par la SNCF en vue des Jeux Olympiques. D’autre part, la ville étudie en partenariat avec la SNCF la possibilité de permettre le passage des habitants qui ne possèderaient pas de titre de transport, via un système de tickets délivrés par la mairie. Parfait ! Nous avions suggéré ce système, puisque la fermeture de la passerelle complique fortement la circulation -importante- des piétons entre le centre-ville et les Raguenets.

Je pose quant à moi la question de la rénovation du centre de loisirs Fossiez. Ce bâtiment, pavillon individuel à l’origine, n’est guère adapté à l’accueil de groupes d’enfants et n’a jamais connu de travaux depuis très longtemps. Surprise ! Ce sujet qui ne figurait pas dans le programme 2020 de la majorité, pourrait être étudié plus tôt que prévu avant la fin de la mandature et consister en une reconstruction complète. Il est temps quand on connaît l’état du bâtiment. Reste à connaître plus précisément ce qui sera envisagé. On sait que derrière de belles promesses peuvent se cacher des déconvenues. L’ilot de fraicheur tant vanté de Raymond Logeais, devenu simple auvent protégeant de la pluie, en est la preuve.    

Hélas

Réunion de quartier ce jeudi 14 décembre 2023 dans le quartier du Parc, avec comme à l’accoutumée une assistance assez nombreuse dans la salle principale du centre culturel.

C’est tout d’abord le traditionnel exposé sur la « marche exploratoire » précédant la rencontre. Je souris en imaginant le maire en explorateur d’un territoire inconnu et peut-être découvrant les dangers des trous dans les trottoirs ou d’une végétation débordante à élaguer… Plus sérieusement, rien à signaler de cette déambulation qui ne sert qu’à donner l’illusion que le groupe de quartier est associé aux réflexions municipales. Hélas.

Peu de présentations de projets cette année. En dehors d’un point sur la sécurité publique, thème à la mode s’il en est, seule la réhabilitation du centre du Parc fera l’objet d’une courte et incomplète présentation. Certes, le projet n’en est qu’à ses prémices, 50 000€ ont été budgétés pour les études et une « concertation » engagée avec les associations qui utilisent les locaux. Le bâtiment est en assez mauvais état, nous le déplorons depuis des années car il est très utilisé pour des activités variées, hélas dans des conditions relativement mauvaises. En effet, les salles sont partagées par les différentes associations ce qui peut occasionner des nuisances ou inconvénients pour les uns et les autres. Difficile en effet de dérouler son tapis de yoga dans une salle ouvrant directement sur l’extérieur et où circulent les adhérents d’autres activités… le sol est vite sali, pour ne donner que cet exemple. Les utilisateurs, premiers à savoir ce qui doit être amélioré, demandent donc des salles dédiées avec rangements adéquats, en plus de la nécessaire réhabilitation du bâtiment, qui doit être isolé et grandement rénové. Hélas… on s’aperçoit au fil des échanges que cette demande restera lettre morte puisqu’aucun agrandissement des locaux n’est envisagé. Pourtant le terrain sur lequel se trouve le centre le permettrait sans problème, et le centre est redisons-le, très utilisé : environ 400 personnes par semaine pour ses quatre salles. S’oriente-t-on vers une rénovation a minima au lieu de profiter de l’occasion pour donner aux associations des locaux plus spacieux et plus adaptés ? Ce serait dommage.

Concernant la sécurité publique, on apprend que 20 agents de police municipale et 3 ASVP travaillent sur Saint Gratien, pour pallier l’absence de police nationale sur notre territoire. Une effet pervers que nous avions dénoncé dès l’installation de la « PM » : voilà un très beau et très coûteux transfert de charges vers les collectivités, la CAPV en l’occurrence, pour des personnels qui n’ont pas les mêmes compétences que les policiers nationaux… Nous disposons également à présent de 45 caméras dont 3 nomades. Je sais qu’il est de bon ton de réclamer toujours plus de ces machines de surveillance mais je continue de regretter qu’aucune évaluation de leur efficacité ne nous soit jamais communiquée. La délinquance n’aurait-elle pas dû baisser en fonction du nombre des engins installés ? Leur coût est de plus, loin d’être anodin. Quant au dispositif « Voisins vigilants », j’ai déjà dit ici tout le mal que j’en pensais. À part une publicité à bon compte pour le maire, qui peut ainsi prétendre agir contre « l’insécurité », c’est au mieux inefficace, mais aucune évaluation n’en sera jamais possible, au pire cela instaure un climat de défiance malsain envers toute personne « suspecte » qui déambulerait dans le quartier…

Place ensuite aux questions de la salle, puisque le fonctionnement de ces assemblées réduit la participation des citoyens au simple questionnement au maire, lequel a imparablement la réponse…

La question du marché municipal revient sur la table. Marché en grande difficulté, géré par un concessionnaire qui ne répond pas à ses obligations et dont les pratiques envers les commerçants sont régulièrement pointées par la presse locale.. Notamment le local poubelles est dans un état déplorable et ne permet plus le dépôt et le tri des déchets dans des conditions convenables. Hélas, que faire ? La ville s’est engagée pour une concession de 13 ans, et jusqu’en 2030, il sera très difficile de revenir à une régie municipale, seule issue pour sauvegarder ce commerce de proximité et lieu majeur de lien social en ville. Je doute que notre marché, que la majorité municipale accuse volontiers de tous les maux, soit réellement deux fois plus cher que les marchés environnants, et je doute aussi que le maire soit le mieux placé pour une étude comparative des prix.. lui qui ne fréquente le marché que les veilles d’élections… et uniquement pour serrer les mains.

