24 juin, salle Georges Brassens

Suite de notre compte-rendu de la séance du 24 juin 2021 du Conseil municipal de Saint Gratien

Nous interrogeons le maire sur certaines décisions dont il informe le Conseil.

Sur l’opération de sensibilisation à l’usage de la trottinette : quelle est la nature de la prestation de l’association, et au-delà de cela, la ville a-t-elle prévu des aménagements spécifiques concernant le mobilier urbain pour garer les trottinettes  ? Voir les arceaux qui existent par exemple devant l’école maternelle Riet d’Enghien. Est-il prévu d’installer des racks à trottinettes dans toutes les écoles de la ville ? Le maire refuse de répondre, renvoyant à une réunion de la commission « développement durable ». La dite commission ne s’est pas réunie depuis l’automne…

Sur l’acquisition par la Saiem d’un local commercial rue P. Hémonnot, quel est le projet sous-jacent, et le prix ? Pas de réponse.

Qu’en est-il des travaux sur le revêtement défectueux de la passerelle de droite en allant du centre vers les Marais ? Une  reprise de revêtement sera effectuée mais il faut d’abord régler un problème de boîtes à eau qui récoltent les eaux de pluie , mal posées. Cette opération devra s’opérer en présence de représentants de la SNCF.

Qu’en est-il des pistes métalliques de la salle d’armes, ont-elles toutes déjà été refaites suite aux problèmes d’infiltration ? D’après l’adjoint aux sports, les caissons des pistes ont été rénovés, les pistes en elles-mêmes n’en auraient pas besoin.

L’agrandissement du réfectoire de l’école Grusse Dagneaux permettra-t-il d’accueillir tous les élèves à la cantine ? À vérifier à la rentrée scolaire..

Le Conseil entend ensuite une information sur les actions de développement social urbain. Un rapport immuable… et un peu fourre-tout.. puisqu’on y trouve aussi bien des travaux d’aménagement des écoles du quartier des Raguenets que des opérations de rénovation d’équipements sportifs très éloignés de celui-ci… Nous en profitons pour interroger sur le fonctionnement de la maison de santé, où n’officient toujours que deux médecins, un qui travaillait déjà dans le quartier des Raguenets, et un interne. Nous sommes donc encore loin des 3 ou 4 praticiens espérés. À noter que dans la liste des « travaux de réhabilitation » des équipements sportifs, ne figure pas la destruction du city stade des Raguenets ! Une opération néfaste mais très coûteuse…

Le Conseil vote la participation communale versée à l’APS pour les actions de prévention spécialisée. Le montant de cette subvention communale (plus de 53 000€) justifierait une communication au CM des activités de l’APS.. nature des services proposés et nombre de personnes bénéficiaires. Hélas ! opacité totale puisque la présidente de l’APS, J. Eustache, nous indique que cette structure a « des obligations de fonctionnement » et de « confidentialité » qui interdisent de communiquer ne serait-ce que le nombre de personnes qui bénéficient des actions de cette association…

Le Conseil vote ensuite des subventions exceptionnelles pour des associations dont la trésorerie a été fragilisée par la crise du Covid. Nous y sommes favorables, tout en nous interrogeant sur les bases de calcul de ces subventions, non communiquées.    

Nous nous abstenons sur les tarifs culturels, qui resteront identiques pour la saison 2021/2022. Mais notre proposition d’accorder la gratuité pour les groupes scolaires est refusée. Ce serait pourtant un signal envoyé aux écoles, cela faciliterait leur participation et encouragerait les pratiques culturelles des écoliers. Actuellement, les parents participent et souvent c’est la coopérative scolaire qui complète, donc les fonds des écoles… Ce serait au contraire un geste insignifiant pour le budget de la ville.

Tous les spectacles qui n’ont pas eu lieu en raison de la crise sanitaire, ont été reportés à une date ultérieure, sauf un.

À suivre les questions budgétaires et notamment le vote du Compte administratif qui retrace les dépenses et recettes réellement effectuées de 2020.

