Strasbourg, août 2023 (5)

Après les Karellis en Savoie, Aix-en Provence, Angers, c’est à Strasbourg, pour la deuxième fois, que les communistes se sont retrouvé·e·s pour leur université d’été. Un bon millier de cocos rassemblé·e·s le temps d’un week-end !

On y était, comme déjà souvent lors des éditions précédentes. Nous apprécions ce rendez-vous, politique bien sûr, mais qui est  aussi un moment culturel, scientifique, littéraire, historique, artistique, international… convivial et festif !

Voici très modestement quelques échos de l’Université, en plusieurs billets, tant le sujet est riche.

Faut-il limiter le droit à la propriété pour garantir le droit au logement ?

C’est le titre un peu provocateur de l’atelier proposé à l’Université d’été du PCF par Ian Brossat*, adjoint à la maire de Paris, en charge du logement, de l’hébergement d’urgence et de la protection des réfugiés. En voici les principaux enseignements.

Les discours médiatiques dominants nous disent que le droit de propriété serait en permanence menacé. Ce qui a débouché sur le vote de la loi « Kasbarian » dite loi « anti-squat ». En fait, la France a sacralisé le droit de propriété, qui figure comme un droit absolu et constitutionnel dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. C’est un choix politique, qui mérite d’être questionné si on veut défendre le droit au logement.

La loi interdit le squat qui remet en cause le droit de propriété. Il faut attendre 1990 pour que le droit au logement soit inscrit dans la loi, c’est la loi Besson. Toutefois cela reste un objectif ! Dans notre droit, il y a donc aujourd’hui une hiérarchie qui place le droit de propriété avant le droit au logement.

Qu’est-ce que cela produit concrètement ? Une situation massive de mal-logement et de difficultés à se loger dans notre pays. Cela ne concerne pas que les gens qui sont à la rue ! Les difficultés de logement concernent une partie énorme de la population ! Si on se réfère au rapport de la fondation Abbé Pierre, ce sont 14 millions de Français qui sont en situation de fragilité par rapport au logement. Cela représente des personnes mal logées parce qu’elles vivent dans des logements trop petits, mal isolés et surtout tous les gens qui paient leur logement trop cher, soit des loyers trop chers ou des crédits trop élevés. C’est bien la prééminence du droit à la propriété sur le droit au logement qui produit cette situation-là.

Autre élément à mettre en lumière : c’est l’énorme concentration de la propriété des logements en France. Un quart des ménages français détient 68% des logements possédés par des particuliers. Il y a bien sûr des petits propriétaires, mais d’autres qui détiennent beaucoup beaucoup de logements. 3,5% des ménages français possède plus de cinq logements et 50% des logements en location de particuliers. On a donc une petite minorité de gens qui possèdent beaucoup beaucoup de logements.

Droit à la propriété et droit au logement s’entrechoquent. Mais dans notre droit actuel, qu’est-ce qui permet de limiter le droit à la propriété ? Fait-on ce qu’on veut de son logement ? Non, et heureusement !

Selon l’usage que vous faites de votre logement, vous êtes plus ou moins fiscalisés. C’est par exemple la taxe sur les logements vacants qui existe dans les zones tendues, le but étant évidemment d’inciter les propriétaires à remettre leur logement en location, ou bien la taxe sur les résidences secondaires. Cette dernière est à la main des villes, avec le même objectif de retrouver des logements pour les gens qui travaillent. Les communistes sont favorables à une taxation plus forte des logements vacants et des résidences secondaires dans les zones tendues.

L’encadrement des prix limite également le droit à la propriété. Cécile Duflot sous François Hollande met en place l’encadrement des loyers dans les zones les plus tendues. L’objectif n’est pas à l’époque de faire baisser les loyers, mais de lutter contre les abus les plus manifestes. Mais une mobilisation énorme du secteur privé de l’immobilier hurle au scandale, Cécile Duflot est remplacée, et Valls premier ministre renonce à cet encadrement des loyers dans les grandes métropoles tendues et décide de ne le faire qu’à Paris et Lille. Finalement ce dispositif est annulé par le tribunal administratif au motif qu’il devrait s’appliquer à la métropole et pas uniquement à la ville de Paris. Paradoxe, ce sont les associations de propriétaires qui étaient contre l’encadrement qui l’ont fait annuler au motif qu’il devrait s’appliquer à une échelle plus large ! Il a fallu attendre une autre loi, la loi Élan, pour que l’encadrement puisse s’appliquer mais uniquement à titre expérimental, et sur demande des collectivités qui le souhaitent, et à un certain nombre de conditions. Finalement, l’encadrement s’applique depuis 2019 à Paris, Lyon, Bordeaux, Lille et dans d’autres collectivités. Le problème de cet encadrement tel qu’il s’est appliqué jusqu’à présent, qui est une bonne mesure même si elle reste très modérée : mais pour être efficace, il faut des sanctions pour ceux qui n’appliquent pas la loi. Nous nous sommes battus à Paris pour que les collectivités qui le souhaitent aient la possibilité de sanctionner elles-mêmes les propriétaires qui ne respectent pas l’encadrement. Appliqué à Paris, cela a permis d’en finir avec l’impunité de ceux qui ne respectent pas l’encadrement des loyers.

Mais aujourd’hui, un autre encadrement n’existe pas, c’est celui du foncier. C’est fondamental, parce que si les prix sont si élevés, c’est que le prix du terrain est absolument phénoménal. Quand Macron a lancé son CNR du logement, l’une des préconisations qui faisait l’unanimité, c’était de permettre une régulation du prix du foncier. Mais comme souvent avec lui, cela n’a donné lieu à rien du tout. C’est une revendication que nous devrions porter. Si on veut prendre le mal à la racine, il faut s’attaquer à réguler le prix du foncier. C’est évidemment une forme d’atteinte au droit de propriété mais c’est nécessaire si on veut produire du logement abordable.

La troisième piste, c’est l’appropriation publique, et là aussi, on a des outils. D’abord la préemption, la possibilité pour une collectivité de préempter des terrains, des logements, des immeubles, pour un projet d’intérêt général. Du logement, ou un équipement public, une crèche, un jardin… Mais évidemment, pour pouvoir préempter, il faut qu’il y ait vente.. Ensuite, soit la collectivité s’aligne sur le prix de l’acquéreur, c’est-à-dire le prix du marché, soit elle fait une offre en dessous -cela s’appelle casser la vente- et le vendeur a la possibilité de se tourner vers le juge, et c’est ce dernier qui fixera le prix sur la base de l’avis des domaines. Le droit de propriété reste donc très défendu même en cas de préemption.

Aujourd’hui par exemple, la ville de Paris achète aux prix du marché, c’est-à-dire à des prix considérables. Chaque année, la ville de Paris consacre 300 millions d’euros à la préemption. Ne devrait-on pas considérer que quand une collectivité préempte pour un projet d’intérêt général, elle devrait avoir le droit d’acheter en-dessous du prix du marché ? C’est une vraie question !

Il existe ensuite les procédures d’expropriation. Elles permettent d’acheter même si le propriétaire n’est pas vendeur. C’est l’exemple parisien d’un hôtel vide depuis longtemps et squatté. La procédure est très longue, il faut une déclaration d’utilité publique et c’est le juge qui décide si l’expropriation est justifiée ou pas. Le droit à la propriété est là aussi protégé.

Il existe enfin le droit de réquisition, qui est une mesure provisoire, par exemple en cas de grosse crise du logement, on peut réquisitionner pour mettre les gens à l’abri. Un droit très peu utilisé ! À Paris, à chaque fois que la ville veut faire une réquisition, le Préfet répond oui… si le propriétaire est d’accord ! Comme il l’est rarement, les seuls bâtiments réquisitionnés sont les gymnases municipaux, pour lesquels la ville peut se passer du Préfet !

La difficulté ici est un problème d’application de la loi car on ne peut accepter d’avoir tant de gens dehors alors que tant de bâtiments sont vides et bien identifiés. Ce sont des batailles locales pour obtenir que le droit de réquisition s’applique.