Les travaux de la passerelle de la gare, évoqués ensuite, laissent prévoir une réhabilitation plus longue, compliquée et coûteuse que prévu. L’autorisation de réouverture, annoncée initialement pour mi-novembre, a été repoussée de 15 jours et n’est toujours pas accordée à ce jour. Un problème important de déplacement pour les Gratiennois·es qui empruntent régulièrement cet équipement et qui doivent à présent faire le tour par la rue d’Argenteuil, sauf à posséder une carte de transports pour utiliser le souterrain de la gare… À la question de savoir si la ville ne pourrait pas profiter des travaux sur la passerelle pour l’équiper d’une rampe permettant le passage de vélos, poussettes d’enfants et cabas  à roulettes pour les courses, le maire rétorque que c’est techniquement impossible. Hélas, le coche a été manqué il y a des années lors de l’implantation du souterrain routier sur ce qui était alors la RN 14. Nous avions proposé à l’époque avec l’appui du conseiller général communiste, d’étudier un large passage souterrain reliant les Raguenets au centre-ville.. une coupure géographique bien regrettable pour l’unité de la ville.

Des sujets précis concernant le quartier sont ensuite abordés. On souligne le fait que la signalisation sur la limitation de vitesse à 30 km/h qui concerne maintenant l’ensemble de la ville est insuffisante.  La traversée piétonne de la rue Danielle Casanova pose problème depuis l’installation du feu « récompense » :  puisque le dit feu reste au vert dès lors que les véhicules roulent bien à 30km/h… quand traverser alors ? Des questions sur le compostage qui sera mis en place en janvier : pas d’obligation pour les habitants, mais uniquement pour les collectivités qui doivent proposer une possibilité de dépôt des biodéchets. Des bornes expérimentales sont implantées aux Marais et Raguenets, alimentant ensuite une usine de méthanisation. Questionnement  aussi sur le projet de géothermie avec les villes de Soisy et d’Eaubonne. Un puits de forage de 3 000 m serait creusé à Soisy jusqu’à atteindre une eau à température suffisante pour alimenter les circuits de chauffage pour 6 000 habitants. Ce dispositif est opérationnel et performant depuis déjà des années dans d’autres communes voisines.

Enfin, le sujet du vélo s’invite dans le débat grâce à « Saint Gratien à vélo », association qui travaille à faciliter la circulation des bicyclettes dans notre ville. C’est la question des arceaux à vélos qui est abordée, avec le regret de voir malgré des demandes répétées, que le stationnement des vélos reste compliqué à Saint Gratien : manque de places devant la gare, devant la médiathèque et le cinéma, devant le magasin Carrefour où les arceaux sur le trottoir gênent le passage des piétons.. Les embouteillages récurrents à la sortie des écoles sont aussi pointés. Pourquoi pas de « pédibus » ou de « vélobus » pour accompagner les enfants ? Le maire se contente de vanter sa politique en matière de déplacements doux, affirmant que Saint Gratien est reconnu pour être à la pointe de l’innovation en matière de développement durable.. assertion péremptoire mais que, hélas, nous ne partageons pas. Soulignons quand même un moment de franche gaieté quand le maire explique que s’il n’y a pas d’arceaux devant la salle d’armes pourtant tout récemment rénovée, mais seulement un local fermé à clef réservé aux initiés, c’est parce qu’il s’est fait lui-même voler son vélo à cet endroit lorsqu’il était collégien ! Un traumatisme compréhensible mais devenu une aversion chronique au vélo ?     

Bien qu’étant moi aussi une habitante du quartier, j’attends prudemment la fin des questions des présents pour lever la main. Je sais que le maire est rapide à nous accuser de « profiter » de la réunion de quartier pour notre « propagande ». Loin de moi cette idée, je considère seulement que ces assemblées doivent dépasser les simples questions relatives aux problèmes de voirie et de stationnement et être l’occasion d’aborder des sujets plus fondamentaux de politique municipale.

J’ai choisi cette fois de revenir sur les énergies renouvelables. En 2010, la ville avait mandaté le cabinet Solving pour l’aider dans sa démarche de développement durable. Solving avait alors pointé le manque « de sites de production d’énergies renouvelables, ce qui à terme peut constituer une faiblesse au vu de l’évolution des prix des énergies fossiles ». Bien vu ! Or, presque 15 ans plus tard, et malgré la pertinence du propos, on constate peu d’évolutions : seuls la salle d’armes et les vestiaires du stade Auguste Delaune sont équipés de panneaux photovoltaïques… La ville a-t-elle raté le coche, alors que des villes voisines ont su installer ce genre de dispositifs sur leurs bâtiments ?

Hélas, bien que je n’ai pas tenu le micro plus de 30 secondes, le maire prend à témoin l’assemblée sur ce qu’il « doit supporter au Conseil municipal » de la part de sa méchante opposition, et se lance dans une longue tirade sans grand rapport avec ma question… Pas de réponse non plus sur le sujet du tramway, un transport efficace et qui se développe partout, jusqu’à Épinay.. mais pas jusqu’à Saint Gratien… Je reste avec mes questions.

