Tout était dit

Depuis des années, des élus alertent sur la situation des « banlieues ». En 2017, l’appel de Grigny (dix mesures d’urgence afin de relancer les investissements dans les quartiers, pour une République inclusive), et en 2018 le fameux plan Borloo… autant d’alarmes ignorées par les gouvernements… « Tout était dit« . Mais jusqu’à quand le pouvoir sera-t-il sourd ?

Je partage ci-dessous un article de « La Dépêche », où Jean-Louis Borloo rappelle les alertes.   

Émeutes urbaines : « Cela peut mal finir »… quand Jean-Louis Borloo tirait la sonnette d’alarme en mars 2022

Dans un ouvrage publié en mars 2022, l’ancien ministre Jean-Louis Borloo alertait déjà sur la situation alarmante des banlieues françaises, et appelait à un « sursaut immédiat et puissant ».

En mars 2022, Jean-Louis Borloo, dont le plan Banlieue baptisé « réconciliation nationale » avait été retoqué en 2018 par Emmanuel Macron, avait une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme sur la situation dans les quartiers défavorisés. À l’heure où la mort du jeune Nahel, tué par un policier, a causé émeutes, destructions de bâtiments publics et pillages dans de nombreuses villes de France, « L’Alarme » résonne d’une étonnante actualité.

Dans ce petit ouvrage de 96 pages publié sur internet, l’ancien ministre décrivait un pays « aux poutres fissurées et en danger » et appelait à un « sursaut immédiat et puissant », estimant « urgent de refaire nation ». « Parce que cela peut mal finir », écrivait-il, reprenant l’expression de l’ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, selon laquelle « nous vivons côte à côte, peut-être finirons-nous par vivre face à face ».

« Je vois la société se radicaliser »

« Je vois la société se radicaliser et être de plus en plus violente (…) la France condamnée pour traitement indigne dans ses prisons pour la dixième fois, la gronde des magistrats, celle des avocats (…) la désespérance des agriculteurs, celle des professeurs dans certains quartiers, seuls devant une tâche immense (…) l’inquiétude des parents devant une école qui n’est plus partout une promesse (…) l’affaiblissement du Parlement (…) je vois monter la discrimination sur notre sol ».

Après « la colère des émeutes urbaines de 2005 et des Gilets Jaunes de 2018 », il dénonçait « l’envie de trouver des boucs-émissaires », « cette peur de l’altérité de la part d’un des peuples pourtant les plus généreux du monde » et « l’échec (« provisoire », a-t-il espéré) de la cohésion sociale ».

Jean-Louis Borloo appelait de ses vœux un examen des « causes réelles et sérieuses » de l' »affaiblissement » des « poutres de la République » et la prise de « décisions essentielles dans l’organisation des pouvoirs publics », faute de quoi « cela pourrait devenir explosif ».

« Conseil national de la République »

Dans cet opus, il proposait la création d’une « sorte de conseil national de la République » et « d’organiser la coalition de tous les grands acteurs publics sur six urgences absolues »: « la justice et l’ordre républicain,la réconciliation nationale, la jeunesse, la santé, l’habitat, l’énergie et la lutte contre le dérèglement climatique ».

Interrogé dimanche sur ce que lui inspiraient les violences urbaines des derniers jours, il a répondu à l’AFP: « relisez l’appel de Grigny de 2017, le plan de réconciliation nationale de 2018 et l’Alarme 2022. Tout était dit, je crois« .

V.G. avec AFP ; photos du rassemblement devant la mairie de Saint Gratien le 3 juillet 2023

Les urgentistes d’une République essorée

« Unir le peuple » : l’appel de 100 maires communistes et citoyens

Dans une lettre ouverte, les édiles de la Coopérative des élu.e.s communistes, républicain.e.s et citoyen.ne.s (Coop CRC), « urgentistes d’une République essorée », exigent un débat national « sur la cohésion territoriale, contre les discriminations et les précarités ».

Voici le contenu intégral de cette lettre.

Devant les images accablantes et inadmissibles de la mort d’un jeune de 17 ans, Nahel, tué à bout portant par un policier, notre pays a basculé dans la violence. Nous, maires, avec les élus locaux et les agents des services municipaux, avons passé ces derniers jours et nuits à jouer à la fois les médiateurs et les urgentistes d’une République essorée, fracturée, fracassée.

Drame après drame, il semble que notre pays n’en retienne aucune leçon. Les faits sont durs : nous constatons depuis vingt ans une dégradation des rapports entre la police, la population et la jeunesse, avec des phénomènes de brutalité, associés aux discriminations, qui touchent le reste de nos institutions.

Les discours guerriers contre la délinquance ne sont que poudre aux yeux pour mieux cacher les baisses d’effectifs de la police nationale et le démantèlement des renseignements généraux. Dans nos villes, les commissaires en place nous confient chaque semaine leur dépit face au manque de moyens. Comme le reste des services publics, la police est victime des politiques néolibérales, du profit roi. Il faut aussi redonner les moyens à la justice, en particulier celle des mineurs, d’être efficace.

