Le logement n’est pas une simple marchandise

« Gabriel Attal insulte la mémoire de l’abbé Pierre en attaquant la loi SRU » 

À l’occasion du 70è anniversaire de l’appel de l’abbé Pierre contre le mal-logement, le sénateur communiste Ian Brossat dénonce dans une tribune les récentes prises de position de Gabriel Attal.

La Fondation Abbé Pierre publie également aujourd’hui même son rapport sur l’état du mal logement en France. On y revient.

Faire appliquer la loi SRU, c’était l’ultime combat de l’abbé Pierre en 2006, juste avant sa mort. 70 ans après son appel du 1er février 1954, Gabriel Attal a annoncé remettre en cause la loi SRU en incorporant dans le calcul du taux les logements intermédiaires. Cette décision est une insulte à la mémoire l’abbé Pierre.

La loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) est l’acte législatif majeur du début du siècle. Elle a été adoptée à l’initiative du ministre communiste du logement Jean-Claude Gayssot et nous célébrions en décembre son 23e anniversaire.

En imposant avec ce texte aux communes une proportion minimale de logements sociaux sur leur territoire, la gauche au pouvoir a changé de nombreuses vies. Sa mise en œuvre a permis des investissements de grande ampleur en faveur du logement abordable notamment dans les zones tendues. Ainsi, à Paris le nombre de logements sociaux est passé de 150 000 en 2001 (13 %) à 275 000 en 2023 (25 %).

Malgré les premières contestations, l’obligation de produire du logement social est largement acceptée. Ces combats sont devenus majoritaires.

Comment vouloir le contraire quand la France compte 330 000 sans-abri, que 3000 enfants dorment dehors tous les soirs, que le nombre de ménages en attente d’un logement social n’a jamais été aussi élevé (2,42 millions) et que l’accès à la propriété pour les classes moyennes n’a jamais été aussi faible et inégalitaire socialement ?

Pourtant, le Premier ministre a annoncé lors de sa déclaration de politique générale une attaque inédite contre l’article 55 de la loi SRU, en amoindrissant ses exigences. Intégrer les logements intermédiaires dans la loi SRU met fin à l’obligation de construire du logement social.

Cette proposition, qui ne réglera en rien le retard pris pour la construction du logement social, va renforcer les ségrégations territoriales en fragilisant le respect de la loi SRU au lieu d’accroître la pression sur les communes hors la loi, carencées en logements sociaux. C’est un cadeau fait aux maires réticents puisqu’ils amélioreront leurs chiffres sans faire d’efforts sur ce même logement social.

Cette décision ne va pas augmenter la quantité de logements intermédiaires. Elle va juste, par effet d’aubaine, diminuer la production de logements sociaux. Bon nombre de maires voyous vont voir leur situation « régularisée » par cette réforme. Elle va leur faciliter la tâche, sapant ainsi l’ordre républicain. Changer la norme contraignante sur le logement social au lieu de la respecter n’est pas la voie à suivre.

Cette annonce, aussi honteuse qu’irresponsable, est un affront pour les préfets et les nombreux maires respectant la loi SRU depuis deux décennies, ainsi qu’une trahison envers les Français modestes.

La loi SRU équilibre la production de logements sociaux, elle met fin aux ghettos de riches, à l’entre-soi de l’argent.

La moitié des communes concernées n’appliquent pas la loi SRU ? Ce n’est pas grave, Gabriel Attal trifouille la loi pour préserver l’entre-soi bourgeois. Rachida Dati, maire de l’arrondissement parisien qui compte le moins de logements sociaux fustigeait d’ailleurs à son tour ce mercredi sur France Inter la loi SRU. Elle irait contre « la mixité sociale » et concentrerait « les difficultés aux mêmes endroits ».

Or, cette loi permet justement l’inverse. Elle équilibre la production de logements sociaux, elle met fin aux ghettos de riches, à l’entre-soi de l’argent qui persuade certains qu’ils peuvent échapper à toute règle de solidarité sociale. Surtout, refuser de construire du logement social revient à refuser de loger ceux qui font tourner nos territoires.

Le Premier ministre fait le choix d’une réforme inopportune alors que rien n’est proposé pour accélérer la production de logements sociaux. Le soutien au logement intermédiaire ne répond pas aux besoins de la majorité des classes moyennes. Aujourd’hui, seuls 3 % des ménages en attente de logement social y sont éligibles compte tenu de leurs ressources.

Encore une fois, les 2,6 millions de demandeurs de logements sociaux sont la variable d’ajustement d’une politique de désengagement de l’État.

Pour contrer la pénurie de logements, il est essentiel de renverser la logique libérale. Le logement n’est pas une simple marchandise. Il doit être une priorité budgétaire de l’État et des collectivités. En unissant nos forces, nous pouvons préserver l’héritage de l’abbé Pierre et construire un avenir où le logement décent est un droit pour tous.

Strasbourg, août 2023 (5)

Après les Karellis en Savoie, Aix-en Provence, Angers, c’est à Strasbourg, pour la deuxième fois, que les communistes se sont retrouvé·e·s pour leur université d’été. Un bon millier de cocos rassemblé·e·s le temps d’un week-end !

On y était, comme déjà souvent lors des éditions précédentes. Nous apprécions ce rendez-vous, politique bien sûr, mais qui est  aussi un moment culturel, scientifique, littéraire, historique, artistique, international… convivial et festif !

Voici très modestement quelques échos de l’Université, en plusieurs billets, tant le sujet est riche.

Faut-il limiter le droit à la propriété pour garantir le droit au logement ?

C’est le titre un peu provocateur de l’atelier proposé à l’Université d’été du PCF par Ian Brossat*, adjoint à la maire de Paris, en charge du logement, de l’hébergement d’urgence et de la protection des réfugiés. En voici les principaux enseignements.

Les discours médiatiques dominants nous disent que le droit de propriété serait en permanence menacé. Ce qui a débouché sur le vote de la loi « Kasbarian » dite loi « anti-squat ». En fait, la France a sacralisé le droit de propriété, qui figure comme un droit absolu et constitutionnel dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. C’est un choix politique, qui mérite d’être questionné si on veut défendre le droit au logement.

La loi interdit le squat qui remet en cause le droit de propriété. Il faut attendre 1990 pour que le droit au logement soit inscrit dans la loi, c’est la loi Besson. Toutefois cela reste un objectif ! Dans notre droit, il y a donc aujourd’hui une hiérarchie qui place le droit de propriété avant le droit au logement.

Qu’est-ce que cela produit concrètement ? Une situation massive de mal-logement et de difficultés à se loger dans notre pays. Cela ne concerne pas que les gens qui sont à la rue ! Les difficultés de logement concernent une partie énorme de la population ! Si on se réfère au rapport de la fondation Abbé Pierre, ce sont 14 millions de Français qui sont en situation de fragilité par rapport au logement. Cela représente des personnes mal logées parce qu’elles vivent dans des logements trop petits, mal isolés et surtout tous les gens qui paient leur logement trop cher, soit des loyers trop chers ou des crédits trop élevés. C’est bien la prééminence du droit à la propriété sur le droit au logement qui produit cette situation-là.

Autre élément à mettre en lumière : c’est l’énorme concentration de la propriété des logements en France. Un quart des ménages français détient 68% des logements possédés par des particuliers. Il y a bien sûr des petits propriétaires, mais d’autres qui détiennent beaucoup beaucoup de logements. 3,5% des ménages français possède plus de cinq logements et 50% des logements en location de particuliers. On a donc une petite minorité de gens qui possèdent beaucoup beaucoup de logements.

Droit à la propriété et droit au logement s’entrechoquent. Mais dans notre droit actuel, qu’est-ce qui permet de limiter le droit à la propriété ? Fait-on ce qu’on veut de son logement ? Non, et heureusement !

Selon l’usage que vous faites de votre logement, vous êtes plus ou moins fiscalisés. C’est par exemple la taxe sur les logements vacants qui existe dans les zones tendues, le but étant évidemment d’inciter les propriétaires à remettre leur logement en location, ou bien la taxe sur les résidences secondaires. Cette dernière est à la main des villes, avec le même objectif de retrouver des logements pour les gens qui travaillent. Les communistes sont favorables à une taxation plus forte des logements vacants et des résidences secondaires dans les zones tendues.

