Nous étions hier soir à la réunion de quartier du Parc, et on vous en raconte quelques moments. Même si cela peut paraître dérisoire au vu de l’actualité nationale, et même si nous en connaissons toutes les limites, nous sommes toujours attentifs à ces rencontres avec les habitants.
Le système est bien rodé, et immuable. Le maire siège à la tribune, entouré de la police municipale et parfois nationale, des agents de la ville chargés de la politique dite de proximité, de sa cheffe de cabinet, du directeur général des services, du directeur des services techniques, et d’élus de la majorité… Ce qui représente un aéropage relativement impressionnant pour le citoyen de base, autorisé à poser des questions, jusqu’au moment où le maire décide que c’est la dernière.
Il est moins acceptable d’émettre un avis ou une opinion. Cela peut entraîner à votre égard une accusation de « faire de la politique », ce qui curieusement n’est pas admis dans une assemblée pourtant conviée à venir débattre de la gestion de la ville… Les élus de la minorité que nous sommes sont tolérés, mais immédiatement désignés comme trouble-fête s’ils se risquent à évoquer un sujet considéré comme politique, voir plus haut. Éventuellement, le maire leur demande de bien vouloir « laisser la parole aux habitants », montrant ainsi qu’il ne les considère pas tout à fait comme des citoyens ordinaires.
Une fois ces règles connues à défaut d’être admises, on peut se risquer à intervenir en réunion de quartier.
Réunion d’information et non de concertation, la soirée commence comme d’habitude ce 12 décembre 2024, par une présentation de projets municipaux déjà finalisés. La réhabilitation du centre culturel du Parc, structure vétuste où se tient la réunion, est ainsi dévoilée : travaux d’isolation et d’amélioration acoustique, rénovation des espaces intérieurs. Tout cela est indispensable au vu de l’état actuel des locaux, et permettra une économie substantielle de chauffage. On regrette que l’occasion n’ait pas été saisie d’agrandir le centre, ni que l’association de la MJC n’ait guère été entendue sur ses demandes de sas d’entrée et de salles dédiées aux différentes activités. Les travaux débuteront en juin 2025 pour une durée de six mois et un coût estimé de 1,2M€.
Le centre culturel Camille Claudel connaîtra lui une reconstruction de ses locaux incendiés à 80% en juillet 2023. Il faudra attendre septembre 2025 pour le début des travaux qui devraient s’achever au printemps 2026. L’occasion pour le maire d’une diatribe sur les jeunes à l’origine du sinistre, sur les habitants qui d’après lui, les connaissent sans toutefois les dénoncer, sur le coût des travaux pour la ville (2,8M€), omettant de dire que la facture ne sera pas à sa charge, affichant aussi sa volonté de laisser à la vue de tous la façade calcinée pour encore des mois durant… « Pour ne pas oublier il faut le voir tous les jours ».. une quasi punition pour le quartier entier alors que l’incendie, bien évidement condamnable, n’est le fait que de quelques individus, dont d’ailleurs les caméras n’ont pas pu révéler l’identité à ce jour. Cette volonté nous semble aberrante pour l’image du quartier qui ne mérite pas cela et pour les habitants qui sont les premiers pénalisés par la fermeture du centre. Cela fait même fuir de possibles candidats médecins pour la maison de santé toute proche… avons-nous appris de source sûre.

Pas de bonne réunion de quartier sans un point sécuritaire sur les différents dispositifs qui nous protègent, police municipale, caméras (42 actuellement et bientôt 70 supplémentaires) et bien sûr Voisins Vigilants, à l’efficacité redoutable puisque le maire nous annonce que cette plate-forme entre voisins aux yeux grands ouverts a fait baisser de 50% les cambriolages dans le quartier ! Hélas, je crains que le problème ne soit un peu plus complexe..
Vient ensuite le moment des questions au maire, lequel a invariablement la bonne réponse. Quand la question est jugée pernicieuse, le maire peut soit « faire de l’humour » en conseillant de déménager au perturbateur qui émet une critique ou un souhait, soit le désigner comme un dangereux gauchiste (effroi garanti dans la salle, composée majoritairement d’électeurs de droite plutôt âgés..), lui attribuant même une appartenance dont il sait pertinemment qu’elle est erronée : non, nous ne sommes pas adhérents de LFI… Le maire s’exonère ainsi de la règle pourtant connue de tous : pas de politique en réunion de quartier, voir plus haut. À moins qu’il ne soit traumatisé par les résultats des dernières législatives dans ce qui n’est plus « son fief » ?
Parmi les questions de ce soir, plusieurs sur le changement climatique et ses dangers potentiels, les solutions possibles pour lutter contre les inondations, le risque de voir assouplir les dispositions de la loi « zéro artificialisation nette », le PLU. L’occasion pour le maire de regretter que Saint Gratien soit la ville la plus dense du Val d’Oise, sans toutefois aller jusqu’à en citer les responsables. Selon lui, il est donc compliqué de désimperméabiliser, mais il importe surtout de ne plus construire, malgré que la région et le département nous y poussent.
Pour mémoire, dès les années 1990, nous avions alerté sur la densification excessive de notre ville, sans alors beaucoup d’échos, puisque l’objectif affiché était pour la majorité d’arriver à 23 000 habitants, et que la demande d’espaces verts était jugée irréalisable. Heureusement que les habitants des Marais ont su à cette époque se battre pour la couverture arborée du BIP, et que nous avons poussé pour la création du parc urbain, que la ville veut à présent agrandir !
Les transports ont fait l’objet d’échanges assez tendus, notamment comme à chaque fois sur les mobilités douces. Il n’y aura pas de parc à vélos couverts devant les centres culturels, les cyclistes sont présentés comme non respectueux des règles, et le maire profite aisément du désintérêt de son public, peu concerné par l’usage du vélo, pour évacuer la question. Pas surprenante non plus sa réponse sur les nuisances aériennes. Les avions modernes seront moins bruyants, et le trafic va baisser, donc inutile de se mobiliser pour un couvre-feu à Roissy ! Un avis contraire pourtant à toutes les prévisions qui annoncent une explosion du nombre de vols. Mais pour notre maire, la circulation automobile n’est pas non plus un problème, puisque bientôt les voitures seront électriques et donc non polluantes, sans qu’on voie bien quelles répercussions positives cela pourrait avoir sur la circulation et le stationnement… Curieusement, le maire regrette un manque selon lui de transports en commun, alors que Saint Gratien est tout de même desservi par trois gares importantes. Mais nous n’avons ni métro ni tramway, nous dit-il. Alléluia ! Il y a plus de 10 ans, la majorité et madame Eustache nous riaient au nez lorsque nous évoquions le prolongement du tramway entre Épinay et Saint Gratien !
À 21h30, le maire décide que ma question est la dernière, et je reste avec mon interrogation sur les possibilités d’améliorer la démocratie de proximité, en associant les habitants via un budget participatif, ou un conseil municipal des jeunes. Ouf, le maire a échappé à une question très politique.
Hola ! Karine B. était à la réunion !
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https://actu.fr/ile-de-france/courdimanche_95183/une-nouvelle-cour-pour-cette-ecole-du-val-doise_61999315.html
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