Anomalies démocratiques

La suite de notre compte-rendu du Conseil municipal du 24 juin 2021

Nous essayons sur ce blog de rendre compte régulièrement de nos interventions et initiatives. N’est-ce pas le minimum pour un élu ? Ne pas apparaître une fois tous les six ans pour solliciter le suffrage des électeurs, mais bien au contraire les informer tout au long du mandat ? À notre modeste niveau, c’est ce que nous tentons de faire.   

Le 24 juin, le public est de retour dans la salle ! Mais contrepartie négative, la ville stoppe la retransmission en ligne de la séance. C’est pourtant un excellent moyen d’informer les citoyens sur le travail de leurs élus et de nombreuses villes avoisinantes ont depuis longtemps opté pour ce dispositif.  

Nous votons contre le procès-verbal de la séance du 15 avril. Un document essentiel pour la bonne information des Gratiennois ! Nous demandons à le recevoir plus rapidement, car la relecture d’une séance tenue deux mois et demi plus tôt… n’est pas un exercice facile ! Dans ce cas précis, nous relevons qu’il nous est attribué des votes qui n’ont pas été les nôtres, des propos que nous avons tenus  sont attribués à d’autres, et surtout nous relevons des coupes qui n’ont rien d’innocent dans nos interventions ! Par exemple, les échanges avec le maire qui nous coupe la parole au sujet de l’article 3 du règlement des prestations périscolaires ne sont pas retranscrits. L’article 3 stipule que l’accès à la restauration scolaire peut être refusé à un enfant si les deux parents ne travaillent pas. Cette disposition est illégale et régulièrement condamnée par la jurisprudence, comme nous l’avons fait remarquer à de nombreuses reprises.

Autre exemple, la partie la plus importante de mon intervention sur le fait que les tarifs de cantine sont excessivement élevés à St Gratien et la comparaison faite avec 13 autres communes voisines, ce qui montre des écarts de +15% sur le tarif minimum et + 43% sur le plus élevé n’est pas retranscrite.. seule est notée ma remarque sur le fait que l’augmentation est moins importante que d’habitude ! Un « charcutage » bien ciblé..

Enfin, nous faisons remarquer au maire que le 15 avril, en réponse à notre 3è question orale, le PV note que le maire répond qu’ « ils » sont mal informés et qu’ « ils » ne reconnaissent pas les documents administratifs…  on suppose que le « ils » nous désigne. Le PV relate bien la réponse du maire… mais c’est la réponse elle-même qui n’est pas exacte ! Car il apparait qu’au contraire nous étions très bien informés. Le dit arrêté (sur les horaires scolaires que la ville voulait modifier en raison de la crise du Covid, proposition repoussée par les conseils d’école) qui n’existait pas selon le maire, était bel et bien affiché sur les panneaux administratifs. Les mal informés ne sont pas ceux qu’on croit… mais pour les Gratiennois qui lisent le PV, ou même les élus qui ont entendu le maire nous répondre, nous restons ceux qui ne comprennent rien : n’y a-t-il pas là un problème ? Malgré cette interrogation on ne peut plus justifiée, nous n’aurons aucune réponse… ni aucun rectificatif.

Nous faisons de plus remarquer que le PV relate que le maire nous renvoie à plusieurs reprises à la tenue de commissions municipales pour éviter de répondre à nos questions. Hélas ! Depuis le 15 avril, date du précédent Conseil, les réunions promises ne se sont pas tenues… pas de commission « travaux », ni de commission scolaire, ni de commission de développement durable…  

Nous en profitons pour émettre nos doléances sur le fonctionnement du Conseil et de la place des élus minoritaires (minoritaires, mais élus !) : nous n’avons reçu aucune information sur quelque sujet que ce soit depuis le 15 avril ; nous avons opportunément disparu de la photo de la cérémonie du 8 mai ; notre présence est gommée lors de la cérémonie de commémoration de l’appel du 18 juin ; il y a eu réunions de deux commissions seulement ; nous n’avons pas d’info sur les départs et arrivées au sein du personnel, notamment celle du nouveau directeur général des services… bien des anomalies démocratiques.

À suivre.. les autres points débattus au Conseil

Questions… sans réponses

Nos questions orales au Conseil municipal du 24 juin 2021, pour le groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen », et les « réponses » du maire… comme à son habitude, fort expéditives.