Nous avons besoin d’un grand débat national pour permettre à la police de servir le peuple, et lui en donner les moyens. Il faut changer les conditions de formation des agents et leur doctrine d’engagement. Il faut dire et redire que les habitants des quartiers populaires sont les premières et principales victimes de ces violences urbaines, qui ne servent aucune cause et que nous dénonçons. Les cibles sont des transports publics qui sont ceux qu’eux-mêmes, ou leurs parents, empruntent pour aller travailler, les écoles où leurs frères et petites sœurs construisent leur avenir, des mairies où leur famille se rend au quotidien.

Dans une triste ironie, les services publics de proximité ne sont pas épargnés par une jeunesse désemparée, sans perspective, et qui voit ses parents s’acharner au travail pour des salaires de misère qui ne leur permettent pas de vivre dignement. Le travail doit être synonyme de fierté et d’émancipation.

Le rapport Borloo « Vivre ensemble – vivre en grand la République, pour une réconciliation nationale » a subi un enterrement de première classe. Nous, élus locaux, porte-voix des habitantes et habitants, avec les associations, avions travaillé à cette réconciliation nationale. Une occasion manquée par le pouvoir. Dans beaucoup de nos banlieues, nous sommes passés de la pauvreté à la misère sous l’effet du Covid et de la crise énergétique. Dans le ­logement social, la régularisation annuelle des charges est synonyme de 13e mois de loyer. Le taux de chômage y est 2,7 fois supérieur à la moyenne nationale, dans un environnement de plus en plus invivable sous l’effet du réchauffement climatique.

Dans nos campagnes, les services publics essentiels sont réduits à peau de chagrin. Santé, loisirs, éducation, gendarmerie… tous sont exsangues, dommages collatéraux de la notation financière internationale. Tous ces facteurs ont permis à l’idéologie nauséabonde de l’extrême droite de se développer. Cela doit cesser ! Il n’y a pas de territoires « perdus » de la République. Il existe aujourd’hui une « République » qui exclut les habitants des banlieues comme elle exclut la France rurale où la crise des gilets jaunes avait débuté. L’ONU nous a régulièrement alertés sur les dérives de notre système « tout-­répressif ».

Plus que jamais, nous avons besoin d’une politique nationale et des moyens pour rétablir la cohésion nationale. Les choix libéraux ont précipité notre société vers l’individualisme et la précarité : les droits élémentaires à l’éducation, à la sécurité, à la santé, au logement, aux transports, au sport, à la culture et à l’emploi doivent être une réalité garantie par l’État et par les politiques des gouvernants. Les services publics sont les premiers vecteurs d’égalité et de justice de notre pays. Il faudra également garantir aux collectivités un fonds d’urgence pour la réparation des dégâts.

Nous exigeons un travail en profondeur pour ­arracher les racines du mal que sont l’inégalité ­républicaine et l’absence de cohésion sociale. Nous demandons au président de la République qu’il entende le cri d’une partie de la jeunesse et des élus locaux. Qu’il y ­réponde par l’organisation d’un débat national sur la cohésion territoriale, contre les discriminations et les précarités afin de fonder le rassemblement républicain autour de solutions durables de progrès.

Ainsi nous construirons avec tous les citoyen.ne.s la République que notre pays mérite.

Vive la liberté, vive l’égalité, vive la fraternité !

  • Les signataires : 100 maires communistes et citoyens, parmi lesquels : RIO Philippe, Maire de Grigny, 91 ; BESSAC Patrice, Maire de Montreuil, 93 ; LECLERC Patrice, Maire de Gennevilliers, 92 ; BELHOMME Jacqueline, Maire de Malakoff, 92 ; FAVERJON Christophe, Maire d’Unieux, 42 ; CHARROUX Gaby, maire de Martigues, 13 ; AMIABLE Marie-Hélène, Maire de Bagneux, 92 ; BLANDIOT-FARIDE Charlotte, Maire de Mitry-Mory, 77 ; LEPROUST Gilles, Maire d’Allonnes, 72 ; POUX Gilles, Maire de La Courneuve, 93 ; TORDJMAN Patricia, Maire de Gentilly, 94 ;

Les enfants de la République

Je partage cet éditorial de Fabien Gay, dans l’Humanité magazine de cette semaine.

Au lendemain du drame d’Annecy, prétexte à bien des dérives, et à l’approche de l’examen du projet de loi sur l’immigration, qui hélas, nous en prépare d’autres, rappelons notre attachement à la notion d’humanité.

Ce texte a été écrit avant la tragédie grecque qui a vu la mort de centaines de migrants noyés en Méditerranée. Une nouvelle illustration cruelle de la politique migratoire de l’Europe forteresse.

Les dessins sont parus dans l’Humanité quotidienne.  

