Fabien Roussel, le candidat qui détonne à gauche

Portrait de Fabien Roussel, candidat du PCF à l’élection présidentielle,  par Margaux Duguet, journaliste à Franceinfo

« Ils ont des boulets aux pieds, j’y vais léger comme l’air » : Fabien Roussel, le candidat communiste à la présidentielle qui détonne à gauche

Pour la première fois depuis 2007, le PCF présente sa propre candidature à la présidentielle avec Fabien Roussel. Cet ancien journaliste de 52 ans se démarque de ses concurrents de gauche par des prises de position singulières. Sans que cela soit, pour le moment, payant dans les sondages. 

Le candidat communiste Fabien Roussel dans son bureau situé au siège du parti, dans le 19e arrondissement de Paris, le 19 janvier 2022.

Fabien Roussel tient à le faire savoir, il est « au taquet, au top »« Je vais super bien », répète le candidat communiste dans son bureau du 5e étage situé au siège historique du parti, place du Colonel-Fabien, dans le 19e arrondissement de Paris. Quelques étages plus bas, dans le hall du célèbre bâtiment édifié par l’architecte brésilien Oscar Niemeyer, se presse une foule de visiteurs venue admirer l’exposition « Libres comme l’art » qui raconte 100 ans de relations entre les artistes et le Parti communiste français. « On a 100 ans et c’est comme si on était les petits nouveaux », se marre Fabien Roussel. Pour la première fois depuis 2007, le PCF sera présent à l’élection présidentielle. 

Un café à la main, celui qui est aussi député du Nord depuis 2017 prend une pause entouré de ses proches, dont Olivier Marchais, coordinateur des événements de la campagne et fils de Georges Marchais, secrétaire général du PCF entre 1972 et 1994. Quelques instants plus tard, c’est le photographe de son affiche officielle qui vient lui rendre visite. « Fabien Roussel, la France des jours heureux », proclame le visuel de campagne aux couleurs criardes qui a été placardé sur la façade du siège. L’ancien journaliste, originaire de Béthune (Pas-de-Calais), a hésité en pleine flambée épidémique à maintenir ce slogan à rebours du climat actuel. « Et puis, pourquoi on n’y croirait pas ? Pourquoi reculer ? (…) On a vécu les Trente Glorieuses, je veux les Trente Heureuses », martèle le secrétaire national du PCF.

Le candidat PCF Fabien Roussel aux côtés du photographe de son affiche officielle et d’Olivier Marchais, son coordinateur des événements de campagne. 

Un buzz à base de fromage et de bon vin

Fabien Roussel a donc du bonheur à revendre. Un défi dans la période actuelle. 

« J’ai les pieds dans la glaise mais comme je suis communiste, j’ai la tête dans les étoiles et je rêve de bonheur pour tous. » Fabien Roussel, candidat du PCF à franceinfo

Avant de rendre la banane aux Français, Fabien Roussel peut au moins se vanter de rendre de nouveau visible un vieux parti qui avait disparu des radars médiatiques. Notamment grâce à un buzz gastronomique. Le 9 janvier, sur France 3, il affirme qu’« un bon vin, une bonne viande et un bon fromage, c’est la gastronomie française » avant d’ajouter que « le meilleur moyen de la défendre, c’est de permettre aux Français d’y avoir accès ». « Et là, paf », mime Fabien Roussel avec ses mains. Tollé sur les réseaux sociaux, où certains à gauche ne goûtent guère ce ton franchouillard.

« Beaucoup de militants écologistes et LFI m’ont tapé dessus, certains m’ont même traité de suprémaciste blanc », dit-il en levant les yeux au ciel. L’écologiste Sandrine Rousseau lui rappelle que le couscous est le plat préféré des Français et qu’il est aussi « question de symbole, de symbolique, et de mots en politique ». Au PCF, on tombe des nues. « La polémique aberrante sur la gastronomie révèle le fait qu’une partie de la gauche flotte à mille lieues au-dessus du réel et a tourné le dos aux questions de vie quotidienne », fustige Ian Brossat, le directeur de campagne de Fabien Roussel. « Cette polémique montre qu’il ne se laisse pas enfermer dans une espèce de boboïsation de la pensée », renchérit André Chassaigne, le président du groupe PCF à l’Assemblée. Elle permet surtout de faire parler de la candidature Roussel, et personne ne s’en cache.

« Cette polémique n’était pas préméditée mais oui, c’est un bon buzz, il y a un effet incontestable. » Ian Brossat, directeur de campagne de Fabien Roussel à franceinfo

La controverse lui vaut aussi les compliments de la droite et de la majorité présidentielle. « Total soutien », tweete par exemple le très droitier Eric Ciotti. « Si je dis que la Lune est ronde et que la droite le dit aussi, ce n’est pas pour autant que je vends mon âme », défend André Chassaigne. « Ils s’amusent à nous diviser, à nous opposer à gauche », fait mine de déplorer Fabien Roussel, qui n’est pourtant pas le dernier à jouer la différence à gauche.

Le quinquagénaire multiplie les prises de position singulières. Pro-chasse, pro-nucléaire, contre le revenu universel et « l’assistanat » mais pour « une France des hauts salaires et du travail », il veut aussi « investir dans la tranquillité publique et garantir à chacun le droit à la sécurité », « un sujet en partie abandonné par la gauche », dit-il. Il ne regrette d’ailleurs absolument pas sa participation à la manifestation des policiers devant l’Assemblée nationale qui avait fait polémique jusque dans son propre camp. « Les policiers dans ma ville de Saint-Amand-les-Eaux (Nord), je vis avec, je ne les traite pas de fascistes comme Mélenchon. »

L’ombre du leader « insoumis »

Jean-Luc Mélenchon : le nom est lâché. C’est derrière le patron des « insoumis » que s’étaient rangés les communistes en 2012 et 2017, sous la bannière du Front de gauche. C’était alors la ligne de Pierre Laurent, l’ancien secrétaire national du PCF, avant qu’il ne soit remplacé, fin 2018, par Fabien Roussel, partisan de l’autonomie face à LFI. Entre les deux candidats à la présidentielle, les rapports sont devenus exécrables.

