À la récré… (1)

À l’heure de la récré, en cas de forte chaleur, la cour goudronnée devient un four… Quelle évolution pour nos cours d’école ?

L’entretien des écoles primaires (maternelles et élémentaires) est de la responsabilité de la commune. Cette compétence déborde de la construction et du simple entretien des locaux puisqu’elle concerne également le cadre périscolaire, restauration, projets éducatifs, classes transplantées…  Cela recoupe évidemment bien des disparités, qui varient selon diverses études entre 1 et 10, certaines communes investissant très peu et d’autres bien davantage, selon leurs ressources, ou leurs choix politiques !

Aujourd’hui de nouveaux besoins apparaissent, pour adapter les locaux scolaires à l’évolution des pratiques pédagogiques, et aussi aux changements climatiques. Bien souvent, les bâtiments scolaires sont peu adaptés aux fortes chaleurs que les élèves peuvent maintenant supporter dès les mois de mai/juin, et jusqu’en septembre. Grandes baies vitrées pour les écoles récentes, orientation au sud, absence de rideaux ou volets pouvant protéger de la chaleur… autant de facteurs qui peuvent transformer les classes en fournaises.

C’est à présent le sujet des cours de récréation qui vient sur le devant de la scène. Souvent goudronnées, avec la majorité de l’espace occupé par des installations pour jeux de ballon, avec peu de bancs, peu d’arbres et sans herbe… Les activités et jeux des enfants y sont réduits de par ces configurations. Les cours de récré deviennent de véritables « îlots de chaleur ».

À Saint Gratien, la  totalité des cours élémentaires suivent ce schéma. Les cours maternelles sont davantage équipées de structures de jeux, mais restent bitumées dans leur plus grande partie.

D’autres cours du Val d’Oise sont plus innovantes…     

À suivre…

Veligo, enfin !

Depuis des mois, nous demandions à la ville d’intervenir fermement auprès d’Île-de-France-Mobilités pour accélérer l’installation du parc de stationnement pour vélos à la gare RER de Saint Gratien.

Enfin, cette structure est installée et devrait ouvrir prochainement !

Elle permet aux vélos d’être déposés en sécurité et à l’abri des intempéries, à proximité immédiate des quais. Cela facilite grandement les déplacements en train des cyclistes, contraints jusqu’ici de laisser leur vélo sur des arceaux branlants, sous la pluie et au vu de tous.

Ce dispositif ne coûte rien à la ville puisque c’est Île-de-France Mobilités qui finance et entretient ces stationnements vélo dans toute l’Île-de-France. Ce sont soit des espaces fermés et sécurisés, accessibles par abonnement, comme à Saint Gratien, soit des espaces en libre-accès, sous formes d’arceaux abrités.

Le parc de notre ville est, selon la tarification régionale, gratuit pour les détenteurs d’un abonnement Navigo Annuel, Senior annuel, Imagine’R scolaire et Imagine’R étudiant. Pour les autres usagers, la tarification est la suivante : 4 €/jour, 10 €/mois ou 30 €/an.

Prendre les transports en commun sans craindre de retrouver son vélo détérioré, trempé, (voire de ne pas le retrouver du tout), est donc désormais possible. Gageons que cet équipement sera rapidement complet et devra être agrandi, et comme nous l’avons suggéré, qu’un autre parking vélos voie le jour côté Raguenets, où les habitants aussi possèdent des vélos !  

Quant à faire de Saint Gratien une ville où de déplacer en vélo est facile et agréable, c’est une autre histoire.

Nos rues sont de plus en plus encombrées par la circulation automobile et le stationnement des voitures. Aucun dispositif facilitant la pratique du vélo n’a vu le jour ces dernières années, hormis quelques arceaux sur les trottoirs qui trop souvent gênent le passage des piétons ou sont d’uns stabilité douteuse. Pas de sas vélo aux carrefours, pas de double sens cyclable dans les rues à sens unique où la vitesse est limitée à 30km/h. Aucun aménagement ou piste cyclable permettant de rouler en sécurité.

Le vélo n’est visiblement pas une priorité de la municipalité. Pourtant, on sait, mais répétons-le encore, que le vélo est bon pour la santé, pour le porte-monnaie, particulièrement en ces temps d’envolée des prix de l’énergie, pour le commerce local, pour le lien social, pour limiter le bruit et la pollution dans notre ville.. au petit territoire, où les déplacements en vélo permettent sans problème de relier un point à un autre en un temps limité.

Donc félicitons-nous de voir enfin arriver notre tant attendu parc Veligo, rebaptisé « Parking Vélos Île-de-France Mobilités », mais sachons que la bataille cycliste n’est pas terminée !

28 août, la libération

Cérémonie ce dimanche 28 août 2022 à Saint Gratien pour la commémoration de la libération de la ville.

Nous y étions et avons déposé une gerbe au nom du PCF.

N’oublions jamais.

Ce jour est l’occasion de se souvenir des résistants gratiennois.

Le 31 août 1944, cinq jeunes résistants, membres du groupe FFI de Sannois, partent en jeep de Saint-Gratien pour participer à la libération du territoire aux côtés des Alliés. En traversant l’Oise sur les débris du pont de Creil que les Allemands venaient de détruire, ils sont tués, balayé par une rafale allemande. Leurs noms sont gravés sur une stèle du cimetière : Georges Didou, Maxime Hébert, Robert Joubel, Daniel Prunotto, Marcel Laroche.

Saint Gratien garde aussi la mémoire de Jean Poiré, résistant condamné à mort par les autorités allemandes, fusillé le 6 octobre 1943 au Mont-Valérien, et de Suzanne Barroul, résistante fusillée le 29/05/1945.

En savoir plus

Bientôt la rentrée des classes…

De tout temps, des communes, notamment à direction communiste, se sont engagées pour aider les familles lors des rentrées scolaires, par la distribution de fournitures.

Aujourd’hui, face aux difficultés accrues suite à l’inflation, ces initiatives rencontrent un écho particulier.

À Saint Gratien, une idée à souffler à notre maire ?