L’encadrement des prix limite également le droit à la propriété. Cécile Duflot sous François Hollande met en place l’encadrement des loyers dans les zones les plus tendues. L’objectif n’est pas à l’époque de faire baisser les loyers, mais de lutter contre les abus les plus manifestes. Mais une mobilisation énorme du secteur privé de l’immobilier hurle au scandale, Cécile Duflot est remplacée, et Valls premier ministre renonce à cet encadrement des loyers dans les grandes métropoles tendues et décide de ne le faire qu’à Paris et Lille. Finalement ce dispositif est annulé par le tribunal administratif au motif qu’il devrait s’appliquer à la métropole et pas uniquement à la ville de Paris. Paradoxe, ce sont les associations de propriétaires qui étaient contre l’encadrement qui l’ont fait annuler au motif qu’il devrait s’appliquer à une échelle plus large ! Il a fallu attendre une autre loi, la loi Élan, pour que l’encadrement puisse s’appliquer mais uniquement à titre expérimental, et sur demande des collectivités qui le souhaitent, et à un certain nombre de conditions. Finalement, l’encadrement s’applique depuis 2019 à Paris, Lyon, Bordeaux, Lille et dans d’autres collectivités. Le problème de cet encadrement tel qu’il s’est appliqué jusqu’à présent, qui est une bonne mesure même si elle reste très modérée : mais pour être efficace, il faut des sanctions pour ceux qui n’appliquent pas la loi. Nous nous sommes battus à Paris pour que les collectivités qui le souhaitent aient la possibilité de sanctionner elles-mêmes les propriétaires qui ne respectent pas l’encadrement. Appliqué à Paris, cela a permis d’en finir avec l’impunité de ceux qui ne respectent pas l’encadrement des loyers.

Mais aujourd’hui, un autre encadrement n’existe pas, c’est celui du foncier. C’est fondamental, parce que si les prix sont si élevés, c’est que le prix du terrain est absolument phénoménal. Quand Macron a lancé son CNR du logement, l’une des préconisations qui faisait l’unanimité, c’était de permettre une régulation du prix du foncier. Mais comme souvent avec lui, cela n’a donné lieu à rien du tout. C’est une revendication que nous devrions porter. Si on veut prendre le mal à la racine, il faut s’attaquer à réguler le prix du foncier. C’est évidemment une forme d’atteinte au droit de propriété mais c’est nécessaire si on veut produire du logement abordable.

La troisième piste, c’est l’appropriation publique, et là aussi, on a des outils. D’abord la préemption, la possibilité pour une collectivité de préempter des terrains, des logements, des immeubles, pour un projet d’intérêt général. Du logement, ou un équipement public, une crèche, un jardin… Mais évidemment, pour pouvoir préempter, il faut qu’il y ait vente.. Ensuite, soit la collectivité s’aligne sur le prix de l’acquéreur, c’est-à-dire le prix du marché, soit elle fait une offre en dessous -cela s’appelle casser la vente- et le vendeur a la possibilité de se tourner vers le juge, et c’est ce dernier qui fixera le prix sur la base de l’avis des domaines. Le droit de propriété reste donc très défendu même en cas de préemption.

Aujourd’hui par exemple, la ville de Paris achète aux prix du marché, c’est-à-dire à des prix considérables. Chaque année, la ville de Paris consacre 300 millions d’euros à la préemption. Ne devrait-on pas considérer que quand une collectivité préempte pour un projet d’intérêt général, elle devrait avoir le droit d’acheter en-dessous du prix du marché ? C’est une vraie question !

Il existe ensuite les procédures d’expropriation. Elles permettent d’acheter même si le propriétaire n’est pas vendeur. C’est l’exemple parisien d’un hôtel vide depuis longtemps et squatté. La procédure est très longue, il faut une déclaration d’utilité publique et c’est le juge qui décide si l’expropriation est justifiée ou pas. Le droit à la propriété est là aussi protégé.

Il existe enfin le droit de réquisition, qui est une mesure provisoire, par exemple en cas de grosse crise du logement, on peut réquisitionner pour mettre les gens à l’abri. Un droit très peu utilisé ! À Paris, à chaque fois que la ville veut faire une réquisition, le Préfet répond oui… si le propriétaire est d’accord ! Comme il l’est rarement, les seuls bâtiments réquisitionnés sont les gymnases municipaux, pour lesquels la ville peut se passer du Préfet !

La difficulté ici est un problème d’application de la loi car on ne peut accepter d’avoir tant de gens dehors alors que tant de bâtiments sont vides et bien identifiés. Ce sont des batailles locales pour obtenir que le droit de réquisition s’applique.

Tous ces exemples montrent qu’on n’est pas totalement démunis, et que même en s’appuyant sur le droit actuel, on peut de temps en temps de donner plus de place au droit au logement par rapport à la sacralité du droit de propriété.

Il y a aussi la possibilité de promouvoir d’autres formes de propriété. « La propriété privée, c’est d’abord une propriété privante », comme le disait le prof de philo (communiste) de Ian Brossat ! Quelles autres formes de propriété peuvent exister ? La propriété publique, c’est le logement social qui représente en France plus de 4 millions de logements pour 11 millions de Français, avec des dispositions législatives volontaristes qui ont permis de le développer, notamment la loi SRU. Cette loi date de 2000, du temps où Jean-Claude Gayssot était ministre de l’équipement, des transports et du logement. Cette loi imposait 20% de logements sociaux dans toutes les villes de plus de 3 000 habitants, objectif rehaussé par Cécile Duflot à 25% à l’horizon 2025. C’est une très bonne loi !

Le problème c’est que parallèlement, l’État s’est désengagé du financement du logement social. Mais la loi SRU a permis de développer le logement social, et de le développer là où il n’y en avait pas ! Cela a permis de rééquilibrer le logement social, dans un objectif de mixité sociale. Le logement social ou « logement public » doit s’adresser à de larges couches de la population, les plus fragiles mais aussi les salariés, les gens qui travaillent et qui ont du mal à se loger dans le parc privé, dans nos grandes villes et ailleurs. Le logement social « à la française » a vocation à être généraliste, et pas à être un ghetto ! Or, beaucoup de dispositions adoptées ces dernières années visent à restreindre le public du logement social : les surloyers, la remise en cause du droit au maintien dans les lieux. Les mêmes qui ont voté des lois qui chassent les classes moyennes du logement social sont ceux qui ensuite reprochent au logement social d’être un logement ghetto ! Mais à Paris les quartiers les plus mixtes sont ceux qui comptent le plus de logements sociaux et à l’inverse, ceux qui sont les moins mixtes sont ceux qui comptent le moins de logements sociaux. Nous, nous défendons une conception large du logement public. Il y a parfois des frictions sur ce point à l’intérieur de la gauche : par exemple les écolos ont une conception un peu restrictive, ils considèrent qu’il faut loger les plus fragiles. Mais ce n’est pas pour ça qu’il faut chasser les classes moyennes du logement social. Si on restreint trop le public du logement social, on n’emmène pas avec nous la grande majorité des gens sur lesquels on a besoin de s’appuyer pour pousser au développement du logement social. Si les gens se disent que le logement social ne s’adressera jamais à eux, on ne pourra pas compter sur eux pour le défendre. Donc nous devons défendre une conception large, généraliste du logement social.

Dans les autres formes de propriété, il y a aussi des choses plus nouvelles. Par exemple, le bail réel solidaire. Ce qui coûte cher dans un logement, c’est le foncier autant que le bâti. À Paris par exemple, on est à 10 000€ du m2 pour l’achat d’un logement, 5000€ pour le foncier et 5 000€ pour le bâti. L’idée est que la collectivité garde la propriété du foncier et ne vende que le bâti. Ce qui permet donc de ne vendre qu’à 5 000€ du m2, ce qui permet de s’adresser à un public plus large. Cette dissociation du foncier et du bâti permet de renouer avec l’accession à la propriété dans des métropoles où elle était devenue complètement impossible, y compris pour des familles aux revenus moyens.

Ce dispositif est assorti de mesures anti-spéculatives. Quelqu’un qui a acheté un logement en bail solidaire ne peut le revendre à n’importe quel prix. Il le revend au prix auquel il l’a acheté, revalorisé de l’indice du coût de la construction.

Le bail solidaire est comptabilisé comme du logement social : faisons donc attention dans un certain nombre de villes de droite où des élus peuvent faire du bail solidaire pour ne pas réaliser du logement social. Le bail solidaire ne doit pas se développer au détriment du logement social. À Paris, le choix a été fait de choisir le bail solidaire dans des opérations d’aménagement plutôt que de l’accession à la propriété classique, pas à la place de logement social.