Les enfants de la République

Apaiser ou diviser ? On ne sait plus ce que recherche vraiment l’exécutif durant ces 100 jours. Minoritaire, devenu autoritaire, il semble qu’il ait eu recours à une vieille ficelle pour sortir de l’asphyxie des derniers mois : l’immigration serait responsable de tous les maux. Mais cette nouvelle tentative de division semble révéler bien autre chose, comme un changement de logiciel au sommet de l’État et en Europe, mise sous pression par d’énièmes coups de menton de l’extrême-droite et d’une grande partie de la droite républicaine. Les libéraux ne gouvernent décidément pas de la même manière avec un mouvement ouvrier puissant, solidaire et victorieux, et quand l’extrême-droite est présente au second tour de l’élection présidentielle pour la troisième fois en vingt ans. Et qu’elle instille ses idées dans le débat public, aidée en cela par des réseaux actifs qui instrumentalisent le moindre drame.

Posons la question clairement : y a-t-il un problème de l’immigration en France ? Si oui, c’est bien celui du déni de droits qu’on fait subir à ces populations immigrées, confrontées à un racisme de plus en plus décomplexé. En réalité, on attaque un principe fondamental : l’universalisme. En remettant en cause des droits fondamentaux comme la santé, le travail ou l’asile, ce sont nos principes républicains qui sont attaqués.

Les droites et leur extrême parlent de « submersion », mettent un signe égal entre immigration et délinquance ou affichent encore le « coût de l’immigration », qui serait une charge financière pour la nation. Des mensonges répétés mille fois ne font toujours pas une vérité. Ces affirmations grossières et mensongères ne servent qu’à nourrir leur fond de commerce rance et raciste.

Derrière les mots, il faut rappeler une évidence. Nous parlons d’êtres humains qui ont souvent fui la guerre, la misère ou l’oppression au péril de leur vie quand ils sont aux mains de passeurs qui s’enrichissent sur des parcours de vie brisés. Notre devoir est déjà, dans un premier temps, de les accueillir dans la dignité et le respect.

Il est d’ailleurs surprenant que peu s’émeuvent des taux de refus  importants pour des ressortissants de pays tels que l’Afghanistan, le Bangladesh, la Turquie, la Géorgie ou encore la République démocratique du Congo. Parce que l’immigration ne se réduit pas aux demandeurs d’asile : nos frères et sœurs d’humanité participent à la vie de la cité et sont partie prenante de la vie associative dans nos villes, occupent les emplois les plus difficiles, aux horaires souvent décalés. Essentiels à la nation, ils sont aussi beaucoup plus touchés par les petits salaires et la précarité, victimes de l’austérité qui frappe les services publics. Enfin, ils subissent de plein fouet le racisme, alors qu’ils deviennent, majoritairement, français.

Quand les réactionnaires parlent d’immigration, ils évoquent en réalité nos compatriotes issus de parents nés au Maghreb ou en Afrique subsaharienne et qui sont, encore, renvoyés à ce thème alors qu’ils sont nés en France. Ils sont les cibles privilégiées de cet arc antirépublicain qui rêverait de mettre une hiérarchie entre les enfants de la République.

Les racistes en profitent souvent pour cracher leur haine islamophobe, préjugeant que nos enfants ont une appartenance réelle, supposée ou préjugée, musulmane, en faisant un amalgame honteux entre islam et terrorisme.

Plus que des mots, il faut entrer dès maintenant en action pour battre en brèche un nouveau projet régressif contre les droits des migrants qui porte atteinte à nos fondements républicains et aux droits de tous les enfants de la République.  

Durablement inspiré·e·s

Nos impressions aux « Inspirations durables » de Saint-Gratien le 13 mai 2023

Pour la deuxième année, nous avons participé à l’événement relatif à la transition écologique, dénommé « Inspirations Durables », organisé par la ville devant le château Catinat samedi 13 mai après-midi, dans une formule raccourcie de 13h30 à 18h30. Nous y étions déjà pour la première édition en 2022, en compagnie de Gabrielle Cathala, qui était la candidate Nupes aux législatives 2022 dans notre circonscription.

Nous nous y sommes rendus à un triple titre : en tant que citoyen·nes soucieux·ses des enjeux en matière de transition ; en tant qu’élu·e·s, pour discuter avec les acteurs de la transition invités par la ville, pour voir ce qu’il pouvait être tiré des propositions avancées sur les stands pour les rendre concrétisables dans notre chère commune ; en tant qu’exposant·e·s, car à défaut d’avoir pu recevoir une invitation en bonne et due forme* nous avions décidé de donner un coup de main à « Saint Gratien à Vélo », l’antenne locale de « Mieux se Déplacer à Bicyclette » (MDB).