L’exemple de Fontenay-sous-Bois, mairie communiste.

Article de Radio France, publié le 27/08/2022

Rentrée 2022 : « Aujourd’hui ce sont les collectivités locales qui pallient les besoins », dénonce Anne Klopp, première adjointe au maire de Fontenay-sous-Bois
Au nom de la gratuité de l’école, plusieurs villes de France fournissent déjà les fournitures scolaires aux élèves d’école élémentaire. C’est le cas à Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne.

Plusieurs villes de France fournissent déjà les fournitures scolaires gratuitement aux élèves d’école élémentaire. C’est le cas à Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne, qui fête cette année le 30e anniversaire de la gratuité pour les fournitures scolaires. (RENAUD CANDELIER / RADIO FRANCE)

À quelques heures de la distribution des fournitures scolaires aux parents d’élèves en vue de la rentrée 2022, la maison de la citoyenneté à Fontenay-sous-bois (Val-de-Marne) fourmille d’agents municipaux, samedi 27 août.

Au milieu des piles de cartons, Claire Descamps Haoui, qui travaille au centre communal d’action sociale explique que « 100 tabliers de peinture vont être distribués en maternelle ». Elle ajoute que « les trousses simples, c’est pour les CE1 ». Les trousses et les tabliers bigarrés sont uniques puisqu’ils sont fabriqués à partir de bâches recyclées par des personne en réinsertion.

Chaque année, 1 500 élèves dotés

Anne Klopp, la première adjointe au maire de Fontenay-sous-Bois, indique que le matériel est fourni à l’ensemble des élèves : « Pour nous, il n’est pas question de se restreindre aux quartiers prioritaires de la ville mais bien à l’ensemble de la population. La question de la mixité et de la solidarité au quotidien est importante envers l’ensemble de la population ».
La sélection des fournitures se fait en concertation avec les équipes enseignantes,
mais l’élue reconnaît que « ça peut ne pas correspondre au besoin précis de chaque instituteur ». Malgré tout, chaque année et ce, depuis 30 ans à Fontenay-sous-Bois, environ 1 500 élèves reçoivent une dotation de fournitures scolaires.
Ce choix politique a un coût puisque les prix varient entre « 15 euros et 25 euros par enfant », ce qui représente « un budget de 35 à 40 000 euros » pour la ville, poursuit Anne Klopp. Le budget est tout de même très supportable pour ce bastion communiste de 53 000 habitants.

Une initiative qui inspire le gouvernement (on s’en réjouit, ndlr !)

La première adjointe se félicite que l’État veuille s’ inspirer de cette initiative : « Je trouve que ça va dans le bon sens. Aujourd’hui ce sont les collectivités locales qui pallient les besoins par des distributions de fournitures aux besoins des familles. Ce n’est pas qu’un moment de distribution, c’est surtout un moment de convivialité, d’échanges. On n’est pas là que pour pallier les manquements de l’État ».

Olivier Klein, le ministre délégué à la Ville et au Logement, a confirmé sur franceinfo, vendredi 26 août, que le gouvernement était en pleine réflexion pour mettre en place une distribution gratuite de fournitures scolaires aux élèves des quartiers prioritaires dès la rentrée 2023.

N.B. :  À Vitry-sur-Seine, la ville pratique aussi la gratuité des fournitures scolaires. C’est à lire ici.

Incendies, les insuffisances publiques

Incendies : « Les insuffisances publiques s’alimentent »

GIRONDE Le chef de file des députés communistes, André Chassaigne, s’est rendu dans le département ravagé par les flammes et appelle à en finir avec le désengagement de l’État.

Article paru dans l’Humanité du mercredi 17 Août 2022 ; Cyprien Caddeo

Alors que le gouvernement a annoncé le 15 août un plan d’aides fiscales à destination des collectivités, particuliers et entreprises sinistrés par les flammes en Gironde, le député PCF André Chassaigne appelle à des mesures plus structurelles et à s’attaquer à la racine du mal : les manquements de la puissance publique.

La question du manque de moyens revient sur bien des aspects. Les pompiers, notamment, alertent une nouvelle fois sur leur manque d’effectifs.

Oui, il y a une double crise. D’abord, du volontariat : il y a de moins en moins de volontaires, ils sont actuellement un peu moins de 200 000 (la Fédération ­nationale des sapeurs-pompiers estime qu’il en faudrait au moins 50 000 de plus – NDLR). Mais il faut aussi plus de pompiers professionnels pour les encadrer. Le problème, c’est que les insuffisances publiques s’alimentent : les pompiers sont amenés de plus en plus à suppléer l’hôpital public ou les urgences, qui sont débordées. Ils sont de fait moins disponibles pour lutter contre le risque incendie.

Quel levier peut-on activer en matière de gestion forestière pour prévenir les incendies ?

Le problème de la gestion forestière, c’est le statut des forêts. Nous avons en France des forêts nationales ou communales qui sont du domaine de ­l’Office national des forêts (ONF), et sur lesquelles il y a obligation d’avoir un plan de gestion : ça implique le risque incendiaire, le débroussaillage et la surveillance des départs de feux. Il y a aussi des forêts privées, où un plan de gestion est obligatoire au-dessus de 25 hectares de surface. Mais la forêt de La Teste, d’où est parti un des incendies, est une forêt usagère, un cas particulier et unique. Elle est soumise à un droit qui date du XVe siècle, avec des propriétaires et des usagers qui ne se sont pas mis d’accord sur un plan de gestion clair. Il y a quelque chose d’irrésolu sur ce point. Cela étant dit, dans tous les cas, il faut mettre plus de moyens : l’ONF a vu ses effectifs sabrés, tout comme les centres régionaux de la propriété forestière, qui sont en lien avec les propriétaires privés.

Qu’en est-il de la flotte de Canadair et d’hélicoptères ?

