Vous n’étiez pas ce jeudi 19 décembre en salle des mariages pour le dernier Conseil municipal de 2024 à Saint Gratien ? On vous en raconte les principaux moments.
Le Conseil débat ensuite du projet de Plan 2030 des Mobilités en Ile-de-France, document qui émane de de Région et sur lequel la commune doit donner un avis.
Remarque préalable : ces documents, qu’il s’agisse du PDUIF (Plan de déplacements urbains d’Île-de-France) puis à présent PMIDF, mais aussi le PLM (plan local des mobilités), ou encore le PCAET (plan climat-air-énergie territorial), le SDRIF (schéma directeur de la Région Île-de-France)… sont très peu connus des citoyens. Comment les faire connaître et débattre ? Ils mériteraient d’être présentés en réunion de quartier ou en réunion publique.
Le document de la Région est évidemment beaucoup plus complet que la présentation succincte qui en est faite dans notre dossier. Nous aurions pu avoir au moins la synthèse. De plus, une concertation, peut-être imparfaite, a concerné les élus, et notamment les maires des communes concernées. Le projet circule depuis 2022 et ne tombe pas sur la tête de la municipalité de façon inattendue. Par contre les élus minoritaires que nous sommes n’ont jamais été informés de ce dossier par la commune.
Aller plus loin : lire la synthèse du PMIDF
Il y a dans ce projet de nombreux points intéressants que nous portons depuis des années et qui sont incontournables. Citons par exemple la nécessité de développer les modes actifs et les transports collectifs et de soutenir l’essor du vélo par des infrastructures adaptées ; l’autopartage ; l’accessibilité des transports collectifs ; l’amélioration de la qualité de l’air ; la réduction des émissions de gaz à effet de serre ; la limitation de l’artificialisation des sols ; un meilleur partage de la voirie urbaine ; la place du piéton ; l’écomobilité scolaire…
Ce sont des objectifs environnementaux et sanitaires louables. Il y a urgence vis-à-vis du changement climatique car 2030 c’est demain.
Bien évidemment nous ne sommes pas naïfs non plus ! On connaît l’état désastreux des transports collectifs, et la responsabilité d’Île-de-France Mobilités et de sa présidente, Valérie Pécresse.
Mais on ne peut pas se contenter de dire « non » sans rien proposer d’autre. C’est le reproche qui nous est souvent adressé par la majorité !
Nous ne comprenons donc pas la position proposée par la ville : s’opposer au projet de plan de la Région.
Les arguments de la ville sont d’ailleurs très surprenants.
Il est incohérent par exemple de lire sous la plume de la ville que St Gratien « ne dispose pas d’un réseau de transport à la hauteur des enjeux de mobilité attendus ». Les habitants seraient contraints d’utiliser la voiture, et il ne faut donc pas réduire sa place… Or, nous avons trois gares importantes sur notre territoire, des lignes de bus en nombre. Nous sommes certes les premiers à dénoncer les difficultés de fonctionnement, le manque d’entretien et les privatisations annoncées par V. Pécresse, qui font que ces transports collectifs sont de moins fiables. C’est tout le sens de notre engagement dans la campagne « Stop galère » menée par les conseillers régionaux de gauche, à l’initiative du groupe communiste, campagne dont nous avons rappelé l’existence au Conseil. Mais néanmoins ces transports en commun existent sur notre territoire ! Et cela ne peut servir de prétexte pour rester inactifs face aux défis des mobilités futures.
La ville invoque aussi « les contraintes du territoire » en citant l’absence de transports entre Cergy et Saint Gratien. Mais elle oublie de citer les responsables de cet état de fait. Il n’y a pas de tramway à St Gratien, nous dit encore le maire. Trop fort pour le coup ! Qui ne s’est jamais engagée pour réclamer la poursuite jusque chez nous de la ligne de tram d’Épinay, au prétexte que la ville serait coupée en deux ? J. Eustache, à l’époque maire et conseillère régionale.. St Gratien est la ville la plus dense du 95, nous dit-on encore, et il est difficile d’agir sur ce territoire très urbanisé. Mais à qui la faute ? Qui est aux affaires depuis 40 ans ? Localement, depuis 1990 nous alertons sur le bétonnage excessif de notre territoire et insistons sur la nécessité de s’engager vraiment pour un développement durable. J’ai retrouvé plusieurs de nos tracts de l’époque, réclamant davantage d’espaces verts et dénonçant la densification excessive.
Et maintenant il faudrait attendre une hypothétique amélioration des transports pour développer les mobilités actives ? Attendre 2050 pour une ligne 19 ? Attendre pour le covoiturage que la majorité a récemment refusé sur l’A15 ?
Nous estimons que la ville ne peut se contenter de l’immobilisme. Comme en 2018 lorsque Francis Rol-Tanguy, préfet chargé des transports avait préconisé la réalisation de la « tangentielle nord ». Saint Gratien n’a à l’époque pas émis d’avis pour soutenir ce projet.
On ne peut pas en rester au statu quo, et attendre l’amélioration certes souhaitable des transports collectifs pour limiter la place de la voiture dans nos villes, et développer la pratique de la marche et du vélo. Aussi, nous votons contre l’avis négatif de la ville sur ce projet de plan des mobilités en Île-de-France.
En pratique nous avons voté « Pour » le projet défendu par la région IDF, puisque c’est elle qui promeut le Plan 2030 des Mobilités en Ile-de-France.
A noter que ce document n’a même pas été présenté lors des réunions de la Commission mun. développement durable*, c’est pour dire que cela intéresse la ville…
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