Nous devons assumer, non pas de remettre en cause, de « façon bête et méchante » le droit de propriété, on ne peut pas être contre le droit d’être propriétaire de son logement. En revanche, si on veut défendre le droit au logement, il y a des limites au droit de propriété. La question pourrait se poser de limiter le nombre de logements dont on a droit d’être propriétaire. Est-ce normal que quelqu’un soit propriétaire de 30, 40, 50 logements ?  Ce serait certes lever un tabou et susciterait des polémiques, cela paraît difficile aujourd’hui. En tout cas, la question peut être posée.

Si on estime que le droit au logement est aussi important que le droit de propriété, cela suppose de « rogner » sur la sacralité du droit de propriété. Si on sacralise absolument le droit de propriété, si on trouve normal que des bâtiments restent vides alors que des gens crèvent dehors, ça veut dire qu’on assume cette politique-là. Sinon, il faut accepter qu’il y ait des limites au droit de propriété et que l’intérêt général doit conduire à le limiter pour garantir le droit au logement.    

* Ian Brossat est aussi porte-parole du PCF et fut sa tête de liste aux élections européennes de 2019. Et en 2016… il fut notre invité au stand du PCF 95 à la fête de l’Humanité pour parler de son livre « L’espion et l’enfant », qui retrace la vie extraordinaire de son grand-père.

I.V. 

À suivre…           

Un espoir

Comment caractériser la situation politique actuelle et quel horizon politique au-delà du retrait de la réforme ?

Ian Brossat, porte-parole du PCF, s’exprime sur le sujet dans le magazine « Regards ». C’est à lire ci-dessous. Les photos sont du blog (merci à S.B.).

Rude exercice que celui qui consiste à dresser aujourd’hui le bilan des trois mois intenses qui viennent de s’écouler. Pour au moins deux raisons. D’abord, parce que la bataille des retraites n’est pas terminée, n’en déplaise au président de la République qui voudrait refermer cette « séquence » comme on termine la première saison d’une série. La mobilisation se poursuit, elle prend des formes nouvelles avec les « casserolades », les manifestations de colère qui accompagnent toutes les sorties publiques des figures de la Macronie…

Ensuite, la situation est difficile à résumer précisément parce qu’elle est traversée de contradictions multiples. D’une part, une intersyndicale unie, des mobilisations gigantesques rassemblant des millions des travailleurs, des grèves massives – malgré le sacrifice que représente une journée de salaire perdue dans cette période d’inflation galopante – et surtout le soutien constant et encore inentamé des Français. Tout cela est bel et bien réel. Nous ne l’avons pas rêvé. Nous l’avons fait. Collectivement.

D’autre part, un gouvernement qui a choisi jusqu’à présent de rester droit dans ses bottes, balayant d’un revers de main la colère populaire. Il a usé de tous les outils les plus autoritaires qui sont à sa disposition : du 49.3 à la répression policière sur les manifestants en passant par les maires mis à l’index par les préfets pour avoir osé afficher leur soutien à la grève sur le fronton de leur mairie. En conclure que la mobilisation a été un échec serait trop rapide. Parce que la France n’est plus tout à fait la même à l’issue de ces trois mois. Les idées de justice et de solidarité ont gagné du terrain. Pour le dire en quelques mots : ils ont d’ores et déjà perdu. Nous n’avons pas encore gagné.

C’est donc cette perspective de victoire qui doit nous occuper. Gagner sur les retraites et conquérir le pouvoir demain. La question est d’autant plus vive que nous ne sommes pas seuls dans ce combat face à la Macronie. L’extrême droite attend son heure. Et elle sait que la colère sans espoir, c’est de l’or en barre pour elle. C’est donc à nous – à la gauche dans sa diversité – qu’il revient de redonner de l’espoir.

De ce point de vue, l’intersyndicale a assurément beaucoup à nous apprendre. Sur trois points au moins.

  • Premièrement, par sa capacité à faire l’union sans écraser personne, à bâtir l’unité dans le respect de chacune de ses composante. Et pourtant, ce ne sont pas les différences qui manquent.
  • Deuxièmement, par sa capacité à mobiliser massivement dans les sous-préfectures autant que dans les grandes métropoles.
  • Troisièmement, en faisant la démonstration qu’il est possible de rassembler une très large majorité de notre peuple autour des enjeux du travail : sa place dans nos vies, sa rémunération, son sens…

Nous rassemblons aujourd’hui un Français sur quatre. C’est le score de la Nupes aux dernières législatives. C’est celui qu’on nous prête si des élections avaient lieu demain. L’intersyndicale, elle, rassemble trois Français sur quatre. C’est dire que nous avons une marge de progression conséquente.

J’ajouterais un élément. La victoire, cela suppose la capacité à rassembler une majorité. Les institutions actuelles font que les élections présidentielle et législatives sont des scrutins à deux tours. Chacun le sait – et cela peut relever de l’évidence – mais j’y insiste. Car l’enjeu n’est pas seulement d’arriver au second tour, mais de le gagner. Longtemps, les duels face à l’extrême droite étaient quasi systématiquement couronnés de victoire. Les dernières législatives l’ont prouvé : ce n’est plus le cas. La qualification au second tour est une condition nécessaire de la victoire, mais pas suffisante. Il nous faut donc montrer dès le premier tour un visage suffisamment rassembleur pour être capables de gagner au second.

De tout cela, parlons ensemble. Débattons. Sans caricatures ni faux semblants. C’est ainsi que nous avancerons ensemble et que nous créerons les conditions des victoires d’aujourd’hui et de demain.

Gastronomie

Tempête sur le steak : anatomie d’une polémique

Tribune de Ian Brossat, ce 13 janvier 2022

Le directeur de campagne du candidat PCF, Ian Brossat, revient sur les propos de Fabien Roussel au sujet de l’alimentation. Des propos qui déchaînent les passions depuis quatre jours.

« Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage, pour moi c’est la gastronomie française… mais pour y avoir accès, il faut avoir des moyens, et donc le meilleur moyen de défendre le bon vin, la bonne gastronomie, c’est de permettre aux Français d’y avoir accès. Et je dis que le bon, le beau, tout le monde doit y avoir accès. » Voici les mots de Fabien Roussel prononcés dimanche 9 janvier sur France 3. Des propos qui déchaînent les passions depuis quatre jours. Une polémique que l’on pourrait juger anecdotique ou futile à première vue : pourtant, elle mérite que l’on s’y attarde car elle dit beaucoup de notre époque.

Rendre le beau et le bon accessibles aux classes populaires

Pourquoi cette défense de l’alimentation pour toutes et tous au moment où tant de Français peinent à boucler les fins de mois, se privent de tout, fait-elle polémique ? Car elle touche au cœur de notre mode de vie et aux aspirations de celles et ceux qui n’ont rien, ou si peu. Par les mots qui sont utilisés, incontestablement, il est question de défendre le pouvoir d’achat des plus modestes mais aussi un certain art de vivre à la française. Celui-ci ne se limite pas à la gastronomie – le bon –, et nous formulons également des propositions ambitieuses en matière d’accès à la culture – le beau. Il est néanmoins évident que le vin, la viande, le fromage nous définissent. Cela fait partie de notre patrimoine, qu’on le veuille ou non, et il suffit de se rendre sur un marché pour s’en convaincre. Il n’y a rien de mal à cela, et il s’agit ici de n’exclure personne. Bien au contraire, il s’agit précisément de rendre le beau et le bon accessibles aux classes populaires.

Mais voilà que certains préfèrent culpabiliser les Français sur ce qu’ils sont. Alors que les temps sont rudes, que les crises s’accumulent, il est devenu courant de vouloir faire porter tous les malheurs du monde aux classes populaires. La pollution ? Ce sont les pauvres et leurs bagnoles qui en sont responsables. La crise climatique ? La consommation de viande des Français qui se serrent la ceinture toute la semaine. Inlassablement, les mêmes débats se rejouent. Sans surprise, celles et ceux qui professent à longueur de journée des leçons de morale, eux, n’ont jamais eu à se priver de rien.