Notre flotte est en partie vieillissante, avec parfois des problèmes de maintenance. Certes, il existe désormais un mécanisme européen, rescUE, qui est une flotte de bombardiers d’eau et d’hélicoptères à destination de tous les États membres de l’Union européenne (UE). Le fait qu’on puisse avoir une protection civile à l’échelle du continent est une bonne nouvelle : cela montre qu’on peut faire de belles choses au niveau de l’UE. Mais des solutions pourraient aussi être mises en œuvre au niveau français. Airbus a testé des avions A400M (avions de transport militaire – NDLR) modifiés avec des réserves d’eau amovibles. Ce sont des avions rapides, puissants, qui peuvent transporter de gros volumes d’eau (20 000 litres, trois fois plus que le Canadair). J’ai posé le 9 août une question au gouvernement pour savoir pourquoi ils ne sont pas déployés. J’attends la réponse à la reprise des sessions parlementaires. Car la nouvelle commande de Canadair, elle, ne sera livrée qu’en 2026.

Si rien n’est fait, les villes seront invivables

Nous vivons un été sec et chaud. Les habitants des villes souffrent particulièrement de cette conséquence du dérèglement climatique, qui pourrait devenir la règle dans les années à venir. Comment les villes peuvent-elles tenter de s’adapter ? Une question qui se pose bien évidemment aussi pour Saint Gratien, qui est, rappelons-le, la commune la plus dense du Val d’Oise du fait de son petit territoire, très urbanisé.  

Entretien avec Roland Pellenq, directeur de recherche au CNRS, interrogé par Eva Douley, le mardi 2 Août 2022 pour l’Humanité

« Pendant les canicules, la température dans les centres-villes est plus élevée qu’ailleurs. Un phénomène d’îlot de chaleur urbain contre lequel il faut lutter en réintroduisant du végétal », souligne Roland Pellenq.

Qu’est-ce que le phénomène d’îlot de chaleur urbain ? Quelles sont ses conséquences dans les villes ?

Quand la France souffre de températures caniculaires, les villes se transforment en étuves. L’été, à Toulouse, Marseille ou Paris, des écarts de température de 8 °C à 10 °C peuvent être observés entre les centres-villes et la périphérie. Car les surfaces artificialisées et fortement minéralisées (bitume, béton, pierre…) des espaces urbains absorbent, stockent et rejettent la chaleur. Par conséquent, il y a un effet de chaleur continu dans les villes : c’est ce qu’on appelle, scientifiquement, le phénomène d’îlot de chaleur urbain.

Le béton, en particulier, absorbe et rend beaucoup de chaleur. On peut l’observer facilement sur une nationale du Sud : quand le ruban d’asphalte s’étale devant vous, que le soleil brille, à l’horizon, la route semble mouillée… C’est ce que l’on appelle le « gradient de température », qui est un fort changement de température sur une très faible distance, entre une température ambiante d’environ 30 °C et le bitume, chauffé par le soleil, qui peut atteindre 70 °C à 80 °C.

On comprend donc facilement que dans les espaces denses, comme les centres urbains, les îlots de chaleur sont particulièrement dangereux en période de canicule puisqu’ils provoquent des températures extrêmes, que l’homme peut difficilement supporter. Si rien n’est fait, quand la population sera encore plus urbaine – près des trois quarts de la population mondiale devraient vivre en ville en 2050, contre un peu plus de la moitié aujourd’hui – , que le climat de Lyon sera celui de Madrid aujourd’hui, les villes seront invivables. Avec des risques importants pour la santé des habitants les plus vulnérables.

Comment les villes peuvent-elles lutter contre ces îlots de chaleur urbains ?

Il y a quatre façons de lutter contre les îlots de chaleur urbains : le principal objectif étant d’éviter, au maximum, les radiations directes du soleil. Tout d’abord, il faut diminuer les « mobilités hard », c’est-à-dire les camions et les voitures qui se déplacent dans les villes. Car la hausse des températures favorise la production d’ozone, qui favorise le réchauffement climatique. Un véritable cercle vicieux ! Il en va de même pour les activités industrielles, le chauffage domestique ou la climatisation, qui accentuent le phénomène.

Ensuite, il faut augmenter la part de la végétation sur le sol, les façades ou les toits, ou encore multiplier les plans d’eau pour favoriser le rafraîchissement urbain. Il ne s’agit pas de créer des forêts en ville, seuls quelques arbres peuvent suffire à créer de l’ombre et à rafraîchir l’air. En puisant l’eau liquide présente dans le sol, les arbres la rejettent dans l’air sous forme de vapeur d’eau : donc s’il y a un parking en dessous, ça ne sert à rien. Après, il faut repenser l’agencement des bâtiments. Car plus les bâtiments sont hauts et compacts, plus ils font obstacle au vent, accroissant la sensation de chaleur. Ils piègent les rayons du soleil en les réfléchissant et créent par là même des « canyons » urbains.

Sur le modèle du quartier du Panier à Marseille, où les habitations sont basses et reliées par des ruelles qui ne voient pas, ou peu, le soleil durant la journée, les nouveaux quartiers doivent inclure des bâtiments à hauteur différenciée, qui ne soient pas exposés directement au soleil. Enfin, pour l’existant, la question des matériaux est centrale. On remarque bien que vivre dans un logement mal isolé, qui concentre la chaleur, est un facteur de vulnérabilité face aux phénomènes de stress thermique, d’insolation, de déshydratation ou d’hyperthermie provoqués par les îlots de chaleur. Les nouvelles infrastructures urbaines doivent inclure, par exemple, les matériaux à rétention d’eau, l’humidification de la chaussée, la multiplication des fontaines publiques ou la création d’ombrage à l’aide de toiles tendues.

Où en est la climatologie urbaine aujourd’hui ?

Les premiers travaux spécifiques sur les îlots de chaleur ont émergé au début des années 1990, avec la prise de conscience de l’impact du milieu urbain sur l’environnement. Et les travaux menés depuis trente ans sur cette section de la climatologie urbaine ont permis de modéliser certaines des caractéristiques qui peuvent expliquer la formation de ces îlots de chaleur urbains. La principale est la diminution dans les villes de la part des zones humides et des espaces végétalisés.

