Le virus est à l’école

Écoles : une rentrée de janvier chargée de bien des inquiétudes !

Maintenir les écoles ouvertes, certes ! Non pas seulement pour permettre aux parents d’aller travailler, car l’école n’est pas qu’une garderie… mais pour assurer un enseignement « présentiel » qui s’avère indispensable pour la majorité des enfants.

On est pour, mais dans quelles conditions ?

Cela ne fait plus de doutes pour personne, le virus du Covid circule activement dans nos écoles. Les enfants scolarisés en école primaire constituent la population dans laquelle le virus circule le plus, selon les ARS. Le mois de janvier pourrait voir la contamination d’un tiers des enseignants selon le Conseil scientifique !

Mais plusieurs raisons font qu’il est difficile de respecter les fameux « gestes barrière » dans les établissement scolaires, particulièrement dans les écoles primaires.

Dans nos écoles de banlieue, les effectifs des classes sont souvent chargés. Compliqué de respecter les distances quand 30 élèves, un professeur et parfois une Atsem et un AESH partagent un local qui de plus, est trop souvent difficilement aérable. On connaît hélas trop bien dans les écoles les fenêtres condamnées ou mal aisées à manipuler. Difficile aussi de faire laver correctement les mains quand les sanitaires sont trop peu nombreux pour le nombre d’élèves, et qu’il ne coule que de l’eau froide aux robinets ! Ardu aussi de faire respecter le port du masque toute la journée, y compris pendant la récréation, à des jeunes enfants. Rappelons que les masques sont fournis par les familles, et qu’on est censé en changer toutes les quatre heures, et ne pas trop le manipuler pendant le port…

Les écoles souffrent aussi d’un manque structurel de personnel. Personnel enseignant lorsqu’il faudra accueillir les enfants de soignants, comme l’a annoncé le ministre, ou remplaçants quand la maîtresse sera malade. Les remplaçants sont une espèce en voie de disparition depuis ces dernières années. Mais en cette période de pandémie, il est impossible en principe d’accueillir dans les autres classes de l’école les enfants sans maître. Personnel de service également  en nombre très insuffisant pour assurer un nettoyage régulier, accompagner les enfants aux toilettes, surveiller le lavage des mains…

Un protocole allégé… et annoncé comme à l’habitude (mais on ne s’y habitue pas !) dans un article de presse payant, la veille de la rentrée ! Protocole ou usine à gaz, les directeurs, qui sont souvent des directrices,  devant contrôler les multiples tests que subiront les élèves. La règle de fermeture au premier cas Covid n’étant plus d’actualité, on teste dorénavant sans trop se soucier de la période d’incubation… puis à J+2 et J+4… Ce sera sans compter les difficultés d’accès aux tests, prévisibles quand on voit la longueur des files d’attente devant les pharmacies… ou encore la saturation de la plate-forme qui communique les résultats des tests.

Ingérable aussi le « jonglage » entre enseignement à distance pour les élèves positifs et présentiel pour ceux qui ne le sont pas… Bon courage à la maîtresse pour ce double travail ! Tous les enseignants s’accordent pour dire que cela est impossible, notamment quand les élèves sont jeunes et/ou peu autonomes, ou les familles peu équipées de matériel informatique.

Enfin, casse-tête également à la cantine, où on est censé éviter le brassage. Mais comment faire déjeuner 200 enfants en deux heures sans accueillir plusieurs classes en même temps dans le réfectoire ? Quand de surcroît il manque aussi des animateurs de cantine (14 à Saint Gratien malgré l’appel à la bonne volonté de retraités..) on voit l’impossibilité de la tâche.

Des solutions pour tenter de limiter la contagion ? Oui, et bien évidemment cela passe par des moyens supplémentaires, tant en matériel qu’en ressources humaines.

Équipons les classes de détecteurs de CO2. Pour un coût relativement modique, ces  dispositifs permettent d’alerter si la qualité de l’air est mauvaise et donc qu’il y a nécessité d’aération. Ces appareils sont subventionnés par l’État, qui devrait d’ailleurs les prendre en charge au lieu de faire supporter le coût aux collectivités. À notre question en Conseil municipal de décembre, la ville répond que des commandes sont en cours. Il est temps…

L’Éducation nationale doit d’urgence faire appel aux listes complémentaires des concours pour recruter des remplaçants, indispensables pour assurer un encadrement suffisant des élèves. Le recrutement de contractuels ou de retraités n’est pas une solution. Ce type de recrutement n’a d’ailleurs pas trouvé suffisamment de candidats l’année dernière.

En terme d’équipement, les syndicats enseignants réclament la fourniture de masques pour les personnels comme les élèves. Le premier ministre vient d’annoncer la fourniture de masques chirurgicaux aux enseignants d’ici la fin janvier. Il est temps…

Localement, la concertation entre enseignants, élus et parents reste toujours indispensable. Dans cette période difficile où on tant besoin d’échanger et de communiquer, quelle erreur d’avoir supprimé à Saint Gratien la commission scolaire « élargie » qui réunissait les différents acteurs de la communauté éducative !

11 réflexions sur “Le virus est à l’école

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