Européennes 2019 : Ian Brossat, communiste new-look

Article paru dans « Le Parisien »

La tête de liste du PCF aux européennes réussit sa campagne, sur le terrain et dans les médias… mais reste scotchée à 3 % dans les sondages.

C’est l’une des révélations de cette campagne des européennes. Ian Brossat, la tête de liste communiste, prend la lumière comme personne au PC depuis Georges Marchais. « C’est bien pour notre parti et pour le débat politique en général », se réjouit-on Place du Colonel-Fabien. Certes, les sondages sont loin d’être aussi brillants : le communiste, 39 ans depuis quelques jours, n’est même pas crédité des 3 % indispensables pour un remboursement de ses frais de campagne.

Malgré les meetings et les réunions qu’il enchaîne depuis plusieurs semaines. « Si Ian réussit à franchir ce seuil et à plus forte raison les 5 % nécessaires pour conserver des sièges au Parlement de Strasbourg, alors il sera promis à un avenir de premier plan au sein du parti », affirme Stéphane Peu, un briscard du PC et député de Seine-Saint-Denis.

Dans les débats diffusés par les télés et les radios, le conseiller de Paris défend avec brio des notions aussi arides qu’une clause de « non-régression sociale », un smic européen ou le renforcement de la lutte contre la fraude fiscale. Mais Brossat a aussi le sens de la formule. « Nathalie Loiseau, c’est un peu la Richard Virenque de la politique, elle a été candidate à l’insu de son plein gré », lance le communiste à propos de la présence de sa rivale, en 1984 à Sciences Po, sur une liste d’extrême-droite.

Même l’opposition parisienne le loue

Surtout, Brossat préfère la démonstration à la polémique, le débat à l’anathème. « Dans la période de grande confusion que vit la gauche, le parti communiste peut devenir un repère, analyse cet ancien professeur, agrégé de lettres, spécialiste de littérature américaine. Nous sommes là depuis des décennies sans jamais, contrairement à d’autres, changer tous les quatre mois d’idées ou de nom », vante Brossat qui, entré au parti à l’âge de 19 ans, y a « passé plus de temps dedans que dehors ». « Il faut nous juger sur ce que l’on fait localement et non sur ce qu’on disait dans les années 1970 », insiste l’adjoint au maire de Paris, en charge du logement.

Car la « Brossat touch » c’est l’affirmation d’une ligne réaliste face aux idéologues. La lutte contre Airbnb accusé de favoriser l’envolée des loyers, l’installation d’un centre d’hébergement pour SDF dans le très bourgeois XVIe arrondissement parisien… « Aujourd’hui, les gamins du centre vont dans les clubs de hockey sur gazon jouer avec les enfants des familles du quartier », se félicite-t-il.

Même l’opposition parisienne le loue. « Ian Brossat est porteur d’un idéal communiste qui passe, par exemple, par une politique de préemption à laquelle je m’oppose. Mais cet idéal, il veut le traduire dans le réel. Cela lui donne sa force », reconnaît Pierre-Yves Bournazel, député centriste et conseiller de Paris.

« Notre banque, ce sont nos militants ! »

Une forme d’engagement qui ne fait pas l’unanimité au sein de son parti. « Ian incarne une génération plus communicante qu’idéologue, tacle Stéphane Peu. Après tout, dans une époque où les certitudes ont vécu, la plasticité est peut-être un atout. » Chez les Insoumis, les critiques sont encore plus cinglantes. « Je ne comprends pas le choix de Brossat comme tête de liste. Il a été porte-parole d’Anne Hidalgo et reste son soutien. Il participe à Paris à un exécutif avec des soutiens de Macron. Son discours évolue donc selon les circonstances et ses intérêts », s’étrangle le député Alexis Corbières, un proche de Mélenchon.

Ce timide, à l’allure plus bobo que prolo, vivant avec le même compagnon depuis dix-huit ans, conserve la foi du charbonnier. « Si je n’avais pas été communiste, je serais peut-être croyant », confie ce petit-fils d’un médecin juif polonais qui, pour fuir les camps nazis, s’était engagé dans l’Armée rouge avant d’immigrer en 1947 à la naissance de l’État d’Israël… où il fut ensuite emprisonné vingt ans pour espionnage au profit de l’URSS.