Aujourd’hui, il y a un double objectif : réduire la surchauffe urbaine et améliorer le confort thermique des citadins. Pour ce faire, on a constaté que lutter contre les îlots de chaleur urbains nécessite d’abord une cartographie fine de leur localisation, afin de pouvoir adapter les stratégies d’action au contexte.

Or, en milieu urbain, les réseaux de mesure comme ceux de Météo France ne sont généralement pas assez denses pour caractériser finement les processus météorologiques, et Google Maps ne permet pas de connaître la hauteur des bâtiments. Il faut donc interroger les usagers sur leur ressenti pour compléter efficacement les mesures quantitatives.

 

Conseil de juin (3)

Conseil municipal du 30 juin 2022, la suite

Nous votons contre la délégation de service public (DSP) pour le stationnement payant.            

La concession de 6 ans attribuée à Vinci Park, devenu Indigo, pour la gestion du stationnement payant, arrive à échéance. La ville a donc relancé un appel d’offres. Ce dernier s’est révélé infructueux, la ville a donc contacté la société Effia qui gère le parking de la gare pour un marché négocié.

Nous sommes opposés à cette DSP, notamment parce que nous estimons que la ville se dessaisit de toutes ses compétences au profit du privé, sans que le service soit mieux rendu aux habitants, au contraire. D’autres villes ont opté pour réglementer le stationnement sans le rendre payant (Sannois, Deuil, St Leu, Soisy, Eaubonne, Ermont, Herblay, pour ne citer que celles-ci…) ; d’autres pour une consultation des habitants sur le sujet. C’est donc possible. Le contrôle du stationnement est déjà à la charge de la ville, via les ASVP, donc une zone bleue réglementée pourrait tout à fait être mise en place aux mêmes conditions.

Voici nos principaux arguments.

-Durée du contrat

Le futur contrat sera de 10 ans contre 6 auparavant. Nous soulignons ici les inconvénients des durées trop longues (exemple de la DSP du marché municipal qui est de 13 ans) et des dispositions pas toujours positives des contrats. On connaît les les augmentations « automatiques » des droits de place du marché ou des tarifs de la cantine via le marché passé avec Sogérès, ou encore des redevances inexistantes comme dans le précédent contrat avec Decaux. Bref les risques des marchés passés avec des sociétés privées, avec des contrats prometteurs sur le papier mais qui dérivent en réalité.

-Travaux

Nombre des travaux prévus dans le contrat avec Effia sont liés au principe du paiement du stationnement : horodateurs, paiement par nouveau système, collecte des recettes, création d’un site pour les abonnements, gestion des « forfaits post-stationnement », sans compter le coût pour la ville du cabinet pour aider à la négociation du contrat… Ce ne sont pas vraiment des travaux dans l’intérêt des usagers mais seulement des dépenses liées au principe du service payant.

Si la ville adoptait le principe d’une zone bleue réglementée, ces dépenses n’auraient plus lieu d’être.

De plus, on constate que l’état actuel du parking laisse à désirer : pas très propre, portes avec groom cassé, lourdes à pousser, porte avec code piéton qui ne fonctionne pas, alors que Indigo avait les mêmes obligations en matière de travaux et d’entretien. On peut donc s’interroger sur ce qu’il en sera avec Effia.

En fin de contrat avec Indigo, la ville a versé 55 000€ de travaux « imprévus » pour la conformité incendie du P1 et le marquage au sol en surface, la mise aux normes bancaires. Pourquoi ces travaux n’avaient-ils pas été inclus dans le contrat ? Ne va-t-il pas être difficile de prévoir les travaux sur 10 ans, quand déjà sur 6 ans, il y a eu problème ?

Nous nous interrogeons aussi sur l’évolution de la fréquentation des places de stationnement payant. Celle-ci ne nous est pas connue puisqu’il n’y a pas de présentation du rapport d’activité par Indigo entre 2015 et 2021, alors que le contrat le stipulait pourtant.

-Redevance

La redevance fixe que versera le concessionnaire à la ville est diminuée de moitié par rapport au contrat précédent : 3000€ par an contre 6000, autrement dit  insignifiante pour le budget communal.

Quant aux redevances variables avec seuils, ces derniers ont certes été revus en baisse nette par rapport au contrat précédent.. Mais on sait qu’elles restent très aléatoires. Lors du précédent contrat, le seuil du chiffre d’affaires nécessaire (204 000€) n’avait jamais été atteint et donc la redevance jamais versée à la ville…

En 2019, les recettes P1 se sont élevées à 51 000€ ; or le seuil pour la part variable de la redevance est dans nouveau contrat de 80 000€…

En 2019, les recettes sur la voirie étaient de 90 000€ ; or seuil pour la part variable dans le nouveau contrat est de 100 000€…

Donc sauf évolution de la fréquentation, la ville ne touchera jamais cette part variable… à moins que cela ne pousse à augmenter les tarifs ?

-Compte-rendu annuel

Déjà spécifié dans le précédent contrat et jamais présenté en 6 ans…

-Conséquences pour les habitants

Nous sommes échaudés par les dérives du précédent contrat. Pourquoi croire que le nouveau les évitera ? On voit que même le concessionnaire traîne les pieds puisqu’il n’a pas initialement soumissionné… Pourquoi faire payer les habitants pour une rentrée financière si minime pour la ville et des travaux de peinture qui n’ont rien d’extraordinaire ? Finalement quel est l’intérêt de ce système de stationnement payant ? Aucun pour la ville, ni pour les habitants.

Nous soulevons enfin le problème des publics spécifiques : les agents de la ville ont un macaron qui leur assure la gratuité. Mais d’autres paient pour venir travailler : les enseignants, par exemple, ou d’autres salariés des entreprises gratiennoises.

Pas de gratuité envisagée non plus pour les véhicules électriques.

Nous votons également contre la modification des grilles tarifaires.

La petite avancée de 45 minutes gratuites au lieu de 30 auparavant ne remet pas en cause notre opposition au principe.