 Projets CM2

La majorité des projets des classes de CM2 n’ont pas pu se réaliser pour cause de Covid en 2020 et 2021. La ville envisage-t-elle de reverser aux écoles les crédits municipaux non utilisés pour ces projets ? 

Réponse du maire : il nous renvoie à sa réponse, inchangée, du mois d’avril, dans laquelle il indiquait que les sommes allouées aux projets de classe seront affectées au budget scolaire de manière globale.

Notre appréciation : la ville économise ici environ 60 000€ sur les deux années où les classes n’ont pu concrétiser leurs projets. Nous aurions souhaité que les écoles, et les élèves de CM2,  puissent bénéficier de ces sommes, qui leur étaient directement destinées à l’origine.

Déplacements alternatifs

Alors que la pratique des transports « doux » est en augmentation sensible, nous ne voyons en ville aucun aménagement susceptible de les faciliter : pas de sas vélo, pas d’aménagement cyclable quand il y a des réfections de voirie, pas de double sens cyclable, toujours pas de parc Véligo à la gare, rien de prévu dans les écoles… La commission de développement durable ne s’est pas réunie depuis l’automne.

Nous avons bien noté (cf. décision n°2021-25) qu’un partenariat a été signé avec une association pour des actions de sensibilisation à l’usage de la trottinette électrique. Au-delà de cette action, quelle est la volonté de la ville en matière d’aménagements urbains dans le domaine des transports doux, essentiel pour la qualité de vie de notre commune ? 

Réponse du maire : il existe dans la commune 334 arceaux à vélo. Il est compliqué d’en installer d’autres sans gêner la circulation des personnes à mobilité réduite ou des poussettes. Le parc Véligo couvert et sécurisé, financé par le Conseil régional devrait voir le jour en 2021. Un atelier de réparation de vélos se tiendra samedi.

Notre appréciation : mauvaise volonté ou mauvaise lecture ? Nous interrogions sur les aménagements urbains qui facilitent la pratique du vélo et autres transports doux : pistes, sas vélo aux feux… Le maire n’a donc pas répondu à notre question. Quant aux arceaux à vélos, il en manque effectivement à bien des endroits, d’autres sont inutilisés car mal placés, d’autres encore sont descellés…

Festival « Balkans »

Dans le contexte actuel, c’est bien que la culture puisse reprendre de manière contrôlée. Des Gratiennois nous indiquent, ayant vu le spectacle de loin, que les concerts étaient de qualité.

Cependant, la communication autour de l’événement a été inégale et le feu d’artifice n’a pas été mentionné. Des consignes avaient été données aux agents de la ville pour ne pas divulguer l’information.

Si le contexte ne permettait pas les regroupements, pourquoi avoir maintenu un feu d’artifice, onéreux, en plus d’un concert qui n’était pas accessible à tous ?

Réponse du maire : le festival compte-tenu du contexte sanitaire était un véritable pari. Cet événement s’est parfaitement déroulé, plus de 1 000 personnes en ont bénéficié. Tout a été annoncé dans le magazine, le site et la page Facebook de la ville, et par affichage. Le spectacle était gratuit et ouvert à tous, avec une jauge et donc des réservations et un public assis. Le feu d’artifice traditionnel n’a, lui, pas été annoncé puisque l’autorisation n’a été donnée que le vendredi. Le maire aurait préféré que notre groupe félicite la ville  pour ce travail extraordinaire !    

Notre appréciation : une  dernière pique bien inutile, puisque nous disions dans notre question que le spectacle était de qualité ! En commission culture, le chiffre de spectateurs était estimé entre 500 et 1 000, le maire a retenu la fourchette haute. Notre interrogation reste entière sur le feu d’artifice, au coût inconnu… l’objet d’une prochaine question ?  

Rôle des commissions municipales

Au Conseil municipal, le maire nous renvoie aux commissions.. mais ces dernières se réunissent très peu fréquemment. Pour mémoire,  il s’en est tenu seulement deux pour le Conseil d’avril et deux pour celui de juin. Nos questions concernant les travaux posées au Conseil du 15 avril, ou encore celles concernant la Commission Développement Durable originellement planifiée le 29 mars mais reportée sine die, n’ont donc toujours pas de réponse.