Tour des principaux stands :

Stand du Jardin partagé

Forte affluence au stand ; mis en avant beaucoup de conseils, pour débuter un petit potager aux dimensions de l’habitation du quidam qui pose des questions ; en vente des plans de fleurs et de légumes (tomates, courgettes…). Avec échanges avec sa présidente qui nous dit que le jardin partagé, cela marche bien ! Afflux de scolaires entre autres. Il y a même maintenant un soutien de la ville en eau et en compost. Des rapports maintenant « normalisés »… qu’on retrouve partout dans les autres villes… Et surtout un lieu où poussent des fleurs et des légumes et où se crée du lien, du liant social…

Stand de la Biodiversité : en 40 ans, on note une baisse de 25 % du nombre d’oiseaux en Île-de- France

  • Sa responsable n’était pas au courant de la tenue il y a un an d’un atelier Transition écologique à Camille Claudel dans le cadre du PEDT, sur le thème du maintien de la Biodiversité en milieu urbain ; prend note de ma demande du compte rendu de la séance…
  • Retour sur l’épisode caniculaire qui a causé la mort de près de 17 tonnes poissons dans le lac d’Enghien il y a 2 ans : trop de poissons apportés dans le lac par les pêcheurs du club ; lac peu profond et très mal oxygéné… en même temps très fortes chaleurs, et surtout pluies avant le coup de chaleur qui se sont traduites par le ruissellement dans le lac de poussière de caoutchouc, fruits du roulage des pneus sur le bitume… Un événement qui hélas pourrait se reproduire, quelle que soit la masse de poissons présents dans le lac… puisque l’action la plus concrète qui a suivi cet épisode a été de demander au club de pêche de respecter un quota de rejet de poissons dans le lac…
  • Effet palpable de la densification de la ville et donc de la poursuite de l’artificialisation des sols : moins d’espaces verts donc moins de lieux pour la nidification des oiseaux. Et avec les pesticides utilisés dans les jardins privés, moins d’insectes et petits parasites dont se nourrissent les oiseaux, qui de plus par temps de fortes chaleur ont plus de mal à trouver des points d’eau en ville.. Résultats : en 40 ans, on note une baisse de 25 % du nombre d’oiseaux en Île-de-France …

Huit cents millions d’oiseaux disparus

Stand du syndicat Émeraude – Compostage – Consigne bouteille en verre

Discussion autour du compostage des déchets alimentaires, bientôt obligatoire…

  • La loi qui va imposer à chacun fin 2023 / début 2024 de trier les déchets biodégradables ;
  • Pour les maisons : il sera donné par Émeraude un composteur personnel
  • Pour les immeubles : comme vu à Münster en Allemagne, des conteneurs collectifs pour déposer les déchets alimentaires seront installés devant les immeubles ; avec un double enjeu : neutralisation des odeurs ; et ramassages hyper réguliers des ordures…
  • Le verre pour remplacer le plastique : les clients seront invités à ramener dans les grandes surfaces les bouteilles consignées… Pour inciter au retour des bouteilles, il faudra ajouter au prix de vente des boissons en bouteille de verre, une somme qui sera récupérée par le client s’il ramène sa bouteille consignée ; avec le même objectif à terme avec le même principe pour les bouteilles en plastique…
  • Il y a là un défi en matière de sensibilisation et de formation des clients…

Stand du SIARE : le retraitement des eaux usées

Un enjeu majeur selon Marie-Elisabeth Carminati, chargée d’affaires assainissement pour le compte du Siare (Syndicat Intégré Assainissement et Rivière de la région d’Enghien-les-Bains)

– Les eaux usées des habitants de Saint-Gratien partent, une fois collectées, au centre de traitement des eaux d’Achères.

Dans notre communauté d’agglo Plaine Vallée, seules deux villes n’ont pas de circuit de collecte de leurs eaux usées : Chauvry et Béthemont-la-Forêt.  Leurs eaux usées se déversent dans la nature. Est en projet un retraitement écologique des eaux par les roseaux : les eaux seraient filtrées en passant dans des champs de roseaux.

Des roseaux pour nettoyer les eaux

– Déperdition des eaux usées : dans certains secteurs en IDF, comme dans la plupart des rues à St Gratien, les circuits d’eaux pluviales et d’eaux usées ne sont pas séparés : « Il faudrait travailler pendant près de 300 ans en IDF pour mettre aux normes les circuits de collecte… »

– Le projet de construction d’une Maison de l’eau qui ouvrira au Siare en 2025 : Il s’agit de sensibiliser le grand public aux enjeux liés à l’eau. De faire de la pédagogie sur : la récupération des eaux de pluie ; le retraitement des eaux usées ; la sobriété énergétique ; la présentation de métiers d’avenir dans le secteur de l’eau auprès des scolaires : des primaires (des temps d’activités périscolaires pas idiots ! ) jusqu’au collège, puisque le Siare prend des stagiaires de 3ième) mais aussi des master en communication. Le Siare s’est dit intéressé aussi par les Journées Portes Ouvertes du lycée Monod auquel il ne s’est jamais rendu. Réciproquement, nous estimons que les métiers de la filière de l’eau doivent être connus par le lycée, notamment sa filière pro ainsi que par le Greta hébergé par le lycée Monod, pour qui sait, monter des modules de formation…

Notre stand MDB-Saint Gratien à vélo

Hormis l’atelier éphémère de réparations rapides pour les vélos… la ville n’avait rien prévu place Catinat pour promouvoir les déplacements doux… Un paradoxe ? Car une fois que le vélo est réparé, comment le fait-on rouler en ville ? C’est l’objectif de MDB et de son antenne locale à Saint Gratien : promouvoir les mobilités douces par l’aménagement d’équipements ad hoc en ville …