Les tarifs des redevances sur la voirie et dans le parking P1 seront indexés annuellement. Selon le maire, aucun risque que la formule de révision entraîne des augmentations excessives… sauf qu’on connaît le problème des formules de révision automatique : cantine, marché…  surtout en ces temps de grosse augmentation des prix des fluides.

Conseil de juin (2)

La suite de notre compte-rendu du Conseil municipal de Saint Gratien

Finances

 Nous votons contre les tarifs de la saison culturelle 2022/2023.                     

En comparant avec les tarifs 2021, nous constatons une augmentation de +1 ou 2€ sur les tarifs de A à E (sauf le tarif pour jeune public et scolaires qui reste inchangé) et une augmentation de +5 € sur les abonnements. Le spectacle « RV médiathèque » offert aux abonnés disparaît. Le concert de Noël passe du tarif B à A.

Nous proposons, comme en 2021, la gratuité pour les spectacles proposés aux scolaires. Cela faciliterait la participation des écoles et encouragerait les pratiques culturelles des écoliers. Actuellement, les parents participent et souvent c’est la coopérative scolaire qui complète, donc les fonds des écoles… Ce serait une mesure au contraire insignifiante pour le budget de la ville, 2000 ou 3000€. Refus du maire, avec l’argumentaire connu « rien n’est gratuit ! « …

Il y a également débat sur l’utilisation de la salle Georges Brassens. À présent qu’elle est rénovée, la salle pourrait accueillir des spectacles. C’est le cas pour quelques spectacles de la saison culturelle à venir mais en nombre réduit. Car finalement les Gratiennois utilisent très peu cet endroit qui sert surtout pour les repas des personnes âgés et quelques spectacles de fin d’année des enfants des écoles. Pourquoi ne pas l’utiliser plus largement ?  

Nous votons contre le Compte administratif 2021. Ce document, qui retrace les dépenses et recettes de la collectivité réellement effectuées durant cette année, est l’occasion de faire le point de la gestion municipale. 

Les « services extérieurs » sont en hausse par rapport aux années précédentes. Cela signifie que la ville recourt de plus en plus souvent aux externalisations, ce qui à notre avis n’est pas une bonne pratique. Nous constatons que les dépenses de personnel sont inférieures à celles de 2018 : 13,5M€ contre 13,7M€. Nous nous interrogeons sur les conséquences de ce fait sur les services rendus aux habitants, et sur les conditions de travail des agents, leur nombre et leur rémunération.

Les dépenses d’investissement par habitant sont les plus faibles depuis 2016. Elles s’élèvent à 5 853 694,53 euros. Mais les dépenses d’équipement, autrement dit les travaux, n’ont  représenté en 2021 que 38,12 % des investissements, le reste de ces dépenses d’investissement étant consacré au remboursement de la dette. St Gratien n’aura donc connu que 2, 2M€ de travaux en 2021, ce qui est moitié moins que les montants qu’y consacrent en moyenne les villes au niveau national. Il y aurait de nombreux reports en 2022 pour plus de 4 M€. L’adjoint aux finances a beau nous répéter que notre ville est bien équipée, voire que nos équipements sont enviés de tous (!!) nous verrons dans la suite de échanges de la séance que certains besoins se font sentir, notamment pour les infrastructures sportives.    

Quant à la nature des dépenses, on note comme depuis toutes ces dernières années que le poste « aménagements et services urbains » se taille la part du loin, tant en fonctionnement qu’en investissement. Si les dépenses de voirie sont certes importantes dans une ville, d’autres postes le sont tout autant, comme le sport, la culture ou l’éducation…      

La capacité d’autofinancement de la commune, delta entre les dépenses et recettes de fonctionnement, est de plus en plus faible : 1,834 M€ pour 2021, contre 3,136 M€ en 2020. Cela influe bien évidemment sur la capacité de désendettement de la ville. Ce chiffre est le rapport entre l’épargne nette et la dette, et indique le nombre d’années que la ville mettrait à rembourser sa dette si elle y  consacrait la totalité de son épargne. On considère que 12 ans est un seuil critique, et que la dégradation soudaine de ce chiffre-clé des finances d’une ville est préoccupant. Or, la capacité de désendettement de Saint Gratien est passée d’un peu plus de 6 ans en 2020 à quasiment 11 ans en 2021, le plus mauvais chiffre depuis 2016.  

Enfin, nous notons que le dernier emprunt toxique de la ville représente encore 4,30% de la dette et 858K€. Nous interrogeons le maire sur le surcoût éventuel lors de l’échéance d’avril 2022.  

Une suggestion que nous ne désespérons pas de voir un jour aboutir : la communauté d’agglomération voisine « Val et Forêts » a décidé de l’extinction de l’éclairage public entre 1h15 et 4h45. Cela est source d’économies substantielles et bon également pour l’environnement. Quelle est la réflexion de Saint Gratien en ce sens ?

À suivre… (avec un peu de retard pour cause de vacances…)

Une autre logique pour davantage de sécurité

Sécurité : des solutions efficaces existent, sans tout miser sur la vidéosurveillance par caméras ou l’armement des policiers municipaux… Exemple à Villejuif, à lire ci-dessous dans cet article paru dans l’Humanité. (Eugénie Barbezat)

Dans certains quartiers, les relations entre police et population ne cessent de se dégrader. À Villejuif, les policiers retrouvent le sens de leur métier.

Dans cette ville du Val-de-Marne, le maire PCF, Pierre Garzon, propose à sa brigade municipale une autre logique, fondée sur la prévention, la proximité et le dialogue.