D’autre part, le rôle des commissions est purement formel : présentation des rapports du Conseil sans réelle possibilité de concertation. Plus aucune n’est ouverte depuis la suppression de la commission scolaire qui réunissait directeurs d’écoles et parents délégués avec les élus.

Peut-on au moins envisager des réunions plus fréquentes des commissions, sauf à penser qu’elles ne sont que coquilles vides ? 

Réponse du maire : nous allons l’envisager…

Notre appréciation : évidemment, il est difficile au maire de contester le tableau sombre, mais réel que nous dressons du « fonctionnement » (ou du non-fonctionnement ?) des commissions municipales. Il a donc recours à une pirouette assez méprisante pour les élus minoritaires.  

Marché 

Malgré la redécouverte des commerces de proximité à l’occasion de la crise sanitaire, la situation des commerçants du marché reste très fragile :

-Le marché va perdre prochainement plusieurs commerçants, dont le producteur de fruits et légumes d’Hérouville ;

-Il a été rapporté que la cafétéria qui a rouvert il y a quelques semaines bénéficiait d’une exonération temporaire de 6 mois de droits de place et d’autres facturations diverses (participation publicitaire, etc.), mais que de fait elle serait facturée beaucoup plus rapidement que prévu ;

-Plusieurs commerçants, factures à l’appui, s’étonnent de devoir encore payer des consommations d’eau (12 €/mois, ce qui correspond peu ou prou, par analogie avec la facturation d’un particulier, à la consommation de 3m3 d’eau pour 9 marchés dans le mois) alors qu’ils n’ont pas accès à l’eau sur leur étal. Et également des consommations d’électricité, alors que les compteurs n’ont pas été relevés depuis les travaux de rénovation du marché.

Les commerçants dont les locaux sont hébergés par la SAIEM ou directement par la ville bénéficient d’une exonération de loyers pour toute l’année 2021. 

Les commerçants du marché pourraient-ils bénéficier d’un geste commercial de la part de la SOMAREP et d’une plus grande transparence dans ses facturations ? Quel est le plan de la ville pour redynamiser le marché municipal ?

Réponse du maire : un point d’étape est prévu avec le délégataire et les commerçants, et un plan d’action sera fixé à l’issue de cette réunion.  

Notre appréciation : la gestion du marché par Mandon-Somarep est régulièrement l’objet de critiques. La ville le sait bien, et se contente néanmoins d’encaisser 47 000€ via la redevance perçue par le gestionnaire sur les commerçants, sans jamais tenter réellement de résoudre les problèmes. Nous ne lâchons évidemment pas l’affaire… Le marché est un lieu commercial important à Saint Gratien, mais bien plus que cela, c’est un endroit où les habitants aiment se rencontrer.

À suivre, la suite du compte-rendu du Conseil municipal

Conseil municipal à Saint Gratien

Prochain Conseil municipal à Saint Gratien ce jeudi 24 juin 2021. La séance a lieu à partir de 20h30, salle Georges Brassens. Le public sera admis, puisque la convocation ne précise pas que sa présence n’est pas autorisée. Ce retour signe-t-il la fin de la retransmission des débats en ligne ? La ville, qui n’apprécie guère cette transparence pourtant essentielle à la vie démocratique, n’a jamais investi pour une diffusion correcte et audible. Réponse jeudi…

Ci-dessous l’ordre du jour. À suivre ici-même nos questions orales.

1 000 signes

Voici la tribune libre des élu.es du groupe « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen », parue dans le magazine municipal de mai/juin2021. Toujours difficile de s’exprimer en si peu d’espace : nous sommes contraints à 1 000 caractères. Prochain magazine fin septembre 2021.

Tarifs de cantine + 1%. Nous avons voté contre cette nouvelle hausse des tarifs, qui sont déjà selon les quotients, de 15 à 41% plus chers que dans 13 villes voisines… pour des repas similaires. 

