La NUPES en tête dans la 6è !

Les résultats à Saint Gratien et dans la circonscription de Gabrielle Cathala, candidate NUPES.

En route pour le deuxième tour, en tête, devançant largement la candidate LREM !

Merci à toutes celles et ceux qui ont permis ce beau résultat ! Une intensive campagne sur le terrain, au plus près des habitant.e.s de nos villes et de leurs préoccupations.

Une nouvelle semaine de campagne débute. Nous y sommes totalement impliqué.e.s pour gagner le 19 juin !

La Nupes et les cocos

Les cocos au cœur de la NUPES

Communistes de Saint Gratien, nous sommes impliqués dans la campagne électorale de Gabrielle Cathala, candidate de la NUPES dans la 6è circonscription du Val d’Oise.

Rappelons tout d’abord la position du PCF 95 suite à l’accord entre les formations politiques de gauche et écologistes. « Les communistes sont très satisfaits de l’existence de ce rassemblement des forces de Gauche et écologistes. Le PCF 95 a retiré toutes ses candidatures de chefs de file qui avaient été désignés par ses instances pour soutenir les candidates et candidats de la NUPES et travailler collectivement à la réussite de ce rassemblement pour la population. »

En ce qui concerne la 6è circonscription, le Parti communiste français y est organisé sur la quasi-totalité du territoire, ancré sur le terrain avec un réseau d’élus locaux dans les trois principales villes, et avec un réseau de  militants attachés à une présence régulière au cœur des luttes.

Nous participons donc à cette campagne des législatives pour une Assemblée nationale qui peut, les 12 et 19 juin reprendre les couleurs de la transformation sociale, de la lutte contre les inégalités, de la lutte contre le réchauffement climatique, de la lutte contre l’évasion fiscale, de l’internationalisme, de la culture de paix. 

Comment sommes-nous utiles dans cette campagne ? L’accord à gauche a suscité un espoir immense : l’histoire n’est pas finie après les présidentielles, notre vie quotidienne peut changer significativement si des mesures comme la retraite à 60 ans, l’augmentation des salaires, l’allocation d’autonomie pour les jeunes, des moyens pour les services publics sont mis en œuvre dès le mois de juillet !

La campagne est certes nationale, le mandat de député n’est pas un mandat local. Pour autant, nous restons attachés à lier les questions nationales à notre territoire législatif, tout artificiel qu’il soit.

Nous souhaitons parler de logement, des difficultés des jeunes à se loger, qui les poussent trop souvent à devoir quitter nos villes, de la cherté des loyers, des 1 000 demandes de logement en souffrance à Saint Gratien, de la nécessité de conserver et d’élargir la loi SRU pour que du logement social soit construit dans nos communes, dans toutes les communes de la circonscription.

Nous souhaitons parler de santé, quand nos villes deviennent des déserts médicaux, que nos hôpitaux connaissent de grosses difficultés. Il faut investir notamment par la création de centres de santé, structures publiques qui seules peuvent garantir l’accès aux soins de tous.

Nous souhaitons parler d’école, quand nos établissements scolaires subissent effectifs lourds, absences de remplacements,  manques d’infirmières et de médecins scolaires, manques d’AESH, quand les familles ne peuvent plus accéder à la cantine pour cause de tarifs excessifs.

Nous souhaitons parler transports, au moment où le dérèglement climatique, la pollution de nos villes, imposent des mesures ambitieuses en matière de transition écologique, et que les transports en commun, lignes C, H ou J dysfonctionnent régulièrement faute de moyens.

Nous souhaitons parler de démocratie, de 6è République, au rebours d’élus qui se disent de terrain mais n’apparaissent que le temps d’une élection.

Dans les différentes initiatives auxquelles nous participons, porte à porte, distributions dans les gares ou sur les marchés, déambulations… nous constatons que les habitants nous interpellent sur ces questions.

Cette campagne sera difficile car très courte. Nous regrettons cet agenda qui nous empêche de développer comme ils le mériteraient des sujets comme le financement des propositions, ou comme le bilan de l’activité des élus sortants.

Mais nous apprécions de faire campagne ensemble, avec des amis et camarades socialistes, insoumis, écologistes, membres de divers mouvements et organisations !  

Avec des divergences que nous ne masquons pas, avec nos particularités, notre originalité, nous sommes heureux de nous retrouver autour d’une candidature commune. Une campagne heureuse, pour des jours heureux ! 

 

La NUPES, de Saint Gratien à Gennevilliers

La « NUPES » en images, du marché de Saint Gratien ce dimanche, où nous étions avec la candidate de la 6è circonscription, Gabrielle Cathala, au meeting de lancement de campagne d’Elsa Faucillon à Gennevilliers

La « Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale », qui regroupe de façon totalement inédite la France Insoumise, le PCF, le PS et EELV, soulève bien des espoirs à gauche. Des « réformes heureuses » pour changer la vie des Français.e.s dès cet été, c’est possible ! Retraite à 60 ans, SMIC à 1500€, allocation pour les 18/25 ans, renationalisations des autoroutes, d’EDF, d’Engie, des aéroports, retour de l’ISF, planification écologique…  

Pour notre part, nous lierons cette campagne avec les particularités de notre territoire, où il y a 1 000 demandes de logements en attente ; où les usagers subissent les aléas des perturbations des transports en commun sur les lignes H, C et J ; où il y a un manque de médecins, que ne compense pas la maison de santé subventionnée par la ville ; où il manque des AESH dans tous les établissements scolaires en ville ; où les remplacements des enseignants absents ne sont pas assurés ; où il y a 35 à 36 élèves par classe au lycée Gustave Monod d’Enghien, dont la DGF a baissé de 11% lors des 2 premières années du mandat régional de V. Pécresse ; où la fréquentation du marché et des commerces de proximité pâtit de la hausse des prix ; où peu est fait pour les transports alternatifs à la voiture, nous attendons toujours un parc Véligo à la gare RER ; où la transition écologique est surtout un slogan ; où la démocratie locale est en panne… Toutes ces questions font la vie des gens au quotidien ! 