« Je ne mets pas d’odeur synthétique dans mes meetings. Moi, mes meetings, ils sont au naturel. » Fabien Roussel, candidat du PCF à franceinfo

« Ce serait triste si on ne présentait à la présidentielle que des gens connus qui ont fait trois tours », dit encore le patron du PCF pour mieux se démarquer de son concurrent. « La parole communiste n’est pas une décalcomanie de ce que peut porter Mélenchon », assène André Chassaigne, persuadé que son champion parle mieux à l’électorat populaire que le leader « insoumis ». 

Le slogan de campagne de Fabien Roussel s’affiche sur le siège du PCF, à Paris, le 19 janvier 2022.

« Je suis frappé de voir que sur le Facebook de Mélenchon, ils ne mettent que des trucs sur Fabien. Ils ne doivent pas être sereins », se réjouit un cadre communiste. Chez les « insoumis » justement, on temporise beaucoup. Fabien Roussel « marque fortement sa campagne pour essayer de se démarquer de nous, ça l’entraîne sur des critiques à notre égard et on franchit un palier qui me désole », soupire le député LFI Eric Coquerel. 

« Il veut à tout prix prouver la nécessité d’être candidat en montrant que l’on aurait des désaccords importants. Il les surjoue un peu. » Eric Coquerel, député LFI à franceinfo

Les « insoumis » espèrent encore raccrocher le wagon Roussel à la locomotive Mélenchon. « Pas de polémiques publiques avec lui. Si on refait ensemble la même chose qu’en 2017, le second tour est atteignable », affirme le député LFI Alexis Corbière. C’est peu dire que Fabien Roussel leur oppose une fin de non-recevoir. « C’est impossible. No way. Never. Niet. Dans toutes les langues. Jamais. En aucune manière nous ne pourrons envisager de retirer la candidature, surtout à un moment où nous sentons que ça frémit. » 

« Ils s’auto-plombent »

Pour l’heure, le frémissement est tout relatif. Dans les sondages, le candidat communiste tourne autour des 2%. « Il y a une dynamique de popularité avec une vraie progression dans le dernier baromètre Ifop [où il gagne 5 points de bonnes opinions]. Plus il sera connu, plus il progressera », veut croire Ian Brossat. Le récent buzz autour de la gastronomie est à leurs yeux un signe encourageant. Trompeur, répondent les « insoumis ». « Les médias vantaient ‘l’effet Brossat’ et sa belle campagne aux européennes. Résultat : le score le plus bas du PCF et zéro député européen », se moque un responsable LFI. A défaut de convaincre Fabien Roussel, le parti de Jean-Luc Mélenchon a réussi à décrocher le ralliement du député PCF de Seine-Maritime, Sébastien Jumel, et promet qu’il sera suivi par d’autres. 

« Il faut choisir le mieux placé à gauche pour bousculer le scénario de la réélection de Macron », se justifie Sébastien Jumel. Le parlementaire salue une candidature Roussel « courageuse et méritoire » mais qui « fait 2% ». « Il faut se rassembler à gauche », prône-t-il encore. Se rassembler à gauche ? « Ce n’est pas le nombre de candidatures qui fait la différence, rétorque Fabien Roussel. En 2012, quand on additionne les candidatures, ça fait 43%. Là, ça fait 25%. Ils sont où les 20% qui manquent ? »

La carte de voeux de Fabien Roussel pour 2022.

« Le problème, ce n’est pas le nombre de candidats à gauche mais la faiblesse idéologique de celle-ci et son incapacité à s’adresser à des millions de Français. Le sujet n’est pas de se rassembler pour faire 25%, mais d’élargir ce socle », explique Ian Brossat. C’est l’objectif que se fixe Fabien Roussel, bien décidé à prendre le contre-pied de la morosité à gauche. Tout à coup, il se lève de son fauteuil et écarte ses bras. « Ils ont des boulets aux pieds, moi j’y vais léger comme l’air ! J’y vais parce que j’y crois, parce que j’ai envie. Eux, on a l’impression qu’ils ne sont pas heureux. Ils s’auto-plombent. » 

Pour son équipe, la présidentielle « est déjà réussie ». « On avait quasiment disparu du paysage politique, on avait du mal à apparaître dans les médias. Maintenant, on a une visibilité politique et on développe notre programme », se réjouit André Chassaigne. Pas de quoi satisfaire Fabien Roussel, qui affiche désormais sa gourmandise. « Certains disent que c’est gagné parce qu’on est rentrés dans le paysage, mais c’est trop faible comme objectif. Je souhaite que l’on arrive à convaincre une majorité du peuple de voter de nouveau à gauche. »

Ambitieux. « J’espère que dans les 80 jours qui nous séparent du premier tour, on va faire le tour du monde ! » Reste à savoir si le ballon Roussel va décoller. 

Ciné démocratique

Et si nous allions au cinéma ?

Deux belles occasions cette semaine de retrouver notre cinéma local, « Les Toiles » à Saint Gratien !

Ce vendredi, la projection du film « Les promesses » sera suivie d’un débat avec le réalisateur, Thomas Kruithof, qui s’est beaucoup inspiré du combat du maire Philippe Rio contre les marchands de sommeil dans sa ville de Grigny.

Peut-on, en politique, être fidèle à ses valeurs et ses engagements ? Un sujet d’actualité en cette période pré-électorale !

Voir ici la bande-annonce

« Les promesses » : rendez-vous vendredi 28 janvier à 21h

Après l’échange autour du film « Les promesses », une autre rencontre se tiendra aux Toiles sur le  documentaire » Municipale », qui questionne notre système de représentativité, la démocratie, l’autogestion et la citoyenneté.

Voir la bande-annonce

Deux débats qui se font écho, à ne pas manquer !

« Municipale » : rendez-vous dimanche 30 janvier à 16h

Retrouvons-nous pour ces deux événements !

Gastronomie

Tempête sur le steak : anatomie d’une polémique

Tribune de Ian Brossat, ce 13 janvier 2022

Le directeur de campagne du candidat PCF, Ian Brossat, revient sur les propos de Fabien Roussel au sujet de l’alimentation. Des propos qui déchaînent les passions depuis quatre jours.

« Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française… mais pour y avoir accès, il faut avoir des moyens, et donc le meilleur moyen de défendre le bon vin, la bonne gastronomie, c’est de permettre aux Français d’y avoir accès. Et je dis que le bon, le beau, tout le monde doit y avoir accès. » Voici les mots de Fabien Roussel prononcés dimanche 9 janvier sur France 3. Des propos qui déchaînent les passions depuis quatre jours. Une polémique que l’on pourrait juger anecdotique ou futile à première vue : pourtant, elle mérite que l’on s’y attarde car elle dit beaucoup de notre époque.