« C’est mon grand-père qui m’a insufflé le sens du combat, explique Brossat. Je voue une reconnaissance infinie aux communistes qui l’ont sauvé. » La tête de liste aux européennes nourrit de grandes ambitions pour son parti. « C’est un parti de gens désintéressés qui grâce à leurs cotisations, au reversement par les élus de leurs indemnités, lui permettent d’être encore là. Notre banque, ce sont nos militants ! Je veux contribuer à ce que le parti communiste retrouve une place dans le paysage politique. Il le mérite. »

IB 2019

 

21 réflexions sur “Européennes 2019 : Ian Brossat, communiste new-look

  1. Exclusif. Josiane Balasko : « Pourquoi je m’engage aux côtés de Ian Brossat et des communistes »
    Mardi, 7 Mai, 2019 sur l’Humanité

    Josiane Balasko : « le 26 mai prochain j’ai choisi d’aller voter et j’ai choisi d’aller voter pour la liste des communistes conduite par Ian Brossat. »

    Je sais que vous êtes encore nombreuses et nombreux à vous interroger aujourd’hui, à vous demander si vous irez voter ou non dans quelques jours, le 26 mai prochain à l’occasion des élections européennes. Vous êtes parfois désabusés, parfois en colère et vous hésitez à vous déplacer : j’aimerais essayer de vous convaincre d’aller faire entendre votre voix le 26 mai prochain.

    L’Europe, cela peut nous sembler loin en effet, pourtant, les conséquences dans notre vie quotidienne sont très concrètes. C’est la libéralisation de l’électricité, par exemple, qui a eu pour conséquence la hausse des tarifs et des factures. C’est la baisse de la dépense publique depuis 30 ans, qui a pour conséquence la fermeture de nos services publics comme les maternités. Je pense à la maternité de Creil, la plus importante de l’Oise, ou celle du Blanc dans l’Indre, où des femmes et des hommes se battent sur le terrain, aujourd’hui encore pour que les futures mères ne soient pas obligées de faire des trajets plus longs pour accoucher dans des conditions moins sûres.

    Sur le terrain, justement, à travers mes différents engagements associatifs, j’ai souvent pu voir la présence de femmes et d’hommes communistes et j’ai pu voir les valeurs qui les animaient : des valeurs populaires, jamais populistes. J’ai pu voir leur sincérité, j’ai pu voir leur disponibilité dès lors qu’il s’agit de défendre les plus modestes.

    Vous n’êtes pas forcément communistes et je ne le suis pas non plus.

    Après une longue réflexion, le 26 mai prochain j’ai choisi d’aller voter et j’ai choisi d’aller voter pour la liste des communistes conduite par Ian Brossat.

    Parce que je crois que nous avons plus que jamais besoin de députés sincères, clairs, combatifs à l’image de leur belle campagne.

    Enfin et surtout, en votant pour la liste de Ian Brossat, nous pouvons faire élire Marie-Hélène Bourlard, entrée à l’usine à l’âge de 16 ans, qui fut ouvrière du textile pendant 43 ans dans le Nord. Elle est numéro 2 de la liste. La liste des communistes est la seule à mettre tout en haut une ouvrière. En nous déplaçant le 26 mai, avec l’aide de nous toutes et de nous tous, Marie-Hélène Bourlard peut devenir la toute première femme ouvrière à entrer au Parlement européen depuis quarante ans.

    Je crois que cela vaut le coup de se déplacer, cela vaut le coup d’aller voter, cela vaut le coup d’envoyer un message fort et clair. Rendez-vous le 26 mai !

    Josiane Balasko

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  2. VGE

    Valérie Giscard d’Estaing appelle les Français à voter sur RTLpar rtl.fr

    L’ancien président de la République a estimé lundi sur RTL qu’il y avait « de la place pour cinq listes : l’extrême gauche et l’extrême droite, la gauche, la droite et le centre ».

    Pas moins de 34 listes ont été déposés pour les élections européennes. Un nombre que Valéry Giscard d’Estaing a jugé « ridicule et grotesque », lundi 13 mai sur RTL.

    « Au lieu de vouloir traiter le vrai sujet qui est : ‘comment faire avancer de manière utile l’Union de l’Europe ?’, on se lance dans des débats dans lesquels on cherche des transformations, des interventions curieuses », regrette l’ancien président de la République.