 

Il y a 77 ans…

JNR 5Ce mercredi 27 mai, cérémonie organisée à notre initiative devant le monument aux morts place de la mairie, pour commémorer la Journée nationale de la Résistance. Avec nous, des Gratiennois.e.s attaché.e.s à garder la mémoire de la Résistance et du Conseil national de la Résistance. Merci à elles et eux de nous avoir accompagné.e.s.

Après le dépôt d’un bouquet de roses rouges au pied du monument et la lecture à quatre voix du texte ci-dessous, c’est le « Chant des partisans » qui a clos notre hommage.  

27 Mai 2020, Journée nationale de la Résistance

Intervention devant le monument aux morts

Merci à celles et ceux qui nous accompagnent pour cet hommage.

Ce 27 mai, journée nationale de la Résistance, célèbre la création du Conseil National de la Résistance. Né en 1943, en pleine guerre, il réunit huit mouvements de Résistance, six partis politiques et deux centrales syndicales.JNR 11

Cette journée rend hommage, aussi, à toutes celles et ceux qui ont combattu et à celles et ceux morts durant cette guerre. Dans la froideur des chiffres, entre 50 à 70 millions de personnes sont mortes, soit plus de 2% de la population mondiale, selon l’estimation la plus répandue.

Le paroxysme de la barbarie est atteint quand tuer l’ennemi ne suffit plus. Il faut l’exterminer, le rayer de la carte, au nom d’une insupportable théorie de la race supérieure et de la préférence nationale. Dans les camps de la mort du régime nazi, l’horreur se répand sans limites, au service d’une obsession démente : l’anéantissement des juifs d’Europe.

JNR 10La haine de l’autre, le refus de la différence nourrissent une bête immonde jamais rassasiée. Parce qu’ils sont juifs, tziganes, communistes, syndicalistes, socialistes, résistants, homosexuels ou handicapés, des hommes, des femmes, des enfants font figure de parasites à éliminer.

C’est face à cette idéologie délirante qu’une certaine France va se lever.

Une France courageuse et déterminée, qui dit « non » à l’envahisseur et « oui » à la Liberté. Le 18 juin 1940, alors qu’une partie de notre pays est occupée par les Allemands, le Général de Gaulle lance depuis la BBC son appel à la Résistance.JNR 12

La veille, à Draguignan, Charles Tillon, membre de la direction du PCF, lançait lui aussi  son appel au « peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, les commerçants, les artisans, les intellectuels, les soldats, les marins, les aviateurs encore sous les armes à s’unir dans l’action ».

La Résistance, née du plus profond des peuples, joua un rôle déterminant dans maints pays occupés, des montagnes de la Yougoslavie aux maquis du Limousin. C’est à eux qu’il nous faut penser aujourd’hui. Levés pour refuser l’inacceptable, ils combattirent le fascisme au péril de leur vie, de celle de leurs proches.JNR 13

Gaullistes, militaires et hommes blessés de voir la nation abaissée, vendue aux ambitions d’idéologues lointains ;

Hommes de foi qui ne pouvaient supporter le traitement infligé à des hommes, des femmes, fils et filles de Dieu selon leurs conceptions ;

Communistes, antifascistes résolus qui avaient refusé le putsch de Franco ou la capitulation de Munich, déterminés à défendre la classe ouvrière et le bonheur commun.

De nombreux jeunes, hommes et femmes, de toutes confessions, politiques, religieuses ou syndicales, se mobilisent, prêts à en découdre, les armes à la main.JNR 3

Parmi eux, des combattants d’origine étrangère, recrutés au sein des FTP MOI comme le poète arménien Missak Manouchian, prêts à sacrifier leur vie pour leur pays d’accueil, au nom d’un idéal partagé, celui de la liberté et de la République. Avec ses camarades, ils sont fusillés le 21 février 1944

Ils sont l’orgueil de notre peuple qui ne plie pas devant l’abominable.

Ce 27 mai 2020, nous voulons célébrer la naissance du Conseil National de la Résistance et l’incroyable défi que se sont fixés des hommes et des femmes d’imaginer la France dans laquelle ils rêvaient de vivre pour restaurer la République des Lumières.

Deux ans après, dans une France en ruine, un gouvernement réunissant des ministres gaullistes, de la SFIO et du PCF, reconstruisent le pays en faisant le choix de mettre en œuvre des avancées sociales, économiques et politiques majeures, complétant les conquêtes, quelques années plus tôt, du Front populaire : les femmes votent pour la première fois le 29 août 1945, la Sécurité sociale est inventée et mise en place, tout comme notre système de retraite par répartition, le gouvernement nationalise les Houillères, Renault, les banques de dépôt et la Banque de France, l’électricité et le rail. Le droit à l’éducation et à la culture pour tous est instauré.

JNR 4Cette actualité de la Résistance est tellement vivante aujourd’hui. À l’heure où tout le monde s’interroge sur les moyens de reconstruire nos pays, mis à l’arrêt par la pandémie.

Car cette pandémie que nous continuons d’affronter, dans toute sa brutalité, met elle aussi au cœur du débat le choix de société dans lequel nous voulons vivre, en portant l’exigence de traiter en profondeur les racines du mal.

Elle révèle au grand jour les conséquences de ce modèle économique sur nos vies; un modèle dédié à la finance qui a misé sur la course au profit, l’exploitation des êtres humains, des ressources naturelles, choisissant d’affaiblir le rôle des États et de ses services publics.

Pour terminer, nous avons évoqué la mémoire locale de cette période. 