Quand on lui a demandé d’ouvrir son bureau au public pour l’opération portes ouvertes de la police municipale de Villejuif, Frédéric a tordu le nez. « Moi, la com, ce n’est pas trop mon truc », raconte le chef adjoint de la brigade de cette ville du Val-de-Marne. En ce samedi matin, tandis que ses collègues proposent aux gamins de monter dans les voitures de police et même d’actionner la sirène, c’est pourtant avec enthousiasme que l’ancien militaire chargé de la prévention entraîne la petite troupe d’une dizaine d’enfants, accompagnés de leurs parents, vers la pièce du premier étage, un peu à l’écart, où il reçoit les victimes de violences. Dans la cour jouxtant la mairie, une table couverte de viennoiseries et de jus de fruits accueille les visiteurs, invités à découvrir leurs droits et devoirs sur de grands panneaux interactifs. Mais Frédéric a aussi des arguments : « Venez, je vais vous montrer les dessins faits par les enfants qui sont passés ici. Derrière chacun d’entre eux, il y a une histoire, plus ou moins grave… »

Il n’en faut pas plus pour piquer la curiosité des petits et des grands. Et l’agent de 49 ans en profite pour faire passer des messages : « Les enfants, vous pouvez venir me voir à tout moment si un adulte vous fait du mal ou si un grand vous menace à l’école. Dénoncer une injustice, ce n’est pas être une balance. Ceux qui vous ont fait du mal n’iront pas forcément en prison. Parfois, certains adultes ont juste besoin qu’on les soigne. Ici, on saura quoi faire. » Les petits sont attentifs, leurs parents aussi. Et d’insister auprès de ces derniers : « Si vous repérez des femmes ou des enfants en danger, il faut nous le signaler, même si vous n’êtes pas sûrs. Il vaut mieux nous alerter pour rien que de laisser quelqu’un se faire massacrer… Pas plus tard qu’hier, on a reçu une femme qui subissait des violences depuis des années. On l’a écoutée et on lui a trouvé un hébergement d’urgence. Nous ne sommes pas habilités à prendre les plaintes, mai s on a établi un document qui, le moment venu, servira à nos collègues de la police nationale. Regardez le SMS de remerciements qu’elle vient de m’envoyer… » lance-t-il avant de distribuer sa carte de visite aux adultes.

Bénédicte, une jeune femme blonde aux mèches roses et aux bras tatoués vit dans un quartier dit « sensible » de Villejuif. Si elle a décidé d’emmener Camille, sa fille de 6 ans, visiter les locaux de la police municipale ce samedi matin, c’est parce que, « dans (leur) cité, tout contact avec la police est mal vu. Je voulais que la petite ait une autre image de l’uniforme et n’hésite pas à s’adresser aux agents ». « Je n’aime pas l’idée que la police fasse peur. D’ailleurs, je ne tolère aucun comportement déplacé ou violent de la part des membres de mon équipe, pas même un tutoiement inapproprié. On est là pour protéger les gens », appuie le responsable adjoint. Insuffler l’esprit « gardien de la paix » aux agents responsables de la sécurité, c’est tout l’enjeu pour la nouvelle équipe municipale. Pour Sylvie Mantion, adjointe (PS) chargée de la tranquillité publique et de la prévention, « il est très important que les plus jeunes comprennent que la police n’intervient pas que dans une logique de répression. À Villejuif, on mise sur la construction d’un service public de la sécurité basé sur la proximité et en lien avec les habitants, les commerçants, les bailleurs, les écoles et les collèges. C’est une manière de fidéliser les agents, avec un projet solide et des missions qui ont du sens ».

Parmi les fidèles, on compte Patrick, un grand barbu souriant d’origine antillaise. Aujourd’hui brigadier-chef principal responsable du cadre de vie, il est en poste à Villejuif depuis 1983. Tout le monde le connaît et l’apprécie. À tel point que c’est sa photo qui a été choisie pour l’affiche de la journée portes ouvertes. « Quand j’ai débuté, je faisais traverser les petits à la sortie de l’école. Alors quand, en grandissant, ils font des petites ou des grosses bêtises, je sais comment leur parler. Et ils me respectent », assure-t-il. La relation avec les jeunes, c’est aussi le credo de Philibert. Éducateur de formation, le quadragénaire vient de rejoindre la brigade en tant qu’agent de surveillance de la voie publique (ASVP). En réalité, c’est toute l’équipe des policiers municipaux qui est en train de se reconstruire.

« Actuellement nous sommes 11 agents, et 3 autres vont nous rejoindre en septembre. L’objectif est que les 34 postes soient pourvus à la fin de l’année pour pouvoir assurer une présence en îlotage de 6 heures à 2 heures du matin. Pour l’instant, nos effectifs ne nous le permettent pas, alors ce sont les médiateurs qui prennent le relais à partir de 22 heures », détaille le chef, Michael Dehay, ex-gendarme mobile, fraîchement arrivé lui aussi. Mais le responsable ne cache pas les difficultés de recrutement : « Il y a une pénurie dans toutes les villes franciliennes. Et comme Paris est en train de créer sa police municipale, beaucoup de jeunes qui viennent de passer le concours sont recrutés dans la capitale. En plus, à Villejuif, nous sommes très exigeants sur les profils recherchés, notamment en ce qui concerne la déontologie. »

Dès son élection il y a deux ans, le maire (PCF), Pierre Garzon, a pris à bras-le-corps les questions de sécurité. Se fondant sur un audit de la police municipale existante, qui a révélé « beaucoup de remontées défavorables », « un usage disproportionné de la force, notamment via les LBD et le Taser » et aussi le peu d’efficacité des « 90 caméras de surveillance de la commune, qui n’ont permis ni de faire baisser la délinquance ni de résoudre des affaires », le nouvel édile a décidé d’un changement radical de doctrine. « Nous avons choisi de mettre davantage de moyens humains sur le terrain, des antennes dans les quartiers, des permanences, etc. Cela s’effectue à budget constant, grâce au redéploiement des 9 agents qui assuraient une présence 24 heures/24, 7 jours/7 devant les écrans de vidéosurveillance. Aujourd’hui, les caméras restent fonctionnelles, mais les images ne sont regardées qu’en cas de signalement d’un délit, et nous avons facilité la procédure pour leur mise à disposition en temps réel à la police nationale, ce qui n’était pas le cas auparavant. »

Autre changement majeur : les policiers en patrouille n’ont plus désormais ni chien, ni Taser, ni LBD. « L’usage de ces armes dites non létales est mal encadré et elles sont trop souvent employées comme des armes d’assaut, alors même que, comme chacun le sait, elles font de gros dégâts. C’est pour cela qu’en concertation avec les agents nous les leur avons retirées, mais en leur laissant leur pistolet, dont l’usage est strictement défensif. Outre l’économie que cela génère, cela imprime une attitude des policiers qui va plus vers la désescalade. » La police municipale s’insère désormais au sein d’un dispositif plus large destiné à assurer la sérénité des Villejuifois. Les médiateurs interviennent en cas d’incivilités, de jeux un peu bruyants au pied d’une tour ou de pique-nique envahissant dans un parc… « Autant de micro-événements qui ne nécessitent pas qu’on les dramatise en faisant intervenir la police. Il s’agit de remettre les bonnes personnes, au bon moment, aux bons endroits », précise Pierre Garzon.