Rendre le beau et le bon accessibles aux classes populaires

Pourquoi cette défense de l’alimentation pour toutes et tous au moment où tant de Français peinent à boucler les fins de mois, se privent de tout, fait-elle polémique ? Car elle touche au cœur de notre mode de vie et aux aspirations de celles et ceux qui n’ont rien, ou si peu. Par les mots qui sont utilisés, incontestablement, il est question de défendre le pouvoir d’achat des plus modestes mais aussi un certain art de vivre à la française. Celui-ci ne se limite pas à la gastronomie – le bon –, et nous formulons également des propositions ambitieuses en matière d’accès à la culture – le beau. Il est néanmoins évident que le vin, la viande, le fromage nous définissent. Cela fait partie de notre patrimoine, qu’on le veuille ou non, et il suffit de se rendre sur un marché pour s’en convaincre. Il n’y a rien de mal à cela, et il s’agit ici de n’exclure personne. Bien au contraire, il s’agit précisément de rendre le beau et le bon accessibles aux classes populaires.

Mais voilà que certains préfèrent culpabiliser les Français sur ce qu’ils sont. Alors que les temps sont rudes, que les crises s’accumulent, il est devenu courant de vouloir faire porter tous les malheurs du monde aux classes populaires. La pollution ? Ce sont les pauvres et leurs bagnoles qui en sont responsables. La crise climatique ? La consommation de viande des Français qui se serrent la ceinture toute la semaine. Inlassablement, les mêmes débats se rejouent. Sans surprise, celles et ceux qui professent à longueur de journée des leçons de morale, eux, n’ont jamais eu à se priver de rien.

La gauche souffre de sa déconnexion

Or, qui pollue le plus ? Les plus riches et les grandes entreprises. Tous les chiffres le montrent. Un exemple issu d’une étude d’Oxfam : BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et Total, ces quatre entreprises du CAC 40, ont une empreinte carbone supérieure à celle de tous les Français réunis. Que pèse le steak de l’ouvrier, de la caissière, du manutentionnaire, de l’infirmière, du livreur Deliveroo face à cela ? Des cacahuètes.

Ce dont souffre la gauche, ce n’est pas de la division. La gauche souffre de sa déconnexion, d’avoir tourné le dos au réel et aux classes populaires depuis des années, d’avoir oublié qui sont nos vrais adversaires. Avec Fabien Roussel, nous avons un candidat qui a les deux pieds dans le réel, et cela fait du bien. 

Conseil au gymnase (3)

Suite et fin de notre compte-rendu de la séance du 16 décembre 2021 du Conseil municipal de Saint Gratien

Le Conseil vote les subventions aux associations, coopératives scolaires et CCAS. Nous faisons remarquer que la subvention au CCAS est inchangée depuis des années. Or les difficultés sociales ont été aggravées avec la crise sanitaire. La subvention ne suit même pas l’inflation. Difficile de croire qu’à St Gratien les besoins dans le domaine de l’aide sociale n’augmentent pas.

En ce qui concerne les coopératives des écoles, pour elles aussi, le montant n’a pas évolué depuis… ? 1€ par élève, aucune augmentation. Pourtant les fournitures que peuvent acheter les écoles ont connu des hausses de tarifs. Donc l’exercice pour équiper une classe en livres, fichiers, matériel d’arts plastiques par exemple, est de plus en plus difficile pour l’enseignant. Quant aux 80€ attribués pour les projets des classes de CM2, aucune évolution non plus depuis 2009, en 13 ans ! Ces séjours n’ayant pour la plupart pas eu lieu en 2020 et 2021, la ville a d’ailleurs économisé dans ce domaine. Nous avions demandé à ce que les sommes soient versées aux écoles, ce que la ville a refusé.

Le total des subventions pour les associations s’élève à 560 443€ contre 571 676€ en 2021. Il était de 598 276€ en 2018. Il y a donc une érosion certaine, les associations ayant perdu -37 833€ entre 2018 et 2022.

Nous aurions aimé avoir des informations sur la santé financière du Cercle des arts et de l’association Rev’Dance, soutenus de manière exceptionnelle l’an passé.

Nous suggérons d’inscrire le montant de la subvention de l’année précédente dans le document des élus. Le nombre d’adhérents de chacune des associations, et un état de la trésorerie de l’association peuvent être aussi de bons paramètres si la ville doit faire des choix.

Enfin, remarquons que la ville compte environ 200 associations, que 58 sont  présentes au forum des associations, mais que 36 seulement d’entre elles demandent une subvention municipale.  

Le conseil vote ensuite les tarifs des « courts séjours » pour le printemps et l’été 2022 pour les enfants de 5 à 12 ans.

88 places sont proposées, cela représente environ 3% du public concerné (environ 3000 jeunes Gratiennois de ces âges).

Il y avait 128 places en 2019 et 144 places proposées en 2020, mais les séjours n’ont pas eu lieu pour raison de crise sanitaire.

Les tarifs de ces séjours restent élevés pour les familles, même s’ils se déroulent sur trois ou quatre jours seulement.

Le coût pour la ville, qui prend en charge 50% du coût total, s’élève à 24 551€. Une dépense donc assez modeste !  

Dommage que la commission municipale « jeunesse » qui ne s’est réunie qu’une seule fois depuis mars 2020, n’ait pas saisi là l’occasion de le faire et de débattre du sujet !

Le Conseil procède ensuite à la clôture des différentes ZAC de la ville, Cœur de Ville, gare et Jeu d’Arc, dans lesquelles plus aucun mouvement n’est réalisé depuis des années, et réalise à cette occasion l’incorporation au domaine public de diverses parcelles, toutes de superficies modestes. Des dossiers techniques qui n’appellent pas d’observations de notre part.

La ville va procéder au remplacement des menuiseries de l’école Jean Zay et bénéficiera de subventions. On s’aperçoit à cette occasion que les fenêtres de cet établissement sont encore à simple vitrage ! Nous insistons sur la nécessité de procéder à la pose de menuiseries en aluminium, comme prévu, et d’éviter de céder à la tentation d’économies en installant du PVC.. C’est ce qui avait été réalisé à Jean Jaurès il y a quelques années, et on y connaît maintenant de grandes difficultés pour ouvrir et fermer les fenêtres de ses classes ! Particulièrement préoccupant surtout en période de pandémie ! Toutes les économies ne sont pas judicieuses… 

Dernier rapport pour cette séance : la ville va intégrer avec Eaubonne et Soisy un groupement de commande dans le but de développer les énergies renouvelables. Un bureau d’études devrait travailler sur l’opportunité de réaliser un réseau de chaleur par géothermie, afin de chauffer différents bâtiments tant publics que privés.    