Notre ville a gardé dans ses noms de rues, d’écoles, de places, la mémoire de la Résistance. Jean Zay, Jean Moulin, Danielle Casanova, Berthie Albrecht, de Gaulle, Gabriel Péri, Pierre Brossolette… des noms connus dans toute la France mais aussi des résistants et résistantes gratiennoi.e.s : Suzanne Barroul, Jean Poiré, Maxime Hébert, Daniel Prunotto, Robert Joubel, Marcel Laroche, Georges Didou.. Cette liste n’est pas exhaustive.. Parce que trop souvent, leur vie et leurs actions sont ignorées, nous allons réitérer notre demande à la ville d’enrichir les plaques de rues d’une ou deux phrases présentant la personnalité qui a donné son nom.

Le Chant des partisans

JNR 1

 

 

Réussir le dé confinement

Déclaration des élu.e.s communistes et républicain.e.s d’Île-de-France

Dangers d’un dé confinement mal préparé : dire la vérité aux Francilien.ne.s, rétablir la confiance

déconfinement

La manière dont le confinement est en train d’être levé en Ile-de-France fait naître de nombreux doutes et craintes. Les Francilien·ne·.s sont inquiet.e.s et particulièrement celles et ceux, parents, qui sont sommé.e.s de décider si leurs enfants retourneront à l’école ou encore celles et ceux qui, pour se rendre sur leur lieu de travail, devront emprunter les transports en commun cette semaine.

Notre Région reste le premier foyer épidémique avec un nombre de malades et un niveau de contamination élevés et une tension hospitalière forte. Toute la Région est classée « rouge ».

Pour des raisons sociales et économiques, parce que le confinement est une dure épreuve pour tous et toutes, singulièrement pour les personnes défavorisées, engager progressivement le dé confinement est bien sûr attendu et nécessaire. Mais nous le redisons avec force : il doit se faire en toute sécurité sanitaire pour les Francilien.ne.s, sécurité dont l’État doit être le garant. Ce qui n’est pas le cas pour l’heure.

Aujourd’hui, les élus locaux sont aux premières loges pour témoigner de l’impréparation de l’État. Que le Sénat, qui entend ce qui monte des territoires, rejette le plan de dé confinement gouvernemental, que plus de 300 maires francilien.ne.s s’adressent au Président de la République pour exiger de l’ État qu’il assume la responsabilité de la réouverture des écoles en garantissant les conditions sanitaires, que les opérateurs de transports publics s’adressent au Premier Ministre pour signifier leur incapacité à assurer le respect de la distanciation physique par manque de moyens… prouvent à quel point le gouvernement est déconnecté des réalités du terrain. Toutes ces alertes, nous les entendons quotidiennement avec nos concitoyen.ne.s.

Nos concitoyen.ne.s déplorent le manque de masques, leur prix élevé. Ils pointent avec justesse l’incurie de l’État en la matière, la succession de propos contradictoires quant à l’usage du masque dans l’espace public, la non-volonté étatique de fournir à tou·te·s et partout des masques pourtant nécessaires pour se protéger et protéger les autres. Nos collectivités ont pris leurs responsabilités dès qu’elles se sont rendues compte de la défaillance de l’État, mais la saturation des entreprises de textile et la difficulté d’approvisionnement font qu’il sera difficile de fournir à tous nos concitoyen.ne.s des masques alternatifs en nombre suffisant pour le 11 mai. Nous demandons donc, à nouveau, à l’État de garantir à tous les habitant·e·s l’accès à des masques gratuits de qualité, en saisissant ceux vendus dans la grande distribution et en réquisitionnant les stocks privés.

Nous demandons également que toute la transparence soit faite sur les capacités de l’État à fournir des tests, alors que le Premier Ministre en a promis 700 000 par semaine pour mi-mai. Tester les personnes à symptômes, les personnes en contact, les personnes fragiles, les personnels soignants, les personnes en contact avec du public dans leur profession… est nécessaire pour accompagner la levée du confinement. Les tests permettent d’isoler les personnes contaminées et de briser les chaines de contamination. Tester sauve des vies. Nos collectivités ont mis à disposition des lieux pour permettre l’isolement des personnes contaminées, mais ceux-ci sont sous-occupés. Cela nous alerte sur la volonté réelle de l’État de mettre en œuvre la stratégie « test et isolement »pourtant indispensable pour lever le confinement avec réussite. Nous ne voulons pas que, comme pour l’acquisition des masques, les habitant·e·s de nos collectivités soient mis en concurrence pour pouvoir être testés. Une étude de l’Inserm indique que pour maitriser l’épidémie en Ile-de-France, il faut être en capacité d’isoler une personne contaminée sur deux et pour cela, il faut tester à hauteur de 20 000 tests par jour. Des tests PCR et sérologiques doivent être disponibles. Une logistique avec les laboratoires doit être mise en place. Nos collectivités sont prêtes à jouer leur rôle, mais c’est à l’État d’organiser un cadre national que pour l’heure nous ne voyons pas venir.

Nos concitoyen.ne.s s’inquiètent de la réouverture des écoles et des crèches. Après l’annonce d’une date présidentielle, des calendriers farfelus divulgués, voici désormais que le principe du « volontariat » détermine le retour ou non à l’école, plongeant ainsi les familles dans des affres de questionnements insolubles. Comment peut-on placer ainsi les familles au pied du mur, en les sommant de choisir alors qu’aucune garantie sur les conditions sanitaires n’est donnée ? C’est à la fois totalement irresponsable de la part de l’État mais aussi dévastateur pour l’idée même de ce que doit être l’école : un lieu d’apprentissage et de sociabilité pour tous les enfants.