Un pari qui semble en passe d’être gagné. Les agents qui ne partageaient pas cette doctrine sont partis, ceux qui arrivent sont dans une logique de dialogue. « La jeunesse se sent moins stigmatisée, car les policiers ne la considèrent plus en adversaire. Les commerçants se sentent plus écoutés car, quand ils signalent une difficulté, on prend systématiquement rendez-vous avec eux et on se déplace sur le terrain », assure le maire. Bien sûr, toute la population n’adhère pas encore à ce changement de cap. « Mais c’est pour les rassurer sur l’utilisation de l’argent public que nous avons organisé cette journée portes ouvertes », explique Pierre Garzon. Effectivement, pour Jacqueline, Villejuifoise depuis soixante ans, rien ne va dans sa ville : « Les gens jettent des ordures n’importe où, les jeunes font du bruit jusque tard dans la soirée… c’est insupportable ! » s’agace-t-elle. Arrivée la première, la vieille dame passera toute la matinée sur place à faire part de ses récriminations aux agents, qu’elle appelle tous par leur prénom. «  On la connaît bien, on a l’habitude, c’est aussi ça la proximité », souffle l’un d’eux avec un clin d’œil.

Si cette « opération transparence » a pu rassurer les habitants sur l’utilité et l’accessibilité de la police municipale, le maire insiste cependant sur le fait que « ses missions sont bien distinctes et complémentaires de celles de la police nationale. Il ne s’agit en aucun cas de pallier le désengagement de l’État ». Or, le commissariat du Kremlin-Bicêtre, dont dépend la ville de Villejuif, a vu ses effectifs divisés par deux en dix ans… Une bonne raison pour Pierre Garzon de continuer à réclamer la création d’un commissariat de plein exercice dans sa ville de 60 000 habitants, où la circulation va être intensifiée par l’arrivée prochaine de deux nouvelles lignes de métro et du tramway.

Du côté de l’espérance

Intervention à l’Assemblée d’André Chassaigne, président du groupe des député.e.s de la Gauche Démocrate et Républicaine (communistes et ultra- marins), suite à la déclaration de politique générale de la Première ministre

Madame la Première ministre, vous n’avez pas, dans cet hémicycle, l’Assemblée que vous espériez. Votre formation politique et vos alliés ne forment plus qu’une majorité relative, très relative. Cette déroute d’un Président de la République privé de majorité absolue n’est pas un accident de parcours. Elle est d’abord l’expression du rejet massif de la méthode de gouvernement qui a prévalu sous le précédent quinquennat.

L’hypertrophie présidentielle a vécu ! Le chef de l’État ne peut donc affirmer que les Français lui ont renouvelé leur confiance « sur le fondement d’un projet clair et en [lui] donnant une légitimité claire ». Il n’a pas de mandat pour imposer son agenda politique.

L’heure n’est plus à l’exercice solitaire du pouvoir ! L’heure n’est plus à l’arrogance et au mépris des revendications populaires. Elle n’est plus aux passages en force, à l’humiliation du Parlement, au pouvoir exorbitant des cabinets de conseil, qui considèrent les êtres humains comme des agrégats statistiques et comme des chiffres à gérer. La démocratie retrouve enfin des couleurs et vous allez devoir apprendre à écouter, à dialoguer, à respecter la représentation nationale et à adopter une attitude constructive. Par ailleurs, vous avez devant vous une Assemblée divisée, à l’image de notre pays que vous avez contribué à fracturer, tout en faisant grandir la peste brune.

Votre politique de défaisance sociale, conduite avec acharnement, a attisé la colère de nos concitoyens, qui assistent à l’effondrement de notre système de santé, au dépeçage de notre système éducatif, au recul des services publics, à la dégradation de l’environnement et de leurs conditions de vie.

À présent, ils ploient sous la hausse de l’inflation, laquelle est tirée par les prix de l’énergie et des matières premières. Mais comment répondez-vous à leurs difficultés ? En multipliant les rustines et en accumulant les petits chèques et les mesures d’urgence inefficaces et sans lendemain.

Comment pourrait-il en être autrement quand le chef de l’État a fixé pour ligne rouge de n’augmenter ni les impôts ni la dette, condamnant votre Gouvernement à l’immobilisme dès l’entame du quinquennat. Vous n’êtes libre que de reprendre d’une main ce que vous donnez de l’autre, pour opérer des coupes sombres dans les dépenses publiques et pour détricoter notre système de protection sociale et de retraite. Nous n’acceptons pas cette politique du pire, qui conjugue injustice sociale, précarité, inaction climatique et recul des services publics.

Nous récusons l’arbitraire de ces fameuses lignes rouges. Nous avons une exigence : revoir de fond en comble notre système fiscal pour garantir une meilleure répartition des richesses et de la valeur, réduire les écarts de revenu, pénaliser la rente financière et améliorer significativement le niveau de vie de l’immense majorité de nos concitoyens. Il nous faut appliquer ce que préconisait l’abbé Pierre, qui soutenait que « le contraire de la misère, ce n’est pas la richesse. Le contraire de la misère, c’est le partage. »

Nous devons aussi remettre en cause les règles budgétaires européennes pour recréer un État qui planifie et investit dans la transition écologique, dans notre système éducatif sacrifié et dans la restauration de notre système de soins, dont l’extrême dégradation tétanise notre peuple à l’aube d’un été que tous les professionnels de santé prédisent comme dramatique en raison du manque de personnels.