Le maire ayant annoncé en début de réunion qu’il était un peu souffrant, nous mettrons sur le compte de son état fiévreux le fait qu’il ait encore raté l’occasion d’un échange démocratique fructueux.  

Ci-dessous quelques images, non projetées lors de l’assemblée de quartier, mais qui éclairent sur l’état de la passerelle de la gare, et sur celui du local poubelles du marché.

Des surprises et un rêve

Réunion de quartier ce 17 avril dans la grande salle du centre Camille Claudel.

En retard, je rate la page de publicité municipale sur le dispositif « Voisins vigilants », qui figure désormais en premier point des sujets traités. Pas de regrets, je ne crois pas du tout en cette plate-forme privée qui prospère sur le sentiment d’insécurité répandu dans nos banlieues. Outre que la « surveillance » est un vrai métier qui doit être pratiqué par les professionnels que sont les forces de police, je pense que c’est de « l’humain d’abord » qu’il faut remettre dans nos quartiers, enseignant·e·s, médecins et infirmières scolaires, éducateurs·trices, animateurs·trices… Je ne crois pas non plus en l’efficacité des caméras, qui sont implantées de plus en plus nombreuses, sans qu’un quelconque bilan en soit jamais tiré.

J’arrive donc au moment où sans surprise, c’est la question du stationnement qui est abordée. Comme dans tous les quartiers, le nombre de places semble tout à fait insuffisant par rapport à celui des véhicules. Problème insoluble, sauf à consacrer toujours plus d’espaces aux parkings ? C’est toute la question du réaménagement des villes, étouffées par la circulation et le stationnement qui se pose. Développement des transports doux, très adaptés dans notre ville au petit territoire, des transports en commun, ou navette municipale qui éviterait le recours à la voiture… des solutions de fond qui ne sont jamais évoquées en réunion de quartier.

Surprise par contre, lorsqu’une mère de famille interroge sur le tarif de la cantine ! Elle propose de mutualiser pour baisser le coût pour les familles. L’occasion de rappeler notre proposition de porter auprès de la communauté d’agglomération le principe d’une cuisine centrale (et ses avantages, entre meilleurs repas préparés sur place, la non-dépendance aux contrats liant la ville au privé et les potentielles aides de l’État…) Deuxième surprise ! Le maire qui jusqu’ici semblait imperméable à toute suggestion de ce genre, ne paraît pas ce soir hostile à cette réflexion ! Comme quoi, il ne faut jamais désespérer.

Autre découverte, décidément la soirée est fertile en annonces, les travaux de la rue de Verdun verront l’implantation d’une « bande cyclable », marquage au sol indiquant la présence et la circulation possible de vélos sur la chaussée. Certes, ce n’est pas une « piste » cyclable sécurisée car séparée de la partie de la chaussée réservée aux voitures, mais c’est mieux que rien ! Certainement les retombées de l’obligation légale de prévoir un aménagement cyclable en cas de réfection de voirie. Nous l’avions rappelée au maire lors des demandes de subvention des travaux, sans succès. Tant mieux si les choses évoluent ! Il est important de faciliter la circulation cyclable depuis, ou vers la gare RER, et ce malgré l’étroitesse de la chaussée et le passage des bus.

Nouvel étonnement lorsque je pose la question de la ô combien nécessaire rénovation de la passerelle de la gare. Un équipement ancien et très vétuste, raide d’une trentaine de marches étroites et très abimées comme en témoignent nos photos. Vraiment un passage difficile pour nombre de gens souhaitant relier les Raguenets au centre-ville, et une véritable coupure physique entre les quartiers.

Le maire nous indique que la passerelle est municipale, alors que nous la croyions propriété SNCF. Des études seraient prévues, nous suivrons l’affaire car cela mériterait vraiment une réhabilitation profonde, à défaut d’un large passage souterrain comme il en existe dans certaines communes,  facilitant la circulation piétonne et cycliste… une occasion certainement manquée il y a des années lors de l’aménagement du souterrain pour voitures sur la D14.

Pas de surprise en revanche lorsque mon collègue du Conseil municipal Stéphane Bauer propose de tenir une brocante dans le quartier des Raguenets. Une animation qui serait bienvenue surtout si elle permettait la vente de vêtements, contrairement à la « brocante de rue » (mais aux Raguenets aussi, ce sont des rues ! ) invariablement localisée rue Terré, et sans vente, ni don possible de vêtements. Pourtant l’occasion en ces temps de forte inflation, de rendre service à de nombreuses familles avec enfants !