En tant qu’élu·e·s locaux, comme de nombreux maires franciliens, nous refusons la délégation aux collectivités territoriales de la responsabilité de l’ouverture des établissements scolaires alors qu’aucun moyen humain, matériel et financier n’est accordé à nos communes, départements et région pour la mise en œuvre des protocoles sanitaires. Faire porter la responsabilité aux familles et aux collectivités pour cacher les défaillances du gouvernement et le temps perdu par un État qui ne veut plus être stratège est lourd de graves dangers. À terme, ce que souhaite le gouvernement est que le libre-choix des individus sur nos communs, sur ce qui nous faisait faire société ensemble, comme l’école, devienne la règle. Comme élu·e·s, nous le réaffirmons avec responsabilité, si l’ouverture des écoles est une nécessité pour de très nombreuses familles, cela ne peut pas se faire dans la précipitation et au détriment de la santé des enfants et des personnels. Nous exigeons de l’État qu’il s’en donne les moyens en fournissant les tests et équipements de protection individuels nécessaires et en annulant toutes les fermetures de classes prévues à la rentrée de septembre.

Les Francilien·ne·s s’inquiètent de devoir reprendre les transports en commun pour se rendre sur leur lieu de travail. Les agents de la SNCF, de la RATP et du réseau Optile s’en alarment également, et disent que les risques sont immenses tant le réseau de transports en commun est un vecteur massif de contamination. Il est évidemment inenvisageable de revenir aux plus de 5 millions d’usager.e.s quotidiens du réseau. Pour garantir le respect de la distanciation physique, il faut au maximum 1 million d’usager·ère·s par jour. Les 70% d’offre de transports annoncés sont déjà trop faibles, et ne seront vraisemblablement pas réalisables non plus. Tellement peu est prêt. Si peu que la décision de lever le confinement a fait l’objet d’hésitation gouvernementale jusqu’à la dernière minute du fait des risques dus aux conditions de transport. Pour éviter de multiplier les risques de contaminations, il faudra éviter les cohues aux arrêts de bus, à l’entrée des gares, des stations, dont un certain nombre resteront fermées ou non desservies et dont les voyageurs resteront à quai les uns près des autres. Qui régulera les flux de voyageur.se.s ? Et comment ? Faudra-t-il exposer davantage pour cela les agents ? Les distributions massives de masques gratuits aux usager.e.s et agents, la mise en place de distributeurs de gel hydroalcoolique, seront absolument essentielles. Mais sur tous ces points, le gouvernement n’est absolument pas à la hauteur. Et à l’incurie de l’État s’ajoute l’irresponsabilité de la Région qui, en conscience de l’impréparation dit qu’il faut essayer quel que ce soit le coût car l’activité économique doit reprendre à tout prix… Comme élu·e·s responsables, nous devons le dire : pour l’instant, rien n’est prêt !

Nous proposons un plan global pour limiter au maximum le recours aux transports en commun et éviter une reprise très rapide de la contamination dans notre Région. Un très haut niveau de télétravail doit être maintenu jusqu’à l’été. Cela est une solution transitoire mais nécessaire car nous sommes conscient.e.s qu’il peut être facteur de risques stress. Les horaires des transports en commun entre 7h et 9h et 16h et 19h doivent être réservés aux seuls salarié.e.s, avec un système d’information efficace en temps réel sur la fréquentation des lignes. La quantité de salarié.e.s contraint.e.s de prendre les transports doit être maîtrisée en régulant les autorisations de réouverture de certaines activités, en limitant dans chaque entreprise la part du personnel pouvant être physiquement présent et en maintenant les dispositifs de chômage partiel le temps nécessaire. Il faut évidemment exiger de l’État la distribution gratuite, et dans la durée, de masques à tou.te.s les usager.e.s, qui doivent être obligatoires, en arrêtant de culpabiliser les usager·ère·s par une énième sanction.

Se pose aussi la question d’un retour massif de l’usage des voitures, qui relancerait la pollution atmosphérique, dont on sait qu’elle contribue aux maladies respiratoires aggravant les symptômes du Covid 19. Il faudrait aussi réserver l’usage des routes aux heures de pointe aux seuls salariés afin de ne pas transformer notre Région en embouteillage géant. L’incitation forte à l’usage du vélo, avec l’extension des réseaux cyclables est également plus que jamais nécessaire. Certains départements et villes ont déjà mis en place ces mesures, elles doivent être soutenues et développées rapidement. Mais toutes ces conditions ne peuvent être remplies qu’avec des engagements concrets de l’État : ce n’est pas le cas aujourd’hui.

La très forte fréquentation de certaines lignes et les regroupements très denses dans certaines gares dès cette semaine donnent un aperçu du fiasco que pourraient vivre, à leurs dépens, les usager.e.s francilien.ne.s cette semaine. En tant qu’élu·e·s, nous le disons : l’impératif de reprise économique ne peut se faire au détriment de la santé des Francilie·ne·s.

Un dé confinement réussi passe par le rétablissement auprès de nos concitoyen·ne·s de la confiance envers la parole publique et politique. L’État a rompu cette confiance. Comme élu·e·s municipaux, départementaux et régionaux, nous avons le devoir de dire avec vérité quelle est la situation actuelle dans notre Région. Aujourd’hui, nous alertons sur les conditions désastreuses dans lesquelles s’amorce la levée du confinement en Ile-de-France. Nous agissons pour les éviter, mais nous ne disposons pas des principaux leviers pour le faire. Avec lucidité, nous savons que mal lever le confinement nous placerait tous dans une situation dangereuse humainement, sanitairement et économiquement. L’État a la responsabilité d’établir un cadre national et de mobiliser les moyens nécessaires, en partenariat et en appui avec les acteurs locaux, pour engager un dé confinement progressif et donc réussi. Le chemin emprunté en Ile-de-France n’est pas celui-ci.