L’autre urgence est de revaloriser de manière significative et pérenne les salaires, les pensions et les minima sociaux, mais aussi de bloquer les prix des loyers, des carburants et de l’énergie.

De telles mesures répondent non seulement à une attente de nos concitoyens, mais aussi à une nécessité économique. L’enjeu est ici de favoriser l’accès de tous à une alimentation et à des biens plus durables et de meilleure qualité.

L’urgence est enfin, au niveau international, de promouvoir la paix. Cela passe, en Europe, par la résolution des causes profondes du conflit ukrainien. Nous ne créerons pas les conditions d’une sécurité collective européenne sans remettre en cause la manière dont celle-ci a été construite, sans œuvrer au désarmement et sans nous appuyer sur l’ONU et le respect du droit international.

La même exigence vaut pour le Proche et le Moyen-Orient et le conflit israélo-palestinien. Nous ne le dirons jamais assez : la France doit jouer un rôle moteur, au plan diplomatique, pour récuser le « deux poids, deux mesures » et œuvrer, en toute souveraineté, à la coopération solidaire des nations et des peuples.

Par ailleurs, il ne vous a pas échappé que le groupe que j’ai l’honneur de présider est celui qui accueille en son sein le plus grand nombre de parlementaires d’outre-mer. Ce sont des parlementaires décidés à faire entendre leur voix – voix singulière qu’il vous faudra, elle aussi, apprendre à écouter et à respecter. Sur ces territoires, la situation est gravissime. Se nourrir, se loger, se soigner, se déplacer : tout était déjà plus cher avant la crise. Désormais, les surcoûts explosent. Aux monopoles et duopoles, qui résistent aux lourdes amendes, s’ajoute le fret maritime, dont les tarifs ne semblent plus avoir de limites.

Aucun secteur n’est épargné. Les prix des matières premières flambent. Les consommateurs trinquent. Souvent cité comme un exemple à suivre, le bouclier qualité-prix de La Réunion, qui limite les prix des produits de première nécessité, est lui-même menacé étant donné que les industriels locaux en demandent la révision.

Davantage encore que dans les autres territoires oubliés de la République, nombreux sont nos concitoyens d’outre-mer à survivre sous le seuil de pauvreté. L’inflation amplifiera ces ravages si des mesures fortes ne sont pas prises sans plus attendre. La revalorisation du coefficient géographique est devenue une urgence et ne peut être encore reportée.

Dans ce contexte, le développement des circuits courts et l’objectif d’autonomie alimentaire ont beau être partout préconisés, ils sont aussi entravés. Bien des terres antillaises sont polluées pour des siècles en raison de ce scandale d’État qu’a été l’utilisation massive de chlordécone, tandis que le statut du foncier en Guyane interdit tout développement d’initiative locale. Connaissez-vous un autre territoire de la République où 95 % du foncier relève du patrimoine de l’État, où un agriculteur, un industriel ou un maire est confronté à un foncier abondant, mais rendu rare et cher par cet anachronisme juridico-politique ?

Ces territoires ne doivent plus être placés à la périphérie. C’est pourquoi nous continuerons de porter aussi la voix du peuple polynésien, meurtri par les conséquences des essais nucléaires français.

Je souhaite ici tordre le cou à un réflexe tenace, consistant à assimiler l’outre-mer à une litanie de difficultés. Non seulement ces territoires paient au prix fort des politiques publiques souvent inadaptées, mais ils sont également au cœur des nouveaux enjeux planétaires. Dans ce XXIe siècle à vocation maritime, la France peut se targuer d’être la deuxième puissance maritime mondiale. Longtemps négligée, cette dimension maritime est devenue centrale, comme l’a encore montré la récente conférence des Nations unies sur les océans qui s’est déroulée à Lisbonne. De la même manière, en ce qui concerne l’enjeu vital de la préservation de la biodiversité, la France tire sa force des outre-mer, qui représentent 84 % de la biodiversité française (Mêmes mouvements) , laquelle est plus importante que celle de toute l’Europe continentale.

Mais comment comptez-vous mieux prendre en compte ces difficultés réelles et tenir des promesses qui le sont tout autant en replaçant le ministère des outre-mer sous la tutelle du ministère de l’intérieur, configuration qui, la dernière fois qu’elle a été retenue, avait entraîné la fonte de ses effectifs.

Madame la Première ministre, votre refus de soumettre votre déclaration de politique générale au vote de la représentation nationale traduit le décalage de votre feuille de route avec les attentes du pays. Vous considérez que votre Gouvernement ne tire pas sa légitimité de l’Assemblée nationale, mais encore et toujours du chef de l’État. Cela ne présage rien de bon pour l’avenir de notre pays. C’est pourquoi nous prendrons, pour notre part, toutes nos responsabilités en agissant tant au sein de la NUPES qu’en tant que groupe indépendant, qui est force de proposition et qui a la culture du débat démocratique.

Pour terminer, je reprendrai des mots d’Aimé Césaire. Dans « le combat de l’ombre et de la lumière », dans « la lutte entre l’espoir et le désespoir, entre la lucidité et la ferveur », nous sommes « du côté de l’espérance », mais comme Aimé Césaire le disait si bien, du côté d’une « espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté » – je dis bien « hors de toute naïveté ». Aussi la question à laquelle nous devons répondre aujourd’hui est-elle d’abord de savoir quel chemin d’espérance est ouvert par vos propos. Nous jugerons sur pièces, mais nous ne pouvons que douter, tant la servitude mercantile qui étouffe notre république risque d’étouffer votre Gouvernement – c’est ce que Jack London qualifiait de « talon de fer ».

En ce qui nous concerne, face aux renoncements comme aux moindres avancées, nous n’aurons qu’une boussole : celle de l’intérêt du peuple de France, de ce peuple qui attend des réponses à la hauteur de sa colère.