La gauche souffre de sa déconnexion

Or, qui pollue le plus ? Les plus riches et les grandes entreprises. Tous les chiffres le montrent. Un exemple issu d’une étude d’Oxfam : BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et Total, ces quatre entreprises du CAC 40, ont une empreinte carbone supérieure à celle de tous les Français réunis. Que pèse le steak de l’ouvrier, de la caissière, du manutentionnaire, de l’infirmière, du livreur Deliveroo face à cela ? Des cacahuètes.

Ce dont souffre la gauche, ce n’est pas de la division. La gauche souffre de sa déconnexion, d’avoir tourné le dos au réel et aux classes populaires depuis des années, d’avoir oublié qui sont nos vrais adversaires. Avec Fabien Roussel, nous avons un candidat qui a les deux pieds dans le réel, et cela fait du bien. 

Agir pour le logement

Ian Brossat : « Acheter à 5.000 euros le mètre carré à Paris »

Ian Brossat maire adjoint au logement de Paris, souhaite la construction de 500 logements dont le principe est basé sur la séparation du foncier et bâti. Ils seront livrés d’ici 2022, à un prix de 5 000 € le m2.

Il explique sa démarche dans le « Journal du Dimanche » d’hier 24 novembre 2019. À lire ci-dessous.

INTERVIEW – L’élu communiste parisien Ian Brossat, adjoint d’Anne Hidalgo chargé du logement, dévoile les cinq sites où seront construits 500 appartements familiaux à moitié prix.ian brossat 2019-2.jpg

La toute nouvelle Foncière de la Ville de Paris lancera avant la fin de l’année son offre de logements abordables à destination des ­familles des classes moyennes ­désireuses de devenir propriétaires dans la capitale. L’élu communiste parisien Ian Brossat, adjoint d’Anne Hidalgo chargé du logement, en détaille les contours et dévoile les cinq sites où seront construits 500 appartements familiaux à moitié prix.

En quoi consiste ce nouveau dispositif ?
Nous lançons un nouvel outil pour permettre aux classes moyennes d’accéder de nouveau à la propriété dans la capitale, en dépit de l’envolée des prix de l’immobilier. Son nom : la Foncière de la Ville de Paris. Cet organisme foncier solidaire [OFS] associe la mairie et ses bailleurs sociaux : Paris ­Habitat, RIVP et Elogie-Siemp. Le premier conseil d’administration se réunira à la fin de l’année. Son principe repose sur la dissociation du foncier et du bâti. Aujourd’hui, lorsque vous achetez – très cher – un appartement, vous devenez propriétaire à la fois du sol et des murs. L’idée consiste à n’acquérir que le bâti, pour une durée de 99 ans, le foncier restant la propriété de la Ville. Cela permettra de proposer des logements en accession à moitié prix, aux environs de 5.000 euros le mètre carré. Nous avons déjà identifié cinq sites, sur lesquels nous allons construire plus de 500 logements. Ils seront livrés en 2022.

Deux autres sites sont à l’étude, pour 150 logements supplémentaires

Où se situeront-ils ?
Pour commencer, nous bâtirons des immeubles dédiés sur cinq sites en cours d’aménagement : la ZAC Bédier-Oudiné [13e] ; la ZAC Saint-Vincent-de-Paul [14e] ; l’îlot Croisset [18e] ; la ZAC Gare des Mines [18e] et la ZAC Python-Duvernois [20e]. Deux autres sites sont à l’étude, pour 150 logements supplémentaires. En juillet 2019, le Conseil de Paris avait délibéré sur un objectif d’une centaine de logements lancés d’ici à la fin de la mandature ; nous ­serons bien au-delà. Ce n’est pas une simple expérimentation, mais un véritable changement culturel de notre conception de l’accession à la propriété, qui a vocation à se développer massivement.

Les acquéreurs ne seront propriétaire « que » quatre-vingt-dix-neuf ans…
Le temps d’une vie ! Ce bail de très longue durée confère en outre à l’acquéreur les pleins droits sur le logement ; il pourra y faire des travaux comme tout propriétaire. Le loyer s’établira à 2 euros le mètre carré par mois. En cas de revente, la Foncière rachètera l’appartement à un prix révisé en fonction de l’inflation, mais déconnecté du marché de l’immobilier. Nous avons prévu une clause anti-spéculative : le vendeur ne perdra pas d’argent mais n’en gagnera pas non plus.

Quelle est la cible ?
Il s’agira de logements familiaux, de trois ou quatre pièces, à destination des classes moyennes qui n’ont pas les moyens de devenir propriétaires à Paris. La loi prévoit un plafond de 4.500 euros net de revenus mensuels pour un couple avec un enfant et de 5.000 euros net pour un couple avec deux ­enfants. Nous avons écrit au gouvernement pour lui demander que ces plafonds soient alignés sur ceux du PLI [prêt locatif intermédiaire], c’est‑à-dire relevés à 6.000 euros pour un couple avec un enfant et 7.500 euros pour un couple avec deux enfants. Avec un prix moyen du mètre carré dépassant les 10.000 euros, même les classes moyennes supérieures ne peuvent plus acheter à Paris!

Les dossiers seront anonymes et la procédure, totalement transparente.

Comment seront sélectionnés les candidats ?
Nous allons créer une commission de sélection ad hoc, un peu sur le même modèle que la commission d’attribution des logements sociaux. Les dossiers seront anonymes et la procédure, totalement transparente. Quatre critères départageront les candidats : les revenus ; la composition familiale (au moins un ou deux enfants) ; le lien avec Paris (y vivre ou y travailler) ; le fait de sortir d’un logement social – nous réserverons environ 25% des logements produits par la Foncière aux locataires de logements sociaux dont les revenus ont un peu augmenté, assujettis au surloyer, donc, et qui souhaitent accéder à la propriété.

Quel est le budget de l’opération ?
La subvention de la Ville s’élève à 15 millions d’euros pour les 500 premiers logements [les terrains appartiennent déjà à la mairie]. A cette somme s’ajouteront les coûts de construction des immeubles.

Envisagez-vous de vendre des logements sociaux existants en dissociant le foncier du bâti ?
Il n’en est pas question ! Près de 100.000 Parisiens sont demandeurs d’un logement social. Si nous les vendions, nous aggraverions la pénurie. J’ajoute que Paris vient d’atteindre les 23,6% de logements sociaux financés – 21,5% pour les logements livrés -, ce qui signifie que si nous avons rempli nos objectifs, nous n’avons pas encore atteint le seuil, fixé par la loi SRU, de 25% à l’horizon 2025.

Sur Airbnb, nous envisageons un référendum dans la foulée des élections municipales

Airbnb a annoncé cette semaine qu’il devenait l’un des principaux sponsors du CIO jusqu’en 2028. Un coup dur pour vous ?
Cette décision du CIO, tout à fait inopportune, n’entame en rien notre détermination à mettre Airbnb au pas, pour qu’il respecte la loi et la réglementation parisienne. Nous envisageons un référendum dans la foulée des élections municipales. Faut-il passer de cent vingt jours de location autorisée à quatre-vingt-dix, soixante ou trente jours? Surtout, faut-il interdire purement et simplement cette plateforme dans certains quartiers centraux? Ils auront l’air malin, au CIO, si Airbnb est interdit à Paris aux JO de 2024!

Où en sont les négociations des communistes parisiens avec l’équipe d’Anne Hidalgo ?
J’ai bon espoir que nous arrivions à un accord début décembre. Outre notre demande de maintien de la représentation actuelle des communistes au Conseil de Paris [13 élus], nous avons formulé des exigences fondamentales indispensables pour un accord, notamment en matière de logement. D’abord, la poursuite de la production de logements ­sociaux avec le même objectif de 30% en 2030. Ensuite, l’organisation d’un référendum portant sur quatre points : Airbnb, la limitation des résidences secondaires à Paris, le blocage des loyers pendant cinq ans et le transfert à la Ville de la compétence en matière de réquisition de bâtiments vacants. Il est temps pour la gauche de s’organiser face à nos adversaires qui font campagne.

Différents des autres

Ian Brossat : « Les élus communistes sont des élus différents des autres. »

L’Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR) tenait son congrès les 4 et 5 octobre. À l’heure de la mise à mal de l’échelon communal et à six mois des élections municipales, ces milliers d’élus locaux ont débattu des meilleurs moyens d’améliorer la vie au quotidien.

Ian Brossat, adjoint au maire de Paris, vient d’être élu président de l’ANECR. Il revient sur le rôle que les élus communistes entendent jouer face à la crise sociale et démocratique.