Enfin, le maire se lamentant sur la baisse des dotations d’État, l’absence de bouclier tarifaire pour les villes et la charge nouvelle de 2 millions d‘euros qui lui incombe, entre augmentation du SMIC, et hausse des prix de l’énergie, nous lui re-re-re-suggérons de réduire de façon partielle et ciblée l’éclairage public, par exemple entre minuit et 5 heures du matin dans certaines rues, ce qui permettrait l’économie pas tout à fait négligeable de 100 000€…  Mais là, pas de surprise, c’est toujours non ! L’électricité n’étant pas chère la nuit, ce n’est pas à ce moment qu’il faut l’économiser, nous dit-il, nous laissant quelque peu interloqués devant cet argument… Nous sommes la ville la plus dense du Val d’Oise, poursuit-il,  et ce serait une atteinte à la sécurité. Outre que c’est en grande partie aux amis politiques du maire, aux affaires depuis 1983, que nous devons cette densification excessive, cela ne signifie pas pour autant qu’il y a foule dans nos rues au milieu de la nuit, ni que l’extinction des lampadaires entraîne une hausse des actes de délinquance… C’est même le contraire, le voleur aussi ayant besoin d’éclairage. D’ailleurs les communes avoisinantes ayant éteint leur éclairage public ne sont pas victimes d’une hausse massive de la délinquance, ni les multiples villes de France où cette mesure est appliquée depuis longtemps. Nous y gagnerions un meilleur sommeil, une biodiversité mieux préservée, et nos enfants pourraient découvrir la présence des étoiles… Rêvons un peu.           

 

L’heure est grave

Première réunion de quartier en ce printemps 2023, sous le préau de l’école Raymond Logeais.

Quelques nouveautés : il n’y a ni chaises (elles finiront par arriver du réfectoire), ni micro (ce qui ne facilite pas les échanges…) mais surtout il y a la présence notoire de l’adjoint aux finances, qui en principe ne se déplace guère pour entendre parler des sujets les plus souvent évoqués dans ces réunions, stationnement et nuisances de voisinage diverses par exemple. L’heure doit être grave.

L’ordre du jour est totalement inédit, lui aussi. Alors que d’habitude les projets et investissements sont présentés, avant le traditionnel exercice de questions au maire, rien de tel ce lundi. Les mauvais esprits diront que les travaux sont réduits à leur plus simple expression et qu’il devient délicat d’en faire l’exposé…

Aujourd’hui, on parlera sécurité et finances communales !

Je passe rapidement sur le bilan de la « marche exploratoire » que réalisent les services de la ville avec les membres du groupe de quartier en amont de la réunion, puisque cette visite ne débouche que sur des constatations extraordinaires, tels que le manque de poubelles ou les massifs à tailler. Mais marche exploratoire, ça impressionne !

La partie « sécurité », c’est simple, et on s’en doutait un peu, consiste essentiellement à une page de publicité pour le dispositif « Voisins Vigilants et Solidaires », qui rappelons-le, est totalement axé sur la vigilance et pas du tout sur la solidarité. Ce qui est plus étonnant, c’est d’entendre le représentant de la police nationale lui-même vanter les mérites de cette plate-forme privée, dont aucune étude n’a constaté l’efficacité ! Car la délinquance et ses variations dépendent de multiples facteurs et il serait bien illusoire d’attribuer une baisse des cambriolages de 20à 30%, comme affirmé ce soir, à la seule mise en réseau de voisins qui se surveillent mutuellement. Étonnant aussi de voir les services municipaux se faire les relais zélés de « VVS » en incitant les habitants présents à rejoindre ce réseau.

On embraye ensuite sur un autre dispositif censé réduire l’insécurité mais dont aucun bilan n’est jamais communiqué non plus : nos très chères caméras ! Le maire nous annonce l’implantation de quelques engins supplémentaires, sans en dévoiler l’emplacement, vous comprenez bien pourquoi, nous dit-il !  (Non. Pense-t-il que nous allons renseigner les voyous, voire en profiter nous-mêmes ? De plus, il faut être aveugle pour ne pas repérer le gros globe perché au bout d’un mât, qui nous surveille !)

Une fois les habitants rassurés sur leur sécurité, on passe à la deuxième partie de la soirée… qui risque d’être beaucoup plus inquiétante ! Les finances de la ville sont au plus mal, on risque l’effet ciseau, c’est-à-dire les dépenses supérieures aux recettes. Évidemment, la ville souffre, comme toutes les autres, de la conjoncture et est soumise aux fortes augmentations des fluides et des denrées alimentaires, à la revalorisation du SMIC, le tout avec des dotations en berne, une taxe d’habitation disparue et pas de bouclier tarifaire : deux millions de dépenses supplémentaires entre 2021 et 2023… Vous voyez la suite ?

Bien que la ville serre notre ceinture, ne recrute plus voire dégraisse, baisse le chauffage et engage quelques travaux de rénovation énergétique… il va falloir se résoudre à augmenter le taux communal de la taxe foncière ! Un secret de polichinelle puisque le vote du budget 2023 en décembre denier avait déjà acté cette hausse. Mais elle va être assez conséquente pour que la majorité municipale ait jugé utile de déminer le terrain avec une présentation « pédagogique »  de la chose.. En effet, si les taux de la ville vont augmenter de + 14%, les bases et autres parts du département, de la région… vont, elles aussi, connaître des hausses importantes.