Cela peut être une très bonne initiative dans le cadre de l’impératif de la transition énergétique. Il y a 10 ans déjà, dans le cadre des ateliers consacrés à l’agenda 21 de la ville, nous avions fait cette proposition d’étudier la possibilité de la géothermie. Pourquoi cependant un partenariat avec trois communes seulement et non pas l’étendre à la communauté d’agglomération ? Le maire envisage-t-il de rencontrer le maire de Villiers-le-Bel où la géothermie est utilisée depuis 30 ans pour le chauffage d’habitations collectives ? Quid de la récupération de la chaleur des eaux usées, comme le pratique par exemple la ville de Nanterre ? Envisagé lors de la rénovation du stade Auguste Delaune, cela a été abandonné pour cause de trop fortes contraintes techniques, nous répond le maire. Nous interrogeons enfin le maire pour savoir quand il compte lancer l’étude de l’agenda 2030 de la ville. Cela se fera au cours du premier trimestre. Avec des ateliers ? Le maire estime alors avoir assez répondu à nos questions et nous renvoie à une hypothétique réunion de la commission de développement durable.  

Prochain Conseil municipal le jeudi 17 février 2022

 

Le virus est à l’école

Écoles : une rentrée de janvier chargée de bien des inquiétudes !

Maintenir les écoles ouvertes, certes ! Non pas seulement pour permettre aux parents d’aller travailler, car l’école n’est pas qu’une garderie… mais pour assurer un enseignement « présentiel » qui s’avère indispensable pour la majorité des enfants.

On est pour, mais dans quelles conditions ?

Cela ne fait plus de doutes pour personne, le virus du Covid circule activement dans nos écoles. Les enfants scolarisés en école primaire constituent la population dans laquelle le virus circule le plus, selon les ARS. Le mois de janvier pourrait voir la contamination d’un tiers des enseignants selon le Conseil scientifique !

Mais plusieurs raisons font qu’il est difficile de respecter les fameux « gestes barrière » dans les établissement scolaires, particulièrement dans les écoles primaires.

Dans nos écoles de banlieue, les effectifs des classes sont souvent chargés. Compliqué de respecter les distances quand 30 élèves, un professeur et parfois une Atsem et un AESH partagent un local qui de plus, est trop souvent difficilement aérable. On connaît hélas trop bien dans les écoles les fenêtres condamnées ou mal aisées à manipuler. Difficile aussi de faire laver correctement les mains quand les sanitaires sont trop peu nombreux pour le nombre d’élèves, et qu’il ne coule que de l’eau froide aux robinets ! Ardu aussi de faire respecter le port du masque toute la journée, y compris pendant la récréation, à des jeunes enfants. Rappelons que les masques sont fournis par les familles, et qu’on est censé en changer toutes les quatre heures, et ne pas trop le manipuler pendant le port…

Les écoles souffrent aussi d’un manque structurel de personnel. Personnel enseignant lorsqu’il faudra accueillir les enfants de soignants, comme l’a annoncé le ministre, ou remplaçants quand la maîtresse sera malade. Les remplaçants sont une espèce en voie de disparition depuis ces dernières années. Mais en cette période de pandémie, il est impossible en principe d’accueillir dans les autres classes de l’école les enfants sans maître. Personnel de service également  en nombre très insuffisant pour assurer un nettoyage régulier, accompagner les enfants aux toilettes, surveiller le lavage des mains…

Un protocole allégé… et annoncé comme à l’habitude (mais on ne s’y habitue pas !) dans un article de presse payant, la veille de la rentrée ! Protocole ou usine à gaz, les directeurs, qui sont souvent des directrices,  devant contrôler les multiples tests que subiront les élèves. La règle de fermeture au premier cas Covid n’étant plus d’actualité, on teste dorénavant sans trop se soucier de la période d’incubation… puis à J+2 et J+4… Ce sera sans compter les difficultés d’accès aux tests, prévisibles quand on voit la longueur des files d’attente devant les pharmacies… ou encore la saturation de la plate-forme qui communique les résultats des tests.

Ingérable aussi le « jonglage » entre enseignement à distance pour les élèves positifs et présentiel pour ceux qui ne le sont pas… Bon courage à la maîtresse pour ce double travail ! Tous les enseignants s’accordent pour dire que cela est impossible, notamment quand les élèves sont jeunes et/ou peu autonomes, ou les familles peu équipées de matériel informatique.

Enfin, casse-tête également à la cantine, où on est censé éviter le brassage. Mais comment faire déjeuner 200 enfants en deux heures sans accueillir plusieurs classes en même temps dans le réfectoire ? Quand de surcroît il manque aussi des animateurs de cantine (14 à Saint Gratien malgré l’appel à la bonne volonté de retraités..) on voit l’impossibilité de la tâche.

Des solutions pour tenter de limiter la contagion ? Oui, et bien évidemment cela passe par des moyens supplémentaires, tant en matériel qu’en ressources humaines.

Équipons les classes de détecteurs de CO2. Pour un coût relativement modique, ces  dispositifs permettent d’alerter si la qualité de l’air est mauvaise et donc qu’il y a nécessité d’aération. Ces appareils sont subventionnés par l’État, qui devrait d’ailleurs les prendre en charge au lieu de faire supporter le coût aux collectivités. À notre question en Conseil municipal de décembre, la ville répond que des commandes sont en cours. Il est temps…

L’Éducation nationale doit d’urgence faire appel aux listes complémentaires des concours pour recruter des remplaçants, indispensables pour assurer un encadrement suffisant des élèves. Le recrutement de contractuels ou de retraités n’est pas une solution. Ce type de recrutement n’a d’ailleurs pas trouvé suffisamment de candidats l’année dernière.

En terme d’équipement, les syndicats enseignants réclament la fourniture de masques pour les personnels comme les élèves. Le premier ministre vient d’annoncer la fourniture de masques chirurgicaux aux enseignants d’ici la fin janvier. Il est temps…

Localement, la concertation entre enseignants, élus et parents reste toujours indispensable. Dans cette période difficile où on tant besoin d’échanger et de communiquer, quelle erreur d’avoir supprimé à Saint Gratien la commission scolaire « élargie » qui réunissait les différents acteurs de la communauté éducative !