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Un archipel des gauches et des écologistes

bb34Le 30 juin dernier, il faisait beau et très chaud, personne n’était confiné, le Covid-19 nous était inconnu, et des centaines de personnes se pressaient à Paris au cirque Romanès pour le lancement de l’appel au rassemblement de la gauche et des écologistes : un « big bang » pour donner une perspective majoritaire à « un monde politique qui existe mais est éparpillé ». Les initiateurs de cet appel s’expriment à nouveau, en ces temps de pandémie qui bouscule en profondeur l’organisation de nos sociétés. À lire ci-dessous.

bb1Tribune. Fédérer au sein des gauches et des écologistes : le temps nous oblige, vite

Depuis le début de la crise sanitaire, de nombreuses initiatives, publiques ou non, tribunes et pétitions circulent pour faire advenir un monde nouveau. Ces appels doivent converger pour enclencher une dynamique qui bouscule le champ politique.

Beaucoup a déjà été écrit sur la période que nous traversons. Plus personne ne nie que nous vivons un basculement, une rupture franche entre un avant et un après. Notre modèle de développement est en cause. Hérité du capitalisme industriel du XIXe siècle, il est basé sur la loi du profit, la prédation des ressources naturelles et énergétiques, l’exploitation, le temps court et la démesure. Depuis des décennies, le néolibéralisme, avec son lot d’austérité des budgets publics, de dérégulation économique et d’aveuglement à l’égard des limites des ressources naturelles, nous a considérablement affaiblis pour affronter la pandémie. Aujourd’hui, chacun pressent que ce modèle bute sur ses propres contradictions.

Stratégie du choc ou modèle alternatif

De nombreuses voix s’élèvent, au gouvernement comme au Medef, pour revendiquer un retour rapide à la normale, une mobilisation générale en faveur de la levée de toutes les contraintes sociales ou environnementales susceptibles de freiner le redémarrage. «L’important, c’est de remettre la machine économique en marche et de reproduire de la richesse en masse, pour tenter d’effacer, dès 2021, les pertes de croissance de 2020», déclare le patron du Medef qui ajoute clairement : «Ensuite, il faudra bien se poser la question tôt ou tard du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire.» Bruno Le Maire ne dit pas autre chose : il faut «se remettre fortement au travail» pour «relancer la croissance».

Cette voie est une impasse dangereuse. Des voix nombreuses dans la société contestent cette orientation qui nous conduit dans un mur. L’austérité budgétaire, avec sa marchandisation de la santé et ses lits d’hôpitaux décimés, nous a considérablement affaiblis dans la crise sanitaire. Nous avons vu aussi que la rapacité d’entreprises à l’activité non indispensable conduisait des salariés à travailler sans protection. Les métiers nécessaires à nos vies se sont révélés au grand jour… Scoop : les aides-soignantes et les éboueurs sont plus utiles que les traders ou les publicitaires, ce qui ne se lit pas dans la reconnaissance sociale et la feuille de paie. Les catastrophes liées à la crise climatique nous apparaissent plus tangibles, le Covid-19 faisant figure de grande répétition : nous devons nous y préparer et changer pour empêcher le désastre planétaire.bb7

Les termes d’une alternative sociale et écologiste se cherchent et s’inventent. Elle tient dans une articulation des objectifs sociaux et écologistes. L’heure est venue d’accélérer le processus de maturation d’une issue émancipatrice aux crises contemporaines. Le partage des richesses et des ressources naturelles, des pouvoirs, des savoirs et des temps de la vie est le fil rouge et vert qui peut relancer l’espérance d’une vie meilleure. Les conditions de l’habitabilité de la Terre doivent être assurées comme celles de la dignité et de la liberté pour chacune et chacun. Sortir du consumérisme pour se poser la question des besoins est un enjeu décisif. La hiérarchie des normes et des revenus s’en trouvera bousculée autant que le productivisme qui détruit l’écosystème et le sens de la bb29vie. Développer les biens communs, relocaliser l’économie, changer la fiscalité et taxer les revenus financiers pour viser la justice sociale, étendre le socle des droits et protections, assurer une démocratie active en engageant la refonte de notre République : ces objectifs sont largement partagés au sein des gauches et des écologistes. Nous savons que bien des questions restent clivantes, sur la stratégie européenne, le niveau de rupture, le nucléaire ou encore la place de l’État. Le mot gauche lui-même est en débat. Mais l’histoire s’accélère et notre responsabilité est engagée.

bb11Nous devons créer les conditions d’une alternative au duopole Macron-Le Pen. Nous sommes vent debout contre le pouvoir en place qui suscite chaque jour davantage de contestation et de colère. En face, l’extrême droite croît son heure arrivée. Nous aurions tort de balayer cette hypothèse d’un revers de la main, trop concentrés à compter nos divergences. La menace est sérieuse.

Construire l’archipel des gauches et des écologistes

Face à l’ampleur et à la gravité de ces enjeux, rien ne serait plus lamentable de la part des gauches comme des écologistes, que de rester dans leur couloir respectif et de se croire capable, chacune, de rassembler autour d’elle. Ce choix serait une impasse face aux forces nationalistes, libérales ou conservatrices qui se nourrissent des chocs pour se renforcer. Nous devons, dès maintenant, inventer un dispositif politique permettant de concilier les spécificités ou identités de chaque composante et le travail en commun autour d’un nouveau projet de société social et écologiste.bb13

L’archipel politique, notion inspirée du poète martiniquais Édouard Glissant, fait partie des dispositifs envisageables rompant avec la tentation de l’hégémonie, du rapport de force ou du rassemblement derrière un seul étendard. L’enjeu est de dégager une forte cohérence d’ensemble tout en laissant vivre des collectifs, des partis, des sensibilités diverses. Le pluralisme participe de la richesse commune et de notre capacité à devenir majoritaire dans le pays. Aujourd’hui, il se traduit par une atomisation qui nous décrédibilise pour accéder aux responsabilités.

bb14De nombreuses initiatives, publiques ou non, tribunes et pétitions circulent depuis le début de la crise sanitaire. Elles portent la volonté de faire advenir un monde nouveau. Ce foisonnement est positif mais si ces appels ne convergent pas, quelles sont nos chances d’enclencher une forte dynamique qui bouscule le champ politique ? Aucune. C’est pourquoi nous appelons au rapprochement de toutes ces initiatives. C’était le sens de notre appel à un big-bang il y a un an, après les élections européennes. Les raisons d’un chamboule-tout sont démultipliées en ces temps tragiques liés à la crise sanitaire. Il est urgent de dessiner un chemin commun, une perspective politique pour que «le temps d’après» ne soit pas la copie dégradée ou catastrophique du temps d’avant. Nous y prendrons toute notre part. Avec détermination et énergie.