Au final, la TF 2023 risque d’être assez salée. Mais, nous dit l’adjoint aux finances, par chance, pour les dernier·ères Gratiennois·e·s à être exonéré·e·s de la TH cette année, la hausse sera plus indolore puisque ils/elles gagneront du côté de la TH ce qu’ils/elles perdront du côté de la TF… On reste moyennement convaincus car comment se satisfaire de voir le bénéfice financier de la disparition d’une taxe entièrement avalé par la hausse de l’autre…

Nous reviendrons sur cette question de l’augmentation des taux prochainement, puisqu’elle sera débattue au Conseil municipal d’avril. Saint Gratien est confrontée à une situation délicate comme toutes les collectivités, mais il y a aussi des raisons spécifiques à ses difficultés, notamment une mauvaise gestion de sa dette avec la contraction d’emprunts structurés qui ont handicapé sa capacité d’investissement, et par exemple la rénovation énergétique de ses bâtiments.

J’interroge sur le deuxième versant évoqué par l’adjoint pour équilibrer son budget, à savoir la prévisible et annoncée augmentation des tarifs des prestations périscolaires. Hélas ! Il est à craindre qu’elle soit importante, puisque le maire n’a pas osé donner de chiffre, se contentant de rappeler la hausse de 2022, à savoir +3%… ce qui n’était pas l’objet de ma question.   

La réunion de quartier reprend enfin un cours habituel, avec les traditionnelles doléances sur le manque de places de stationnement. Interrogé sur le développement des infrastructures cyclables, pour que les différents modes de déplacement puissent cohabiter dans notre ville, le maire vante, comme à son habitude, les arceaux à vélos et autres ateliers de réparation. Oui, mais pour rouler en toute sécurité ? On entendra quand même parler de plan vélo au niveau de l’agglomération, et de double sens cyclable qui pourrait voir le jour dans certaines rues… à suivre !

Enfin, est venue sur le tapis la question, ô combien cruciale, de la gestion de l’eau en ces périodes de sécheresse prolongée qui font craindre un été compliqué. La ville pourrait favoriser la récupération de l’eau de pluie dans les quartiers pavillonnaires, voire les copropriétés, en organisant des achats groupés de récupérateurs d’eau de pluie… Une bonne idée, nous dit le maire… Merci à Sabine, notre ancienne  colistière au Conseil municipal, de nous avoir fait échapper au sempiternel sujet des difficultés de stationnement !

Vous avez dit « consultatives » ?

Saint Gratien, juin 2019

Les réunions de quartier du printemps viennent de se terminer.

« Assemblées consultatives de quartier », selon leur nom officiel. Bien peu conforme à la réalité.  Aucune consultation de qui que soit, sur quoi que ce soit, mais seulement une information municipale bien orientée, sur des projets réalisés ou en cours, et sur lesquels il est impossible de débattre. Une conception très étriquée de la démocratie participative.

Pour notre part, en tant qu’élus minoritaires, nous participons à toutes les assemblées dans les différents quartiers, pour y rencontrer et écouter les habitants, et également pour poser les questions ou faire les suggestions que nous jugeons utiles. Ne sommes-nous pas ainsi en plein dans notre rôle d’élus ? Ne répondons-nous pas à l’invitation de la ville, qui sur son flyer indique qu’il s’agit « d’échanger ensemble » ou encore que « les élus et les membres du groupe de quartier souhaitent entendre vos propositions pour améliorer la vie dans votre quartier » ?  Aussi est-il très étonnant, comme l’a d’ailleurs fait remarquer une habitante lors de la dernière réunion, d’entendre le maire nous répondre de manière très méprisante, nous accusant d’être « en campagne électorale », de faire de la politique (on assume ! la politique, c’est la vie de la cité !) ou nous renvoyant au Conseil municipal (on sait combien les débats y sont libres !), voire de nous ignorer lorsque nous demandons la parole, ou pire encore de nous la couper lorsque nous l’obtenons enfin ! C’est ainsi que les échanges sur le marché municipal ont brutalement pris fin. Le maire, à l’image de son prédécesseur,  a décidé que le seul format admis était celui des questions-réponses, qui peut soit se transformer en long monologue de réponse, soit en non-réponse si la question est jugée dérangeante. Pratique, non ? Un simulacre de consultation, nous le savons mais nous ne renonçons pas à tenter de nous y faire entendre.

Pour ce qui est de la présentation des réalisations municipales, elle est si réduite (travaux du stade Delaune et des écoles, réfection de 3 rues sur plusieurs exercices), que le frelon asiatique est appelé à la rescousse pour gonfler un peu l’exposé, et que le maire prend le temps de nous redonner des consignes précises de tri des déchets.   

Voici l’essentiel des thèmes soulevés lors de ces cinq assemblées.

Tout d’abord, un regret : que la ville n’ait jamais pensé à mettre en place un système d’interpellation des services techniques ou de la police municipale, susceptible de répondre aux demandes matérielles ponctuelles de Gratiennois, tel que les problèmes particuliers de voirie, voitures ventouses, éclairage défectueux, stops non respectés, pose de miroirs aux intersections ou autres problèmes liés au stationnement. Voilà qui serait plus efficace pour résoudre ces petits soucis de la vie quotidienne, et qui allègerait les réunions de quartier au profit de problématiques plus collectives.