Entretien paru dans l’« Humanité Dimanche » (Les passages en gras sont soulignés par le blog.)

ian brossat 2019.jpgPouvez-vous nous présenter l’ANECR ?

C’est une association d’élus qui regroupe l’ensemble des élus communistes et partenaires, membres du PCF ou partageant avec lui des valeurs communes, qui œuvrent au quotidien dans les territoires. C’est une organisation d’élus importante qui en rassemble 6 700, dont 700 maires. L’ANECR a un double rôle : d’abord, celui d’aider les élus de la famille communiste à élaborer et défendre des positions communes sur les sujets d’actualité. Ensuite, l’ANECR a un rôle à jouer en menant un certain nombre de combats pour obtenir des avancées concrètes. Les élus communistes se sont, par exemple, illustrés récemment en adoptant dans un grand nombre de collectivités des arrêtés contre le glyphosate et l’utilisation des pesticides. Je suis convaincu que nous devons amplifier ces combats communs et donner plus de visibilité aux actions que nous menons parfois chacun dans notre territoire.

Y a-t-il encore une spécificité des élus communistes ?

Bien sûr ! D’abord, par leurs actions, la nature des politiques qu’ils mènent, les élus communistes sont des fabricants de progrès social au quotidien. Ils sont reconnus pour leur combativité à développer le logement social, les vacances pour tous et les dispositifs solidaires… Je note d’ailleurs qu’un certain nombre d’équipements publics que nous avions mis en place il y a des dizaines d’années, vus comme ringards, sont aujourd’hui à nouveau considérés comme des solutions d’avenir. Je pense par exemple aux centres de santé avec des médecins salariés. C’est une solution qui s’impose dans un nombre croissant de communes confrontées à la désertification de médecins.

Il y a aussi nos pratiques qui font que les élus communistes sont des élus différents des autres. Un élu communiste ne s’enrichit pas au travers de son mandat et, dans un contexte où il y a une très grande défiance vis-à-vis des élus, c’est un point très important. En termes de démarche citoyenne, les premières pratiques de démocratie participative, de budget participatif, ce sont les villes à direction communiste qui les ont menées. Enfin, les élus communistes transmettent aussi un certain nombre de valeurs. On ne vit pas de la même manière dans une ville dirigée par un maire communiste, progressiste, que dans une ville dirigée par un maire de droite. À Levallois-Perret, on a été frappé de voir beaucoup d’habitants soutenir Patrick Balkany. C’est le cas parce qu’un maire qui promeut des pratiques clientélistes finit par provoquer des réflexes clientélistes. Les élus communistes, eux, transmettent des valeurs qui sont à l’opposé de ça.

On assiste à une défiance de plus en plus marquée vis-à-vis des élus, comme l’a encore montré le mouvement des gilets jaunes, comment y faire face ?

Cette défiance existe, elle est forte et elle est à l’évidence liée aux pratiques du pouvoir à l’échelle nationale. Ces dernières ont déçu au cours des dernières décennies. Cette défiance est aussi liée à la multiplication de scandales engendrés par un usage illégal de l’argent public. Cette défiance est là. Pour autant, elle concerne moins les élus locaux que les autres. Je ne dis pas que les élus locaux y échappent totalement. Mais, dans un paysage politique dévasté, quand on interroge les Français, les élus locaux restent un recours. D’abord, parce que, malgré les nombreuses contraintes qui pèsent sur eux, ce sont eux qui développent les services publics de proximité. Leur mandat fait également qu’ils demeurent à portée de « baffes », qu’ils sont les plus accessibles pour les populations. C’est la raison pour laquelle nous, élus communistes, sommes très attachés à l’échelon communal qui est l’échelon de base dans lequel s’exerce la démocratie.

Après les différentes réformes et politiques budgétaires, les élus à l’échelon local ont-ils encore des marges de manœuvre ?

L’échelon communal est aujourd’hui doublement attaqué. Sur le plan institutionnel avec le développement des intercommunalités et des logiques de plus en plus bureaucratiques. Et sur le plan budgétaire avec des dotations aux collectivités territoriales qui ont été sabrées par les gouvernements successifs (moins 13 milliards sous Hollande et moins 13 milliards sous Macron). Ce qui est frappant, c’est de voir que, malgré toutes ces contraintes, les collectivités locales continuent à innover, continuent, grâce à leur créativité, à mettre en place de nouveaux services publics, et les maires communistes, les élus communistes de manière générale, en apportent la démonstration tous les jours. En travaillant sur des circuits courts pour les cantines scolaires, en menant des politiques de l’enfance qui sont particulièrement ambitieuses ou en se battant pour la gratuité des transports en commun, parfois avec succès. Et c’est ce qui fait à mon sens que les élus locaux continuent à bénéficier d’une confiance plus importante de la part des populations que les élus nationaux

Quelles sont vos ambitions pour les municipales de mars 2020 ?

D’abord, renforcer notre rang, renforcer nos positions, notre influence, non pas parce qu’il s’agirait de se battre pour des places – comme je l’entends parfois –, mais parce que nous sommes convaincus que les élus locaux jouent un rôle indispensable dans le contexte de crise économique, sociale et politique que nous traversons aujourd’hui. Il faut voir ce qu’ambitionne le pouvoir macroniste au travers des élections municipales : au moment du mouvement des gilets jaunes, celui-ci a subitement redécouvert les maires, mais avec l’ambition d’en faire les relais de sa politique dans les communes, celle de les transformer en perroquets du pouvoir.

Donc, toute la question est de savoir si, demain, nous aurons des maires ou des préfets. Est-ce qu’on aura des maires qui se battront et qui mettront en place des politiques solidaires, ou est-ce qu’on aura des maires qui auront le doigt sur la couture du pantalon, prêts à appliquer les consignes du pouvoir national ? Il est très important que nous disposions, demain, d’élus en nombre dans les conseils municipaux et aussi, bien sûr, des élus en situation de diriger des conseils municipaux. Nous y défendrons le cadre communal, le développement du service public de santé ou du logement, ou encore la gratuité des transports, qui s’inscrit dans notre double ambition sociale et écologique en conjuguant fin du monde et fin du mois.

J’ajoute qu’à mon sens, le meilleur antidote contre l’extrême droite, ce sont les politiques que nous menons à l’échelle locale et c’est la confiance que nous réussissons à tisser avec les populations, notamment les plus modestes qui subissent le plus les politiques libérales désastreuses menées à l’échelle nationale.

Entretien réalisé par Cédric Clérin

Logement, l’exemple parisien

Le logement, préoccupation première pour de nombreux Français, sera au cœur des prochaines élections municipales. À lire ci-dessous, la tribune sur ce sujet de Ian Brossat, adjoint au logement à la mairie de Paris.

IB 2019Tribune. Que n’a-t-on pas entendu sur le logement à Paris ces derniers jours. Nul ne conteste les faits : oui, le prix du mètre carré à l’accession a atteint 10 000 euros, comme l’ont indiqué les notaires. Le contexte national comme international tire les prix vers le haut, c’est incontestable.

Pour autant, la situation parisienne est sans commune mesure avec le reste du territoire français. Paris est une ville-monde. A ce titre, c’est à New York et Londres qu’il convient de la comparer. Autant de villes confrontées à un processus de métropolisation très avancée : dans un contexte de mondialisation libérale, ces territoires concentrent la production de richesses, attirent les populations, les entreprises et les investisseurs, et les forces du marché s’y déchaînent.

Or que nous indique la comparaison ? A Londres, le prix du mètre carré a dépassé les 15 000 euros ; à New York, il tutoie les 17 000 euros. Toutes les métropoles mondiales sont confrontées à un renchérissement plus ou moins effréné des prix de l’immobilier, avec des conséquences importantes sur la sociologie de ces villes.

Il y a néanmoins une différence de taille entre Paris et les autres grandes métropoles : le logement social. A Paris, aujourd’hui, un logement sur cinq (21%) échappe ainsi au marché et à la spéculation, ce qui permet à 550 000 familles modestes et de la classe moyenne d’être protégées de l’augmentation des prix. Nous poursuivons nos efforts : en 2025, une famille sur quatre habitera un logement public.