Nous décidâmes de combler ce vide et de nous installer devant le château Catinat. Rien de plus légitime alors qu’il est acquis que la pollution tue jusqu’à 48 000 personnes par an ; qu’aux alentours des écoles le taux de CO² est élevé. Les médecins expliquent ainsi la recrudescence des crises d’asthme et autres problèmes pulmonaires qui touchent entre 6 à 10 enfants par classe et pour lesquels les parents opposent un certificat médical pour les exempter de partir en classe de neige – mer ou découverte…

La légitimité de notre stand découle aussi de l’actualité et du Plan national Vélo de 2 milliards d’euros  annoncé il y a 15 jours et de sa déclinaison départementale de 18 millions d’euros.

Au fait, la ville de St Gratien, si prompte habituellement à solliciter des subventions s’est-elle manifestée pour profiter du plan Vélo départemental ? On a la liste des communes…

Nous nous sommes donc installé·e·s devant le stand de Vélo services pour promouvoir les ateliers d’auto réparation, qui existent par exemple à Fosses… et la toute prochaine Balade Champêtre que « St Gratien à Vélo » organisait le dimanche 21 mai sur la boucle d’Auvers Sur Oise.

Rapidement des échanges fructueux se sont noués avec les habitant·e·s interpelé·e·s par le kakémodo de MBD, nos affichettes, nos trois vélos et notre floppée de flyers et d’exposés pro domo..

Cela ne pouvait qu’éveiller la maréchaussée locale qui, après la venue de deux fonctionnaires qui nous ont demandé de quitter illico presto les lieux et/ou ne pas dégrader avec notre scotch double face les toilettes sèches portables louées… se pointa.

Il nous était reproché de ne pas avoir d’autorisation. Or, si ! MDB a bien demandé à être invité si la manifestation avait lieu : il lui  a été répondu « peut-être ». Puis que « c’était complet »..

Nous avons donné nos pièces d’identité que relevait la maréchaussée, qui tout de go nous opposait dans l’ordre : qu’il était « Interdit de distribuer quoi que ce soit ! ». « D’être là avec un kakémono !». Pourquoi ? Parce que « C’est la procédure ! ». « Laquelle ? » « Ne sait pas »…

Un dialogue de sourds s’instaura. Sans que les élu·e·s de la majorité municipale qui pouffaient dans leur coude ne viennent nous saluer, trop contents de piloter à distance une scène kafkaïenne…

Nous occupions debout tout au plus 2 m²… pour promouvoir une alternative à la voiture en ville, premier facteur de pollution, de bruit, d’accidents, d’érosion de la chaussée, objet de 80% des questions en réunions de quartier et la cause de 60% du budget consacré chaque année aux équipements, dans sa quote-part rénovation de voirie…

Nous n’étions pas les bienvenus… Mais en même temps, les fonctionnaires de police étaient d’accord avec les enjeux que notre présence sur le site incarnait… Puis finalement gênés. Au point de ne pas trop savoir quoi faire…

Nous décidâmes devant eux d’appeler Le Parisien et La Gazette… et à l’écoute de nos échanges,  ordre du Château a été donné de laisser tomber… Fini le transport au poste et tutti quanti…

Épilogue 

En fin d’après-midi, un enfant dont les parents étaient venus nous dire leur désappointement quant à la pauvreté des équipements cyclables en ville, nous a tiré·e·s par la manche pour nous dire qu’un chien « tout fou » tournait sans laisse sur le site et mangeait les goûters des enfants… Il procédait à ses prises de pains au chocolat et autres viennoiseries en leur mordant les doigts… il fallait agir… et vite car plusieurs goûters avaient déjà été engloutis…

Pour le chien, sans laisse dans un site interdit aux chiens,  que faisait donc la police municipale ?

1 – Elle relisait la procédure ?

2 – Appelait le Parisien ?

3 – La maréchaussée, vue chez le boulanger, commandait un Paris-Brest (à vélo) pour tester les dires de l’enfant ?

Par Pif le chien

* La demande d’invitation a été faite en deux temps : lors de l’avant dernière réunion de la commission développement durable, où il nous a été répondu qu’Inspirations Durables devrait normalement se produire en mai… et que la candidature de MDB serait peut- être étudiée, si la manifestation se tenait.

La présidente de l’association a saisi la ville par écrit. Qui lui a fait savoir que l’espace devant le château Catinat était déjà complet… il ne s’agissait pas d’un refus net… l’enjeu était donc le jour J de s’assurer s’il restait un peu de place… « peut-être »…

Danielle Casanova

Il y a 80 ans, le 9 mai 1943, Danielle Casanova, résistante communiste, mourait du typhus au camp de déportation d’Auschwitz.

Son nom a été donné dès fin 1944 à une des plus importantes avenues de Saint Gratien.

Nous souhaitons aujourd’hui lui rendre hommage.