Clémentine Autain députée (groupe LFI), Guillaume Balas coordinateur du mouvement Génération·s, Elsa Faucillon députée (groupe communiste), Alain Coulombel, membre d’EE-LV

Photos de l’après-midi du 30 juin 2019 au cirque Romanès : merci à S.B. !

Lorsque les inégalités tuent

Covid 19 & quartiers populaires : lorsque les inégalités tuent.

Mardi 14 avril, les élus du groupe Front de Gauche du Conseil régional d’Île de France ont publié une tribune publique dans Médiapart afin de dénoncer les conséquences de la crise sanitaire liée au Covid 19 dans les territoires populaires.

À lire ci-dessous.

La crise sanitaire met tragiquement en lumière la paupérisation organisée de notre service public de santé, dénoncée depuis longtemps par les soignant·es. Elle est aussi un puissant révélateur des inégalités sociales et territoriales de notre pays, singulièrement de l’Île-de-France. Des inégalités qui n’ont cessé de s’accentuer sous l’effet des politiques néolibérales des gouvernements successifs.

L’Ile-de-France est, désormais, l’épicentre de la pandémie en France. On y dénombre plus d’un quart des décès et des personnes hospitalisées en réanimation de notre pays. Si la forte densité de population francilienne l’explique, il est certain que la bataille nationale contre le Covid 19 se joue de manière décisive en Ile-de-France. La façon dont les pouvoirs publics y juguleront cette situation sanitaire gravissime déterminera l’après confinement pour tout le pays.

« Front sanitaire et front social : des luttes indissociables dans ces territoires minés par les inégalités »

Contre cette pandémie, les luttes sur le front sanitaire et sur le front social sont donc indissociables. Elles le sont encore plus dans les territoires minés par les inégalités, où l’État et ses services publics n’ont cessé de reculer et où l’égalité républicaine n’est plus qu’une promesse vague et lointaine. Les habitants des quartiers populaires, de tous âges, sont particulièrement affectés par l’épidémie de Covid 19. C’est en premier lieu le cas en Seine-Saint-Denis, qui est le département francilien le plus touché, avec en mars dernier une surmortalité de 62 %, dont une surmortalité chez les moins de 65 ans de 55,5 %.

lettre FDG avril 2020

Si les habitant·e·s des quartiers populaires sont ainsi touchés, ce n’est pas, contrairement aux allégations obscènes du préfet de police de Paris, par refus de se plier aux règles du confinement. Mais d’abord parce qu’ils sont, de par leurs faibles revenus, les plus exposés à la crise structurelle du logement en Ile-de-France. Le confinement dans des logements exigus et surpeuplés, où la mise à distance du virus relève de l’impossible, est dévastateur. D’abord aussi parce qu’ils occupent les métiers les plus exposés au risque de contamination (mais également au stress et à l’insécurité liés à ce risque) : aides-soignant·e·s, infirmier·ère·s, caissier·ère·s, livreur·se·s, agents d’entretien, de sécurité… Ce sont toutes celles et tous ceux dont Emmanuel Macron disait qu’ils « ne sont rien », et dont on voit bien à présent qu’ils sont tout, qu’ils font tenir notre pays, mais ceci au prix de leur santé, voire de leurs vies. D’abord, encore, parce que ces territoires sont trop souvent sous-dotés en infrastructures médicales, ce qui dans ce contexte retarde dangereusement les prises en charge des malades. La Seine-Saint-Denis est ainsi, depuis longtemps, le premier désert médical français.

« Agir sans attendre pour répondre aux besoins des habitants et salariés des quartiers populaires »

Agir contre les inégalités c’est donc, sans attendre, répondre aux besoins de ces habitants et de ces salarié·e·s.

C’est stopper immédiatement les activités économiques non indispensables pour ne plus exposer à la contamination leurs salarié·e·s.

C’est fournir en masse les protections nécessaires pour celles et ceux des secteurs de première nécessité : masques, gel hydroalcoolique, gants, etc.

C’est renforcer les moyens des centres de santé locaux, essentiels dans les quartiers populaires.

C’est, pour les familles, débloquer des aides sociales d’urgence destinées à l’alimentation, mettre en place des banques ou tickets alimentaires pour pallier les fermetures de cantines scolaires. C’est agir pour garantir une continuité alimentaire à tous les enfants et leurs familles, ainsi qu’à tous les étudiants dont la précarité alimentaire s’aggrave avec le confinement. 

C’est déployer des moyens pour les initiatives solidaires locales prises par les associations humanitaires et de solidarité, jusqu’aux plus petites, qui accompagnent au quotidien les habitants et leurs enfants. C’est les accompagner par des fonds d’urgence, mais aussi par la création d’emplois associatifs aidés, qui sont utiles et qualifiants.

C’est répondre aux fractures en matière d’éducation, par l’aide au soutien scolaire, la fourniture de matériel numérique gratuit et le raccordement au réseau internet. C’est oser dire que la continuité pédagogique ne peut pas se faire avec les mêmes moyens partout sur le territoire. C’est augmenter le nombre de personnels d’éducation pour la reprise. C’est mettre en place un moratoire sur les cartes scolaires qui prévoyaient des suppressions de classes.