Tous ces exemples montrent qu’on n’est pas totalement démunis, et que même en s’appuyant sur le droit actuel, on peut de temps en temps de donner plus de place au droit au logement par rapport à la sacralité du droit de propriété.

Il y a aussi la possibilité de promouvoir d’autres formes de propriété. « La propriété privée, c’est d’abord une propriété privante », comme le disait le prof de philo (communiste) de Ian Brossat ! Quelles autres formes de propriété peuvent exister ? La propriété publique, c’est le logement social qui représente en France plus de 4 millions de logements pour 11 millions de Français, avec des dispositions législatives volontaristes qui ont permis de le développer, notamment la loi SRU. Cette loi date de 2000, du temps où Jean-Claude Gayssot était ministre de l’équipement, des transports et du logement. Cette loi imposait 20% de logements sociaux dans toutes les villes de plus de 3 000 habitants, objectif rehaussé par Cécile Duflot à 25% à l’horizon 2025. C’est une très bonne loi !

Le problème c’est que parallèlement, l’État s’est désengagé du financement du logement social. Mais la loi SRU a permis de développer le logement social, et de le développer là où il n’y en avait pas ! Cela a permis de rééquilibrer le logement social, dans un objectif de mixité sociale. Le logement social ou « logement public » doit s’adresser à de larges couches de la population, les plus fragiles mais aussi les salariés, les gens qui travaillent et qui ont du mal à se loger dans le parc privé, dans nos grandes villes et ailleurs. Le logement social « à la française » a vocation à être généraliste, et pas à être un ghetto ! Or, beaucoup de dispositions adoptées ces dernières années visent à restreindre le public du logement social : les surloyers, la remise en cause du droit au maintien dans les lieux. Les mêmes qui ont voté des lois qui chassent les classes moyennes du logement social sont ceux qui ensuite reprochent au logement social d’être un logement ghetto ! Mais à Paris les quartiers les plus mixtes sont ceux qui comptent le plus de logements sociaux et à l’inverse, ceux qui sont les moins mixtes sont ceux qui comptent le moins de logements sociaux. Nous, nous défendons une conception large du logement public. Il y a parfois des frictions sur ce point à l’intérieur de la gauche : par exemple les écolos ont une conception un peu restrictive, ils considèrent qu’il faut loger les plus fragiles. Mais ce n’est pas pour ça qu’il faut chasser les classes moyennes du logement social. Si on restreint trop le public du logement social, on n’emmène pas avec nous la grande majorité des gens sur lesquels on a besoin de s’appuyer pour pousser au développement du logement social. Si les gens se disent que le logement social ne s’adressera jamais à eux, on ne pourra pas compter sur eux pour le défendre. Donc nous devons défendre une conception large, généraliste du logement social.

Dans les autres formes de propriété, il y a aussi des choses plus nouvelles. Par exemple, le bail réel solidaire. Ce qui coûte cher dans un logement, c’est le foncier autant que le bâti. À Paris par exemple, on est à 10 000€ du m2 pour l’achat d’un logement, 5000€ pour le foncier et 5 000€ pour le bâti. L’idée est que la collectivité garde la propriété du foncier et ne vende que le bâti. Ce qui permet donc de ne vendre qu’à 5 000€ du m2, ce qui permet de s’adresser à un public plus large. Cette dissociation du foncier et du bâti permet de renouer avec l’accession à la propriété dans des métropoles où elle était devenue complètement impossible, y compris pour des familles aux revenus moyens.

Ce dispositif est assorti de mesures anti-spéculatives. Quelqu’un qui a acheté un logement en bail solidaire ne peut le revendre à n’importe quel prix. Il le revend au prix auquel il l’a acheté, revalorisé de l’indice du coût de la construction.

Le bail solidaire est comptabilisé comme du logement social : faisons donc attention dans un certain nombre de villes de droite où des élus peuvent faire du bail solidaire pour ne pas réaliser du logement social. Le bail solidaire ne doit pas se développer au détriment du logement social. À Paris, le choix a été fait de choisir le bail solidaire dans des opérations d’aménagement plutôt que de l’accession à la propriété classique, pas à la place de logement social.

Nous devons assumer, non pas de remettre en cause, de « façon bête et méchante » le droit de propriété, on ne peut pas être contre le droit d’être propriétaire de son logement. En revanche, si on veut défendre le droit au logement, il y a des limites au droit de propriété. La question pourrait se poser de limiter le nombre de logements dont on a droit d’être propriétaire. Est-ce normal que quelqu’un soit propriétaire de 30, 40, 50 logements ?  Ce serait certes lever un tabou et susciterait des polémiques, cela paraît difficile aujourd’hui. En tout cas, la question peut être posée.

Si on estime que le droit au logement est aussi important que le droit de propriété, cela suppose de « rogner » sur la sacralité du droit de propriété. Si on sacralise absolument le droit de propriété, si on trouve normal que des bâtiments restent vides alors que des gens crèvent dehors, ça veut dire qu’on assume cette politique-là. Sinon, il faut accepter qu’il y ait des limites au droit de propriété et que l’intérêt général doit conduire à le limiter pour garantir le droit au logement.    

* Ian Brossat est aussi porte-parole du PCF et fut sa tête de liste aux élections européennes de 2019. Et en 2016… il fut notre invité au stand du PCF 95 à la fête de l’Humanité pour parler de son livre « L’espion et l’enfant », qui retrace la vie extraordinaire de son grand-père.

I.V. 

À suivre…           

Strasbourg, août 2023 (4)

Après les Karellis en Savoie, Aix-en Provence, Angers, c’est à Strasbourg, pour la deuxième fois, que les communistes se sont retrouvé·e·s pour leur université d’été. Un bon millier de cocos rassemblé·e·s le temps d’un week-end !

On y était, comme déjà souvent lors des éditions précédentes. Nous apprécions ce rendez-vous, politique bien sûr, mais qui est  aussi un moment culturel, scientifique, littéraire, historique, artistique, international… convivial et festif !

Voici très modestement quelques échos de l’Université, en plusieurs billets, tant le sujet est riche.

Compte rendu de l’université d’été du PCF
Édition 2023- Fabienne Launey

« Quelle politique migratoire pour une France de progrès ? », avec Pascal Brice et Fabien Roussel

Pascal Brice est président de la fédération des acteurs de la solidarité.

Fabien Roussel est député du Nord et secrétaire national du PCF.

Fabien Roussel

La gauche n’a pas rien à dire sur l’immigration et les questions migratoires. Ce serait une erreur de laisser la droite et l’extrême droite s’emparer de ce sujet, et de l’alimenter avec les idées les plus nauséabondes et les plus dures.

Nous avons la responsabilité importante d’y mettre le contenu le plus progressiste avec toutes les valeurs qui sont les nôtres, et c’est aussi l’histoire du PCF qui s’est toujours battu pour défendre en tous points l’émancipation des peuples, la condition humaine et la dignité humaine.

Tous les ans, nous avons droit à une loi sur l’immigration qui à chaque fois va durcir les conditions d’accueil et ne jamais régler les problèmes qui se posent.

Bien souvent, ces sujets-là sont portés par des responsables politiques comme contrefeu pour ne pas parler des politiques sociales, climatiques dont notre pays a tellement besoin.

Nous nous sommes rencontrés à Paris, il y a quelques mois, avec Pascal Brice et des députés, des sénateurs de gauche pour parler de ce qui peut nous rassembler sur cette question de l’immigration.

C’est une initiative que Pascal Brice a prise au titre de la responsabilité qui est la sienne en tant que président de la fédération des acteurs de la solidarité.

À quelques semaines ou quelques mois de la présentation d’un texte de loi sur l’immigration, nous travaillons ensemble à des propositions que nous pourrions porter auprès du gouvernement sur ce sujet.