Démocratie locale en berne : Eaubonne, Ermont, Enghien ont choisi de concerter leurs habitants avec des assises de la jeunesse, des budgets participatifs, des réunions de quartier par Internet, des permanences des élus en plein air. À St Gratien, le nombre de séances des Conseils municipaux diminue, la commission CCAS se tient en 20 min, la commission développement durable est reportée sine die, les retransmissions du conseil sur Facebook sont inaudibles… Une démocratie locale low-cost qui décourage les habitants de s’impliquer dans la vie de la cité.

Plantations : des arbres plantés devant la chapelle St Paul en octobre … déjà morts en avril faute d’arrosage. Pourtant la ville nous vante son budget espaces verts 4 fois supérieur aux crédits autrefois alloués aux Temps d’Activités Périscolaires…

I. Volat, S. Bauer

Une République démocratique, sociale et universelle

Commune de Paris. Roger Martelli : « Une montée au mur festive et populaire »

Roger Martelli, historien, coprésident de l’association des Amis de la Commune est interrogé par Diego Chauvet pour l’Humanité. Il vient de publier « Commune 1871. La Révolution impromptue » aux éditions Arcanes 17.

Pour le 150e anniversaire de la Commune de Paris, plus de cent organisations ont appelé à un rassemblement et un défilé depuis la place de la République, samedi.

Cette année, la montée au mur des Fédérés commencera par un rassemblement à 10 heures, samedi 29 mai, sur la place de la République, où auront lieu des prises de parole, des animations et un pique-nique. Le cortège s’élancera ensuite à 14 heures en direction du Père-Lachaise. Un rendez-vous pour affirmer que, cent cinquante ans après, « la Commune n’est pas morte », détaille le coprésident de l’association des Amis de la Commune Roger Martelli.

Chaque année a lieu la montée au mur des Fédérés. Quel est le sens de cette initiative ?

Roger Martelli L’habitude a été prise en 1880 de se retrouver au cimetière du Père-Lachaise devant le mur des Fédérés, où 147 combattants de la Commune ont été fusillés et enterrés le 27 mai 1871, vers la fin de la « semaine sanglante » (21-28 mai 1871). C’est le parti de Jules Guesde, un des premiers partis ouvriers français, qui décide de faire de ce moment et de ce lieu une occasion de se retrouver pour exalter la force du combat socialiste et ouvrier. À partir de là, chaque année à la fin du mois de mai, les héritiers affirmés de la Commune ont pris l’habitude de « monter au mur » pour exalter sa mémoire et celle de ses combattants massacrés.

Les manifestations commémoratives de la Commune ont connu des affluences massives dans le passé, et notamment à l’époque du Front populaire. Elles se sont maintenues au fil des ans, même de façon plus modeste. Cette année, nous avons pensé qu’il convenait de donner un relief particulier à cette montée au mur. Ce sont donc plus de cent organisations qui se sont associées et réunies à plusieurs reprises pour envisager une matinée festive sur la place de la République, puis une manifestation en cortège vers le Père-Lachaise jusqu’au mur emblématique. Une manière de dire, avec plus de relief encore que d’habitude, que « la Commune n’est pas morte ».

Cette année, vous avez appelé à en faire l’occasion d’« un élan populaire et festif ». Pourquoi ce choix ?

Roger Martelli Nous l’avons voulu parce que c’est une année marquante – un cent cinquantenaire. Nous l’avons voulu aussi parce que les adversaires traditionnels de la Commune ont décidé de retrouver une hargne et un élan anticommunards que l’histoire avait semblé éloigner de nous. Alors que l’Assemblée nationale avait décidé heureusement, en 2016, de réhabiliter rétrospectivement les communard-e-s condamné-e-s et de réintégrer positivement la Commune dans l’histoire nationale, les adversaires historiques de la Commune, les versaillais d’aujourd’hui, retrouvent de la voix pour déverser sur elle des tombereaux de boue.

Nous avons voulu donner à notre propre voix une force suffisante pour couvrir celle des descendants assumés des bourreaux. Mais nous avons voulu lui donner une forme dans l’esprit émancipateur qui fut celui des communard-e-s : un moment de lutte achevé dans le plus grand bain de sang de l’histoire civile française contemporaine, mais aussi un moment de liberté et de fête, où les humbles accédaient enfin à la reconnaissance et à la dignité. La Commune fut un combat sans merci, mais ce fut aussi un moment de fierté et de joie. Alors que tant d’ombres planent sur nos sociétés plongées dans l’incertitude et parfois l’angoisse, c’est cette confiance dans le peuple que nous redirons dans la rue en cheminant vers le Père-Lachaise.