C’est, en matière de logement, travailler avec les bailleurs sociaux pour aider au paiement des loyers des locataires en difficultés financières, mettre en place une suspension des loyers pour les ménages les plus fragilisés et étaler ces payements sans pénalités. 

C’est intervenir auprès des EHPAD, de leurs occupants comme de leurs personnels qui, pour la très grande majorité, sont issus des quartiers populaires.

C’est aider les occupants des Foyers de migrants, notamment les retraités qui, touchés par la maladie, en situation précaire alors qu’ils ont passé leur vie à travailler en France, doivent bénéficier du même accès aux soins que tout autre citoyen.

C’est soutenir l’activité de nombreuses PME-PMI, TPE-TPI, mais aussi des structures de l’économie sociale et solidaire, qui prennent actuellement des initiatives utiles pour produire des biens de première urgence, tout en préservant l’emploi. C’est refuser de subventionner avec de l’argent public les entreprises qui, méprisant la solidarité nationale, versent des dividendes à leurs actionnaires.

C’est, en matière sociale, abolir toutes les contres réformes : celle détruisant notre système solidaire de retraites, celle dynamitant l’assurance chômage ou encore celle réduisant les aides au logement.

C’est enfin, et surtout, un État qui débloque immédiatement un fonds d’urgence conséquent pour pérenniser et amplifier la solidarité que les collectivités territoriales sont les seules à garantir. Nombreuses sont les mesures déjà prises par des collectivités, qui demandent à être développées dans tous les territoires populaires franciliens, en lien avec les initiatives associatives et citoyennes. Les communes et les départements sont en première ligne pour pallier les défaillances et l’impréparation de l’État. A tel point que quand une collectivité distribue des masques, cette mesure de bon sens est vue comme un miracle. Protéger les populations et singulièrement les plus fragiles nécessite des moyens exceptionnels.

Demain, pour l’après, il faudra pour protéger encore celles et ceux qui parmi les nôtres sont les plus fragiles, refuser la cure d’austérité annoncée, et imposer une fiscalité redistributive.

La Région Ile-de-France doit être un acteur majeur d’une action publique renforcée, et un bouclier social pour ses habitants. Mais rien ne se fera sans une mobilisation plus déterminée de l’État.

« Saisir les initiatives solidaires prises aujourd’hui pour les développer demain, partout, et retrouver le chemin de l’égalité sociale »

Agir c’est donc aussi, au-delà des réponses d’urgence, penser l’avenir. C’est faire en sorte qu’aux inégalités, cessent de s’en ajouter perpétuellement de nouvelles. Nombreuses sont les forces conservatrices qui souhaiteraient que le fameux « jour d’après » ressemble aux jours d’avant en pire.

Les crises actuelles, dont les habitant·e·s des quartiers populaires paient une fois encore un prix exorbitant, doivent sonner la fin des faux-semblants et du déni politique sur la situation profondément inégalitaire de ces quartiers.

Discourir, organiser des coups de com’ selon l’actualité du moment, injecter quelques milliers d’euros en fonction d’agendas opportunistes ne saurait se substituer à des politiques publiques conséquentes, à court et long terme, dans ces territoires. Depuis les États généraux des quartiers populaires tenus à Grigny en 2017, les espoirs ont toujours été déçus tant par le Président Macron, que par la Présidente de Région Valérie Pécresse, qui n’a jamais traité ces quartiers autrement qu’avec mépris. Nous avions pourtant proposé, en octobre 2017, un grand plan d’action pour ces quartiers en Ile-de-France, incluant de nombreuses mesures en matière d’accès à la santé, au logement, à l’éducation, aux transports, à l’emploi ou à la culture. Toutes ces propositions sont restées lettre morte ; la droite préférant regarder ailleurs, et réduire la vie de ces quartiers au sempiternel discours sur “l’assistanat” et le “deal”. Ces provocations irresponsables et stigmatisantes doivent cesser. Les quartiers populaires, que le président de la République a cités lors de son allocution du 13 avril dernier, n’ont pas besoin de mots condescendants mais de mesures concrètes, comme celles que nous proposons.

Les pouvoirs publics doivent se saisir des initiatives solidaires prises aujourd’hui pour développer demain, partout, de nouvelles solidarités. La puissance publique doit assurer la continuité des moyens d’existence pour les habitants des quartiers populaires. Cela ne peut que passer par un plan de rattrapage massif pour retrouver une puissance des services publics de la santé, de l’éducation, du social, de l’écologie, de l’alimentation, des transports dans des territoires délaissés et durement éprouvés par la pandémie.

Seules des politiques publiques nationales et locales fortes sont à même de protéger les habitants en planifiant les investissements et en prenant en compte l’urgence sociale et environnementale.

Il faut tourner la page, rompre avec le libéralisme pour retrouver le chemin de l’égalité sociale. Abroger les réformes de casse sociale des derniers mois et des dernières années. Repenser et rebâtir un État-providence est le moyen pour engager la transformation sociale et écologique indispensable pour toutes et tous. Cela devrait être la feuille de route pour toutes les forces politiques et citoyennes qui veulent sortir de cette crise avec une perspective de progrès. C’est celle que nous voulons porter en Ile-de-France.

Les élu·e·s du groupe Front de Gauche du Conseil régional d’Île-de-France.

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Cérémonie pluvieuse…

Le discours du maire de Saint Gratien ne nous ayant pas laissé un souvenir impérissable, nous préférons pour ce 11 novembre 2019, nous référer au dernier discours de Jean Jaurès, prononcé peu avant son assassinat à Paris, le 31 juillet au café du Croissant. 

Les responsables de la guerre ; discours prononcé à Lyon-Vaise le 25 juillet 1914

Une semaine avant son assassinat à Paris, Jean Jaurès prononce son dernier discours public en France, à Lyon, dans un café situé en plein cœur du quartier ouvrier de Vaise. Devant près de 2 000 personnes, le député du Tarn ne cache pas son inquiétude face à la menace de la guerre qui plane sur l’Europe. Il l’imagine, la redoute, la déplore. Il avertit de manière éloquente son auditoire du danger et des responsabilités de chacun dans cette crise internationale.