Aujourd’hui, la loi sur l’immigration telle qu’elle va être débattue au Parlement risque tout simplement d’être en somme un tête-à-tête entre le gouvernement  Gérald Darmanin, et Éric Ciotti et Marine Le Pen. Nous devons trouver le moyen de formaliser nos accords pour pouvoir mettre dans le débat des propositions de gauche, fortes, humanistes, qui permettent aux Français d’entendre une autre voix que celle de la droite et de l’extrême droite.

Il y a des parlementaires, des associations, des responsables syndicaux qui veulent s’engager et qui ont une autre conception des politiques migratoires, de l’accueil, de la régularisation des travailleurs sans papiers qui doit être obtenue dans une confrontation d’idée avec le gouvernement.

Il faut que nous parvenions à arracher, dans le cadre de la loi ou ailleurs, la régularisation des travailleurs sans papiers, parce que c’est un scandale qui perdure dans notre pays.

Le parti communiste a sorti un manifeste en 2018 intitulé : « Pour une autre politique migratoire ». Ce manifeste va être mis à jour et et enrichi. Il sera mis à disposition des communistes rapidement.

Pascal Brice

Je me réjouis beaucoup d’être avec les communistes aujourd’hui, d’être avec toi, de t’entendre confirmer la volonté qui est la tienne [à Fabien Roussel, ndlr] et celle des communistes de s’emparer de cette question de l’immigration. La différence, la diversité, la fraternité, l’asile sont de belles choses.

Nous sommes très loin d’une submersion.

Je vais vous livrer le fruit de quelques réflexions  qui sont le fait  de plus de dix années passées à la tête de l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), puis maintenant de la FAS (Fédération des acteurs de la solidarité), de manière à essayer de contribuer à la réflexion collective.

La réalité sociale est là. La réalité de ce pays, de l’ensemble du continent européen et aussi des États-Unis, font que nous ne pouvons pas éviter cette question de l’immigration.

Nous sommes rattrapés par l’un des nœuds de crispation que vit notre pays, qui se mêle à d’autres : un nœud social, un nœud culturel, un noeud économique. Nous vivons dans une société incandescente, agressive, divisée, fragmentée.

Nous savons tous – et les communistes sont bien placés pour le savoir – ce qui se passe pour les étrangers dans une société fragilisée économiquement, socialement et culturellement.

La stigmatisation des étrangers et des pauvres, voilà la pente naturelle et bien instrumentalisée dans une société fragmentée et fragilisée comme la nôtre et la plupart des sociétés développées à l’heure actuelle.

Dans une société où les classes populaires et une partie des classes moyennes sont fragilisées, plus particulièrement par la précarisation du travail, la politique libérale protège les possédants dans leur égoïsme.

Il y a une continuité qui s’installe entre les exclus, les classes populaires et les classes moyennes.

Nous savons ce que produit cette situation dans un pays, du point de vue de la cohésion sociale et de la vie démocratique.

Le conformisme, la paresse, les habitudes font qu’on laisse prévaloir des politiques migratoires, plutôt des non politiques migratoires qui sont tournées vers une obsession : dissuader, empêcher les gens de venir avec toute une série de politiques européennes qui sont tournées vers ça.

Ces politiques suscitent l’indignité pour les personnes étrangères et pour celles et ceux qui les accompagnent : les travailleurs sociaux, les bénévoles et les fonctionnaires.

Elles sont un facteur de désordre.

Les hommes et les femmes d’ordre prônent un accueil organisé et maîtrisé.

Toute personne arrivée en Europe doit faire sa demande d’asile et la voir instruite dans le pays où elle est arrivée.

30% des demandeurs d’asile sont en contradiction complète avec la loi française et les textes européens. Les personnes immigrées subissent les blocages innombrables pour l’accès au travail. 30 000 titres de séjour sont délivrés par an en France pour travailler alors que la population augmente ainsi que les besoins des entreprises.

Les OQTF (obligation de quitter le territoire français) sont exécutées à 10%. Des hommes, des femmes et des familles  vivent dans l’angoisse d’être expulsés. Et ce sont des Français qui ont le spectacle de l’impuissance politique.

La FAS continue de refuser tout contact avec le RN. La préférence nationale est antinomique de la solidarité. Tant que Pascal Brice sera président de la FAS, il n’y aura pas de banalisation du RN.

L’instrumentalisation plus ou moins rampante de la question de l’immigration s’installe dans une partie de la classe politique. On constate cette tentation de ne pas s’attaquer à la question sociale, de considérer que toutes les classes moyennes sont en crise, et donc de jeter en pâture les pauvres et les étrangers à la stigmatisation, plutôt que de s’attaquer aux problèmes sociaux.

Celles et ceux qui ont peur de l’installation d’un centre d’hébergement, ce sont des propriétaires.

Nous avons fait des propositions pour une politique migratoire conforme à toutes les exigences de la République.

C’est une approche qui vise à tourner le dos aux politiques de dissuasion, d’abord parce qu’elles ne dissuadent personne et parce qu’elles provoquent de l’indignité et du désordre.

Il s’agit d’installer un accueil organisé et maîtrisé. Pour un accueil organisé et maîtrisé, pour l’asile, il faut absolument sortir des accords de Dublin. Pascal Brice est favorable à des lieux d’accueil aux frontières extérieures de l’Europe, sur le territoire européen. Il ne s’agit pas ici de l’externalisation qui est en cours de la part de nombreux pays européens où l’on renvoie les demandeurs d’asile ailleurs.

Au Danemark, il y a 10, 15, 20 ou même 30 ans, lorsque nous interdisions le foulard à l’école, les Danois considéraient que nous étions tous des fascistes. Le multiculturalisme le plus absolu était une règle fondamentale au Danemark, notamment dans la gauche danoise. Aujourd’hui, pas un demandeur d’asile au danemark, tous au Rwanda, et si vous avez le malheur d’avoir sauvé un petit bijou de famille en fuyant votre pays, vous devez le laisser en gage avant d’arriver au Danemark.

Tout demandeur d’asile doit être pris en charge, hébergé, et voir sa demande d’asile instruite dans des délais favorables.

Il faut bien évidemment ouvrir l’accès au travail, parce que les besoins sont là dans les entreprises. La sortie de la pauvreté se fait essentiellement par le travail. Il est indispensable que les partenaires sociaux soient associés dans les bassins d’emploi, de manière à ce que les personnes puisent avoir accès au travail, et qu’on puisse régulariser les travailleurs.

Il faut également créer une protection humanitaire et environnementale, parce que les enjeux environnementaux sont là, et donc nous avons besoin d’un statut pour les déplacés environnementaux et pour la protection humanitaire des femmes victimes de violences conjugales, des personnes victimes de traite des êtres humains, ou de problèmes de santé.

Les politiques migratoires pour un accueil organisé et maîtrisé supposent que nous changions de logique.

Quand quelqu’un demande un titre de séjour, l’administration est tenue de lui répondre en 6 mois. C’est l’administration, de sa propre initiative, qui étudie toutes les possibilités d’accès au séjour. Il faut ouvrir les critères du droit au séjour (accès au travail, à un logement…).

Plutôt que de donner des OQTF à un grand nombre de personnes comme c’est le cas aujourd’hui, en ne les exécutant que dans 10% des cas, on en fait beaucoup moins et elles ont vraiment lieu.

Cette approche est nécessaire pour la cohésion sociale du pays.

Il n’y a vraiment pas de critère de séjour, et par ailleurs il peut y avoir des raisons très lourdes de délinquance, notamment pour ne pas rester sur le territoire national. Il faut assumer cette position, mais pas dans le système actuel, en inversant la logique.

Le principe c’est « oui » parce que la France a cette vocation fondamentale à accueillir des persécutés. Notre économie et notre dynamisme nécessitent cet accueil des personnes immigrées.

La question essentielle de l’intégration par le travail des femmes se pose.

La question migratoire est vitale pour une France de progrès, de dignité et d’ordre social.

Si la nouvelle loi sur l’immigration vient au Parlement dans les mois à venir, ce sera la 29ème loi immigration, ce qui signifie que les lois, les règlements, les réformes s’empilent, et l’on se trouve dans une situation qui est loin de s’améliorer.