A titre de comparaison, New York possède moins de 6 % de logements sociaux. Le logement social est l’outil le plus efficace de la lutte contre la gentrification. Cette réalité est le fruit d’une politique municipale extrêmement ambitieuse, louée en Europe, que nous menons depuis 2001 et la victoire de Bertrand Delanoë à Paris : en moins de vingt ans, ce sont plus de 100 000 nouveaux logements sociaux qui ont été produits. Chaque année, ce sont 500 millions d’euros qui y sont investis. Aucune autre ville n’affiche un tel investissement.

Pour autant, si la production massive de logements sociaux est nécessaire, elle n’est pas suffisante : la régulation du parc privé est une priorité absolue pour permettre aux familles, aux jeunes, aux retraités de vivre à Paris. Et là aussi, la comparaison avec les autres métropoles est instructive : en France, les marges de manœuvre des villes sont faibles, et les outils de régulation sont aux mains du gouvernement et du législateur. A Berlin, New York ou Stockholm, nul besoin d’un vote du Parlement ou d’une décision préfectorale pour réguler les loyers privés, réquisitionner des logements vacants ou lutter contre la prolifération d’Airbnb.

Mais, le moins que l’on puisse dire, c’est que Paris est force de propositions. C’est dans la capitale que s’applique l’encadrement des loyers depuis le 1er juillet 2019, après un long bras de fer avec l’État, précisément pour mettre un terme à l’augmentation des prix des loyers qui grèvent le budget des Parisiens. Appliqué de 2015 à 2017 suite à la loi portée par Cécile Duflot avant d’être annulé par la justice, cet outil avait permis la stabilisation des prix après une décennie continue d’augmentation. Dans une ville qui compte une écrasante majorité de locataires (60 %), c’est indispensable. Autre victoire arrachée de haute lutte : la mise en place du numéro d’enregistrement des meublés touristiques, permettant d’identifier les locations illégales et l’existence de sanctions pour faire reculer les abus. Dernière avancée en date : la possibilité pour une ville de dissocier le foncier du bâti, et la constitution d’une Foncière de Paris ouvrant la possibilité d’une accession à prix réduits pour les familles. Paris propose, et Paris partage. Les échanges sont ainsi nombreux avec d’autres métropoles, confrontées à des problématiques similaires.

Production de logements sociaux et régulation du parc privé, tels sont les deux axes de notre politique volontariste du logement.

Que proposent Benjamin Griveaux et Cédric Villani ? S’il y a bien un sujet sur lequel les frères ennemis de La République en marche sont identiques, c’est bien le logement. Ils partagent d’abord un biais méthodologique : prompts à critiquer mais incapables de formuler une proposition constructive, ils en sont réduits à formuler des généralités.

Députés de la majorité présidentielle, ils sont comptables du bilan de la politique du logement du gouvernement, que l’on peut qualifier de catastrophique et dangereuse. La baisse des APL, un coup porté au pouvoir d’achat des locataires, a ainsi concerné près d’une famille sur cinq à Paris, ni plus ni moins. Les coupes budgétaires drastiques imposées aux bailleurs sociaux – près d’1 milliard d’euros – ont des répercussions inévitables sur la construction et la rénovation des logements sociaux. Or qui a proposé, construit, défendu, voté ces différentes mesures ? Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, et Cédric Villani, député de l’Essonne. Les prévisions sont tout aussi inquiétantes : le budget 2020 de l’État prévoit une baisse de 1,4 milliard d’euros du budget du ministère du Logement. Les frères ennemis de La République en marche voteront-ils, en décembre, cette coupe sans précédent des crédits logements dont l’impact sera considérable pour Paris ? Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos actes. Comment prêter ainsi un quelconque crédit à leurs remarques dès lors qu’ils sont les premiers artisans d’une politique qui s’attache au quotidien à fragiliser les classes moyennes et les familles populaires ? Quant à évaluer leurs propositions, encore faudrait-il qu’ils en formulent.

De mon côté, je tire un enseignement très simple de ce mandat : Paris se saisit de nombreux outils pour tenter au maximum de limiter les dégâts du marché. Les efforts sont considérables, mais il reste beaucoup à faire. Pour y parvenir, il nous faut aller vers un nouvel acte de décentralisation pour que Paris et les métropoles françaises aient plus de pouvoir pour agir sur leur territoire. Paris devrait pouvoir bloquer les loyers, comme l’a récemment décidé Berlin. Paris devrait pouvoir librement fixer le nombre de nuitées autorisées pour un logement loué sur Airbnb. Paris devrait pouvoir réquisitionner des immeubles vacants depuis des années, immobilisés par pure logique financière. Il en va d’un approfondissement démocratique indispensable, au plus près des citoyens, en même temps que d’une nécessité sociale pour défendre les habitants.

Ian Brossat, maire adjoint de Paris en charge du logement, élu du XVIIIe arrondissement, porte-parole du PCF

Une belle campagne

Déclaration de Ian Brossat à l’issue des élections européennes

Mesdames, Messieurs,

IB affiche.jpgJe souhaite ce soir remercier très chaleureusement les centaines de milliers d’électrices et les électeurs qui nous ont fait confiance.

C’est une belle campagne qui s’achève, après 12 ans d’absence à une élection nationale. C’est une campagne que nous avons voulue sincère, combative, fidèle aux combats et aux valeurs de la gauche. En dépit de nos efforts, il arrive que la marche soit parfois trop haute pour être franchie du premier coup. Ce soir, nous n’atteignons pas encore nos objectifs.

Première leçon. L’extrême-droite arrive en tête de ce scrutin. Rappelons-nous, il y a encore 10 ans, la liste du Front National ne dépassait pas les 6%. Le score d’aujourd’hui est le résultat d’un pari perdu, un pari forcément perdant et dramatique pour notre pays. Cette stratégie, c’est celle d’Emmanuel Macron, qui impose aux Français ce face-à-face avec Marine Le Pen pour assurer sa survie politique. Non, ce n’est pas un duel comme on cherche à nous le faire croire, c’est un duo : un duo imposé par les deux camps, un duo mortifère pour notre pays et pour la démocratie. A force de jouer avec le feu, Macron s’est brûlé.

Deuxième leçon. La gauche a également sa part de responsabilités. Je prends ma part de responsabilité, il ne s’agit pas de se dédouaner. Ce soir, la gauche est affaiblie, tout est à reconstruire.

J’ai l’intime conviction que l’avenir passe par l’humilité, le travail collectif, le respect mutuel, le refus de la tentation hégémonique. Écoutons-nous, respectons-nous, travaillons ensemble.

Cette gauche, cette gauche que nous devons reconstruire, que nous allons reconstruire, doit placer au cœur de son projet la justice sociale et l’urgence écologique.

Et soyons clairs: cette reconquête des cœurs et des esprits ne sera possible que dans la rupture avec le libéralisme.

Reconstruire une gauche digne de ce nom en France, c’est à cet objectif que le Parti Communiste doit consacrer tous ses efforts, dans les semaines et dans les mois à venir.

À tous les communistes, à celles et à ceux venus d’autres horizons et qui nous ont rejoints, je voudrais vous témoigner de ma profonde gratitude.

Être votre candidat, vous représenter, fut un honneur et un privilège.

Je voudrais dire à chacune et chacun de nous ce soir : le combat continue — il continue partout, il continue toujours.

Je voudrais remercier chaleureusement Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, pour son aide, pour son engagement, pour son énergie. Je voudrais avoir une pensée à destination de ma chère Marie-Hélène Bourlard, lui dire que nous y étions presque et que demain nous y arriverons.

Nous formons une belle et une formidable famille, mes amis, mes chers camarades.

Camarade, c’est un joli nom.

C’est uni, comme une famille, que je veux vous demander ce soir deux choses. Je vous le demande du fond du cœur.

Ce soir, demain, cette semaine, dans les prochains mois : conservons en nous ce formidable état d’esprit et cette énergie qui fut le nôtre durant cette campagne. Faisons-les vivre ! Conservons-en nous cette joie d’être ensemble, cette envie, ce bonheur de nous être retrouvés.

La deuxième chose que je vous demande et j’en terminerai ainsi : dans cette période politique trouble, n’oublions jamais que nous n’avons aucun adversaire à gauche. Conservons la bienveillance qui fut la nôtre, conservons cette envie sincère de tendre la main, de réussir le rassemblement demain.

Nous avons réalisé une formidable campagne. Ne nous arrêtons pas là !

Je vous remercie.

Japy !

Paris 16 mai 2019 : Je jape, tu japes, il-elle Japy !

Dimanche 26, je vote IAN BROSSAT !