Dans toutes les réunions est venue la question de la sécurité, qu’il s’agisse de cambriolages, vols de voitures, tapage nocturne, rassemblement de bandes, trafics divers. Avec une demande quasi systématique de vidéosurveillance, dorénavant appelée « vidéo-protection ». Rappelons que ce système a fait l’objet de nombreuses études, qui toutes ont démontré son inefficacité en matière de baisse de délinquance, malgré un coût très élevé pour les collectivités. Saint Gratien est déjà très équipé dans ce domaine, mais jamais aucun chiffre ne nous est fourni sur une éventuelle baisse des délits constatés. Au mieux, la vidéosurveillance sert à identifier un coupable après le méfait, s’il a été assez stupide pour s’exposer visage découvert à la caméra, ce qui est tout de même assez rare. J’ai donc de grandes réticences pour l’implantation de caméras. Par contre, il est assez inquiétant d’entendre que les forces de police sont en nombre très insuffisant, qu’il n’y a que deux patrouilles de nuit pour 8 communes et qu’il manque 25 policiers dans notre secteur. Remettons une présence humaine, qu’aucune machine ne remplacera !

Beaucoup de questions aussi sur le commerce de proximité, les habitants s’inquiétant des fermetures de magasins, ou de l’ouverture de la librairie, annoncée mais qu’on ne voit toujours pas venir, ou bien encore de l’activité du marché, dont tout le monde, sauf la municipalité, constate l’affaiblissement. Dans le quartier des Marais, où la boulangerie a fermé, nous reposons la question récurrente du local commercial inoccupé depuis des années. Peu de réponses, à part la sempiternelle leçon de civisme que se croit obligé de donner le maire en intimant aux habitants l’ordre de fréquenter les commerces locaux. Pour ma part, je serais ravie d’aller acheter un livre au centre-ville.

Le sujet me tenant à cœur, j’ai interrogé la ville, avec plus ou moins de bonheur dans les réponses, sur différents points touchant aux écoles et aux enfants gratiennois : menaces de fermetures de classes, dispositions prévues en cette semaine caniculaire pour protéger ce public fragile que sont les enfants, dans des locaux souvent très mal isolés, sans volets ou rideaux suffisants pour réduire la chaleur. Il me semble que la ville aurait pu, sans grever excessivement son budget, fournir gobelets et bouteilles d’eau, quand on sait que les seuls points d’eau des écoles sont les robinets des toilettes… Nous nous sommes aussi inquiétés d’éventuelles  activités organisés par la ville pour les familles et enfants qui ne partent pas en vacances. Hélas, non, nous n’avons pas raté un épisode au Conseil municipal, rien n’est prévu de ce genre à St Gratien, car la ville n’en a pas les moyens, dixit le maire. Il aurait été plus juste de dire qu’elle a choisi de les mettre ailleurs.

Aux Raguenets, les habitants sont venus alerter la ville sur une infestation très conséquente de rats. Une riche idée de leur part, puisqu’après avoir pris le sujet à la légère, la mairie annonce une intervention ces jours-ci. Nous nous rendus sur place deux jours plus tard pour rencontrer les habitants, avons constaté l’étendue du problème, et nous sommes intervenus par courrier auprès du maire, qui n’a pas daigné nous répondre. Nous l’avons donc relancé aussi lors de la réunion au centre-ville. Affaire relatée sur ce blog. Et à suivre pour s’assurer de l’efficacité du traitement. Un enseignement : venir en réunion de quartier est donc utile pour se faire entendre ! Il faut toutefois y parler assez fort…

Comme à chaque session, les questions relatives au stationnement sont nombreuses. Peu étonnant au regard de l’engorgement automobile de Saint Gratien. Nous nous inquiétons du projet Véligo, parc à vélos qui devrait voir le jour à la gare à la rentrée mais n’est jamais évoqué par le maire. Nous réaffirmons à cette occasion notre demande de voir installer des parcs à vélos dans les écoles, notamment celles qui connaissent des embouteillages records lors des entrées et sorties des élèves : Kergomard, Jaurès, Grusse Dagneaux, Logeais et Jules Ferry. Car le parc Véligo incitera des parents à se rendre à la gare en vélo. Pourquoi donc ne pas aussi accompagner son enfant à l’école en vélo, si ce dernier peut laisser son engin en toute sécurité dans la cour de son établissement ? Réponse très évasive à ce propos. Le sujet des pistes cyclables, que seul le maire voit en nombre à Saint Gratien, revient aussi sur le tapis. Il paraît qu’ici les rues sont trop étroites pour implanter des pistes. Ah. Une particularité gratiennoise, certainement. Ne désespérons jamais. Et n’oublions pas de rappeler que les déplacements doux sont bénéfiques au commerce local, en plus d’être bons pour notre santé et pour la planète.

Notre expérience réussie de « table à livres » au marché nous amène à demander l’avancement du projet municipal de « boîtes à livres ». À surveiller cet automne, les emplacements ayant été déterminés. Beaucoup de temps pour la mise en œuvre d’un projet relativement simple. Si on m’avait demandé mon avis, j’aurais proposé  une boîte au marché et une autre dans le parc Barrachin, spéciale pour les enfants.

Des Gratiennois s’inquiètent de la fermeture du centre de tri postal. À juste titre, c’est la disparition d’un service de proximité puisqu’il y a là en plus du tri tous les services postaux pour les usagers. Une nouvelle organisation verra le jour, dont s’inquiètent les personnels. La poste : encore un service public qu’on laisse dépérir pour mieux justifier son passage au privé.

Les plantations aux carrefours sont jugés trop hautes, elles gênent la visibilité des automobilistes et des piétons. Un manque de jardiniers, peut-être ?