Il est primordial d’appliquer le principe du « oui » pour les jeunes mineurs isolés non accompagnés.

Il y a une bataille à mener pour inverser la logique du « non » pour les jeunes mineurs.

À suivre…

Strasbourg, août 2023 (3)

Après les Karellis en Savoie, Aix-en Provence, Angers, c’est à Strasbourg, pour la deuxième fois, que les communistes se sont retrouvé·e·s pour leur université d’été. Un bon millier de cocos rassemblé·e·s le temps d’un week-end !

On y était, comme déjà souvent lors des éditions précédentes. Nous apprécions ce rendez-vous, politique bien sûr, mais qui est  aussi un moment culturel, scientifique, littéraire, historique, artistique, international… convivial et festif !

Voici très modestement quelques échos de l’Université, en plusieurs billets, tant le sujet est riche.

Compte rendu de l’université d’été du PCF
Édition 2023 – Fabienne Launey

Pour la deuxième année consécutive, l’université d’été du PCF a accueilli les communistes à Strasbourg. Les nombreux ateliers proposés se sont articulés autour de trois thèmes fondamentaux : la paix, la transition écologique et la question sociale.

L’ensemble des conférences et débats contribuent à la formation politique des communistes en traitant de l’actualité, nationale et internationale.

La culture historique prend également toute sa place à l’université d’été, avec par exemple l’exposé de Lukas Tsiptsios sur les politiques migratoires dans l’histoire, ou encore celui proposé par Gérard Streiff sur l’histoire et la connaissance du Rassemblement National, pour mieux le combattre.

Nous étions trois adhérents de la section de Saint-Gratien à participer à l’édition 2023 de l’université d’été.

Pour ma part, j’ai choisi de rendre compte de l’intervention de Philippe Rio, maire de Grigny, intitulée « Urgence République », et de celle de Pascal Brice, président de la fédération des acteurs de la solidarité et Fabien Roussel, député du Nord et secrétaire national du PCF. (à venir sur le blog, ndlr)

« Urgence République », avec Philippe Rio

Philippe Rio est très engagé sur les questions des banlieues populaires. Il faisait partie en 2017 d’un collectif de maires qui avait porté l’appel de Grigny. La concentration des difficultés sociales et économiques dans certains territoires de la République suppose d’y concentrer tous les moyens des forces vives de la Nation.

Au vu de son engagement et de son travail sur les banlieues populaires, Philippe Rio a été désigné meilleur maire du monde en 2021.

Philippe Rio développe trois ou quatre points à propos des mensonges, des fausses certitudes et du déni de la société française sur le regard porté sur les quartiers populaires.

Des solutions existent.

Au mois de juin, il n’y aurait pas eu d’émeutes si Nahel n’avait pas été abattu par la police. De même qu’en 2005, les émeutes urbaines qui ont duré trois semaines n’auraient pas eu lieu non plus si Zied et Bouna étaient encore en vie.

Les moments de crispation, de cristallisation d’émeute, de révolte, n’existent pas s’il n’y a pas ces faits-là.

Il y a toute une pensée qui vise à criminaliser les habitants des quartiers populaires. Or nous rappelons qu’il y a d’abord des faits où la police a tué.

Philippe Rio

La géographie des événements de 2023 n’est pas la même que celle des émeutes de 2005, y compris dans des villes peu marquées par une présence forte et massive des quartiers populaires.

Nous allons aborder le sujet qui fâche dans ce pays, celui de la doctrine policière mise en place par Nicolas Sarkozy en 2003, qui montre qu’elle est à bout de souffle. C’est la fin d’une police de proximité, coupée net, et vingt ans de lois policières qui s’en donnent à cœur joie par le sentiment donné que la police doit être toute puissante, et qui font qu’aujourd’hui, beaucoup de gens se demandent si la police est au service de la République, ou si c’est plutôt ce que l’on sent : une République qui est pieds et mains liés à un certain nombre de syndicats de police, et bien évidemment pas des plus progressistes.

Il y a un ensemble d’actes politiques majeurs portés par la droite tels que la réforme de la gendarmerie nationale en 2009, la réforme de la garde à vue, la loi sur la sécurité publique de 2017, la formation des policiers et la loi sur la sécurité globale.

On arrête le dialogue avec la population et on affirme être dans un rapport de force. La police devient a-républicaine ou non républicaine.

En Allemagne, on compte un mort en une année après un refus d’obtempérer, alors qu’on en dénombre 16 cette année en France.

La révision générale des politiques publiques fait qu’à l’aveugle, on supprime partout des postes de fonctionnaires, dont 10 000 fonctionnaires de police, et on change l’orientation des stratégies policières. La population a augmenté et le besoin de sécurité et de tranquillité publique est beaucoup plus présent qu’il y a vingt ans.

Le pays vient juste de récupérer les 10 000 postes de fonctionnaires de police précédemment supprimés. On peut parler de mensonge parce qu’il n’y a pas eu de création de postes de fonctionnaires de police supplémentaires.

Il s’agit d’un acte politique très fort de la droite, parce que la police est un service public régalien de l’État, essentiel et important pour vivre ensemble.

Il y a eu aussi une forte réforme des services de renseignement de notre pays. Le service des renseignements généraux a été complètement démantelé.

Il faut donc se poser la question de la doctrine policière, du choix budgétaire de la police et de la justice, et prioritairement de la justice des mineurs qui est en voie de clochardisation dans notre pays.

Il n’y a pas d’accompagnement des jeunes. La prévention, la sécurité et la lutte contre la récidive doivent être placées au cœur de la doctrine policière.

Pour rattraper ce retard de 10 000 postes de fonctionnaires de police supprimés par Sarkozy, on raccourcit le temps de leur formation, un des plus courts en Europe. Les plus jeunes fonctionnaires de police et de l’Éducation Nationale sont affectés dans les territoires les plus en difficulté.

On se donne les moyen de créer constamment du clash, et non pas de réussir.

L’activité économique produite par le trafic de drogue est illicite. C’est du business, de l’argent, une multinationale. Le système est organisé internationalement avec des filières, des réseaux et des complaisances de toutes sortes. Les dealers de cage d’escalier sont en bout de chaîne.

Un quartier populaire, c’est la concentration de la pauvreté urbaine. Les mafias se développent là où il y a de l’hyper-pauvreté.

Une pauvreté, un sentiment d’abandon, de discrimination, de relégation réelle ou vécu comme telle, favorisent cette situation.

Les mensonges au sujet des quartiers populaires :

Les Français n’aiment pas trop les quartiers populaires. Il reste dans notre pays une forte présence colonialiste. Notre Président parle de « décivilisation ».

Les mots politiques posés sur ces territoires sont « les sauvageons » à l’époque de Chevènement, les « zones de non droit », la « recivilisation » préconisée par l’extrême droite.

Des résistances sont à mettre en place. Les quartiers populaires représentent six millions d’habitants. Ce sont les territoires les plus jeunes de France. L’avenir se joue là pour notre pays. Soit on fait avec eux pour le mieux, soit on fait sans pour le pire.

Des propos séparatistes sont très clairement énoncés de la part des élites politiques françaises. Il y a moins d’école, moins de police et moins de justice en Seine-Saint-Denis qu’ailleurs en France. Les politiques prioritaires n’arrivent même pas à compenser l’écart avec ce que tout le monde a sur le reste du territoire. C’est cela le mensonge français.

Quinze millions de Français sont regroupés dans les quartiers populaires, dans la ruralité délaissée, dans les bassins de reconversion industrielle et dans les territoires d’outre-mer. Il y a un vrai besoin d’équité. Ce sont des territoires où il y a moins de services publics, les premiers déserts médicaux et un chômage tellement endémique qu’il sévit de génération en génération.

Il ne faut pas tomber dans le piège du Rassemblement National qui oppose le « belle ruralité » aux « sauvages des quartiers populaires ».

Nous avons le devoir de briser ces oppositions qui sont un danger pour notre République et pour notre nation.

Le budget total de l’État, c’est 600 milliards d’euros. La politique de la ville, c’est 600 millions d’euros.