Conseil au gymnase (2)

La suite de notre compte-rendu du Conseil municipal de décembre à Saint Gratien

Le Conseil examine ensuite les rapports financiers.

Nous votons contre l’augmentation de +3% des tarifs de location des salles municipales. Ces hausses sont récurrentes chaque année et toujours bien supérieures à l’inflation. Pourquoi ? Il est facile cette année d’arguer des tarifs de l’énergie, qui s’envolent.    

Nous avions demandé d’ajouter les horaires d’occupation des salles des centres culturels, horaires qui se réduisent au fil du temps, certainement à but d’économies. Le fait est que les réunions doivent à présent se terminer à 22h30, et que les centres sont fermés le week-end…

D’autre part, nous n’avons pas l’information demandée sur les gains pour la ville en année ordinaire, hors Covid. Les salles étant gratuites pour les associations gratiennoises, il serait intéressant de savoir combien leur utilisation rapporte à la commune.

Le Conseil se prononce sur les transferts de charges entre la ville et la communauté d’agglomération Plaine Vallée. La ville a délégué à la CAPV ses  compétences en matière de police municipale, de vidéosurveillance (rebaptisée vidéoprotection), et bénéficie de la mise en réseau des bibliothèques, ainsi que de l’accueil des scolaires à la piscine « La Vague ». Pour 2021, Saint Gratien a reçu 1,37M€ d’attribution de compensation de la part de la CAPV, et 113 000€ de dotation de solidarité communautaire.

Nous regrettons qu’aucun débat n’ait plus lieu à l’échelon municipal sur ces questions, notamment sur la police municipale et son armement, sur les caméras de vidéosurveillance, leur coût et le bilan de leur efficacité.

La décision modificative appelle une question sur le montant en baisse des études sur les travaux des bâtiments communaux. Or, nous constatons que la rénovation du théâtre Jean Marais, par ailleurs bien réalisée, n’apporte pas d’amélioration de la chaleur excessive supportée par les spectateurs. Le maire précise qu’un système de rafraîchissement a été installé et devrait permettre un confort amélioré. Malheureusement, ce n’est pas ce que nous avons relevé lors des derniers spectacles, notamment pour les places situées en haut de la salle.                

L’adjoint aux finances présente le projet de budget 2022, contre lequel nous votons.

Nous questionnons sur différents points.

-Depuis un mois y voit-on plus clair sur la réforme du calcul de la répartition des dotations de l’État aux communes ? Impact positif ou négatif ? La ville indique qu’elle n’a pas d’éléments nouveaux.

-Comment faut-il apprécier la baisse régulière de l’excédent brut de fonctionnement de la ville, c’est-à-dire le delta entre les dépenses et recettes de fonctionnement, qui est en recul structurel sur les trois ou quatre dernières années : 3,91M en 2018 ; 3,28 en 20219 ; 3,13 en 2020 ; 2 au mieux pour 2021 ; prévisions de 1,22 en 2022 ?  Qu’est-ce qui explique cette tendance et quel est l’impact de la crise sanitaire sur cet indicateur ? L’adjoint nous répond que l’explication est « en partie « due à la crise de Covid pour les années 2020 et 2021, tout en reconnaissant que les exercices budgétaires s’avèrent de plus en plus difficiles, selon sa formule : « au prix d’acrobaties qu’il sera de plus en plus difficile de réaliser, parce qu’à un certain moment, on va arriver à l’os ». Pour mémoire le coût de la crise sanitaire a été évalué pour la ville à 400 000€ pour 2020.

-N’y a-t-il pas un biais dans l’analyse des charges de personnel ; la ville recourt à des concessions… et des charges de personnel glissent dans le poste « charges générales », qui devient de plus en plus élevé. Des personnels des cantines de la ville passent par exemple sous statut Sogérès… Si on veut y voir clair, ne faut-il pas retraiter les charges générales de ces charges de personnels, qui sont à ajouter aux charges de personnel de la ville ? Pour l’adjoint aux finances qui nous répond, la question est pertinente car il s’agit bien d’un choix délibéré. Effectivement, quatre postes de personnel de restauration scolaire ne sont pas remplacés par la ville. C’est Sogérès qui fournira ces personnels dorénavant. L’adjoint se félicite de « sous-traiter au prestataire qui gère le marché ». Notre appréciation est bien différente. Nous nous interrogeons par exemple, avec les parents d’élèves, sur les tarifs exceptionnellement élevés des repas de cantine à Saint Gratien…   

-Nous questionnons sur le montant des investissements dont le ratio  est faible : 150€ investis par habitant et donc très loin des dépenses d’équipement des villes de même importance. Pour l’adjoint il faut investir selon les capacités de la ville en maîtrisant l’endettement pour répondre aux besoins « incontournables ». Il vante l’équipement de la ville en matière de sport et de culture.   

-En fonctionnement, les aménagements et services urbains se taillent toujours la part du lion : plus de 20% contre 18,5% à l’enseignement, 10% au sport et 7% à la culture. C’est une pratique récurrente avec laquelle nous ne sommes pas forcément d’accord. Nous regrettons que la rénovation du centre culturel du Parc ne soit pas jugée « incontournable » mais aussi que le centre de loisirs Fossiez soit oublié depuis des années. Les enfants qui y sont accueillis ont aussi besoin d’une structure adaptée à leurs activités.

-Du côté de l’investissement, là encore, aménagements et services urbains ont la part principale : 36% des travaux.

-En ce qui concerne la dette, nous remarquons que le dernier prêt « toxique » est toujours présent bien que la majorité le passe volontiers sous silence : cet emprunt dollar/franc suisse coûte encore au contribuable 36 000€ avec un taux de 7,4%. C’est bien davantage que ce que la ville dépense pour les séjours de vacances des jeunes Gratiennois. Certes un fond de soutien national nous « soulage » de 20 00€… mais c’est toujours un contribuable qui paie !

-Même remarque en ce qui concerne les subventions. Que la ville recherche les subventions les plus élevées, c’est bien naturel mais n’oublions pas qu’il s’agit là aussi d’argent public. Pour nous résumer, on se glorifie ici à St Gratien de taux d’impôt bas, mais heureusement qu’ailleurs on paye des impôts… ce qui permet à St Gratien de toucher le fruit de ces impôts levés ailleurs sous la forme de subventions : DGF, aides régionales et départementales…N’est-ce pas finalement une grande hypocrisie ?

