Exhibition

Vous n’étiez pas ce jeudi 19 décembre en salle des mariages pour le dernier Conseil municipal de 2024 à Saint Gratien ? On vous en raconte les principaux moments.

Commençons par la fin et les réponses du maire aux questions orales des groupes. Il n’y a pas de débat après la réponse du maire. La pratique a donc ses limites.

Surprise ! Cette fois-ci, le groupe majoritaire a lui aussi des questions pour le maire ! C’est étrange car c’est un peu comme si le maire s’interrogeait lui-même. On va vite comprendre de quoi il retourne…

Première question posée par le premier adjoint. Elle concerne la séance précédente du Conseil et notre question sur l’entraînement au Sivom de l’équipe israélienne de foot. N’était-ce pas l’occasion de parler de paix, demandions-nous alors, comme relaté ici :  https://isabellevolat.fr/2024/11/22/houleux/

Le maire nous accusait dans sa réponse « de prendre en otages » les victimes de Gaza, et ce à des fins électoralistes. Des accusations assez ignobles, contre lesquelles nous nous réservons d’ailleurs le droit de saisir pour diffamation les autorités compétentes, comme nous l’avons indiqué en début de la séance.

Et bien le premier adjoint interroge « naïvement » le maire pour savoir quelles suites il compte donner à « l’incident » qui aurait eu lieu selon lui lors de la séance du  21 novembre. Il accuse alors mon collègue « LFI » d’avoir « exhibé » un maillot de foot aux couleurs de la Palestine, ce qui « violerait les principes de neutralité et de respect de l’assemblée ». Il nous cite alors des articles du Code des collectivités territoriales selon lesquels les débats doivent se dérouler « sans manifestation partisane ». D’après lui, même le Conseil d’État soulignerait l’importance de la « neutralité politique » dans les Conseils. Nous aurions introduit « une symbolique politique dans un cadre institutionnel » et cela nuirait à la sérénité des débats. Le groupe « UPSG » souhaite donc savoir quelles mesures le maire compte prendre pour garantir à l’avenir le respect  de la neutralité.

Réponse attendue de celui-ci puisque l’échange est biaisé depuis le départ. Le maire indique partager l’analyse !  La ficelle est un peu grosse… Il indique avoir saisi le Préfet du Val d’Oise pour signaler l’attitude consistant à montrer un maillot de foot, en lui demandant d’examiner la conformité de cet acte avec la règlementation du fonctionnement des Conseils municipaux, et de prendre les mesures pour prévenir toute « répétition de tels incidents » pour préserver la sérénité des débats.

Nos commentaires (que nous n’avons pu faire en séance, règlement oblige) :  l’appartenance « LFI » que l’on nous prête est inexacte, mais la majorité a visiblement décidé de l’utiliser pour effrayer son électorat ; nous y avons déjà eu droit en réunion de quartier. Nous avons soutenu la campagne de Gabrielle Cathala, à présent députée LFI-NFP de notre circonscription, et y avons participé, mais notre étiquette politique n’a pas changé, et la majorité municipale le sait très bien.

Sur le fond… qui peut croire à la « neutralité politique » des Conseils municipaux ? Lieux par excellence où on fait de la politique ! Laquelle politique n’est pas une vilaine chose, mais au sens strict du terme recouvre tout ce qui  touche à l’exercice du pouvoir dans une société organisée, ce qui a trait au collectif, qui a rapport aux affaires publiques… Il est donc fort étonnant de voir nier ce qui est l’essence même du travail du Conseil municipal.

Quant à l’ «exhibition », le mot n’est pas choisi par hasard, il est connoté négativement, tel un étalage impudique. C’est là que la majorité municipale a un comportement bien hypocrite. « L’exhibition » du maillot palestinien ne serait pas acceptable et troublerait les débats. Mais l’accrochage du drapeau tibétain à la façade de la mairie revêt une toute autre signification ! Il manifesterait le soutien de la ville aux Tibétains opprimés par les Chinois. Un geste très politique, non ? Et de plus, jamais débattu en Conseil municipal… et qui pour le coup, n’a aucun lien avec notre territoire : nous ne sommes jumelés avec aucune ville de cette région du monde, nous n’avons aucune action de solidarité.

Le fond de l’affaire est à chercher ailleurs. Un vilain prétexte pour tenter de nous faire passer pour de violents agitateurs, accompagné du refus de voir apparaître même furtivement une quelconque allusion aux crimes génocidaires qui se déroulent  en Palestine. Les preuves s’accumulent, de multiples organisations internationales dénoncent le massacre qui continue : Josef Borell, commissaire européen aux affaires étrangères, Dominique de Villepin, l’équipe de foot de Norvège, Human Rights Watch qui vient de déclarer « Israël commet le crime d’extermination et des actes de génocide à Gaza »…

Mais ce qui serait insupportable, ce serait la vision d’un maillot de foot aux couleurs de la Palestine ?

Oui, notre question avait un lien direct avec notre ville puisque l’entraînement de l’équipe se déroulait sur notre territoire.

Non, nous n’importons rien sur notre sol, encore moins à des fins électoralistes. Notre parti, le PCF, ne prend personne en otage. Le PCF travaille avec des Palestiniens, des Israéliens, constitués en partis en Israël et des associations juives qui œuvrent pour la paix. Il n’a pas de leçon à recevoir, lui qui est à l’origine de la loi contre  le racisme et l’antisémitisme, la loi Gayssot.

Notre question était l’occasion d’appeler à la paix, tout simplement. Et nous continuerons à exhiber fièrement cette exigence.

À suivre… la deuxième question du groupe majoritaire…. et les nôtres, puis les différents dossiers traités lors de la séance.

10 réflexions sur “Exhibition

  1. C’est avec douleur que je pense à Gaza, à tant de cruauté, aux enfants mitraillés, aux bombardements d’écoles et d’hôpitaux. Combien de cruauté ».

    #PROCHE_ORIENT Le pape François a de nouveau condamné dimanche « la cruauté » des frappes israéliennes contre Gaza, après l’avoir fait samedi et en dépit des protestations de la diplomatie israélienne qui l’a accusé d’avoir « deux poids, deux mesures ». Hier dans la matinée, le souverain pontife s’était déjà ému de la mort de sept enfants de la même famille à Gaza, annoncée la veille par la Défense civile.

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