    Selon lui, 29 listes sont en trop. « Il y a de la place pour cinq listes en fait : l’extrême gauche et l’extrême droite, la gauche, la droite et le centre », a estimé l’ancien président au micro de RTL. Sur le sujet de l’Europe, La République en marche (LREM) « est plutôt de centre droit alors que, dans la vie publique, elle est plutôt au centre », selon lui.

    « L’Europe, c’est à vous, ce n’est pas à la démocratie »

    Valéry Giscard d’Estaing appelle les Français à « aller voter, non pas pour exprimer un mécontentement national ou de catégorie mais pour (…) que l’Europe puisse offrir un avenir satisfaisant ». « L’Europe c’est à vous. Ce n’est pas à l’administration, ce n’est pas à la bureaucratie. Puisque c’est à vous, il faut que ça marche. Et pour que ça marche, il faut vous en occuper », a-t-il souligné.

    « On a fait la monnaie, il faut faire les impôts. Il faudra ensuite avoir une solidarité et apparaître comme une confédération économique du niveau des États-Unis et de la Chine », a plaidé Valéry Giscard d’Estaing.

    Orange avec AFP-Services, publié le mardi 14 mai 2019 à 11h14

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  3. boule puante

    L’appel d’un ex-soutien de Jean-Luc Mélenchon à voter RN aux européennes est « un coup monté » et « une boule puante de fin de campagne », a réagi mercredi le chef de file de La France insoumise, fustigeant un « traître ».

    Andréa Kotarac, élu régional LFI et ancien membre de l’équipe de campagne présidentielle de M. Mélenchon, a annoncé mardi qu’il quittait le mouvement et allait voter pour la liste du Rassemblement national aux élections européennes pour « faire barrage » à Emmanuel Macron.

    « Pour solde de tout compte: Kotarac est le nom d’une boule puante de fin de campagne. Un coup monté. Le soutien d’un tel traître à ses amis déshonore ceux qui compteraient en profiter », a réagi M. Mélenchon.

    L’appelant à « respecte(r) au moins les électeurs », il a souhaité que, « élu contre le FN », il démissionne de son mandat, ce que M. Kotarac a annoncé dès mardi.

    Ce dernier avait été élu en 2015 sur la liste PS/MRC/EELV/PG du socialiste Jean-Jack Queyranne et siégeait depuis au sein du groupe Rassemblement citoyen écologiste & solidaire (RCES), qui a décidé de « l’exclure dès ce (mardi) soir ».

    Précisant ne pas adhérer au RN, M. Kotarac a dit considérer la liste emmenée par Jordan Bardella comme « la seule liste souverainiste, qui met en avant l’indépendance de la France et qui est la mieux à même de faire barrage à Emmanuel Macron et de faire barrage à ce rouleau compresseur anti-social ».

    Manon Aubry, tête de liste LFI pour les européennes, a critiqué mercredi sur BFMTV le fait, « à 10 jours d’une élection, de sortir un élu qu’on ne connaît ni d’Eve ni d’Adam ». Assurant ne jamais avoir entendu parler de lui, elle a appelé à « ne pas donner trop d’importance à une personne individuelle qui, par opportunisme, trahit les valeurs chevillées au corps » de LFI.

    Elle a aussi pointé du doigt les « convergences » entre RN et LREM, « tous deux contre la hausse du Smic », « contre l’égalité femmes-hommes », défenseurs de « la hausse du temps de travail » et inactifs contre le changement climatique.

    Ce « sérieux coup monté de fin de campagne » n’aura « pas d’effet pour la raison que personne ne peut s’y tromper: c’est une trahison politique et un naufrage personnel », a insisté sur franceinfo le député LFI Adrien Quatennens, jugeant que M. Kotarac, à la « charpente politique assez faible », « a perdu sa boussole » et « s’est laissé avoir comme un bleu, de manière pitoyable, par le prétendu duel organisé entre Macron et Le Pen ».

    La présidente du RN Marine Le Pen a au contraire vu sur France 2 « une cohérence » dans ce soutien « puisque La France insoumise ne cesse de dire qu’il faut battre Macron », et a prédit « d’autres » ralliements similaires, tandis que le RN, dans un communiqué, a salué « le courage et la lucidité » d’un élu « réellement insoumis ».

    Le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand a pour sa part constaté sur Europe 1 que les « porosités entre LFI et RN que nous observons, là, s’incarnent ».

    AFP, publié le mercredi 15 mai 2019 à 10h47

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