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Retour sur le meeting au gymnase Japy, où en 2005, déjà lors d’un meeting, les communistes avaient appris que le « Non » était donné gagnant quelques jours avant le vote pour le référendum.

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Première surprise agréable, à la sortie de la station du métro Charonne, pas utile de sortie son GPS, il suffit de suivre la file de gens qui se dirige vers Japy, pour trouver l’endroit. Le bruit de la foule déjà rue Parmentier. Puis vision de la foule devant la salle.

Plein dehors. Plein dedans, avec un auditoire attentif :

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Qu’a-t-on vu à Japy ?

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Du rouge :

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On entend Marie-Pierre Vieu défendre son bilan, dont la pièce maîtresse est sa demande d’audit sur la libéralisation des services publics en Europe.

japy 37L’étude fait la démonstration concrète que l’Union européenne n’est pas une main invisible insaisissable mais qu’elle est le fruit d’un processus politique, tant parlementaire que gouvernemental, avec, à la manœuvre, les chefs d’État des 27 pays-membres. Notre impératif, à gauche, c’est qu’elle devienne un terrain citoyen et de revendications.

« La mise en place du processus de libéralisation auquel on est confronté actuellement est donc du ressort de la responsabilité politique des gouvernements ! »

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Lassana Bathily, né dans un village au Mali, est un travailleur franco-malien. Il est connu pour sa conduite lors de la prise d’otages de la porte de Vincennes (HyperCacher), le 9 janvier 2015. Ayant pu s’échapper, il a immédiatement collaboré avec la police.

Il préside le comité de soutien de la liste du Parti communiste français menée par Ian Brossat.

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Julia Castanier, responsable de la com du PCF, maîtresse de cérémonie

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Maryam Madjidi, Goncourt 2017 du Premier roman pour «Marx et la Poupée».

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Dans son livre, d’inspiration autobiographique, la romancière raconte comment ses parents, étudiants marxistes, l’ont déracinée d’Iran à l’âge de six ans pour fuir le régime de l’ayatollah Khomeyni.

« L’humain d’abord, l’humain toujours ! »

Nico Cué

Pour 2019, avec ses partis membres Die Linke (Allemagne), le Parti communiste français, Syriza,  la GUE a un « Spitzenkandidaten », à la tête de la commission européenne : Nico Cué, Espagnol de 62 ans, ancien syndicaliste arrivé enfant en Belgique, où il a vécu la majeure partie de sa vie.

Japy 43.jpgIl rend compte de son débat TV de la veille avec les autres prétendants au poste de président du futur nouveau parlement européen, post 26 mai :

« Communiste vous êtes, car pour proposer une alternative à ce monde, vous partez de votre expérience. Communiste vous êtes parce que vous partagez vos expériences ! Dans le camp d’en face, on n’entend que des propos vides de sens, ce sont des apparatchiks qui s’accrochent à leur place dans les instances de l’Union Européenne»

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En vidéo conférence, Patrice Prate, ex-conseiller et soutien de Arnaud Montebourg,  « mais le 26 mai communiste de cœur… »

« Je voterai pour une liste des gens ancrés dans le réel des Français ; des colistiers cohérents dans leurs positions ; nous sommes tous des Européens. Vous n’êtes pas des eurosceptiques. Vous portez un regard neuf, une expression juste, plus efficace et plus porteuse d’espoir que la grisaille qu’on impose à notre quotidien et dans cette campagne électorale»

Colistiers de Ian Brossat, un sportif de haut niveau et une militante LGBT

« Je suis pour qu’on défende au parlement européen  la clause de non régression de l’Européen ou de l’Européenne la plus favorisée ! de l’européen ou de l’européenne LGBT la plus favorisée ! C’est-à-dire étendre partout en Europe les solutions les plus favorables dont bénéficient ici et là les LGBT dans n’importe quel pays de l’UE, et qu’on s’y tienne ! »

« Oui c’est possible avec cette liste de faire élire le premier sportif de haut niveau au Parlement européen ! Votez aussi pour une Europe arc en ciel ! Les gens me disent en meeting que nous défendons une cause noble : sauvez la planète ! Sauvez la terre du capitalisme !»

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« On va vous raconter ce qui se passe au CHV », par  les infirmières et aides-soignants des urgences du Centre Hospitalier de Valence (CHV), dans la Drôme, accompagnée par la conseillère municipale communiste de Valence :

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« Ce qui se passe au CHV, dans les urgences de France, ne peut pas rimer avec… rentabilité »

« Entendez notre peine… Il y a de la colère dans le cathéter »

 « Comment peut-on s’y prendre pour enfin se faire entendre ? On va vous raconter ce qui se passe au CHV », scandent-elles pendant un peu plus de trois minutes, blouses blanches sur le dos. Fermeture de lits, suppression de postes, réorganisation et distribution des missions quotidiennes des professionnels de santé, manque de temps… Les employées du CHV y dénoncent leurs conditions de travail, submergées par l’afflux de patients aux urgences.

« Nous, on fait tout ce qu’on peut, on veut prendre soin d’eux, mais plus le temps de rien, mais on n’a plus de moyens. »

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À écouter ici

Japy 52Cours de relocalisation industrielle en Europe sur l’exemple des camarades coccinelles chinoises qui mangent les larves des coccinelles françaises en un clic…

Fabien Roussel prend l’exemple des coccinelles chinoises importées pour lutter de façon « bio » contre les pucerons et qui détruisent les larves de coccinelles françaises.

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Écouter ici Fabien Roussel sur les coccinelles chinoises

Cohérence : « le PCF est le seul parti de gauche à avoir rejeté tous les traités européens libéraux ! »

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Fabien Roussel et la réécriture des traités européens

Ian Brossat

« Que chacun convainque 10 personnes autour de lui d’ici dimanche. Ce n’est pas impossible. C’est possible ! »

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En un mot comme en mille : un très beau meeting !

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La presse ébaubie :

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Et voilà, c’est déjà Japy…

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S.B.

Pour eux, c’est Ian !

Ils soutiennent la liste Ian Brossat

HPR.jpgHenri Peña-Ruiz, philosophe, écrivain, maître de conférences à Sciences-Po Paris

« Ian Brossat fait honneur à la politique et au communisme. Il mène brillamment campagne en faisant le pari de l’intelligence et de la culture. Dans “communisme”, il y a commun. Commun à tous les êtres humains. Au-delà des amalgames injustes qui ont tenté de disqualifier l’idéal communiste, il est grand temps de rappeler ce sens du bien commun, de l’intérêt général et de la solidarité qu’implique la notion de communisme. Souvenons-nous du Front populaire, de la résistance au nazisme, puis de la Libération, avec l’œuvre inoubliable d’Ambroise Croizat, ministre communiste qui créa la Sécurité sociale. Oui, le Parti communiste français a joué un rôle décisif dans l’histoire de notre pays. Notamment pour promouvoir le progrès social. Aujourd’hui, face à la morgue de classe de M. Macron et à sa politique dévastatrice pour les plus démunis, il nous faut un Parti communiste fier de son histoire et décidé à jouer un rôle moteur dans le rassemblement des forces de progrès.… Au Parlement européen, les élus communistes ne manqueront pas de combattre une économie dévoyée par des financiers indifférents au sort des laissés-pour-compte. Il est temps de refonder l’Europe sur la justice sociale et la responsabilité écologique, sans oublier la laïcité, idéal d’émancipation plus actuel que jamais. Je souhaite un beau succès à Ian Brossat et à sa liste pour que la France de notre regretté Jean Ferrat parle haut et fort à Bruxelles. »

BT.jpgBaptiste Talbot, fonctionnaire territorial, militant CGT

« Le scrutin du 26 mai est une échéance majeure pour faire entendre les exigences du monde du travail. Voter le 26 mai, c’est une forme de lutte, c’est l’occasion de porter la nécessité de rompre avec les politiques mortifères actuellement à l’œuvre en France et en Europe. Dans son Appel aux fonctionnaires, Ian Brossat a fermement affirmé son attachement au statut des fonctionnaires et à une fonction publique forte. Pour l’avenir du service public, pour peser dans la bataille en cours pour le retrait du projet de loi gouvernemental sur la fonction publique, je voterai dimanche pour la liste conduite par Ian Brossat. »