La rénovation urbaine dans les quartiers populaires est d’abord payée par les salariés avec le 1% logement et avec une toute petite partie du loyer des locataires du logement social.

La question de la mixité sociale constitue un autre mensonge. En France, nous commençons à être les champions de la ségrégation urbaine, de la ségrégation spatiale et de la ségrégation sociale.

De nombreux maires contournent la loi Gayssot en préférant payer une amende plutôt que de construire des logements sociaux dans leur ville.

Il y a aussi une grande concurrence entre les maires en ce qui concerne les attributions de logements.

Il y a les stratégies d’évitement qui empêchent l’ascension sociale, le rapprochement de son travail et qui produisent dans notre pays une discrimination une ségrégation organisée.

Un quartier populaire est un quartier extrêmement jeune, très divers avec des solidarités puissantes et des fonctionnaires extraordinaires souvent sur-engagés.

C’est une concentration de la pauvreté, et un problème d’accès aux droits.

Il n’y a plus de promesse républicaine parce que notre République est libérale et bourgeoise.

La jeunesse des quartiers populaires est pourtant une solution pour notre pays. Les quartiers populaires subissent des inégalités de traitement incroyables.

La dépense publique est un investissement d’avenir.

Nous devons créer un nouveau récit politique sur les quartiers populaires.

On a besoin d’un nouveau pacte social et d’une nouvelle orientation politico-économique. On a aussi besoin d’une nouvelle constitution plus démocratique avec une nouvelle stratégie d’aménagement du territoire.

La question de la réconciliation nationale est très importante au niveau des quartiers populaires.

À suivre…

Strasbourg, août 2023 (2)

Après les Karellis en Savoie, Aix-en Provence, Angers, c’est à Strasbourg, pour la deuxième fois, que les communistes se sont retrouvé·e·s pour leur université d’été. Un bon millier de cocos rassemblé·e·s le temps d’un week-end !

On y était, comme déjà souvent lors des éditions précédentes. Nous apprécions ce rendez-vous, politique bien sûr, mais qui est  aussi un moment culturel, scientifique, littéraire, historique, artistique, international… convivial et festif !

Voici très modestement quelques échos de l’Université, en plusieurs billets, tant le sujet est riche.

Université du PCF – 2023 – Strasbourg

Débat : Mieux connaître le FN pour mieux le combattre

Mieux connaître le FN pour mieux le combattre par Gérard Streiff, journaliste, essayiste et romancier français. Gérard Streiff a été directeur de collection. Ses romans documentés le classent dans la catégorie des historiens fictionnels. Il a travaillé au secteur international du PCF auprès de Jean Kanapa (1973-1981), a été correspondant à Moscou du quotidien L’Humanité (1982-1986). Depuis 1994, Gérard Streiff travaille au département communication du PCF. Il est l’auteur d’une thèse sur Jean Kanapa.

1 – Rappel du contexte dans lequel prospère le FN

Le FN prospère car la crise prospère. Le FN est un fruit de la crise. Tout ce qui combat la crise, combat le FN. Il faut donc régler son compte à la crise. C’est aussi cela la justesse du combat du PCF.

Le FN prospère sur l’idée qu’il n’y aurait plus de droite et de gauche. C’est sa posture et son slogan : « ni de droite, ni de gauche ! ». L’opinion se considérant elle-même qu’elle n’est ni de droite ni de gauche, il est devenu facile pour le FN de s’intégrer.

Mais la droitisation de la société est bel et bien là. Et les idées de droite et de gauche continuent de se confronter.

En 2023, les gens, sont-ils plus racistes qu’avant ? Pas forcément ! Ils sont surtout plus décomplexés qu’avant.

Le FN surfe sur le recul du collectif. Avec comme illustration, des actes pseudo spontanés, comme l’appel au versement à des cagnottes au début de l’été, au policier impliqué dans la mort de Nahel à Nanterre. Le FN profite de l’avancée de la progression des idées et des postures d’’extrême-droite dans les médias (cf. le groupe Bolloré et ses médias).

Le FN profite de la crise morale accentuée par le confinement. Les gens qui se sont retrouvés confrontés à eux-mêmes. Ils ont été contre tout : contre les vaccins, contre le port du masque, etc.

2 – Une classe dominante de plus en plus arrogante

Une étude a été faite auprès des jeunes Français qui sont allés cet été aux Journées Mondiales de la Jeunesse (les JMJ) : ils viennent de plus en plus des classes aisées. Ils ne sont plus concernés par des grandes causes sociales. C’en est fini de l’esprit de « Témoignage chrétien ». Ils installent leur identité de cossus.

La progression du FN en France, s’inscrit dans la poussée internationale de l’extrême-droite.

On le voit avec Georgia Meloni en Italie, qui maintenant se conforme aux attendus européens en matière de politique budgétaire, alors qu’avant son élection, elle se présentait comme la petite sœur des pauvres.

Le chercheur et sociologue Jean-Yves Camus (spécialiste de l’extrême-droite française et des groupes radicaux islamistes, il est chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques -IRIS) analyse que l’extrême-droite n’est pas solidaire. Elle est associée au racisme, au nationalisme, aux démarches d’exclusion : en gros, « C’est nous contre les autres ». Elle surfe sur la théorie du complot, qui lui permet d’expliquer le monde.

Le FN s’ancre depuis 1984 sur les sentiments de déclassement et d’abandon.

Le FN se distingue de Zemmour qui dit « Vive la droite », et « la vraie droite c’est moi ». Qui fait ses meilleurs scores dans le XVI ième arrondissement. Il a une cible sociologique différente que le RN. Mais il commence à recruter parmi la jeunesse dorée.

Dans la posture ni Droite ni Gauche, le RN n’est pas seul. D’autres ont aussi cette stratégie qui oppose le bloc populaire à un bloc bourgeois [cela a été repris par Roger Martelli dans son dernier livre]. On s’oppose frontalement à l’élite. Comme par exemple, LFI. Ce qui banalise le FN au final.

Mais au fait, c’est quoi l’élite ? On est contre les gens des villes et pour les gens des campagnes ? On oppose les uns aux autres. On biaise le débat au final. Pour le PCF, nous ne sommes pas dans cette stratégie-ci : Soyons élitaires pour tous ! C’est un beau mot d’ordre.

3 – Bilan du groupe RN à l’Assemblée Nationale : le « catcheur huilé »

Le RN est fort de 89 députés. Moins un qui a quitté le groupe depuis juin 2022. Parmi eux : 33% de femmes. L’âge moyen est de 48 ans.

Contrairement à l’image qu’ils veulent donner, les élus de ce groupe n’ont pas une origine populaire. La plupart viennent du secteur privé. Ce sont des cadres en majorité. Voire des CSP +. Il y a par exemple 15 avocats parmi eux.

Quand il y a un différend entre eux, c’est souvent celui qui a la fonction la plus élevée socialement qui l’emporte.

Leur propagande dit qu’ils viennent de la base. Qu’il s’agit de jeunes arrivants aux responsabilités. Ils disent ne rien savoir de l’histoire du FN. Ce qui est souvent faux.

Ils ne sont pas arrivés à l’Assemblée par hasard, sans origine : parmi eux, on compte beaucoup d’ex-permanents du parti.

Hormis J.Bardella, l’actuel chef du parti, tout le bureau politique du RN est dans le groupe représenté à l’Assemblée Nationale.

Beaucoup sont des fils ou filles de responsables de l’extrême-droite.

Ils ont fait leur trou dans les institutions. Il y a beaucoup de gens d’extrême-droite dans les places de la République.

Beaucoup sont libéraux. Sur le débat sur les retraites, beaucoup ont été des faux culs. Le paradoxe, c’est que le RN et Marine Le Pen sortent dans les sondages parmi ceux qui ont le plus profité du mouvement contre la réforme des retraites.