La privatisation d’ADP est évoquée : le maire serait « plutôt contre ». Formulation un peu étrange, mais ça vaut mieux que « plutôt pour »…

Quant à l’agrandissement de Roissy via la construction du terminal T4, le maire est franchement pour, pour raison de « développement économique ». Mais il n’est pas pour que la commune intègre le PEB, plan d’exposition au bruit, ce qui permettrait pourtant de bénéficier de crédits d’ADP pour l’isolation phonique des habitations. Cela déprécierait les propriétés, selon lui. Mieux vaut certainement supporter le bruit sans rien réclamer. Le T4 apportera 500 avions supplémentaires par jour au-dessus de nos têtes.

La ville se targue d’avoir enfoui 75% de ses réseaux. Il y a par contre d’autres travaux réalisables en cas de réfection de la voirie, essentiels pour lutter contre les risques d’inondation et de pollution lors de gros orages, plus fréquents avec le changement climatique. Des travaux moins visibles que l’enfouissement des réseaux, mais ô combien utiles. La question est posée de connaître la position de la ville en matière d’assainissement séparatif. « Ça coûterait des millions ! » s’exclame le maire. Ça clôt le débat, un peu abruptement.

Parmi d’autres sujets particuliers que nous avons abordés :

Les passerelles des Marais dont nous nous étions inquiétés en Conseil municipal, vont faire l’objet d’une lourde rénovation. Une visite de nuit va permettre un diagnostic. La structure serait en bon état mais le plaquage doit être remplacé. L’intervention, qui concernera les deux passerelles, se fera la nuit quand le RER ne circule pas. Une somme de 800 000€ a été provisionnée par la ville qui devrait donner des infos sur son site.  

L’accessibilité de la gare n’est toujours pas faite, avec un équipement devant permettre l’accès aux trains pour les personnes à mobilité réduite mais qui n’est toujours pas en service. Nous avons saisi la SNCF de ce problème, sans réponse à ce jour. De même, les toilettes de la gare ne sont toujours pas accessibles. Quant au RER, ses dysfonctionnements sont fréquents. C’est le manque de moyens humains pour ce service public qui est ici clairement en cause.  

Ce sont les dernières réunions de quartier de la mandature, puisque le maire a décidé de supprimer celles de l’automne, pour raison d’élection municipale prochaine, en mars 2020. Il paraît que les deux sont inconciliables. Surtout ne pas mélanger politique et réunions avec les habitants. Le maire est-il comme monsieur Jourdain ? Il ferait de la politique sans le savoir ? Ou craint-il que les prochains débats ne lui échappent, comme déjà, ceux du printemps ont commencé à le faire ?

 

 

  

    

 

Rendez-vous gratiennois

StG10.jpgLe prochain Conseil municipal de Saint Gratien aura lieu le jeudi 6 juin 2019. Ce sera le dernier de l’année scolaire. Au menu, la présentation du compte administratif de la commune, qui retrace les réalisations effectives du budget 2018. Une bonne occasion d’examiner la gestion de la ville et ses choix en matière budgétaire. On y revient très prochainement.

Le mois de juin verra aussi les dernières réunions de quartier de la mandature. Les réunions de l’automne n’auront pas lieu pour cause de l’approche des élections municipales de mars 2020. Il faut donc en profiter dès maintenant ! Voici leurs dates.

École Raymond Logeais : mardi 28 mai à 20h. On y était, on y revient également très bientôt.

Centre culturel Camille Claudel : mercredi 5 juin à 20h

École Jean Moulin : mercredi 19 juin à 20h

Salle Jean Hulin : jeudi 20 juin à 20h

Centre culturel du Parc : lundi 24 juin à 20h

Une très bonne occasion de venir questionner le maire.. ou tout simplement de donner votre avis sur la vie gratiennoise. 

À bientôt !

Réunions de quartier : la fin d’une époque ?

Les traditionnelles réunions de quartier se déroulent ces jours-ci, entre fin novembre et mi-décembre. Trompeusement dénommées assemblées « consultatives » de quartier, alors même qu’elles ne sont que de simples réunions d’information municipale, elles attirent peu de monde. Et même de moins en moins de monde, peut-être depuis que leur horaire a été avancé à 19h30, rendant impossible la présence de Gratiennois travaillant hors commune, ou de parents de jeunes enfants. Il y a donc surtout des habitués, aucun jeune, très peu de personnes de moins de 50 ans, et une majorité écrasante de « seniors ». Une petite trentaine de personnes dans chacun des cinq quartiers, soit au total moins de 200 Gratiennois. C’est bien peu dans une ville qui compte plus de 20 000 habitants. Du côté des élus également, de moins en moins d’assiduité. Peut-être un découragement face à un rôle purement décoratif ? Car il est rarissime qu’un élu intervienne, en dehors des adjoints qui sont là en service commandé pour présenter un projet, plutôt une réalisation finalisée, un dossier tellement avancé qu’il est impossible d’intervenir sur son déroulement. Leur prestation occupe une partie importante de la réunion, projection à l’appui. Pourtant les opérations municipales se font rares. Aussi, le maire meuble en développant également les projets immobiliers privés en cours sur la commune.