Bien sûr, la pandémie aura marqué de son empreinte l’événement et limité l’ampleur de la fête dont nous rêvions au départ. Mais l’anniversaire de l’événement n’aura pas été réduit au silence. Beaucoup d’activités collectives ont eu lieu déjà et d’autres auront lieu encore. Samedi devrait être un temps fort de cette affirmation joyeuse, une fois de plus lancée à tous les vents.

Parmi toutes les commémorations auxquelles il s’est joint, Emmanuel Macron a refusé celle de la Commune de Paris. Pourquoi selon vous ?

Roger Martelli Emmanuel Macron aurait pu, en saluant la Commune, réintégrer une pièce de l’histoire populaire dans le grand mémorial de la République et de la nation. Il ne l’a pas fait. Tant pis. La Ville de Paris le fait. Tant mieux…

Une belle occasion a été manquée. Que voulaient les actrices et acteurs de la Commune au printemps de 1871 ? Que la République ne soit pas fermée aux plus modestes, mais qu’elle soit enfin universelle et que, ce faisant, elle soit pleinement égalitaire, démocratique et solidaire, comme l’y incite sa devise, adoptée en 1848, de « liberté, égalité, fraternité ». Ces femmes et ces hommes qui avaient pris les armes pour défendre Paris avaient pour seul crime d’avoir voulu d’une « République démocratique, sociale et universelle ».

L’anniversaire aurait permis de mettre fin à l’exclusion officielle de la mémoire de ces dizaines de milliers d’individus, le plus souvent d’origine modeste, qui s’engagèrent pour que la devise de la République ne soit pas que des mots. Ils le payèrent cher. La République officielle aurait pu les réintégrer dans la grande histoire républicaine. Celle d’Emmanuel Macron a préféré suivre ceux qui préféraient l’homme du coup d’État de brumaire à la Commune. On ne demandait pas au président de célébrer, mais à tout le moins de commémorer. Il a préféré le silence. Mais du coup, il a laissé le terrain aux aboyeurs du camp d’en face. Double injustice par laquelle la République officielle d’aujourd’hui entérine par son silence la mitraille de la République conservatrice d’hier. Elle a tort : les munichois finissent toujours par payer les additions.

Illustrations de Dugudus, dans son ouvrage « Nous la commune » et de la BD « le cri du peuple »

Des transports gratuits

À Douai, des transports en commun bientôt gratuits

Article de Naïm Sakhi, dans l’Humanité du 27 mai 2021

La mesure a été adoptée à l’unanimité le mercredi 26 mai. Le syndicat mixte des transports en commun du Douaisis, dans les Hauts-de-France, deviendra donc le premier réseau totalement gratuit en termes de population en 2022.

Dunkerque donne des idées dans le Nord. En effet, les communautés d’agglomération Douaisis Agglo et Cœur d’Ostrevent, 220 000 habitants, qui partagent ensemble le même réseau de transport en bus, sont sur le point d’acter une gratuité totale des transports pour les habitants à l’horizon 2022.

Le long combat d’Alain Bruneel

La mesure a de quoi satisfaire Alain Bruneel. Il faut dire que le député PCF de la circonscription se bat depuis des années pour qu’une telle mesure puisse bénéficier à la population. « J’ai même été remercié en 2016 de ma vice-présidence du SMTD (le syndicat mixte des transports du Douaisis) pour avoir soutenu la mobilisation des lycéens et collégiens », se remémore-t-il.

Car si la mise en place de la gratuité des transports en commun dépasse aujourd’hui les clivages politiques, elle a longtemps fait débat dans le Douaisis. « Il faut saluer le combat des parents d’élèves, des étudiants, de la CGT et des élus communistes », souligne Alain Bruneel. Et pour cause, en 2014 une mobilisation est apparue à la « suite de la suppression de la gratuité pour les collégiens », se souvient le député PCF. Depuis, cette gratuité pour les jeunes, pour un aller-retour par jour, a été rétablie en 2019.

