Les réunions de quartier sont pleines de surprises et d’enseignements. C’est pourquoi je m’efforce de ne pas les rater. J’étais donc ce lundi 30 juin 2025 au théâtre Jean Marais pour les quartiers du centre-ville et du Parc.
Était-ce une bonne idée que d’associer les deux ? De fait, les questions et doléances ont été assez nombreuses, mais le temps a certainement manqué pour aller au fond des sujets.
Sans exhaustivité, voici quelques-uns des thèmes évoqués.
Du côté municipal : interventions diverses de voirie et aménagement urbain suite à la traditionnelle « marche exploratoire » qui précède la réunion (réalisée il y a six mois, celle de juin n’a pas eu lieu) ; présentation de la réhabilitation du centre culturel du Parc ; programme d’implantation de 70 nouvelles caméras, positivement dénommé « dispositif de vidéoprotection » ; remplacement du mobilier urbain place François Truffaut et installation rue Berthie Albrecht et place des Cyclades de « bacs d’orangerie », comprenez des arbres en pots ; démarrage du projet de refuge « LPO » dans le jardin du petit lac ; aménagement de la cour de l’école Jean Jaurès.
Aucun de ces projets n’a suscité de questions particulières, sauf le dernier sur lequel je reviendrai en détail. Les habitants étaient visiblement venus avec leur propre stock de préoccupations. Parmi celles-ci : l’état très dégradé des poteaux et fils électriques des avenues des Belles Feuilles et des Peupliers, réseaux dont l’enfouissement n’a pas été réalisé, de façon incompréhensible, lors des travaux de voirie de la rue Terré ; des problèmes de stationnement sur le parking de la résidence de l’allée des Commerces ; des rassemblements nocturnes entraînant certaines nuisances dans le même quartier ; l’action de la police municipale ; une demande d’info sur la réouverture de la librairie au Forum, qui apparaît plutôt être une maison de la presse ; les difficultés de traversée de la rue Berthie Albrecht notamment pour les écoliers et collégiens ; le mauvais état des allées du Forum ; la petitesse des poubelles de ville et le recyclage des mégots ; la circulation des vélos dans les rues à sens unique ; la température excessive dans les écoles de la ville, et les mesures prises par la ville pour tenter d’y rendre la situation supportable. Je reviendrai également sur ce dernier point dans un prochain billet.
Outre les questions liées à la canicule et ses effets dans les établissements scolaires et l’aménagement de la cour de Jaurès, je suis intervenue sur la présence trop fréquente de véhicules place François Truffaut et le stationnement récurrent de voitures sur les places de livraison, voire sur le passage piéton, entre la place et la rue B. Albrecht. Suite à des plaintes des riverains sur l’usage du parking du bowling, j’ai suggéré que la ville se rapproche de celui-ci pour envisager un aménagement végétal plus agréable de cet espace. Hélas, fin de non-recevoir du maire, alors qu’un échange en commission municipale avait laissé entrevoir un espoir…
Que penser de ces réunions de quartier ? Je reste dubitative sur leur intérêt pour plusieurs raisons.

Faute de permanence régulière du maire dans les quartiers, elles sont le lieu de demandes particulières, voire personnelles, qui n’intéressent pas forcément toute l’assistance. Le « groupe de quartier », censé animer la concertation, ne fait jamais état de son activité et n’est souvent représenté dans les réunions que par une ou deux personnes, alors qu’il est prévu pour en compter de 8 à 10. Aucun compte-rendu des réunions n’est plus établi. Les projets présentés ne peuvent faire l’objet d’aucune modification puisqu’ils sont déjà finalisés. D’ailleurs les images projetées des différents travaux sont invisibles au-delà du deuxième rang du public, et les commentaires qui en sont faits par les adjoints en charge du secteur concerné sont plus que succincts. Or, le diable comme on dit se cache souvent dans les détails et il est impossible de se faire une idée précise de l’aménagement ou de la réhabilitation présenté avec si peu d’informations.
Les échanges se réduisent donc au jeu des questions au maire qui doit invariablement avoir la bonne et unique réponse.. Maire qui est entouré d’une bonne dizaine d’élus de sa majorité, qui peuvent soit manifester leur mécontentement si un opposant s’exprime, soit lancer des applaudissements si il y a besoin de le soutenir. Le maire, qui clame que ces rencontres ne sont pas politiques, profite toutefois des questions des élus minoritaires pour déformer leur position. C’est ainsi qu’il peut tranquillement nous accuser de ne pas voter des travaux de réhabilitation… certes, puisque nous ne votons pas le budget qui inclut des mesures que nous jugeons néfastes ! Trop tard pour répondre, le micro est parti plus loin…
C’est donc un exercice bien encadré, au mieux de l’information mais certainement pas un espace de « démocratie participative » comme nous le vante la majorité municipale. C’est pourquoi les groupes de quartier peinent à trouver des participants actifs, et que les réunions n’attirent finalement que peu de monde. La pratique démocratique est illusoire. Il nous faudra inventer autre chose.