C’est notamment parce que le RN a usé de la technique dite du « catcheur huilé ». On ne peut pas les saisir. Mise à part quelques positions très tranchées, comme Sébastien Chenu, vice-président RN de l’Assemblée nationale : « Moi, je préfère qu’on fabrique des travailleurs français plutôt qu’on les importe ». Ils ont été extrêmement prudents dans leurs positions. La démographie a ainsi été l’un des axes de l’argumentaire RN dans ce débat sur les retraites. Peu de Français savent que concernant la retraite à 60 ans, le RN n’y est favorable que pour les Français ayant 40 annuités et entrés dans la vie active avant 20 ans. Pour les autres, c’est la retraite entre 60 et 62 ans pour les Français entrés dans la vie active entre 20 ans et 24,5 ans, et le maintien de l’existant au-delà de 25 ans. On est donc loin du retour à l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans pour toutes et tous.

Lire ici : le RN et la réforme des retraites

C’est très difficile de saisir un adversaire comme cela.

4 – Où en est ce parti ?

Cette formation s’est dé-diabolisée.

Jérôme Sainte-Marie, qui est un ex-patron d’institut de sondage, joue un rôle important dans l’évolution de l’image du parti.

Ce qui explique que les « gens d’argent » vont prendre contact avec le FN, pour envisager des passerelles, au cas où il arriverait au pouvoir.

Il a moins de mal à présenter des candidats partout.

Avec son résultat aux législatives, le parti a eu une grosse rentrée d’argent, alors qu’il avait des difficultés financières. Il est de plus attentif à la formation de ses élus : le RN a recommencé des écoles de formation.

Il en a fini avec les jeux de mots Durafour-crématoire. Il s’affiche maintenant comme étant un grand ami d’Israël. D’ailleurs c’est le RN qui a été le plus offensif à l’Assemblée quand le PCF en juin a voulu que l’Assemblée Nationale assimile Israël à un état d’apartheid.

Mais quelques fondamentaux sont toujours là.

FN et RN ont toujours le même logo.

Le RN a des députés cools. Mais ce sont toujours des nostalgiques de l’OAS (cf. la prise de position de leur doyen à la tribune de l’Assemblée.) Ils sont toujours anti-communistes.

Quand on va sur le site du RN, le programme est décliné en trois points :

1 – Contre l’Immigration

2 – Contre l’Islam

3 – Pour la Sécurité

Cela résume bien la carte d’identité de ce groupe.

C’est le FN qui a ouvert le débat sur l’anti-wokisme en France. Le FN est subjugué par ce discours.

Il est très critique vis-à-vis du discours concernant la domination de classes, de sexes, de racisés.

En résumé, c’est le parti du retour en arrière.

Le RN est un parti féministe ! Le groupe s’est divisé sur le débat sur la constitutionnalisation de l’IVG. Sa position contre a évolué. D’ailleurs M. Le Pen s’est retirée de l’Assemblée nationale lors du vote, pour ne pas froisser, avec sa position, les électeurs historiques du FN.

5 – Le RN et l’écologie

Le RN va probablement prendre l’offensive sur l’écologie. C’est là où on ne l’ attend pas.

On le doit à Hervé Juvin, député Européen FN qui a rédigé un discours sur l’environnement prononcé par Marine Le Pen en janvier 2017. Ses déboires en justice, ont arrêté son élan. Mais le RN a commencé à travailler sur l’écologie. C’est Andréa Kotarak le nouveau responsable du secteur : « Pour une écologie qui est pour l’humain ». Avec comme leitmotiv : ne pas bousculer nos habitudes. C’est ce qu’ils appellent « l’agrarisme » : la ruralité contre les citadins, sous-entendu les bobos.

[Le monde rural serait celui du pays réel – comme disait Maurras-, celui de l’authenticité, du concret, de l’origine, des vraies valeurs, du travail et de la constance. Le monde citadin serait celui de la superficialité, du déracinement, du hors sol, du progressisme déconnecté. Ndlr] 

C’est encore diviser les gens en fait !

Le RN va mettre en avant le « technicisme » : le GIEC est ultra pessimiste. Or, la technique va nous permettre de sortir du réchauffement climatique. Il s’agit d’un argument totalement débile. Mais ce discours peut rassembler à droite.

Par ailleurs, le groupe RN a voté avec la droite contre le texte « restauration de la nature » au Parlement européen, au motif qu’ils sont contre le zéro artificialisation nette (contre la ZAN).

6 – Les possédants prennent contact avec le RN :

Le RN réunit près de 50% des ouvriers et 75% des chômeurs aux différents scrutins.

Maintenant que l’hypothèse du RN au pouvoir est posée, le capital prend au sérieux l’extrême-droite. Il y a quelques années, une Le Pen avait été invitée à l’université d’été du Medef, cela a fait un scandale.

Depuis, cela a changé. Sébastien Chenu, vice-président RN de l’assemblée a lors débat sur l’inflation noué des liens avec des « gros » de l’alimentaire. M. Chenu est « poto » avec M.E Leclerc..

Mario Draghi serait le conseiller de Georgia Meloni.

Sophie de Menthon, du mouvement patronal Ethic, pour qui l’État c’est d’abord le régalien, organise des rencontres avec Marine Le Pen depuis 2017.

Selon la revue Causeur du 31 janv 2022, le 27 janvier 2022, le grand patronat et M. Le Pen se sont vus au cercle Interallié. Le RN fait sa mue. Fini l’idéologie.

On a vu dans un grand restaurant du 7è arrondissement, le Fitzgerald, l’état-major du FN et des patrons.

De nouveau, on dit, « ils font des progrès ». Cela était tabou il y a quelques années ces rencontres avec le FN… Le regard des patrons sur le RN évolue. Et quand on décortique le programme économique du RN, le patronat peut s’y retrouver. Fini la promesse de faire évoluer le statut des fonctionnaires, pour y intégrer les contractuels. Fini les augmentations de salaire.

Les fachos portent la cravate mais ils montrent qu’ils seront de bons capitalistes.

En conclusion, le RN est servi par une sorte de fatalisme. Et les idées réac marquent des points.

Compte-rendu et photos : Stéphane Bauer

À suivre, d’autres échos de l’Université d’été du PCF

Strasbourg, août 2023 (1)

Après les Karellis en Savoie, Aix-en Provence, Angers, c’est à Strasbourg, pour la deuxième fois, que les communistes se sont retrouvé·e·s pour leur université d’été. Un bon millier de cocos rassemblé·e·s le temps d’un week-end !

On y était, comme déjà souvent lors des éditions précédentes. Nous apprécions ce rendez-vous, politique bien sûr, mais qui est  aussi un moment culturel, scientifique, littéraire, historique, artistique, international… convivial et festif !

Voici très modestement quelques échos de l’Université, en plusieurs billets, tant le sujet est riche.

Un mot tout d’abord sur la ville de Strasbourg. Ce fut une belle découverte pour nous que cette superbe cité alsacienne, où les transports collectifs et les modes de déplacements doux ont une si belle place ! En sortant de la gare, c’est un vrai choc que de découvrir les centaines de vélos garés à proximité. La démonstration, mais on n’en doutait pas, que lorsque des aménagements adéquats sont réalisés, nombre d’habitants choisissent de se déplacer en vélo. Les Gratiennois sont-ils  différents des Strasbourgeois ? Certainement non ! Ce qui a été réalisé à Strasbourg est possible ailleurs.