-Enfin, nous regrettons que la méthode reste toujours la même : la détermination des projets reste un exercice très solitaire. Pas de Conseils municipal d’enfants qui pourrait faire émerger de nouveaux projets, pas de budgets participatifs.. pas d’association des habitants à la réflexion budgétaire.  

À suivre…

 

Pour 2022…

« L’avenir n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons en faire ».

Henri Bergson

Faisons de l’année 2022 un temps riche de fraternité, de solidarité, de progrès social,  de partage des richesses,  d’avancées écologiques,  de conquêtes citoyennes !

De haut en bas, de gauche à droite : Pont de Bezons, Commémoration du 17 oct. 1961 ; Janvier : non à une gare en plein champ au Triangle de Gonesse ; Novembre : vente de fruits & légumes solidaires aux Raguenets ; Toute l’année : point de vente de l’Huma à la table du marché ; décembre : séance du conseil dans le gymnase ; Muguet du 1er mai place du Forum ; 28 août : Commémoration de la libération de St Gratien.

Arc-en-ciel

Article paru dans l’Humanité, après la disparition en Afrique du Sud de  Desmond Tutu, figure emblématique de la lutte contre l’apartheid.

Lundi 27 Décembre 2021, Pierre Barbancey

Disparition. Desmond Tutu a rejoint l’arc-en-ciel des nations

Figure de la lutte contre l’apartheid, prix Nobel de la paix, personnalité intransigeante et attachante, l’ancien archevêque du Cap est décédé dimanche. Il avait 90 ans.

C’était un rire pur. Un rire franc. Un rire massif parfois tonitruant. Tous ceux qui ont eu la chance de rencontrer Desmond Tutu se souviennent aujourd’hui de ses yeux plissés, espiègles, comme ceux d’un enfant, dès qu’il esquissait un sourire. Plus que de la bonhomie, il y avait chez lui un amour de la vie et une façon unique de raconter des anecdotes. Comme celle-ci : «Un jour à San Francisco, j’étais bien tranquille dans mon coin. Une femme fait irruption devant moi. Visiblement émue, elle me salue d’un “Bonjour, archevêque Mandela! Deux hommes pour le prix dun». Au mois d’octobre, il avait fêté ses 90 ans. Ce fut sa dernière apparition publique. Celui que tout le monde appelait familièrement par le surnom de The Arch (archevêque se dit archbishop en anglais) s’est éteint, ce dimanche, au lendemain de Noël.

Une disparition annoncée par Cyril Ramaphosa, président de la République d’Afrique du Sud, en personne. «Des trottoirs de la résistance en Afrique du Sud aux chaires des grandes cathédrales et lieux de culte du monde, en passant par le cadre prestigieux de la cérémonie du prix Nobel de la paix, The Arch s’est distingué comme un défenseur non sectaire et inclusif des droits de l’homme universels», a déclaré celui qui est également à la tête du Congrès national africain (ANC). Une organisation que Desmond Tutu n’a pas craint d’étriller ces dernières années, annonçant même qu’il ne voterait plus en sa faveur, se disant déçu par la corruption, l’état des écoles publiques et la pauvreté persistante. «Je nai pas combattu pour chasser des gens qui se prenaient pour des dieux de pacotille et les remplacer par dautres qui pensent en être aussi», dénonçait-il.

Tutu est né le 7 octobre 1931 dans la ville minière de Klerksdorp, à l’ouest de Johannesburg. Sa mère était domestique, son père directeur d’école primaire. Il se tourne très vite vers la théologie et devient, en 1978, le premier dirigeant noir du Conseil sud-africain des églises (SACC), qui compte 15 millions de fidèles actifs dans la lutte contre l’apartheid. En 1984, alors qu’il est nommé évêque de Johannesburg et appelle au boycott économique du régime raciste blanc de Pretoria, il est lauréat du prix Nobel de la paix. Albert Luthuli, président de l’ANC de 1952 à 1967, avait reçu ce même prix en 1960. Il sera également décerné à Nelson Mandela et Frederik De Klerk en 1993. Il devient archevêque du Cap en 1986, alors que, dans le pays, la lutte s’intensifie pour mettre à bas l’apartheid, notamment avec le regroupement de toutes les organisations progressistes, civiles, religieuses et syndicales au sein du Front démocratique uni (United democratic front, UDF).

Une lutte dont il est totalement partie prenante, notamment en tant que responsable de l’Église anglicane pour toute l’Afrique australe. Et une épine plantée dans le pied du pouvoir raciste qui ne peut se débarrasser de cette personnalité aux déclarations fracassantes. Ainsi, en juillet 1986, après le refus de Ronald Reagan, alors président des États-Unis, d’imposer des sanctions au régime de l’apartheid, il s’exclame devant la presse : «Plus de 70 % de notre peuple, comme le montrent deux sondages, veulent des sanctions. Mais non, le président Reagan sait mieux que tout le monde. Nous allons souffrir. Il est là, comme le grand chef blanc à l’ancienne, à nous dire que nous, les Noirs, on ne sait pas ce qui est bon pour nous. L’homme blanc sait».

Serviteur d’une Église aux portes grandes ouvertes

En 1995, un an après les premières élections démocratiques qui ont vu l’accession de Nelson Mandela à la présidence du pays, Desmond Tutu est tout naturellement nommé à la tête de la commission Vérité et Réconciliation, chargée d’enquêter sur les crimes commis sous l’apartheid. Il aimait d’ailleurs dire : «Pardonner, ce nest pas seulement être altruiste. C’est la meilleure forme d’intérêt personnel. C’est aussi un processus qui n’exclut pas la haine et la colère». Au deuxième jour des auditions, il fond en larmes après le témoignage particulièrement insoutenable d’un ancien détenu de Robben Island.

Présidant depuis 2007 The Elders (les Aînés), groupe de personnalités internationales œuvrant pour le règlement de conflits dans le monde, The Arch avait écrit en juin 2016 au comité Nobel pour proposer «la nomination de Marwan Barghouti, dirigeant palestinien emprisonné, pour le prix Nobel de la paix». Il rappelait qu’ «en 2013, une campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens fut lancée à Robben Island (…) depuis la cellule du symbole universel de paix qu’est Nelson Mandela».