Des pertes compensées par les communautés d’agglomération

Mais il est bel et bien question dorénavant d’une gratuité totale à compter du 1er  janvier 2022. Il faut dire que le syndicat mixte devait investir plus de 3 millions d’euros dans la modernisation de sa billetterie. « Le choix a alors été fait de mettre la gratuité totale dès maintenant », se félicite Alain Bruneel, qui siège encore au conseil d’administration du syndicat de transport. Mais, pour ce faire, la mesure doit encore être validée par le SMTD ce mercredi 26 mai au soir.

Particularité locale, le réseau de bus concerne deux communautés d’agglomération indépendantes. Ce sont elles qui ont prévu de compenser les pertes liées à la billetterie. Ces dernières ne « concernent que 10 à 12 % des recettes, alors que les bénéfices sociaux et écologiques sont concrets pour les habitants », précise le député PCF.

« L’État doit subventionner de telles actions »

D’ailleurs, les élus locaux ne vont pas en rester là et pour faire face à la hausse de fréquentation que provoque une telle mesure, l’acquisition de onze nouveaux bus est prévue.

Alain Bruneel poursuit ce combat qui lui tient à cœur à l’Assemblée nationale. En 2018, avec ses collègues communistes, le député du Nord a en effet déposé une proposition de loi « visant à encourager la gratuité des transports collectifs urbains et périurbains ». Cette dernière a reçu une fin de non-recevoir. « La majorité LaRem nous explique qu’il faut laisser les régions faire car elles ont les compétences. Mais l’État doit coordonner et subventionner de telles actions », déplore-t-il.

À l’assaut du ciel

Il y a 150 ans, la semaine sanglante mettait fin à l’expérience de la Commune de Paris.

Pour autant, la Commune n’est pas morte ! À l’assaut du ciel, pendant ses courts soixante-douze jours, son « espoir mis en chantier » reste bien vivant. « Première bataille rangée du travail contre le capital » selon Jean Jaurès, la Commune de Paris nous inspire toujours.

La Commune a osé, réalisé, échoué, a été réprimée dans le sang et l’exil. Mais en sa courte vie, elle a ébauché tant de choses. Suffrage universel (mais masculin uniquement !), élections libres, séparation de l’église et de l’État, école publique et laïque gratuite, organisations syndicales, interdiction de la prostitution, reconnaissance de l’union libre, liberté de la presse, coopératives ouvrières, salaire minimum, diminution du temps de travail, expérimentations de formes de démocratie directe… tant de sources de progrès démocratiques futurs…Dans bien des domaines, la Commune fut à l’avant-garde. Elle a mis en avant le rôle des femmes, associé les artistes, les étrangers… et surtout montré la capacité révolutionnaire des travailleurs organisés.

Le samedi 29 mai 2021, nous célébrerons les 150 ans de la Commune, par une montée au mur  des fédérés. À partir de 10 heures, sur la place de la République, animations, spectacles, prises de parole, pique-nique. À 14 heures, départ du cortège populaire en direction du Père-Lachaise.

Quelques ouvrages sur la Commune

« Commune de 1871, la révolution impromptue », de Roger Martelli, aux éditions Arcanes 17

« Nous la commune », illustrations de Dugudus et textes d’Hugo Rousselle ; autoédition

« Vive la Commune », de Michèle Audin et Patrick Marchand ; éditions du Caïman

« Le banquet des affamés », de Didier Daeninckx, Gallimard

« Les damnés de la Commune », BD en 3 volumes de Raphaël Meyssan, éditions Delcourt

Hors-série de l’Humanité : « un espoir mis en chantier »

La Commune en chansons

Vive la Commune d’Eugène Chatelain

La Commune de Jean Ferrat  

La semaine sanglante par Francesca Solleville  

L’Internationale de Eugène Pottier, par Marc Ogeret

Le temps des cerises, par Noir Désir

En savoir plus

Les amies et amis de la commune de Paris 1871

Illustrations tirées du livre de Dugudus