Très peu de circulation automobile en ce week-end, et donc une atmosphère paisible et des rues piétonnes très agréables à arpenter, même si notre temps de promenade a été assez réduit ! Se déplacer dans Strasbourg est particulièrement facile grâce à sept lignes de tramway, qui à un tarif modique, sillonnent à une bonne fréquence tous les quartiers de la ville, sa banlieue et peuvent même vous emmener jusqu’en Allemagne ! Un transport très emprunté par les habitants à toute heure de la journée. Logés assez loin du lieu des ateliers, nous avons pu grâce au tram relier la fac et la résidence universitaire en un temps record matin et soir. Ceci nous conforte dans l’idée que le tramway est un extraordinaire moyen de transport pour nos villes, et qu’il nous faut continuer à réclamer à nos élus d’œuvrer pour que les lignes de tram qui s’arrêtent aux portes de notre ville, que ce soit à Épinay ou Argenteuil, soient prolongées jusqu’à Saint Gratien. Premier enseignement, inattendu, de l’université 2023 !Revenons sur l’événement lui-même. L’Université d’été, c’est trois jours de rencontres avec des militant·e·s et sympathisant·e·s du PCF de tous âges venu·e·s de toute la France, des responsables du PCF et des élu·e·s communistes, des intervenant·e·s divers·e·s, chercheurs et chercheuses, universitaires, journalistes, spécialistes pour confronter savoirs, expériences, initiatives et propositions. Des débats, échanges, exposés sur tous les grands sujets d’actualité politique en France et dans le monde. Un moment de réflexion et d’approfondissement que nous avons rarement dans le cours de l’année, pour connaître, comprendre, échanger des expériences pour mieux agir…

Pratiquement il faut une très bonne organisation pour préparer les ateliers et prévoir les intervenant·e·s, recevoir, nourrir, héberger le millier de participant·e·s : c’est rodé et ça fonctionne sans ratés, merci au directeur de l’Université, Guillaume Roubaud-Quashie et aux militant·e·s mobilisé·e·s pour l’occasion.  

Changement climatique, désordres du monde et paix, mobilisations sociales et crise démocratique étaient particulièrement au menu de cette édition 2023.

À l’Université d’été, on a pu cette année se former à la communication digitale et à la prise de parole en public ; débattre du droit au logement avec Ian Brossat, maire-adjoint de Paris ; passer les frontières pour s’informer de la situation en Palestine, en Autriche, au Congo, à Cuba avec André Chassaigne ou des enjeux du parlement européen ; écouter Philippe Rio, le meilleur maire du monde, sur l’urgence de République ; s’intéresser à notre organisation politique, son renforcement, son histoire, la place qu’on y donne aux femmes ; approfondir les questions de transition énergétique, en planchant sur les zones à faibles émissions, la place de l’écologie dans le monde du travail, dans l’agriculture ou dans l’industrie, ou bien encore fouiller les travaux du GIEC avec un climatologue ; se pencher sur les politiques migratoires avec un historien ou un acteur majeur de la solidarité ; réfléchir sur les questions de paix face aux désordres du monde avec Francis Wurtz et Hubert Védrine ; participer au travail des élu·e·s sur leur campus et s’interroger sur les relations police-population, les services publics, les quartiers populaires… et enfin assister à un meeting de Fabien Roussel, accompagné de travailleurs de l’usine de Clestra d’Illkirch, en lutte depuis des semaines, ou au discours de clôture avec Léon Desffontaines, chef de file des communistes pour les élections européennes de juin 2024.

Le choix est souvent difficile entre toutes ces offres… et évidemment nous n’avons pas tout vu.

Photos S.B./I.V.

À suivre…

Pour la vérité et la justice

Pour la vérité et la justice pour Nahel, contre toutes les violences, unissons-nous !

Déclaration du Conseil national du PCF

Mardi dernier, à Nanterre dans les Hauts-de-Seine, un contrôle routier opéré par deux policiers a débouché sur la mort de Nahel, tué par un tir au thorax de l’un d’eux.

Face à ce décès d’un jeune de 17 ans, l’émotion des communistes du pays est immense. Nous adressons nos condoléances à la famille et aux proches de la victime. Nous saluons la mobilisation massive, digne et sereine, de jeudi dernier à Nanterre et apportons notre soutien au maire, Patrick Jarry et à toute l’équipe municipale.

Après les premières auditions, le policier auteur du tir a été mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention préventive. Nous appelons à ce que toute la lumière soit faite sur le contrôle et le tir meurtrier du policier dans les meilleurs délais pour que la justice soit rendue.

Un refus d’obtempérer ne doit pas entraîner la mort ! La loi de 2017, qui élargit la possibilité d’utilisation de leur arme par les agents de police, doit être abrogée. Les parlementaires communistes avaient voté contre en dénonçant les dérives possibles. Les actes et propos racistes, pointés par le Haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, à l’encontre de jeunes par certains policiers doivent être sévèrement sanctionnés. Le débat public doit s’ouvrir pour engager au plus vite une politique progressiste, de proximité, pour la tranquillité publique avec une police républicaine proche des citoyens, au service de leurs attentes et de leurs besoins.

Sur la sécurité, comme sur l’ensemble des politiques publiques, des millions d’habitantes et d’habitants, de jeunes, de salarié·es, sont abandonnés par la République et n’ont pas droit au respect, à la dignité, à la justice, à un logement décent, à une éducation, à la culture et aux loisirs, et un emploi de qualité.

Cette situation n’est plus supportable ! Elle est le résultat de décennies de politiques néolibérales, au service du capital et au détriment des travailleuses et travailleurs du pays, et de discriminations.

Le PCF soutient « l’appel pour la jeunesse populaire » porté par plusieurs syndicats et associations exigeant « un plan ambitieux » pour répondre à l’ensemble des problèmes auxquels elle est confronté.

Le PCF appelle à un Grenelle pour l’égalité des territoires et contre toutes les discriminations, rassemblant tous les acteurs et actrices des communes et quartiers concernés, pour qu’enfin une politique à la hauteur des enjeux soit décidée et mise en œuvre avec eux.

Nous présenterons mardi 4 juillet les premières propositions que nous mettons en débat, comprenant :

  • Une politique progressiste de proximité de tranquillité publique.
  • Un plan pour l’égalité républicaine pour tou·tes les habitant·es par le retour des services publics dans toutes nos communes.
  • Un pacte pour la jeunesse qui engage la nation sur des enjeux majeurs tels que l’éducation, le travail et l’emploi, les politiques sociales.

Nous partageons la colère de toutes celles et ceux qui ont vu les images terribles du contrôle et du tir diffusées sur les réseaux sociaux.

Elle appelle une mobilisation puissante et pacifique pour obtenir la vérité et la justice pour Nahel.

Elle ne peut en aucun cas légitimer les violences de ces derniers jours !

Nous condamnons fermement toutes les violences contre les personnes et les biens, les tirs de mortiers et de cocktails Molotov, qui ont bouleversé la vie de milliers d’habitantes et d’habitants de quartiers populaires, et les pillages des commerces.

La dégradation des mairies et du mobilier urbain de nos communes, des écoles de nos enfants et d’autres services publics, des équipements associatifs (maison de quartier, centre social…), des commissariats de nos quartiers, des voitures personnelles de salarié·es, pénalisent gravement les familles directement touchées et l’ensemble de la population.

Les auteurs de ces délits doivent être arrêtés et traduits en justice.

Non seulement ces violences ne servent en rien la vérité et la justice, mais l’on voit comment aujourd’hui elles sont utilisées par les forces réactionnaires, au pouvoir, à droite et à l’extrême droite, pour stigmatiser des quartiers entiers qualifiés par certains « d’enclaves étrangères » alors qu’ils sont, comme tous les territoires, une part de la France, de ses richesses, de sa force ; considérer comme délinquants l’ensemble des jeunes quand seuls quelques-uns dégradent, saccagent, pillent au détriment de tous ; réduire la vie de ces quartiers à la seule manifestation de la violence ; ou encore semer les germes de la guerre civile, comme l’ont récemment fait deux syndicats de policiers, déclaration aux accents séditieux qui doit déboucher sur des sanctions. Nous sommes opposés aux interdictions de manifestations, qui ne visent pas la fin des violences, mais un coup d’arrêt au mouvement social, ainsi qu’au recours à l’État d’urgence qui loin de mettre fin aux tensions actuelles, les attisera.

Le PCF apporte son soutien et sa solidarité à l’ensemble des habitant·es touché·es par les violences, aux familles pénalisées par la destruction des services, aux secours, aux fonctionnaires de police et à tou·tes les bénévoles des associations, les agents publics et élu·es locaux mobilisés pour protéger et répondre aux demandes de la population.