The Arch était le serviteur d’une Église aux portes grandes ouvertes pour accueillir ce qu’il a lui-même appelé la «nation arc-en-ciel». Une belle expression qu’il a employée pour la première fois lors de son discours prononcé aux obsèques de Chris Hani, secrétaire général du Parti communiste sud-africain (SACP) et chef militaire de Umkhonto we Sizwe, la branche armée de l’ANC, assassiné en 1993. Une idée si forte que Nelson Mandela l’a reprise le 10 mai 1994, lors de sa cérémonie d’investiture : «Nous prenons lengagement de bâtir une société dans laquelle tous les Sud-Africains, blancs ou noirs, pourront marcher la tête haute (), une nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde».

Desmond Tutu était un peu la conscience de l’Afrique du Sud. Avec lui, disparaît pratiquement le dernier des géants de la lutte contre l’apartheid et des idées progressistes. Parmi ses derniers combats, et contre sa hiérarchie, il a défendu le suicide assisté, le droit à l’avortement et les homosexuels. Avec ce pied de nez qui le caractérisait si bien : «Je ne vénérerais pas un Dieu homophobe. () Je refuserais daller dans un paradis homophobe. Non, je dirais: Désolé! Je préfère de loin aller de l’autre côté”».

Repères
7 octobre 1931
Naissance à Klerksdorp, dans le Transvaal.

1961 Ordonné prêtre de l’Église anglicane.
10 décembre 1984 Reçoit le prix Nobel dans le grand amphithéâtre de l’université d’Oslo.
7 septembre 1986 Nommé archevêque du Cap.
1995 Nommé président de la commission de la Vérité et de la Réconciliation.
2005 Nommé par le secrétaire général de l’ONU membre du Haut-Conseil pour l’Alliance des civilisations.
26 décembre 2021 «Le décès de l’archevêque émérite Desmond Tutu est un nouveau chapitre de deuil dans l’adieu de notre nation à une génération de Sud-Africains exceptionnels qui nous ont légué une Afrique du Sud libérée. », Cyril Ramaphosa, président sud-africain.

Desmond Tutu : « Ubuntu », rien de ce qui est humain ne lui était étranger (PCF)

Le Parti communiste français a rendu hommage à Desmond Tutu dans un communiqué, ce 26 décembre 2021, sitôt connu le décès de l’archevêque sud-africain, lauréat du prix Nobel de la paix.

« Figure éminente de la lutte du peuple sud-africain contre le régime d’apartheid puis de la « nation arc-en-ciel » post-apartheid, non-raciale et démocratique, Desmond Mpilo Tutu vient de s’éteindre à l’âge de 90 ans, écrit le PCF. Il laisse orphelin le peuple sud-africain tout entier et, au-delà, toutes celles et tous ceux qui, de la solidarité internationale anti-apartheid à l’engagement pour une paix juste et durable au Proche-Orient, ont partagé les combats de sa vie. » 

Pour le PCF, Desmond Tutu était « reconnu, estimé et hautement respecté pour la finesse de son intelligence et sa force de caractère, tout comme son humour et sa joie de vivre, (il) a dédié son sacerdoce à la libération de son peuple et la mise à bas du crime contre l’humanité qu’était l’apartheid. Jusqu’à son dernier souffle, Desmond Tutu aura lutté pour la justice et l’égalité, la fraternité des peuples, la solidarité, le droit et les libertés, contre le racisme et la xénophobie, et les dominations de toutes sortes. « Ubuntu », rien de ce qui est humain n’était étranger à Desmond Tutu ». 

Le PCF poursuit : « Desmond Tutu a présidé de 1996 à 1998 la commission Vérité et Réconciliation (Truth and Reconciliation commission, TRC), chargée de faire la lumière sur les crimes commis entre 1961 et 1994 et d’engager un processus de réconciliation nationale, et de justice réparatrice envers les victimes de l’apartheid. « Ceux d’entre nous qui s’inscrivent dans la tradition chrétienne ont, peut-être, une responsabilité spéciale parce que cette nation a instrumentalisé au cours des années les sources théologiques chrétiennes pour promouvoir l’apartheid », écrira-t-il en 1996 ». 

Le PCF souligne encore que « c’est à partir du milieu des années 1960 que celui qui deviendra près de 25 ans plus tard le premier archevêque anglican noir du Cap et prix Nobel de la paix (1984) s’engagea de façon active contre l’apartheid, pour l’égalité absolue entre tous les Sud-Africains. Fortement influencé par le mouvement de la conscience noire et la théologie africaine, Desmond Tutu épousait les ambitions de la Charte de la liberté, initiée par le Congrès national africain (ANC) d’une Afrique du Sud libre, non-raciale et démocratique. À partir de 1983, il sera l’une des personnalités de premier plan de son pays qui, aux côtés du révérend Allan Boesak, animeront le Front démocratique uni (United democratic front), coalition de plusieurs centaines d’organisations et associations dont le rôle s’est révélé déterminant pour unir et élargir encore la mobilisation populaire anti-apartheid en Afrique du Sud comme au plan international. C’est aussi avec Allan Boesak que Desmond Tutu présidera la TRC pendant deux ans ; une entreprise douloureuse pour les Sud-Africains, trop souvent frustrante mais qui aura contribué à éloigner le spectre d’une guerre civile dans son pays et, au plan international, à l’élaboration d’institutions spécifiques au traitement des violences perpétrées par des régimes criminels ». 

Le PCF conclut par ces mots : « C’est aujourd’hui avec solennité que le Parti communiste français s’incline devant la mémoire de Desmond Mpilo Tutu et exprime à sa famille et au peuple d’Afrique du Sud ses condoléances attristées. Hamba Kahle, Baba ! » (au revoir, père !)

Disparition de Christine Valéry

Comme nombre de Gratiennois, nous sommes choqués et émus de la disparition brutale de Christine Valéry, notre voisine aux séances du Conseil municipal.

Nous saluons son engagement et son investissement de longue date dans la vie locale de notre commune, tant au niveau associatif que politique. Chef de chœur d’une chorale gratiennoise, Christine avait été à plusieurs reprises candidate pour le PS aux élections municipales, législatives, départementales et récemment en mars 2020 avait été élue au Conseil municipal de Saint Gratien.

Nous adressons à sa famille, à ses deux enfants, à Pierre son époux, à qui nous savons que Christine va infiniment manquer, nos plus sincères condoléances. Une pensée également pour ses camarades du Parti socialiste.