Responsable des jeunesses communistes, créatrice de l’Union des jeunes filles de France,  Vincentella Perini, Danielle Casanova après son mariage, a été durant la période du Front populaire une des figures des femmes communistes.

Réfugiée dans la clandestinité à partir d’octobre 1940, elle dirigea la mise en place des comités féminins dans la région parisienne et la zone occupée. La police l’arrêta le 15 février 1942 et elle fut déportée à Auschwitz le 24 janvier 1943 dans un convoi de femmes résistantes dont Marie-Claude Vaillant -Couturier.

Affectée dentiste, Danielle Casanova se sert de sa position pour soutenir par tous les moyens les femmes du camp. Elle réussit à nouer des contacts à l’extérieur afin de faire connaître la réalité des camps et d’informer des familles de déportées.

« Elle incarna pour nous toutes un idéal. Elle devint un symbole, et pas seulement un exemple pour les Françaises. (…) Elle savait qui avait besoin d’être aidé et comment il convenait d’aider : à l’une, des arguments politiques, à l’autre un morceau de pain, à la troisième un chant révolutionnaire ou un entretien privé. 

Le 9 mai 1943, Danielle Casanova meurt du typhus. Un cortège funèbre traverse les allées du camp sous le regard médusé des SS. Une nouvelle et dernière fois, elle aura créé l’exception.

Une stèle érigée en sa mémoire lui rend hommage à Vistale, près du village corse de Piana.

En 1950, l’artiste Boris Taslitzky, déporté à Buchenwald, peindra la mort de Danielle Casanova qu’il rapproche d’une descente de croix. Ce tableau fut exposé en 2019 à Gennevilliers dans le cadre de l’exposition « Trésors de banlieue ».

En avril 2023, le 39è Congrès du PCF entendra, avec émotion, la nièce de Danielle Casanova évoquer son souvenir.  Son nom est aujourd’hui cité pour entrer au Panthéon.

En savoir plus : 

Musée de la résistance

Le maîtron

Ci-dessous l’article de Shirley Wirden dans l’Humanité du 28 avril 2023

En 1936, sous le soleil de Marseille, le congrès des Jeunesses communistes confiait à Danielle Casanova, « aux yeux de feu sous des cheveux noirs (…) pleine de confiance et d’entrain », comme la présente l’Humanité du 26 décembre 1936, la création de l’Union des jeunes filles de France (UJFF).

Bien-être et paix sont les mots d’ordre de cette nouvelle organisation : « Nous prenons notre part à la lutte pour la liberté et le progrès, contre le fascisme qui nie et détruit les droits de la femme. »

La conquête de nouveaux droits, en premier lieu de droit de vote

Ardente militante pour la paix et les droits des femmes, Danielle Casanova, née Vincentella Perini, a marqué l’histoire en tant que dirigeante communiste et résistante. Sa détermination à permettre aux femmes d’être des forces motrices de la vie politique comme de leur propre existence, qui fonde la nécessité même de l’UJFF, s’exprime dans son discours au congrès de 1936 : « Il n’est désormais plus possible à la femme de se désintéresser des problèmes politiques, économiques et sociaux que notre époque pose avec tant de force. » L’UJFF participe aux grèves ouvrières, lie le droit au bonheur à la liberté de choisir son métier, de bénéficier d’une meilleure instruction et vie culturelle.

Danielle Casanova revendique le fondement antifasciste de l’UJFF : « Nous ne voulons pas de la souillure du fascisme. La conquête du bonheur est pour la femme liée à son libre épanouissement dans la société, cet épanouissement est une condition nécessaire du développement du progrès social. »

En 1940, en clandestinité, elle met en place les comités ­féminins de Résistance en région parisienne et dans la zone occupée. Le rôle des femmes dans la résistance est un tournant pour la conquête de nouveaux droits, en premier lieu le droit de vote.

Une puissance fédératrice

Après son arrestation en février 1942, Danielle Casanova met au profit de ses camarades son caractère solaire, sororal et solidaire. À la prison de la Santé comme au fort de Romainville, elle s’arrange pour maintenir une activité politique et culturelle, tient une presse clandestine. Elle crée de la vie là où la mort fauche chaque jour.

Le groupe des Françaises reste soudé et plein d’espoir grâce à la puissance fédératrice de Danielle Casanova. Dans sa dernière lettre avant le départ pour Auschwitz, le 23 janvier 1943, elle écrit à sa famille : « Nous sommes fières d’être françaises et communistes. Nous ne baisserons jamais la tête ; nous ne vivons que pour la lutte. (…) Notre belle France sera libre et notre idéal triomphera. »

À l’arrivée du convoi des 231 femmes au camp, Danielle Casanova demande à Raymonde Salez d’entonner la Marseillaise. Un moment historique. Affectée dentiste, elle n’eut de cesse de se servir de sa position pour soutenir par tous les moyens les femmes du camp. Prenant des risques inouïs, elle réussit à nouer des contacts à l’extérieur afin de faire connaître la réalité des camps et d’informer des familles de déportées.