Ce discours intervient à l’occasion des élections partielles organisées à la suite du décès, le 27 mai, du député socialiste Joannès Marietton, élu de la 6e circonscription de Lyon dont Vaise fait partie. Au nom de la SFIO, Jean Jaurès apporte son soutien à la candidature de son ami, Marius Moutet, avocat et conseiller municipal de Lyon, mais aussi l’un des fondateurs de la Ligue des droits de l’Homme.

Ah ! Citoyens, je ne veux pas forcer les couleurs sombres du tableau […] dont nous avons eu la nouvelle il y a une demi-heure entre l’Autriche et la Serbie. Cette terrible nouvelle à laquelle Jaurès fait allusion, n’est autre que l’état de mobilisation fraîchement décrété par la Serbie. En effet, deux jours auparavant, l’Autriche-Hongrie avait lancé un ultimatum à la Serbie et la réponse de cette dernière, jugée insuffisante, avait entraîné la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays ce 25 juillet, à 18 heures.

Jaurès explique de manière presque pédagogique à son auditoire, l’engrenage infernal que les alliances risquent inévitablement de provoquer. Il ajoute que la France, après les événements du Maroc, n’est pas en mesure de donner des leçons à l’Autriche à propos de la Bosnie-Herzégovine : nous n’avions pas le droit ni le moyen de lui opposer la moindre remontrance, parce que nous étions engagés au Maroc et que nous avions besoin de nous faire pardonner notre propre péché en pardonnant les péchés des autres.

Pour Jaurès, le dernier espoir de préserver la paix repose ainsi sur l’appel au prolétariat : c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandons à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l’horrible cauchemar. En cas d’échec, il prédit un véritable désastre pour l’Europe, non pas des milliers d’hommes engagés sur les champs de bataille, mais quatre, cinq et six armées de deux millions d’hommes.

J’aurais honte de moi-même, citoyens, s’il y avait parmi vous un seul qui puisse croire que je cherche à tourner au profit d’une victoire électorale, si précieuse qu’elle puisse être, le drame des événements. Mais j’ai le droit de vous dire que c’est notre devoir à nous, à vous tous, de ne pas négliger une seule occasion de montrer que vous êtes avec ce parti socialiste international qui représente à cette heure, sous l’orage, la seule promesse d’une possibilité de paix ou d’un rétablissement de la paix.

Au final, le député ne réserve que quelques mots en faveur de son ami en toute fin de discours. Cinq jours plus tard, il est assassiné. Le dimanche 9 août 1914, Marius Moutet est élu député avec 56 % des suffrages exprimés. Mais moins d’un électeur inscrit sur deux (48 %) s’est exprimé : à la suite de la déclaration de guerre, le 3 août 1914, nombreux sont les hommes qui ont déjà rejoint leur régiment.

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Jean Jaurès au Pré-Saint-Gervais, le dimanche 25 mai 1913

Quelques images de la cérémonie gratiennoise, entre deux parapluies… du monument aux morts de la place Gambetta au carré militaire du cimetière, puis en salle des mariages

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Big bang à gauche

Clémentine Autain veut rassembler la gauche pour un «big bang».

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Fédérer enfin la gauche. L’insoumise Clémentine Autain y croit, contrairement à ses camarades de La France insoumise (LFI) qui n’apprécient pas son initiative. La députée a réuni ce dimanche 30 juin au cirque Romanès à Paris des personnalités du monde politique, syndical et associatif, ainsi que des militants.

Au total, l’élue a appelé environ 400 personnes à œuvrer au « big bang de la gauche ». Étaient notamment présents au meeting la communiste Elsa Faucillon ; Guillaume Balas, membre de Génération.s, le parti créé par Benoît Hamon ; Olivier Besancenot, le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), ou bien encore la sénatrice verte Esther Benbassa venue en observatrice bienveillante d’un mouvement qui n’en est vraiment qu’à ses débuts.

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Agir ensemble dans le respect. Les différents orateurs ont insisté sur le même point. Clémentine Autain, cible d’attaques de la part de La France insoumise, ajoute « arrêtons de nous insulter ». « Oui, bien sûr, je le redis. Si nous nous insultons, moi je reste convaincue que c’est l’avenir qu’on insulte. Parlons-nous, essayons de nous comprendre, essayons de dépasser les clivages ».

La députée n’a pas l’intention de quitter son parti, mais elle s’affiche avec plaisir avec ses nouveaux amis dont Dominique Bertinotti, membre de Génération.s. L’ancienne ministre plaide pour un vrai travail idéologique : « Mêmes ceux qui sont sur les ronds-points demandent du sens. Quel est le sens de notre société ? Quelle est la place de l’humain aujourd’hui ? Et si on ne répond pas à ces questions, ça ne marchera pas ».

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La CGT « manque de soutiens »

Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, demande, lui, un changement sur le fond. Il est temps, dit-il, que les hommes politiques cessent de penser à leur réélection et portent les revendications sociales, car face à Emmanuel Macron, les syndicats se sentent seuls.

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« En tout cas, on manque de soutiens. On est modestes, mais on a la prétention de savoir ce qui se passe dans les entreprises. Pourquoi aujourd’hui il y a autant d’électeurs qui s’abstiennent ? C’est à l’issue de deux gouvernements de gauche que le Front national est arrivé au deuxième tour. Cela doit interroger tout le monde ».

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Des réflexions qui alimenteront trois ateliers thématiques organisés à la rentrée, puis il y aura une assemblée générale début décembre. L’objectif est clairement affiché : être prêt pour les municipales.

RFI, 1er juillet 2019