Stéphane Bauer, Isabelle Volat, élus du groupe municipal « Saint Gratien solidaire, écologique et citoyen »

Conseil au gymnase

Notre compte-rendu du Conseil municipal du 16 décembre 2021.

La séance se tient dans le gymnase du Forum, la salle des mariages étant jugée trop exiguë pour le respect des gestes barrière. Surprise ! Si la taille de l’équipement sportif ne favorise pas les échanges (nous sommes très loin du maire qui a du mal à voir notre main levée…),  la sonorisation est par contre bien meilleure qu’en mairie, tant pour les élus que pour le public.

Première remarque de notre part : l’ordre du jour comporte 27 rapports dont certains particulièrement importants, le vote du budget par exemple ! Sans oublier les 30 décisions du maire et un PV de 43 pages à relire. C’est, pour les élus minoritaires que nous sommes, un travail important et difficile en peu de temps. C’est la conséquence d’un nombre insuffisant de Conseils dans l’année : 6 seulement en 2021, contre 8 habituellement.

Nous questionnons tout d’abord sur les décisions du maire.

-La ville passe une convention avec la société Transdev pour la mise à disposition d’équipements sportifs. L’occasion de regretter que, lorsque les salariés en grève cherchent à rencontrer le maire, il ne leur répond pas… 

-La ville a passé un marché de 105 000€ pour le fleurissement. Ce montant maximum est-il parfois atteint ? Auquel cas, cela représenterait 5 fois le montant alloué aux courts séjours printemps et été des enfants de la ville… Pas de réponse du maire sur ce point. D’autre part, n’y a-t-il pas de fournisseurs locaux ? Quid des circuits courts quand les sociétés se trouvent dans le Finistère ou dans le Maine ? Pas de réponse nette, le maire arguant d’un fleurissement « durable »…. et nécessitant moins d’arrosage… ce qui n’a qu’un lointain rapport avec notre question.

-La ville va recourir à une assistance (35 800€) pour la passation d’un marché relatif au stationnement. Pourquoi ce besoin d’aide… est-ce la conséquence de la non-présentation aux élus des rapports d’activité de Indigo entre 2015 et 2019 ? Comment se fait-il que la ville ne puisse plus traiter elle-même de tels dossiers ?  Réponse floue également, le maire rappelle la durée de la délégation de service public pour le stationnement payant sera de 10 ans, et que la ville souhaite « revisiter » ce marché…

Le Conseil entend ensuite le désormais traditionnel rapport sur l’égalité hommes/femmes, obligatoire dans les communes de plus de 20 000 habitants. Le rapport fait un état des lieux en matière des ressources humaines de la collectivité et des actions menées sur son territoire. Une seule question de notre part, sur la réflexion que la ville pourrait mener sur l’aménagement des cours d’école, où l’espace est majoritairement utilisé par les garçons qui jouent au football. Tollé dans la majorité et réponse du maire une nouvelle fois très évasive puisqu’il évoque les créneaux réservés aux footballeuses au… stade Delaune.

Nous votons contre l’application de la loi de transformation de la fonction publique, qui porte atteinte à la libre administration des collectivités, et dégrade les conditions de travail des personnels. Nous l’avons déjà relaté ici.

Nous nous abstenons sur la convention de mutualisation de la police municipale. 14 agents de police, 4 ASVP et 1 agent administratif sont mis à disposition de Saint Gratien, et sont sous l’autorité du maire pendant l’exercice de leur fonction sur le territoire communal. Ils sont équipés de bâtons de défense, de bombes lacrymogènes, de lanceurs de balles de défense, et bientôt de pistolets semi-automatiques, et de pistolets à impulsion électrique. Les policiers seront donc dotés d’armes létales, mais sans qu’aucun débat ne soit mené à l’échelon municipal. Nous le regrettons.         

Nous nous prononçons pour l’abattement de 30% de taxe foncière pour les bailleurs de logements sociaux situés dans les quartiers classés « quartiers politique de la ville ». Cela concerne une partie du quartier des Raguenets. Nous questionnons pour connaître concrètement les actions menées en matière de développement du lien social et les animations de quartier. Dans ce contrat de ville intercommunal, les engagements pris font–ils l’objet d’un bilan ? Comment contrôle-t-on les actions mises en œuvre ? Ce bilan est-il communiqué, et à qui ? Les priorités d’intervention sont-elles définies avec les conseil de quartier, le conseil de vie citoyen ? Le maire indique qu’un comité de pilotage est mis en place, réunissant le bailleur, la Préfecture, la commune et les habitants tirés au sort. Il vérifie que les actions ont bien été réalisées et planifie celles de l’année suivante. Il indique les priorités, renforcement de gardiennage, gestion renforcée des déchets encombrants, portage de courses en cas de panne d’ascenseur, entretien de la vidéoprotection, mise à disposition du local pour les « femmes de la République »…  Le maire en profite pour vanter le quartier, selon lui bien moins dense que le centre-ville, très bien entretenu et fleuri. Rappelons à cette occasion que les habitants des Raguenets ne partagent pas toujours son appréciation de l’entretien et du fleurissement, et qu’ils étaient nombreux à se plaindre de la présence massive de rats à proximité de leurs immeubles. Nous étions intervenus à ce sujet il y a deux ans afin que le problème soit sérieusement traité.

Le Conseil vote la suite de la réhabilitation de la salle d’armes. Le projet évolue avec des aménagements complémentaires entraînant de nouveaux coûts. Le montant total des travaux est à présent de 2,5M€, hors subventions. Pour mémoire, les travaux concernent la toiture, l’isolation, le chauffage, les sols, des vestiaires supplémentaires, et le recours à des énergies renouvelables. Cet équipement souffre en effet d’une très mauvaise isolation, la toiture n’est pas étanche, et les sols ont été abîmés par des infiltrations d’eau.  

Nous votons pour le « pack lecture et le pass BIB », dispositifs de réseau mutualisé des bibliothèques de la Communauté d’agglomération Plaine Vallée. En fait le système existant de prêts entre bibliothèques « Révodoc », dispositif départemental, sera remplacé petit à petit par un dispositif similaire de la CAPV. Nous soulevons le problème de passer d’un système de prêts entre toutes les bibliothèques du 95 à uniquement les 18 de la CAPV. N’est-ce pas une réduction de l’offre même si on nous assure que le fond des bibliothèques de la CAPV est suffisant ?

À suivre, les rapports financiers