MM.jpgMaryam Madjidi, écrivaine, prix Goncourt du premier roman

« Pourquoi je vous invite à voter pour notre liste ? Parce que nous avons plus que jamais besoin d’une alternative au système capitaliste. Notre liste est cette alternative, ce garde-fou contre cette Europe libérale que le PCF a toujours refusée. Il est urgent aujourd’hui de construire une union européenne qui soit fidèle à l’idée que nous nous faisions de l’Europe à sa création, à savoir une union des peuples, une solidarité entre les États, une garantie solide des services publics et une protection digne et solidaire envers les travailleurs immigrés, les réfugiés, les exilés. Je vous invite à voter pour notre liste parce que les Françaises et les Français, les Européennes et les Européens méritent mieux que cette union non pas des peuples mais des lobbyistes et des milliardaires. Il est temps de briser cette puissance de l’argent au profit d’une justice fiscale et sociale. Notre liste est à l’image de tous ces gens qui travaillent, qui paient leurs impôts, qui militent pour une solidarité envers les plus démunis, qui refusent que le monde de demain soit uniquement gouverné par une poignée de riches qui ont la ferme intention de s’enrichir encore et encore sur le dos de celles et ceux qui ne récoltent jamais ou alors très peu le fruit de leur travail. Je vous invite à voter pour notre liste au nom de notre humanité, cette humanité qui fait notre grandeur, qui fait notre dignité. »

HLJHélène Langevin-Joliot, physicienne, petite-fille de Marie et Pierre Curie

« L’avenir des peuples de l’Union européenne dépend pour beaucoup de l’usage qui sera fait des savoirs scientifiques et des technologies. Produire ces savoirs et les maîtriser suppose un effort public considérable, une recherche publique et des formations post-bac à un niveau bien supérieur à l’actuel, alors que les gouvernements de droite et du Parti socialiste ont supprimé plus de 1 500 postes au CNRS en quelques années. (…) Les réussites scientifiques européennes le montrent : c’est par la coopération et non par la mise en concurrence des peuples que nous trouverons des solutions aux défis que nous affrontons. La liste dirigée par Ian Brossat porte un projet cohérent à cet égard, fondé sur le soutien à la recherche publique, son besoin de liberté, de temps long, de dialogue avec la société pour l’usage des technologies. »

DDae.jpgDidier Daeninckx, écrivain

« La première raison de mon vote en faveur de Ian Brossat tient à la personnalité du candidat, à la clarté de son propos politique, au fait qu’il se soit abstenu d’attaquer les autres têtes de liste de notre camp si divisé. Une attitude qui préserve l’avenir et les chances d’une nécessaire et urgente reconstruction de ce qu’il faut continuer à nommer la gauche. Je suis sensible aussi à la composition de cette liste qui donne sa juste part au monde du travail.

J’ai également été attentif à son affirmation d’une Europe du partage et non de l’exclusion, une Europe créatrice de richesses responsables, une Europe qui fasse contribuer les plus riches et qui ne lésine pas sur la lutte contre la faramineuse évasion fiscale. Une Europe qui ne cède en rien aux mirages du souverainisme, qui se révèle trop souvent comme le masque du nationalisme. Auteur de Missak, un roman consacré à Manouchian, je me souviens que, dès 1939, des dizaines de milliers d’apatrides, de juifs exilés, d’Italiens et d’Espagnols pourchassés, faisaient la queue pour s’engager dans l’armée française afin de combattre les fascismes européens. Parmi eux, Missak et ses compagnons arméniens. J’aime que, contre les négateurs, Ian Brossat le rappelle avec force. »

JB.jpegJosiane Balasko, actrice

« Le 26 mai, j’aimerais essayer de vous convaincre d’aller faire entendre votre voix. Vous n’êtes pas forcément communiste et je ne le suis pas non plus. Mais, à travers mes différents engagements associatifs, j’ai souvent pu voir la présence de femmes et d’hommes communistes, et j’ai pu voir les valeurs qui les animaient, des valeurs populaires, jamais populistes. J’ai pu voir leur sincérité, j’ai pu voir leur disponibilité dès lors qu’il s’agit de défendre les plus modestes. C’est pourquoi j’ai décidé d’aller voter pour la liste de Ian Brossat. Parce que je crois que nous avons plus que jamais besoin de députés sincères, clairs, combatifs, à l’image de leur belle campagne. Surtout, en votant pour la liste de Ian Brossat, nous pouvons faire élire Marie-Hélène Bourlard, entrée à l’usine à l’âge de 16 ans, qui fut ouvrière du textile pendant 43 ans dans le Nord. Avec l’aide de nous toutes et de nous tous, Marie-Hélène Bourlard peut devenir la toute première femme ouvrière à entrer au Parlement européen depuis quarante ans. »

FG.jpgFlorent Guéguen, directeur d’une fédération d’associations de lutte contre l’exclusion

« Sur le continent le plus riche du monde, 86 millions d’Européens-es vivent en dessous du seuil de pauvreté, quand le nombre de personnes sans abri explose dans toutes les grandes capitales européennes. Dans ce contexte d’urgence sociale, les mal-logés, les chômeurs et les classes populaires ont besoin d’une gauche de combat fidèle à ses valeurs, qui lutte contre ces inégalités inacceptables et qui redonne un espoir aux millions de précaires. Avec ses propositions de Smic européen à au moins 60 % du revenu moyen, de clause de non-régression sociale et de réinvestissement dans les services publics, c’est la liste de Ian Brossat qui incarne cette volonté de conquête sociale. Je voterai aussi pour Ian car sa liste s’engage sans ambiguïté en faveur de l’accueil des personnes migrantes, qui fuient la guerre et l’extrême pauvreté, en assumant des sanctions financières contre les États qui ne respectent pas leur devoir de solidarité. Envoyons au Parlement européen des femmes et des hommes qui défendront fidèlement l’intérêt des ménages les plus modestes face à l’Europe de l’argent et des marchés financiers !

JF 2019Jacques Fournier, conseiller d’État honoraire, ancien secrétaire général du gouvernement, ancien PDG de la SNCF et de GDF.

« Je voterai pour la liste de Ian Brossat. Cette annonce pourra surprendre : Ian Brossat, adjoint au maire chargé du logement à la ville de Paris, est à la tête de la liste du Parti communiste, à laquelle les sondages ne donnent que fort peu de chance d’atteindre le seuil des 5 % qui permet d’avoir des élus.

Je n’ai jamais été anticommuniste. Mais j’ai fait en France, depuis le congrès d’Épinay en 1971, le choix du socialisme. J’y suis toujours resté fidèle et je ne le renie pas. Je persiste à penser que c’est autour d’un PS rénové et ragaillardi que pourra revenir au pouvoir un gouvernement de la gauche en France.

Trois des promoteurs des listes en présence le 26 mai sont issus du Parti socialiste, mais aucune de ces listes n’en porte le drapeau. Jean-Luc Mélenchon s’est lancé, avec la France insoumise, dans une démarche mégalomaniaque dont les excès deviennent insupportables. Benoît Hamon a cru que son succès relatif dans les primaires du PS lui donnait, avec Génération(s), un destin national qui se dérobe sous ses pieds. Olivier Faure, plus modestement, a essayé de reconstruire la maison, mais il a estimé ne pouvoir le faire qu’en allant chercher sur la place publique – que l’on me pardonne ce jeu de mots – le pion qui lui manquait.

Je pense, depuis longtemps déjà, qu’il faut donner un sérieux coup d’éperon à la monture européenne. J’ai cru, en votant Hollande en 2012, que la France allait s’engager dans une démarche résolue de remise en cause du traité d’austérité budgétaire, qui interdit aux pays membres de s’engager dans la voie de ce que j’appelle l’économie des besoins. Comme beaucoup d’autres, j’ai été déçu. L’Europe doit être non pas le vecteur de l’assujettissement de notre continent à la mondialisation capitaliste, mais le ferment d’une orientation nouvelle que son histoire et sa culture lui permettent de dessiner. Un vote pour la liste conduite par Raphaël Glucksmann, quelle que soit la considération que l’on peut avoir pour la personne de son chef de file, et même si l’on y trouve plusieurs de mes amis du PS, n’aurait pas cette portée. Je ne pense pas que les socialistes français soient en mesure d’infléchir la ligne, beaucoup trop attentiste à mes yeux, du groupe dans lequel ils entreraient s’ils arrivent à franchir le seuil des 5 %. C’est pourquoi, pour ce scrutin bien particulier, je préfère apporter mon suffrage à une liste se réclamant de la gauche radicale européenne. »