Au menu cette année, la rénovation du stade Delaune, des travaux dans les écoles, notamment à Jean Moulin, la réfection des voiries des rues Custine, Laroche et Jeanne     d‘Arc. Certaines de ces opérations s’échelonnent sur plusieurs exercices. L’exposé est donc plutôt bref. Des questions ? Il n’y en a pas, étant donné qu’il n’y a souvent ni parent d’élève, ni joueur de foot dans l’assistance. Seuls les travaux de voirie suscitent parfois des interrogations. Quelqu’un demande quand sa propre rue sera rénovée, et le maire indique qu’il y a un calendrier des travaux. Mais personne n’a l’idée de demander qui le détermine. C’est le grand mystère du « PPI », un plan pluriannuel d’investissement particulièrement secret : seuls les élus de la majorité le connaissent. On passe ensuite rapidement aux questions plus générales. Ou plutôt à la question unique, et ce quel que soit le quartier : les nuisances provoquées par les automobiles. Vitesse excessive, stationnement anarchique, manque de places de parking, demandes de radars et autres ralentisseurs… c’est bien la problématique commune à tous les quartiers. Mais chacun en reste à chercher des « solutions » pour sa rue, sans envisager de réflexion plus globale sur la ville. Personne non plus ne s’inquiète des véhicules supplémentaires que vont entraîner les nouvelles constructions. La réponse du maire ? Bien sûr, il ne peut que tergiverser : « On va regarder… vous savez, les ralentisseurs font du bruit… la police va passer constater… » La réunion se termine à peine une heure après avoir commencé, sur ce constat d’impuissance.

Je tente bien de lancer le débat sur quelques alternatives au tout-automobile, en demandant s’il y aura des aménagements cyclables dans les rues rénovées, comme la loi en fait obligation. Sans oublier que ces rues sont à proximité de l’avenue de Ceinture, qui fait le tour du lac d’Enghien et est, sur partie de son parcours, pourvue de pistes cyclables très empruntées. Une occasion donc de réaliser une jonction qui pourrait constituer un embryon de réseau cyclable. « Vous n’y pensez pas ! » me rétorque le maire en alertant sur l’étroitesse des rues gratiennoises. « Il faudrait supprimer le stationnement ! » Un cri d’angoisse monte du public, et l’affaire est entendue. Je passe pour une illuminée et une ayatollah du vélo. Sauf que ces aménagements ici impossibles sont réalisés dans des communes voisines… et que je ne demande qu’une modeste place pour les cyclistes, et non l’éradication radicale et immédiate des voitures…

Le maire rencontre quand même parfois quelques contradicteurs : ce fut le cas lors de l’assemblée du centre-ville. D’autres acharnés du vélo ? Ou de simples citoyens qui demandent que la loi s’applique à Saint Gratien, le double sens cyclable par exemple qui doit être mis en place dans toutes les rues limitées à 30km/h, ou encore les prescriptions du PDUIF (plan de déplacements urbains d’Île-de-France), selon lequel 1 place de stationnement sur 40  doit être transformée en emplacement pour vélos quand une gare est à proximité ? « Je ne suis pas allergique au vélo » déclare le maire. Par contre on comprendra vite qu’il l’est aux habitants qui viennent un peu le contrarier, car la réunion prend rapidement un ton agressif ou méprisant (« faites donc une lettre au père Noël ! ») et la « discussion » tourne court. Tout le monde ira se coucher de bonne heure.  

Les limites de l’exercice ?   

Nous sommes face à un modèle de fonctionnement obsolète. Les Gratiennois ne fréquentent pas les réunions de quartier parce qu’elles n’ont aucun pouvoir. Au mieux, ils viennent soumettre un problème particulier, et attendent en retour sa résolution. Dès qu’une question plus générale intéressant l’ensemble de la ville surgit, le maire botte en touche : il n’est pas là pour débattre avec ses concitoyens, ni pour se concerter avec eux. À Saint Gratien, la démocratie ne passe qu’une fois tous les six ans. Entre deux échéances électorales, le maire a les pleins pouvoirs, et entend les garder.

Nous avons une autre vision de la « démocratie participative ». Un peu d’innovation dans ce domaine est indispensable pour redonner intérêt et envie de participer aux citoyens. Un exemple ? À Enghien, ville qui n’est pas administrée par de dangereux révolutionnaires, il est mis en place le système bien connu du « budget participatif ». Le principe est simple : un pourcentage, en général modeste du budget, est réservé aux projets des habitants. Appel à participation, dépôt des projets, puis étude de leur faisabilité et chiffrage par les services municipaux. Ensuite les différents projets sont soumis à référendum. Celui qui emporte la plus forte adhésion sera réalisé. Nous avions déjà relaté des expériences dans ce domaine : lire ici

Quant à notre autre proposition, nous l’avons portée depuis 2014 : il s’agit là aussi  d’une pratique courante : un Conseil municipal des jeunes, qui invite à la participation des jeunes à la vie de la cité, favorise les projets innovants,  éduque à la citoyenneté, et comme le budget participatif, apporte une meilleure compréhension des enjeux, coûts, règles publiques, contraintes…

Deux réunions de quartier doivent encore se tenir ces jours-ci : ce soir même 11 décembre au centre culturel du Parc, et le 18 décembre au centre culturel Camille Claudel du quartier des Raguenets.