L’heure est à garantir la sécurité de nos concitoyen·nes et à répondre aux besoins sociaux des habitantes et des habitants.

L’heure est à la République partout et pour toutes et tous. Une République avec un développement massif de ses services publics qui en garantissent l’effectivité de ses principes : Liberté, Égalité, Fraternité.

Pour la vérité et la justice pour Nahel, contre toutes les violences, unissons-nous !

Parti communiste français.

Paris, le 1er juillet 2023.

 

Un espoir

Comment caractériser la situation politique actuelle et quel horizon politique au-delà du retrait de la réforme ?

Ian Brossat, porte-parole du PCF, s’exprime sur le sujet dans le magazine « Regards ». C’est à lire ci-dessous. Les photos sont du blog (merci à S.B.).

Rude exercice que celui qui consiste à dresser aujourd’hui le bilan des trois mois intenses qui viennent de s’écouler. Pour au moins deux raisons. D’abord, parce que la bataille des retraites n’est pas terminée, n’en déplaise au président de la République qui voudrait refermer cette « séquence » comme on termine la première saison d’une série. La mobilisation se poursuit, elle prend des formes nouvelles avec les « casserolades », les manifestations de colère qui accompagnent toutes les sorties publiques des figures de la Macronie…

Ensuite, la situation est difficile à résumer précisément parce qu’elle est traversée de contradictions multiples. D’une part, une intersyndicale unie, des mobilisations gigantesques rassemblant des millions des travailleurs, des grèves massives – malgré le sacrifice que représente une journée de salaire perdue dans cette période d’inflation galopante – et surtout le soutien constant et encore inentamé des Français. Tout cela est bel et bien réel. Nous ne l’avons pas rêvé. Nous l’avons fait. Collectivement.

D’autre part, un gouvernement qui a choisi jusqu’à présent de rester droit dans ses bottes, balayant d’un revers de main la colère populaire. Il a usé de tous les outils les plus autoritaires qui sont à sa disposition : du 49.3 à la répression policière sur les manifestants en passant par les maires mis à l’index par les préfets pour avoir osé afficher leur soutien à la grève sur le fronton de leur mairie. En conclure que la mobilisation a été un échec serait trop rapide. Parce que la France n’est plus tout à fait la même à l’issue de ces trois mois. Les idées de justice et de solidarité ont gagné du terrain. Pour le dire en quelques mots : ils ont d’ores et déjà perdu. Nous n’avons pas encore gagné.

C’est donc cette perspective de victoire qui doit nous occuper. Gagner sur les retraites et conquérir le pouvoir demain. La question est d’autant plus vive que nous ne sommes pas seuls dans ce combat face à la Macronie. L’extrême droite attend son heure. Et elle sait que la colère sans espoir, c’est de l’or en barre pour elle. C’est donc à nous – à la gauche dans sa diversité – qu’il revient de redonner de l’espoir.

De ce point de vue, l’intersyndicale a assurément beaucoup à nous apprendre. Sur trois points au moins.

  • Premièrement, par sa capacité à faire l’union sans écraser personne, à bâtir l’unité dans le respect de chacune de ses composante. Et pourtant, ce ne sont pas les différences qui manquent.
  • Deuxièmement, par sa capacité à mobiliser massivement dans les sous-préfectures autant que dans les grandes métropoles.
  • Troisièmement, en faisant la démonstration qu’il est possible de rassembler une très large majorité de notre peuple autour des enjeux du travail : sa place dans nos vies, sa rémunération, son sens…

Nous rassemblons aujourd’hui un Français sur quatre. C’est le score de la Nupes aux dernières législatives. C’est celui qu’on nous prête si des élections avaient lieu demain. L’intersyndicale, elle, rassemble trois Français sur quatre. C’est dire que nous avons une marge de progression conséquente.

J’ajouterais un élément. La victoire, cela suppose la capacité à rassembler une majorité. Les institutions actuelles font que les élections présidentielle et législatives sont des scrutins à deux tours. Chacun le sait – et cela peut relever de l’évidence – mais j’y insiste. Car l’enjeu n’est pas seulement d’arriver au second tour, mais de le gagner. Longtemps, les duels face à l’extrême droite étaient quasi systématiquement couronnés de victoire. Les dernières législatives l’ont prouvé : ce n’est plus le cas. La qualification au second tour est une condition nécessaire de la victoire, mais pas suffisante. Il nous faut donc montrer dès le premier tour un visage suffisamment rassembleur pour être capables de gagner au second.

De tout cela, parlons ensemble. Débattons. Sans caricatures ni faux semblants. C’est ainsi que nous avancerons ensemble et que nous créerons les conditions des victoires d’aujourd’hui et de demain.

1er mai

1er mai 2023

Journée d’action et de mobilisation internationale pour les droits des travailleuses et travailleurs, le progrès social, la paix et la solidarité.

Les communistes de Saint Gratien commenceront la journée par une initiative essentielle pour le financement de l’activité du PCF : la vente du muguet !

Retrouvez-nous lundi matin dès 9 heures place du Forum et au centre commercial des Raguenets à partir de 10 heures.

L’occasion bien sûr de discussions et d’échanges, dans cette période de colère sociale et de mobilisations partout dans le pays contre la « réforme » des retraites.

L’après-midi nous rejoindrons la manifestation parisienne et serons avec les syndicats pour un grand 1er mai ! Retrait de la « réforme » et retraite à 60 ans, augmentations des salaires, défense et développement des services publics, moyens pour la transition écologique, respect de la démocratie… les casseroles n’ont pas fini de retentir !    

Marseille

Article actualisé avec de nouvelles photos

Les communistes tiennent à Marseille leur 39è Congrès durant ce long week-end.

Au menu des échanges des 700 délégué·e·s et des amendements des textes d’orientation, l’analyse de cette crise sociale et démocratique inédite que connaît le pays, la crise écologique, la stratégie d’alliances du PCF et ses relations avec les autres forces de gauche, le désordre mondial et ses conflits multiples…

De nombreux·ses invité·e·s sont aussi attendu·e·s car pas question de rester entre soi, particulièrement quand on prône un nouveau « Front populaire » pour ouvrir la voie à des « jours heureux » !

Photos de nos envoyé·e·s spéciaux·ales en presque direct du Palais du Pharo, et d’autres échanges à lire dans les commentaires, au fur et à mesure de ces trois jours

Interventions du représentant de « Die Linke », du maire de Marseille, de l’ambassadeur de Cuba, de l’ambassadrice de Palestine, de Marie-Noëlle Lienemann à retrouver en images ci-dessous

Suivre ici le déroulement du Congrès

Merci à S.B. de ses envois !

1er mai 2022

« Fidèles au poste ! » avons-nous souvent entendu hier 1er mai aux abords de nos étals d’un jour !

Fleuristes occasionnel.le.s, mais surtout engagé.e.s pour assurer à notre organisation les moyens de son activité. Pour plus des deux tiers, les ressources financières du PCF sont constituées des cotisations des adhérent.e.s, de la contribution de ses élu.e.s et des dons des personnes physiques.

La vente du muguet est donc une initiative financière importante pour nous, mais c’est aussi l’occasion de rencontres et d’échanges avec les Gratiennois.e.s. Ce 1er mai 2022, les discussions étaient centrées sur le rassemblement à gauche, que tou.tes espèrent voir prendre forme, dans le respect des particularités de chaque formation. Un levier essentiel pour construire une riposte aux politiques libérales, et pourquoi pas… bâtir une majorité à l’Assemblée ! Demain étant l’anniversaire du Front populaire… tous les espoirs sont permis de voir cet accord aboutir entre la France Insoumise, EELV (c’est fait depuis dimanche), le PCF et le PS.

En attendant, le débat n’a pas empêché toutes nos clochettes de trouver preneur avant midi. Malgré l’inflation galopante sur le prix du muguet, nous avons écoulé davantage que l’an dernier.

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont participé à organiser cette matinée !

Merci à toutes celles et ceux qui nous ont soutenu.e.s et encouragé.e.s par leurs achats !