L’annonce de sa mort est une déflagration

Manca Svalbova, docteure tchèque à Auschwitz, témoignait : « Dans les yeux noirs de cette Corse, brillaient la décision, la fermeté, la camaraderie, la sincérité. Son sourire était large, presque naïf, avec quelque chose d’une gaieté enfantine, l’art de savoir se réjouir du bleu du ciel. (…) Elle incarna pour nous toutes un idéal. Elle devint un symbole, et pas seulement un exemple pour les Françaises. (…) Elle savait qui avait besoin d’être aidé et comment il convenait d’aider : à l’une, des arguments politiques, à l’autre un morceau de pain, à la troisième un chant révolutionnaire ou un entretien privé. »

Marie-Claude Vaillant-Couturier renchérissait : « Mais plus encore que les médicaments, c’est sa présence qui nous fait du bien. Quand elle arrive avec son bon sourire dans ce bloc sombre et glacé, c’est comme une flamme qui nous réchauffe. »

Le 9 mai 1943, Danielle Casanova meurt en déportation du typhus. Sa stature est telle qu’un cortège funèbre traverse les allées sous le regard médusé des SS. Une nouvelle et dernière fois, elle aura créé l’exception. L’annonce de sa mort est une déflagration qui nourrit les appels à la résistance.

Marie-Claude Vaillant-Couturier livrait ce cri du cœur : « Danielle, Danielle, Danielle, pourquoi m’as-tu laissée toute seule ? La tâche est trop lourde pour moi ! Et pourtant, il faut qu’il y en ait qui rentrent. Il le faut, il le faut pour continuer la lutte, pour que la France soit belle comme elle la voulait. »

« Du soleil plein le cœur »

« Les cloches se mirent à sonner dans tous les villages, à Piana, à Vistale, à Vico. Oui, les curés des villages firent sonner les cloches pour une communiste », nous rapportait ainsi la journaliste Simone Téry. Les honneurs qui lui sont alors rendus sont les mêmes qu’aux hommes.

Le 8 avril dernier, retour à Marseille, qui accueillait sa nièce, Isaline Amalric-Choury. Invitée à témoigner au 39 e congrès du PCF à l’occasion des 80 ans de la mort de Danielle Casanova, elle a fait naître une vive émotion dans l’assistance.

À quand la panthéonisation de Danielle, « l’indomptable », « l’immortelle », celle qui avait « du soleil plein le cœur » ? Pensons à Martha Desrumaux, Marie-Claude Vaillant-Couturier. La France doit honorer ces femmes, ces communistes qui ont changé le cours de l’histoire. 

8 mai 2023

En ce 8 mai 2023, nous avons participé à la cérémonie de commémoration du 78è anniversaire de la victoire sur la barbarie nazie.

Nous nous souvenons aussi de l’année 1943.

Il y a 80 ans, Jean Moulin mourut sous la torture, et Danielle Casanova succomba du typhus au camp d’Auschwitz.

À l‘heure où l’extrême-droite défile à Paris, n’oublions jamais qu’ils donnèrent leur vie en combattant une idéologie monstrueuse.

À Saint Gratien, un groupe scolaire et une grande avenue portent les noms de ces deux figures de la Résistance.

Quelques images de la cérémonie de ce matin devant le monument aux morts place de la mairie, puis au cimetière.

Le compte à rebours du 14 avril

La « Une  » de l’Humanité de ce vendredi 14 avril 2023.

Quoique décident les « sages » aujourd’hui, la crise de régime est bel et bien là.

À lire également dans ce numéro : le débat organisé à Marseille entre Patrick Artus, Jézabel Couppey-Soubeyran et Denis Durand, sur la crise financière des banques.

Denis Durand, économiste et membre de la commission économique du PCF y plaide pour une politique monétaire en faveur de l’emploi, de la qualification des salariés, de la refonte écologique des productions. Il faut une autre utilisation du pouvoir de création monétaire et une nouvelle sélectivité des crédits bancaires pour réorienter les choix économiques, avec un nouveau mode de décision décentralisé, qui donne les moyens à la société tout entière de participer à ces choix.

18 heures

Retraites : les trois scénarios envisagés par le Conseil constitutionnel

Les Sages rendront vendredi 14 avril à 18 heures leur verdict sur l’avenir de la réforme des retraites du gouvernement. Trois options sont sur la table.

Tous les yeux seront rivés sur lui. Le Conseil constitutionnel rendra vendredi 14 avril ses décisions sur la réforme des retraites. Trois scénarios sont sur la table, du probable rejet de certaines mesures à la censure complète, en passant par un premier pas vers un référendum. Tour d’horizon.

La probable censure partielle

Pro-réforme et opposants s’attendent tous à ce que certaines mesures du projet de loi passent à la trappe. Parmi les propositions en danger figure l’index séniors, qui doit obliger les grandes entreprises à déclarer les salariés de plus de 55 ans, mais pourrait constituer un cavalier législatif. L’index devrait cependant être repêché dans un futur projet de loi. L’expérimentation d’un nouveau CDI en fin de carrière est également menacée.

Une censure partielle serait un moindre mal pour l’exécutif, qui pourrait arguer que le cœur du réacteur – le report de l’âge légal à 64 ans – est validé. « Le Conseil irait dans le sens où il a toujours été », à savoir « ne pas contrer les grandes réformes sociales ou sociétales », estime Lauréline Fontaine, professeure de droit constitutionnel et autrice de La Constitution maltraitée (Amsterdam).

« S’il y a censure de points […], mais pas des 64 ans, alors ça ne répondra en rien à la conflictualité sociale », a prévenu le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger. Des élus de gauche ont déjà annoncé qu’ils continueraient à exiger le retrait de la réforme. Sur le papier, une validation complète du projet de loi, sans la moindre censure, est également possible, mais improbable, d’après plusieurs constitutionnalistes interrogés.

Le vertige de la censure totale

Les opposants au texte la réclament, et invoquent notamment un détournement de l’esprit de la Constitution par l’exécutif. Pour faire passer la réforme, celui-ci a utilisé un budget rectificatif de la Sécu, ce qui a restreint la durée des débats parlementaires. Un choix « motivé par aucun autre motif que celui de l’opportunité », a tancé le député PS Jérôme Guedj, qui a aussi évoqué des débats « insincères », notamment sur la revalorisation des petites pensions.

Élina Lemaire, professeure de droit public à l’Université de Bourgogne, souscrit à certains arguments, mais reste circonspecte quant à un rejet pour « détournement » de procédure : « Il faudrait en quelque sorte que le Conseil aille scruter la conscience du gouvernement, ce qu’il s’est toujours refusé à faire. »

« Ce n’est pas parce que la procédure est inhabituelle qu’il faudrait la censurer », estime le constitutionnaliste Didier Maus. Il soulève pour sa part de potentiels « pièges constitutionnels » : si les Sages estimaient que la réforme aggrave la situation des femmes ou de certaines carrières longues, et qu’il y a « rupture d’égalité ».

Cela pourrait conduire à un gros coup de ciseau dans les articles du projet de loi. Reste l’hypothèse d’un acte fort des Sages. En 1971, ils avaient élargi spectaculairement leur champ d’action en se plaçant en garants des libertés fondamentales. Mais un demi-siècle plus tard, ils sont toujours accusés par certains juristes de docilité envers l’exécutif. « Il pourrait y avoir à nouveau l’occasion d’un coup institutionnel, en se plaçant en gardiens de la Constitution face à l’exécutif », avance prudemment Élina Lemaire.

Réforme + RIP : fausse égalité

Les Sages pourraient faire coup double : ne pas censurer l’essentiel de la réforme, et valider la procédure de référendum d’initiative partagée (RIP) de la gauche. Ses initiateurs veulent soumettre à une consultation nationale une proposition de loi afin que l’âge de départ à la retraite ne puisse pas dépasser 62 ans. Les conditions requises semblent réunies (signatures de parlementaires, champ de la proposition…), et le feu vert au RIP est « probable », considère Lauréline Fontaine.

Jean-Éric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, et Jean-Pierre Camby, professeur associé à l’université Paris-Saclay, alertent toutefois dans Le Figaro : l’injonction d’un âge de départ qui « ne peut pas être fixé au-delà de 62 ans » pourrait « contraindre la loi future » et faire tiquer les Sages.

Même en cas de validation, la route reste longue. Il faudrait que la proposition recueille 4,8 millions de signatures citoyennes en neuf mois, et qu’elle ne soit pas examinée durant les six mois suivants par l’Assemblée nationale et le Sénat, pour qu’elle soit soumise à référendum. Reste à savoir ce que déciderait Emmanuel Macron si cette perspective se dessinait au soir du 14 avril. Certains à gauche l’appellent à imiter l’ancien président de la République Jacques Chirac, qui avait promulgué mais jamais appliqué le CPE (contrat première embauche), combattu par la rue.

Quentin Marchal pour Le Point (avec AFP)

Photos de la manifestation parisienne du 13 avril 2023, S.B.

Entre Deuil et Enghien..

Du jamais vu !

Un défilé entre Deuil et Enghien, empruntant la D14 neutralisée pour l’occasion et finissant au centre ville d’Enghien ! De mémoire de syndicalistes croisé·e·s dans le cortège, c’est totalement inédit depuis des dizaines d’années.

Une manif très bon enfant, avec enfants d’ailleurs, preuve de la présence de jeunes parents, et aussi des jeunes, vélos et trottinettes, drapeaux rouges, oranges, bleus, violets bien déployés, une police souriante encadrant les participant·e·s (si si c’est possible) !

La bonne humeur n’empêche pas la détermination. En attendant la prochaine manifestation parisienne du 6 avril, nous disons toujours « non » à la réforme des retraites. 9 actifs et actives sur 10, 70% des Français·e·s refusent cette régression sociale. Continuons à le clamer haut et fort, d’autres issues sont possibles !

Merci à S.B. pour ses photos !